POV Reita

Ca faisait cinq bonnes minutes, ou pas, que j'étais là, assis sur mon siège, occupé à contempler la propreté du pare-brise. Je regardai le siège à côté de moi sans pour autant tourner la tête, et je vis Ruki qui lui préférait admirer le guidon, accoudé sur la portière.

Je ne serais pas le premier à parler. Je préfère encore m'émerveillait devant le pare-brise..

Trois autres minutes de passé, les scènes auxquels j'ai dû assister au lycée, où Mira et Ruki jouait le parfait petit couple amoureux, vinrent me hanter, ces images dégueulasses me donnaient la gerbe, alors sur un coup de tête, j'empoignai la portière et m'apprêta à sortir. La main de Ruki se posa sur mon bras, il me fixa droit dans les yeux et j'abandonnai l'idée de fuir.

Je me tue un moment, sa main toujours posé sur la mienne, puis je réussi à articuler la voix brisée :

J'en ai marre..

J'avais le souffle coupé, Ruki resserra mon bras et me demanda avec une petite voix enrouée :

De moi.. ?

De tout ! J'en ai marre de vous voir vous tenir la main, vous caresser, vous embrasser, je ne p…

Mais putin, Reita, c'est de la comédie ! Je croyais que tu comprenais !

Il m'avait interrompu et m'avait sorti ça en criant presque, j'attendis un moment, sous le choc, puis je rassemblais ce qu'il me restait de force pour continuer :

Parfois j'en doute !

Mais qu'est-ce que tu veux que j'y fasse ?

Je sais pas ! Ça me rend malade..

Tu préfères que je le snob à chaque fois qu'elle me parle peut être ?

Et tu veux que je subisse à chaque fois votre p'tite amourette ? Ça ne s'arrêtera jamais ?

Il ne dit rien et me lâcha le bras, je sentis mon cœur se resserrait encore plus, je rouvris la portière et juste avant de sortir je lui dis :

Tu ne pourras pas toujours nous avoir tous les deux..

Je sortis de la voiture et une bouffé de vent vint chatouiller mon visage, je suis directement rentré chez moi sans jeter de regards vers Ruki. Une fois la porte fermée, je donnai un violent coup de poing sur le mur d'à côté, le mur ne trembla pas mais l'os de ma main par contre si, la douleur ressenti m'apaisa un peu. Je réussi à me calmer après plusieurs autres coups brutal sur tous les murs de la maison.

Au final, j'étais allongé sur le canapé, à moitié endormi avec une main en sang.

J'entendu vaguement une sonnerie suivit de bruit de porte qui s'ouvrait, enchainé de bruit de pas qui se rapprochaient de plus en plus, trop fatigué pour ouvrir les yeux, et trop désespéré pour donner de l'importance à qui que ce soit, j'attendis que cette personne arrive à moi ..

Reita ! Ta main ! Qu'est ce qui t'es arrivé ?

Cette voix m'était familière... Mais j'étais trop fatigué pour deviner à qui elle appartenait. Je me laissais bercer par les bruits m'entourant et je m'endormis.

Je finis par me réveiller, non pas indemne parce qu'un violent mal de tête me rongeait. J'avais un énorme pansement sur ma main droite, qui m'avait servi comme décompresseur un peu plus tôt.

A mes côtés, se trouvait Mirajane, elle regardait notre série préférée « The mentalist ». C'était peut-être la seule chose qu'on avait en commun. Non je plaisante. C'était sûrement elle qui avait pris soin de moi pendant mon sommeil. Comme d'habitude en fait.

J'avais oublié à quel point on était protecteur l'un envers l'autre, comment elle me remonter le moral quand j'allais mal, et la façon avec laquelle elle prenait si bien soin de moi.

Je la regardais un instant, elle semblait distraite avec son épisode alors je lui ai envoyé mon coussin à la figure

Hé ! Idiot, tu veux jouer à ça ?

Et là, elle prit tous les coussins près d'elle et me les envoya tous en pleine gueule. Notre petite bataille dura quelques instants puis elle arrêta essoufflée et me tendit sa main en signe de paix, je la lui serra et elle vint s'assoir à côté de moi.

Tu crois qu'ils finiront ensemble ? Me demanda-t-elle en léchant des Oréo tout en scrutant la sérié

Qui ça ?

Lisbonne et Patrick ?

Mais non, lui il pense qu'à sa femme morte !

Notre discussion s'élargi au fur et à mesure que les épisodes se succédaient. De temps en temps, des petites batailles prenaient place, on s'amusait à se tartinait du Nutella sur le visage ou encore de se mettre des popcorns sous les vêtements. Parfois, on changeait de sujet, elle me parlait de commérages de ce que ses parents lui faisaient subir et d'innombrables autres sujets.

A la fin de la soirée, on avait fini endormis tous deux sur mon large canapé, du Nutella plein le visage et du popcorn partout. On était dans une position assez bizarre mais tellement confortable.

Le lendemain matin, vers midi, c'était un Samedi, on était tous deux réveillé depuis une vingtaine de minutes mais aucun de nous n'avait la force de se lever.

Si tu te lèves, je me lève ! Répétais-je pour la cinquième fois

Non, si toi tu lèves, moi je me lève !

On est mal parti..

Un court silence prit le dessus pendant un instant avant d'être brisé par Mirajane :

Reita..

Commença-t-elle en me caressant les cheveux

Tu me manques, nos folies me manque, j'ai envie de passer la journée avec toi, rien que tous les deux… J'ai une idée ! Cria-t-elle en me faisant sursauter

Elle s'était levée rapidement, alors que deux minutes avant elle n'arrivait même pas à ouvrir les yeux, elle rebondit sur le canapé et se mit à me chatouiller.

J'éclatai de rire sous ces picotements et j'essayais de la repousser pour avoir quelques minutes supplémentaires de repos, et non ! La nuit ne me suffisait pas, mais ma tortionnaire ne voulait pas me laisser en paix.

Je finis par me lever, je voyais tout flou et mon mal de crane c'était intensifié, elle cola ses deux mains sur mes joues et me fixa dans les yeux :

On va faire du patinage !

Je restais perplexe face à cette proposition, en fait ça n'avait pas l'air d'une proposition c'était plutôt un ordre je dirais, et vu la tournure que prenait les événements s'en était vraiment un.

Elle me prépara des tartines au Nutella et quelques autres trucs en attendant, je prenais rapidement ma douche, on avait mangé ensemble, non pas sans guerre puisqu'elle avait collé sa tartine sur mon front.

On s'habilla, chacun de son côté, chaudement puisqu'il faisait assez froid. Puis on alla à la patinoire.

Ça avait pris pas mal de temps puisqu'elle avait insisté qu'on fasse le chemin à pied, cette tête de mule.

Une fois entré, des cris, des rires, des voix se faisaient entendre. Mira me prit la main et courut pour prendre des patins à glace, pendant qu'elle batailler à les enfiler, j'avais déjà mis les miennes et je marchai jusqu'à la grande piste de glace.

Je vis Mirajane avançait vers moi, difficilement mais bon, elle s'agrippait à tout ce qui se trouvait à proximité, même des personnes qui avait le malheur de se trouver à côté d'elle. Une fois collé à moi, elle posa ses patins sur la glace j'en fis autant et nous glissâmes lentement sur la glace. Ses jambes tremblaient et elle répétait sans arrêt :

Me lâche pas ! Me lâche pas ! Me lâche pas !

J'étouffais un rire avant de lui demander :

Si tu sais pas patiner, pourquoi tu voulais venir patiner ?

Pour apprendre à patiner ducon !

M'avait-elle répondu presque aussitôt, c'est vrai, ça paraissait logique mais elle reprit après un court silence :

Et aussi parce que je sais que tu adore ça...

Je la regardais, un peu étonné, mais juste un peu puisque je savais que c'était le genre de chose qu'elle ferait sans regret pour moi.

Eh bien, puisque tu es là pour apprendre, je vais t'apprendre !

D'accord mais surtout me lâche pas !

J'avais envie de lui dire « Compte pas trop la dessus » mais j'ai préféré me résigner, qui sait.

Je la décollai de moi, très très difficilement, on aurait dit une sensu. Je lui tenais toujours la main, elle était fléchi sur ses jambes, et avait étendu ses mains des deux côtés pour éviter de tomber, j'avais du mal à me retenir de rire.

Elle tomba plusieurs fois, vraiment beaucoup, et à chaque fois j'étais plié de rire. Mais au final, elle était arrivé à patiner, droite, mais elle ne savait ni tourner ni s'arrêter, elle allait droit devant jusqu'à ce qu'elle se prenne la barre de fer en plein ventre.

Je la laissai patiner un peu à son aise, sans pour autant m'éloigner d'elle. Et tout en patinant droit devant elle, elle heurta un garçon debout au milieu de la patinoire. Je ris un peu en voyant qu'elle s'était retrouvé dos à terre, incapable de se relever. Le garçon qu'elle avait heurté l'aida à se relever, il lui tendit la main, et le remis debout, il en profita aussi pour engager la discussion. Après de nombreuses minutes de conversation, alors que moi je tournais autour d'eux et que Mira me fusillait de regard à chaque fois que je passais devant elle. L'inconnu lui prit délicatement la main, et lui demanda :

Tu veux qu'on aille patiner tous les deux ?

Oh euh.. c-c 'est que je suis venu avec un ami alors..

D'accord je vois, on se voit après dans ce cas.. A plus tard

Et il partit. Je restais là à admirer la scène quand Mira me fit signe de m'approcher. Une fois près d'elle, elle s'accrocha à mon bras et je lui demandai curieux :

C'était qui ?

Quelqu'un..

Non, sérieux ? Dis-je en la regardant

Elle se mit à rire, avant de me répondre :

Il s'appelle Zack et il voulait qu'on patine ensemble, mais j'ai dit non

Pourquoi ?

Parce que c'est avec toi que je veux patiner

T'es conne

La jolie brune me donna un coup sur l'épaule ce qui m'arracha un sourire, puis elle reprit :

Et puis, je suis à Ruki ! Et je l'aime trop pour aller patiner avec quelqu'un d'autre, enfin sauf toi, parce que t'es mon meilleure ami !

Mon sourire disparut. Depuis hier soir j'avais réussi à oublier cette histoire sans fin. J'avais enfin réussi à être heureux avec Mirajane sans devoir lui cacher quoique ce soit. J'avais tout simplement oublié que j'étais l'amant du garçon qu'elle aimait, moi, son meilleur ami.

Au fond, j'étais vraiment cruelle de lui faire ça, elle qui avait tant sacrifié pour moi et qui savait mettre de côté son plaisir pour le mien. J'avais tout partagé avec elle, et m'avait aidé à surmonter tous mes obstacles.

Une question me brulait les lèvres, en cet instant je mourrai d'envie de lui demander quelque chose :

Mira, si tu devais choisir entre Ruki et moi, tu choisirais qui ?

Elle rigola au début, puis me demanda :

Mais pourquoi tu demandes ça ? T'es jaloux c'est ça ? c'est mignon !

Elle me pinça la joue, mais devant mon manque de réaction, elle comprit que ma question était sérieuse. Alors elle patienta un instant pour réfléchir, et me dis après avoir pris une longue inspiration :

Toi..

Pourquoi ?

Parce que toi tu trouveras les mots qui me feront sentir mieux, comme tu l'as fait à chaque fois que j'allais mal.

Je ne dis rien. Je n'avais rien à dire de toute façon.

L'aspect sérieux qu'avait pris son visage se changea vite en grand sourire qui me donnait envie de la prendre dans mes bras. Elle était imprégnée d'innocence, et de gentillesse. Elle était pure.

Nous patinâmes encore un peu, je restais dans les nuages à réfléchir.

Ensuite, je l'avais reconduit devant sa maison, toujours à pied, elle aimait marcher.. Elle m'embrassa sur la joue et courra vers sa porte.

Une fois qu'elle était rentré, je continuais ma route dans la nuit, je n'habitais pas très loin alors ça allait. Des bouffées d'air chaud sortait d'entre mes lèvres à chaque soupir, la rue était plongé dans le noir complet, j'enfoui ma main dans ma poche, j'en sorti mon téléphone, je composai le numéro de Ruki..

J'attendis très peu, avant de t'entendre sa voix à l'autre bout du fil :

Reita…

Je savais exactement ce que j'avais à dire, j'y avais pensé toute la journée, j'étais décidé à le faire. Mais je n'y arrivais pas. Ma voix me lâcha. Des larmes m'aveuglèrent. Mon cœur se resserrait. Je m'arrêtais de marcher. J'élevai la tête vers le ciel et je me remémorais toutes les scènes ou j'étais heureux avec lui. Je retins ma respiration un instant. Je resserrais le téléphone. Et je lui dis le souffle coupé :

Je te facilite le choix… Je ne peux plus, c'est juste trop, Mirajane est la dernière personne qui mériterai de subir ça, et ça la détruirait de savoir que tu la trompe avec moi… Je lui ai promis de la protéger, et ça me tuerai de savoir que c'est moi qui la briserai. Elle t'aime beaucoup, si tu savais à quel point..

Je m'étais arrêté, je manquais d'air, les larmes ruisselaient sur mes joues et me brouillait la vue. Je m'écroulais par terre, colla mon dos contre le mur et plaqua mes genoux contre mon torse. Je n'entendais rien du tout au bout de la ligne. Je regardais le ciel, il y avait pleins d'étoiles ce soir-là. Je n'oublierai certainement jamais cette nuit.

Mes joues humides, je repris une grande inspiration et j'achevai :

Voilà.. je te facilite le choix.

Et j'éteignis le téléphone.