Chapitre 8
Edward venait de comprendre que Bella avait probablement raconté n'importe quoi devant son père. Bordel, il se sentait trop mal à l'aise d'un coup. Elle lui avait dit aussi qu'elle l'aimait et que ça la rendait triste qu'il ne veuille pas d'elle. Mais si elle savait à quel point il la désirait, à quel point il aimerait lui donner ce qu'elle veut. Mais il en était incapable, d'une part parce que le désir qu'elle faisait naître en lui, lui ferait perdre tout son contrôle et, ensuite, Bella avait besoin de bien plus qu'un mec qui lui vole sa virginité et il n'était pas prêt à s'investir dans une relation. Il ne savait même pas comment ça faisait d'être en couple et ça lui foutait une trouille bleue. Il soupira et rassembla son courage pour aller la voir. Il pouvait pas rester loin d'elle mais il ne savait pas ce qu'il allait trouver.
L'infirmière de garde à l'entrée du couloir des urgences lui désigna la chambre de Bella. Il entra après avoir frappé discrètement. Une autre femme, Maggie si ces souvenirs étaient exacts lisait une revue, assise à côté de Bella qui était recroquevillée le long de la tête de lit. Elle regardait Edward avec peine et peur. Il ne comprit pas pourquoi elle était comme ça. Elle avait l'air complètement perdue.
-Bella ? Ça va ?
Elle bougea la tête imperceptiblement, lui faisant signe que non, elle n'allait pas bien. Il referma derrière lui et s'approcha doucement. Il s'assit près d'elle, sur le bord du lit et, instinctivement, Bella vint se nicher contre lui. Il ouvrit son bras et elle se colla contre son torse. Elle avait l'air d'une enfant qu'on vient de punir et Edward ne savait pas comment réagir face à cette réaction qu'il ne comprenait pas. Elle-même ne se l'expliquait pas. Elle était terrorisée, elle avait peur des délires qui se jouaient dans sa tête et qui commençaient à être violents.
-Je ne me suis jamais sentie aussi étrange, piailla-t-elle en se pelotonnant un peu mieux contre le torse d'Edward.
-Ça va passer Bella, expira-t-il contre ses cheveux qui sentaient terriblement bon. Il inspira plusieurs fois, il était déchiré. Il se détestait qu'elle soit dans cet état à cause de lui et, pourtant, il ne savait pas comment la soutenir, il ne savait pas faire ce genre de choses. Il voulait veiller sur elle mais il ne savait pas du tout comment s'y prendre. Alors, il caressa son épaule et continua à la bercer contre lui.
-Est-ce que mon père t'a engueulé ?
-Un peu. Il est très inquiet pour toi Bella. Ce qui s'est passé au Lodge, ce soir, est très grave. Il va retrouver qui t'a fait ça, ne t'inquiète pas.
-Et mes pieds sont toujours aussi grands, Edward, c'est vraiment flippant.
-Hey Bella ? Bella ? Regarde-moi ! Edward attrapa le visage de Bella pour qu'elle le regarde. Il savait qu'elle se plongerait dans son regard et qu'elle serait rassurée. Ce qui ne rata pas. Elle se noya dans ses pupilles et ses émeraudes brillantes lui firent oublier l'état second dans lequel elle se trouvait. Elle avait besoin de lui, de le sentir, de le toucher. Elle ne comprenait pas pourquoi il ne voulait pas d'elle. Bon sang, voilà que ça recommençait, elle perdait les pédales. Et lui continuait à la regarder, essayant de déchiffrer le millier d'émotions qui traversaient ses jolis yeux, qui se mouillaient de larmes.
-Bella, je te promets que ça va aller, je te jure, soit patiente, tu vas redescendre.
-Distrais-moi Edward, parle-moi, s'il te plaît, occupe moi l'esprit.
-D'accord, d'accord. Il réfléchit à toute allure pour trouver un sujet de conversation qui lui permettrait de se concentrer et de penser à autre chose. Mais rien lui venait alors, il sortit son iPod de la poche intérieure de sa veste. Il glissa un écouteur dans l'oreille de Bella etil prit l'autre.
- Je ne suis pas bon pour raconter des histoires alors, je fais de mon mieux.
-Je te fais confiance Edward. Il mit sa playlist en route et Bella se laissa emporter par la musique douce qui sortait de l'oreillette. Elle se concentra sur les notes de piano et sur son torse qui montait et descendait sous son visage. La chaleur qui émanaitde son corps, son délicat parfum, Bella se sentait beaucoup mieux et, sans le vouloir, elle s'assoupit contre lui.
Edward continua à caresser ses cheveux, prenant, comme il le pouvait, soin d'elle. Il resta là, à réfléchir à comment il allait gérer cette situation qui lui échappait complètement. Il n'avait plus l'intention de la laisser à qui que ce soit et surtout pas à Jacob qui était incapable de veiller sur elle. Et pourtant, il n'était pas capable d'assumer une relation avec elle. Il était dans une belle merde ça, il le savait. Et quand le chef rentra, sans se formaliser dans la chambre de sa fille, Edward se sentit tout petit.
-Comment elle va ? Chuchota Charly, à l'intention de l'infirmière qui était restée silencieuse dans un coin de la pièce. Edward ne bougeait pas de peur de la réveiller.
-Elle dort depuis plus d'une heure, ça va aller Charly, les effets se dissipent. C'est bon signe qu'elle se soit endormie.
-Tu devrais rentrer chez toi Edward, tes parents vont s'inquiéter.
-D'accord, il ne voulait pas laisser Bella mais il se voyait mal contrarier le chef. Il n'était vraiment pas en position de négocier quoi que ce soit. Il se dégagea de l'étreinte de Bella et, délicatement, il la déposa sur l'oreiller, avant de le réajuster. Le rythme cardiaque de Bella s'affola sur le moniteur.
- Non, ne pars pas Edward. Murmura-t-elle en attrapant sa main.
Il se pencha au-dessus d'elle et lui murmura d'une voix douce :
-Je viens te voir demain Bella, ça va aller, ton père est là. Tu n'es pas seule, ok ? Elle hocha la tête sans ouvrir les yeux et il caressa sa joue du bout des doigts. Il l'entendit soupirer et son cœur reprit une allure plus lente.
Il s'éloigna à regret et fit signe au chef qu'il voulait lui parler. Charly sortit.
-Alors ? Demanda-t-il immédiatement.
-J'ai eu une ordonnance du juge. Ça n'a pas été facile, mais on a fouillé toutes les personnes présentes au Lodge. Trois personnes avaient des stupéfiants sur elles. On a mis Irina Denali en garde à vue. Mes collègues l'ont interrogée, elle a avoué. Je n'en sais pas plus pour le moment. Je ne peux pas vraiment faire quoi que ce soit dans cette affaire, puisqu'il s'agit de ma fille. Mais mes collègues ont fait un bon boulot. Demain, on aura les résultats du labo, on verra si les produits qu'on a trouvés sur Irina correspondent à ceux présents dans l'organisme de Bella.
-Bien, c'est une bonne chose, qu'est-ce que risque Irina ?
-Pas grand-chose. Quand la plainte de Bella sera enregistrée, elle sera mise en cause pour mise en danger de la vie d'autrui et le fait qu'elle lui est fait ingérer une substance délétère dans le but de lui nuire est aussi une infraction. Mais elle est mineure, elle aura quelques travaux d'intérêt généraux et peut-être une mise à l'épreuve accompagnée de quelques mois de sursis.
-Ça devrait la calmer pour un bon moment, soupira Edward soulagé.
-Oui, mais de toute façon, je vais renvoyer Bella chez sa mère, je ne veux pas qu'elle reste à Forks High. Elle n'est pas en sécurité ici et, de toute façon, elle ne voulait pas venir. Elle sera soulagée de retourner à Phoenix. Bon, je vais retourner la voir, je compte sur toi, pour ta déposition Edward.
Edward comprit les motivations de Charly, en effet, lui aussi craignait pour la sécurité de Bella car désormais, tout le monde allait la tenir pour responsable de l'arrestation d'Irina mais, surtout, de la descente au Lodge Bar.
-Bonne nuit monsieur Swan, soupira Edward avant de s'éloigner.
-Salut fiston.
Edward se tendit, mais ne se retourna pas, il continua à marcher, se demandant pourquoi le chef ne lui en voulait pas. Il aurait dû lui passer un sacré savon de ne pas avoir protégé sa fille.
Il rentra le plus discrètement possible chez lui, consulta son répondeur en allant se coucher et envoya des sms à ses amis qui s'inquiétaient tous pour Bella. Il eut du mal à trouver le sommeil. Pas étonnant, c'était le capharnaüm dans sa tête. Il n'arrivait plus à penser, tellement de choses se bousculaient. Il chercha son iPod mais il se rappela qu'il l'avait laissé à Bella. Ah ! Bella, la jolie brune chamboulait sa vie, il ne se reconnaissait plus, il ne savait plus ce qu'il devait faire. Perdu, il était perdu mais il savait une chose, il ne voulait pas qu'elle retourne à Phoenix, il ne voulait pas qu'elle sorte de sa vie. Il avait besoin d'elle pour les maths. Enfin, c'est l'excuse qu'il se trouvait parce qu'en réalité, il avait besoin d'elle pour se sentir lui-même et pas une coquille vide qui regardait passer les jours comme il le faisait depuis des années. Oui, il avait besoin d'elle pour exister.
Quand Bella ouvrit les yeux, elle eut l'impression d'avoir une lance plantée dans la tête. La première personne à qui elle pensa fut Edward.
-Edward ? L'appela-t-elle, persuadée qu'il était là, il y a une minute.
-Chérie ? Quelqu'un lui prit la main mais ce n'était pas Edward. Je suis là chérie, c'est papa.
-Papa ? Son esprit essayait d'identifier qui était papa ». L'homme d'une quarantaine d'années, portant la moustache, qui lui souriait adorablement. Elle reconnut le regard pétillant de son père et elle lui demanda immédiatement.
-Où est Edward ?
-Il est rentré chez lui ma puce, il était épuisé. Comment tu te sens ?
-J'ai envie de vomir papa, j'ai trop mal au crâne. Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi je suis à l'hôpital ? Bella se faisait violence pour recoller les morceaux de souvenirs qui se bousculaient dans sa tête. Elle n'y comprenait rien.
-Tu étais au Lodge avec tes amis, on a mis un cachet d'ecstasy dans ton verre, ma puce. Ne t'inquiète pas ma chérie, je t'expliquerai tout plus tard, ok ? Je vais aller chercher le docteur pour qu'il t'examine.
-Papa ? Quelle heure il est ? Elle émergeait lentement en imprimant les paroles de son père.
-Il est midi Bella.
-Est-ce que je peux appeler Edward ?
-Oui, tiens. Charly donna son téléphone à sa fille et quitta la pièce, après avoir embrassé son front.
Elle composa rapidement le numéro d'Edward qui lui manquait terriblement. Les sonneries ne se multiplièrent pas et Bella se sentit vraiment soulagée, quand elle entendit sa voix.
-Oui allo ? Demanda-t-il inquiet de recevoir un nouvel appel du chef alors qu'il avait quitté le commissariat, i peine une heure. Il avait peur d'une complication pour Bella.
-C'est Bella, souffla-t-elle, un peu submergée par l'émotion, elle ne savait pas ce qu'elle ressentait mais rien que le son de sa voix provoquait une déferlante de sentiments en elle mais une chose était sure, elle avait besoin de lui.
-Comment tu vas ? Demanda-t-il tout de suite.
-Ça va, mentit-elle, car elle entendait l'inquiétude dans sa voix, j'attends le médecin. Plusieurs secondes passèrent. Le ventre d'Edward se crispait, il ne savait pas quoi lui dire, elle avait l'air tellement faible, sa voix était pâteuse, elle articulait mal.
-Bella ? S'inquiéta-t-il. Il pensa même une seconde qu'elle s'était rendormie.
- J'ai envie de te voir. Murmura-t-elle.
-Moi aussi Bella. Edward passa sa main sur son visage et se mordit les lèvres, il ne savait pas pourquoi il avait été si spontané mais il le pensait sincèrement, il avait besoin de la voir.
-Edward… je … Elle ne termina pas sa phrase, elle voulait lui dire qu'elle l'aimait mais elle n'y arrivait pas pourtant, c'est tout ce qu'elle voulait, le supplier de prendre soin d'elle. Elle avait tellement besoin de lui, à ce moment précis.
-Oui ? L'encouragea-t-il.
-Viens, s'il te plaît. Fut tout ce qu'elle put lui dire.
-J'arrive, souffla-t-il, en quittant son canapé.
-Merci.
Il raccrocha et dévala les marches pour sauter dans sa Volvo. Première fois de sa vie qu'une fille l'appelait et qu'il rappliquait illico. Mais ce n'était pas n'importe quelle fille, c'était Bella et elle avait besoin de lui alors, tant pis pour sa fierté. Quand il quitta l'allée de la maison de ses parents, il avait la sensation de laisser beaucoup de choses derrière lui. Il l'aimait, il ferait n'importe quoi pour elle. Il serait un bon petit-ami, il serait fidèle doux et aimant avec elle. Il n'avait pas le choix, il ne voulait pas la décevoir et il la voulait elle. Il avait besoin d'elle.
Charly rentra dans la chambre de Bella suivit de près par le médecin. L'homme en blouse blanche lui sourit gentiment et Bella essuya les larmes qui avaient coulé de ses yeux après qu'elle ait raccroché. Edward lui manquait trop. Elle savait qu'il ne voulait pas d'elle et pourtant son côté masochiste le réclamait, même si ça devait lui faire du mal.
-Comment allez-vous Bella ?
-Je ne sais pas, renifla-t-elle. Elle était complètement dans le flou. Je n'arrive pas à comprendre ce qui s'est passé.
-Avez-vous mal quelque part ?
-A la tête. Bella essaya de faire l'inventaire de son corps mais, visiblement, il n'y avait que cette douleur lancinante dans sa tête et cette envie de pleurer qui la faisait souffrir.
-Vous allez prendre un analgésique pour votre migraine, ça va vous soulager. Il lui tendit deux comprimés que Bella avala douloureusement, en vidant d'une traite son verre.
-Ça fera effet dans une petite demi-heure. Il prit son pouls, sa tension et observa ses pupilles méticuleusement. Bella se laissa faire, sans poser de question. Elle ne pensait qu'à Edward. Elle savait qu'il s'était passé quelque chose avec lui, cette nuit, mais elle ne savait pas quoi.
Le médecin expliqua à Bella qu'elle restait en observation encore quelques heures mais qu'elle pourrait quitter l'hôpital dans l'après-midi. Charly passa ensuite plusieurs minutes à expliquer à Bella ce qui s'était passé. Il lui raconta qu'elle était avec Jacob Black, ça, elle s'en souvenait parfaitement. Elle se rappelait du Lodge, d'avoir dansé mais, après, tout était flou. Charly, en parlant tout doucement et en caressant son front, lui expliqua que c'est Edward qui l'avait amenée ici et qu'il était resté près d'elle une bonne partie de la nuit pendant que, de son côté, il faisait son enquête. Il lui expliqua qu'Irina Denali avait été arrêtée et que les analyses étaient tombées, c'est bien elle qui l'avait droguée et, de toute façon, elle avait avoué.
Le ventre de Bella se tordit, quand elle prit conscience qu'elles étaient vraiment prête à faire n'importe quoi pour lui faire du mal. Mais, surtout, elle se demandait comment elle allait faire pour retourner au lycée après toute cette histoire. Cette fois, un spray au poivre ne suffirait pas à la protéger. Elle se mit à sangloter. Elle était à nouveau terrorisée. Charly tenta, par des paroles rassurantes, de soulager la peine de sa fille mais rien n'y faisait. Elle finit par lui avouer ses peurs.
- Je ne veux pas retourner à Forks High papa, je ne pourrais pas.
-Je sais ma puce, je sais, on va trouver une solution. J'ai appelé ta mère, elle est d'accord pour que tu reviennes, si tu veux, elle s'arrangera avec Phil pour leurs déplacements, ma chérie. Aller repose-toi, on y pensera plus tard.
Edward n'hésita pas quand il fut devant la chambre de Bella, il frappa doucement et rentra quand il entendit le oui franc et massif du chef. Il ne fut pas surpris de trouver le shérif accroupi près du lit de sa fille son visage à hauteur du sien. Charly se tourna vers Edward, il n'était pas vraiment content qu'il soit là. Il avait compris que leur relation n'était pas claire et que ça faisait souffrir sa fille. Mais il vit aussi le fond des yeux de sa fille s'illuminer, quand elle le vit approcher.
Bella se sentit tout de suite mieux, Edward était là et elle avait l'impression de respirer mieux, même si sa poitrine se serrait. Charly se releva doucement et salua d'un hochement de tête le jeune homme. Il prit sur lui pour sortir, il savait que sa fille voulait le voir et il se doutait qu'ils avaient besoin de se retrouver un peu seuls.
-Comment tu te sens ? Demanda Edward, en s'approchant rapidement, une fois que le chef eut quitté la pièce.
-Ça va. Elle se décala pour qu'il prenne place et, naturellement, il s'installa à côté d'elle et, comme la veille, elle se nicha contre lui. Il lui ouvrit ses bras, c'était devenu naturel et cela rassura Edward. Il embrassa le front de Bella et elle se remit à pleurer. Son contact était grisant. Elle voulait rester là pour toujours, à écouter son cœur battre.
-Bella ? Souffla-t-il, complètement ému par cette proximité, cette complicité, ce besoin d'elle. J'ai besoin de toi, avoua-t-il dans un souffle en calant sa main dans son cou.
-Moi aussi, renifla-t-elle, en attrapant sa main et en la ramenant contre sa poitrine.
-Bella… Cette nuit…
-J'ai pas le moindre souvenir de cette nuit Edward, dis-moi ce qui s'est passé ?
-Tu n'étais pas toi-même cette nuit Bella, tu as raconté n'importe quoi.
-Je suis désolée, Edward, pardon d'avoir ruiné ta soirée.
-Tu n'y es pour rien Bella, tu n'as pas à t'excuser, c'est moi, j'aurais dû faire attention à toi. Et j'aurais dû me douter qu'elles te feraient un sale coup. Je suis vraiment désolé pour ça, tout est de ma faute.
-Arrête de te fustiger, Edward, j'aurais dû être prudente, ne pas laisser mon verre sans surveillance. Je ne veux pas que tu t'excuses pour quelque chose dont tu n'es pas responsable. Charly m'a proposé de retourner à Phoenix. Je crois que je ne retournerai pas à Forks High. Bella était dévastée, annoncer ça à Edward la déchirait, le fait de le quitter lui brisait littéralement le cœur.
- Je ne veux pas que tu partes Bella, mais c'est peut-être ce qu'il y a de mieux à faire. Si ça te permet de retrouver une vie normale. Tu te plaisais à Phoenix ?
Belle haussa les épaules, elle ne s'en souvenait pas vraiment, ça lui paraissait tellement loin, maintenant. Pourtant, ça ne faisait qu'un peu plus de deux mois qu'elle était à Forks.
-Je ne sais plus trop mais c'était beaucoup plus simple qu'ici.
-J'ai pas envie que tu partes Bella.
-C'est la meilleure solution. Tu trouveras un autre prof de math va. Elle voulut faire un peu d'humour mais ça tomba vraiment à plat, ça ne la faisait pas vraiment rire et Edward non plus, visiblement.
-Si seulement il y avait que ça. Soupira-t-il pour lui-même. Mais Bella l'entendit et tiqua un peu.
-Pourquoi ? Il y a autre chose que tu regretteras ?
-Ouais et les maths, c'est en dernier sur ma liste, je tiens vraiment à toi, Bella. La voix d'Edward partit dans les aigus et le cœur de Bella se serra. Ce que je voulais te dire Bella, c'est cette nuit, tu as répété des dizaines de fois que je ne voulais pas de toi parce que tu es vierge. Bella, c'est faux. Je ne veux pas que tu crois ça. Je veux pas que tu penses que je ne veux pas de toi et que tu sois vierge ou pas ni change rien.
-Alors quoi ? Bella se remit à sangloter, elle se doutait bien qu'il allait lui sortir le speech sur je t'apprécie beaucoup, t'es une fille super et je préfère qu'on reste amis ». Alors, elle raffermit encore sa prise sur lui, pour profiter un maximum de lui. Il la laissa faire, s'enivrant de son odeur qui allait cruellement lui manquer. Tout d'elle lui manquerait.
-Alors, tu vas me manquer, souffla-t-il sincère et il posa un nouveau baiser sur le dessus de sa tête.
Ils restèrent un long moment silencieux, si bien que Bella, sous l'effet des médicaments, se rendormit. Elle se sentait bien, tellement bien qu'elle sombra aussi lourdement qu'un nourrisson.
-Je t'aime tellement, souffla-t-il contre son front. Il la regarda dormir, complètement fasciné par sa beauté. Il caressa sa joue du bout des doigts. Elle avait l'air d'une poupée, d'une douce et jolie poupée. Elle ne pouvait pas partir, il ne voulait pas qu'elle parte. Il réfléchissait à une solution alternative. Ne pouvait-elle pas prendre des cours à domicile ? Où changer de lycée ? Elle pourrait aller à l'internat de port Angeles ? Edward secoua la tête, il délirait. Il reprit là où il avait laissé la contemplation de son visage d'ange, son ange.
C'est Alice qui le sortit de sa rêverie.
-Comment va-t-elle ? Chuchota-t-elle en se penchant au-dessus du visage de son amie.
-Ça va, elle sort cette après-midi.
-Bon, tu m'en vois soulagée. La brunette embrassa Edward et poursuivit la voix basse :
-Merci pour tes messages, c'était sympa de ta part de nous tenir au courant, on s'inquiétait beaucoup.
-Je sais, ça va aller maintenant. La voix d'Edward était à peine audible, il était si triste à l'idée qu'elle parte.
-Alors pourquoi tu fais cette tête ?
-J'ai eu très peur pour elle et tout ça, c'est de ma faute.
-Non, c'est de la faute d'Irina, pas de la tienne Edward, ne dis pas de bêtises.
-Admettons, mais Bella va quitter Forks à cause de tout ça. Elle ne veut plus aller au lycée.
Alice resta muette comme une carpe, tant elle était choquée et Alice silencieuse, c'était tellement rare que ça prouvait bien à quel point elle avait dû mal à comprendre ce qu'Edward venait de lui dire. Il pensa qu'il devrait annoncer des mauvaises nouvelles à Alice plus souvent, le calme en sa présence, il ne croyait pas ça possible.
-Elles auront réussi leur coup, finit-elle par souffler, après avoir dévisagé Edward un long moment.
- Elles voulaient éloigner Bella de toi, c'est réussi. Cette remarque fut une révélation pour Edward. C'est vrai, après tout, si elle partait, elle les laissait gagner. Irina ne serait pas suffisamment punie par la justice et Bella était une victime dans cette affaire, pas la coupable. C'était à Irina de partir, pas à Bella. Il soupira, que pouvait-il bien y faire ? Bella ne se sentirait jamais le courage d'affronter les gens au lycée.
-Bella veut retourner chez sa mère. Trancha Edward comme pour clore la discussion.
-C'est ridicule, elle n'a pas à partir. Alice se laissa tomber sur la chaise près du lit.
-Je sais, mais tu la vois retourner à Forks High ? Sérieusement Alice, elle va se faire démonter là-bas.
-Mais pourquoi ?
-Parce que Irina a été arrêtée, je te rappelle, comment veux-tu que Bella fasse face à tous les gens qui vont la tenir responsable de ça, à commencer par sa sœur et ses copines.
-On sera là ! On ne lui laissera rien lui arriver.
-Il a fallu une soirée, une seule soirée et elle se retrouve à l'hosto avec de l'ecsta dans le sang ! Et on était là Alice !
-Vous pouvez aller vous disputer ailleurs ? Proposa Bella en se redressant. La tension dans les bras d'Edward ainsi que son haussement de ton l'avait réveillée et elle se sentait un peu mieux, si ce n'est qu'elle aurait préféré le calme qu'une dispute.
-Désolé, soupira Edward en écartant ses bras pour la laisser s'asseoir.
-Comment tu te sens ? S'enquit Alice, après un dernier regard meurtrier à Edward qui comprenait pas pourquoi elle le tenait responsable des choix de Bella.
-Ça va mieux. J'ai dormi longtemps ?
-Deux heures. Tu veux que j'appelle le médecin ?
-Ouais, je voudrais sortir d'ici, retrouver mon lit à moi. Tu peux me passer de l'eau, s'il te plaît. Edward se leva et attrapa le verre qui trainait sur la table.
-Je vais appeler ton père pour qu'il vienne te chercher.
-Ok, merci Edward.
-Tout ce que tu veux, ma belle. Il déposa un baiser sur son front, en caressant sa joue et quitta rapidement la pièce. Alice qui avait regardé la scène trouva qu'Edward était bien protecteur avec elle. Ça ne lui ressemblait tellement pas. Il était si prévenant avec elle, il l'aimait, elle en était certaine et, à voir la moue que Bella faisait en regardant la porte par laquelle il venait de sortir, elle était bien entichée elle aussi. Alice soupira, quel gâchis.
Bella souffla un grand coup, comment allait-elle faire pour s'éloigner de lui ? Se passer de lui ? Il était si parfait. Elle sentit de nouveau ses larmes de frustration lui monter aux yeux. Elle tira alors le drap qui la recouvrait partiellement et se leva en quête de ses affaires. Elle se sentirait mieux une fois qu'elle aurait passé de vrais habits et fait un brin de toilette.
-Qu'est-ce que je peux faire Bella ? Demanda Alice, en voyant son amie chercher quelque chose du regard.
-Je voudrais m'habiller mais je ne sais pas ce qu'ils ont fait de mes affaires. Alicese tourna d'instinct vers le placard derrière elle et en sortit un sac de sport que Bella reconnut immédiatement, c'était à son père. Il avait dû lui ramener ça.
-Merci Alice, soupira-t-elle en prenant les vêtements propres, Charly était vraiment un père génial. Repartir à Phoenix serait difficile à accepter pour Charly, il se réjouissait tellement qu'elle vienne vivre ici avec lui. Une bouffée de culpabilité submergea Bella et elle passa plusieurs fois de l'eau sur son visage, pour se calmer. Elle allait faire du mal à son père et pourrir les projets de voyage de sa mère. Elle se détestait pour ça.
-Putain ! Couina-t-elle en sentant à nouveau les larmes monter. Elle ne cesserait donc jamais de pleurer. Elle se faisait enrager toute seule. Pourquoi était-elle si sensible ? Elle détestait ça. Quand elle sortit de la salle de bain, Edward était revenu et, comme à chaque fois qu'elle se retrouvait à moins de trois mètres de lui, elle se sentait mieux.
-Ton père sera là dans une petite demi-heure. Le médecin dit que tu peux sortir dès qu'il arrive.
Bella hocha la tête, soulagée. Elle n'avait qu'une hâte, retrouver l'atmosphère chaleureuse de sa chambre sombre, mettre sa chaîne hi-fi en route et lire tranquillement. Elle voulait juste se couper du monde, un tout petit peu.
Le chef arriva peu de temps après et il fut soulagé de voir sa fille être redevenue «normale». Il salua Alice et Edward et Bella les remercia d'être venus la voir. Charly prit ses affaires et la ramena à la maison. Bella ne se fit pas prier et monta directement se coucher. Elle était vraiment chamboulée.
