Note : Les personnages de Fire Emblem ne m'appartiennent en aucun cas.
L'histoire continue sur sa lançée, dont l'auteur espère avoir un jour quelques commentaires afin de s'améliorer ! Merci à certains membres de la communauté francophone des Fans de Fire Emblem via Skyrock qui m'encouragent à continuer ! ^^
Pour ceux que ça intéresse, j'organise un " service à la demande " via mon blog. Si vous voulez des images ou simplement un dessin, tapez " Takastrid " sur Skyrock ou dans Google, vous me trouverez facilement. ( Ou tapez " Tibarn Fire Emblem ", vous me trouverez aussi, eh eh. )
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Bonne lecture !
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Les deux Faucons sortirent de ses appartements. Reyson écouta leur pas dans l'entrée, puis dans le couloir du château. Une fois sûr qu'il n'entendait plus leurs bottes, il se leva de sa chaise, et retourna sur le balcon. L'air marin caressa sa peau, lui apportant les effluves de la mer dans les narines. Il respira un long moment, plongé dans ses pensées et attendit ainsi posté que son heure arrive, se demandant enfin la raison des fréquentes absences du Roi, de son silence quand à ses activités, et surtout pourquoi, lui, était-il si attiré par son regard …
Tibarn et Janaff marchèrent en silence dans les couloirs du palais. Le vieil ami du brun le fixait du coin de l'oeil, amusé. Son compagnon de toujours était encore ailleurs. Il le savait, car même si le Faucon avançait la tête haute dans les couloirs, il ne prêtait aucune attention aux dames le saluant, ni même aux interpellations de soldats voulant obtenir quelques jours de congés.
Non, Tibarn était vraiment dans ses pensées, ses jambes le menant bien à son bureau, mais son esprit était perdu au loin, sans doute réfléchissait-il … Et rien ne pouvait ébranler sans concentration. Il ne revint à lui qu'une fois dans la large pièce lui servant de bureau, ce à quoi il alla se poster derrière la grande table, attentant enfin les informations de Janaff.
" - Alors ?
- Les documents ont bien été transférés avec le reste, mais nous avons rencontré un problème en cours de route.
- Explique toi. "
Il fronçait les sourcils.
" - Et bien visiblement, Kilvas a envie de s'emmêler et de récolter eux aussi des preuves contre ces Sénateurs de pacotille … On a vu des troupes de Naesala dans le coin, ils en voulaient à la même cargaison.
- D'habitude quand les Corbeaux voient qu'on veut un navire, ils s'écartent.
- D'où notre vigilance. Mais ce n'était pas une troupe ordinaire Tibarn. J'ai vu Naesala lui même volant dans nos eaux territoriales. "
Tibarn poussa un bref soupir en entendant ce nom. Il n'avait jamais réussi à déterminer pourquoi le Corbeau s'amusait à piétiner avec autant de ferveur les règles établies entre les deux nations. Certes, ils avaient chacun un droit de passage, mais quand il s'agissait d'attaquer des navires dans les eaux de la Nation Faucon, Naesala ne se privait pas pour dissimuler ses actes et laisser les dits bateaux échoués sur les côtes de Phoenicis.
- Naesala … Il sait pourtant qu'il doit s'annoncer avant de rentrer sur nos terres celui là. Tu sais ce qu'il cherchait ?
- Non. On a fait surveillé son unité. Et d'après notre espion, Naesala serait partie en solo en direction du nord est de Phoenicis.
- Etrange …
- Mais ce qui l'est encore plus, c'est que pendant que tu vadrouillais en ville, un messager Corbeau est venu ici. "
Tibarn n'était pas dupe. Si son homologue de Kilvas prenait la peine de lui envoyer un de ses hommes, c'était qu'il comptait venir lui rendre visite. Il le savait d'avance, sans même que Janaff n'ait besoin de le lui dire.
" - Et quand est-ce que ce cher Naesala compte arriver ici ?
- Dans la soirée.
- Rien de moins ? … Nous ne pouvons pas voler de nuit … Ce qui veut dire qu'il compte rester en ville plusieurs jours …
- Qu'est ce qu'on fait ?
- Ca ne change rien aux ordres Janaff. Je m'occuperai de Naesala, quoiqu'il me veuille. Même si nous avons coupé les ponts après ces histoires de trafic avec ces humains, Kilvas reste notre patrie voisine avec laquelle nous nous devons de nous entendre. Il n'y a pas grand chose qui différencie Faucons et Corbeaux.
Janaff ne se priva pas de tirer une grimaçe en entendant la dernière partie de la phrase de son Roi.
" - Si, la mentalité. Tibarn, tu fais toujours confiance à ces vipères ? Ils nous ont prouvé plus d'une fois qu'ils sont fourbes ! "
Le Roi ne répondit pas à la remarque. Les yeux fermés, il tenta de se convaincre que Naesala ne pouvait pas créer des ennuis graves. Plus d'une fois il avait tenté de comprendre le souverain Corbeau. Mais plus d'une fois il avait dû le remonter pour ses agissements suspects, en dehors des lois Laguz … Il devait quand même croire en lui pour l'unité des peuples Oiseaux.
Un violent coup de coude dans ses côtes rappela à l'ordre le monarque Faucon, qui poussa alors une plainte étouffé, à la fois sous la surprise du geste et sous la douleur que lui procurait le coup, lui coupant la respiration. Tiré brutalement de son monologue en se massant le flanc gauche, Tibarn lança un regard sévère à son ami d'enfance, attendant explication à son geste.
" - Hey, Tibarn, tu es un peu trop dans tes pensées ces derniers temps !
- Je réfléchis Janaff, je sais bien que c'est un état d'esprit qui t'es inconnu mais quand même c'est dangereux de me réveiller aussi sec.
- Allez, ne fais pas l'innocent … "
Le Roi se leva de son fauteuil, direction la petite commode sur sa droite. Quand Janaff commençait à embêter quelqu'un, lui dans le cas présent, il savait qu'il en aurait pour un moment encore. Sa main droite s'apprêta à agripper la poignée de la petite porte. Mais une douleur vive dans sa paume lui fit annuler son geste au moment même où il enroulait ses doigts autour de la chose. Surpris, il fixa alors sa main avec plus d'attention, et remarqua alors qu'au travers de ses bandes de protection, une nette tache rouge se dessinait au creux de sa paume endolori. Il constata que les protections avaient été coupé en une fine entaille et que sa peau n'avait pas été épargnée.
" Janaff …
- On dirait toujours que tu … Hum ? Quoi ?
- Tu peux jeter un oeil sur mon bureau s'il te plait ? "
Le Laguz s'exécuta, balayant du regard le large bureau de bois massif de son souverain, sans pour autant y voir quelque chose de spécial.
" - Hum .. Je ne vois rien d'anormal … Pourquoi ?
- Etrange. Enfin, ce n'est pas grave. Tu disais ? "
Il reprit son quasi monologue pendant que son ami empoignait deux verres et une bouteille. Ce à quoi il servit du liquide doré à moitié, et fit glisser le second verre sur le bois jusqu'à Janaff. Quant au premier, il le vida d'une traite, étudiant d'un oeil sa main blessée avec une brusque curiosité.
" - Tibarn, tu m'écoutes ?
- Non, pas le moins du monde. Mais continue si ça peut te faire plaisir. "
Il répondit avec un léger sourire d'ironie sur les lèvres, trop heureux de sa remarque. Quant à Janaff, il ne réussit qu'à prendre un air particulièrement vexé, et il y avait de quoi : on l'ignorait purement et simplement !
" - T'es gonflé quand même ! Qu'est ce qui t'arrive ? Je te trouve franchement bizarre ces derniers temps.
- Développe, tu commences à m'intéresser.
- Je te trouve ailleurs, vraiment. Comme si quelque chose d'autre que le Royaume occupait tes pensées.
- J'ai justement un tas de chose à penser pour le Royaume tu sais.
Un nouveau coup arracha le monarque à la contemplation de sa blessure, lui faisant étouffer un autre gémissement à demi coupé.
" - C'est Reyson, vrai ? "
Ce simple nom sortie de la bouche de son bras droit acheva de le réveiller, oubliant même de réprimander le Laguz pour sa conduite. Relevant les yeux de ses mèches brunes en bataille, Tibarn fronça les sourcils, incertain. Reyson avait toujours été source de préoccupation pour lui, et il ne voyait pas ce qui changer.
" - Oh allez, arrête Tibarn ! "
- Quoi ? Je ne vois pas pourquoi tu évoques spécialement Reyson. "
Il pencha légèrement la tête sur le côté, n'arrivant pas à comprendre le fond de la pensée de son ami.
" - Tu t'aurais vu il y a dix minutes à peine, tu ne dirais pas ça.
- Où veux-tu en venir ? Je ne faisais jamais que lui sourire.
- Et justement ! Rho, Tibarn tu n'es plus un adolescent quand même, non ?
- Janaff, ça suffit, qu'est ce que tu crois ? "
En même temps qu'il prononçait cette phrase et que son compère se mettait à sourire de toutes ses dents, le Phoenicis compris enfin le fond de la pensée du châtain. Il réalisa aussi que tous ces coups de coudes et ce discourt sonnant un peu faux qu'il lui contait depuis quelques temps déjà vis à vis de son comportement un peu éloigné n'étaient en fait qu'un moyen pour l'amener à avouer. Avouer quoi ? Rien, justement se disait-il. Janaff était en train de se tromper sur toute la ligne, et la question que se posait en l'instant le Roi Faucon, c'était bien comment ce satané Laguz avait pu se mettre une idée pareille en tête. Si ce qu'il pensait avoir deviné été vrai, bien sûr.
" - Non … Ne me DIS PAS que tu crois que je … Janaff ! Tu es tombé sur la tête ou quoi ?
- Hey ! Je ne fais jamais qu'observer ! Et seule la Déesse sait ô combien je suis doué pour, hein. Il n'empêche que tu as vraiment l'air de draguer Reyson quand tu souries comme ça !
- Et c'est toi qui me dis ça ! Tu m'as déjà vu draguer qui que ce soit ?
- Ouais. Le Héron. "
Une brusque lueur de colère se refléta dans les yeux du grand brun. Un mélange d'amertume, et de désaccord ayant pour but de rappeler à l'ordre des choses le Faucon aux plumes claires. Lui faire comprendre qu'il allait trop loin dans la plaisanterie, et qu'il n'aimait pas ça. Tibarn, faire du charme ? Depuis qu'il était sur le trône, et cela faisait un moment déjà, vingt-cinq ans presque (*), il s'était absolument refusé à toutes les femmes qui s'étaient présentées à lui pour la simple et bonne raison qu'il ne voulait pas mélanger amour et travail. (**)
Et son ami d'enfance lui faisait à présent croire qu'il contait fleurette à Reyson ? C'était inimaginable. En grosse partie parce que le Prince Héron était un homme, plus jeune que lui qui plus est, mais surtout parce qu'il descendait d'une lignée Royale aux vertus morales strictes et il se voyait mal expliquer à son père, déjà malade, que son dernier descendant sur terre et représentant Héron du Continent avait préféré un homme et que lui, souverain Faucon avec encore un peu d'honneur, mettait son fils dans son lit tous les soirs. Non … C'était tout bonnement impossible.
" - Ne me regarde pas comme ça Tibarn … Mais … Avoue que quand on vous regarde, on a plus l'impression que ... "
Un regard glacial tomba sur Janaff. Il comprit alors qu'il avait mal fait de parler à son ami sous cet angle, encore plus lorsque le grand Faucon se leva et l'approcha d'une démarche pour le moins sèche et lourde.
" - Il n'y a rien de plus entre Reyson et moi que de l'amitié. Et même si un jour j'avais des sentiments plus forts pour lui, les chances pour que ce soit réciproque sont minimes, et je ne pourrais jamais regarder Lorazieh dans les yeux si je dois lui mentir sur les relations de son fils. Enlève toi cette idée de la tête Janaff, et je ne te permet pas de juger mes relations ! "
Le concerné blanchit, Tibarn sur ses talons. Il comprenait que c'était son Roi qui parlait, et non pas son ami, alors il se devait d'obéir sans insister, chose qu'il ne manquerait pas de faire. Le brun devenait presque dangereux lorsqu'il se mettait en colère, et en l'instant présent, il était à deux doigts de le devenir …
" - File. Les ordres sont maintenus, tu as du travail à faire.
- Oui chef ! "
Et il s'éclipsa sans demander son reste. Affronter Tibarn, c'était de la folie pure, tous le monde savait que chez les Laguz, le plus fort gouvernait le reste. Et dans le cas du Phoenicis, il pouvait décimer un bataillon à lui seul sans trop de problèmes. Mieux valait le respecter et ne pas discuter, même si Janaff était son ami d'enfance … Il sortit donc du bureau en trois enjambés, refermant la porte sur lui.
" - Fiouf ! Quel caractère … Je voulais juste lui donner un coup de main, pas me faire engueuler ! A moins qu'il ne se soit moqué de moi … "
Le Faucon soupira un grand coup, baissant ses yeux bleus sur le sol tout en ignorant les regards amusés des soldats postés là qui l'avaient vu sortir du bureau avec précipitation.
" - Tss, je te jure … Hum ? Hé, ça n'étais pas là il y a vingt minutes … Reyson ? "
Il ramassa une des plumes blanches à terre, puis jeta un coup d'oeil dans le couloir à la recherche du propriétaire de la chose. Son regard perçant eut beau observé, malgré son acuité visuel hors du commun, Janaff ne réussit pas à trouver le Prince Blanc. Le couloir n'était pas bondé, mais peut être que le Serenes était passé devant le bureau et avait continué son chemin …
" - Hey, soldats ? Vous avez vu passer Reyson il y a peu ?
- Non capitaine Janaff, pas vu.
- Tiens … ? Mais pourtant, ces plumes, devant le bureau …
- C'est moi que tu cherches, Janaff ? "
Il sursauta avant de se tourner vers la voix claire qui l'appelait, tombant sur les yeux verts du Héron royal qu'il cherchait.
" - Ah ! Te voilà ! D'où tu sors comme ça ?
- De ma chambre, pourquoi ? Je n'ai pas bougé depuis tout à l'heure, et je viens juste d'arriver pour voir Tibarn. " Il haussait un sourcil.
Le Prince ne mentait jamais, c'était un de ses principes, presque une contrainte liée à son clan. Alors Janaff dû le croire, tout de même encore un peu surpris par ce curieux événement. Mais il abandonna vite l'affaire, dégagea son front des mèches de cheveux châtain qui tombaient ci et là, et sourie à son ami Héron.
" - Bah ! Ce n'est pas grave. Dis, fais attention avec Tibarn, je l'ai comme qui dirait un peu mis en colère. Enfin, toi, tu ne crains rien n'est ce pas.
- Et pourquoi Tibarn s'est fâché contre toi ? Il en faut pourtant beaucoup pour le mettre hors de lui. Qu'as-tu fais de si spécial ?
- Oh, pas grand chose, justement. Mais j'ai comme l'impression qu'il est un peu préoccupé ces derniers temps. Sauf qu'il ne me dira pas un traître mot sur ce qui l'ennui ce réserviste ! Tu ne pourrais pas user un peu de tes pouvoirs, hum ?
Le regard enjoué et empli de curiosité amusa un peu le Laguz aux ailes blanches, il était amusant de constater que Janaff avait envie d'aller jusqu'au bout de ses idées. Au fond, il savait très bien que c'était par soucis pour son Roi qu'il lui demandait ce service, mais pourtant, il ne pouvait que répondre négativement à sa requête.
" - Je ne lis les pensées des autres qu'en cas de besoin Janaff. Mettre à nu ses amis c'est comme violer leur intimité et je doute que ça plaise beaucoup.
- Dommage, comme tu voudras. "
Sur ce, le bras droit du Roi s'enfonça dans les couloirs parmi les autres soldats et gens de la cours, laissant le Serenes seul face au bureau du brun. Il inspira profondément, comme si rentrer dans cette pièce était un supplice à venir. C'était faux bien sûr, et le blond le savait. Qu'est ce qui pouvait être si terrible de toutes les manières ? Pourtant, le Prince tremblait légèrement. Il fixa sa main droite afin de contrôler ses spasmes, attendant quelques secondes d'être un peu plus relaxer pour enfin rentrer voir le Faucon. Il y avait longtemps qu'il n'avait pas ressentit un certain stress, ce creux dans l'estomac, ce noeud dans la gorge, serré à lui bloquer la respiration. Mais il devait être fort, quoiqu'il arrive. Protéger ses amis était son but ultime, son rêve, son objectif de toujours depuis la mort de sa famille et de son peuple et il comptait bien y arriver. Mais pour se montrer fort, il fallait irrémédiablement se montrer brave. Et en l'instant présent, il ne l'était pas. Et ce n'est qu'après une bonne minute de doutes que le jeune Héron entra d'un pas timide dans le bureau de son protecteur.
" - Tibarn … ?
- Entre Reyson. "
Sa voix avait quelque chose d'étrange, Reyson le sentait, il avait l'air ailleurs, comme l'avait prévenu Janaff. Alors il entra sans faire de bruit, et s'approcha du grand Phoenicis debout, dos à lui, fixant quelque chose par la fenêtre. Il se tenait la main, fort, son pouce pressant sa paume mais le Héron ne pouvait pas déterminer autre chose car son ami restait impeccablement debout même à son approche, le regard probablement perdu sur l'horizon … Malgré tout, ce fût lui qui pris la parole en premier.
" - Si je t'ai fais venir ce soir, c'est pour t'expliquer quelque chose qui te concerne et qu'on te cache depuis un moment déjà. "
Reyson garda le silence. Il s'assit simplement sur une chaise en l'attente d'explications, mal à l'aise. Il y avait quelque chose dans la pièce qui pesait lourd sur l'atmosphère …
" - Écoute … Depuis l'incident de Serenes, il y a déjà dix-huit ans, j'ai chargé bon nombre d'espions d'enquêter sur les circonstances du drame. Beaucoup de faits ont été établis, notamment sur ce qu'il s'est passé la première nuit. Mais … Ce sont des preuves contre les commanditaires qu'il nous manque pour compléter le puzzle. Depuis quelques années, j'ai mis en place une surveillance de navigation dans les eaux juxtaposant Phoenicis, du côté de Begnion. Officiellement, cette surveillance est un moyen de protection contre les navires de Begnion en cas de conflits. Même si tous le monde sait que l'île n'est que très peu accessible par la mer, voir quasi impossible à pénétrer sans avoir des ailes, l'idée d'une unité de protection a été adopté par les civiles. Mais en réalité … Ces soldats ont une toute autre mission. Chaque années, bon nombres de marchandises venant de Crimea ou de Daien passent par ces eaux aux frontières des nôtres. Épices, nourriture, métaux, tissus … Les navires transportent tout et n'importe quoi. A l'exception d'une chose ... Les bateaux impériaux et du sénat de l'Empire. Des trafics immenses passent par les blasons les plus nobles. Laguz, armes, esclaves … Ce sont ces navires qui dissimulent les plus grandes horreurs. J'ai chargé mes soldats de mettre des bâtons dans les roues de ces ordures quand ils le pouvaient. Mais Begnion accuse à la piraterie, et c'est in extremis que le Royaume ne subit pas les courroux de ces personnalités plus immorales les unes que les autres. Mais il y a une chose que ces humains supportent encore moins, et c'est là que ça te concerne indirectement Reyson. De temps à autres, les archives du Sénats sont transférés par bateau de la pointe sud est de Begnion jusqu'aux bibliothèques de la ville portuaire de Tirance. Et cachés dans ces papiers se trouvent bien souvent des rapports illégaux d'actes tout aussi illégaux ordonnés par ces sénateurs bourrus. Dont des rapports très détaillés sur Serenes et le massacre des Hérons … "
Tibarn marqua une pause, voulant vérifier si jusque là, le Prince Blanc suivait son histoire. Pourtant, rien ne bougea derrière lui. Pas le moindre mot ne sortie de sa bouche, pas d'indignation, pas de colère, ni même de curiosité … Alors il continua.
" - Si j'ai été absent ces deux dernières semaines, c'était pour diriger mes troupes de manière à intercepter l'un de ces navires transportant des preuves contre ces incapables de sénateurs. Et si j'ai refusé que tu m'accompagnes, c'était pour que tu n'es pas à supporter les regards innocents de ces pourritures. Je suis certain que c'est un ordre venu d'en haut qui a provoqué le massacre de ton clan. Et c'est pour tenter de trouver la vérité que je fais ça. "
Son poing se serra. Qui pouvait exterminer tout un peuple juste pour camoufler un meurtre ? Des humains, sans aucuns doutes. Comme ces ordures de sénateurs trop aveuglé par leur égoïsme et leur haine pour les Laguz … Tibarn en était convaincu. Ces Beorc en qui tout un peuple avait confiance n'étaient pas net. Et lui, simple " sous-humain " aux yeux de ce vaste pays, ne pouvait pas encore faire pencher la balance de son côté. Depuis qu'il menait ces attaques contre les navires de Begnion, les Faucons avaient été traîné dans la boue aux yeux du peuple de Begnion. Certes leur statut nouveau de pirates était gênant, mais au moins, ils gardaient un peu plus d'honneur que leurs voisins de Kilvas.
Puis la voix de Reyson s'éleva enfin. Elle était faible, voire tremblante, hésitante. Chose qui fit se retourner le Roi, car le Héron semblait vraiment troublé par ses dires. Au point que lorsqu'il lui fit face, il trouva son protégé livide et crispé.
" - Si … Si je comprend bien, tu prends le risque de déclencher la colère de Begnion en attaquant les navires de l'Empire et leur volant des documents juste pour … Pour m'aider contre ... ? "
Le brun hocha lentement la tête, ses yeux dorés s'assombrissant peu à peu.
" - J'ai promis à ton père de veiller sur toi. Mais aussi de découvrir pourquoi les Hérons ont été massacrés. Et je compte bien tenir ma parole.
- Tibarn … "
Le Serenes porta le revers de sa main gauche à ses yeux et en essuya les larmes. Il était ému, et n'arrivait pas à ravaler ses sanglots maladroits, lui donnant l'air d'un enfant trop sentimental face à une lourde promesse qu'un adulte lui faisait. Pourtant, le Prince ne voulait pas. Il ne devait pas se montrer émotif face à Tibarn ! C'était presque un déshonneur à ses yeux, un dur rappel à sa condition, une brèche dans ce qu'il prévoyait d'être : fort. Mais au fond de lui, il n'arrivait pas, c'était plus fort que sa volonté … La reconnaissance l'envahissait, l'englobait tout entier, maîtrisant ses pensées, muselant sa volonté pourtant farouche de se montrer brave.
Mais son Roi, son ami … Avait touché sa pire faiblesse. Et alors qu'il tentait en vain de contenir ses larmes afin de garder un minimum d'honneur et d'amour propre face au Faucon, une main tiède se posa sur son épaule. Se voulant être réconfortant, Tibarn venait de s'approcher du Laguz blond, et de le toucher. C'était un véritable signe. Ce contact, cette poigne serrant doucement sa peau, cette chaleur … Reyson releva lentement les yeux vers le Phoenicis, troublé. Il ne prit pas la peine de réfléchir, son instinct mêlé à une force beaucoup plus puissante qu'il ne voulait le croire lui dicta ses gestes. Un pas le séparait de lui. Un simple pas, qu'il franchit en un dixième de seconde, sa botte crissant sur le parquet ciré de la pièce. La seconde suivante, il l'avait fait. Ses bras étaient passés par dessus ses épaules. Le brun, plus grand d'une tête que lui, consentit à se pencher légèrement en avant lorsqu'il réalisa le geste de son ami. Et c'est enfouit contre son épaule que Reyson continua à sangloter. Une étreinte. C'était bien le geste qu'ils étaient en train d'échanger. Maladroite elle aussi, l'habitude leur manquait à tous les deux car ce n'était pas le genre d'échange dont ils avaient coutume.
Mais cette fois ci, c'était différent des autres fois. Ils avaient beau être un peu crispés, perdus par leur propre audace, déstabilisés par ce contact nouveau … Ils éprouvaient malgré tout un certain bien être. Reyson fût le premier à ressentir une aisance étrange. Calé contre cette large épaule, respirant une odeur familière à ses narines, ses doigts sentant les mèches brunes du Faucons dans sa nuque, sa poitrine se heurtait à la sienne au fil de leur respiration … Oui. Il se sentait bien là. Et Tibarn n'avait pas l'air de le repousser particulièrement. Il avait sentit la première seconde un mouvement de crispation chez le Phoenicis qui lui fit douter de son arrogance. Puis peu à peu, celui ci s'était apaisé et s'était docilement laissé faire, se prêtant même à l'étreindre lui aussi alors que peiné, le jeune Héron tentait tant bien que mal de le remercier entre deux sanglots.
" - Merci Tibarn .. Sniff … Merci. "
Sa phrase se perdit dans ses retrouva peu à peu son calme, ses sanglots devenant muets. Pourtant … Ils restèrent ainsi enlacés, n'écoutant plus que le son de leur respiration réciproque. Des deux, aucuns n'avait le courage de casser ce moment nouveau … Ils ne s'étaient à proprement parlé jamais touchés. Ils n'avaient jamais eus aucuns gestes amicaux, s'en tenant aux lois de la bienséance, chacun respectant le rang de l'autre. Et en cette soirée de printemps, quelque chose avait changé en eux. Et une simple étreinte brisa les lois des rangs sociaux.
Ce n'est qu'au son de trois coups sur la porte que, vif comme l'éclair, fidèle à ses réflexes incroyables et à son propre instinct que Tibarn cassa leur complicité en reculant brusquement de quelques pas. Les deux Laguz échangèrent alors un regard silencieux, avant que le grand Roi n'autorise le nouveau convive à rentrer dans son bureau. Dans l'encadrement de la porte apparu un jeune Faucon aux cheveux et aux yeux verts coiffé d'un bandeau blanc sur le front. Toujours un peu impressionné par son monarque, il resta sur le seuil de la porte avant de délivrer son message.
" - Majesté, le Roi Naesala est arrivé. Eum … Je me suis dis que vous voudriez peut être le voir alors … " Le Laguz chercha ses mots, timide.
Anticipant les dires de son assistant, Tibarn lui décrocha un sourire satisfait histoire de le rassurer un peu, et termina sa phrase.
" -Tu as bien fait Lots, merci. Fais le rentrer. "
Il hocha la tête et disparu de l'encadrement, laissant passer deux bottes noires contrastant avec les habituels uniformes blanc et bleu des soldats Faucons. Et c'est un Naesala dans toute sa splendeur qui apparu aux deux Laguz, une main dans ses cheveux bleus, l'autre appuyé contre sa hanche. Son regard rusé fixa ses deux compagnons, puis il leur sourit de ses dents blanches avec enthousiasme.
" - Bonsoir Tibarn, bonsoir Reyson. Désolé de débarquer un peu à l'improviste, mais j'ai quelques petites choses à faire ici.
- Bonsoir Naesala. Au moins tu as eu la présence d'esprit de t'annoncer, ce qui n'est déjà pas si mal. Enfin, puisque tu nous fais l'honneur de passer, fait comme chez toi. J'avais d'ailleurs justement envie de te voir. "
Le grand Faucon s'appuya contre un coin de table et croisa les bras sur sa poitrine comme il avait l'habitude de le faire. En face de lui, le Kilvas penchait la tête sur le côté, sûrement intrigué par ce que voulait lui dire son homologue. Quant à Reyson, il restait sans voix dans un coin de la pièce, et d'un rapide regard Tibarn n'arriva pas à déterminer si son expression était lié à Naesala ou à leur conversation quelques minutes plus tôt. Quoiqu'il en était, le Prince ressemblait vraiment à présent à un enfant troublé au bord des larmes, et son silence ne faisait qu'accentuer cette étrange impression que ressentait le Phoenicis. Re-fixant son attention vers le Corbeau, le brun haussa les épaules.
" - Plus tard Naesala, plus tard. Il se fait tard, allons tous diner. "
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Fin du chapitre 2 ! Quelques précisions :
( * ) - Tibarn, sur le trône depuit 25 ans ? L'histoire se passe deux années avant la guerre de Daien. Reyson vit chez Tibarn depuis 18 ans à partir de là. Je suppose qu'il était Roi avant que Reyson n'attérisse chez lui, mais il n'est marqué nul part depuis combien d'année il gouverne ... Alors c'est un peu au pif que je marque ça. Je me basse aussi sur le fait que Tibarn ne peut pas avoir plus de 5 ans d'âge humain d'écart avec Janaff ( Et donc autour de 25 ans d'âge Laguz ) étant donné qu'ils ont grandis ensembles que que Janaff a pendant la guerre, on le sait, autour de 22 ans d'âge humain. Tibarn aurait donc ici entre 20 et 25 ans. ( Perso, je lui donnerai 25-28 ans d'âge humain dans le jeu. Si si. )
( ** ) - A mon humble avis, Tibarn ne doit pas être aussi sérieux que ça. Mais force est de constater qu'on ne lui connait ni famille, ni descendance, ni même une relation amoureuse. ( Vous pensez à Elincia ? Je vous coupe l'herbe sous les pieds en vous rappelant qu'ils n'ont ni affinité, ni un soutien spécial ... Contrairement à Reyson bien sûr avec lequel il a un bonus de 10% et une conversation spéciale en plus de toujours se trouver à proximité du Héron. ) On peut donc croire un peu ce que l'on veut !
Autre chose : Vous vous demandez certainement ce que c'est que cette histoire comme quoi notre cher souverain aux yeux dorés se retrouve brusquement avec une entraille de cinq centimètres dans le creux de la main et pourquoi y'a-t-il des plumes blanches qui apparaissent brusquement alors que notre tête blonde n'est pas dans les parages ...
Attendez donc pour savoir ! ;)
