Chapitre 8: Décision

Vaness regarda sa page MSN une autre fois et soupira. Il était normal qu'elle ne se connecte pas, elle avait Sam dans les pattes. Puis, d'un coup, le baiser échangé avec Dean lui revint en mémoire et elle rougit. L'avait-il embrassée pour le fun, ou...

Toc toc toc.

Vaness se releva d'un bond et alla ouvrir.

- Dean, je... Qui êtes-vous? Interrogea-t-elle en voyant une étrange femme au regard tout aussi étrange.

- Malédiiictionn!

- Heu... Pardon?

- Malédiiictioooon!

- Une malédiction?

- Maaaalédiictionnn!

- Une malédiction va s'abattre sur nous?

- Non non, je tentais juste de lire le nom de mes p'tites pilules sur ma boîte. Voilà, Malédiction!

- Heu... Ok... Écoutez grand-mère noire, l'asile, c'est de l'autre côté de la rue!

-Je cherche pas l'asile, je cherche la pharmacienne... votre amie qui m'a prescrite ces pilules.

- Quelle amie?

-Brune, petite, avec des lunettes et des grands yeux bruns.

- Ah, ma cousine... Heu... Et pourquoi elle vous a donné ceci? Elle n'est pas pharmacienne!

-C'est pourtant ce qu'elle m'a dit! Elle m'a vu appeler mon chien en plâtre et elle m'a donner ces pilules en me disant: « Écoutez, vieille folle, votre chien il marche pas... mais il va marcher. Avalez ça et j'vais vous en donner à toutes les deux semaines en échange de 30 dollars. On va dire que je suis pharmacienne. »

En comprenant là l'humour de sa cousine, Vaness éclata de rire en se tenant à la porte pour ne pas tomber.

- Oh, oh, c'est vrai que vous êtes une vieille folle... Une vieille africaine folle! Oh! Oh, je vais mourir!

-Oui, vous allez mourir d'un coup de canne sur la tête si vous me traitez encore de vieille africaine! J'suis de la France, moi vous savez? Mais avant j'habitais au Congo.

-Le Congo, c'est en Afrique.

-Faux! C'est un pays d'Angleterre! Là-bas, tout le monde est noir vous savez?

- N'importe quoi, y a pas que des noirs en Angleterre.

-Je parle au Congo, jeune inculte.

- Ah! Ça, je sais, et c'est en Afrique, vieille Africaine dégénérée.

La vieille femme la regarda, un peu hagarde, puis posa sa question du début une nouvelle fois:

-Alors, vous savez où est ma pharmacienne ou non?

- C'est moi, votre pharmacienne, je me suis fait une chirurgie plastique ce matin.

-Non, j'suis pas stupide non plus! Vous êtes beaucoup trop ronde pour être ma pharmacienne.

- Quoi? Mais va te faire foutre, mémé!

-J'voudrais bien, mais j'fais confiance qu'à mon manche à balai. Or, j'ai perdu mon balai.

Vaness sentit des sueurs froides lui parcourir le corps.

- J'crois qu'je voulais pas savoir... Oh! Mais je connais un jeune homme qui serait prêt à tout faire avec vous.

-Non, merci, je les aime un peu plus mous. Vous voulez bien me dire où est la jeune fille que je cherche ou pas? Parce que mon chien, il marchera bientôt plus.

La brune leva les yeux au ciel.

- Troisième porte à droite.

-Merci.

- Au revoir, vieille pute Africaine.

Pourtant, alors que Vaness fermait sa porte et que la vieille femme se dirigeait vers la porte de l'appartement de Pam, une étrange fumée noire sortit par sa bouche et ses narines et la grand-mère tomba sur le sol. Pendant ce temps, Sam et Pam était encore dans le lit de la jeune fille. Sauf que cette fois, ils étaient habillés et assis un à côté de l'autre.

-J'ai pas envie de partir... disait Sam. Mais...

-Il le faut! Même si moi non plus, j'ai pas envie de te perdre aussi vite.

-Tu connais le démon aux yeux jaunes?

-Non, mais je sens qu'il a joué un rôle important dans ta vie...

-Exact... C'est ce démon qui a tué nos mères... Je ne sais toujours pas pourquoi, mais... Je sens... que c'est mon devoir de le retrouver, et lui faire payer ses fautes... Il faut qu'il retourne en enfer et pour ça... il faudra que Dean et moi travaillions ensemble...

-Quand il sera retourné d'où il vient... tu reviendras?

-Évidemment. Dean n'aura plus aucun moyen de pression...

-Mais ça peut prendre des mois, voire des années, pas vrai?

-Oui... Tu auras eu le temps de te trouver un mec normal.

Pam posa sa tête sur l'épaule de Sam.

-C'est toi que je veux.

-Mais c'est impossible. Tout simplement parce que nous sommes trop différents... C'est tout.

On frappa à la porte, Pam alla ouvrir sur Dean qui portait toutes leurs affaires, prêt à partir.

-Tu es prêt, Sam?

Sam acquiesça sèchement et, après avoir embrassé brièvement celle qu'il aimait sur la joue, partit sans se retourner. Une fois le bruit du moteur devenu trop éloigné pour être entendu, Pam éclata en sanglots.