Voici le cinquième chapitre
qui a tardé, j'en suis consciente,
mais j'ai eu de la misère. Il est un peu tristounet.
Je remercie Yasmine HP, AliceDansLalune,
Marianne et Lilibeth.
Merci beaucoup :D
et
Bonne lecture !
Mon frère
-If you don't love me, pretend.
Je m'étirai longuement pour décontracter mes muscles endoloris. J'avais passé toute la matinée à regarder la télévision en quête d'une émission potable. À part les nouvelles du jour moldus et les dessins animés pour enfant, le reste ne méritait pas que je m'y attarde. Les émissions qui faisaient pleurer les plus sentimentales d'entre nous ne m'intéressaient pas. Et pour cause, je trouvais cela franchement dégoulinant de sensibilité. J'évitais au max en ce moment surtout aujourd'hui.
- Bonjour chérie, bailla Bonnie derrière moi.
Je regardai l'horloge, 14h00. Bonnie et moi avions veillé tard hier soir. Elle, parce qu'elle n'arrêtait pas de parler de Sirius et moi, parce que j'avais quelque chose de plus angoissant en tête.
- Salut, tu sais aujourd'hui..., commençai-je.
- ... tu rentres chez toi, je sais, termina-t-elle à ma place.
Je lui fis un sourire triste qu'elle me rendit. Elle s'assit sur le divan et m'enlaça très fort. Une boule se forma dans ma gorge et avant que mes yeux s'embrouillent, Bonnie se détacha de moi et partit manger me laissant ainsi dans ma grande solitude. Je fermai les yeux voulant à tout prix arrêter de penser.
Environ une heure plus tard, les Maraudeurs vinrent nous rendre visite. Je me demandais sérieusement pourquoi ils aimaient autant notre compagnie. Bon d'accord, à Poudlard, on se parlait souvent, mais c'était plus par plaisir de parler à des connaissances que par amitié. Le fait est que même s'ils venaient nous voir, je ne me sentais pas d'attaque pour séduire Remus. Ce que je fis alors, ce fut de me cacher dans la chambre de la mère de Bonnie. Je les avais vus arriver par la fenêtre du salon et ça ne me prit que quelques secondes pour m'enfuir à toute vitesse. Bonnie, à qui je n'avais rien dit de mes intentions de ne pas les voir, avait compris que je me ne sentais pas en forme pour parler avec d'autres personnes qu'elle. En plus, j'étais encore en pyjama et mes cheveux en bataille ne me rendaient certainement pas à mon avantage.
Mme Coldin était partie rencontrée un homme dans un restaurant. C'était ce qu'elle m'avait dit avant de partir. Je me couchais alors dans son lit qui sentait la cigarette. C'était légèrement étrange de se retrouver là. Que faisait-elle ici ? Lisait-elle? Ou invitait-elle des hommes à dormir ? Cette dernière pensée me fit froid dans le dos. Brrr.
- Hey, Bonnie !, entendis-je James dire.
- Salut les garçons.
Je me couchais dans les couvertures humant l'odeur âcre du cigare. Une conversation commença de l'autre bord de la porte, mais je n'entendais quasiment rien de ce qu'ils disaient. À la place d'essayer d'écouter leur discussion, je m'imaginai les derniers instants passés avec Remus. C'était graver dans ma mémoire comme un fer blanc sur la peau. Aucun garçons ne m'avaient fait autant d'effet que lui surtout depuis la mort de mon frère. Le jeu que j'entretenais me faisait sentir pour la première fois depuis cinq mois des émotions autres que le regret, la tristesse, les remords, la mélancolie, l'amertume... Au contraire, j'étais plutôt excitée, nerveuse, fébrile par ce que je faisais et je voulais que ce sentiment dure aussi longtemps que son souvenir ne me regagne.
On ouvrit la porte et je fermai aussitôt les yeux faisant ainsi semblant de dormir.
- Elle dort, dit Peter.
- Ce n'est pas grave. Rentrons, elle dort toujours comme une masse, déclara Bonnie d'une voix plutôt forte.
Si j'avais pu, j'aurais secoué la tête. Bonnie était un cas désespéré. Ma meilleure amie s'assit alors sur le lit de sa mère ainsi que le reste des Maraudeurs. Tous autour de moi, enfin, je supposais vu que je ne voulais pas ouvrir les yeux.
- Alors Remus, ça va mieux ? Plus aussi malade ?, s'amusa Bonnie.
Je sus qu'elle lui dédia un clin d'œil, car je la connaissais que trop bien.
- Oui, je suis au mieux de ma forme maintenant, répondit Remus.
Je frissonnais. Sa voix n'était qu'à quelques centimètres de moi, il s'était assis très proche. Beaucoup trop proche.
- C'est bien ça !, s'exclama Bonnie.
- Pourquoi est-ce qu'elle dort à cette heure-ci ?, demanda James.
- Parce qu'elle est fatiguée, je suppose.
- T'es sûre ?, répliqua Sirius.
- Bah oui, je suis sûre, maugréa sa petite-amie.
- Alors, ce n'est pas parce que..., continua le brun.
- Sirius, tais-toi !, rétorqua-t-elle rapidement.
Qu'allait-il dire ? J'étais curieuse et, à la fois, effrayée. Je savais qu'il allait balancer la mort de mon frère, Bonnie lui avait sûrement dit.
- Mais non Siri, continue ta phrase !, s'exclama James.
Non, ne dit rien. J'étais tentée d'ouvrir les yeux.
- Non, répliqua sèchement Bonnie.
- Qu'a-t-elle de si secret ?, questionna Peter.
Étrangement, Remus ne formulait aucune question.
- Eh bien, elle est triste parce que son frère s'est suicidé, balança d'une traite Sirius.
Une douleur fulgurante m'atteignit de plein fouet. C'était quelque chose de l'entendre dire de cette façon, personne ne me l'avait jamais dit comme ça. Je l'avais vu de mes propres yeux. L'image me revint à la mémoire et j'étouffai un sanglot qui sonna comme un grognement presque imperceptible. J'aurais voulu me lever pour partir en courant, le plus vite possible, mais je ne voulais pas non plus affronter les regards de James, Peter et Remus. Surtout de ce dernier.
- SIRIUS, cria Bonnie en colère.
J'entendis Sirius se lever et sortir de la chambre suivi aussitôt de ma meilleure amie. Elle allait le massacrer. Personne ne pouvait me blesser, selon elle. C'était vrai que pour Sirius, je dormais, mais Bonnie, elle, elle savait que je faisais semblant.
- Je vais aller sauver mon stupide de meilleur ami, déclara James vite suivi de Peter.
Remus
Je restai interdit. Son frère s'était suicidé ? Je ne savais même pas qu'elle avait un frère. Un sentiment horriblement douloureux me noua la gorge. Je regardai le corps tendu de Christina sous les couvertures. Son souffle semblait erratique.
Pourtant, elle avait l'air tellement heureuse, mais ce n'était qu'une image. Et par Merlin pourquoi est-ce qu'elle s'efforçait autant pour me faire tomber dans ces filets quand elle n'allait pas bien ? Voulait-elle l'oublier en s'intéressant à quelqu'un d'autre ? Peu importe, ce qui lui arrivait était abominable. Même si je la détestais pour éveiller toutes les parcelles de mon corps que je tentais d'assouvir, je ne pouvais m'empêcher d'éprouver de la compassion et, puis, elle semblait si fragile. Un élan d'affection me prit et je mis ma main sur son épaule. Je commençai alors à tracer des cercles sur sa clavicule. Elle se raidit.
Christina
Je me raidis sous son contact. Seigneur, qu'est-ce qui lui arrivait tout un coup ? Normalement, c'était moi qui faisais le premier pas. À moins qu'il eut pitié de moi à l'annonce de ce qui était arrivé à mon frère.
À vrai dire, ça ne me déplaisait pas qu'il me flatte. J'appréciai le geste, mais j'avais la terrible impression qu'il savait que j'étais réveillée. Cette impression se confirma à la minute où je sentis son souffle au creux de mon oreille.
- Pas parce que je te démontre de l'affection que je cèderais...
Le son grave de sa voix me fit frissonner de la tête au pied.
- Au contraire même, je ne suis qu'un divertissement pour toi.
La culpabilité aurait dû me ronger, mais la vérité était que j'adorais qu'il m'accorde autant d'attention.
- Et je sais que tu es réveillée alors cesse de faire semblant, termina-t-il victorieux.
Il partit avant que je ne lui rétorque une réplique acerbe. En ce moment, j'avais envie de lui arracher la tête, littéralement. Quel imbécile ! Je détestais me sentir inférieur aux autres et ce depuis toujours. J'allais gagnée mon cher Remus !
Quand les Maraudeurs furent partis, Bonnie me raconta la gifle qu'elle accorda à son copain. Elle lui avait ensuite pardonné quand il promit d'être aux petits soins pour elle pour le restant de leur relation ce qui me fit éclater de rire. La seule fois de la journée qu'on entendit mon timbre cristallin.
Je rentrai chez moi peu après avoir mangé. Mes parents m'accueillirent sans dire un mot ce qui ne m'étonnait guère. Je montais ensuite dans ma chambre pour me préparer. L'atmosphère m'étouffait, m'enserrait la poitrine comme de lianes.
Je peignai mes longs cheveux noirs et je pleurais. Aujourd'hui, mon frère aurait fêté ses dix-huit ans et on allait le voir au cimetière. Je ne pouvais pas m'empêcher de me sentir misérablement mal. C'était le premier anniversaire qu'on ne fêtait pas avec lui.
Je reniflai, une douleur immense m'atteignait au niveau de la poitrine quand on monta dans la voiture. Mes parents ne parlaient pas et, moi, je restai muette. J'avais l'impression que si je parlais, je ne pourrais plus me redresser pour affronter le restant de cette journée.
Au cimetière, je déposai les fleurs blanches qu'on lui avait achetées. Ma mère sortit son mouchoir pour s'essuyer les yeux et mon père pleurait en silence se cachant légèrement le visage pour que nous ne le voyions pas. Une lame me serra la gorge, m'étranglant presque sous la souffrance. Je me mis à genoux et je touchai la terre froide et humide sous ma main. Une larme s'échappa, puis deux et trois, s'ajoutant ainsi à mon visage ravagé par la tristesse.
Alessandro si tu m'écoutes, là-bas dans le ciel, je voudrais te dire à quel point je suis désolée. Désolée pour n'avoir pas vu la détresse dans tes yeux, la demande muette d'une personne malade... J'aurais voulu que la dépression ne t'atteigne pas, j'aurais voulu tellement de chose et dans le fond qu'une seule: que tu sois avec moi en ce moment.
Pourquoi toi ? Pourquoi pas quelqu'un d'autre ? En même temps, c'était égoïste comme pensée. Personne ne méritait ce que je vivais.
Aujourd'hui, grand frère, t'aurais eu dix-huit. Je t'aurais fait un gâteau au chocolat, on t'aurait donné les jeux vidéo que tu voulais et que tu économisais tant pour les avoir. Il y aurait eu aussi la fille avec tu sortais, Becky, et tes meilleurs potes. Papa t'aurait embrassé et tu t'aurais plains de sa façon brutale de te démontrer son affection. Maman t'aurait considéré comme un roi et aurait été au petit soin avec toi. On se serait disputé pour des broutilles et, puis, réconcilié par la suite. Et même si je ne te disais pas que je t'aimais, tu le savais. T'aurais eu dix-huit ans et la vie devant toi...
Je pleurais à chaude larmes maintenant, ma mère mit une main sur mon épaule et je la serrai dans mes bras. Fort, très fort. La vie était si précieuse.
Je vous promets que le prochain chapitre sera moins triste (et plus long) :) J'espère que vous avez aimé !
