Salut la compagnie!

Me revoilà, après des longs mois sans nouvelles.

D'ailleurs je suis désolée d'avoir disparu de la surface de la Terre, mais je faisais des voyages. :)

Oui, oui, parce que voyager c'est une de mes grandes passions après l'écriture.

J'ai l'impression que mon style d'écriture a changé un peu avec le temps et j'ai découvert une autre Christina sous ma plume, plus mature à mon avis.

Elle grandit en même temps que moi j'imagine.

J'espère que ce chapitre vous plaira tout de même.

Merci à tous ceux/celles qui m'ont rajoutés dans leurs favorites ou story alerts pendant mon absence et un immense merci à:

Pimy, Lyne Stevens, Freehorse, Lollie Lovegood, Zombielle et Garance !

Pour répondre à Garance: Merci beaucoup beaucoup, j'espère que la suite te plaira autant que les autres chapitres. xx


La simplicité

- Look at the stars, look how they shine for you –

- PAR MERLIN, CET HOMME VA FINIR PAR ME TUER.

Je lâchai la bouteille de vernis à ongles sur ma couverture. Ma meilleure amie venait de faire son immanquable apparition dans le dortoir des filles.

- Putain Bonnie, c'est toi qui vas finir par me tuer, mon cœur a lâché pendant deux secondes, ronchonnai-je.

En plus, mon vernis vermeil venait de tacher mon édredon rouge. Eh oui, être à Griffondor nous faisait aimer cette couleur, même sur nos ongles.

- Qu'est-ce qu'il se passe ici?

Lily Evans, préfète, surgit soudainement de la salle de bain avec une tignasse pas possible. Si je prenais une photo d'elle et que je la montrais à Potter, peut-être qu'il arrêterait de lui courir après, non? De toute façon, paraît-il que l'amour rend aveugle... J'en savais quelque chose.

- Je t'ai pas sonné Evans, riposta Bonnie.

Je fronçai les sourcils, concentrée devant cette nouvelle confrontation. Il était connu de notre maison que ces filles se détestaient. Comme Bonnie était ma meilleure amie, eh bien je détestais Evans aussi, par principe voyez-vous. De toute façon, même sans cela, tous pouvaient être d'accord pour dire que la préfète de Griffondor était chiante quand elle s'y mettait. La joue de Potter pouvait en témoigner.

- Quand tu commences à crier de cette manière à travers le dortoir, oui, mes oreilles en sont concernées, rétorqua-t-elle.

- Je crie pour ne pas avoir un balai coincé dans le cul, contrairement à toi.

Je pouffai. Oui, oui, plutôt immature de ma part, mais ces deux-là étaient irrécupérables et assez divertissantes ma foi. Mon côté angélique par contre m'ordonnait d'arrêter cette guéguerre qui, je le savais, allait s'éterniser plus que nécessaire.

- Bon, si on pouvait toutes faire une pause et donner une minute de deuil à ma couverture souillée par le vernis rouge, ajoutai-je tout sourire.

Les deux regards noirs qu'on me lança me convainquirent de ne plus les déranger à l'avenir. Si on ne pouvait plus plaisanter, que deviendrons-nous? Par Merlin, on dirait une phrase sortie tout droit de la bouche d'un des Maraudeurs, sauf de celle de Remus. Non, en effet, ces jolies lèvres ne laisseraient pas sortir un truc pareil. Hum… ces douces lèvres…

- Tu divagues 'Tina, me réveilla Bonnie.

Avec sa baguette, elle nettoya les taches écarlates. Evans fit claquer la porte assez forte pour qu'on sache qu'elle était frustrée et partit explorer les méandres des toilettes.

- Non, mais quelle vraie peste.

- Alors, dis-moi, qui est l'idiot qui t'as mis en rogne?, demandai-je, évitant d'un geste de la main le sujet Lily Evans.

- Sirius, qui d'autre?, grinça-t-elle.

Je secouai la tête désespérée. Se disputer, s'arracher les cheveux, s'énerver, se détester, voilà ce qu'était une relation de type Sirius et Bonnie. Au moins, ils étaient ensemble. Si Remus pouvait enfin se rendre compte que loup-garou ou pas, je l'aimais, notre relation existerait aussi.

- Et qu'est-ce qu'il a fait cette fois?

- Il m'a envoyé le cognard pendant que je tentais pour la première fois en six ans de monter sur un balai, voilà ce qu'il a fait, s'exclama-t-elle indignée.

Je grimaçai. Bonnie et moi aimions regarder le Quidditch, mais nous n'avions pas touché à un balai depuis notre première année. J'avais le vertige et elle avait une peur bleue de se fracasser le crâne. Sirius Black était un petit con.

- Le salaud, tu veux que j'aille lui dire deux mots à ce grand farceur?

- Non, ça va, j'ai juste eu très peur, dit-elle avec une voix tremblotante.

Je lui frottai le dos. En effet, cet homme allait finir par la tuer. Elle se détacha de moi et se mit à faire le ménage, manie qu'elle avait quand elle voulait s'occuper l'esprit. Quant à moi, je m'étirai et terminai de mettre une couche de vernis sur mes ongles. Suite à quoi, je sortis du dortoir pour me diriger à la bibliothèque dans le but de finaliser un devoir de potions. En passant par la salle commune, je vis Peter avec Sirius qui jouaient aux échecs version sorcier. Ce dernier m'aperçut et s'apprêta à me dire quelque chose, mais je le coupai avec un doigt d'honneur bien placé. Qu'il aille se faire foutre!

- Rendue à la bibliothèque, je remarquai la présence de James Potter dans un coin de la pièce. Quand je m'assis à sa table, il ne releva même pas la tête, absorbé par son livre. J'ouvris mon devoir, trempai ma plume dans l'encre et commençai mon devoir.

- Ah, ma chère 'Tina, que fais-tu de si bon matin?, dit James lorsqu'il s'aperçut de ma présence.

- Premièrement James, on n'est pas le matin, il est maintenant 13h de l'après-midi. Deuxièmement, comme tu peux parfaitement le voir, je fais mon devoir de potion, répondis-je calmement.

Il releva la tête de son livre, prit une mine surprise et lâcha un juron.

- Ce n'est pas possible, j'ai sauté le déjeuner, s'exclama-t-il.

Ce n'était effectivement pas croyable, les garçons pensaient toujours à leur estomac en premier, que James ait été jusqu'à ce point révélait un problème.

- Alors, qu'est-ce qu'il t'arrive d'assez grave pour que tu oublies de manger?, demandai-je curieuse.

- Lily ne veut pas de moi, d'aucune façon. J'ai donc trouvé un moyen pour l'observer sans qu'elle devienne furieuse. Je viens ici tous les jours pour pouvoir la regarder et je fais semblant de lire. Par contre, aujourd'hui, j'étais vraiment plongé dans mon livre et je n'ai pas vu l'heure passée, expliqua-t-il en passant une main dans sa chevelure déjà désordonnée.

J'éclatai de rire. Ce pauvre James, Evans ne voyait-elle pas à quel point il était prêt à tout pour elle? Mon âme de sainte ressortit pour la deuxième fois de la journée. Je ne pouvais décidément pas rester sans rien faire, il était aussi désespéré que moi.

- James, je vais te donner un conseil…

Il ouvrit grand les yeux et les oreilles aussi.

- …Quand Evans dit qu'elle ne le veut pas, c'est qu'elle le veut. Le seul truc, c'est que tu t'y prends mal. À mon avis, il faudrait que tu restes naturel et que tu lui montres le vrai toi. Dis-lui qui tu es près à l'attendre et, ensuite, embrasse-la doucement. Aucune fille ne résiste à ça, dis-je avec un clin d'œil.

Il me fit un énorme sourire.

- Je vais suivre ton conseil, après tout j'ai tenté différentes approches et, comme tu peux le voir, je n'ai obtenu aucun résultat… je vais finir par devenir fou, soupira le brun.

- Tu l'es déjà, rétorquai-je tout sourire.

- Est-ce que moi aussi je peux te donner un conseil?

- À propos de quoi?, lançai-je légèrement suspicieuse.

- Bats-toi pour Remus, il mérite d'être heureux même s'il prétend le contraire et je sais, que même après que tu t'es joué de lui, il veut être avec toi autant que toi tu le veux.

Il m'en boucha un coin, je ne m'y attendais pas. Il était tristement vrai que je m'étais servie de lui au début et que je n'avais pas été tendre également. Je lui avais fait du mal et, ça, je le savais.

- Je vais prendre en considération ce que tu m'as dit, mais je doute fortement qu'il veuille me laisser une chance, répondis-je douloureusement.

James fit alors quelque chose qui me surprit, il me prit la main et la frotta contre la sienne.

- Je vais te dire la même chose que tu m'as dite pour Lily, montres à Remus ton vrai toi, montre-lui que tu as aussi tes faiblesses et sois douce avec lui. Il a besoin qu'on lui démontre qu'on tient à lui pour qu'il en soit certain. J'en sais quelque chose.

Je poussai un soupir de tristesse, mais souris malgré moi. James pouvait être idiot par moment tout comme Sirius, mais il avait diablement raison. J'allais montrer à ce cher Remus l'amour que je lui portais.


Aujourd'hui était un jour splendide, c'était mon anniversaire à proprement parler. De plus, l'automne venait de jeter ses dernières feuilles et une brise hivernale flottait dans le château, l'hiver étant ma saison préférée. C'était d'ailleurs pour cette raison que je buvais confortablement un chocolat chaud dans la salle commune, entourée de coussins et emmitouflée dans un édredon qui sentait la lavande. Comme il était samedi, la plupart de mes camarades faisaient la grasse matinée, il régnait donc un silence paisible dans la salle commune. J'étais par contre trop excitée par la perspective de mon anniversaire pour réussir à dormir encore. Bonnie avait pour mission de me tresser les cheveux comme dans l'image du magazine moldu qu'elle avait ramené avec elle.

- Argh, je n'y arrive pas, s'écria Bonnie.

Elle venait de rompre la quiétude du lieu en un instant et, par la même occasion, m'arracha quelques cheveux.

- Pourtant ce n'est pas si compliqué, grimaçai-je sous le coup de la douleur.

- Si ce n'est pas compliqué, fais-le donc toi-même Madame-je-sais-tout, répliqua-t-elle grincheuse.

- Que nenni, aujourd'hui c'est mon anniversaire, alors c'est toi l'esclave.

Elle grogna pour la forme et continua à s'escrimer sur mes longs cheveux noirs. J'entendis le portrait de la Grosse Dame s'ouvrir et j'aperçus du coin de l'œil Anastasia. Elle tenait un plateau où reposaient des tranches de pain et des fruits.

- Voilà ce que j'ai pu dénicher chez les elfes de maison dans la cuisine, s'exclama-t-elle souriante.

- Oh yeah, merci Ana, tu fais une meilleure esclave que Bonnie, dis-je.

Elle pouffa de rire et je sentis le regard noir de ma meilleure amie sur moi. Elles piochèrent dans les fruits et je mordis dans une tranche de pain. Joie, paix, tout aurait pu être parfait aujourd'hui si un certain imbécile avait consenti à sortir avec moi. Je chassai son image, je ne lui permettrais pas de gâcher cette journée.

Les quelques heures qui suivirent furent géniales. Alec et Fabien me souhaitèrent joyeux anniversaire en me donnant deux bisous baveux sur mes joues. James et Sirius lancèrent des fusées à mon nom qui finirent par devenir des confettis aux mille couleurs. Peter m'offrit une carte qui criait à tue-tête «Bonne fête jolie Christina» suivie de la fameuse chanson à chaque fois que je l'ouvrais. Pour cette raison, je ne cessais de l'ouvrir, m'amusant comme une petite fille, jusqu'à ce que Mcgonagall, exaspérée, me la confisque au repas du soir. Bonnie et Ana obéissaient à tout ce que je disais même quand je leur demandai des requêtes impossibles à accomplir, ce qui finissait toujours par arriver. Par exemple, la fois où je leur avais ordonné de m'apporter Miss Teigne pour que je puisse la flatter. Oui, je sais, j'avais des envies étranges. Mes deux esclaves sont presque arrivées à exaucer mon souhait, car elles furent prises en faute par un Rusard en colère et écopèrent d'une semaine de retenue, ce qui ne m'empêcha pas de me tordre de rire pendant de longues minutes. Bonnie passa l'après-midi à me couvrir d'un regard avakadévrisant, me signalant qu'à son anniversaire à elle, ce sera encore pire. Je ne m'inquiétais pas trop par contre, ses vengeances étaient toujours plus douces que les miennes. Le seul qui manquait à l'appel fut Remus. Il n'était nulle part, même Ana ne l'avait pas trouvé après que je lui ai demandé de le chercher. Peut-être qu'il m'évitait?

Il finit par faire son apparition au détour d'un couloir, les mains dans les poches et le regard vers le bas. Ses cheveux eurent un éclat doré quand le soleil passa à travers les carreaux d'une fenêtre. Qu'est-ce qu'il était craquant! Allez 'Tina, ressaisis-toi, fais pas ta gourde! Il ne m'aperçut pas au début, mais finit par remarquer ma présence lorsqu'il me frôla. Ce n'était pas trop tôt dis donc, à croire qu'il n'avait pas de radar à Christina. Il s'arrêta à ma hauteur, hocha la tête et esquissa un léger sourire. Woah, ce qu'il était beau. Pour un peu, je me donnerais une claque. J'étais passée de j'adore-torturer-le-cœur-des-hommes à j'aime-bien-torturer-celui-de-Remus-(ses-lèvres-sont-merveilleuses) à je-me-sens-mal-de-faire-ça à je-suis-complètement-amoureuse-de-Remus. Je saisissais maintenant le fait qu'il ne me comprenait pas du tout et n'arrivait pas à me suivre. Bordel, que j'étais difficile! Me laissant à mes pensées, il se retourna. Mon cerveau s'illumina tout d'un coup et je m'écriai :

- Hey, Remus, c'est mon anniversaire aujourd'hui!

Je l'avais loupé. Il était déjà parti. Frustrée, je marchai d'un pas rêche vers je ne sais où. Je me retrouvai finalement à l'extérieur. Le seul qui aurait pu me rendre absolument heureuse avait filé comme une ombre. Ce n'était que rendre la monnaie de sa pièce, pas vraie? James m'avait dit de lui montrer à quel point je tenais à lui et j'avais beau me triturer l'esprit, je ne concevais pas comment le faire. Mes plans avaient tous été foireux au possible. Peut-être fallait-il que je commence à aller vers la simplicité? J'en étais là dans mes réflexions quand un hibou se percha sur mon épaule. Il tenait entre ses pattes une lettre et un cadeau emballé. Je sus instantanément de quoi il en retournait. Mes parents m'écrivaient pour me souhaiter leurs meilleurs vœux. L'hibou au plumage gris me tendit le colis et partit à tire-d'aile vers la voilière. Je décachetai en premier la lettre et, le sourire aux lèvres, lus ce qui était écrit.

Joyeux anniversaire ma chérie!

Depuis que tu es partie pour ta dernière année, la maison est restée vide de ta présence. Nous aimerions tant que tu sois ici avec nous, mais nous savons aussi que ta place est là où elle est. Nous espérons que tu passes une excellente journée et nous te souhaitons que du meilleur. Profite encore de ta jeunesse, même si par les durs moments que tu as passés, tu as grandi plus rapidement que les autres jeunes filles de ton âge. Ici, à la maison, nous avons préparé un gâteau au chocolat, ton préféré, et nous avons soufflé les bougies en ton honneur. Ce qui nous fait penser que les enfants grandissent si vite. Nous te voyions encore petite, au côté de ton frère, faisant tes premiers pas vers le monde et, maintenant, te voilà, une magnifique jeune femme dont même les adversités ne sauraient décourager. On t'aime de tout notre cœur,

Maman et papa

P.-S. Le cadeau que nous t'avons envoyé provient de la chambre de ton frère, il est parti trop tôt pour pouvoir te l'offrir.

Je lâchai la lettre et, le cœur au bord des lèvres, j'ouvris le présent qui m'était offert par mon frère décédé. Déchirant l'emballage fébrilement, je découvris une minuscule boîte en forme de cœur que j'ouvris les mains tremblantes. À l'instant où je soulevais le couvercle, une douce mélodie m'entoura et un couple portant des patins à glace en émergea. Les figurines portaient des vêtements bleu nuit et tournaient en rond lentement. À l'intérieur de la boîte, quelques mots étaient écrits à la va-vite sur un papier. Je déchiffrai l'écriture et mon pouls s'accéléra.

À la plus belle des princesses, ton prince charmant viendra un jour.

Je me mis à pleurer, les larmes coulaient à flots. Une terrible douleur m'enserrait la poitrine, m'empêchant de respirer. Mon frère, quel idiot, était mon prince charmant. C'était lui, le seul et l'unique homme que j'aimerai à m'en déchirer le cœur. À quoi pensait-il en m'offrant ce cadeau? Avait-il prévu la peine incommensurable qu'il allait m'infliger? Hystérique, je pleurais, pleurais comme je ne l'avais jamais fait auparavant, secouée de soubresauts. Les figurines tournoyaient, dansaient, souriaient. Je fermai les yeux, me sentis misérable, là, plantée dans le parc, à souffrir pour un frère qui s'était enlevé la vie. Je lui en voulais terriblement, j'avais envie de vomir de peine, de douleur, de colère. Je voulais frapper, crier, détruire, déchirer, hurler, foutre tout en l'air. Je ne réussis qu'à pleurer, j'étais dingue, voilà ce que j'étais. Je m'écroulais à terre, le poids de cette souffrance accumulée en moi. Pourquoi est-ce que la douleur ne partait pas? Pourquoi, pourquoi? La musique s'arrêta d'un coup et c'était comme si le monde s'était lui aussi arrêté. Les secondes s'accrochèrent, le temps se suspendit, je ne sentis pas les bras m'encercler ni les caresses ni les chuchotements d'apaisement. Tout était noir, vide de sens. À la plus belle des princesses, ton prince charmant viendra un jour. Je n'étais pas cette princesse, je n'étais qu'une loque humaine, le cœur émietté, écrasé, piétiné par mon frère. Et puis, une princesse sans son prince charmant n'était pas une vraie princesse. Il m'avait échappé, était parti rejoindre les morts, son âme ne serait jamais en paix parce qu'il y avait trop de douleur, mais autant je lui en voulais, autant je m'en voulais à moi aussi. Ma présence lui avait certainement manqué, n'étant pas là pour apaiser ses souffrances, le sortir de l'isolement. J'avais failli à ma tâche et, ça, je ne me le pardonnerai jamais. Ma respiration saccadée me fit mal et je tentais finalement de me calmer. Je me concentrais alors sur la voix et l'odeur de celui qui me tenait dans ses bras. Je reconnus sans peine Remus. Un léger sourire flotta quelques secondes sur mon visage, il était venu pour moi en fin de compte. Mes larmes s'asséchèrent et je pus enfin voir clair. Remus apparut dans mon champ de vision, il semblait inquiet et je tentais un vain sourire pour le rassurer.

- Tu dois me prendre pour une folle, finis-je par dire d'une voix enrouée.

Il caressa ma joue et enleva les dernières traces de larmes.

- Non, toi aussi, tu as tes faiblesses, murmura-t-il.

Je soupirai, cette journée qui avait commencé si bien, s'était tournée en horreur. Je n'avais pas voulu que Remus me voie ainsi, pleurant à chaude larme pour mon frère. Arriverai-je un jour à lui pardonner? Si je lui en laissai la chance, sûrement, mais la douleur était trop vive encore même après tout ce temps. Remus arrivait à soulager mon cœur par sa présence et j'appréciai pleinement cet instant.

- Merci, dis-je en me détachant à contrecœur de lui.

Il resta un moment à m'observer et je me sentis rougir sous son regard de miel. Voilà, j'étais vraiment une groupie maintenant.

- J'avais oublié de te souhaiter un joyeux anniversaire, c'est pour ça que je me suis retrouvé ici.

Je voulais encore le remercier, mais les mots ne purent trouver leur voie tellement j'étais touchée qu'il n'ait pas pris la fuite lorsqu'il a vu dans quel état j'étais. À la place, je lui souris et me couchais sur le gazon, frissonnant au passage par la froideur de ce dernier. Je fus surprise quand il se coucha à côté de moi, je pensais que maintenant qu'il était venu pour ce qu'il voulait, il allait repartir. Heureuse, je lui pris la main, il se laissa faire et nous restâmes comme cela à contempler le ciel ensemble. Je fermai les yeux une deuxième fois, mais cette fois-ci je savourai ce sentiment de plénitude que j'avais à son contact. J'aurais pu rester ici pendant très longtemps si c'était pour le passer à côté de celui que j'aimais. Et je n'aurais pas voulu qu'il m'embrasse ni qu'il me dise quoi que ce soit parce qu'on était parfait là où on était.


- Où étais-tu passée?, s'écria Bonnie quand je rentrais dans le dortoir.

Je la regardai, elle était décoiffée et avait la chemise à l'envers, et je lui souris de toutes mes dents.

- Ouh la la, et à quoi, ou plutôt à qui, est dû ce magnifique sourire?

Je pris la peine de déposer la boîte à musique ainsi que la lettre sur ma table de chevet avant de lui répondre.

- J'étais avec Remus.

- Et il veut sortir avec toi maintenant? Tu l'as embrassé de nouveau?, me questionna-t-elle, avide de connaître les réponses.

- Non rien de tout cela, on a juste parlé, répondis-je simplement en mettant mon pyjama.

Et c'était la stricte vérité. Après être restés quelques minutes à regarder les nuages, on avait fini par s'asseoir. On avait parlé de tout et de rien, on s'était raconté nos vies, nos peines, nos amitiés, nos regrets, nos amours, nos envies. Nous avions ri, sans jamais nous embrasser ou même nous toucher, mais nos yeux parlaient pour eux tous seuls. Son regard, doux et mielleux, me fit frémir à plusieurs occasions. On avait terminé par se dire au revoir, le soleil déjà parti depuis longtemps, et nos doigts se sont frôlés pendant deux secondes.

- Je trouve que c'est bien, dit Bonnie pensivement.

Elle se coucha et je fis de même, le sourire encore au bord des lèvres. C'était ça la simplicité, profité du moment sans brusquer les événements, sans chambouler le cours de l'histoire. Je n'avais pas besoin de forcer les choses, de faire en sorte que Remus sorte impérativement avec moi. Il fallait juste que je laisse aller, que je lâche prise sur certains aspects de ma vie. Remus allait finir par arriver à moi, car il le faisait déjà. Le bon moment surviendrait, je le savais, et il ne tenait qu'à moi de le saisir.


J'espère que ça vous a plu, si oui, vous pouvez me le dire dans une review. :) Ce chapitre était le avant-dernier. Eh oui, c'est maintenant la fin. Comme je disais au début, j'ai grandi lors de mes voyages, mon style d'écriture a changé légèrement, Christina est un personnage que j'adore, mais toutes les bonnes choses ont une fin, pas vrai? Le prochain sera posté avant fin mars, promis. Merci de votre patience et à la prochaine ! Bisous.