Désolée de ne pas avoir répondu aux reviews, mais je n'aurais jamais cru que la Terminale S pouvait être aussi prenante. (j'aurais dû aller en L, je le savais !) Mais enfin, même si j'ai pas le temps de répondre, je les ai évidemment toutes lues, et surtout, ne vous arrêtez pas !
Harry et Hermione passèrent la journée à la bibliothèque, cherchant frénétiquement quelques malheureuses informations sur les changements physiques de Harry, mais sans succès. C'est donc aux alentours de dix neuf heures, dépités et fatigués, qu'ils se dirigèrent dans la Grande Salle, happés par l'appel de la nourriture.
-Tu crois que Ron m'en veut encore ? demanda Harry à Hermione alors qu'ils marchaient d'un pas précipité dans les couloirs qui menaient au réfectoire.
La jeune fille haussa les épaules.
-Ron ne restera pas fâché très longtemps. Surtout si tu t'excuses, en lui disant ne pas savoir ce que tu faisais.
Harry grogna mais finit par trouver que c'était en effet la meilleure solution pour que son ami cesse de lui faire la tête.
Celui qui avait inventé les excuses méritait de brûler en Enfer.
Plongé dans ses réflexions, Harry ne vit pas la fine silhouette du directeur se profiler à l'angle d'un couloir et, de ce fait, le percuta de plein fouet.
-Oh, Professeur ! S'écria Harry en époussetant sa robe d'un geste machinal. Je ne vous avez pas vu...
Dumbledore fit un geste de la main.
-Ce n'est pas grave, Harry. Tu devais sûrement être perdu dans tes pensées...
Le directeur adressa alors un sourire chaleureux à ses élèves. Mais lorsque ces yeux bleus croisèrent le regard gêné de Harry, ses lèvres frémirent et sa bonne humeur s'envola.
-Heu...bredouilla Harry. Quelque chose ne va pas, professeur ?
Dumbledore mit un certain temps avant de répondre, ce qui laissa le temps aux deux amis de se dévisager d'un air inquiet.
-Harry. Je veux que tu viennes dans mon bureau.
-Ho, mais, professeur ! Protesta-t-il. Je n'ai rien avalé depuis ce matin ! Je ne pourrais pas aller dîner avant de-
-Tout de suite, Harry.
Le ton du directeur ne permettait aucune réplique. Harry avait déjà vu Dumbledore en colère peut-être une ou deux fois, et cela lui avait amplement suffit. Le vieil homme pouvait se montrer encore plus effrayant que Snape, si le coeur y était.
Le jeune homme déglutit, et adressa un faible « au revoir » à Hermione.
-Ne t'inquiète pas, Harry, lui dit-elle avant qu'il ne parte. J'expliquerai tout à Ron.
Harry hocha la tête en signe de gratitude, puis emboîta le pas de Dumbledore, en direction de son bureau.
Les deux hommes marchèrent durant un bon bout de temps dans les méandres de Poudlard – le bureau de Dumbledore était assez loin de la Grande Salle – et Harry remarqua que le directeur ne lui avait pas adressé un seul regard depuis qu'ils avaient quitté Hermione. Il se contentait de se rendre d'un air grave vers son bureau, en ne prêtant aucun attention à son élève. Harry espérait fortement que Dumbledore n'allait pas recommencer à l'ignorer comme l'année passé, car, s'il se souvenait bien, ça ne s'était pas très bien terminé. D'accord, ils avaient réussi à sortir Sirius de derrière le voile seulement quelques semaines plus tard, mais tout de même.
Ils passèrent devant la gargouille (Harry ne se souvenait plus du mot de passe que Dumbledore avait employé, mais ça avait sûrement un très grand rapport avec la magie), montèrent les escaliers en colimaçon, et entrèrent dans l'immense et lumineux bureau.
-Bien, commença Dumbledore, en souriant faiblement, sûrement dans le but de mettre son invité à l'aise. Assied toi, Harry.
Harry s'exécuta. Dumbledore prit place dans un fauteuil en face de lui dans un long soupir.
Un silence gênant s'installa peu à peu, durant lequel Dumbledore sembla réfléchir, ses yeux bleus électriques fixant le vide. Même Fumsek se gardait de gazouiller. Harry, qui commençait à se demander si son directeur se souvenait qu'il était là, décida de manifester sa présence par un petit toussotement.
-Excuse moi, Harry, répondit le directeur après être sorti de ses pensées. Je cherchais mes mots...Ce que je vais te dire est d'une importance capitale pour l'avenir de la guerre, et donc du monde...
-Ho, chic.
-Par où commencer...
Les yeux de Dumbledore se remirent à pétiller. Harry, comme à peu près toute personne saine d'esprit vivant à Poudlard, n'aimait pas lorsque les yeux de Dumbledore se mettaient à pétiller.
-Harry, est-ce que tu veux un...
-NON ! Cria Harry en se levant de son siège. JE-NE-VEUX-PAS-DE-BONBON-OU-QUOIQUE-CE-SOIT-AU-CITRON-PROFESSEUR.
Harry cligna des yeux. Est-ce qu'il venait vraiment de hurler sur le plus grand sorcier de tous les temps ?
Il se passa maladroitement la main dans les cheveux.
-Je...Je suis désolé, professeur. Je ne sais pas ce qu'il m'a pris.
-Cela ne fait rien, Harry, répondit le directeur en avalant une friandise, au moins, toi, tu as la décence de t'excuser lorsque tu refuses un de mes délicieux bonbons – même après t'être mis en colère contre moi. Ce n'est pas forcément le cas de tout le monde, et ça me laisse à penser que ton cas n'est pas encore désespéré.
Il sourit une nouvelle fois à son élève. Harry ne put s'empêcher de remarquer une trace d'inquiétude derrière son apparence chaleureuse. Que lui cachait donc le directeur ?
-Comment ça, « désespéré », professeur ?
Albus haussa les sourcils.
-Ho, je vois, soupira Harry. Encore un de vos fameux « tu le sauras bien assez tôt ». (Il marqua une pause, se rendant compte de son insolence) Excusez moi, professeur. Je suis un peu à cran, aujourd'hui...
Harry se rassit tristement dans son fauteuil, en se mordillant l'intérieur de ses joues.
-Bref...finit-il par murmurer. Que vouliez vous me dire ?
Dumbledore fixa alors intensément Harry.
-Harry. J'ai été mis au courant de ta petite conversation d'avec Severus. Celle d'hier.
Les yeux de Harry s'écarquillèrent, et il se redressa sur son siège.
-Quoi ? Mais comment ?
Car oui, Harry était persuadé que jamais Snape n'aurait été raconter ça au directeur.
-Sache que Poudlard, et tout ce qu'il s'y passe, n'a absolument aucun secret pour moi, répondit-il avec une pointe de fierté. Mais ne t'inquiète pas, se vit-il obligé d'ajouter. Je ne connais pas votre conversation en détail. Je sais simplement que vous avez discuté.
Savoir que le directeur pouvait être au courant de tout ce qu'il se passait dans l'école ne mit pas Harry très à l'aise.
-Donc, Harry, reprit Albus, j'ai été mis au courant de votre conversation. Harry, je suis conscient que tu traverses une période difficile, de doutes, et il est tout à fait normal que tu aies chercher à en savoir plus sur ta mère.
Harry se senti un peu désarmé. Était-il si prévisible ?
-Mais Harry, s'il te plaît. Et écoute moi, c'est extrêmement important.
Dumbledore prit une grande inspiration et capta toute l'attention de son interlocuteur.
-Pour ta propre sécurité, et également pour celle de Severus. Tu ne dois plus t'approcher de lui.
L'espace d'un instant, Harry cru que c'était une blague, et faillit éclater de rire. Mais le directeur était des plus sérieux. Son regard était autoritaire et posé. Rien ne laissait présager une quelconque plaisanterie.
-Mais...pourquoi ? Demanda-t-il. Enfin, pas que ça me dérange de ne plus voir Snape, mais pourquoi ? Vous craigniez qu'un jour, on ne s'entre tue ?
Dumbledore esquissa un sourire.
-Non, Harry. Je sais bien que vous vous aimez trop pour vous entre tuer. (Harry eut un petit rire ironique). Mais voilà. Il se trouve que Voldemort a entendu parlé de la prophétie, celle qui dit que seules tes forces mêlées à celles de ton père pourra le vaincre.
-Il a dû être bien content ce jour là, non ? Savoir que je ne pourrai plus rien faire contre lui...En tout cas, si ça avait été moi, j'aurais été plutôt de bonne humeur.
-Peut-être, reprit sérieusement Albus. Néanmoins, tu sais que Voldemort a toujours accordé beaucoup d'impotence aux prophéties. (Harry hocha la tête) Bien. Et bien, malgré le fait qu'il est sûr et certain que James Potter soit mort, Voldemort ne peut s'empêcher de se dire que cette prophétie doit forcément avoir une signification, sinon, elle n'aurait jamais été prononcée.
-Où voulez vous en venir ?
-Où je veux en venir, poursuivit-il en se passant le main dans sa barbe, c'est que Voldemort est en ce moment même en train de se débarrasser de toutes les personnes qui pourraient potentiellement être ton père.
Harry sursauta.
-Vous voulez dire...Qu'il y a tout de même une toute petite chance pour que je ne sois pas le fils de cet idiot ?
Un éclair de tristesse traversa les yeux du directeur.
-Tu ne t'ai toujours pas remis de cette expérience dans le Pensine de Severus, n'est-ce pas ? Tu en veux toujours à James...C'est dommage, Harry, parce qu'il n'y a absolument, et je dis bien absolument aucune chance pour qu'il ne soit pas ton père.
Harry faillit lui demander pourquoi est-ce qu'il insistait autant sur le « absolument », mais cette question ne lui parut pas d'une importance capitale.
-Voldemort prend simplement ses précautions.
-Attendez, s'emporta Harry. Vous êtes en train de me dire que Voldemort tue en ce moment même des innocents « juste au cas où » ?
Le directeur acquiesça, et Harry fit une moue dégoûtée.
-C'est horrible...Mais je ne vois pas le rapport avec Snape.
-Réfléchis, Harry. Si Voldemort venait à apprendre que toi et Severus entretenez des relations autres que professeur-élève...
-« Autres que professeur-élève » ? Mais qu'est-ce que vous croyez que je fais avec lui ? Fit-il en retroussant le côté supérieur droit de sa lèvre.
Albus gloussa.
-Je crois que l'on s'est mal compris. Je parlais, par exemple, de vos confrontations. Si toi et Severus continuez ces conversations – surtout sur ta mère - et que, par conséquent, vous vous rapprochez, Voldemort pourrait avoir des doutes envers Severus. Il pourrait le tuer.
-Ça serait dramatique...Ricana Harry.
-En effet, Harry, ça serait dramatique pour l'issue du monde sorcier. L'avenir du monde repose aussi bien sur lui que sur toi, et ce d'une manière que tu n'imagine même pas.
Harry leva les yeux au ciel. D'accord, le boulot de Snape était très dangereux – il ne pouvait s'empêcher de l'admirer pour ça – mais bon. Il n'était pas non plus un élément central de la guerre ! Un espion, ça se remplace, non ?
-Est-ce que...finit par demander Harry après une courte réflexion, est-ce que Voldemort ne soupçonne pas déjà Snape ? Après tout, il a eu un enfant avec ma mère peu de temps avant ma naissance, n'est-ce pas ?
-Il t'a aussi raconté ça ? S'écria le directeur d'un air contrarié. Moi qui pensais qu'il n'en parlerait jamais à personne...Surtout pas à toi...Enfin ce qui est fait est fait. En ce qui concerne Morphée, Voldemort ignore son existence. Severus, bien qu'il ait refusé d'offrir une vie cloîtrée sous Fidelitas à sa famille, avait tout de même pris quelques précautions en matière de protection. Il avait jeté à son fils un puissant sort de dissimulation, de sorte à ce que seules quelques personnes – Lily, James, lui même et moi - ne soient au courant de l'existence de Morphée.
-Pourquoi James ? Ils se détestaient !
-Parce qu'il était le meilleur ami de Lily. Et que Severus ne se souciait que du bonheur de sa famille...Qui l'eut cru, de la part d'un être aussi égoïste que lui...Comme quoi, l'amour peut vraiment changer un homme...
Harry ne répondit pas. Bien qu'il n'aurait jamais classé Snape dans la catégorie des personnes généreuses, il n'avait jamais non plus vraiment pensé à lui en tant qu'égoïste. De salop, d'arrogant, de borné, de sarcastique, oui, mais pas vraiment d'égoïste.
-Donc, si je résume, fit Harry, je doit à tout prix éviter Snape, sinon Voldemort pourrait croire que c'est mon père, et donc le tuer.
-Exactement.
Harry haussa les sourcils en hochant la tête.
-Voldemort possède décidément une logique implacable. C'est vrai, il suffit que Snape me demande le sel à la cantine pour faire de lui mon père. CQFD.
-J'ai également tenu le même discours à Severus, reprit Albus sans prêter attention à la remarque de Harry. Si tout ce passe bien, il devrait également t'éviter. Il n'empêche que...
-Que ?
-Il n'empêche que Severus avait l'air très désireux de te parler de quelque chose à propos d'une peluche, il me semble. J'ai réussi à le convaincre de ne pas t'approcher pour autre chose que les cours, mais avec lui, on ne sait jamais. Fais très attention, Harry. Si Severus te pose des questions ou souhaite obtenir un entretient avec toi, invente une excuse. Ou rappelle lui simplement qu'il n'est plus sensé te parler. C'est très important, Harry, promets le moi.
Harry réfléchit quelques instants. Il aurait vraiment aimé savoir pourquoi Snape s'intéressait autant à sa peluche. Mais il ne pouvait pas risquer de compromettre sa vie et celle de son professeur par pur égoïsme. Si Dumbledore lui ordonnait de ne plus approcher Snape, il devait sûrement avoir de très bonnes raisons. Et puis, en qui pouvait-il avoir confiance, si ce n'est en Dumbledore ?
-C'est d'accord, professeur. Je vous promet que je n'essaierai pas de reparler à Snape.
Albus soupira un petit « bien », puis s'installa plus confortablement sur son fauteuil aux couleurs de Gryffondor.
-Voulais-tu me parler d'autre chose, Harry ?
Il hésita.
-Et bien...Vous avez sûrement remarqué que je ne porte plus de lunettes ? Depuis ce matin, ma myopie semble guérie. De plus, d'après Hermione et Ron, mes yeux auraient changé de couleur. Nous avons été demander conseil à Madame Pomfresh, qui nous a dit que cela pouvait peut-être être dû à un effet secondaire de l'Avada Kedavra que m'a lancé Voldemort lorsque j'étais petit, mais nous n'en savons pas plus...
Dumbledore fixa de nouveau Harry, d'un air profondément sage.
-Je ne sais pas, Harry. Mais Pompom a sûrement raison. Tu devrais poursuivre tes recherches dans cette voie. Je te promets de chercher également de mon côté.
-Merci, professeur, fit-il en inclinant légèrement la tête.
-C'est tout naturel, Harry.
Ils sourirent.
-Bien...Je suppose que je peux aller manger, maintenant ? Demanda timidement le Gryffondor.
-Oui, vas-y, Harry. Je ne te retiens plus.
-D'accord, alors, au revoir, monsieur.
Harry sourit de nouveau à son directeur, puis s'engouffra dans l'escalier qui menait au couloir.
Albus se leva et alla caresser son phénix, un air profondément peiné au visage.
-Je suis tellement désolé... « Harry ». Mais il le faut... Pour le Plus Grand Bien.
Les jours passèrent et ne se ressemblaient pas. Ron, après deux journées entières passées à bouder, accepta enfin de s'excuser auprès de Harry. Oui, c'était bien Ron et non pas Harry qui était allé se faire pardonner pour sa conduite légèrement trop impulsive. Ron. En effet, Harry, à force de piques et de remarques acides par-ci par-là, avait réussi à le faire culpabiliser, et avait donc récupéré son meilleur ami sans s'abaisser à quoi que ce soit. Hermione lui avait fait remarqué que ce qu'il avait fait était digne d'un vil Serpentard, mais Harry n'y avait pas prêté attention.
De toute manière, le jeune Gryffondor avait d'autres strongulots à fouetter. Chaque matin, en se regardant dans le miroir, il constatait quelques changements très subtils dans son anatomie : la courbure de ses sourcils qui était à présent moins prononcée, la forme de ses ongles, plus arrondie, la longueur de ses doigts, plus longs et fins, ses yeux, plus sombres – trop sombres. Presque noirs.
Mais ces modifications étaient si discrètes qu'elles ne l'avaient pas tellement frappées au premier abord. Ce n'est que quelques semaines après sa première « modification » qu'il remarqua que quelque chose changeait définitivement en lui.
Il ressemblait toujours autant à James. C'était indubitable. Mais à présent, il semblait également avoir un petit quelque chose de Lily. Un petit air, comme on dit. Comme des légères, très légères taches de rousseur qui étaient apparues sur ses pommettes. Ou son nez, plus retroussé.
Oui, maintenant, Harry Potter n'était plus uniquement la copie conforme de son père. Il était aussi le portrait craché de sa mère. Et cela ne pouvait que le ravir.
Quelque chose le dérangeait néanmoins : aux traits de ses parents venaient se rajouter une troisième personne. Comme s'il n'avait pas été conçu par deux, mais trois individus. Oui, il se faisait définitivement penser à quelqu'un d'autre qu'à Lily ou à James, mais il n'arrivait pas dire qui, et ça l'agaçait.
-Harry ! Viens voir, j'arrive pas à trouver la bonne formule pour le devoir de Défense ! Tu peux m'aider ?
-J'arrive, Ron !
Harry descendit alors dans la salle commune et alla retrouver Ron et Hermione, qui, de toute évidence, peinaient sur leur devoir.
-Alors...Qu'est-ce que vos pauvres et malheureux cerveaux n'ont pas emmagasiné cette fois...
Hermione et Ron lui lancèrent un regard assassin.
-C'est bon, Harry ! S'emporta Ron. Arrête un peu d'être comme ça, y'en a marre !
-C'est vrai, approuva Ginny qui venait de faire son entrée, c'est peut-être drôle au début, mais les remarques sarcastiques, on s'en lasse, tu sais.
-J'en ai pas grand chose à faire que tu te lasses de mon humour. Ce n'est pas de ma faute si tu n'es pas suffisamment intelligente pour le comprendre.
Ginny cligna des yeux, avant d'ouvrir la bouche, puis de la refermer, puis de la rouvrir.
-Tu comptes imiter la carpe pendant encore longtemps où est-ce parce que tu n'as rien à me répondre ? Demanda Harry en levant un sourcil.
-Je...
Ginny paraissait folle de rage. Elle s'approcha de Harry, les larmes aux yeux.
-Avant tu étais quelqu'un que j'appréciais, susurra-t-elle, le nez à deux centimètres du sien.
Elle vit les yeux de Harry se voiler, puis partit en coup de vent dans son dortoir, en claquant la porte.
-Je suis désolée de dire ça, Harry, reprit Hermione en fermant son livre de Défense, mais tu l'as bien mérité.
Il fronça les sourcils.
-Quoi ? Tu crois que je l'ai mérité ! Alors ça, c'est la meilleure ! C'est elle qui me crie dessus et moi qu'on réprimande !
Hermione tapa du poing sur la table.
-NON, Harry ! Ne commence pas en plus à être de mauvaise foie ! Rugit-elle. Remets toi un peu en question ! Tu ne vois donc pas que tout le monde t'évite ! Il n'y a plus que Ron et moi, et si ça continue, tu n'auras plus personne !
-Clair, poursuivit Ron. Harry, je sais pas qui tu veux impressionner en te comportant comme un gros bâtard, mais tu devrais arrêter. Moi, en tout cas, je tiendrai pas longtemps.
-Moi non plus, renchérit sèchement Hermione.
-On ne te reconnais même plus, mon pote ! On dirait...Je sais pas...On dirait que tu te transformes petit à petit en Snape !
-Quoi ?
-Ron a raison, Harry. Je sais que tu cherches par tous les moyens à renier ton père et tout ce que tu as pu en hériter, et je sais que chaque adolescent à besoin d'un modèle pour s'épanouir, mais pour l'amour de Dieu, Merlin, Jésus, Allah, Bouddha, Vishnou et Zeus, ne prend pas exemple sur Snape !
Les deux amis lançaient des regards haineux à Harry, qui leur renvoyait au centuple.
-Parfait, cracha-t-il.
Il tourna les talons, et remonta en direction des dortoirs.
-Harry, on ne voulait pas te blesser, implora Hermione.
-Où tu vas, demanda Ron.
-Je...me lever les cheveux.
-Mais...tu les a lavé hier !
-Je sais, murmura-t-il, et il ne put contrôler la vague de panique qui avait envahi sa voix, mais...Ils sont déjà gras.
Il se retourna vers ses amis qui lui lançaient des regards attristés, puis partit en direction de la salle de bain.
Hermione et Ron avaient raison. Tous les amis de Harry avaient l'air de le fuir – pire!- d'en avoir peur. Il se sentait revenu en deuxième année, lorsque Poudlard au grand complet l'avait pris pour l'héritier de Serpentard.
C'est donc seul, et l'esprit torturé, que Harry sortit un jour de son cours de Défense Contre les Forces du Mal. Comme d'habitude, il était le dernier, mettant toujours un temps fou à ranger toutes ses affaires dans son sac bien trop étroit à son goût. Ce qui signifiait qu'il était seul dans la salle de classe avec Snape, l'Homme-Qu'il-Devait-A-Tout-Prix-Éviter.
-Potter...
Harry sursauta. Il n'avait pas entendu Snape prononcé son nom depuis son entrevue avec Dumbledore, quelques semaines auparavant.
-Professeur ?
Snape - si c'était humainement possible - paraissait anxieux.
-Potter. Je suis entièrement conscient d'être présentement en train de briser la promesse que j'ai faite au directeur, mais...Je dois vous parler. De toute manière, je me fiche éperdument de ma propre sécurité, et la votre n'a pas plus grande valeur à mes yeux.
Harry le fixa avec intensité. Il brûlait d'envie d'en savoir plus. Et tant pis pour Dumbledore. Après tout, la curiosité n'avait-elle pas toujours été son plus grand défaut ? Ça prouvait qu'au moins une chose n'avait pas changé en lui...
Le Gryffondor jeta alors un coup d'oeil à la porte de la pièce, laissée ouverte, et Snape la ferma d'un coup de baguette.
-Vous aimez laisser le choix aux gens, vous...fit remarquer Harry.
-Je ne vais pas y aller par quatre chemins, Potter. Montrez moi votre peluche.
-Je ne l'ai pas sur moi.
-Vous mentez.
-Non !
-Vous mentez encore.
-Pourquoi est-ce que je me trimballerais avec une peluche sur moi ? S'emporta -t-il.
-Pourquoi, en effet, si ce n'est qu'elle possède peut-être une puissante valeur affective à vos yeux...finit Snape dans un rictus.
Harry pâlit.
-Comment vous...
-Montrez la moi Potter.
Snape, comme à son habitude, était impassible. Il était impossible de dire s'il était énervé ou non. Harry se demanda alors pourquoi ses amis le comparaient au professeur : lui était incapable de dissimuler ses émotions.
Il soupira, puis abdiqua. Après tout, que risquait-il ? Snape ne pouvait pas le coller, sous peine de se faire remonter les bretelles par Dumbledore. Il plongea donc sa main dans sa poche, et en sorti la petite poupée de chiffon. Elle était décousue par endroits, ses vêtements étaient pratiquement en lambeaux, mais il s'en fichait. Cette peluche, avec son regard chaleureux et sa vague d'amour qui irradiait de chaque parcelle de son corps était définitivement son bien le plus précieux. Il la tendit avec réticence à Snape, qui la prit très précautionneusement.
Harry vit alors le visage de son professeur s'assombrir. Ses sourcils ordonnés et magnifiquement tracés se froncèrent. Maintenant que Harry y pensait, ses propres sourcils avaient un peu la même forme, à présent. Il chassa cette pensée de son esprit.
-Où...souffla Snape avec une émotion que le Gryffondor ne pensait jamais entendre dans la voix de son professeur, où avez-vous eu cette poupée ?
Il haussa les épaules.
-Je ne savais pas que vous vous intéressiez autant aux peluches, professeur. Est-ce dans le but de combler un quelconque manque affectif ?
Harry ne savait absolument pas pourquoi il avait dit ça. Mais il l'avait dit. Et il s'en voudra sûrement pendant longtemps. Utiliser le plus grand malheur de Snape contre lui afin de le blesser, c'était vraiment très bas. Et quand il y repensait, même Snape lui même ne s'était jamais moqué de son enfance difficile, de la mort de ses parents, ou d'autres choses qui auraient pu véritablement blesser Harry. Merlin, était-il devenu encore plus méchant que Snape ? Non...Simplement plus immature.
Bref, après cette remarque, Harry s'attendait à un recevoir au moins un Doloris de la part du professeur, mais rien ne vint.
-Où avez-vous eu cette poupée, Potter, répéta-t-il d'un ton monotone.
Harry cligna des yeux.
-De ma mère. Je l'ai depuis ma naissance, répondit-il, étonné.
-Votre mère...Vous...Vous êtes sûr ?
Sur ces mots, Snape releva la tête vers Harry. Le jeune homme eut un mouvement de recul, tant il avait été surpris par l'incommensurable tristesse qui émanait du professeur. Il semblait encore plus détruit que la nuit où Harry l'avait surpris en pleine conversation avec Dumbledore, juste avant d'apprendre que Snape avait eut un fils qui s'était fait tué par des Mangemorts.
Un fils...
Mais oui ! L'étrange réaction de Snape face à une simple peluche ne pouvait être que liée qu'à Morphée !
-Professeur...Est-ce que par hasard...Cette peluche était la propriété de...(il prit une inspiration) Morphée, avant d'être la mienne ?
Snape ne répondit pas. Il tenta simplement de se reprendre. Il se passa la main sur son visage, puis toisa Harry en lui tendant la peluche.
-Tenez, Potter. J'ai tout ce que je voulais savoir.
Harry récupéra son dû. Snape lui tourna le dos, et alla s'accouder à l'une des fenêtres de la salle.
-Pff...soupira-t-il sèchement. J'ai été trop bête de penser qu'elle pourrait m'aimer autant que moi je l'aimais. Comment ai-je pu être aussi niais ! Quand on dit que l'amour rend aveugle...
Harry comprit que Snape était en plein soliloque, et se contenta de l'écouter en silence.
-J'aurais dû le comprendre lorsqu'elle m'a remplacé par ce Potter quelques jours après mon enrôlement chez les Mangemorts. Mais son fils ! Son propre fils !
Snape, bien qu'il ne criait pas, bouillonnait de rage.
-Oser donner la peluche de son premier fils à son deuxième ! Non...Oser faire un deuxième enfant quelques semaines seulement après la mort du premier !...Jamais je n'aurai cr- ...
Soudain, Snape se stoppa dans sa réflexion. Il se figea, comme s'il venait de prendre conscience de quelque chose d'important. Il se tourna lentement vers Harry. Le sang de ce dernier ne fit qu'un tour.
-Heu...Oui...Je m'en vais, prof-
-Restez là, Potter ! Cria-t-il.
Harry obéit et ne bougea plus d'un pouce. Snape se rapprocha de lui, intrigué.
-Comment...Comment pouvez vous être en sixième année, Potter ?
-Pardon ?
-Lily est partie avec James Potter quelques jours après la mort de Morphée... Nous étions en Septembre. Si elle vous a eu neuf mois plus tard, vous devez être né (il fit un rapide calcul mental) en juin...Vous devriez donc être en cinquième année...
Harry n'y comprenait plus rien. Il n'était pas né en juin, mais en juillet ! Il n'empêche que le raisonnement de Snape tenait la route. Quelque chose clochait dans cette histoire.
Soudain, Snape explosa de rage.
-RHA ! Il n'y a qu'une seule explication ! Lily a dû me tromper avec ce crétin arrogant, et a eut un enfant – (il fusilla Harry du regard) vous – alors qu'elle était mariée avec moi ! Je n'aurai pas dû lui fait confiance ! Après tout, elle était la gardienne du secret de James, et pouvait donc lui rendre visite quand elle le voulait ! La salo-
-Professeur ! Je vous interdit de dire du mal de ma mère !...En plus, votre histoire n'est pas cohérente. Comment ma mère aurait-elle pu avoir deux enfants - moi et Morphée – en même temps ?
-Les jumeaux, ça existe, Potter. Vous savez, comme ces abrutis de Weasley.
-Vous voulez dire qu'elle aurait fait passé Morphée pour votre fils alors qu'il était en vérité mon frère jumeau caché ? Excusez moi, mais on est pas dans Chaudrons et Sentiments.
Snape croisa les bras.
-Vous avez une autre explication ?
Harry, après réflexion, hocha la tête en signe de négation.
Snape pesta puis s'assit brutalement au pupitre le plus proche, les mains crispées sur le bureau en bois. Il n'avait pas l'air de savoir s'il devait être triste ou en colère.
Harry posa alors ses yeux sur sa poupée, afin de recevoir un peu de réconfort.
Cette simple action allait changer sa vie.
La poupée n'exprimait plus une expression de bonheur intense, comme à son habitude. Non. Ces yeux noirs étaient plissés, et son sourire s'était changé en espèce d'expression amère. Elle ne renvoyait plus ni joie, ni bonheur. Elle semblait vide, éteinte.
-Snape...se dit Harry à lui même. Il n'y avait plus aucun doute ! La poupée était à l'effigie de Snape ! Comment n'avait-il pas pu le remarquer plus tôt ? Et lorsque ce dernier l'avait touchée, elle avait dû s'imprégner se ses sentiments et ainsi modifier son expression, afin de mieux correspondre au personnage...
Ce qui signifiait que Snape avait déjà tenue cette peluche auparavant, lorsqu'il était encore heureux. Et Lily lui avait offert une poupée Snape. Une poupée de son ex-mari Mangemort.
Pourquoi aurait-elle fait cela... ?
Et pourquoi cette peluche lui renvoyait tant d'amour, à lui et à lui seul (il l'avait déjà prêtée à Ron un jour de déprime mais il n'avait absolument rien ressenti)...
Pour résumer, pourquoi sa mère lui aurait-elle donné une poupée à l'image de son ex-mari Mangemort impregnée d'amour Snapien ?
...A moins que...
Ooooh... nooon...Pensa Harry, soudain envahi d'un affreux, AFFREUX doute.
-Professeur ? S'écria Harry, pris de panique.
-Laissez moi mourir, Potter.
-Professeur, quelle est la date d'anniversaire de Morphée ?
Snape hésita avant de répondre.
-31 Juillet .
Le sang d'Harry ne fit qu'un tour.
Le...Le même jour que moi, pensa-t-il en tremblant...Mais alors, ça veut dire que...que soit Morphée est mon frère jumeau, mais alors je ne vois pas pourquoi ma mère m'aurait légué une poupée-Snape, soit...soit...je suis...
-LE SALOP ! Hurla Harry en partant d'un pas précipité hors de la salle de Défense.
-Qu'est-ce qui vous prend, Potter ?
-Rien du tout, hurla-t-il avant de refermer violemment la porte, sous le regard suspicieux de Snape.
...J'ai juste un vieil homme à tuer.
Woah. Harry a enfin découvert la vérité. Sev, en revanche, c'est pas gagné. "bouh, Lily m'a trompée ! Bouh je suis triste" Non mais franchement ! je sais qu'il ne tient qu'à moi de les faire -ou non- longs à la détente, mais quand même !
