Chap 11.

Nos lèvres étaient toujours unis dans un baisé transi, et le restèrent quelques secondes de plus jusqu'à ce que Ruki décide de se relever pour coller ses lèvres rosies sur mon front.

Quelques passants nous regardaient, certains émus d'autres déconcertés.

Il me caressait les joues avec ses mains gelées, ses caresses m'avaient manqués, je désirais retrouver la sensation de ses caresses qui parcouraient ma peau. Me dire que toutes les histoires ne finissaient pas mal. Que mon histoire ne finirait pas mal.

L'espoir fait vivre.

Il me murmura au creux de l'oreille « Je ne veux plus te perdre ». Je ne pus retenir mes larmes plus longtemps. Elles dévalèrent sur mes joues et furent suivies de quelques sanglots.

De grandes mains m'entourèrent et m'offrirent le réconfort dont j'avais besoin.

J'agrippai son dos et me laisser aller entre ses bras, il me chuchotait des mots doux apaisant mon désarroi.

Je finis par me calmer et d'un geste imprégné d'amertume j'essuyais les quelques larmes qui demeuraient dans mes yeux.

Dans un bruit strident, il colla sa chaise à la mienne et s'y assit. Il me laissa quelques minutes pour me calmer et pendant lesquelles il me serrait les mains au point de me les broyer.

Ça va aller…

Ça va aller ? Mais non, ça va pas aller, c'est quoi cette situation de merde ? Pourquoi c'est si confus ? Ça n'aurait pas pu être plus simple et beaucoup moins compliqué ? Une relation ordinaire, ou du moins compréhensible.

J'en ai marre de tout ça, je suis fatigué

J'avais pensé à voix haute, il m'avait entendu. Il se retourna vivement vers moi, l'air paniqué. Il cria presque :

Laisse pas tout tomber, me refais pas le coup de l'autre soir !

J'ai pas l'intention de faire ça…

A cette parole, il se calma et se décontracta. Il relâcha peu à peu ma main.

Je crois que je vais rentrer.

Je m'étais levé, étais passé devant lui et avais quitté le café. Sans attendre de réponse. J'avais besoin de souffler.

Le problème que j'étais parvenu à surpasser quelques jours auparavant, m'avait tendu ses bras une seconde fois. Je me retrouvais encore à être l'amant du petit ami de Mirajane. De nouveau dans ce cercle vicieux.

Mais ce que Ruki m'avait dit... A propos du fait que j'avais droit à ma part au bonheur aussi… Qu'est-ce que je ne ferais pas pour le savoir encore à moi.

Je marchais doucement au milieu de la route jusqu'à arriver chez moi.

Une fois dans ma demeure, j'exagère, j'essayais de m'occuper du mieux que je pouvais, j'avais pris une douche, avais regardé une série, avais mangé (le terme exacte serait « englouti ») des tartines au Nutella, et après je me faisais bien chier.

J'étais allongé sur mon canapé, un coussin sur la tête, les bras croisés, pensant à tout et à rien, mais surtout à rien, ou plutôt à n'importe quoi puisque toutes les idées qui me venait étaient zarbi, quand je reçu un message.

J'étendu mon bras pour attraper mon téléphone, ce qui n'a pas été facile vu que je ne voyais rien du tout. Je finis par enlever le coussin, et la lumière du jour vint me griller les yeux. Le message était de Ruki : « Je vais prendre une nouvelle voiture, tu veux venir ? »

Partir ? Ne pas partir ? Partir! … Ne pas partir… Et puis merde, moi au milieu de plusieurs voitures, ça le fait pas.

Après un nombre... impressionnant... D'essai, je n'arrive toujours pas à avoir mon permis. Et voir plein de voitures, alléchantes et encore toute neuves… Non non, ça ne le fait pas.

Je réfléchissais à une réponse, mais rien ne me venait à l'esprit. Alors par réflex, je reposais le téléphone sur de la table à côté avant de remettre le coussin au-dessus de mes yeux.

Et tempi pour le message.

Je fini par m'endormir, je crois que le meilleur moyen pour passer le temps c'est dormir, trois jusqu'à quatre heures s'envolent comme si tu avais cessé d'exister momentanément. On dirait un philosophe qui s'exprime. Un mauvais philosophe dans mon cas.

Je me réveillais à 7h et quelque du soir. J'avais un mal de crane horrible, l'inconvénient de dormir le jour je dirais.

Je tâtonnais la table à la recherche de mon portable, et je trouvais trois messages, tous de Ruki. « Tu veux faire un petit tour dans ma nouvelle voiture ? On pourrait revenir à la banquette arrière et ne pas être sage ? » Le deuxième, envoyé cinq minutes après, disait « Ou simplement faire un tour normal si tu n'as pas envie d'autre chose » Et le dernier « Allez quoi, répond, m'ignore pas »

Je souriais à la vue de ses messages, et m'apprêtais à vite répondre :

« Je ne t'ignore pas, je dormais idiot. Et oui ça me plairait de faire un tour dans ta nouvelle voiture, j'aimerais aussi revenir à la banquette arrière, histoire de voir si c'est confortable et même que tu pourrais m'aider… »

J'envoyais le message avec un énorme sourire ornant mon visage.

Flashback de la soirée

POV Ruki

Je sortais de ma Proshe Cayenne, encore toute neuve, pas une seule tâche, toute noire. Je suis amoureux de ma voiture.

Je frappais à la porte de Reita, je sonnai, je m'assis au pied de l'entrée pour lui envoyais un deuxième message, mais rien, aucune réponse.

Je décidais de me relever, quand, devant moi, Mirajane en petite robe blanche ornée de cœurs, était debout comme un piquet. Je restais d'abord étonné cherchant le plus rapidement possible une excuse. Je devenais expert dans ce domaine je dois dire.

Elle finit par me devancer en me demandant :

Qu'est-ce que tu fais là ?

Tu vois la superbe Cayenne noire là-bas ?

Elle se retourna, suivant la direction de mon doigt qui désignant la voiture. Puis détourna la tête avec un grand sourire :

Oui, je la voix

Eh bien, c'est ma nouvelle voiture !

Elle étouffa un petit bruit d'étonnement en se mettant les mains devant sa bouche grande ouverte avant de s'approcher en me sautant au bras.

Elle est magnifique !

Tu trouves aussi ? J'en suis amoureux

Elle me donna une petite tape sur le bras, puis me tiens la main.

Tu ne m'as toujours pas dis pourquoi tu étais ici

En fait…

Je me tu un instant pour réfléchir avant de répondre :

Je voulais qu'on fasse un petit tour, je comptais passer te prendre aussi

Vous vous êtes réconcilié ?

Oui, hier quand tu es partie

Elle me sauta au coup une seconde fois et déposa plusieurs baisés partout sur mon visage.

Je suis contente pour vous

Merci

Alors, ou il est Reita ?

Je sonne depuis tout à l'heure mais personne

Tu l'as appelé ?

Personne ne répond

Elle s'approcha de la porte et se mit à sonner plusieurs fois, puis à frapper la porte violemment. Ce qu'elle peut être violente quand elle veut cette fille.

Il n'est clairement pas là

Avait-elle conclu après avoir failli défoncer la porte. Puis elle reprit plus enthousiaste :

On a qu'à sortir tous les deux !

Sortir tous les deux ? Haha… Vas-y, trouve une excuse, trouve une excuse, n'importe laquelle mais une excuse !

Rien ne me vient à l'esprit, putain de cerveau !

Alors ? On sort tous les deux ou pas ?

J'ai envie de lui dire « pas ». Non, je passerais pour un salop.

Oui pourquoi pas !

Et puis merde, bon un café et puis voilà je l'emmène chez elle et on en reparle plus.

Je l'invitais donc à monter dans ma voiture, elle si assit et tortillait des hanches en disant que c'était très confortable.

Je m'arrêtais à un café ou elle prit un jus de pomme. Je ne parlais pas beaucoup, contrairement à elle qui avait toujours quelque chose à dire. Ce n'était pas vraiment désagréable. Je fixais mon portable, attendant un appelle ou un message de Reita, mais rien.

Vingt minutes plus tard, avant de quitter le café, je lui envoyais un dernier message.

Arrivé devant la grande maison de Mirajane, j'arrêtais la voiture et lui fit un bisou sur la joue lui signalant qu'elle pouvait partir. Mais juste avant d'ouvrir la portière, elle se retourna vers moi et avec un regard suppliant elle me demanda de l'aider avec quelques meubles qu'elle n'arrivait pas à bouger toute seule.

Et tout en regardant mon sourire magistrale, je lui répondu :

C'est quelque chose que tu devrais demander à Reita, de nous deux, le plus fort c'est lui

Je sais… Mais tu as bien vu que tout à l'heure il n'ouvrait pas

On pourrait aller vérifier maintenant si il…

Elle m'interrompu en s'agrippant à mon bras et en faisant une moue triste.

Je finis par céder et elle me conduit à ces meubles que je bougeais aisément. Ayant fini ma tâche, je me faufilais vers la porte d'entrée pour disparaître, mais elle me prit la main et couru jusqu'à l'escalier.

Ce que je redoutais, c'était produit. Quelle chance j'ai.

Elle me conduit jusqu'à sa chambre et ferma la porte à clefs derrière nous. Elle me reprit doucement par le col de ma chemise et m'attira jusqu'à son lit ou elle me fit assoir.

Je bafouillais plusieurs excuses pour m'évader, mais rien ne semblait l'intéresser. Elle m'intima le silence, et s'assit délicatement au-dessus de mes cuisses.

Elle me caressait les cheveux en déposant de doux baisés sur mon visage. Je me laisser aller doucement empoisonné par le contact de ses lèvres sur ma peau jusqu'à ce que j'entende l'ouverture de la ceinture éclair de sa robe.

Elle s'était relevée pour l'enlever.

« Oh seigneur »

Je ne voulais surtout pas qu'elle se retrouve nue devant moi alors je l'attrapais par les hanches et l'attirait vivement vers moi. Son poids trop lourd, j'espère qu'elle ne saura jamais que j'ai dit ça, me fit basculer en arrière. Et je me retrouvais allongé sur le lit avec Mirajane à califourchon sur moi.

Elle lâcha un petit rire avant de se pencher vers moi et me susurrer à l'oreille « Je commençais à croire que tu ne voulais pas de moi » puis elle m'embrassa tendrement.

Sa main, un peu trop baladeuse, glissa jusqu'à mon membre qui, malgré moi, brulait de plaisir. Elle déboutonna mon pantalon, ouvrit ma braguette, glissa sa main sous mon boxer et empoigna mon membre.

Je frissonnais au contact de ses mains froides. Je regardais son visage. Il était rouge sang. C'était sa première fois.

Moi qui croyais qu'elle serait timide dans des situations comme celle-là.

Elle ferma les yeux, pris ma main et la posa délicatement sur sa poitrine tout en gardant son autre main autour de mon membre. Mais devant mon manque d'entrain, elle rouvrir ses yeux et me scruta d'un regard triste.

Je relevais la tête, hésitant, pour sceller nos lèvres dans un long baisé discret.

Je passais ma main libre sur sa hanche droite, et la caressait doucement. Réjouie de mon enthousiasme, elle déboutonna ma chemise pour ensuite me l'arracher.

Elle se pencha et balada ses lèvres sur mon torse, brulant sur son passage ma peau frissonnante. Puis, elle libera ma main qu'elle plaquait contre sa poitrine, pour caresser toute parcelle de peau encore inconnu à ses yeux.

Elle décida enfin à bouger sa main empoignant mon membre, formant de court va et vient me procurant un plaisir s'intensifiant au fur et à mesure du temps écoulés.

Mais ce plaisir était bien limité.

Aveuglé par nos ébats, je la fis basculer pour me mettre au-dessus d'elle. Je la regardais un instant sans vraiment contrôler mes gestes.

Je lui enlevais sa robe avant de la jeter par terre rejoignant le reste des vêtements. De son côté elle baissa mon pantalon jusqu'au niveau des genoux et enleva un à un ses sous-vêtements.

Elle caressait mon torse, descendant jusqu'à mon sexe puis remontant, et continuait son petit manège pour attiser mon plaisir.

J'effleurais du bout des doigts ses cuisses puis je les écartais un peu et me placer entre elles, je la pénétrai sans ménagement tout en poursuivant mes vagues de caresses. Elle étouffa un petit cri de douleur, je la laissai un instant, s'habituant à la présence de mon sexe en elle avant de la pénétrer plus profondément lui arrachant un cri mêlant douleur et jouissance. Je ressorti mon membre complètement avant une seconde infiltration beaucoup plus brutal nous ôtant tous deux des gémissements.

Je m'apprêtais à donner des coups de reins quand je fus interrompu par la sonnerie de mon portable, qui se fit entendre dans la pièce vide, se joignant à nos soupirs.

L'image de Reita vint agresser mes pensées, me faisant descendre sur terre. J'écarquillais les yeux médusé de ce que j'entreprenais de faire.

Je sautai hors de portée, remontai mon pantalon et couru comme un malade vers la porte de sa chambre qui ne voulait pas céder après maintes reprises, je failli la défoncer mais je m'étais résigné.

Je respirais un grand coup, je l'ouvris finalement. Je courrai à travers le couloir, j'enjambai les escaliers. Je sortis et montai ma voiture.

Je m'assis, la tête dans mes mains, et mes larmes dévalaient sur mes joues.

Mais qu'est-ce que j'ai fait. Je me cognais la tête contre le guidon de la voiture, le frappai violement, donnai de grands coups aux vitres.

Je mis le contact, et accélérai sans connaître ma destination.

Dans la chambre, Mirajane demeurait étalé sur ce lit, désormais froid. Sidérée par ce qui venait de se passer, et ne comprenant strictement rien aux évènements déroulés.

Son premier réflexe a été de se jeter sur la veste de Ruki abritant son téléphone.

Elle l'empoigna et ouvrit le message :

« Je ne t'ignore pas, je dormais idiot. Et oui ça me plairait de faire un tour dans ta nouvelle voiture, j'aimerais aussi revenir à la banquette arrière, histoire de voir si c'est confortable et même que tu pourrais m'aider… »