Auteur : Alia Zanetsu
Genre : Angst, romance, yaoi.
Rating : T+, donc au cas où M… Mieux vaut trop que pas assez !
Disclaimer : Les personnages de cette fiction appartiennent tous à SquareEnix. Je ne tire aucun argent de cet écrit, même si je peux toujours espérer me faire la main sur eux avant d'écrire un vrai bouquin, peut-être un jour.
Remerciments : Anaïs encore, qui a la gentillesse de corriger mes fics !
Warning : Ceci est une séquelle de Torn apart. Je ne suis pas sure que les deux soient totalement indépendantes, mais on ne sait jamais. Sinon, comme je fais intervenir plusieurs turcs qui appartiennent à Before Crisis et qu'ils n'ont pas vraiment de nom, je me suis amusée à leur donner des noms en fonction des armes qu'ils utilisent, de manière plus ou moins -mal- dissimulée. J'ai oublié de me renseigner sur l'existence ou non de noms, mais je ne crois pas en avoir oublié… Si vous allez sur la page http : / www . ffworld . com/?rub=ff7bc&page=persos, voici les noms par ordre d'apparition (sur le site, pas dans la fic !) :
* Rod : Rodney
* Gun : Gunevria
* Two Gun : Tiger
* Shotgun : Sabrina
* Martial Art (m) : Marty
* Martia Art (f) : Mandy
* Katana : Katsuhiro
* Shuriken : Cissney (bon, aucun rapport, mais on va pas modifier les noms qu'ont donné SquareEnix)
* Nunchaku : Noann
* Throwing Knife : Takeru, alias TK (clin d'oeil à… non, j'ai honte, je vous laisse deviner.)
Chapitre 3
Ils étaient face à face, comme ni l'un ni l'autre ne s'y étaient attendu. Sans savoir que leur vis-à-vis ressentait la même chose, ils eurent tous les deux envie de fuir. Rufus par ce qu'il avait trop honte de ce qu'il lui avait fait subir, de ce qu'il avait pu oser faire à l'homme qu'il amenait. Tseng, parce qu'il ne se sentait pas près à faire comme si de rien n'était… Mais il y avait des gens, et ni l'un ni l'autre ne pouvaient descendre de l'ascenseur sans paraître étrange. Et ni l'un ni l'autre ne souhaitaient montrer à l'autre que sa présence le rendait mal à l'aise. Mais l'ascenseur se vida trop vite, peut-être à cause de la tension entre les deux hommes, et ils se retrouvèrent seuls, sans oser se regarder.
« - Tu veux bien ven… Non. Je peux… passer dans ton bureau ? S'il te plait ? »
Tseng osa enfin regarder Rufus, et le fait que celui-ci rougisse le fit douloureusement fondre.
« - Si vous voulez. Je travaille jusqu'à 19h, et à partir de 18h30… Tseng s'interrompit. »
Etait-ce une bonne idée de dire qu'il était seul à l'étage, ou presque ?
La journée passa horriblement lentement, dans un état d'attendre fébrile et tendue. Ses subalternes s'inquiétaient de ne pas l'avoir vu pendant deux jours, autant que de la vague de suicide qui avait secoué les Turks : Tiger avait replongé dans la drogue et était mort d'overdose, Sabrina s'était tiré une balle dans le crâne et Marty s'était fait renverser par un 33 tonnes, alors qu'il était ivre mort. Il avait beau répondre qu'il lui avait fallu du temps pour supporter la mort de ses collègues, sans lui les Turks étaient comme un bateau à la dérive. Les missions qui devaient être menées avaient été faites, lui laissant sur le bureau une pile de rapports soignés -même s'il était évident que Rude avait tapé ceux de Reno- et ils restaient tous à leur place, nerveux. Ce n'était pas un groupe à laisser dans un bureau trop longtemps… Pour la première fois, Tseng eut une vision complète et totale de son équipe : des bêtes. Des mercenaires pour la plupart, des machines à tuer pour certains… Une réunion s'imposait. Un tri aussi, peut-être…
Lorsqu'ils furent tous réunis -cette fois, il avait bien fait attention à faire porter une table plus petite, de manière à ce qu'il n'y ait pas de place vide- il se désola du petit nombre qu'ils étaient. À quoi s'attendait-il avec 5 absents ?
Il fit le tour de ses Turks, se demandant combien le Président comptait en « éliminer », et s'il pouvait le prendre de vitesse. Certains Turks auraient été plus heureux et épanouis dans d'autres services, il pouvait les faire muter. D'autres n'avaient rien en dehors des Turks…
Tandis qu'il leur annonçait les prochains changements - sans parler de la « réduction de personnel » - Tseng sentit l'atmosphère se détendre. Pourtant, lorsqu'il annonça vouloir voir chacun dans son bureau, il put capter les regards inquiets que s'échangeaient ses subordonnés…
Rufus poussa un soupir d'exaspération. La matinée était à peine terminée, et déjà il aurait voulu être le soir. Les dernières révélations de son père l'avaient profondément ébranlé, même s'il ne l'avouerait jamais. Faire porter le chapeau à un groupuscule opposé à la Swan Motors était ingénieux, et priver ceux-ci de leur héritière condamnaient la société à moyen terme. D'ici moins de deux ans, la Shinra aurait racheté la majorité des parts, sous couvert d'aider -au départ- la société à se remettre du choc : Mme Swan était pour l'instant en dépression, et M. Swan n'avait plus les épaules pour porter la société seul… Il fallait qu'il présente ses excuses à Tseng. Pour avoir pu penser que c'était lui, pour l'avoir forcé à tuer ses hommes… Et pour avoir abusé de lui… Non, ça, l'utaien ne lui pardonnerait jamais. Mais il devait quand même essayer, au moins de présenter ses excuses, même s'il avait perdu l'homme qu'il aimait pour toujours…
Tseng résista à l'envie de s'arracher les cheveux. Reno s'interrompit pour reprendre son souffle, il voulut lui dire qu'il pouvait y aller, mais le roux repartit dans une diatribe sur la cantine de la Shinra… C'était évident, aucun autre service ne voudrait du roux survolté… Pourquoi Veld l'avait-il engagé déjà ?
Enfin il réussit à mettre le jeune homme dehors, et soupira de soulagement. À côté, Rodney serait un vrai bonheur. Le Turk entra dans son bureau avec son allure détendue, un léger sourire aux lèvres. Il s'installa face à Tseng, et commença à jouer avec une clef de données.
« - J'ai été étonné, tu ne nous as pas parlé de ton petit séjour en cellule… »
Tseng se figea, soudainement en alerte.
« - Ça ne vous regardait pas.
- Non, mais j'ai mené ma petite enquête là-dessus… Tout le monde trouvait bizarre que tu disparaisses comme ça, même si c'était compréhensible, mais j'ai quelques « amis » dans la section sécurité… »
Rodney eut un petit mouvement de poignet, et la clef vola pour tomber juste devant le clavier de Tseng.
« - Ne te gêne pas, jette un coup d'œil… »
Il le sentait de plus en plus mal, ce rendez-vous avec Rodney. Sur la clef, il n'y avait qu'une vidéo. Lorsqu'il la lança, sa bouche s'assécha. C'était clairement une vidéo de surveillance, et clairement celle de son viol.
« - Par « chance », j'ai pu récupérer l'originale, je passais justement dans le coin à ce moment-là… Sinon, je peux t'assurer qu'elle aurait déjà fait le tour de pas mal de services… Tu n'imagines pas, le chef des Turks se faire culbuter par le vice-président ! »
Tseng avait pâli, et eut un mouvement instinctif vers son holster.
« - Non, pas la peine…Enfin, si tu veux l'original bien sûr.
- Et sinon ? La vidéo est mauvaise, la presse à scandale n'en voudra pas… On ne reconnaît même pas Rufus ! »
Rodney se déplaça et se pencha sur le bureau, avec un sourire de requin.
« - Non, mais toi, on te reconnaît bien… Je suis certain que cette petite vidéo ferait fureur dans notre service…
- Dis- moi ce que tu veux. Le coupa Tseng, glacial.
- Toi. »
Tseng posa sa tête dans ses mains, essayant de prendre conscience du surréalisme de la situation. Il avait confiance en Rodney, peut-être plus qu'en n'importe que d'autre ici… Et Rufus qui arrivait dans moins d'une heure… Que lui dire ? Qu'il allait être victime d'un chantage, un temps indéterminé ? Il jeta un regard à la clef que lui avait laissée le Turk, pour le « faire réfléchir »…
Il était toujours perdu dans ses pensées lorsque Rufus entra -sans frapper, il ne fallait pas trop lui en demander ! Pourtant, le vice présent semblait mal à l'aise lorsqu'il referma la porte sur eux, et Tseng se sentit d'humeur à tendre à peine la main pour montrer qu'il pouvait s'asseoir, sans se lever. Il ne voulait surtout pas que Rufus … Il ne voulait surtout pas perdre le contrôle, pas cette étaient dans son domaine… Puis soudain il soupira. L'idée de se venger de Rufus en le rabaissant lui devint détestable. Même si le jeune homme devant lui le rendait nerveux, rien qu'à se souvenir de ce qu'il s'était passé « entre eux » l'avant veille. Rufus pourtant ne s'assit pas. Il avait l'air mal à l'aise, mais il se rapprocha, hésita devant le bureau avant de fixer Tseng, comme s'il voulait lui demander quelque chose… Par quoi commencer ? Devait-il rester debout, s'asseoir, s'approcher ? Il avait pensé à ce moment toute la journée, mais, devant le brun, il se rendait compte à quel point cela ne servait à rien… Finalement, il opta pour le coin du bureau, debout. Assez loin pour ne pas gêner Tseng, mais assez proche pour ne pas avoir à parler trop fort… Il chercha le regard de son ancien amant, mais lorsque leurs regards se croisèrent il préféra baisser la tête.
« - Je suis désolé… d'avoir douté de toi. J'étais… furieux, et je me suis défoulé sur toi… Je m'en veux vraiment… Murmura le blond, les yeux fixés sur le pot à crayon du bureau. »
Rufus reporta son poids sur son autre pied, mal à l'aise. Tseng avait détourné la tête, pour la poser sur sa main, et semblait totalement ailleurs.
« - Je… Tseng , écoute-moi au moins ! »
Enervé, le vice-président s'était rapproché de Tseng et saisi les accoudoirs du fauteuil, faisant sursauter le brun. Il regretta immédiatement son geste en captant le regard déçu ou effrayé – il n'aurait su dire- de son ancien amant. Il s'éloigna légèrement, mais c'était déjà trop tard. L'utaien s'était redressé, dans une fureur noire.
« - Sortez de mon bureau. Veillez à ne plus m'importuner que pour des ordres de mission. Articula lentement Tseng en avançant sur le blond. »
Rufus avait beau le dépasser d'une demi-tête, il recula encore… Les idées se bousculaient dans sa tête sans qu'il puisse trouver comment rattraper sa bourde. Il faisait l'effort de venir s'excuser, Tseng aurait au moins pu faire attention à lui ! Et lui, il n'était qu'un imbécile, il venait pour se faire pardonner, pas pour se faire jeter dehors comme un malpropre, comme il le méritait !
Tseng arrêta de faire reculer son ancien protégé lorsque celui-ci tomba à genoux, et leva un regard suppliant sur lui.
« - Je t'en supplie, écoute moi au moins jusqu'au bout… Le pria doucement Rufus.
- … Allez-y. Céda le brun, sa colère envolée sur l'instant. »
Il laissa même le plus jeune lui saisir doucement la main. Le contact était doux, très léger… S'il avait voulu, il aurait pu se dégager sans même faire d'effort.
« - S'il te plait. Je sais que tout ce que je pourrais dire n'effacera pas ce que je t'ai fait… Je… Au départ, je voulais vraiment t'en parler, pour Ti… Pour mes fiançailles… Mais je n'ai pas eu le courage… Et quand on s'est touchés, j'ai craqué… Ca me faisait tellement souffrir de devoir me séparer de toi, j'ai été odieux… Je suis réellement, tellement désolé… Si je t'avais regardé, si j'avais vu ton visage, j'aurais craqué… »
Tseng ouvrit la bouche, mais Rufus le prit de vitesse.
« - Non, s'il te plait, laisse-moi parler » Rufus prit une inspiration, hésitant. « Je… pour ce qui s'est passé en cellule… Je ne sais pas quoi dire, ça m'a rendu fou que tu m'appelle « monsieur », que tu me rejettes… Je n'aurais jamais du, c'est évident, et maintenant que c'est fait, que je ne pourrais jamais revenir en arrière, à part te dire que je regrette, je ne sais pas quoi faire… Tu ne m'avais jamais dit « non », et j'étais hors de moi, je ne comprenais pas. J'aurais voulu ne jamais te faire de mal, ne jamais te faire souffrir… »
Rufus reprit son souffle, et Tseng baissa les yeux sur leurs mains liées. Son ancien amant le caressait doucement, son expression douloureuse le faisait souffrir…
« - Je… n'aurais jamais dû t'imposer cette relation, dès le départ… J'ai été égoïste, égoïste jusqu'au bout. J'avais peur que notre séparation ne t'affecte pas, et quand j'ai vu que ça avait l'air d'être le cas, ça m'a blessé, vexé, je ne sais pas… Mais je ne voulais pas, vraiment. Ca aurait été moi, on serait encore ensemble… »
Rufus releva les yeux vers lui, et son regard craintif fit taire toute velléité de réponse de la part du brun.
« - Je… Je n'ai jamais été autant attaché à quelqu'un, Tseng… Le temps passé à tes côtés file trop vite, tu me fais me sentir heureux… Je… je t'aime, Tseng, je t'aime tellement… Je deviens fou lorsque tu t'éloignes de moi… »
Le cœur de Tseng se serra et sa seule envie était de se tomber au niveau du blond.
« - Rufus, relevez vous, je vous en prie… »
Rappeler son ancien amant par son prénom lui faisait des fourmillements étranges dans l'estomac, et le visage du vice-président s'éclaira, alors qu'il se redressait.
Tseng se sentait idiot lorsqu'il leva la tête pour embrasser Rufus, idiot d'être heureux alors qu'il n'aurait pas dû… La menace de Rodney s'évapora alors qu'ils fondaient dans ce baiser, timidement puis de plus en plus passionnément… Lorsqu'ils se séparèrent, Rufus surprit un léger rougissement sur les joues de son aimé, et lui souleva le menton avec douceur…
« - Acceptes-tu de… sortir avec moi ? » Demanda-t-il, rougissant comme un collégien.
La réponse positive de Tseng lui fit l'effet qu'une multitude de papillons s'ébattaient dans son estomac.
« - Mais avant … On a un petit problème à régler. » Soupira Tseng, s'éloignant légèrement de son … « petit ami ? », prenant l'air sérieux. Le brun remarqua l'air peiné de Rufus, et se mordit la lèvre. Tseng se retourna vers le bureau, même si les bras du blond ne le lâchèrent pas pour autant.
« - C'est grave ? » Demanda-t-il avec une voix plaintive.
L'utaien haussa les épaules et s'appuya contre le torse de Rufus. Sa présence même était rassurante, son contact était tout simplement électrisant et divin… Puis il revint, difficilement, à la réalité.
« - Dans la prison… On… on a été filmé. Une caméra surveillance, mais quelqu'un a récupéré la bande…
- Du chantage ?
- On peut dire ça comme ça. » Admit Tseng, la voix tendue.
Rufus eut un soupir de soulagement. Avec douceur, il pencha la tête de son Turk, et posa une ligne de baisers sur la peau accessible et sensible du cou du jeune homme. Il sentait sous ses lèvres la tension du brun, et ne put empêcher une pointe d'inquiétude de lui saisir l'estomac.
« - Je peux m'en occuper. Assura Rufus, avant de faire tourner doucement son amant dans ses bras, pour le regarder en face. On passe dans le domaine de la politique, et j'ai plus l'habitude que toi de ces manigances, je devrais pouvoir régler ça facilement. D'accord ? »
Tseng s'abandonna au baiser que lui offrait Rufus, avant de soupirer et d'acquiescer.
Rodney haussa un sourcil étonné en ouvrant la porte de son appartement.
« - M. le vice-président, que puis-je pour vous ? » demanda-t-il poliment, s'effaçant pour laisser rentrer son patron.
Rufus se débarrassa de son manteau noir, et du chapeau qui le protégeait de la pluie, et soupira.
« - J'ai entendu dire que tu essayais de faire chanter Tseng ? Je suis donc venu en discuter avec toi voyons. » Déclara-t-il avec une assurance tranquille, avant de s'asseoir dans un des fauteuils du salon, puis de faire signe au Turk d'en faire de même. Rodney eut un sourire, avant de s'installer en face du blond. Si celui-ci pensait l'effrayer en prenant des grands airs et en faisant comme chez lui, il se trompait.
« - Que vous a-t-il dit à propos de notre… affaire ?
- Suffisamment. Je suis venu proposer un… échange. Laisse Tseng tranquille. N'y touche pas, et nous allons nous débrouiller tous les deux. Affirma Rufus, une lueur dangereuse brillant soudain dans ses yeux céruléens.
- Ce n'est pas ce que j'ai décidé avec Tseng, M. le vice-président. Je ne pense donc pas que soit possible. »
Rufus renversa la tête sur le dossier de son fauteuil, soupira, et Rodney eut un temps d'arrêt : le vice-président s'était soudainement transformé en une sorte de félin : ses vêtements noirs lui collaient au corps, mettant en valeur ses muscles finement sculptés, et lorsqu'il s'étira, le Turk sentit sa bouche s'assécher. Puis le blond reprit sa position initiale, et darda sur lui un regard de prédateur.
« - Je suis certain que tu préfèreras mettre tes envies malsaines de côté, te contenter d'un… substitut… Et éviter nombre de problèmes. »
Son regard devint plus froid, et malgré lui Rodney frissonna.
« - Si jamais la vidéo était diffusée, je me verrais contraint d'éliminer moi-même la totalité du service. Et ce n'est pas ce que nous voulons, ni toi ni moi, n'est-ce pas ? »
Le Turk fut soulagé lorsque Rufus partit enfin. L'idée de voir tous ses collègues tués par le vice-président était… terrible. Il n'avait jamais voulu ça. Il voulait se venger de Tseng, l'humilier, lui faire payer la mort de tous ses collègues… Au final, il ne lui restait plus qu'à accepter…
Il monta dans la limousine, mal à l'aise. Rufus était installé à l'arrière, et les vitres teintées l'empêchaient de voir qui était le chauffeur.
« - Tu veux faire ça ici ou à l'hôtel ? »
C'était désagréable de réfléchir à ça de but en blanc. Lui qui avait imaginé un Tseng contrit et forcé, gêné, accepter ses moindres demandes, il avait l'impression qu'il ne contrôlait plus rien du tout. Il s'entendit choisir la voiture, conscient qu'il mourrait plutôt que de se voir amené dans un hôtel pour se faire culbuter. Le blond appuya sur l'interphone, et donna un ordre, puis lui jeta un sourire charmeur. L'intérieur de la voiture semblait intime, assez haut pour qu'on puisse s'y tenir presque debout… La banquette en L était recouverte de cuir noir, et Rufus lui servit un verre de whisky, trinquant avec lui.
« - Je suppose que tu n'as pas la cassette sur toi ? Le blond attendit la réponse négative avant de continuer. Bien. Alors je propose que nous commencions, puis on va récupérer ça, et je te ramène chez toi ? »
Rodney hocha la tête, vidant d'un trait son verre tandis que son futur amant faisait de même. Les joues du blond se colorèrent en rouge, et il retira son manteau, laissant voir un ensemble en cuir noir. Moulant et provoquant. Le Turk sentit sa bouche s'assécher devant la vision, et les remords qu'ils voyaient se profiler quant à forcer un jeune homme à peine majeur s'effilochèrent. Il ne put empêcher ses yeux de s'égarer avidement sur la silhouette qui s'agenouillait devant lui, remuant lascivement en commençant à les déshabiller.
Rufus regardait la cassette entre ses mains. Il essayait de se dire que cela justifiait ce qu'il venait de faire, que c'était le moyen le plus simple pour se débarrasser de la menace, surtout sans faire de peine à Tseng en tuant un par un son équipe… Il se sentait au bord des larmes, et le goût prononcé du sperme dans sa bouche ne voulait pas partir, même après plusieurs whiskys. En insistant un peu, aurait-il réussi à faire plier le Turk ? Silencieusement à ses côtés, Rodney fumait, la tête penchée en arrière. L'odeur acre de la fumée envahissait l'habitacle, même si la fenêtre ouverte laissait s'échapper la majorité de la fumée. Lorsque le Turk eut terminé, il se tourna vers Rufus, et eut un léger sourire avant de lui attraper le menton.
« - On remet ça ? »
Le plus jeune ouvrit la bouche pour protester, et Rodney s'empara fermement des lèvres tentatrices, sans pour autant forcer leur barrage. Comme il s'y attendait, celui-ci céda de lui même, et il ferma les yeux, rapprochant leurs corps d'un geste doux. Le châtain ne vit pas l'étincelle de colère qui s'alluma dans le regard du vice-président, se transformant rapidement en une froide détermination. Il se plia aux caprices de son aîné, demandant au chauffeur de faire une boucle plus grande. Les vêtements s'égarèrent dans l'habitacle, et Rufus fut écrasé contre la banquette, du moins c'est le sentiment qu'il avait. Rodney n'était pas brusque, loin de là, et dans d'autres circonstances il aurait pu être un amant agréable. Mais il n'était pas Tseng, et quoi qu'il fasse, son contact répugnait le blond. Même si son corps ne semblait pas du même avis que lui, arrachant un sourire satisfait à Rodney. Rufus durcit sa résolution, décidant que cela servirait ses plans. Son amant fugace ne s'en rendit pas compte, pas plus qu'il ne s'aperçut que la voiture s'était arrêtée à peine une minute après qu'il les ait fait jouir tous les deux. Le châtain reprenait son souffle sur la poitrine imberbe du blond lorsque celui-ci fit mine de se dégager. Il le laissa échapper, et l'instant d'après, sans comprendre ce qui lui arrivait, il était nu sur le bitume. Rufus eut un sourire mauvais, lui jeta un boxer et son espèce de haut en cuir.
« - Tes possessions sont en train de brûler, tu as été radié de toutes les bases de données possibles, la totalité de tes accès à un quelconque serveur Web ont été détruites… Félicitations Rodney, tu n'existes plus. »
Le vice président avait beau être nu, le ventre maculé, le Turk était trop effrayé pour répondre quoi que ce soit, et avant qu'il ne se soit repris, le blond avait claqué la porte, et la limousine repartit.
Rufus se laissa tomber sur les sièges avec un soupir de soulagement, avant d'attraper un mouchoir pour s'essuyer rageusement. Un toussotement discret le fit sursauter, et il rougit lorsqu'il se rendit compte que Rude était dans l'habitacle. Le blond eut un mouvement de pudeur et de gène, avant de se reprendre : Rude le regardait à présent droit dans les yeux, sans ciller, et Rufus commença à se rhabiller.
« - L'appartement est en train de brûler, tout comme son véhicule de service et sa moto. Les comptes ont été vidés puis gelés, quant à ses données informatiques… Elles ont toutes été détruites, et Satsuki s'occupe de vérifier si je n'ai rien oublié. Quels sont les ordres ? »
Rufus avait fini d'enfiler son pantalon et hocha la tête, cherchant du regard quelque chose à se mettre sur le dos… Mais l'horrible nippe –quoi que couteuse- assortie au pantalon était à présent sur Rodney, et il répugnait à mettre la chemise du châtain. Avant qu'il n'ait pu réfléchir à la question, la veste de Rude tomba sur ses épaules, et il remercia le Turk d'un sourire accompagné d'un hochement de tête. Le vêtement était chaud, sentait légèrement le gel douche et la cigarette.
Sans répondre immédiatement à son subalterne, il actionna l'interphone du chauffeur.
« - Résidence d'Altona, rue Loveless. »
Si Rude tiqua à l'adresse, il ne montra rien : ils roulèrent quelques instants dans le silence, jusqu'à ce que Rufus détourne le regard vers la vitre teintée.
« - Reviens me chercher demain matin à cette adresse. A 6h, de manière à ce que je puisse regagner l'hôtel sans attirer l'attention. Entre temps, je te saurais gré de te débarrasser de ce chauffeur. »
Rude hocha la tête, et le blond poussa un léger soupir. Cette soirée touchait à sa fin. Il savait qu'il n'aurait pas du faire ce détour, mais il en avait viscéralement besoin…
Tseng releva la tête de son livre, surpris qu'on puisse frapper à sa porte à une telle heure. Attrapant son arme par réflexe, il entrouvrit la porte, et s'effaça sans rien dire pour laisser entrer Rufus. Le blond portait des bottes, un pantalon en cuir et une veste de Turk trop grande, mélange étrange qui le rajeunissait. Sans entrer, il lui tendit une cassette, et le cœur de l'utaien manqua un battement.
« - Je… peux rentrer ? Demanda Rufus, d'une toute petite voix. »
Tseng ne lui bouchait pas le passage, mais il s'effaça encore pour laisser entrer le grand blond, et referma la porte sur lui. Rufus gardait la tête baissée, et Tseng lui saisit la main avec douceur pour l'asseoir sur le canapé. Il s'agenouilla devant lui, et effleura la joue délicate.
La vitesse à laquelle Rufus releva la tête, et le fusilla du regard le fit presque sursauter.
« - Je veux qu'on parte. Tous les deux, en vacances … Mon père ne pourra pas me refuser ça, publiquement ce sera tout à fait normal après ce qui vient de se passer, et je te prendrais en garde du corps … »
Tseng baissa les yeux, gêné par le ton autoritaire du blond, tombant sur la ligne de poils très délicate qui courait jusqu'à son nombril, et tiqua : ils étaient inhabituellement collés à la peau… Un bloc glacé lui tomba sur l'estomac, et lorsqu'il frôla le ventre du blond, celui-ci se redressa précipitamment, une expression apeurée sur le visage…
« - Rufus, que c'est-il passé ? Demanda-t-il froidement. Qu'est-ce que vous avez fait !»
Le vice-président baissa la tête, resserrant la veste de Rude autour de ses épaules, et un instant Tseng crut qu'il allait se mettre à pleurer.
« - Dites moi ce qui s'est passé… Demanda-t-il plus doucement, presque douloureusement. »
Rufus s'adossa au mur, et soupira.
« - Je voulais juste récupérer cette cassette… Et je savais que… Tu ne voudrais pas qu'il meure… Murmura le blond, avec une voix basse et plaintive.
- Alors vous avez couché avec. Termina Tseng avec amertume. »
L'utaien s'assit lourdement, essayant d'analyser la situation. Si Rodney s'était trouvé en face de lui, il l'aurait tué à mains nues le plus lentement possible. Imaginer Rufus et l'autre ensemble le révulsait, autant par l'idée même du geste que par l'idée que quelqu'un d'autre que lui ait pu toucher son Rufus.
« - Je pensais que vous alliez négocier… Pourquoi… ?
- Parce que j'avais peur qu'en lui mettant trop la pression, il ne craque… Et que je ne voulais pas mettre mes menaces à exécution… Sur le moment ça me semblait acceptable… Je ne voulais juste pas… qu'il te touche… Surtout pas comme ça, pas encore… »
La voix de Rufus se brisa sur les derniers mots, mais les larmes refusaient de couler. Le silence s'instaura entre les deux amants, chacun plongé dans ses pensées.
« - Je peux utiliser ta salle de bains ?
- Vous dormez ici ? demanda abruptement Tseng, regrettant immédiatement son ton.
- Je peux demander à Rude de venir me chercher. »
En même temps que l'information que Rude était mêlé à l'affaire, Tseng secoua négativement la tête.
« - Je vous attrape de quoi vous changer. Les serviettes propres sont sous le lavabo. »
Alors que Rufus passait sous la douche, Tseng choisissait lentement les vêtements à lui proposer. Lui-même n'était vêtu que d'une sorte de kimono d'intérieur, noir aux bordures grises dont les motifs ressortaient en argenté : cadeau de Sephiroth, ramené directement d'une prise de guerre à Utai. Malgré le mauvais goût évident du cadeau, Tseng avait gardé les trois vêtements… Devait-il en proposer un à Rufus ? Le rouge, le blanc ? Rufus aimait s'habiller en blanc, mais les bordures cuivrées lui plairaient-elles ? Un court instant, Tseng entrevit Rufus dans le vêtement rouge, l'or des ourlets s'accordant avec ses cheveux, le rouge sombre faisant ressortir sa peau d'albâtre… Il allait tuer Rodney. Pour avoir osé accepter le marché de Rufus, pour avoir touché, pénétré ce corps qui lui était exclusivement réservé…
Mais Rodney attendrait : il ne laisserait pas Rufus seul ce soir, alors que le jeune homme avait besoin de lui… Alors qu'enfin Rufus venait vers lui, au lieu de l'appeler quand bon lui semblait.
Attrapant finalement tout ce qui lui passait sous la main et qui irait certainement à Rufus, Tseng soupira. Ils devaient parler, mettre au point les bases de leur relation. Posant le tas de vêtements dans la salle de bains, l'utaien se laissa choir sur le canapé, incapable de reprendre le cours de ses lectures.
Le réveil fut brutal, et Rufus se retrouva bloqué sous Tseng, pris à la gorge. Ils se regardèrent un instant, juste le temps que le brun le reconnaisse, et la prise se desserra.
« - Je… je suis désolé, je… bafouilla Tseng, confus. »
Sous lui, le kimono rouge que portait Rufus s'étalait comme une fleur, et contre toute attente le blond éclata de rire.
« - Tu dormais, oui. Désolée, je t'ai appelé, mais… »
L'échancrure du vêtement laissait voir le torse parfait – du moins au sens de Tseng- du vice-président, et l'utaien se pencha, embrassant doucement son amant. Etendu sous lui, à sa merci, Rufus s'abandonnait totalement à lui… Tseng se releva soudainement, rougissant en sentant le désir lui embraser les reins. Parfois, il maudissait sa nature d'homme, et le fait d'avoir blessé Rufus rien que par ce geste d'éloignement. Le blond baissa la tête, les joues écarlates de honte.
« - C'est parce que j'ai couché avec Rodney ? Je te dégoûte ? demanda-t-il rageusement. »
Tseng secoua la tête, fixant les larmes qui roulaient sur les joues de son cadet. Délicatement, il le força à se relever, et malgré la mauvaise grâce évidente à se laisser faire du blond, l'assit sur ses genoux, choisissant à dessein un fauteuil.
« - Je vous en veux. Annonça-t-il tout de go. Vous… n'aviez pas le droit de vous « punir », simplement à cause d'un dérapage… Surtout pas comme ça…
- Alors c'est bien ça, tu me trouves répugnant ! Je voulais juste que tu ne couches pas avec, je ne voulais pas qu'il te viole ! Je savais que moi, je pourrais le maîtriser, et que ça prendrait pas des proportions démesurées, alors que toi ! Cria Rufus en se débattant.»
Tseng avait réussi à le maintenir sur ses genoux, et finit par bloquer le blond, et l'attirer dans ses bras. Dans un certain sens, Rufus avait raison. Il n'aurait jamais osé se débarrasser de Rodney, et aurait attendu que l'autre se lasse plutôt que de risquer… Sa carrière ? Aucune importance. Risquer de salir l'image de Rufus, saper son autorité sur les Turks, ça c'était beaucoup plus gênant.
« - Je sais. Consentit Tseng. Vous avez réglé en une soirée ce qui m'aurait pris un temps indéterminé. Mais ça ne m'empêche pas de… »
Comment lui expliquer qu'il ne voulait pas se rabaisser au niveau de Rodney ?
« - me trouver dégoûtant. Termina amèrement Rufus.
- Non ! »
Tseng soupira, et passa sa main libre dans les cheveux du blond.
« - Cette tenue vous rend vraiment désirable. Avoua-t-il dans un murmure.
- C'est pour cela que je l'ai mise…
- Mais je ne peux pas, pas juste après… ça me donnerait l'impression d'être comme lui, de profiter de vous… Alors pas ce soir : après, quand vous voudrez, quand vous vous sentirez prêt, que vous en aurez envie… Mais ce soir, je refuse de vous blesser plus… »
Avec douceur, l'utaien commença à masser le dos du blond, qui se serra contre lui… Il savait que le blond pleurait, pris entre soulagement et horreur, et eut un faible sourire.
« - Je vous aime Rufus. Je ne vous abandonnerai jamais, je vous le promets… Murmura-t-il, serrant doucement le blond contre lui.»
À suivre…
NDLA : Si vous trouvez que c'est une bonne fin, arrêtez-vous là ! Bon, je sais, Tseng pardonne trop vite, mais je me voyais pas faire un chapitre supplémentaire de rampage !
