Me revoilà! Avec une idée inspirée d'une chanson de Vocaloid. Je ne me souviens pas du titre, mais ça parlait justement d'une fille aveugle et d'un garçon qui serait un démon.
Summary: Un voyageur maudit rencontre une jeune fille aveugle, qui ouvrira son coeur.
DISCLAIMER: I DO NOT OWN SHUGO CHARA! NOR THE CHARACTERS!
L'aveugle et le maudit
Dans un village reculé de l'ancien japon d'un autre temps, les habitants vivaient tranquillement au gré des aller et venus des voyageurs. Il en avait entendu parler. Un village tranquille, peuplé de marchands, de fermiers, de prêtres et de quelques pêcheurs. Des gens normaux, sans problème. Il était à une bonne cinquantaine de mètres de l'entrée du village. Il se demanda quand il serait repérer. Il soupira puis rajusta sa capuche. Heureusement, il pleuvait, la parfaite excuse pour recouvrir sa tête. Il entra dans le village et comme la pluie redoublait, il se cacha dans une grange et attendit patiemment la fin du déluge. La nuit tomba, les nuages se dissipèrent mais le sol était boueux. Il soupira et décida de passer la nuit là.
Le lendemain, un magnifique soleil se leva. Et malheureusement pour lui, la chaleur se répandit dans la ville. Il serra les dents en essayant de mettre un foulard autour de sa tête. Il avait l'air bizarre, mais il préférait ça que ce qui se passerait si on le voyait sans. Il ressortit donc et s'en alla directement vers le marché. Il allait bientôt manquer de nourriture. Il acheta donc de la viande salé et des fruits, puis se dirigea vers le vendeur d'eau. Il se dirigea vers lui, quand il le vit prendre agressivement le poignet de la jeune fille qui venait de le payer.
-C'est une plaisanterie ! Il manque des pièces !
-Non, c'est f-faux ! Je vous aie donné ce que vous vouliez…
-Tu oses me traiter de menteur, petite peste ?
Il tira les cheveux de la jeune fille, qui hurla qu'elle savait qu'elle avait raison. Il se précipita et agrippa violemment le poignet de l'homme, qui lâcha la jeune fille directement.
-Qu'est-ce que vous voulez ?!
-Rien ne vous permet de la traiter ainsi, fit-il d'une voix calme.
L'homme se débattit et essaya de donner un coup de poing mais il l'évita. Seulement, à tant gesticuler, son foulard se défit, ce qui horrifia le marchand, qui partit sans demander son reste. Il regarda, personne à l'horizon et la jeune fille avait les yeux rivés au sol. Il replaça correctement le tissu puis se mit à genoux à côté d'elle.
-Est-ce que vous allez bien ? demanda-t-il.
-Je... je crois oui. M-merci beaucoup. Heu... pouvez-vous m'aider à récupérer mes affaires s'il vous plait ?
Il hocha la tête et se leva.
-Êtes-vous d'accord ?
-Oui, bien sûr. Vous ne m'avez pas vu tourner la tête ? fit-il en ramassant son panier et les provisions tomber.
Elle rie doucement pendant qu'il finissait son travail. Elle se releva lentement puis se tourna vers lui. Il écarquilla les yeux en voyant ceux dorés de la jeune fille.
-C'est assez difficile pour moi de voir vu que je suis… aveugle, fit-elle en souriant.
Il sentit le coin de sa bouche se déformer en un sourire mal à l'aise mais ne s'en inquiéta pas. Il marcha jusqu'à elle et lui mit son panier dans les mains.
-Merci. Je m'appelle Amu. Et vous ?
-… Ikuto.
-Vous êtes un voyageur ? Je ne reconnais pas votre voix.
-Oui. Je suis un voyageur solitaire.
Elle sourit gentiment, ce qui lui donna une étrange impression. Personne ne lui souriait d'ordinaire, les gens avaient trop peur d'un voyageur itinérant comme lui. Elle commença à lui poser des questions sur ses voyages, les gens qu'il avait rencontrés, les choses qu'il avait pu voir. Elle avait son bras enroulé autour du sien tout en marchant dans la ville. Il répondit patiemment à ses questions, d'abord ennuyé, puis il trouva plaisant de parler avec quelqu'un aussi librement et sans se soucier de quoi que ce soit. Amu était calme et sympathique, il n'avait jamais pu ouvrir son cœur de la sorte à qui que ce soit. Mais la joie de pouvoir enfin se libérer de certains poids le quitta bien vite quand un véritable mur de gens se dressa devant lui, le vendeur d'eau en première ligne.
-Ce sont eux ! La petit misérable qui ne m'a pas payé et le maudit !
Ikuto serra les dents. Il était découvert. Amu resserra sa prise sur son bras.
-Qu'est-ce qui se passe ? Ikuto-san ?
On commença à lui crier de laisser Amu tranquille, de la relâcher, on le traita de monstre, de démon, d'assassin. Il sentit peu à peu sa patience diminuer. Il était sur le point de s'enfuir quand Amu resserra encore sa prise.
-J'ai peur, qu'est-ce qu'il se passe ? Ikuto-san, pourquoi vous disent-ils tout ça ?
Il regarda la jeune fille, qui semblait vraiment inquiète. Il se sentit coupable de la terrifier de la sorte. Il défit ses petits bras cramponnaient à ses vêtements puis se tourna vers la foule.
-Maudissez-moi si ça vous chante, mais ne faites pas de mal à cette enfant !
Sur ce, il jeta quelques pièces d'argent vers le marchand puis s'enfuit. Elle l'appela jusqu'à ce que ses amies Nadeshiko et Rima ne se présentent à côté d'elle.
-Amu-chan, nous avons eus si peur qu'il te fasse du mal !
-Du mal ? Mais pourquoi ? Nous ne faisions que discuter. Ikuto-san ne m'a pas blessé…
-Nadeshiko, rappelle-toi qu'elle ne l'a pas vu…
-Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
Un long silence s'installa, puis elle prit les mains de son amie.
-Amu-chan. Cet homme est maudit. Il a des oreilles de chats sur la tête.
Amu inclina la tête sur le côté, ne comprenant pas le problème.
Quelques temps plus tard, alors qu'elle faisait son marché avec ses amies, Amu sentit des yeux l'observer intensément, peu importe où elle allait. Profitant de l'inattention de ses amies, elle s'écarta légèrement et se colla à un mur, sentant le regard tout proche.
-C'est vous n'est-ce pas ? Ikuto-san ?
Elle attendit patiemment une réponse. Puis elle sentit quelqu'un s'adosser à côté d'elle.
-D'ordinaire, même les gens avec une bonne vue ne me remarque pas.
-C'est peut-être pour ça que je vous aie trouvé.
Il rie et se pencha vers elle et s'excusa encore de ce qu'il avait fait, l'abandonner de la sorte. Ce n'était pas dans ses principes d'agir de la sorte, loin de là même. Elle sourit, ne lui en voulant absolument pas. Elle l'invita à sa maison, lorsque ses amies seraient parties. De loin, il les suivit et, comme dit, quand ses deux amies la quittèrent, il entra. Amu vivait légèrement en retrait de la ville, dans une petite maison entourée d'une belle étendue de fleurs.
Amu attendait son invité sur le parquet. Elle entendit un cognement lourd, comme quand quelqu'un retombe d'un saut, et sourit. Les pas d'Ikuto se rapprochèrent, puis il s'assit à côté d'elle.
-Ce n'est pas dangereux de vivre comme ça avec ce handicape ?
-Je ne considère pas être aveugle un handicape. Ceux qui voit mais utilise mal ce cadeau sont bien plus aveugles encore, vous ne croyez pas ?
-Pourquoi me vouvoyer ? Je ne suis qu'un voyageur maudit que personne ne respecte…
-Je ne pense pas.
Il tourna son regard vers elle et eut juste le temps de la voir approcher sa main. Elle toucha doucement son visage de ses deux mains, mémorisant les détails de son visage. Elle imagina son visage dans sa tête, le résultat la faisant rougir. Oui, il était beau, terriblement beau. Elle monta ses mains jusqu'à ses oreilles et sentit une texture douce et soyeuse. Il s'agissait de la douce fourrure recouvrant ses oreilles félines. Elle les examina longuement, lorsqu'elle entendit un son qu'elle connaissait bien. Un ronronnement, provenant de la gorge d'Ikuto. Elle sourit puis cessa.
-Désolée, je ne voulais pas vous embarrasser.
-Tutoie-moi. Et ce n'est pas embarrassant… si c'es toi.
Elle sourit et rougit à cette confession. Elle l'ignorait, mais lui aussi avait rougit. Jamais de sa vie quelqu'un ne l'avait fait se sentir comme ça, aussi relaxé et en confiance. Peut-être était-ce le fait qu'elle se fiche de ses oreilles ? Tiens, en parlant de ça.
-Au fait… j'ai aussi une queue de chat…
-Je peux la toucher ? fit-elle avec excitation.
Il se résigna avec un sourire et posa ses petites mains sur la queue gigotante. Elle rie en la sentant bouger entre ses doigts. Lui aussi rie en chœur avec elle, le rire doux et mélodique de cette jeune fille réveillant le sien, endormit depuis bien longtemps devant tout ses malheurs.
Il passa des jours avec elle, lui racontant ses aventures les plus folles, lui décrivant le paysage ensoleillé, pluvieux, grisonnant, suffocant au fil des jours. Avant même qu'il s'en rende compte, l'été devint l'automne, puis l'hiver. Il dormait avec elle, tout contre elle à cause du grand froid. Elle était si douce contre lui, son parfum de pêche l'endormant doucement chaque soir. Il se tenait contre elle les jours où le froid était insoutenable, réchauffait ses doigts frigorifiés quand ils revenaient du marché et lui mijotait des soupes bien chaudes. Avant même qu'il ne s'en rende compte, ils échangèrent un premier baiser, doux, innocent, pure. Désormais, il se serrait l'un contre l'autre non plus à cause du froid, mais à cause de l'envie pressante de tenir l'autre dans ses bras, par amour.
Quand le printemps revint, Ikuto regarda un matin Amu dormir paisiblement à côté de lui. Qu'il était terrible qu'elle ne puisse pas voir le monde autour d'eux, qu'elle ne puisse pas pleinement profiter des délices que le soleil et la lune leurs offraient, qu'elle ne pourrait jamais le regarder dans les yeux. Il regarda le plafond tout en pensant à cette personne dont il avait entendu parlée dans le précédent village en contrebas. Une magicienne qui pouvait tout donner en échange d'un cadeau. Il se leva doucement, consulta sa bourse, qui contenait assez d'or, et regarda Amu. Tout son or contre des yeux pour Amu, ça lui semblait bien équitable. Elle ouvrit justement ses yeux à cet instant, ses jolis yeux dorés qui semblaient pourtant constamment voilés.
-Ikuto-koi ?
Il se mit à côté d'elle et la redressa, la serrant dans ses bras.
-Je vais devoir te laisser seule aujourd'hui.
-Où vas-tu ?
-C'est une surprise, dit-il dans le creux de son oreille, la chatouillant. Je te promets de revenir avant la nuit.
Elle hocha la tête. Après s'être préparés, il la conduisit chez Rima, refusant de la laisser seule chez eux. Puis il partit. Durant toute la journée, Amu essaya d'imaginer ce qu'il allait faire. Elle savait qu'il était descendu dans le village plus bas et qu'il avait vérifié son or avant de partir. Elle se demanda un instant s'il n'était pas allé lui chercher un cadeau pour la demander en mariage. Quand la nuit commença à tomber, elle s'inquiéta qu'il ne revienne pas. Rima la consola, lui disant qu'il devait juste s'être perdu mais qu'il reviendrait vite. Et en effet, quand les premières étoiles s'installèrent, il entra dans la maison et emmena Amu. Rima remarqua son regard bas, ses cheveux cachant son regard. Elle ne dit rien mais pensa qu'il avait du se faire attaquer et qu'on lui avait volé son cadeau.
Une fois à la maison, il installa Amu sur un coussin. Elle était vraiment impatiente de savoir ce qui lui avait prit si longtemps. Il se plaça devant elle et mit une fiole entre ses mains.
-Qu'est-ce que c'est ?
-Un cadeau. Il faut que tu avales le tout en une seule fois.
-Quel goût est-ce que ça a ?
-Quelque chose de mauvais, mais crois-moi, ça en vaut la peine, fit-il avec une voix pleine d'espoir.
Amu lui obéit donc. Elle ouvrit la fiole et renifla. L'odeur semblait vraiment repoussante, mais elle porta malgré tout le goulot à sa bouche et avala, bien qu'au départ elle songea à recracher l'abominable liquide. Elle tira la langue pour montrer son dégoût, puis hurla en sentant une brûlure vive dans ses yeux. Elle sentit Ikuto la prendre dans ses bras, la berçant, lui caressant le dos, lui disant que ça passerait. Et en effet, la douleur finit par disparaitre. Amu enleva ses mains de ses yeux et les ouvrit. Elle s'étonna alors de voir autre chose que du noir. Elle voyait quelque chose de flou, terriblement flou devrait-on dire, ce qui l'obligea machinalement à cligner des yeux.
-Dis-moi Amu-koi… est-ce que ça va ?
-I-Ikuto-koi… qu'est-ce que tu as fait ? fit-elle en le regardant, sa vision encore très flou.
Il sourit et l'embrassa. Sa vision s'adapta lentement et, quand elle fut enfin en pleine possession de sa nouvelle vue, elle tourna son regard vers l'homme qu'elle aimait. Elle détailla ses traits fins, ses cheveux soyeux, ses oreilles si douces. Elle hoqueta cependant en voyant ses yeux. Ils étaient d'un violet profond, mais il semblait y avoir un voile les cachant légèrement.
-Iku-to-koi ? Qu'est-ce que tu… ?
-Tu sais la magicienne en contrebas… elle offre ce que l'on veut en échange de l'équivalent de notre souhait. Je pensais que l'or lui suffirait, mais elle n'était pas intéressée. Elle avait besoin… d'autre chose…
Amu porta ses mains à sa bouche pour ne pas sangloter, malgré les larmes qui parcourait ses yeux. Elle se jeta sur lui et le serra dans ses bras. Elle caressa sa joue puis l'embrassa amoureusement pour son sacrifice. Il se sépara doucement d'elle et porta ses lèvres à son oreille.
-Malgré tout… veux-tu m'épouser ?
-Oui crétin ! fit-elle en collant son front au sien. Je te l'ai déjà dis : la cécité n'est pas un handicap…
Elle l'embrassa encore et, pour la dernière fois, il vit son visage radieux, et ses yeux aussi brillants que le soleil lui-même, qui le regardaient lui, avant que le sort ne lui prenne définitivement la vue. Il sourit. Il songea alors que ses oreilles devaient probablement lui servir à quelque chose d'important désormais. Ils s'embrassèrent encore une fois, savourant leur joie.
ça n'a pas vraiment tourné comme je le voulais... bon, pas grave, je suis quand même contente^^
Et oui, Ikuto a du donner ses yeux, enfin plutôt sa vision, à la sorcière. Je sais que ce n'était pas très évident à voir comme ça. Et je précise que ça ne le gêne pas, avec ses sens de chats, il peut vivre sans vue.
