Chapitre 3

Un rayon de soleil perça au travers des fins rideaux. Le soleil était déjà haut dans le ciel. Un grognement s'éleva dans l'air. Prudence se fustigea intérieurement. Les volets n'avaient pas été fermés. D'un coup sec, elle ramena la couverture sur sa tête, se réinstalla convenablement et entrepris de prolonger sa grasse matinée. Elle ne savait même pas comment elle avait réussi à revenir ici. Certainement un élan de bon sens, en voyant que ses camarades tombaient de sommeil, elle avait eu la brillante idée de dormir dans un lit et pas directement sur place. Aucune idée sur le comment, en revanche. En soupirant, elle décida de sortir du lit car le soleil ne semblait pas vouloir la laisser. Elle se sentait aussi couver une migraine impressionnante.

Ce fut dans la cuisine qu'elle retrouva Loxias, attablé et près à en découdre. Mince ! Elle l'avait complétement oublié ! En se massant délicatement les tempes, elle s'assit face à un Loxias très sérieux. L'atmosphère était tendu, un long silence pesant s'installa. Qui ouvrira les hostilités ?

« - Tient, fit-il en poussant un verre devant elle, qu'elle reconnu pour être un breuvage anti-gueule de bois.

- Je suis désolée pour hier, j'ai complètement oublié que je devais faire l'ouverture, avoua-t-elle.

- Ce n'est pas grave.

- Hein ? Fit-elle surprise.

- Tu n'aurais pas quelque chose à me dire ?

- Euh...

- Comme ton admission dans un certain équipage pirate, par hasard ?!

- Tu n'est pas entrain de bouder ? Réalisa-t-elle avec choc.

- Non ! Pas du tout !

- Si, tu boudes ! Ria-t-elle.

- Absolument pas ! J'estime avoir le droit d'être le premier informé ! Grogna-t-il.

- Oh ! Je comptait te le dire, mais j'ai était prise dans l'ambiance ! Ils ont fait une fête pour mon arrivé, je ne pouvais pas refuser !

- J'aurais quand même voulu que ce soit toi qui me l'annonce et pas l'épicier du coin, bouda-t-il. »

Dans cette situation, elle avait la solution pour calmer Loxias ; elle le prit dans ses bras et le colla contre sa poitrine de manière ingénue.

« Mais voyons, j'allais te le dire ! »

Seul un vague grognement d'approbation lui répondit. Elle finit par le lâcher parce que, bon un peu c'est d'accord, mais fallait pas voir à exagérer non plus.

« Tu me dois une demi-journée de travail.

Je le savais ! Hurla son esprit.

A moins que tu accepte de poser en maillot de bain, ajouta-t-il. »

Le « vieux pervers ! » de Prudence résonna dans toute la maison.

« - PRUDENCE !

- Pas la peine de crier ! J'suis borgne, pas sourde ! »

Yassop se dirigea vers elle en courant et sans qu'elle comprenne pourquoi, la serra contre lui.

« - Je ne compte pas mourir étouffé non plus ! Articula-t-elle en tentant de se dégager.

- Je savais pas où tu étais passée ! Ce matin.. enfin, non, cet après-midi lorsque je me suis réveillé et que t'était plus là, j'ai cru que je t'avais déjà perdu ! Perdu mon élève ! Dés le premier jour !

- Je suis rentrée chez moi ! J'aime dormir sur un lit, pirate ou non ! »

Elle ne pu s'empêcher de remarque que, pour quelqu'un qui ne voulait pas prendre d'élève, il était déjà très concerné.

« - Tu peux me laisser respirer ?

- Oh oui, pardon. Donc, on le commence cet entrainement ?

- Maintenant ?

- Oui, maintenant !

- Mais j'ai pas mes armes sur moi !

- Alors va les chercher et retrouve-moi au stand de tir d'hier. »

Elle le retrouva rapidement, Frost à sa taille, son fusil sur l'épaule et une sucette à la bouche. Yassop lui dit que c'était simplement pour tester ces compétences. La journée, déjà bien entamé, passa rapidement. Yassop était vraiment un bon professeur. Il savait repérer la moindre déviation et l'expliquer ; un coup elle n'avait pas bien pris en compte le vent et avait manqué le centre, un autre ses appuis n'étaient pas suffisamment stables. Il tira aussi, sans jamais manqué le centre. Calmement ils finirent par sortir et tout naturellement se dirigèrent vers le bar – qui semblait être leur QG sur l'île.

« - Nous appareillons demain, lui annonça-t-il dans la discutions. Tu es prête ?

- Plus que prête ! Je dois juste prévenir l'autre pervers.

- Un pervers ?

- Loxias. C'est un vieux pervers. Et radin, en plus.

- Tu l'aimes bien, hein ? Sourit-il.

- Tss. Il va me faire une crise si je ne le préviens pas. Il m'en à déjà fait une.

- Ah oui ? Ria-t-il. »

Elle acquiesça. C'est d'ailleurs la première chose qu'elle fit en passant le pas de la porte ce soir là. Loxias lui fit une scène, les larmes aux yeux, sur l'ingratitude des enfants envers leurs parents. Bien qu'elle lui ai fait remarqué qu'il n'était pas parent. Elle s'attela en suite à rassembler ses affaires, juste les choses les plus importantes : quelques habits, ses armes, ses sucettes, son argent et quelques bibelots inutiles qu'elle ne pouvait abandonner – une photo de Loxias et elle prise à la fête annuelle d'Exini, par exemple.

« Hey grand-père, et si tu me laissai partir ? »

Bilan situation actuelle : elle avait une sangsue aux yeux larmoyant la tête plongée entre sa poitrine depuis presque deux heures. Et elle était censée être sur le Red Force, Yassop lui avait dit qu'il lui ferait visiter.

« Laisse-moi leurs dire au revoir ! »

Une veine apparu sur la tempe de la jeune fille. L'homme esquiva in extremis le poing qui lui était destiné. Avant de reprendre sa place comme si de rien était.

« - Je dois y aller ! Laisse-moi partir, vieux pervers !

- Tu vas me manqueeeeeeeeer ~

- Oui, oui, je sais ! Toi aussi ! Maintenant lâche-moi !

- Moi aussi je vais te manquer ? Demanda-t-il ayant oublié le reste de la phrase, reste avec moi alors ! S'il te plaiiiiiit ~ »

Quelqu'un sauvez-moi ! Hurla Prudence intérieurement pour la quinzième fois. Un dieu quelconque dut attendre son appel au secours cette fois parce qu'elle entendit quelqu'un frapper à la porte. Elle se décrocha du parasite et se précipita pour l'ouvrir, découvrant ainsi Yassop. Son premier réflexe fut de se jeter dans ses bras.

« - Merciiii ! Dit-elle avec reconnaissance.

- Euh..., fit une voix à sa droite. Elle aperçu alors Shanks, Ben, Lucky Roo et Ethel.

- Tu es une fille un peu étrange, affirma Lucky Roo avec son éternel sourire. »

Si elle elle était étrange, alors lui alors... Puis il se passa vraiment quelque chose de très étrange. L'atmosphère se fit lourde et pesante, une étrange pression s'abattit sur ses épaules. Elle pu reconnaître l'utilisation de Haki royal. Shanks, qui avait un air sérieux qu'elle ne lui connaissais pas, déploya son propre Haki royal. Il irradiait littéralement. Campé fermement sur ses appuis, la main sur le pommeau de son énorme sabre, il était impressionnant.

« - Tu as bien progressé, mon petit. Tu n'étais qu'un simple mousse à l'époque où nous nous sommes rencontrer, déclara Loxias en sortant de l'ombre. »

La surprise se peint sur le visage du rouquin. Elle senti la tension émané des autres membres de l'équipage. Le vieillard, un mètre cinquante au maximum, faisait face à l'Empereur sans même sourciller. Avec assurance, il se rapprocha. Et puis tout aussi soudainement qu'il était apparu, son Haki disparu et son air sérieux fondit comme la neige au soleil. Son attitude nonchalante et son air jovial détendit les pirates, bien qu'ils restèrent sur leur garde. Prudence décida alors d'intervenir.

« - Mais qu'est-ce qui te prend d'attaquer mon capitaine avec ton Haki, grand-père ?! Cria-t-elle, ponctué d'un bon coup de poing sur le crane.

- Aie ! C'est bon je m'excuse, je m'excuse ! Arrête de me frapper ! »

Faisant fit des mines ébahies des autres, elle le frappa à nouveau. Puis ce qui devais arriver arriva, Loxias, dans tout son sérieux, repris ses yeux de chien battus. Elle senti le malheur arrivé. Plus rapide qu'un chien-anguille poursuivi par un Rois des mers, elle se précipita derrière l'homme qui la cacherais le mieux, c'est-à dire Lucky Roo.

« - Le laissez pas m'avoir !

- Mais euh ! »

Le petit homme tenta de l'attraper, mais elle fuyait à l'opposé. Ils finirent par se courir après en tournant autour de Lucky Roo. Yassop partit dans un fou rire incontrôlable. Il essaya tant bien que mal d'articuler une pauvre phrase.

« - Alors c'est... lui... Loxias... hoqueta-t-il.

- Mais oui ! S'exclama brusquement Shanks, Loxias ! Vous étiez un ami du Capitaine Roger !

- Oh, tu te souvient finalement ! Ha ha ha ! C'était la belle époque ! Répondit le susnommé en continuant de poursuivre la rouquine.

- Mais arrêtez-le, pleurnicha-t-elle, ça fait deux heures qu'il m'empêche de partir ! »

Ce fut Lucky Roo qui mit fin à la course poursuite en soulevant Loxias d'une seule main.

« - Tu est toujours contre pour la photo en maillot de bain ?

- Vieux pervers ! J'y vais maintenant.

- Bonne chance ! Amuse-toi bien ! S'exclama-t-il, puis il murmura de façon très indiscrète en direction de Shanks et des autres. Vous m'enverrez une photo d'elle en maillot de bain quand vous allez sur un île estivale, ok ? »

Prudence lui assena un dernier coup de poing avant de partir pour la grande aventure.

Lorsque Prudence avait réfléchi a devenir une pirate pour suivre son maitre d'armes, elle s'était principalement attardé sur les dangers et les trésors à trouver. Elle n'avez pas vraiment penser que c'était un mode de vie "amusant" à vrai dire, certainement libre et passionnant, mais pas "amusant".

L'équipage dans lequel elle avait atterri lui avait fait rapidement changé d'avis sur la question.

Il semblait qu'ils ne pouvait pas allaient très loin sans faire une fête. Chaque petit succès semblait être l'excuse idéale pour en faire une. Une fête, dans l'équipage du Roux, avait trois qualités principales : elle devait être grande, bruyante et bien arrosée. La jeune femme n'avait jamais entendu parler de pirates si intrépides. Honnêtement, il lui semblait qu'il n'y avait rien au monde qu'ils n'aimaient plus que les fêtes.

Et cette ambiance était vraiment contagieuse.

Prudence ria en voyant quelques hommes danser la gigue sur le pont juste devant elle, chacun d'eux complètement ivres à ce moment, sans aucun doute.

Être la seule femme de l'équipage faisait d'elle le centre de l'attention, mais pas de la façon dont elle l'avait redouté ; en majeur partie, les pirates était amicaux ou fraternels. Certains même, comme Vego, la traitait comme leur fille, dû à son jeune age. Elle était, de loin, la plus jeune de bateau et bien que nouvelle, elle appréciait la présence des autres autour d'elle et ils lui rendaient bien.

La nuit était bien entamé et la plupart de ses compagnons était déjà complètement ivres. Son œil avisa Sin, avachi sur le sol, riant au éclat d'une blague de Rockstar, avant de passer à Ethel, une bouteille à la main, discutant avec Jones tout en regardant une paires d'hommes faire les pitres, puis son regard fut attiré par l'éclat de voix de deux hommes sans remarquer le regard insondable que son capitaine posait sur elle.

Un doux sourire s'installa sur ses lèvres. Une semaine seulement qu'elle était dans cet équipage, mais elle s'était déjà attaché à cette bande de pirates. Ils était comme une famille.

Mais, il y avait un membre de l'équipage qu'elle regardait de façon un peu différente.

Le seul homme dans le monde qui pouvait en un seul regard faire trembler ses genoux et faire faire des looping à son estomac. La rouquine se sentait comme une écolière en mal d'amour : elle adorait ça et le haïssait à la fois. Aucun autre homme n'avait jamais eu un tel effet sur elle.

Prudence releva la tête en sentant un tape sur son épaule pour apercevoir l'homme auquel elle était entrain de penser. A sa plus grand horreur, elle sentit ses joues chauffer, comme s'il avait pu voir ses pensées. Shanks lui fit une sourire qui fit faire un bond à son cœur.

« Puis-je avoir cette danse ? Demanda-t-il en tendant sa main. »

Bon dieu, comme si elle pouvait lui refuser ! La jeune femme acquiesça, ne faisant pas suffisamment confiance à sa voix pour répondre.

Attrapant sa main, elle se laissa docilement entrainer par l'homme sur la piste de danse. Étrangement, la musique qui arriva était un slow. Le bras puissant de Shanks l'enlaça en la reprochant de lui tandis qu'elle passait ses bras autour de son cou. Prudence essayait à tout pris de ne pas le regarder dans les yeux, ainsi son regard passa de son torse a ses lèvres, puis à ses cheveux, puis elle fut bien contrainte de le regarder dans les yeux à un moment.

Shanks posait sur elle un regard sulfureux. De la où elle était elle pouvait voir ses pupilles complètement dilatées.

Elle détourna immédiatement la tête, les joues brulantes, incapable de pouvoir soutenir ce regard plus longtemps. Ce n'était pas le première fois qu'il l'a regardait de cette façon, avait-elle remarqué. Depuis elle ne pouvait s'empêcher de rougir et dieu sait qu'elle haïssait ça. Elle ne savait pas vraiment comment réagir face à son capitaine.

Avec lui, la rousse n'était jamais sur de rien.

En revanche, là, elle savait que son cœur battaient suffisamment fort pour être entendu jusqu'à l'autre bout du Nouveau Monde.

Elle continuait à éviter le regard de l'homme, adressant une prière à un quelconque dieu pour que cette danse se termine rapidement. Malgré toute sa bonne volonté, la présence de Shanks la rendait nerveuse. Son bras puissant agrippé à sa taille, son torse musclé qu'elle pouvait aisément deviné contre sa propre poitrine, sa respiration chaude contre son oreille, son odeur entêtante qui lui faisait tourner la tête, c'était trop pour elle. Si ça ne s'arrêtait pas maintenant, la situation allait atteindre un point critique. Dieu du l'entendre, parce que la musique changea et que le bras du roux quitta sa taille.

Elle s'enfuie rapidement sentant toujours son regard brulant sur elle. Quelle étrange situation... pensa-t-elle alors qu'elle s'était réfugié dans sa cabine. Mais ça ne devait pas être ce à quoi elle pensait. Non, ce n'était certainement pas à quoi elle pensait. Elle devait se faire des idées. Ça devait être pour mieux l'intégrer. Oui, certainement.

La dernière fois qu'elle avait été proche d'un homme remontait à presque trois ans, peut-être qu'elle avait simplement besoin d'un peu de chaleur et d'affection. Il faudrait qu'elle y pense lorsqu'ils iraient sur la prochaine ile. Être 24/7 entouré pas des hommes musclés, travaillant torse nu sous le soleil avec pour seul rafraichissant l'eau, qu'ils se versait sans vergogne dessus... Et puis, il y avait aussi beaucoup de rhum.

Tous ces hommes baraqués dégoulinant d'eau chamboulait ses hormones. Et, il fallait l'avouer, un certain roux la chamboulait particulièrement.