Ce oneshot est une histoire totalement inspiré par vidéo d'animation que j'ai trouvé par hasard sur Youtube. ça s'appelle "Draw with me" et vous pouvez voir l'original sur Youtube ici: .com/watch?v=MvjZ6VkLuCM C'est une petite histoire toute douce, que j'ai retranscrit ici avec Amu et Ikuto, en ajoutant quelques détails quand même. L'histoire se déroule dans un monde imaginaire, alors ne vous étonnez pas au début de la description.


Sumarry: Un monde féérique, divisé en deux par une vitre. Ikuto d'un côté, Amu de l'autre. Comment communiquer?


DISCLAIMER: I DON'T OWN SHUGO CHARA! NOR THE CHARACTERS!


Dessine avec moi

Ikuto ignorait où il était, ni même comment il avait fini ici, il savait juste qu'il y avait toujours été. C'était un monde plutôt féérique, de la lumière très douce et colorée partout, qui passait de teintes rose orangée indiquant le jour à un bleu doux signifiant la nuit, des sortes de lucioles flottant comme du pollen tout autour de lui. Mais surtout, imposant, un mur ou plus exactement une vitre. Elle faisait près de 2 mètres 50 de hauteur, et semblait ne pas avoir de fin quand à sa largeur. Il avait commencé bien plus tôt, il ne se souvenait plus quand, à parcourir ce mur vitré. Quelques jours, quelques mois, quelques années peut-être même, il ne se souvenait de rien. Il se souvenait juste avoir toujours avancé le long de la vitre, sa main gauche touchant la matière pour ne pas la perdre. Et surtout, il se souvenait n'avoir jamais rencontré personne au cours de sa traversée. Ni humain, ni animaux, ni créatures étranges, ni monstres, ni même un objet quelconque. Rien.

Il s'immobilisa un instant et regarda son reflet dans la vitre. Ses cheveux bleu marine surmonté d'une paire d'oreilles de chat lui descendaient jusqu'à la nuque, quelques mèches sur ses yeux violet profond. Dans le bas de son dos, une queue fine de chat se balançait à sa guise. Son teint pâle était encore plus contrasté par la noirceur de ses cheveux. Il avait des traits fins au niveau du visage, dû à sa silhouette svelte dont il était plutôt content. Il regarda le haut du mur cristallisé et tendit sa main aussi haut que possible, d'abord ses pieds bien à plat sur le sol, puis en s'appuyant sur la pointe des pieds. Même en s'étendant au maximum, il restait 30, voir 40 cm entre le haut du mur et le bout de ses doigts. Inutile. Il soupira et continua sa route. Il vit alors au loin une forme se dessiner lentement dans le lointain, jusqu'à ce que ce soit assez prêt pour qu'il voit de quoi, ou plutôt de qui il s'agissait. Une jeune fille, plus petite et plus jeune que lui. De fins et soyeux cheveux roses descendant en cascades sur ses épaules, sauf pour une petite poignée de cheveux attachés par un clip en forme de X au sommet de sa tête. Elle avait des yeux couleur miel, qui s'écarquillèrent en le voyant. Sa petite bouche grandit pour être bouche bée en le voyant au loin. Elle était petite et mignonne, comme lui était grand et séduisant.

Elle courut vers lui, qui resta à sa place. Elle fit bouger ses lèvres en souriant, mais aucun son ne lui parvint. De l'autre côté, quand Ikuto lui parla, la jeune fille n'entendit rien et posa sa main derrière son oreille, lui signifiant qu'elle n'avait rien entendu. Il se courba légèrement et sembla crier vers elle, probablement répétant sa première phrase, mais rien, aucun bruit, pas même un murmure ne lui parvint. De son côté, Ikuto la vit soulever les épaules en hochant négativement la tête. Elle ne l'entendait pas non plus. Il soupira. Maudit mur. La jeune fille leva alors son index dans une expression de surprise, puis plongea sa main dans sa jupe rouge à carreaux. Elle en ressortit des crayons noirs, en prit un et commença à écrire sur le mur, avant de barrer ce qu'elle avait commencé à écrire, se rendant compte qu'il lirait la phrase à l'envers. Elle écrivit donc sa phrase pour qu'il la lise correctement de son côté.

Peux-tu écrire ?

Elle regarda au dessus d'elle et lança le crayon au dessus du mur, vers Ikuto. Il l'attrapa d'une main et écrivit à l'envers, comme elle avait fit.

Bien sûr.

Elle sourit, ravie. Il écrivit encore, avec un petit dessin de lui avec ses oreilles de chat.

Sais-tu dessiner ?

Elle rit de l'autre côté et entama un peu dessin qu'il regarda. C'était un dessin d'elle visiblement, les genoux légèrement courbés pour se baisser, ses mains sur ses genoux envoyant un baiser, un petit « oui » à côté du personnage. Ikuto sentit le rouge lui monter aux joues en voyant le détail qu'elle avait rajouté à son personnage. Il fit rapidement un schéma d'elle vu de profil, mit une flèche pointant vers sa poitrine et écrivit.

Tu n'as pas autant de poitrine. Tu es plate.

Elle ouvrit grand la bouche, offusquée de l'autre côté et hurla quoi que ce soit qui se perdit de son côté du mur. Il porta sa main derrière son oreille, incapable d'entendre. Elle se cogna le front de sa main et soupira. Elle recommença alors à dessiner. Il s'assit devant elle et elle en fit de même, lui les jambes croisées, elle les genoux à terre. Ils dessinèrent tout ce qui leur passait par la tête. Animaux, formes, objets, personnages, la vitre fut rapidement couverte de noir, et avant même qu'ils s'en rendent compte, les couleurs rosées du jour avant fait place aux couleurs bleus violacés de la nuit. Terminant son dernier dessin, la jeune fille, qui s'appelait Amu, regarda Ikuto, qui en faisait de même avec un visage inexpressif. Elle rougit et détourna légèrement les yeux, même si elle aurait aimé gardé le contact visuel. Elle aimait ces yeux, qui lui rappelaient la nuit, aussi beaux et brillants. Lui voyait ses yeux comme le jour, chaud et étincelant. Il venait de rencontrer pour la première fois quelqu'un et il aimait la vue qu'il avait devant lui. Elle était belle. Il posa sa main contre la vitre, elle la regarda puis posa sa petite main contre la vitre avec lui, lui souriant, encore toute rouge. Malheureusement, la vitre empêchait la chaleur de leurs mains de passer et le verre glacé n'était pas agréable au touché.

Ikuto baissa la tête et retira sa main. Amu en fit de même, le regardant avec inquiétude. Après quelques instants, il reprit son crayon et écrivit.

Il fait froid.

Amu baissa la tête. Elle savait ce qu'il voulait dire. Il se sentait seul. Comme elle auparavant. Tout comme lui, elle ignorait quand et comment elle était arrivé dans ce monde étrange, mais elle aussi avait été seule tout ce temps, jusqu'à tantôt, lorsqu'elle l'avait vu au loin approcher. Ikuto écrivit autre chose juste en dessous de son dernier message.

Je veux être avec toi.

Amu lu et sourit. Elle secoua la tête légèrement et écrivit au dessus.

Tu es avec moi.

C'est juste qu'il y a une vitre entre nous deux.

Il serra les dents et baissa la tête, en rage. Une vitre, n'est-ce pas ? Et bien il allait la faire tomber cette satanée vitre qui l'empêchait d'entendre le son de la voix d'Amu. Il se releva rapidement et commença à frapper la vitre de ses poings. Ça faisait mal, mais pouvoir tenir Amu contre lui était une envie trop grande pour que la douleur le stoppe. De l'autre côté, Amu se releva à son tour et lui cria quelque chose, sûrement d'arrêter. Mais il ne l'entendait pas, et ça l'énerva encore plus. Il frappa un coup très fort, et sous leurs yeux, la vitre se fendit. Amu porta ses mains à sa bouche sous la surprise. Lui sourit, encore quelques coups et il serait avec elle. Il agita le bras pour lui dire de se pousser, ce qu'elle fit. Il frappa encore deux fois, puis envoya toute sa force dans son bras gauche, qui brisa la vitre en mille morceaux là où son poing venait de passer. Un sourire se dessina sur son visage, quand il sentit avec horreur le verre sur sa main.

Amu hurla en voyant de son côté les morceaux de verre qui tombaient se redresser et retourner à leur place alors que le bras d'Ikuto était toujours là. Sa main toute entière subit l'assaut du verre brisé, qui lui rentra dans la peau jusqu'à ce qu'il sente son bras être poussé en arrière. Mais trop tard. Vu la quantité de verre, il ne pourrait plus jamais utiliser sa main comme avant. Amu avait ses petites mains sur sa bouche, des larmes coulant de ses yeux. Elle secoua la tête, essayant de se persuader que ça ne s'était pas passé, mais Ikuto devant elle, son bras mort et le sang coulant sur le sol invisible ne lui laissait aucune échappatoire. Elle tomba à genoux en pleurant, alors qu'il en faisait de même, submergé par la colère, l'orgueil et, surtout, la douleur physique et mentale.

Le mur était incassable. Il ne toucherait jamais la joue d'Amu et n'entendrait jamais sa voix.


Le jour suivant, Amu l'attendait au même endroit. Il arriva avec son bras entouré de bandage. Il s'assit en tailleur devant elle. Elle reprit son crayon dans sa poche et écrivit sur le maudit mur de verre.

Est-ce que ça va ?

Il fit oui de la tête, mais son expression disait le contraire. Sa fierté en avait prit un coup. Elle lui sourit tendrement, elle aussi triste de ce qui s'était passé. Elle écrivit au dessus de sa première phrase avec un petit dessin de sa tête.

Tu veux dessiner ?

Il baissa les yeux et se mordit la lèvre en regardant son bras momifié. Il prit le crayon dans sa poche et écrivit lentement. Amu le vit écrire des lettres tordues et écarquilla les yeux à son message.

Ça m'est impossible désormais.

Son bras gauche, son bras pour écrire et dessiner, était mort. Amu baissa la tête et pinça les lèvres pour retenir ses larmes. Elle posa sa main gauche contre la vitre en le regardant. Il posa sa main droite contre le verre, la regardant droit dans les yeux. Les deux ambres brillantes qu'il avait vus hier étaient désormais ternies par la tristesse de ce qui s'était passé. Elle relâcha ses lèvres et les posa sur la vitre. Il n'hésita pas et les superposa aux siennes contre la vitre.

Ils étaient condamnés à échanger des baisers indirects de la sorte.


Le lendemain, quand Ikuto revint, il fut surpris de voir Amu avec une couverture sur ses épaules, couvrant son petit corps. Devant elle, du côté du garçon, un paquet, et sur la vitre, le message :

C'est pour toi.

Il s'assit en tailleur, comme toujours, son bras encore couvert de bandages et regarda le paquet, puis la jeune fille. Elle lui sourit joyeusement. Son visage radieux lui réchauffa le cœur alors qu'il défit le ruban du paquet de sa main mobile. Il souleva le couvercle et sursauta, renversant la boite et son contenu par terre. Amu écrivit sur le mur vitré.

Dessine avec moi.

Sur le sol, le bras gauche d'Amu. Elle était droitière. Elle n'avait pas grand besoin de ce bras de toute façon. Elle préféra lui offrir, pour qu'ils restent ensemble à travers le dessin et l'écriture. Il la regarda. Elle souriait et pleurait en même temps. Il s'approcha et posa ses lèvres contre la vitre, elle suivit son initiative et en fit de même. Qu'il en soit ainsi alors. Ensemble, à travers une vitre impénétrable, jusqu'au jour où peut-être, la vitre disparaîtrait enfin.


La fin est en suspens, parce que sinon ça ferait trp happy ending, et je trouve que la fin de la vidéo était très bien, même si les deux personnages ne sont pas ensemble.

Je parie que vous avez trouvé l'idée du bras dégoûtante... je sais, ça parait vraiment glauque, mais le monde où ils sont est assez féérique, alors pk pas? Et puis si un mur peut se refermer juste après avoir été brisé, donner son bras à celui qu'on aime, rien de moins naturel et romanqtique^^ Je vous laisse le soin d'imaginer la suite si ça veut amuse.