Auteur : Alia Zanetsu
Genre
: Angst, romance, yaoi.
Rating
: T+, donc au cas où M… Mieux vaut trop que pas assez !
Disclaimer
: Les personnages de cette fiction appartiennent tous à SquareEnix. Je ne tire aucun argent de cet écrit, même si je peux toujours espérer me faire la main sur eux avant d'écrire un vrai bouquin, peut-être un jour.
Remerciments : Anaïs encore, qui a la gentillesse de corriger mes fics !
Warning
: Ceci est une séquelle de Torn apart. Je ne suis pas sure que les deux soient totalement indépendantes, mais on ne sait jamais. Sinon, comme je fais intervenir plusieurs turcs qui appartiennent à Before Crisis et qu'ils n'ont pas vraiment de nom, je me suis amusée à leur donner des noms en fonction des armes qu'ils utilisent, de manière plus ou moins -mal- dissimulée. J'ai oublié de me renseigner sur l'existence ou non de noms, mais je ne crois pas en avoir oublié… Si vous allez sur la page http : / www . ffworld . com/?rub=ff7bc&page=persos, voici les noms par ordre d'apparition (sur le site, pas dans la fic !) :

* Rod : Rodney
* Gun : Gunevria
* Two Gun : Tiger
* Shotgun : Sabrina
* Martial Art (m) : Marty
* Martia Art (f) : Mandy
* Katana : Katsuhiro
* Shuriken : Cissney (bon, aucun rapport, mais on va pas modifier les noms qu'ont donné SquareEnix)
* Nunchaku : Noann
* Throwing Knife : Takeru, alias TK (clin d'oeil à… non, j'ai honte, je vous laisse deviner.)


Chapitre 2

« - Vous pouvez disposer. »

Tseng se redressa difficilement, réajustant ses vêtements maladroitement avant de sortir du bureau, la main sur le mur pour se soutenir. La douleur pulsait dans tout son être, et il se laissa tomber dans l'ascenseur, appuyant sans vraiment voir sur l'étage des Turks. Ses poumons étaient en feu, et l'épuisement lui faisait ressentir chaque hématome.

Lorsqu'il entra dans l'open space de ses coéquipiers, il n'aurait pas su dire si l'absence de gens le soulageait ou non. Il aurait voulu aller à la morgue, mais il devait passer à l'infirmerie d'abord…
Sa vision se brouillait, et le sol se déroba sous ses pieds. Le choc avec le sol fut assez brutal pour l'empêcher de s'évanouir, et immédiatement ou presque des bras le soulevèrent. Il fut rapidement transporté à l'infirmerie. On le déposa sur un lit, et il put enfin voir le visage de Rodney. L'inquiétude se mêlait à la fatigue sur les traits du Turk, mais il ne dit rien, tandis que l'infirmière arrivait pour s'occuper de lui.

Parfois, Tseng se demandait ce qu'ils feraient sans matéria. Son oeil clos se rouvrit grâce à une injection de mako, sa griffure à la joue se résorba sans laisser de trace. Bon, pour les bleus c'était pas extra, et il aurait fallu qu'il passe plusieurs heures avec un emplâtre sans bouger pour réparer ses côtés fêlées, mais après un traitement rapide il se sentait mieux. Rodney revint avec une chemise et une veste propres, et l'infirmière toussota.

« - Avec 8 de tension et une glycémie aussi faible, je ne peux pas vous laisser sortir, M. Kishu. »

Tseng jeta un regard énervé à la jeune femme, mais Carmine les connaissait tous depuis longtemps. Ce n'était pas leur infirmière attitrée pour rien.

« - Je sais Carmine. Mais avec ce qui s'est passé….
- Je suis désolée pour Mlle Yamato. Murmura-t-elle, posant une main légère sur son épaule. »

Le chef des Turks sentit son cœur se serrer, et il baissa la tête.

« - Boostez moi comme vous pouvez, tant pis si je m'écroule d'ici 12h. »

L'albinos lui jeta un regard rempli de reproches, avant de s'éclipser.

« - On en est où ? demanda-t-il en s'habillant.
- Sabrina et Noann s'occupent de la sécurité de Rufus, les autres quadrillent la zone pour vérifier qu'il n'y a plus d'intrus… De ton côté?
- Heidegger & Scarlet sont furieux, comme tu peux le constater. J'ai rendez-vous à 7h…
- Dans 2h ?
- Oui, avec le président. Tu as les enregistrements ?
- Dans ton bureau. Voici les clefs. »

Rodney lui tendit ses clefs, juste quand l'infirmière arriva. Elle soupira, et pencha la tête du Turk.

« - Ça va brûler… Mais vous avez l'habitude, n'est-ce pas ? »

Tseng ne releva pas le ton de reproche, et jeta un regard inquiet à la seringue en fer : le produit était trop corrosif pour le plastique… L'injection lente directement dans la carotide était particulièrement douloureuse, et le pic d'adrénaline qui s'ensuivait était certainement un des facteurs de ce « coup de fouet » chimique.
Encore deux heures avant un rendez-vous qu'il appréhendait largement plus que sa précédente rencontre avec ses supérieurs. Deux heures…

Elle était là, immobile. Le visage avait été épargné, mise à part l'oreille droite qui était… Remplacée par un trou béant et sanglant. La balle n'avait pas traversé la totalité de la boîte crânienne, Takeru n'avait pas encore subi d'autopsie, et pour la première fois Tseng se sentit malade à l'idée d'imaginer qu'on allait l'ouvrir. C'était la procédure, il fallait au moins récupérer la balle pour l'analyser…

« - Oh, excusez-moi M. Kishu !»

Hojo lui fit un sourire contrit. Tseng avait toujours détesté le scientifique, et il répugnait de laisser Takeru se faire…

« - Vous permettez, je n'ai pas beaucoup de temps… Je vais emmener le corps.
- Non !»

Instinctivement, Tseng avait refermé la main sur celle de son amie. Aucune raison d'empêcher Hojo de récupérer la jeune femme, le contrat de Turk stipulait un « don à la science» lors de la mort…

« - J'ai… J'ai besoin… De la balle qu'elle a dans le cerveau. C'est pour ça que je suis là. Vous pouvez me la confier maintenant ?»

Le scientifique eut une moue réprobatrice, avant de sortir un scalpel de sa poche.

« - Vous devriez vous tourner. »

Il secoua négativement la tête, regardant avec une fascination morbide pour la désintégration de ce qu'était avant son amie, sa confidente… Il aurait voulu pleurer, mais l'émotion qui lui serrait la gorge ne voulait pas s'exprimer, surtout pas devant le professeur Hojo… Lorsque la petite balle sanglante tomba dans sa main, il la contempla comme s'il n'en avait jamais vu. Il profita du fait qu'Hojo aille se laver les mains pour se pencher, et embrasser doucement la jeune femme.

« - Adieu Takeru…»

Puis il se détourna, prêt à affronter le président de la Shinra.

Le président lui tendit un dossier.

« - Voici les conclusions des autopsies, les analyses balistiques, les rapports d'enquête, et la conclusion face à ces éléments. Tu n'incluras aucun de tes hommes dans l'enquête, de manière à leur éviter tout désagrément. »

Tseng attrapa l'énorme dossier avec incompréhension.

« - Je… crois ne pas saisir, Monsieur. »

L'homme le jaugea d'un air critique, avant de hausser les épaules.

« - Ça ne te regarde pas. Contente-toi de rendre ce rapport signé d'ici deux jours.
- B… Bien Monsieur. Accepta Tseng en s'inclinant.
- Tu as l'air fatigué. Je suppose qu'une telle opération n'aurait jamais dû reposer sur tes seules épaules… Cela explique certainement son échec, tu es trop jeune, malgré ce que pensait Veld. »

Toujours la tête baissée, le jeune homme serra les poings, mais se garda bien de faire le moindre commentaire sur cette remontrance. Bien sûr que c'était un échec, et bien sûr que c'était sa faute. Mais si l'attaque venait de l'intérieur… Il se redressa, et son regard croisa celui du président. Celui-ci attendait quelque chose, certainement l'acceptation de la sentence à son égard…

« - Je comprends tout à fait Monsieur.
- Bien. Tu peux disposer. »

Tseng se détourna, prêt à quitter le bureau…

« - Juste une question M. le président… La mort de Takeru était prévue aussi ?»

Même sans le voir, Tseng sentit le président se crisper avec colère…

« - Ce sont les risques du métier. »

Comme un automate, Tseng sortit du bureau, récupérant son oreillette.

« - Réunion générale dans 1/2h. Noann, Sabrina, passez le relais aux soldats, ça suffira amplement. »

Leur air épuisé se cachait derrière une tasse de café, et Tseng avait fait monter de quoi les restaurer. Ils étaient tous silencieux, et lui-même n'avait pas le courage de prendre la parole. Il embrassa la table du regard, constatant que la place habituelle de Takeru était restée vide, ainsi que…. Katsuhiro ?

« - Où est Katsuhiro ? demanda-t-il, aux abois. L'idée de perdre un second membre l'effleura, et il sentit la chute de tension le saisir. »

Surtout quand il vit ses hommes échanger des regards gênés, jusqu'à ce que Rodney se racle la gorge pour parler.

« - Il… n'a pas supporté d'apprendre… Pour Takeru. Il est à l'infirmerie… Carmine a été obligée de le sédater. »

Tseng accusa la nouvelle et se plongea dans sa tasse de café trop amère. Il laissa passer les minutes dans le silence le plus complet, toujours hésitant contre la marche à suivre…

« - Aucun d'entre vous n'est affecté à l'enquête liée aux évènements de ce soir. »

Un brouhaha s'éleva suite à cette déclaration, et Tseng attendit un peu avant de reprendre la parole.

« - En plus des affaires en cours, nous allons certainement avoir une montagne de travail. Ce genre d'assassinat donne l'idée qu'on peut recommencer, et vous savez à quel point les ennemis de la Shinra sont nombreux, même sans compter AVALANCHE. Vous êtes des agents de terrain, ceux qui étaient les plus orientés enquête étaient les jumeaux… Je préfère m'en occuper seul. Termina-t-il plus doucement. »

Il détestait le président. Pour devoir mentir à son groupe, pour devoir faire semblant d'enquêter sur la mort d'une amie… De toute façon, il n'aurait jamais accès aux preuves, si le président le décidait. À partir de là…

« - J'aurais besoin de vos rapports écrits d'ici à demain matin. A présent, j'aimerais que les deux d'entre vous qui se sentent le moins épuisés restent avec moi jusqu'à 17h pour faire tourner le service. Les autres, reposez-vous et occupez-vous de votre rapport. Je… vous préviendrais par mail… Pour… le service funèbre. »

Tseng se déshabilla, résolument décidé à dormir, tant qu'il pouvait, quand il se figea, posant la main sur ce qui dormait dans la poche de sa chemise. Il retira la balle qui avait tué Takeru, et la fixa. La 5ème balle. Celle qui était «en trop», dont il n'aurait pas du connaître l'existence…. Sa seule piste vers l'assassin de la jeune femme. Il savait ce qu'il ferait réellement de ses deux prochains jours…

On frappa à la porte, et Tseng posa la balle dans sa table de nuit avant d'aller ouvrir.

« - Reno ? Qu'est ce que tu veux? Demanda-t-il au jeune homme débraillé devant sa porte.
- Je… Je n'arrive pas à dormir. Avec tout ce qui s'est passé… j'ai essayé, ça ne marche pas… Comme on est dans le même immeuble.. J'aurais pu demander à Sab', mais je ne voulais pas que ça paraisse bizarre, enfin, plus bizarre que là, et Rude m'a dit qu'il dormait avec Mandy, et je…
- OK. cria presque Tseng pour endiguer le flot de paroles. »

Il s'effaça pour laisser passer Reno, son mal de crâne se réveillant.

Parfois, il oubliait que Reno était encore jeune, qu'il n'avait encore jamais perdu de collègue…

« - Tes côtes… »

Tseng baissa les yeux sur sa chemise ouverte, laissant voir ses bandages et son boxer.

« - Heidegger.
- Et Scarlet ?
- Non, elle c'était le martinet. Répondit-il avec un sourire ironique. »

Reno eut un moment de flottement. Cette tenue, cet état, rendait Tseng terriblement… humain. Et c'était dérangeant. Ses yeux cernés, injectés de sang, le rendaient même presque effrayant…

« -Bon, au lit. Décida Tseng, se détournant. »

Tandis que Reno retirait son jean pour rester en T-shirt Tseng réalisa que c'était le premier garçon qui entrait dans ce lit. Il aurait tellement préféré Rufus…

« - Bonne nuit… Murmura Reno, lorsqu'ils furent sous les couvertures. »

Quelques minutes plus tard Reno dormait, et lui il n'y arrivait toujours pas. Ses côtes le faisaient souffrir, et, dans sa tête, il n'arrêtait pas de retourner les évènements. L'assassinat de Mlle Swan par la Shinra. La mort de Takeru. Pourtant, tout son être semblait supplier le sommeil de le prendre. Il se sentait malade et épuisé, triste et dégoûté. Égoïstement, il aurait voulu dormir avec Rufus, blotti contre lui… À la place, son lit était occupé par un rouquin remuant, même dans son sommeil. Celui-ci vint se coller à lui et il le repoussa gentiment, préférant garder sa liberté de mouvement…

« - Tu ne dors pas ? demanda son cadet avec une petite voix endormie. C'est à cause de tes côtes ?»

Tseng acquiesça doucement, et fut étonné de voir Reno se relever, pour revenir quelques instants après avec un cachet et un verre d'eau. Sans même demander ce que c'était, l'utaien avala le médicament et s'allongea avec un grognement de douleur. Le roux se recoucha, et posa une main glaciale sur le front de son chef, sans gêne aucune.

« - Tu es brûlant, c'est normal que…
- C'est frais, c'est agréable. L'interrompit-il, sans faire réellement attention à ce qu'il disait. »

Reno s'installa à moitié allongé, et força doucement Tseng à s'installer, pour poser ses mains sur le front brûlant.

« - Tourne-toi, ce sera moins douloureux pour tes côtes… »

Écouter quelqu'un, et faire ce qu'il disait sans poser de questions, c'était parfait. Tseng se laissa faire, profitant du massage de tempes sans rien dire, jusqu'à s'endormir comme une masse…

Lorsqu'il se réveilla, il avait le nez plongé dans une masse de cheveux roux, et il tenait son coéquipier comme un ours géant.
Le jeune homme se retourna contre lui avec un petit soupir et passa ses bras autour de la taille de Tseng, toujours endormi. Les jambes emmêlées, on aurait pu croire à un couple… Avec un soupir douloureux pour ses côtes, Tseng se dégagea doucement, sans réveiller le rouquin, et sortit de la chambre, attrapant son portable. L'horloge indiquait 10h, mais il avait l'impression de ne pas avoir dormi assez. Déjà 2 appels manqués…

L'utaien se gratta la tête, décidant de passer sous la douche avant tout. Il savait que Reno était dans l'appartement, mais en sortant propre il n'eut pas le courage de se rhabiller. Un verre de jus de fruit en main, il s'installa devant son ordinateur, consultant ses messages d'un œil discret. À part le rapport de Reno, tous semblaient l'attendre dans la tour Shinra, et il sourit. Entre ça et la balle, il avait une petite chance de pouvoir mener une vraie enquête… Les coupables mourraient.

« - Je veux qu'ils soient tous punis, Tseng. Tous les coupables, quels qu'ils soient. Je veux leurs têtes sur un plateau, le plus rapidement possible. »

Rufus avaient ce regard froid et déterminé qui ne présageait rien de bon… Tseng s'inclina, rassuré de voir que son supérieur le suivrait sur ce coup-là. La balle qui avait tué Takeru était toujours dans la poche de sa chemise, contre son coeur.

Karen aurait été un bon Turk, certainement. Elle était discrète et efficace, avait analysé la balle sans rien dire, sans poser de questions. Puis elle s'était tournée vers lui, et lui tendit le rapport.

« - Je suis désolée, l'arme n'est enregistrée à aucun nom… C'est un fusil à pompes marque Shinchester, mais je ne peux pas en dire plus… C'est assez bizarre d'ailleurs, les rainures sont presque inexistantes… Enfin, tout est dans le rapport. »

Une chape de plomb tomba sur l'estomac du brun, et c'est à peine s'il réussit à prononcer un « merci » hésitant avant de partir s'enfermer dans son bureau.

Ses mains étaient moites lorsqu'il entra dans la base de données privée de la Shinra, celle qui n'était pas sensée exister. Celle dont seules quelques personnes à la Shinra connaissaient l'existence, c'est-à-dire le Président, Heidegger, Scarlet et lui.

Toutes les armes des agents spéciaux étaient répertoriées, et à part le président personne n'avait accès à la totalité des informations…

Mais l'arme qui avait tué Takeru appartenait à Sabrina.

Il avait réussi à écarter une bonne partie de ses hommes, restait 3 personnes sur la liste des suspects. Se penchant encore sur les rapports, Tseng fronça les sourcils. Il y avait là quelque part une information qui lui échappait…

Il attrapa le rapport du premier et le relu, se remémorant la soirée. Puis il repensa au suspect -enfin, au futur coupable- qui avait été arrêté le soir même en possession de l'arme du crime… Enfin, celle qui correspondait aux 4 balles qui avaient été retrouvées : une pour Takeru, une pour Mlle Swan, une dans le vide mais relativement proche de Rufus, et une près de M. Swan. Ça aurait été parfait s'il n'avait pas récupéré directement la balle du crâne même de Takeru.

Qui avait été en contact avec ces preuves ? Qui avait arrêté l'homme ?

« - Tseng, je peux te voir deux minutes ?»

Tiger venait de passer la tête à travers l'entrebâillement de la porte, et jeta un coup d'œil aux feuilles étalées devant le chef des Turks. L'utaien retint un sourire de prédateur, et se releva.

« - J'arrive, j'ai besoin d'un café de toute façon. »

Le coup retentit d'un bruit mât, et l'homme eut un gémissement douloureux.

« - J'ai tout mon temps, tu sais ? Du café, un appartement tranquille, isolé d'un point de vue sonore et locatif, des matérias de soin… On va pouvoir jouer toute la nuit…
- Putain, tu vas ne pas me reprocher d'avoir fait mon job ! cria presque Tiger. »

Un nouveau coup l'assomma à moitié, et le punk sentit le goût du sang dans sa bouche.

Tseng s'assit sur la table devant lui, sortant son couteau.

« - Ton boulot ? Moi je pensais que ton boulot, c'était d'appliquer MES ordres, de protéger Rufus Shinra et de ne pas assassiner une collègue…
- J'ai PAS tué Takeru !»

Un coup, encore, qui lui ouvrit la peau du torse.

« - NE PRONONCE PAS SON NOM ! hurla Tseng. »

L'utaien ferma les yeux, et lança un sort de soin.

« - C'est vrai, tu n'as pas tiré dessus… Toi, tu as juste falsifié les preuves, hein ? Allez, dis-le-moi, qu'on arrête ce petit jeu…Raconte- moi tout… »

Tiger essaya encore une fois de se détacher, mais ça lui semblait impossible. Tseng l'avait attaché avec des bandages chirurgicaux, ceux qui ne laissaient pas de trace sur la peau, mais qui le bloquaient totalement… Son chef avait les yeux fous, autant de douleur que de rage. Il courrait à sa perte…

« - Tu… promets que tu ne me tueras pas ? demanda-t-il, hésitant. »

Tseng eut un sourire en coin.

« - Toi, tu as juste fait des faux… Je tuerai Sabrina.
- Bon… Tiger soupira : sa vie valait plus que celle d'une collègue après tout. Le président nous a appelé tous les trois le matin, juste avant l'opération… Il voulait qu'on assassine Swan, je sais pas pourquoi. Mais il savait que tu ne le ferais pas, à cause de Rufus… Alors il nous a demandé de monter un faux dossier, de faire de fausses preuves, et nous a fourni un faux coupable. J'aurais dû être à cette place, et on n'aurait pas eu à… Mais ça a changé au dernier moment, parce que Rufus voulait que tu sois son garde du corps… »

Le visage de Tseng s'était vidé de toute expression au fur et à mesure. Quand Tiger eut fini, il regarda son chef avec inquiétude.

« - Tseng ? »

Celui-ci se leva, et partit vers la table basse, devant la télé. Il revint une minute plus tard, le visage toujours aussi vide.

« - Tu es contusionné… Je vais te faire une injection pour calmer ça. Dit-il mécaniquement. »

Il planta avec douceur l'aiguille dans le bras de son subordonné, appuyant lentement… Puis il détacha Tiger, le retenant lorsque celui-ci manqua de s'écrouler.

« - Je vais te poser sur le canapé, ça va passer vite…
- Tseng ? Tu m'as injecté quoi ? J'me… sens pas bien…»

Son coeur battait vite, trop vite, sa tête tournait et il commençait à voir flou… Il s'affala sur le canapé, avant de jeter un œil vers la table basse. Un sachet, une cuiller à soupe, sa boîte d'allumette…

« - Tseng ! cria-t-il avec angoisse, avant de commencer à convulser. »

L'utaien le regarda un instant, jusqu'à ce que les convulsions se calment et que Tiger porte la main à son coeur, pour finalement s'écrouler. Il posa la seringue sur le sol, vérifiant que l'homme était bien mort. Puis il eut un sourire satisfait. Pour un ancien drogué, cette mort était parfaite… Il lança plusieurs sorts de soin, pour refermer parfaitement les chairs, et décida de passer au suivant.

Tseng venait de terminer son rapport oral à Rufus. Celui-ci hocha lentement la tête, et fixa le brun.

« - Et qu'est-ce qui me prouve que tu ne leur as pas demandé de faire ça ? Tu m'as bien dit que tu n'avais pas le commanditaire, si ? C'est toi, tu as tué Tiphereth pour ne pas que je sois heureux ! »

Tseng ouvrit la bouche, abasourdi.

« - Mais, Monsieur, c'est absurde, je n'aurais jamais fait tuer Takeru…
- JUSTEMENT ! C'est tellement absurde que tu fasses tuer ta soi-disant petite amie, que personne ne peut te soupçonner ! Mais moi je sais que tu ne sortais pas avec ! SECURITE !»

Tseng se laissa emporter, sans résister. Rufus le regarda avec mépris…

« - Ça ne se passera pas comme ça, Tseng. Tu vas payer… »

Il se tourna vers les deux malabars qui encadraient le brun.

« - Mettez-le en prison, dans une cellule spéciale. Je ne veux pas qu'il puisse bouger, et je serais le seul à pouvoir le voir ! Compris ? »

Rufus regarda son ancien amant se faire emporter, encore secoué par la colère. Il se laissa tomber sur son bureau, les larmes aux yeux. Tseng le détestait, c'était évident. Sinon, il serait resté avec lui, au lieu de l'assommer par la magie. Il serait venu le voir, pour le consoler… Mais il n'avait rien fait, rien fait pour lui, il n'avait même pas lutté pour qu'ils restent ensemble…

Le Turk était attaché au mur, les bras au-dessus de la tête de manière à ce qu'il ne puisse pas blesser l'héritier qui venait le voir. Rufus le dominait de toute sa hauteur. Tseng releva la tête vers lui, dans l'espoir de voir autre chose que de la haine dans ces yeux qu'il aimait tant, et détourna le visage lorsqu'il se rendit compte que ce n'était pas le cas, blessé.

Rufus contempla un instant son Turk. Malgré les deux jours d'enfermement, Tseng réussissait à paraître… Peut-être pas propre - il avait toujours les mêmes vêtements, mais au moins digne.

« - Pourquoi tu m'as fait ça ? Demanda le blond, les mots résonnant froidement dans la cellule.
- Je… ne vous ai jamais trahis, Monsieur. Répondit douloureusement Tseng. »

Le coup partit sans que Rufus s'en rende compte, et la tête de l'utaien cogna contre le mur. Le blessé leva des yeux désespérés vers lui, ses lèvres rougies par le coup de poing qui venait de les frapper. Le vice-président l'attrapa par le col, et leurs visages se rapprochèrent lorsqu'il le souleva.

« - Ne me mens pas ! Tu as commencé à ma trahir en m'appelant »Monsieur» !
- C'est vous… qui avez voulu mettre de la distance entre nous… Murmura Tseng douloureusement.
- Je n'ai jamais … !»

Rufus s'interrompit, avant d'embrasser violemment Tseng. Le goût du sang l'électrisait, et lorsqu'il se rendit compte que son ancien amant cherchait à se dégager, il l'attrapa par les cheveux pour le coller contre lui. La morsure qu'il fit subir au brun força celui-ci à lui laisser accéder à sa bouche, tandis qu'il tirait sur la chemise blanche, qui céda avec une plainte tissulaire [1]. L'utaien voulut le repousser, utilisant ses pieds, et Rufus s'écarta à peine, pour murmurer à l'oreille du brun :

« - Attention, tu pourrais me blesser… Stop. »

Tseng sentit son corps se figer sous la magie, écarquillant les yeux. Rufus eut un sourire satisfait, et se pencha, s'attaquant au cou sensible de son ancien amant. Il savait que le sort ne durerait pas, et profita de l'immobilité forcée de Tseng pour le dénuder au maximum. Bien sûr les menottes qui retenaient ses mains écartées et éloignées l'une de l'autre contre le mur ne permettaient pas de lui retirer sa chemise ou sa veste mais fut satisfait lorsqu'il sentit enfin la peau nue de son Turk contre les paumes de ses mains, qu'il put couvrir chaque parcelle de baisers et morsures. Il se rendait compte à quel point cela lui avait manqué… Le sort se dissipa alors qu'il jouait avec le nombril de Tseng, et celui-ci resserra instinctivement les jambes. Rufus releva la tête pour croiser son regard, et fronça les sourcils, alors qu'il remontait pour embrasser possessivement le brun. Ce n'était pas le regard habituel de son amant lorsqu'ils s'unissaient. Alors qu'il lui relevait les reins pour le faire sien, Tseng eut un gémissement de douleur, mais cela n'avait pas d'importance. Rufus ne sentait plus rien que les contractions du corps de son amant autour de lui, leurs deux peaux qui se frottaient l'une contre l'autre, le goût légèrement salé du cou du brun qu'il malmenait avec plaisir. L'orgasme qui le traversa fut violent, le laissant pantelant et épuisé contre Tseng. Évidemment. Il n'avait jamais réellement réalisé à quel point il ne pouvait pas se passer du brun… Il releva la tête vers lui, bien décidé à le lui dire, lui faire comprendre, mais l'expression de celui-ci l'interrompit. Tseng avait les yeux écarquillés, regardant résolument le coin opposé de la pièce, les larmes coulant librement sur son visage… Rufus voulu les essuyer, mais faiblement le brun s'écarta, fuyant son contact aussi bien physique que visuel.

Refusant de comprendre, Rufus se dégagea de lui, s'écarta, et contempla ce qu'il venait de faire… Le terme « viol » flottait à la limite de son esprit, mais il ne pouvait pas, pas Tseng… Celui-ci ramena les jambes sous lui, baissant la tête sur ses genoux, continuant à sangloter doucement… Remontant le pantalon qui pendait lamentablement sur ses genoux pour se rhabiller rapidement, Rufus sortit de la salle, sans pouvoir dire quoi que ce soit…

Juste après que Rufus soit sorti, Tseng entendit le déclic des menottes, et ramena ses bras autour de ses jambes. Il n'arrivait pas à y croire, et la douleur qui remontait le long de sa colonne vertébrale ne faisait que rajouter à sa confusion… Rufus ne lui aurait jamais fait de mal, jamais, jamais, jamais… Tseng secoua la tête, avant de sombrer dans la panique… Avec résolution, il se redressa en titubant, et se dirigea vers la petite douche à laquelle il avait droit dans cette cellule, retirant automatiquement sa veste et sa chemise déchirées. L'eau chaude se mêla à ses larmes, et il se morigéna, à pleurer comme une lycéenne. Le fait était que son corps tremblait violemment, qu'il n'arrivait pas à réaliser que la douleur qu'il ressentait, qui remontait le long de sa colonne vertébrale, était due à Rufus…

Ce fut le bruit de la porte qui le tira de sa transe, et rapidement il s'enroula les hanches dans la petite serviette avec laquelle il était sensé ne pouvoir blesser personne, pas même lui. Le garde lui jeta un regard concupiscent, mais il l'ignora résolument.

« - Le président veut vous voir. Habillez-vous. »

Malgré le regard lubrique de l'homme, Tseng renfila ses vêtements, réajustant au mieux sa chemise déchirée pour finalement refermer le plus possible sa veste par dessus. Il regarda ses pieds nus - la mesquinerie avait été poussée jusqu'à lui retirer ses chaussures- et haussa les épaules. Il se redressa, respirant profondément, et vit avec plaisir le garde déglutir.

Sur le chemin, Tseng pouvait voir ses pieds s'enfoncer dans la moquette bleu roi, spectacle hypnotisant qui le mena devant le bureau du président. Celui-ci était tourné vers la grande baie vitrée, et fit un signe pour que le garde les laisse seuls. Redressant les épaules, le Turk attendit le jugement…

« - Mon fils est très attaché à toi, tu as de la chance. Cela n'aurait tenu qu'à moi, tu serais actuellement dans les laboratoires d'Hojo.
- J'ai rendu le dossier que vous m'avez donné. Rufus voulait cependant que les coupables payent. Je n'ai fait qu'obéir à ses ordres, comme n'importe quel Turk devrait. Répondit-il, conscient qu'il marchait sur des œufs posés sur un fil tendu dans le vide -ou l'inverse. »

Le président se retourna, s'approcha, imposant, et lui souffla la fumée de son cigare dessus.

« - Dès à présent, tous les rapports de mission seront à présenter en double, à mon fils et à Heidegger. Considère-le non plus comme ton égal, mais comme ton supérieur. Et je pense qu'il va aussi falloir réduire le nombre d'employés de ta section. Termina-t-il avec un sourire satisfait. »

Le brun pâlit, mais acquiesça, les lèvres pincées.


À suivre …

NDLA : Bon, voilà le second chapitre... Allez, ça va s'arranger ! ... ou pas...