Chapitre 5

« - Mais qu'est-ce qu'il t'a pris, hein ?! Aboya le roux, fou de rage.

- Je te demande pardon ? S'estomaqua la jeune fille. »

Elle ne comprenait pas du tout pourquoi il était aussi fâché ! Elle avait juste disparu une journée ! Bon il avait peut être une ou deux raisons de s'énerver...

Le matin même

Prudence marchait tranquillement dans une rue de cette étonnante ville. L'île qu'ils avaient atteint ne lui avait pas semblé particulièrement perturbée, les gens sortaient dans les rues, les commerces étaient ouverts. Prudence ne voyait pas en quoi il y avait un problème ici. Son équipage non plus d'ailleurs.

L'île en elle-même était extrêmement intéressante , en son centre se dressait le plus grand arbre qu'elle n'avait jamais eu l'occasion de voir. Mais, plus étrange, cet arbre semblait former une plateforme à son sommet ; elle avait même entendu que l'on pouvait s'y rendre par le centre même de l'arbre, pour avoir une vue imprenable sur toute l'ile. C'était précisément l'endroit où elle se dirigeait. Se serait sans doute une occasion unique que de monter des escaliers à l'intérieur même d'un arbre !

Déjà, elle avait aperçu les immenses racines, épaisses où se situait des maisons des habitants. Mais, maintenant qu'elle s'était enfoncé plus profondément dans l'île, où la nature régnait en maitre, juste en face de l'endroit ou les racines se joignaient, elle ne pouvait s'empêcher d'être fascinée. Le tronc de l'arbre devant elle, devait, au bas mot, faire trente mètre de diamètre.

Fait plus étonnant encore, tout autour, et même en dessous, de cet arbre se trouvait un village, plus petit que la ville portuaire de laquelle elle était parti, mais un village quand même. Elle traversa lentement les rues, s'attardant sur le paysage unique du petit hameau. Elle décida de s'informer un peu plus sur ce gigantesque arbre par les locaux. Elle rentra dans la première taverne en vue.

« - Qu'est-ce que je vous sert ? La questionna le barman quand elle se fut accoudé au comptoir.

- Un mojito s'il vous plait. »

L'équipage avait une mauvaise influence sur elle. Boire de si bon matin... Elle commença à questionner le barman lorsqu'elle fut servit.

« - Il parait que l'on peut accéder au sommet de l'arbre, commença-t-elle. Vous savez comment je peux m'y rendre ?

- Effectivement, il suffit d'emprunter le grand escalier sur la place principale. Vous monterez dans la zone industrielle.

- La zone industrielle ?

- Tout à l'intérieur de l'arbre il y a des grand hangars de stockage pour les usine qui se situent de l'autre côté de la ville. Vous y allez seule ?

- Oui, pourquoi ?

- Soyez prudente. Vous ne voudriez pas vous retrouver dans un de ces hangars, dit-il en se penchant vers elle, certains appartiennent à des vendeurs d'esclave ou des gangs pas très recommandable surtout dernièrement, lui chuchota-t-il.

- Oh, c'est ça le problème de l'île n'est-ce pas ? Déduit-elle.

- Exact. Comment le saviez-vous ?

- Je fais parti de l'Équipage de Shanks le Roux vous savez.

- Quoi ?! Parlez moins fort, fit-il en regardant anxieusement autour de lui. Nous, les habitants sommes heureux que vous veniez régler ça, mais ici il y à beaucoup d'oreilles qui trainent, pas vraiment bien intentionné à vos égards si je me fait comprendre.

- Ces oreilles ont un nom ?

- C'est le Clan Dagger qui a la main basse sur toute les activités illégales de l'île. Mais dernièrement, ils se sont alliés à des pirates de passage, les pirates du Scorpion. Ils les laissent enlever des villageois pour les réduire en esclavage, et en échange éliment leurs opposants. La situation est très tendue. Vous devriez renoncer à aller visiter ce côté là seule, pirate ou pas.

- Je vois, répondit-elle pensivement en faisant fit de sa dernière remarque. Je n'aurais pas cru que la situation serait aussi grave.

- Vous n'avez pu voir que la face immergé de l'iceberg, je suppose que vous êtes arrivés à Bletany ? La ville est sous le complet contrôle du clan, personne n'ose faire un geste de travers. Ils ont été mis au courant que quelqu'un vous avez prévenu, comme l'île est sous la protection de l'empereur, et exerce une énorme pression sur les habitants pour qu'ils ne révèlent rien.

- Et ce clan et ces pirates se cachent dans la zone industrielle ?

- Exact. C'est pour ça que vous ne devriez pas y aller seule. »

Elle acquiesça distraitement. Les informations du barman changer tout. Il faut que je préviennes le capitaine, pensa-t-elle en se levant. Elle paya et quitta rapidement le village de Treera. Ou du moins essaya.

Au détour du rue elle fut violemment attrapé par le bras et tiré dans une ruelle sombre. Son premier réflexe fut de s'emparer de Frost et de le pointer sur l'agresseur.

« - Doucement, ma jolie ! Fit l'homme en louchant sur le canon entre ses deux yeux. Baisse cette arme.

- Qui t'es, tocard ? Répliqua-t-elle sans obéir.

- Tu ne devrais pas parler comme ça aux inconnus. Ce n'est pas joli venant d'une si jolie jeune femme.

- On repasseras pour la politesse, monsieur j'attire-des-jeunes-femmes-inconnus-dans-des-ruelles. »

L'homme ricana. Il commençait sérieusement à lui taper sur le système. Et puis elle n'avait pas que ça à faire !

« - Je m'en vais. Au déplaisir de vous avoir rencontrer.

- Désolé, mais je ne pense pas que ce soit possible, répliqua l'autre.

- Ah bon ? On vas voir. »

Prudence recula, l'arme toujours pointé sur l'inconnu blond. Elle était presque dans la rue quand elle entendit des rires gras derrière elle. Elle se retourna à demi pour ne pas perdre de vue son agresseur. Apercevant d'autres hommes bouchant l'accès à la rue, la première pensée qu'elle eut fut : merde.

Certes peu distingué, mais ça résumait bien la situation.

Il allait falloir se la jouer fine.

« - Hey, poulette, tu devrais baisser ton arme de notre chef.

- Certainement pas, mon poulet. »

… Fichu tempérament. Le "poulet" se renfrogna et se fit plus menaçant.

« - Lâche cette arme ou tu le regretteras.

- Le seul qui va regretter quelque chose ici c'est ce mec.

- Tu ne sais pas à qui tu t'en prend, annonça un grand homme avec un triple menton.

- Oh, vous croyez ? A tout les coup, vous êtes soit des imbéciles du Clan, soit ceux des pirates du champignon. Mais ça revient au même : une belle brochette d'abrutis.

- Scorpion, grogna l'homme, les yeux lançant des éclairs. »

Se la jouer fine, hein. Si tu veux finir en nourriture pour poisson, continue comme ça, t'es sur la bonne voie, se fit-elle à elle-même.

« - On va faire ça : je pars et vous récupérez votre chef sans trou dans le cerveau.

- Je crois plutôt que tu vas baisser ton flingue et gentiment nous suivre.

- Ça va pas être possible, fit-elle avec un sourire crispé. »

Alerte, l'un des pirates l'attaqua. Elle dut se détourner du chef pour tirer sur l'intrépide. Puis vint le moment de solitude le plus long et honteux qu'elle est jamais connu.

Frost tira des bulles de savons.

Je te hais, Yassop. Si je m'en sort, je te tue, pensa-t-elle férocement. Il avait remplacé ses balles. Ce n'était pas la première fois. Une fois il avait mis celle qui faisait des feux d'artifice pour se venger des balles à gaz hilarant que Prudence lui avait mis dans son fusil. Il faut avouer qu'elle c'était bien marré en voyant sa tête, mais lui aussi avait bien rit ! Sauf que là, elle n'avait plus du tout envie de rire. Là, elle était vraiment dans la merde.

Toutes ces réflexions lui prirent une demi seconde, mais déjà l'homme lui saisissait le poignet. Il emprisonna ses deux poignets dans un étreinte de fer, tellement qu'elle était sur d'avoir ses empreinte tatoués à vie sur ces poignets.

« - Alors, ma jolie, on fait moins la maline maintenant ?

- Qu'est-ce que vous me voulez ?

- Oh, ça t'intéresse maintenant ? Et bien vois-tu, tigresse, tu es un joli morceaux. Je suis sure que le capitaine Scorpion apprécierais ta compagnie. »

Passez-moi un sceau faut que j'aille vomir, pensa-t-elle avec dégout et un brin de panique. Une corde et un tabouret, si c'est aussi possible. Elle se flagella intérieurement pour ne pas avoir pris son fusil.

« - J'suis pas une fille de joie, conard !

- Tout doux, la tigresse ! Je parle juste de compagne de jeu. Tu remarqueras que notre capitaine adore jouer.

- Il est de nature sadique, rajouta le "poulet" avec un sourire cruel. »

Sans plus de mots, elle fut conduite à travers les dédales de rues. Elle monta un nombre incalculable de marches, s'enfonçant plus profondément dans l'arbre. Lorsqu'ils débouchèrent dans la zone industrielle, elle compris de pourquoi le barman l'avait mise en garde. Il y avait pas pire comme endroit craignos.

Elle fut mené dans un hangar gris portant le chiffre 13. Elle le sentait mal. Impression qui se confirma lorsqu'elle remarqua que c'était le repère des pirates. La plupart ne firent pas attention à elle, d'autre la regardèrent avec gourmandise. Ils la menèrent dans une salle au fond de la pièce. L'homme blond frappa et attendit la réponse avant d'entrer.

Devant elle se tenait un petit groupe d'homme, avachi sur des canapés luxueux, certainement les plus hauts gradés de l'équipage. La fumée dans la pièce lui piqua les yeux, l'odeur relent d'alcool et de cigares lui firent froncé le nez. Posté indolemment au milieu de tous sur un sofa trônait seul celui qui devait être Scorpion, le capitaine. Elle eut le loisir de l'observer car son ravisseur la planta juste devant lui. Grand, baraqué, l'air ennuyé. Des petits yeux noirs vicieux et une cicatrice de la pommette au menton, il n'inspirait pas vraiment la sympathie.

L'homme la jugea de haut en bas, s'attardant impudemment sur ces formes.

« - Elle est belle. Pourquoi ne pas me l'avoir amené plus tôt ?

- On ne l'avait jamais vu avant.

- Jamais ? C'est étrange. Il faudrait être aveugle pour raté un morceau comme ça. Tu sais bien que je préfères quand elles sont jolies.

- Elle a aussi du caractère. Une vraie tigresse. »

Elle avait la désagréable impression d'être un morceau de viande. Au moins il ne savait pas qu'elle était une pirate. Il suffisait qu'elle l'occupe jusqu'à ce qu'elle trouve une brillante idée pour se sortir de là.

Enfin, pour "brillante", elle repasserais, une idée tout court suffirais.

« Assis-toi. »

Prudence obéit sans broncher.

« - Quel est ton nom jeune fille ?

- Pr-.. Prue. Je m'appelle Prue.

- Dis moi, Prue, que fait une si joli fille avec des armes comme celles-ci ? Demanda-il en pointant du doigts l'homme qui les avaient.

- Mon grand-père préfère que je puisse me défendre.

- Je vois. Tu as un grand-père prévoyant. Rapproche-toi un peu. »

Prudence se décala d'un millimètre vers lui. Son cerveau tournait à plein régime pour essayer de la sortir de ce pétrin. Tous les sens en alerte, elle cherchait une faille, un moment d'inattention de la part des hommes, pour se sortir de là, tout en continuant à répondre aux questions du Scorpion. Ses armes étaient juste devant elle, il suffirait d'être rapide, mais l'autre ne la quittait pas des yeux. Il s'écoula plusieurs heures jusqu'à ce que Scorpion décide d'aller un peu plus loin. Il regarda son subordonné qui compris quelque chose et la pris par le bras pour l'amener ailleurs. Un vent de panique souffla sur elle, de peur qu'ils aient compris quelle était une des pirates du Roux, mais il la mena à travers des couloirs – deux fois à droite, tout droit, tout droit, à gauche puis à droite – pour la faire s'assoir dans une grande pièce remplie de tableaux. Il y avait pour tout mobilier qu'un long canapé et une grande armoire.

« - Habille toi avec ce que tu veux. Tu vas manger avec le capitaine.

- Quoi ? Hors de question !

- Tss. Ne cherche pas à protester maintenant. Tu as de la chance de plaire au capitaine. Peu de celle ont pénétrer ici. La plupart sont mortes avant.

- Mortes ? Fit-elle d'une voix blanche.

- Si quelque chose déplait au capitaine, il les amène dans la salle des tortures et finit par les tués. »

Ok. Ce mec est donc un psychopathe en manque d'amour avec un énorme complexe de supériorité à la recherche de la femme parfaite. Bingo, tu pouvais pas mieux tombé ! S'assena-t-elle. Si elle avait été relativement impassible, là elle commençait sérieusement à paniquer.

« Je reviens te chercher lorsque tu es prête. »

Prudence se retrouva seule dans la pièce. Le son d'une clé l'informa qu'elle était enfermée. Elle pria pour trouver rapidement une solution, parce que là ça devenait urgent. Elle était sure qu'elle avait largement dépassé l'heure où elle était censée rencontrer Yassop pour s'entrainer. Pourvu que son équipage remarque quelque chose d'anormal et se mette à sa recherche !

Sans ce presser, elle ouvrit l'armoire. Elle était remplie d'une multitude de robe plus jolie les unes que les autres. Colorés, noires, coutes, longues, bustier ou encore à manche, il y en avait pour tous les gouts. Un frisson désagréable parcouru le dos de Prudence en repensant ce que le pirate lui avait dit sur les femmes que Scorpion avait tué.

Soudainement, alors qu'elle laissait son œil trainer dans la pièce, elle aperçu entre deux tableaux une fenêtre. Mais oui ! Cette pièce avait été creusé à même l'arbre. Elle déchanta bien vite en avisant la hauteur. Ouais, ils mon fait monter beaucoup d'escaliers, songea-t-elle. Si je balance quelque chose, peut-être que ça les mènera à moi ? Elle soupira. De toute façon, elle ne pouvais pas s'assurer qu'ils la chercherais alors il valait mieux compter que sur elle-même, mais au cas où, son corset parti faire connaissance avec la terre en un gracieux vol plané qui lui fit traverser la vaste contrée d'Une-Chute-Libre-de-Deux-Cent-Mètres et la Maison des Oiseaux.

« - Es-tu prête ? J'entre.

- Non ! Hurla-t-elle. Je... Je suis nue ! J'arrive ! »

Avec précipitation elle tira une des robes et s'habilla avec. La robe était noire et fendue jusqu'à sa hanche, c'est tout ce qu'elle pouvait dire. Elle regarda ses affaires avec regret – peut-être aurait-elle dû tout jeter – puis ouvrit la porte. L'homme l'attendait et le mena sans mots jusqu'à Scorpion. Il était assis au bout d'une table garnie de tellement de plats qu'elle se demandait si elle n'allait pas craquer. Une fois assise, la quantité de plat entre elle et le pirate lui apparu soudain comme une bénédiction. Le repas se déroula en silence, Scorpion la dévorais des yeux. Très tendue de son côté – elle se souvenait des paroles de l'autre – il valait mieux pour elle faire ce que le capitaine pirate lui disait tant qu'il n'y avait aucun plan de fuite. Attendre le moment opportun.

De l'autre côté de l'île, le capitaine pirate assistait à une scène d'anthologie. Yassop paniquait. Et quand son homme au calme olympien paniquait, Shanks avaient toutes les raisons du monde de s'inquiéter.

« C'est Prudence ! Elle devrait être revenue depuis longtemps ! Je ne la trouve nul part ! »

Il se retourna d'un bloc. Sa Prudence avait disparue ?

« - Calme-toi Yassop. Qu'est-ce qu'il ce passe ?

- Prudence devrait être ici entrain de s'entrainer depuis au moins une heure. Ce n'est pas son genre ! Elle est parti ce matin. Personne ne la vue depuis. Et puis avec les rumeurs que Naruhiko a récolté...

- Quelles rumeurs ?

- Comme quoi le rookie qui cause du grabuge serait responsable de la disparition de plusieurs jeunes femmes.

- Tu sais bien que Prudence sait ce défendre, fit-il même si cette nouvelle l'inquiétait.

- C'est ça le problème ! J'ai remplacé ses balles par des balles à bulles ! Et elle n'a pas pris son fusil... »

Cette révélation lui tomba dessus comme une enclume. Cela voulait dire que quelque part, Prudence était en danger, potentiellement cible d'un psychopathe pervers – ou peut-être déjà entre ses griffes – et sans défense. Exactement comme cette fois-là. Son regard se fit plus dur, tous ses muscles se tendirent et son aura se fit plus pesante. La chose que le Roux détestait le plus, c'est que l'ont touche à ses amis. Alors si ce pirate avait osé toucher ce qui lui appartenait...

« Il faut qu'on la trouve.

- Pourquoi pas commencer par où elle est passé ce matin ? Proposa Ben qui était arrivé entre temps.

- Je viens aussi, fit Ethel alors que Jones acquiesçait.

- Allons-y. »

Ils reconstituèrent aisément le parcours de leur amie jusqu'à atterrir au bar où elle avait eu ses informations. Le barman compris tout de suite de quoi il s'agissait.

« Je lui avait dit de ne pas y aller seule, fit-il avant même que Shanks ne pose une question. C'est une endroit dangereux ici. Surtout pour une jeune femme comme elle. Si elle a été attrapé depuis ce matin, il y a des chances que vous ne la retrouviez pas vivante. Scorpion est un homme cruel et sadique. Il n'aime pas qu'on lui désobéisse. Si elle est encore en vie, elle doit se trouver dans la base des pirates – dans la zone industrielle, à l'intérieur du Grand Arbre. »

La fébrilité du petit groupe augmenta d'un cran. Et alors qu'ils se dirigeait vivement vers l'arbre, il eut une grande explosion. Une énorme quantité de fumé s'échappait du tronc en hauteur, pourtant conséquent.

« Bon dieu, qu'est-ce qu'il c'est passé ? S'exclama Jones à l'écho des pensées de ses compagnons. »

Alors là, bravo ma vieille ! Autant agir pendant que le capitaine pirate n'était pas là, c'était l'occasion rêver, assommé le garde puis lui voler sa cape pour passer inaperçu, c'était logique et même ingénieux mais foutre le feu à un endroit à plusieurs centaines de mètre d'altitude, ça ! Même l'idée de sauter par la fenêtre était plus probable !

La conscience, chose pénible dont elle ne voulait pas entendre parler dans l'immédiat. En attendant, la pièce par laquelle elle était rentré été vide. Elle récupéra à la volée Frost, toujours sur une table. Vêtue de la cape noire du garde, elle sortit du hangar en vitesse. Il ne valait mieux pas crier victoire trop vite, elle était encore loin du sol chéri et le capitaine pirate n'allait pas tarder à s'apercevoir de sa disparition.

Courir en talons sur des marches ne lui étant pas physiologiquement permis, elle dû les balancer au loin pour continuer sa course folle dans l'escalier. Pour une fois qu'elle portait des chaussures.

Si elle avait monté beaucoup de marches, il lui semblait encore plus dure de les descendre ! Elle pouvait entendre des bruit de pas derrière elle, plus près qu'elle ne l'aurait voulu. Si elle ralentissait l'allure ils l'attraperait et elle n'y tenait pas vraiment.

Avec soulagement, elle aperçu à une énième détours d'escalier que la lumière de l'extérieur devenait plus forte droit devant. Elle sauta les dernières marches quatre par quatre et, arrivé à la fin, elle se permis de jeter un coup d'œil derrière elle.

Mal lui en pris puisqu'elle se fracassa le crane sur un arbre. Arbre avec un écorce chaude et des branches qui lui entasserait les épaule.

Hein ?

Relevant la tête, Prudence aperçu d'abord un torse dénudé, son regard remonta vers la mâchoire carré puis vers deux yeux qui la fixait avec colère et soulagement mêlé.

« Capitaine ! »

S'écartant elle s'aperçut que d'autre membres de l'équipage était là. Plus particulièrement Yassop.

« - Alors toi ! S'écria-t-elle en le menaçant du doigt. Tu sais ce que je viens de traverser avec les foutu balles que t'as chargé dans mon revolver ?!

- Désolé !

- J'ai eu le choix entre sauté de tout là haut et mettre le feu pour m'en sortir !

- Pourquoi ?

- J'ai choisi le feu, demande pas pourquoi !

- C'est pas le moment de parler de ça, déclara Ben. On va avoir de la compagnie. »

Presque instinctivement, les pirates se placèrent devant elle. Ce n'était même pas la peine d'avoir peur de quoi que ce soit. C'était pas comme si quelqu'un du genre de Scorpion réussirait à battre son capitaine. Et effectivement, il ne fut que quelques secondes aux hommes de son équipage pour les battre à plate couture. De cette manière le problème de cette île était résolu.

« Quelqu'un aurait vu mon corset par hasard ? »

.o.o.

… pas de quoi en faire tout un plat ! Elle s'en était sortie entière ! Grâce à lui certes... mais bon. Pas la peine de lui hurler dessus. C'était elle la victime dans tout ça !

« - Tu te rends compte ce qui serais arrivé si je n'avais pas été là ?!

- Je gérais la situation !

- Tu gérais rien du tout oui ! Tu aurais pu mourir !

- Et qu'est-ce que ça peut faire, hein ?! Explosa-t-elle. »

Brusquement, elle sentit l'air quitter ses poumons. Elle analysa brièvement la situation : Il l'avait plaquée contre un mur, dans une ruelle délabrée, la main tout près de son visage. Les yeux de Shanks brillaient de fureur et d'une chose qu'elle n'identifia pas. La bouche de son capitaine trouva la sienne et la revendiqua violemment. Sa langue effleura ses douces lèvres et s'y introduisit. C'était un baisé exigeant, passionné et brutal. Quand ils s'arrachèrent l'un à l'autre, Prudence respirait lourdement, les joues aussi rouge que les cheveux de son vis-à-vis.

« Suis moi, ordonna-t-il d'une voix rauque. »

L'empereur la guida jusqu'au navire puis à travers les couloirs avant d'ouvrir une porte et de s'y engouffrer, la tirant sans délicatesse à l'intérieur. Puis soudainement ses lèvres chaudes se plaquèrent sur les siennes. Une langue impatiente et experte domina la sienne, et bientôt elle se retrouva à gémir. Les sensations étaient si fortes qu'elle devait s'accrocher au puissante épaules du roux pour ne pas perdre pied et s'évanouir sur le champs. Lorsqu'il mis fin au baisé, elle se retrouva haletante, le rouge aux joues et l'œil brillant.

« Ne t'avise plus de dire ça, fit-t-il d'une voix rauque, son souffle chaud dans son cou. Ne t'avise pas de t'éloigner de moi. »

Prudence s'empourpra plus si c'était possible. Son cœur battit sauvagement dans sa poitrine. Ça lui faisait un effet fou quand il lui murmurait à l'oreille comme ça.

Ne résistant pas longtemps à l'envie de l'embrasser, elle se précipita sur ses lèvres. Un nouveau baiser sulfureux et fougueux. Les lèvres de Shanks étaient toujours aussi chaudes et douces.

Shanks agita nerveusement ses doigts contre la couverture du lit où il était assis, avec Prudence dans ses bras, à cheval sur ses jambes, celle-ci avait définitivement décidé de le rendre fou. Il ne voulait pas la forcer, ni lui faire de mal. Parce que c'était elle. Mais il sentait que si elle continuait comme ça il ne pourrais pas s'arrêter.

« J'ai tellement envie de toi..., susurra-t-il d'une voix lascive qui dissimulait mal la violence de son désir. »

Est-ce qu'il le faisait exprès d'avoir cette voix si sensuelle ? Se demanda-t-elle en sentant un délicieux frisson parcourir son dos.

Prudence crocheta ses bras autour du cou de son capitaine en l'embrassant, lui donnant ainsi son consentement.

Contre ses lèvres, elle put sentir un sourire se former.

Le lendemain, elle se réveilla avec la chaleur d'un corps contre le sien. L'étreinte puissante de l'empereur autour de sa taille la tenait fermement contre lui, la tête enfouie dans ses cheveux éparpillés, il ne semblait pas prêt de se réveiller.

Elle n'était pas vraiment de sure de la tournure que les évènements prendrai. Shanks était son capitaine après tout. Il pouvait décider du commencement ou de la fin. Tout dépendait de lui.

La seule chose sure, c'est que le capitaine garderait la trace de ses ongles longtemps dans le dos.

Délicatement, elle tenta de soulever le bras pour sortir du lit. La manœuvre fut périlleuse, mais Prudence réussit à s'en libérer. Elle partit alors à la recherche de ses affaires dans l'optique de prendre un bain.

En sous-vêtements au beau milieu de la chambre, elle tenait à bout de bras sa robe, ou plutôt ce qu'il en restait. La question était : devait-elle mettre le robe maintenant ultra courte avec un décolleté lui arrivant jusqu'au nombril ou prendre le risque d'être découverte presque nue au beau milieu d'un couloir ? L'un comme l'autre, ce serais de l'exhibitionnisme.

Une main vint brusquement échouer sur son ventre, la ramenant brutalement contre un torse chaud.

« - Bonjour, murmura-t-il alors que son souffle lui chatouillant l'oreille.

- Bon-... jour.

- Tu comptais t'échapper ?

- Non ! Je- Je dois prendre une douche et- et..., balbutia-t-elle.

- Je t'ai déjà dit que tu es adorable quand tu paniques ? »

Avec un mouvement vif, il la ramena dans le lit sans qu'elle n'ai le temps de répondre. A nouveau dans les bras de Shanks, elle gonfla ses joues pour montrer qu'elle n'était pas d'accord sur ce qu'il avait dit.

« Ne boude pas princesse. »

Une main passa dans sa chevelure ce qui la fit sourire, cassant ainsi tout sa crédibilité. Les mouvement de l'Empereur se firent plus léger. En le regardant elle aperçu que quelque chose le troublait. Sans vraiment comprendre, elle caressa son visage, ce qui obligea Shanks a redoubler d'effort pour s'exprimer.

« - Nous sommes des pirates.

- Je sais ça.

- Je... suis plus âgé. Tu es encore jeune. Tu peux espérer mieux.

- Mieux ?

- Je ne veux pas m'imposer à toi. Tu comprends ? »

Il ne pouvais pas se permettre de faire d'elle sa raison de vivre et d'imposer la réciproque à la jeune fille.

Il lui donnais le choix. Vivre avec lui ou sans lui.

Au final, elle n'était pas la seule à s'inquiéter. Elle ne l'aurait pas cru capable de s'inquiéter pour leur différence d'ages. Quel importance après tout ? Ce n'était qu'une dizaine d'années. Elle gloussa.

« J'ai toujours préféré les hommes murs. »

Sans lui laissait le temps de prendre pleinement conscience du sens de ses paroles, elle se mis à califourchon sur lui. Le regard pétillant, elle lui souriait avec malice. La rouquine laissa ses mains se balader sur le torse de l'homme, redessinant les abdominaux avec gourmandise. Il laissa sa main glisser sur les courbes de la jeune femme avec délice. La traitresse osa lâcher un gémissement.

Shanks ne le supporta pas et captura ses lèvres avec passion. La réaction de la jeune femme fut presque instantanée, puisqu'elle commença à lutter contre sa langue d'une façon dont il était sûr que cela devait être illégal. Complètement envoutée, elle se retrouva en seulement quelques secondes les joues rouges, geignant et le regard perdu. Shanks profita de ce moment de faiblesse pour la plaquer sur le lit et se positionner au dessus. Ce n'était pas désagréable, être ainsi isolée du monde par ce corps puissant et assuré.

« - Tu sais que après ça, je ne te laisserais jamais partir ?

- A moins que je disparaisse, le taquina-t-elle.

- Je ne te laisserais jamais partir, assura-t-il le regard confiant. Mais s'il le fallait... Je retournerais toutes les mers de ce monde pour te retrouver. Tu ne pourrais jamais m'échapper, tu es a moi jusqu'à ta mort compris ?

- Espèce... de... possessif ! Réussit-elle à gémir alors que la main de son homologue passait sur sa cuisse.

- C'est la vérité.

- Je... ne compte pas m'échapper de toute manière, concéda-t-elle en se mordillant la lèvre.

- J'espère bien ! Ria-il. »

Shanks se pencha pour attraper les lèvres tentatrices de sa petite démone pour partager un baiser passionné. Prudence ne pu s'empêcher de sourire toujours et encore sous ses lèvres. Quelle drôle d'idée, partir !

Comme si elle voudrait abandonner ce qui la rendait si heureuse.

.o.o.

Un souffle chaud. Des petits picotements dans la nuque. Prudence ouvrit doucement un œil. Un bras puissant entourait sa taille. Un sourire naquis sur ses lèvre en repensant au début de sa relation avec Shanks. Le soleil était déjà haut dans le ciel.

« - Qu'est-ce qui te fait sourire comme ça ?

- Hu hu. Rien. Je n'ai pas le droit de sourire ?

- Bien sur que si. Tu sais que j'adore te voir sourire, princesse ? Sourit-il.

- Hmpf. Pas princesse, répliqua-t-elle. »

Le roux haussa son sourcil barré d'une cicatrice. Elle n'avait jamais été contre ce genre de surnom avant, non ?

« Je veux être reine et dominer le monde. »

Shanks éclata de rire. Curieusement, ça lui ressemblait bien, ce côté insolent et dominateur !

« Très bien, consentit le roux une fois calmé. Mais je veux.. que tu deviennes mon impératrice alors. Est-tu d'accord ? »

Prudence fit mine de réfléchir.

« Ça me parait... parfait. »

FIN