Merci pour les revews! J'espère que ça vous plaît toujours autant ! ( j'ai mis que Harry avait survécu à Voldemort en 1982, mais je n'ai pas été vérifier. Donc ne m'en voulez pas si je me suis trompée...)
Harry passa une nuit atroce. Il n'avait trouvé le sommeil qu'aux environs de cinq heures, la conversation d'avec Snape ne voulant pas quitter son esprit. Les mots repassaient sans arrêt dans sa tête, à tel point qu'ils ne voulaient plus rien dire. Il revoyait le visage de Snape, heureux lorsqu'il parlait de son mariage, déprimé lorsqu'il se remémorait la mort de son fils. Merlin...en une heure, il en avait appris plus sur Snape et sa mère qu'en seize ans... Si seulement le professeur avait accepté de lui parler plus tôt...Cela lui aurait empêcher d'aduler un homme qu'il détestait comme personne, à présent. Ho oui...Harry haïssait vraiment James. Encore plus qu'à son sortir de la Pensine...
Le Gryffondor bénit le ciel d'être un vendredi soir : peu importait qu'il ne se soit endormi qu'à cinq heures de matin, demain, c'était samedi, ce qui signifiait qu'il pourrait faire la grasse matinée. Il n'aurait jamais pu se lever à 7 heures et encore moins aller en cours...
Lorsqu'il se réveilla, il ne fut donc pas surprit de voir que tous ses camarades de dortoirs étaient déjà descendus. A en juger par la douce lueur qui émanait des fenêtres, il devait au moins être onze heures.
Mais ce qui surprit beaucoup plus le jeune homme, c'était la netteté avec laquelle tous les détails de la pièce lui apparaissaient. Car rappelons le, Harry Potter était myope comme une taupe, et était tout juste capable de voir à deux centimètres devant lui sans ses lunettes.
L'espace d'un instant, il se demanda même s'il n'avait pas dormi avec – après tout, il s'était tellement précipité sur son lit la veille que cela ne l'aurait pas surpris – mais non, ses lunettes reposaient bien sur sa table de chevet, à côté d'une photo de sa mère.
Étonné, Harry décida tout de même de mettre ses lunettes, mais les retira aussitôt lorsqu'il s'avéra qu'il voyait fort flou à travers ses verres.
Étrange, pensa-t-il. Je n'ai jamais entendu dire que la myopie se guérissait d'elle même en une nuit...
Il haussa les épaules – ce n'était pas comme s'il ne lui était jamais rien arrivé de bizarre – s'étira, bâilla et s'extirpa enfin de son lit aux couvertures moelleuses et rouges. Il enfila rapidement un pull – rouge et or, évidemment – ainsi qu'un jean, mit ses chaussures et sortit de la salle commune, dans le but de prendre un petit déjeuné bien mérité.
Lorsqu'il entra dans la Grande Salle, pratiquement tous les élèves avaient déjà fini de manger. Ils ne restaient que quelques Poufsoufles de deuxième année, deux ou trois Gryffondor de troisième année que Harry ne connaissait que de nom, ainsi que ses amis de sixième année, Hermione, Ron, Neville et Dean, qui l'avaient sûrement attendu.
-Harry ! Ça va, on a pas fait trop de bruit ce matin ? Demanda Dean avec un air malicieux.
-Heu, nan, ça va...répondit-il en s'asseyant en face de Neville.
-Tu excuseras Seamus de ne pas t'avoir attendu, reprit le métisse, mais il avait entraînement de Bavboules.
-'Pas grave, dit machinalement Harry : pour être franc, il en voulait toujours un peu à Seamus de ne pas l'avoir cru lorsqu'il avait annoncé le retour de Voldemort, et donc son absence ne lui faisait ni chaud ni froid.
-Bon...Ben maintenant que tu es là et qu'on t'a dit bonjour, on va vous laisser, ok ? Neville et moi devons travailler sur notre devoir de métamorphose.. (Dean attrapa Neville par l'épaule) Entre nuls, 'faut bien s'aider !
Neville adressa un sourire navré à Ron, Hermione et Harry, leur souhaita une bonne fin de matinée et partit en direction de la salle commune en compagnie de Dean.
Les trois amis mangèrent tranquillement, en parlant de tout et de rien, parfois en riant, parfois avec éclat. Quand tout à coup, Hermione dévisagea Harry et planta ses yeux noisettes dans les siens. Harry la fixa, mais la jeune fille n'eut pas l'air de le remarquer.
-Quoi ? Finit-il par demander en fronçant les sourcils. Pourquoi tu me regardes comme ça ?
-Qu'as-tu fait de tes lunettes ?
Ron décolla pour la première fois ses yeux de son assiette et regarda attentivement Harry.
-Ha ouais, c'est vrai, t'as pas mis tes lunettes aujourd'hui. Ça fait bizarre...
Harry s'apprêta à répondre que pour une raison inexplicable, il y voyait parfaitement sans ses lunettes, et que de toute façon ça l'arrangeait car elles étaient peu pratiques pour le Quidditch, mais Hermione, scrutant toujours ses yeux, prit la parole la première.
-Ha je sais ! Tu as mis des lentilles !
Harry leva un sourcil.
-Non...Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
-Mais si, tu as mis des lentilles : tes yeux n'ont pas la même couleur que d'habitude.
-Hein ? S'écria-t-il. C'est impossible, Hermione !
-Mais si, je te jure ! Tiens, regarde, Ron...
Le rouquin se pencha à son tour vers son ami, analysa ses yeux, puis hocha la tête.
-Ha ouais...T'as raison, Hermione...Ses yeux sont plus sombres...
-C'est n'importe quoi, soupira Harry en détournant son regard, agacé. Comment mes yeux ont-ils pu changer de couleur, je vous dit que je n'ai pas mis de lentilles !
-Harry, je te prie de me croire...Tes yeux sont beaucoup plus foncés.
-Oui, reprit Ron, avant ils étaient verts émeraude, maintenant ils sont verts bouteille...
Harry écarquilla les yeux. Ses amis avaient l'air sérieux.
-Mais...bredouilla-t-il, Comment...Comment est-ce possible ?
-Je n'en sais rien, Harry, avoua Hermione. Mais ça a sûrement un lien avec le fait que tu n'aies plus besoin de tes lunettes. Nous ferions mieux d'aller voir Madame Pomfresh.
-Wow, wow WOW ! Hermione ! Cria Ron. Harry n'est pas malade, okay ? C'est tout l'inverse, il voit mieux !
-Ron, maugréa la jeune fille, on ne sait jamais. C'est peut-être un symptôme d'une maladie rare et grave.
-Tu as déjà entendu parlé d'une maladie qui guéri la myopie, toi ? Ricana Harry en entraînant Ron dans son hilarité.
-Vous ne pouvez donc pas être sérieux deux minutes, reprit Hermione, au bord de la crise de nerf. C'est pour ton bien que je te dis ça, Harry. Cela ne coûte rien d'aller demander son avis à Madame Pomfresh, non ?
Harry regarda Ron, amusé, puis Hermione, grave, et finit par soupirer.
-Très bien...Si ça peut te rassurer...
Il finit son bol de céréales en trois cuillerée, puis se leva de sa chaise.
-Allons-y !
Harry, Ron et Hermione se dirigèrent donc d'un pas décidé vers l'infirmerie. Harry ne fut pas mécontent de découvrir que cette dernière était vide de monde. Il n'avait aucune envie de croiser des gens ce matin, encore moins des mourants incapables de souffrir en silence.
Une seconde...Que venait-il de penser ? Ce n'était pourtant pas son genre de se montrer si peu compréhensif envers les personnes en difficultés...
-Encore vous, Potter ? Vous avez pris un abonnement, ou bien ?
Harry fronça les sourcils, il n'avait que très vaguement prêté attention à ce que venait de dire Madame Pomfresh. Heureusement, un coup de coude discret de Hermione lui signala que c'était à son tour de parler.
-Heu, bredouilla-t-il...Heu...je viens vous voir parce que...ahm...Comment dire...Je ne suis plus myope et je crois que ce n'est pas normal.
Pomfresh dévisagea Harry comme s'il venait de lui annoncer que Gilderoy Lockart avait gagné le prix Nobel de Physique Nucléaire.
-Je vous demande pardon ?
-Heu...
Hermione poussa un soupir d'agacement et, après avoir murmuré un petit « laisse je m'en charge », elle se plaça entre Harry et l'infirmière et prit la parole.
-Madame, nous venons vous voir car Harry dit ne plus avoir besoin de ses lunettes, car que depuis ce matin, il voit parfaitement bien. De plus, Ron et moi avons remarqué que ses yeux s'étaient légèrement obscurcis... Nous voulions donc savoir ce que vous en pensiez.
Il y eut un moment de silence, durant lequel Pomfresh examina longuement Harry de ses yeux scrutateurs. Ron et Hermione attendaient patiemment le verdict, tandis que leur ami commençait à trépigner sur ses jambes.
-Alors ? Dit-il, non sans une pointe d'ironie, si le fait d'avoir une vue impeccable est un annonciateur d'une mort prochaine, j'aimerais autant que vous me le disiez tout de suite, ça m'éviterais de perdre les quelques heures qu'il me reste à vivre...
Pomfresh se redressa et toisa Harry de toute sa hauteur – ce qui était étonnamment impressionnant pour une femme d'un mètre soixante – tout en croisant les bras et en pinçant les lèvres.
-Mr Potter, s'exclama-t-elle, si vous ne vouliez pas que je vous ausculte, il ne fallait pas venir à l'infirmerie.
Sur ce, elle tourna les talons en direction de son bureau, en ordonnant au Gryffondor de ne pas bouger.
Le jeune homme grogna, et Hermione le fusillait du regard.
-...Quoi ?
-Enfin, Harry, tu pourrais être plus aimable, tout de même, lui répondit-elle sèchement.
-Ho, Hermione, arrête de faire ta rabat joie ! Harry voulait juste plaisanter un peu !
Harry donna une petit tape affective à Ron pour le remercier d'avoir prit sa défense, pendant que Hermione secouait la tête en murmurant des « non mais j'vous jure ...»
Madame Pomfresh revint donc, après quelques minutes, vers les trois adolescents, armée d'un immense parchemin. Elle l'accrocha au mur, et demanda à Harry de reculer de six pas. Le jeune homme s'exécuta.
Le parchemin – qui ressemblait plus à une toile - était en vérité un test qui permettait de mesurer sa vue. Des lettres de tailles diverses y étaient éparpillées, le but étant de réussir à toutes les lire, et ce malgré la distance qui séparait le cobaye du mur sur lequel la toile était suspendue.
-Allons-y, Mr Potter, déclara l'infirmière en montrant la première rangée de lettres à Harry. Que voyez vous ?
-P, F, R, H, J, R, T, Y...
-Très bien, passons à la ligne du dessous.
Les lettres, quoique plus petites que les précédentes, ne posèrent aucun problème à Harry qui y voyait comme deux. Ron et Hermione ne purent qu'être très impressionnés. Eux même, qui avaient pourtant tout deux une vue correcte, auraient été incapables de lire la dernière ligne. Pomfresh n'eut pas l'air moins surprise que ses patients. De toute évidence, elle ne s'était pas attendue à ce que Harry réussisse entièrement le test.
-C'est bon, vous me croyez, maintenant ? Déclara Harry d'un air satisfait.
Pomfresh hocha la tête, médusée.
-Ça alors...dit-elle presque dans un murmure. Je n'avais pas rencontré un élève doté d'une telle vue depuis...
Elle laissa sa phrase en suspend, puis regarda Harry comme si elle le rencontrait pour la première fois.
-...Êtes- vous vraiment le fils de James Potter ? Demanda-t-elle, un sourire malicieux aux lèvres.
Harry répondit par un petit sourire crispé. Oui, il était le fils de James Potter, et il se le reprochait bien assez comme cela pour ne pas en rajouter. Hermione avait dû remarqué la tension qui avait parcourue Harry à l'entente du nom de son père, et décida de changer de sujet.
-Avez-vous une explication, madame ? Vous pensez que sa guérison est liée au changement de couleur de ses yeux ?
-Oui, ça ne peut être que lié, répondit-elle après un petit temps de réflexion, mais le fait est que je n'ai jamais rencontré un cas similaire auparavant. Mr Potter est décidément une curiosité scientifique personnifiée...
-Mais, vous croyez que c'est grave ? Demanda timidement Ron en fixant Harry avec appréhension.
-Pour être franche, non. Je ne pense pas que ces changements physiques provoquent une quelconque répercutions sur sa santé.
Elle concentra alors son attention sur Harry, en plissant les yeux, comme si elle essayait de repérer un détail qui aurait pu lui échapper.
-Je me demande si...
Elle se rapprocha du jeune homme, releva ses cheveux et passa son doigt sur sa cicatrice. Harry recula brusquement. La dernière fois qu'une personne avait touché sa cicatrice, c'était Voldemort. Même si Madame Pomfresh n'était pas un dangereux psychopathe à la tête de serpent, il n'appréciait pas tellement le contact.
Harry lança alors un regard alarmé à ses amis, qui ne pouvaient camoufler leur inquiétude.
-Qu'est-ce que ma cicatrice vient faire dans cette histoire ? S'écria-t-il, paniqué.
-Et bien...Ce n'est qu'une hypothèse, mais puisque Vous-Savez-Qui vous vous a accidentellement légué quelques unes de ses aptitudes magiques – le Fourchelangue, par exemple – je me demande s'il n'aurait pas pu également...
-Vous voulez dire que Harry aurait pu hériter d'autre choses que des pouvoirs de Voldemort ? S'exclama Hermione.
La révélation fut si dure que Ron ne pensa même pas à tressaillir à l'entente du nom du Seigneur des Ténèbres.
-C'est exactement ce que je veux dire, Miss.
Harry eut l'impression de tomber dans un gouffre sans fond. Il s'assit brutalement sur le lit le plus proche, histoire de ne pas s'évanouir.
-Vous...Vous voulez dire qu'il m'a aussi relégué quelques une de ces capacités natuerelles ? Comme...comme une bonne vision ?
-Pire, Potter. A en juger par la couleur de vos yeux, il vous a sûrement donné quelques unes de ses caractéristiques physiques.
Harry eut un gros blanc.
-Oh mon Dieu ! Harry va se transformer en mini Vous-Savez-Qui ? Hurla Ron, incapable de contrôler son degré d'affolement - ou de connerie.
-C'est absurde ! Pesta Hermione en tentant de parler plus fort que les hurlements de Ron. Personne n'a jamais entendu parlé d'une telle chose ! Et pourquoi ces changements ne se manifestent que maintenant, dans ce cas ? Pourquoi pas à sa naissance ?
-Je vous le répète, Granger, ce n'est qu'une hypothèse.
-De plus, poursuivit la jeune fille, emportée par sa logique implacable, Tom Jedusor avait les yeux bleus, il me semble, or, les yeux de Harry s'obscurcissent, ils ne virent pas au bleu !
-Harry en Jedusor ! Harry en Jedusor ! Gémissait Ron.
-Granger, je -
-CA SUFFIT !
Hermione, Pomfresh et Ron s'arrêtèrent aussitôt de parler – ou de hurler- et fixèrent tout trois le Gryffondor assis sur le lit.
-Harry...
-Non, écoute, Hermione, Madame Pomfresh a raison, ce n'est qu'une hypothèse. Ron, je te jure que je ne me transformerais pas en Voldemort. Je ne sais pas du tout ce qu'il m'arrive, mais je suis bien décidé à le savoir. (il sourit méchamment) Et de toute évidence, ce n'est pas ici que je trouverai quoique ce soit.
Pomfresh laissa échapper un petit cri outré.
-Et bien, Potter, si mon infirmerie ne vous convient pas, rien de vous retiens. J'allais justement vous proposer mon aide en faisant quelques recherches de mon côté, mais puisque c'est comme ça, je vous laisse vous débrouiller seul !
Harry haussa un sourcil qui devait sûrement signifier « cause toujours, tu m'intéresses », puis Pomfresh tourna sèchement les talons en grommelant quelque chose comme « le gosse le plus insupportable depuis Snape ».
Harry allait répliquer quelque chose mais Hermione et Ron lui prirent chacun un bras et l'entraînèrent hors de l'infirmerie.
-Le mieux est sûrement de chercher à la bibliothèque, fit Hermione, avide de nouvelles connaissances.
Harry hocha la tête, mais Ron ne parut pas partager l'enthousiasme de ses amis.
-C'est à dire que...Il est déjà midi et...
-Ne me dis pas que tu as faim, Ronald, je t'en prie, ne me dis pas que tu as faim.
Un gargouillement se fit alors entendre et Ron regarda Hermione, non sans une certaine fatalité.
-Mais on a mangé il n'y a même pas une heure ! S'exclama la jeune fille. Tu as combien d'estomacs, exactement ?
-Ron Weasley, le seul homme qui possède plus d'estomacs que les vaches, dit dramatiquement Harry.
La réflexion fit sourire Ron, mais Hermione n'avait, elle, pas l'air de vouloir rire. En fait, si les regards pouvaient tuer, le dernier garçon de la lignée Weasley ne serait sûrement plus de ce monde.
-Laisse le, Hermione. De toute façon, Ron nous sera sûrement plus utile dans la Grande Salle à pratiquer la seule activité dans laquelle il semble exceller qu'assis en comptant les minutes qui le séparent de son prochain repas.
Ron devint alors très pâle, et Hermione regarda Harry avec effarement.
-Bien...Déclara froidement Ron. Si tu n'as pas besoin de moi...Je retourne donc à la seule activité dans laquelle j'excelle...
Harry fronça les sourcils, étonné de l'attitude de son ami. Mais avant qu'il n'ai pu lui demander la raison de son comportement, le rouquin était déjà parti.
-...Ben...Qu'est-ce qu'il lui prend ?
Hermione ouvrit la bouche.
-Ce qui lui prend ? Mais c'est à toi qu'il faut poser la question ! Harry, pourquoi lui as-tu parlé aussi méchamment ?
Il fronça les sourcils.
-Quoi ? Mais qu'est-ce que tu racontes ? Je plaisantais ! C'était pas méchant !
Hermione se calma devant la sincérité de son ami, et le prit par l'épaule.
-Non, Harry. Je te jure. On avait vraiment pas l'impression que tu plaisantais. Tu avais vraiment l'air sérieux...Ta voix était froide, et...ce rictus...
Hermione fit une grimace qui n'avait rien de chaleureux.
-C'est ridicule, Hermione, pesta Harry. Je n'ai même pas conscience d'avoir fait ça. Hermione, ce sont les Serpentards qui « rictussent ». Pas les Gryffondors.
Elle prit un air compatissant.
-Je t'assure, Harry. Tu n'en a peut-être pas conscience, mais depuis ce matin, tu as l'air différent. Regarde ton attitude envers Pomfresh, tout à l'heure. Je ne t'avais jamais vu aussi cynique. On aurait dit...
-Oui ? Susurra Harry, dont une leur d'avidité illuminait ses yeux verts foncés.
Hermione secoua la tête.
-Rien...rien Har-
-Si, tu allais dire quelque chose ! Allez, dis-le !
-Non, Harr-
-Avoue-le ! Cria-t-il, aussi paniqué que énervé. Avoue que depuis ce matin, j'agis comme...
-Comme Snape ! Hurla Hermione. Oui, je l'avoue, t'es content ?
Hermione bouscula alors Harry et se précipita vers la bibliothèque, laissant son ami seul au milieu des couloirs.
Harry resta silencieux quelques secondes. Il mit sa main dans sa poche, et en sorti sa petite poupée. Il la regarda dans les yeux, et une puissante chaleur l'envahit alors.
-Non, Hermione...murmura-t-il. Non, je ne suis pas content. Je ne veux pas lui ressembler.
Il ferma les yeux afin de profiter pleinement de la chaleur agréable que lui prodigait sa peluche.
Moi, je ne veux pas oublier ce qu'est l'amour...
Lorsque Harry rejoignit Hermione à la bibliothèque, cette dernière était déjà enfouie sous une tonne de grimoires.
-Alors...fit Harry comme si rien ne s'était passé. Tu as trouvé quelque chose ?
L'espace d'un instant, il cru que Hermione allait l'envoyer balader, mais c'était mal la connaître. Hermione n'était pas rancunière. Du moins, pas avec Harry.
-Non, rien...J'ai commencé par chercher dans les livres traitant sur les impardonnables, pour voir s'ils ne parlaient pas de possibles effets secondaires dans le cas où l'on survit à un Avada Kedavra, mais sans succès.
Harry allait répondre que en effet, il était difficile de ressentir des effets secondaires lorsqu'on est mort, mais il se retint. Il prit donc l'un des livres entassé sur la table, et se mit à chercher.
Après plusieurs minutes, Hermione s'écria enfin qu'elle avait trouvé quelque chose.
-Regarde, dit-elle à Harry en lui montrant un paragraphe. Celui là à l'air plus approfondi que les autres, tu ne trouve pas ?
Harry doutait de trouver quoique ce soit dans un paragraphe d'à peine quinze lignes, mais il ne voulait pas briser la mine réjouie de son amie, et se contenta de lire à haute voix :
-« Sortilège de mort, ou Avada Kedavra : Provoque la mort indolore et instantanée de la victime, dans un puissant rayon vert. La seule personne ayant survécu à ce jour n'est autre que Harry Potter.
Contre-sort : Jusqu'à la date du 31 octobre 1982, date de la non-mort de Harry Potter, le contre sort était inconnu. Il apparaît néanmoins qu'il soit possible de contrer ce sort, et ce sans baguette ni magie, puisque le jeune survivant n'était alors âgé que d' un an. D'après les faits, sa mère – Lily Evans Potter – ce serait sacrifiée pour sauver la vie de son enfant, créant ainsi une barrière protectrice infaillible. Il serait donc possible que la parade au sortilège de mort soit tout simplement l'amour, mais les avis divergent encore sur ce point.
Effets secondaires : Les recherches concernant d'éventuelles séquelles sont encore très floues, puisque Harry Potter est la seule et unique personne ayant survécu au sortilège » - Punaise, on va commencer à le savoir ! - « Le jeune Potter n'a conservé aucun dommage physique, si ce n'est une fine cicatrice en forme d'éclair sur le front. En revanche, il semble avoir hérité de certains des pouvoirs de son agresseur – Lord Voldemort – dont la capacité de parler aux Serpents, ainsi que d'un lien télépathique unique le connectant à l'esprit du mage noir. » ... Et c'est tout ?
Hermione referma le livre avec rage.
-Hermione, on n'a rien appris du tout !
-Bon, écoute, Harry, c'est la chose la plus creusée que j'ai pu trouvée. Comme ils disent, tu es la seule personne qui a survécu. Tu es la seule personne sur laquelle les scientifiques peuvent s'appuyer...Je ne suis pas sûre de trouver autre chose que ce qu'on vient de lire...
Harry tomba des nues. C'était bien la première fois que Hermione baissait les bras face à une recherche.
-Sinon, finit-il par dire innocemment, lorsque tu rentreras chez toi à Noël, tu pourras toujours chercher sur internet...
Hermione se leva brusquement de sa chaise.
-Et puis quoi, encore ! La bibliothèque est la source la plus sûre ! Chercher sur internet serait de la triche, ce serait beaucoup trop facile ! Harry, si on avait cherché sur le web à chaque fois qu'on s'est retrouvés confrontés à une énigme, nos aventures n'auraient pas duré plus de deux chapitres !
Elle abattu alors l'un des grimoires sur la table afin d'appuyer ses dire.
-Non, Harry. Je refuse de céder à la facilité ! Je te jure que je trouverais ce que je cherche dans les livres !
Sur ce, elle reparti en direction d'autres rayons, d'un pas dynamique.
Harry sourit.
Hermione était si prévisible...
