Et bien! je ne savais pas que ce genre d'histoire plaisait autant...Merci pour toutes vos reviews ! J'espère que la suite continueras à vous plaire (j'aurais moins de temps pour écrire...Y'a ce truc, là...vous savez? La rentrée.)

Harry se dirigea donc à grands pas agacés vers le bureau de Dumbledore. Il n'aurait jamais dû parler de son expérience dans la Pensine à Ron et Hermione. Il aurait dû savoir qu'ils ne comprendraient pas, et qu'ils le pousseraient à en à parler à un adulte.

Pestant contre ses amis qui ne pouvaient jamais le laisser déprimer en paix, il se posta devant la gargouille qui gardait l'entrée du bureau du directeur. C'est là qu'il se rendit compte qu'il ne connaissait absolument pas le mot de passe.

Il se traita mentalement d'idiot. Décidément, ce n'était pas son jour.

Peu désireux de rester planté comme un lampadaire pendant trois heures, il parcouru très rapidement les couloirs de l'étage dans le but de trouver un adulte, un Elfe, un tableau ou quoique se soit qui soit en mesure de lui fournir le mot de passe.

-Potter.

Harry se figea sur place. Il leva les yeux au ciel et se demanda pourquoi toutes les emmerdes du monde lui retombaient inévitablement dessus.

Et meeeeeerde, pensa-t-il.

Il se retourna très, très, très lentement, et fit face à un professeur Snape qui avait visiblement décidé de lui pourrir sa vie.

-Puis-je savoir ce que vous faites dans les couloirs à cette heure, Potter ? Ne devriez-vous pas être dans la grande salle, en ce moment? A moins que les divins mets que nous servent les Elfes de Maison ne soient pas à votre goût ? Vous préféreriez peut-être un menu conçu spécialement pour votre petite personne ?

Harry s'était arrêté d'écouter à « ce que vous faites ». Nul besoin de posséder un troisième oeil pour deviner que la suite de ce charmant discours ne pouvait qu'être blessante, et Harry n'avait vraiment pas envie de jouer à « qui aura le dernier mot » aujourd'hui.

-Professeur, soupira-t-il lorsque Snape sembla s'être arrêté de parler, auriez-vous le mot de passe du bureau du professeur Dumbledore ?

Snape haussa un sourcil.

-...S'il vous plaît ? Se précipita -t-il d'ajouter devant l'air menaçant du professeur.

Et Harry se dit que si Snape avait reçu un quelconque permis de tuer, Le Survivant ne serait certainement plus de ce monde. Le professeur le regardait avec un mépris sans nom. Il s'avança vers Harry d'un pas lourd et menaçant, puis lui empoigna le bras.

-Qu'est-ce que vous faites ? Cria Harry.

-Je vous emmène dans mon bureau, Potter. Pour manque d'attention aux sarcasmes amoureusement préparés d'un professeur.

-Vous appelez ça « emmener » ? J'ai plutôt l'impression que vous me traînez...

Snape se retourna vivement, puis attrapa le deuxième bras de Harry.

-Je vous interdit de me répondre, Potter, susurra-t-il.

Puis il toisa Harry de toute sa hauteur, avant de répliquer avec un léger sourire en coin :

-Mais peut-être ne devrais-je pas m'en prendre à vous, mais à votre ascendance ? Peut-être que les exploits de votre cher père vous ont inspiré ? Cela ne m'étonnerait même de voir votre insolence s'intensifier...Après tout, il est normal de vouloir prendre exemple sur son père, n'est-ce pas, Pott-

-IMBECILE !

Harry avait hurlé, une expression de haine incrustée dans chaque pli de son visage. Snape cligna des yeux, surpris, et le Gryffondor en profita pour se dégager de l'étreinte du professeur.

Il ne savait pas vraiment pourquoi il avait fait ça. D'accord, ça faisait des années qu'il rêvait de dire ses quatre vérités à Snape, mais jamais il n'aurait pensé le faire en vrai. Le professeur l'avait vraiment poussé à bout.

Harry tenta de se calmer, et repensa au comportement Snape.

Non. Il avait mérité cette insulte. Il était véritablement un idiot. Idiot de penser que Harry pourrait encore aduler son père après ce qu'il avait vu. Mais allez faire comprendre ça au directeur des Serpentards...

Il commença tout de même à regretter un peu son geste lorsqu'il vit une veine palpiter sur la tempe de Snape.

-Comment...OSEZ -vous ? Rugit le professeur, les yeux plissées, les sourcils froncés.

-Heu je... bredouilla Harry en reculant devant l'air effrayant de Snape.

Ce dernier se rapprocha de son élève, la lèvre inférieure relevée dans une expression de fureur, tandis que ses narines frémissaient au rythme de sa respiration.

-Jamais, vous m'entendez, JAMAIS un élève ne m'avait parlé sur ce ton ! Vous battez là des records d'insubordination! Si c'est une énième tentative pour figurer dans l'histoire de Poudlard...Le premier élève à avoir ouvertement insulté le professeur Snape...

-N...Non...

Snape avait maintenant attrapé Harry par le col. Il serrait si fort que le jeune homme avait peine à respirer.

-Professeur...dit-il d'une voix étouffée. Lâch...Lâchez moi...

Mais Snape ne semblait pas du tout avoir envie de le lâcher. Au contraire, il avait plutôt l'air de resserrer son étreinte. Ses yeux lançaient des éclairs, et ses dents étaient si crispées que Harry se demandait s'il n'allait bientôt se les briser.

Des petits points blancs commençaient à danser devant les yeux du Gryffondor. Il était en manque d'oxygène. Il n'arrivait presque plus à garder les yeux ouverts...

Si Dumbledore n'était pas arrivé à cet instant précis, Snape l'aurait probablement tué.

-SEVERUS ! Cria le directeur. Relâchez cet élève. Immédiatement.

Les deux sorciers se retournèrent vers leur aîné. Snape renifla de frustration, puis lâcha violemment Harry qui s'écrasa au sol.

-Ce soir. Dix neuf heures. Dans mon bureau, déclara-t-il froidement en reprenant une expression impassible.

Il tourna les talons, lança un regard noir à Dumbledore, puis disparu dans les profondeurs de Poudlard.

-Et bien...Je ne sais pas ce que tu lui as fait, Harry, mais je te déconseille de nous le mettre de mauvaise humeur. Surtout en ce moment...déclara le directeur en aidant son élève à se relever.

-« Surtout en ce moment »? Répéta Harry en se massant difficilement le cou et reprenant son souffle. Que voulez-vous dire ?

Dumbledore le regarda en souriant.

-Tu voulais me dire quelque chose, mon garçon ?

-Oui, mais...

-Dans ce cas, allons en parler dans mon bureau, tu veux ?

-Professeur, je...

-Fraise Tagada.

La gargouille s'inclina et laissa passer les deux sorciers. Harry haussa les sourcils et se dit que JAMAIS il n'aurait pu trouver le mot de passe. Le directeur avait tout de même un sens de l'humour assez spécial.

Ils montèrent silencieusement l'escalier en colimaçon qui menait au bureau d'Albus. Une fois en haut, le directeur fit signe à Harry de s'asseoir dans un confortable fauteuil, avant de lui proposer inévitablement une sucrerie acidulée.

-Non merci, professeur, dit poliment Harry.

-Tant mieux, parce qu'il ne m'en restait plus beaucoup.

Il sourit chaleureusement à Harry, prit un délicieux bonbon au citron, puis alla s'installer en face du Gryffondor. Ce dernier attendit sagement que le directeur finisse sa friandise. Impatient, il se mit à tapoter ses accoudoirs d'un air agacé.

-Alors, finit par dire Dumbledore après ce qui parut à Harry une éternité, de quoi voulais-tu me parler ?

Harry regarda son directeur dans les yeux, désireux de lui montrer qu'il n'était sûrement pas venu de son plein gré. Dumbledore n'en fut nullement impressionné.

-De ma retenue avec le professeur Snape. Celle d'hier soir, se vit-il obligé de rajouter. Il avait eu tellement de retenues avec Snape qu'il faisait mieux de préciser.

-Ha, oui, dit Dumbledore d'un air grave. Severus m'en a parlé.

Il soupira longuement.

-Harry, tu sais...Le professeur Snape est un homme très secret. S'il y a quelque chose qu'il déteste, c'est bien d'être violé dans son intimité. Et tu es conscient qu'une Pensine, c'est un petit peu comme un journal intime, n'est-ce pas ?

Harry hocha la tête, mais lorsqu'il s'apprêta à répliquer, Dumbledore reprit la parole.

-Alors il ne faut pas t'étonner qu'il se soit mis en colère. Évidemment, cela n'excuse pas la violence dont il fait preuve toute à l'heure, et soit certain que j'aurai deux mots à lui dire sur son attitude, mais ça lui passera, tu verras.

Harry allait dire que le jour où la colère de Snape à son égard passerait, Voldemort serait champion de patinage artistique, mais il ne voulait pas s'éloigner du sujet. Ce n'était pas de Snape qu'il voulait parler.

-En fait, professeur, hésita-t-il, je ne suis pas venu vous parler de Snape.

Si Dumbledore était surpris, il ne le montra pas.

-Je suis venu vous parler de mon père.

-Ha.

Albus prit une grande inspiration avant de se lever de son siège. Il se dirigea vers Fumsec, qui roucoulait de plaisir, et passa sa main sur les plumes rougeoyantes du Phénix, un faible sourire aux lèvres.

-Harry, lui dit-il tout en caressant son oiseau, je sais que ce que tu as vu sur ton père à dû te chambouler un peu...

-C'est le moins qu'on puisse dire, grommela le garçon.

-Mais il n'est jamais bon d'accumuler tant de haine, surtout contre un membre de ta famille.

Fumsec poussa un petit cri, et Dumbledore sourit.

-La haine, Harry, est un sentiment aussi dévastateur qu'un Feudemon. Elle se nourrit de ta rancoeur, de ta colère, de la partie sombre de ton être, puis finit par te consumer entièrement, comme un Phénix le jour de sa mort. Tu as dû voir ça dans les pièces tragiques de l'antiquité, comme Electre, par exemple. La haine du personnage principal finit toujours par causer sa perte.

Harry leva les yeux au ciel. Pourquoi personne ne le comprenait-il ? En quoi sa subite haine envers son père pouvait-elle bien les regarder ? Il avait le droit de détester qui il voulait, non ? Et puis, si les gens pouvaient éviter de comparer sa vie à une tragédie grecque...

-Bien sûr, reprit le directeur, tu vas probablement me faire remarquer que tu as le droit détester qui tu veux. Mais il y a une nuance entre haïr et détester.

Harry s'avança sur son siège. La conversation commençait enfin à l'intéresser.

-Vois-tu, Harry, la haine est forcément quelque chose de néfaste. De dévastateur. Quelque chose qui te ronge tellement que tu ne peux plus ni être heureux, ni t'épanouir. Tu ne penses plus qu'à une chose : à la personne que tu hais et au meilleur moyen de la faire souffrir. Tu me suis ?

Harry acquiesça.

-Je vais tout de même de donner un exemple. Toi, tu déteste Voldemort. Il a tué tes parents, et répand le mal autour de lui. Mais à moins que je ne te connaisse très mal, tu as d'autres préoccupations dans ta vie et tu ne passes pas ton temps à élaborer un plan pour en venir à bout , n'est-ce pas ?

Harry, après hésitation, hocha la tête.

-En revanche, poursuivit Albus, Voldemort, lui, te hais. Pas une seconde ne passe sans qu'il n'imagine le meilleur moyen de te faire souffrir, sans se rendre compte qu'il se fait souffrir lui même.

-Mais dans ce cas, demanda Harry, ça veut dire que le professeur Snape me hais, puisqu'il passe son temps à élaborer divers sarcasmes pour m'humilier...

Dumbledore secoua tristement la tête, avant de passer sa main dans sa longue barbe blanche.

-Je ne pense pas, Harry. Toute à l'heure, il a effectivement été envahit par la haine. C'est d'ailleurs ce qui l'a poussé à t'attaquer. Mais sinon, je peux te jurer que tu n'est pas sa préoccupation première.

Puis le vieil homme fit un large sourire à Harry. Ce dernier réfléchit à ce que venait de lui dire son professeur. Haïssait-il vraiment son père ? D'accord, lorsqu'il avait vu James martyriser Snape pour son propre divertissement, il avait vraiment été envahi par la haine, à tel point que si il avait pu, il l'aurait certainement attaqué. Mais cette situation n'était-elle pas la même que celle de toute à l'heure, lorsque Snape avait tenté de l'étrangler? Et Albus lui affirmait que le professeur ne le haïssait pas. En était-il de même pour lui ? Harry ne savait vraiment plus où il en était.

-Alors, Harry...Hais-tu vraiment ton père ?

Harry se passa la main dans ses cheveux.

-Je...je ne sais pas, professeur. Tout ça est encore confus. Tout ce que je sais, c'est que si je voyais mon père, là, maintenant, je ne sais pas si je me contenterais de l'ignorer, si je lui crierais dessus ou si je tenterai de l'étrangler.

Il avait finit sa phrase avec un faible sourire, histoire de détendre un peu l'ambiance, mais il n'en menait pas large.

-Ha...J'ai déjà entendu ce petit discours dans la bouche d'un autre élève...Soupira Albus d'une voix basse, en détournant la tête, de sorte que Harry ne comprit pas la moitié de la phrase. Tout ce dont il était sûr, c'était que le professeur semblait ennuyé.

-Qu'avez-vous dit, monsieur ?

Dumbledore se retourna vers son élève, et soupira.

-Rien du tout Harry. Rien d'important.

Le jeune homme n'insista pas, mais il voyait bien que quelque chose embêtait son directeur. Il avait néanmoins apprit à ne pas converser avec Dumbledore si ce dernier ne le voulait pas. Le vieux sorcier était mystérieux, et rien ne pourrait le changer.

-Bien...Si tu n'as rien d'autre à me dire, Harry, tu ferais mieux d'aller en cours. Et ne t'inquiète pas pour cette histoire. Ta colère envers James Potter devrait très vite te passer. Après tout, quel enfant n'a jamais désapprouvé les actions de ses parents ? Finit-il dans un sourire malicieux.

Harry remercia le directeur, et tenta de lui rendre son sourire. Il aurait aimé le croire, croire que cette colère n'était que passagère – la crise d'adolescence, voilà tout!- mais ce n'était pas le cas. Au fond de lui, il savait que quelque chose s'était définitivement éteint.

Il descendit les quelques étages qui le séparaient de la salle de Métamorphose. Les courants d'air glacés de ce début novembre le firent frissonner. Il hâta le pas, ne prêtant aucune attention aux répercutions de ses semelles sur la pierre. Il ne cessait de se remémorer sa conversation avec Dumbledore, et de l'étrange phrase que le directeur avait prononcée à voix basse.

Voyons, pensa-t-il, Quels sont les mots que Dumbledore t'a laissé entendre ? Heu... « discours »... « élève »... ...Pff...Je vais pas aller loin, avec ça...

Il maudit son directeur et tout le foutu mystère qu'il se voyait obligé d'instaurer à chaque entretient, et poussa la porte de la salle de Métamorphose.


-Vous êtes en retard, Mr Potter, dit McGonagall de sa voix stricte.

-Je suis désolé, Madame. J'étais dans le bureau du Professeur Dumbledore.

McGonagall hocha sèchement la tête, puis fit signe à Harry de s'asseoir d'un geste agacé. Le Gryffondor obéit et alla s'installer à côté de Neville.

Le professeur reprit alors son cours comme si rien ne s'était passé. Harry posa sa tête sur ses bras croisés et tenta de suivre, tant bien que mal. Alors qu'il sentait qu'il n'allait pas tarder à gribouiller des dessins sur son parchemin, Ron, qui se trouvait à la table de derrière avec Hermione, lui tapota discrètement l'épaule.

-Alors, chuchota-t-il, ça a été ?

Harry haussa les épaules et se replongea vers ses dessins, peu enclin à parler de son entretient pour l'instant. Ron s'apprêta à insister mais Hermione lui donna un violent coup de pied.

-AIL !

-Mr Weasley, puis-je savoir ce qui vous prend ? Trois points de moins pour Gryffondor.

Hermione le fusilla du regard. Harry, quand à lui, se dit que McGonagall était vraiment aussi impartiale que tout le monde le disait. Elle avait tout de même enlevé trois points à un Gryffondor ! Même Chourave n'était pas aussi méchante avec les élèves de sa propre maison...

Il avait peut-être ricané un peu trop fort car le professeur le regardait maintenant d'un drôle d'air.

-Bien, Mr Potter, puisque la métamorphose d'un origami en animal semble tant vous amuser, vous allez peut-être nous faire une petite démonstration, déclara McGonagall en souriant.

Harry avala sa salive. Il se leva de sa chaise et et jeta un oeil désespéré aux instructions. Bien... « lever sa baguette ». Pour l'instant, ce n'était pas trop dur. Ensuite, « faire un huit avec sa baguette en prononçant la formule animalis verto tout en visualisant l'animal que représentait l'origami. »

Harry tenta de savoir quel animal était sensé représenter son petit pliage de papier, mais il avait beau regarder sous toutes les coutures, il ne voyait rien de plus qu'une feuille de papier froissée.

-C'est un lapin, lui chuchota gentiment Hermione.

Harry hocha la tête en signe de reconnaissance, puis se concentra sur son lapin. Il le visualisait très nettement, parcourant les vertes prairies des campagnes anglaises, sautillant avec ses petits camardes. Il trouvait toute cette histoire d'une telle mièvrerie qu'il dû se retenir de ne pas adopter la même moue méprisante que Snape.

Il fit alors un huit avec sa baguette et prononça la formule. Il y eut un grand « pop » et l'origami se transforma en...en animal assez singulier.

Neville poussa un petit cris aigu, et se recula le plus possible de la créature qui venait d'apparaître. La classe entière ouvrait des yeux ronds, et Harry regardait alternativement son professeur et son... « lapin ».

-On dirait un Pokemon !S'exclama Dean Thomas.

En effet, la créature ressemblait plus volontiers à un personnage d'un certain dessin animé Moldu qu'à un lapin. D'accord, la silhouette était celle du rongeur. Mais sa fourrure était entièrement noire et..vaporeuse. Des volutes de fumée noire irradiaient du lapin. Ses oreilles étaient hérissées de minuscules pointes rouges qui s'accordaient parfaitement avec ses yeux. Sa queue ressemblait plus à un petit nuage qu'a autre chose, et n'avait aucune densité.

-Ouaip, reprit Dean. Un Pokemon de type Ténèbres/Poison.

La créature poussa un petit cris qui ne ressemblait en rien à un glapissement de lapin, puis disparut par la fenêtre laissée ouverte.

Harry, qui n'y comprenait rien, leva les yeux vers McGonagall, muette d'étonnement. Il se retourna vers Ron et Hermione. Si Ron paraissait aussi confus que lui, Hermione, elle, n'en croyait pas ses yeux. Elle prit aussitôt une feuille de parchemin, fit un dessin grossier du « lapin » et enfouit son esquisse dans la poche de sa robe, probablement dans le but de faire quelques recherches.

-Heu...bredouilla Harry. J'ai loupé ?

Le professeur resta interdite durant quelques secondes, puis secoua la tête en reprenant ses esprits.

-Thomas, cinq points en moins pour Gryffondor, pour votre remarque inutile. Potter, vous resterez à la fin du cours.

Elle lui lança un dernier regard puis reprit sa leçon là où elle l'avait laissé.


Lorsque la sonnerie retentit, Ron et Hermione encouragèrent Harry du regard, puis suivirent les autres Gryffondor vers la salle de Potions. Harry se retourna alors vers son professeur.

-Harry, fit doucement cette dernière, et Harry savait qu'elle ne l'appelait par son prénom que lorsqu'il se passait quelque chose de grave. Avez-vous des problèmes en ce moment ?

Harry réfléchit. Ce n'était pas la peine de nier. La forme qu'avait pris son origami devait encore cacher une histoire de subconscient, résulter de ses émotions – comme les patronus – ou un truc dans le genre.

-Et bien...oui, professeur.

-Ha. Je comprend. Sûrement cette histoire de prophétie qui vous ronge ?

Le Gryffondor s'apprêtait à répondre que cela n'avait rien à voir, mais après tout, il avait trouvé un excellent prétexte pour ne pas parler de l'épisode « Pensine » avec son professeur de Métamorphose.

-Oui, c'est cela, Madame.

Minerva le regarda, suspicieux.

-C'est étrange, Potter.

-Qu'est-ce qui est étrange ? Demanda-t-il innocemment.

-Et bien, voyez vous, commença-t-elle en faisant quelques aller-retours dans sa salle de classe, le sortilège que vous avez lancé toute à l'heure ne peut, normalement, pas donner une forme animale différente de celle de son origami.

Harry haussa les épaules. Qui lui disait que l'origami n'était pas un Pokemon de type Ténèbres/Poison comme l'avait si bien dit Dean ? Après tout, si Hermione ne lui avait pas que c'était un lapin, il n'aurait jamais trouvé.

-Potter, reprit doucement Minerva. Je vais vous dire quelque chose. Pour que l'origami se transforme en un autre animal que celui qu'il représente, il faut que deux facteurs soient mis en place. Des facteurs assez indépendant de la volonté du lanceur.

Harry écoutait attentivement.

-Tout d'abord, il faut exprimer un très grand mépris vis à vis du sortilège.

Harry sourit honteusement.

-Je ne méprise pas votre matière, professeur.

-Non, lui dit Minerva avec un grand sourire, je le sais bien, Harry. Mais peut-être n'aviez-vous pas très envie de penser à un petit lapin blanc aujourd'hui, c'est tout.

Harry se passa la main dans ses cheveux et acquiesça en rougissant.

-Le deuxième facteur, et celui qui me préoccupe le plus, est votre état d'âme. Vous devez être particulièrement énervé contre quelqu'un.

Harry soupira en levant les yeux au ciel. Il n'avait aucune envie de reparler de ses états d'âme pour le moment. Il avait déjà donné avec Dumbledore et ses deux meilleurs amis. Merci bien.

-Contre qui êtes-vous en colère, Harry ? Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ? Mr Malefoy ? Le ministre de la Magie ? (elle rit) Ou peut-être le professeur Snape?

-Non...enfin, si, toujours, ricana-t-il, mais...Je n'ai pas envie d'en parler, professeur.

Elle lui tapota gentiment l'épaule.

-Comme vous voudrez Potter. Mais laissez moi vous dire qu'un seul élève avant vous avait réussit à transformer son origami en quelque chose d'aussi singulier.

-Ho, super, soupira Harry, encore un brillantissime exploit de mon père ?

Minerva cligna des yeux, sûrement surprise de peu d'estime que portait subitement Harry à son père, mais lui répondit tout de même, sèchement.

-Pour tout dire, non, Potter. Il ne s'agissait as de votre père. Et vous ne devriez pas parler de lui de la sorte. Votre père était quelqu'un d'exceptionnel.

-Exceptionnellement arrogant, oui.

Harry plaça une main sur sa bouche. Il ne pouvait tout bonnement pas croire ce qu'il venait de dire. On aurait dit...

-Vous devriez arrêter les retenues avec Severus, Potter, déclara froidement Minerva. Il déteint sur vous, et l'univers ne supporterait pas un deuxième Snape.

-Mais-

-Maintenant sortez, Potter. Tout de suite.

-Mais..je... ... ...(il pinça les lèvres) Parfait. Au revoir, professeur.

Sur ce, il tourna vivement les talons, poussant un peu plus loin sa « ressemblance » avec Snape dans le but d'énerver McGonagall, puis se rendit à son prochain cours, légèrement déboussolé.