Et voilà comme promis, un nouveau chapitre pour cette section de oneshots^^

L'idée m'est venue en me disant que pour une fois, ce serait Amu le vampire au lieu que ce soit pour la énième fois Ikuto. Et puis, je sais plus trop comment d'ailleurs, j'ai pensé à cette maladie "Xeroderma Pigmentosum" que l'on connait comme la maladie des enfants de la lune. Je me suis dis que ça serait une bonne idée et puis voilà quoi^^

Ce oneshot est un peu long par contre, mais j'avais vraiment envie de développer tout ça.


Summary: Amu se réfugie dans la cave d'Ikuto et Utau pour se protéger sur soleil. Sa vie et celle du bleuté vont bientôt prendre un tournant déterminant.


DISCLAIMER: I DO NOT OWN SHUGO CHARA! NOR THE CHARACTERS!


Les enfants de la lune

Si seulement elle avait écouté ses amis. Si seulement elle n'avait été aussi butée cette nuit-là, elle ne serait pas là, pratiquement au milieu de nulle part à paniquer. Le soleil était en train de se lever lentement, et elle n'avait plus le temps de retourner en ville se cacher. Elle avait peur, très peur même. Elle avait vu une fois ce que le soleil faisait aux gens comme elle et ses amis, et croyez bien qu'elle ne voulait pas mourir de la sorte.

Pour ceux qui se demanderaient encore, Amu est un vampire. Comme les animaux de la nuit, elle dort le jour et sort la nuit, et ce soir, elle avait voulu aller plus loin que d'ordinaire, voir la mer et le reflet de la lune dans celle-ci. Découvrir de nouveaux horizons que ceux qu'elle ne connaissait que trop bien. Et voilà qu'elle n'avait pas vu le temps passé et se trouvait en plein sur la trajectoire du soleil, prête à se faire brûler par ses rayons meurtriers. La personne qui avait souffert du soleil dans le passé, un membre de leur tribu, était arrivé le corps couverts de brûlures dû au soleil et il n'avait pas réussi à s'en tirer malgré les soins qu'on lui avait prodigués.

Elle continuait de courir, essayant de distancer son ennemi, quand elle vit une maison au bas de la colline, presque au milieu de nulle part, si ce n'était le chemin cimenté y menant. Sans hésitation, elle se laissa glisser jusqu'en bas et courut jusqu'à se cogner contre le mur puis reprit son souffle. En regardant sur sa droite, elle vit les premières ombres apparaitre et soupira de soulagement, avant de regarder la façade de cette gigantesque maison. Le soleil viendrait éventuellement passer par-dessus la maison, et elle ne pourrait pas l'éviter indéfiniment. Si les habitants la voyaient, que penseraient-ils d'ailleurs ? Elle secoua la tête et reprit son inspection de l'endroit. Toutes les fenêtres étaient fermées par des volets, sans exception.

-Il n'y a donc aucune entrée ?

Puis elle baissa les yeux et vit au coin une petite lucarne à hauteur du sol. Elle s'y précipita et la poussa, pour la voir s'ouvrir. Elle sourit puis se concentra et prit une profonde inspiration. Une personne seine d'esprit se serait alors frotter les yeux, car au lieu de la rosette se trouvait un chat blanc, qui entra par la lucarne. Une fois à l'intérieur, Amu reprit sa forme humaine et regarda alentours. Ses yeux lui permettant de voir dans l'obscurité, elle distingua l'endroit où elle avait atterrit. Entre autre, une cave. Elle se dirigea vers la porte qu'elle voyait et l'entrouvrit, passant un œil pour voir. Visiblement, cette porte donnait directement sur l'entrée, un couloir donnant sur un endroit où des fauteuils et un canapé étaient installés. Elle ouvrit plus la porte, mais se ravisa en entendant un cri aigu. Elle referma la porte avant d'entendre une femme hurler.

-Ikuto ! Le chauffe-eau vient encore de sauter ! Va à la cave le rallumer !

-Ouais, ouais, j'y vais.

Les cheveux sur la tête de la rosette se dressèrent. La cave ? Mais c'était la qu'elle se trouvait. Elle redescendit rapidement les escaliers et regarda frénétiquement pour une cachette, aussi petite soit-elle. Elle entendit les pas arriver et courut derrière ce qui semblait être la machine à laver. La lumière s'alluma et elle se fit aussi petite que possible, tremblant de peur. Si les propriétaires la jetaient dehors maintenant, elle allait mourir. Elle regarda lentement un jeune homme passer sur le mur en face, à quelques mètres d'elle, ouvrir un boitier et appuyer sur un bouton. Des lumières colorées s'allumèrent sur le moniteur et il soupira en fermant le boitier.

-Il faut absolument appeler un dépanneur…

Il tourna les talons et se dirigea vers la porte. Amu se permit un soupire quasi inaudible, lorsqu'elle sentit son genou lui faire mal et sursauta, faisant tomber quoi que ce soit qui était derrière elle, l'entraînant sur le sol. Elle grimaça de douleur et essaya de se dégager mais la chose était trop lourde, jusqu'à ce que le poids disparaisse de lui-même. Elle se tourna et vit le jeune homme, qui la regardait avec inquiétude.

-Est-ce que ça va ? Vous vous êtes fais mal ?

-J-je vais bien… aie !

Elle sentit une douleur à l'arrière de la tête. Il ne lui fallut pas longtemps avant de comprendre que la chose qui l'avait mise à terre lui avait aussi cogné la tête. Elle porta sa main à l'arrière de son crâne et serra les dents. Elle sentit alors la main du jeune homme sur la sienne et se tourna vers lui. Elle se sentit alors rougir. Elle le voyait maintenant bien, et il était simplement craquant. Ses yeux brillants comme ceux d'un chat entre autre. Il l'aida à se relever et la conduisit jusqu'à la cuisine, la fit asseoir et sortit de la glace.

-Tenez, pour votre bosse, dit-il en lui tendant.

-M-merci…

Elle le plaça donc là où elle souffrait, puis tourna ses yeux vers l'inconnu.

-S'il vous plait, ne me jetez pas dehors. J… je ne peux pas sortir avec ce soleil…

-Le soleil ?

-Je… à vrai dire, je…

-Vous êtes atteinte de Xeroderma Pigmentosum, n'est-ce pas ?

Elle leva les yeux vers lui et écarquilla les yeux. Qu'est-ce que c'était que ce truc-là ?

-Heu…

-Ma sœur et moi aussi l'avons. C'est pour ça que toutes les fenêtres sont fermées.

Amu regarda la pièce et vit qu'en effet, aucun rayon de soleil ne pouvait passer, pas même un millimètre. Elle écarquilla les yeux en se souvenait alors d'une discussion qu'elle avait eus autrefois avec ses amis.


La rosette regardait la télévision avec son amie Yaya, elle zappa sur une chaine juste au moment où une émission venait de se finir. Elle se tourna vers ses amis, curieuse.

-Dites, c'est quoi « les enfants de la lune » ? Ils en parlaient dans cette émission.

-Oh, les enfants de la lune, c'est le nom qu'on donne aux humains qui ne supportent pas le soleil, expliqua Kairi.

-Ah bon ? Ils n'aiment pas le soleil, demanda Yaya par-dessus le canapé.

-Non, c'est plus compliqué. En fait, ils ont une maladie génétique qui les empêche de s'exposer au soleil. Ils sont comme nous de ce côté-là, fit Nagihiko.

-Comme nous ?

-Certains pensent qu'ils sont des descendants de vampires, mais leurs pouvoirs ont disparu, alors que leur intolérance aux rayons UV est restée dans leurs gènes, dit Kairi. Du moins, c'est ce qu'on raconte.

-Alors, s'ils s'exposent au soleil, ils meurent ? demanda Amu.

-Oui. Mais pas de brûlures comme nous. Un cancer de la peau les tue en général.

Amu baissa les yeux, se sentant tristes pour ses gens.


Elle baissa les yeux, se rappelant ce douloureux sentiment qu'elle avait ressenti à l'époque. Oui, c'était terriblement triste. Ne pouvoir sortir que la nuit était une chose bien cruelle. Les magasins étaient tous fermés la nuit, les seuls distractions étaient alors pour elle les boites de nuit, les parcs d'attractions et les restaurants. Elle devait commander ses vêtements sur internet, sans pouvoir les essayer comme elle le voudrait, elle ne pouvait pas voir du monde dans les rues parce qu'elles étaient désertes lorsqu'elle sortait. Elle releva les yeux et rencontra ceux du jeune homme, la surprenant, elle manqua de tomber par terre.

-Q-quoi ?

-Désolé, c'est la première fois que je rencontre quelqu'un comme moi, c'est assez nouveau.

Elle hocha la tête tandis qu'il s'installait à côté d'elle. Elle détourna le regard, cherchant un sujet de discussion pour combler le vide qui s'installait. Elle se retourna vers lui.

-A-au fait, je m'appelle Amu. Et toi ?

-Ikuto. Ma sœur au 1e est Utau. Elle ne devrait plus tarder à descendre, elle va se mettre un de ses trucs de beauté qui est dans le frigo.

-Un masque de beauté ?

-Si tu savais, soupira-t-il.

Et comme dit, une jeune femme descendit rapidement les escaliers, contourna le comptoir de la cuisine et ouvrit le frigo sans même jeter un œil à la table où se trouvait les deux jeunes. Elle sortit une bouteille en verre contenant un liquide blanchâtre et se tourna vers son frère, pour finalement voir la rosette.

-Dites-moi que je rêve…

-Je veux bien, mais ce serait te mentir, fit-il avec un sourire narquois.

La blonde, dont les cheveux encore humides descendaient en cascade dans son dos, se rua vers la rosette et l'examina un cours instant.

-Et depuis quand tu ramènes tes conquêtes d'internet à la maison ?

-Utau, pour la énième fois, je ne discute avec personne sur l'ordi, et je ne l'ai pas invité, elle s'est refugiée ici.

-Réfugiée ? Elle est pourchassée ?

-Non, elle est une enfant de la lune elle aussi.

La blonde se tourna et regarda à nouveau la rosette, qui se sentit tout à coup assez mal à l'aise.

-B-bonjour…

-Et bien, fait comme chez toi. Mais TOI, dit-elle en pointant son frère. Tu as intérêt à bien te comporter avec elle.

-Tu sais que je suis un gentleman, répliqua-t-il avec son sourire sournois.

-Oh non, tu ne l'es pas… Toi…

-Amu, fit-elle en s'enfonçant dans sa chaise.

-S'il te fait quelque chose que tu ne veux pas, hurle. Je lui remettrais les mains en place, dit-elle, les yeux enflammés.

La rosette pinça les lèvres de peur et hocha la tête. Utau bailla puis remonta dans sa chambre en claquant la porte.

-Ne t'en fais pas, je ne suis pas le genre de type qu'elle t'a décrit. Et pour être franc…

Il se leva et se dirigea vers le salon avant de tourna sa tête vers elle.

-Tu es la première fille que je rencontre. Hors de la famille je veux dire.

Elle se contenta de hocher la tête et le rejoint. Il prit le téléphone et appela un réparateur pour le chauffe-eau. La rosette attendit avec lui puis l'attendit après qu'il soit descendu avec ledit réparateur dans la cave. C'était étrange pour elle ce sentiment de solitude, elle qui était toujours avec ses amis d'ordinaire. Pour la première fois depuis la mort de ses parents, elle avait l'impression d'être seule au monde, qu'elle ne comptait pour personne et que si elle mourrait, personne ne s'en rendrait compte.

Elle enfouit sa tête dans ses genoux, se rappelant l'époque dorée où elle était encore avec sa famille, deux siècles plus tôt. Maintenant que l'âge maudit où les sorcières, vampires et autres créatures légendaires étaient traqués à mort était finie, ses parents lui disaient souvent que rien ne pourrait les séparer. Et pourtant, à cette époque encore des chasseurs de vampire existaient, et ses parents ainsi que ceux de ses amis, tous avaient été massacrés lors d'un assaut sur leur communauté. Adultes et enfants comprit, ils étaient une cinquantaine. Après ce terrible jour, il n'était plus qu'une quinzaine. Pour ne pas éveiller les soupçons, ils s'étaient séparés en trois groupes, allant chacun là où leurs chances de survie étaient les plus grandes. Amu se souvenait encore avec dégoût que trois personnes de sa famille étaient mortes, sa mère attendant un bébé qu'elle ne verrait jamais.

Elle sentit une main sur son épaule et releva ses yeux, remarquant qu'ils étaient embués de larmes. Ikuto s'assit à côté d'elle et posa la tête d'Amu contre son épaule, lui caressant les cheveux.

-A quoi est-ce que tu penses ?

-M-mes p-parents… Ils s-sont morts quand j-j'étais petite.

-Désolé. Je sais ce que tu ressens. Les notre sont morts il y a 5 ans maintenant. Accident de voiture…

-Je suis dé-désolée, dit-elle en redressa sa tête.

Il soupira lourdement. Elle enfouit son nez dans sa chemise et ne put se retenir de pleurer. Cela faisait si longtemps, et pourtant la cicatrice dans son cœur était encore ouverte. Elle s'interdisait d'y penser, parce qu'elle savait qu'elle ne tiendrait pas si elle se souvenait, mais jusqu'à présent, elle avait toujours été entouré de ses amis, oubliant malgré elle ses douloureux souvenirs. C'est pourquoi, maintenant qu'elle était seule, elle craquait. La main d'Ikuto passa sur son dos et dans ses cheveux, il lui murmura que ça allait. Elle se sentit apaisée et en sécurité, le jeune homme la serrant fort dans ses bras.

Elle se réveilla alors dans un lit, dans une chambre qu'elle ne connaissait pas. Elle le savait avant même d'ouvrir les yeux. Elle connaissait l'odeur de son lit et de ceux des autres, mais celui-ci ne lui disait rien. Elle ouvrit lentement les yeux et vit Ikuto en face d'elle, endormit. Elle se redressa lentement, pour ne pas le réveiller et l'observa. Comme il avait l'air jeune et sans défense maintenant, comme un enfant attendant le retour de ses parents. Amu pencha la tête sur le côté, peut-être que c'était le cas. Elle inspecta rapidement la chambre, notant immédiatement l'absence de photos, posters et autres images, ainsi que peu d'effets personnels sur les murs ou les rares meubles, et enfin la couleur bleu sombre de la chambre. La chambre d'Amu était blanche avec des bandes roses, des photos d'elle et ses amis partout, des posters de ses groupes préférés sur les murs et, généralement, une bonne partie de sa garde-robe dispersée partout.

-Réveillée ?

Elle se retourna et le vit se redresser à son tour.

-Oui. J'ai dormi longtemps ?

Il se tourna, consulta le réveil sur sa table de chevet et la regarda.

-Environs 4h. On peut encore dormir, il n'est que 13h.

Elle hocha la tête et se remit sous les draps, le bleuté la suivant. Il la fixa, et elle le regarda, trouvant gênant qu'il l'observe avec autant d'insistance.

-Hé, je ne veux pas réussir à m'endormir si tu me fixes comme ça.

-Tu m'as bien regardé dormir tout à l'heure

-C-c'était différent !

-En quoi ? demanda-t-il en s'approchant dangereusement d'elle.

Elle essaya de se reculer mais le mur l'en empêcha. Elle rougit, se demandant ce qu'il allait lui faire. Elle n'avait que peu d'expérience avec les hommes, mais elle savait qu'ils se comportaient souvent mal quand ils pensaient qu'une femme voulait coucher avec eux. Amu se redressa et se retrouva coller dos au mur, le bleuté s'approchant encore d'elle. On aurait dit un chat curieux observant un nouveau jouet juste avant de commencer à le malmener. Elle pouvait sentir le sang dans ses oreilles, entendant chaque battement de son cœur, tandis qu'il approchait dangereusement son visage d'elle, comme s'il allait l'embrasser. Elle ferma les yeux et détourna la tête. Quelques instants s'écoulèrent, jusqu'à ce qu'elle sente sa main sur sa joue. Elle ouvrit lentement les yeux et le vit, à seulement quelques centimètres de son visage. Elle rougit.

-Tu as une peau superbe. On dirait presque que tu n'es pas malade…

-M-mais toi aussi, tu as une belle peau, bredouilla-t-elle.

-Parce qu'Utau me force à en prendre soin…

Il caressa sa joue. Inconsciemment, elle pencha sa tête contre sa main, des larmes réapparaissant dans ses yeux. Plus personne ne lui avait caressé la joue depuis la mort de sa mère, ce simple touché ramenant tant de souvenirs.

-Ça suffit. Ne pleure plus, dit-il gentiment. Peu importe ce qui s'est passé, tu dois l'oublier et aller de l'avant.

Elle le regarda, et il manqua un battement de cœur tant elle était adorable. Ses yeux encore humides et ses joues rosées, c'était la première fois qu'il voyait quelqu'un avec une expression aussi mignonne. Elle sourit, laissant couler une dernière larme sur sa joue.

-Oui, tu as raison.

Machinalement, il leva sa main et sécha cette larme. Amu le regarda, ses joues encore roses, alors qu'il n'arrivait pas à retirer ses yeux de ceux de la rosette, c'était comme s'il était obligé de la regarder. Il s'approcha encore d'elle. Amu ne bougea pas cette fois, elle avait le sentiment qu'elle pouvait lui faire confiance, elle le lisait dans ses yeux. Il posa son menton sur son épaule, un bras derrière son dos.

-C'est la première fois que je rencontre une fille, je ne sais pas comment me comporter…

Elle posa sa tête contre la sienne et enroula ses bras dans le dos du bleuté.

-Je n'ai pas plus d'expérience avec les hommes, je les aie toujours évités…

Il la serra contre lui et elle en fit de même. Ils restèrent ainsi dieu sait combien de temps, juste à sentir la chaleur de l'autre contre soit avec tendresse. Mais finalement, ils se refirent face, le bleuté caressant à nouveau sa joue.

-Tu es si jolie…

Elle rougit tendrement et baissa les yeux, touchée. Il se pencha vers elle et déposa un baiser sur sa joue, puis un autre avant de passer à l'autre joue. La rosette tourna la tête et posa à son tour ses lèvres sur la joue du bleuté, qui sourit. Elle enroula ensuite ses bras autour de son cou et enfouit son nez dans son cou, tandis qu'il la serrait dans ses bras avec force et douceur.

-Est-ce que c'est normal d'être aussi bien avec une personne qu'on connait seulement depuis quelques heures ? demanda Ikuto.

-J'en sais rien… Je sais seulement que je veux rester comme ça.


C'est plus tard dans la soirée, quand Kukai, le petit-ami d'Utau, arriva que le couple trouva le bleuté et la rosette dans le lit, dans les bras l'un de l'autre. Si Utau ne lâcha pas les deux jeunes au sujet de la scène touchante qu'elle avait vu, Kukai suivit sa petite amie jusqu'au rez-de-chaussée les mains dans les poches, la laissant embêter son frère. Ikuto lui envoya une chaussure, qu'elle évita avec souplesse, puis prit ses clés et tira son petit ami dehors en rappelant à son frère qu'il y avait des préservatifs dans le tiroir de sa table de nuit. La deuxième chaussure de la paire s'étala contre la porte que la blonde venait de fermer. Kukai la regarda fixement, essayant de la faire culpabiliser.

-Tu as été lourde, c'est la première fois qu'il rencontre une fille, ne lui fais pas croire qu'elle devrait se sauver.

-Elle ne s'en ira pas, elle avait l'air trop bien tout à l'heure quand on les a trouvé, dit-elle en allant vers la voiture du brun.

-Tu crois qu'elle pourrait le faire sortir ? demanda-t-il en attachant sa ceinture.

Utau en fit de même mais resta silencieuse. Elle regarda fixement ses talons aiguilles avant de se tourner vers le jeune homme.

-Sincèrement, je pense que non… mais j'espère quand même que quelque chose change en lui.

Il soupira et mit la clé dans le contact, les emmenant en ville pour une fête.

Dans la maison, Ikuto regardait dans le frigo à la recherche du petit déjeuner. Son estomac gargouillait bruyamment. Mais en haut, dans la chambre, Amu avait faim elle aussi, mais de sang. Voilà presque 24h qu'elle n'avait pas pu sucer de sang, et ses crocs devenaient dangereusement acérés. Elle se leva et, du haut de la terrasse, vit Ikuto disposant des assiettes et couverts sur la table pour eux deux. Elle repéra sa nuque et sentit son odeur, qui la fit saliver.

-Non… je n'ai pas le droit de lui faire ça après ce qu'il a fait pour moi…

Elle s'appuya contre la rambarde, s'interdisant de penser à nouveau au bleuté comme son repas, puis se redressa et descendit joyeusement retrouver le jeune homme à table. Il lui sourit.

-Qu'est-ce que tu veux manger ? On a de tout, n'hésite pas à demander.

Elle sentit son cœur battre la chamade, lui indiquant que ce qu'elle voulait était lui. Elle sourit à son tour.

-Des œufs sur le plat !

Il hocha la tête et tourna les talons. Amu vit à nouveau sa nuque et du se retenir de lever son bras afin de l'immobiliser. Si elle s'approchait de lui, elle allait perdre le contrôle d'elle-même. Elle s'assit et se força à regarder la télé éteinte jusqu'à ce qu'il arrive et pose une assiette devant elle. Elle s'obligea à ne pas le regarder, mais le remercie.

-Je vais faire des toasts, c'est bon avec des œufs.

Il tourna à nouveau les talons, mais cette fois la faim lui tiraillait trop les entrailles. Elle se leva et le suivit derrière le comptoir. Il amorça le toaster puis sentit la jeune femme dans son dos. Elle agrippa fermement son t-shirt, son nez entre ses omoplates.

-Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il.

Il se retourna et elle enfouit son nez dans son torse.

-Ikuto, gomen… Hontoni gomene !

Il écarquilla les yeux et posa une main sur sa tête, quand il entendit la porte fenêtre du salon s'ouvrir. Il vit un groupe de personne entrer.

-Amu-chan, yamero ! lança un garçon aux longs cheveux violets.

Ikuto eut à peine le temps de se demander qui ils étaient qu'il sentit une douleur ferme dans son cou. Amu venait de planter ses petits crocs dans son cou, suçant son sang. Elle le lâcha après environs une minute et il s'effondra sur elle. Elle le retint de tomber et l'adossa contre le four éteint. Ses amis arrivèrent derrière elle.

-Amu ! On s'est fait tant de soucis pour toi, fit Rima en lui sautant au cou.

-Je sais, je suis vraiment désolée…

-Tu vas bien, c'es l'essentiel, dit Tadase en lui offrant une main pour se relever.

-Mais où est-ce que tu t'es caché toute la journée ? demanda Nagihiko.

-Ce garçon et sa sœur m'ont laissé passer la journée ici.

Elle jeta un œil à Ikuto, évanouit. Elle s'approcha de lui et s'accroupit. Elle soupira lourdement puis caressa les marques de ses crocs, qui disparurent instantanément, puis elle se redressa.

-Bon, il est temps de partir alors, dit-elle d'un ton faussement joyeux.

-Oui, si cet humain se réveille, on aura du mal à tout lui expliquer, dit Rima.

Le groupe sortit donc, mais Amu s'immobilisa à la porte fenêtre et regarda en arrière. Elle se sentait si mal de laisser Ikuto seul après ce qu'elle avait fait. Il l'avait laissé dormir chez lui, dans son propre lit et offert son petit déjeuner, tout ça pour qu'elle le morde sans demander son avis. Elle avait honte, c'était le cas de le dire.

-Amu-chi ! Dépêche-toi ! Le soleil se lève plus tôt l'été et Yaya veut danser avant qu'il ne se lève !

Elle plaça un faux sourire sur son visage et se tourna vers ses amis.

-J'arrive !


Voilà déjà 3 jours qu'elle avait quitté la maison d'Ikuto sans laisser le moindre mot, la moindre explication. Elle se sentait terriblement coupable et honteuse alors qu'elle se trouvait dans cette boite de nuit branchée avec ses amis. Eux dansaient ou étaient caché dans un coin à sucer le sang d'un inconnu, alors que la rosette restait à la table qu'ils avaient réservés, buvant un cocktail. Elle repensait sans arrêt à Ikuto et n'arrivait plus depuis à mordre quelqu'un d'autre. La dernière personne qu'elle avait failli mordre s'en était finalement sortit sans aucune morsure. La jeune femme regarda autour d'elle, Rima était traînait sur la piste par Yaya, qui la malmenait, alors que Nagihiko et Kukai papotaient avec deux jeunes filles. Tadase était hors de son champ de vision, probablement à mordre quelqu'un. Elle se leva et sortit de la boite, le vent frais du soir faisant voleter ses longs cheveux dans son dos. Elle soupira en regardant la lune, qui lui rappelait désormais à chaque regard le bleuté qui ne pouvait voir le soleil, tout comme elle. Elle sentit bientôt une main sur son épaule et se retourna.

-Nagihiko ?

-Quelque chose te préoccupe Amu-chan. Nous l'avons tous vu.

Elle détourna le regard mais se tourna vers lui.

-Tu sais… le garçon qui m'a sauvé l'autre jour…

-Celui qui est atteint de Xeroderma Pigmentosum ?

-Je regrette de l'avoir mordu comme ça… je ne voulais pas lui faire de mal, je me sens si coupable…

Nagihiko se contenta de la regarder tandis qu'elle avait les larmes aux yeux. Evidemment qu'elle se sentait coupable. On ne mord pas les gens comme ça, il y a des règles de politesse, même chez les vampires. Il soupira à son tour et prit la rosette dans ses bras.

-Si tu te sens si mal, alors il faut t'excuser. Quitte à ce qu'il te crie dessus.

Elle hocha la tête contre son épaule, se détacha de lui et se mit à courir jusqu'à la maison des Tsukiyomi. Une fois qu'elle l'eut en vue, elle s'arrêta, reprenant son souffle. Elle descendit lentement la colline, se préparant à être aussi bien pardonnée que jetée dehors. Elle soupira en arrivant devant la porte fenêtre du salon. Elle l'ouvrit mais ne vit personne. Le rez-de-chaussée était plongé dans l'obscurité, mais elle voyait de la lumière provenant de la chambre du bleuté à l'étage. Elle avala sa salive, referma la vitre derrière elle et commença à se diriger vers la chambre.

Elle monta lentement les escaliers mais s'arrêta une fois en haut, se demandant tout à coup si c'était une bonne idée. Ikuto allait probablement essayer de la faire sortir de force et elle risquait de le blesser en voulant l'en empêcher. Elle soupira lourdement et descendit une marche quand elle entendit une porte s'ouvrir. Elle se tourna et vit Ikuto qui la regardait avec une expression quelconque sur le visage. Elle avait l'impression qu'il la regardait avec indifférence pour la punir. Elle essaya de détourner les yeux mais elle ne pouvait pas, comme s'il avait jeté un sort pour qu'elle ne puisse plus bouger. Finalement, il fut le premier à bouger, s'approchant d'elle. Elle se tourna vers lui, remontant au sommet des escaliers. Il se plaça devant elle, la dominant de toute sa hauteur. Inutile de dire qu'elle avait tout à coup peur qu'il la pousse dans les escaliers, juste pour vérifier qu'elle était bien un vampire. Elle avait connu quelques décennies plus tôt une jeune fille qui n'avait pas hésité à pousser Rima du haut d'un immeuble pour être certaine qu'elle était bien un vampire et qu'elle avait bien mordu son petit ami. Les adolescents étaient tous si méchants parfois.

Quand il se pencha précipitamment vers elle, Amu essaya d'esquiver sur le côté mais ne réussit pas. Cependant, elle ne s'attendait pas à ce qu'Ikuto la mette sur son épaule et l'emmène dans sa chambre. Il la jeta presque sur le lit et ferma la porte à clé. Elle se redressa et lui fit face.

-Ikuto ! Même si tu me détestes pour ce qui s'est passé, je ne t'autorise pas à me…

-M'autoriser ? lui dit-il par-dessus son épaule.

Elle recula d'un pas, ne sachant vraiment pas ce qu'il avait en tête. Il se tourna vers elle et approcha d'un pas décidé, lui attrapa les bras et la plaqua contre le lit.

-I-Ikuto !

-Essaye de m'empêcher de faire ça…

Elle le vit descendre jusqu'à son cou, le lécher puis sentit les dents du bleuté la mordre. Outre la honte de se faire mordre par un humain, elle sentit la gêne monter à ses joues et le repoussa.

-Non mais ça va pas ? Tu es cinglé !

Il se contenta de la regarder, un éclair de tendresse dans ses yeux. Elle détourna la tête, prête à pleurer sous le coup de la colère et se leva. Elle put à peine toucher la poignée de la porte qu'il posa sa main contre celle-ci, l'empêchant de l'ouvrir.

-Laisse-moi sortir.

-Tu es revenue juste pour repartir aussi vite que la dernière fois ? C'est très cruel.

Elle tourna la tête vers lui.

-Je n'aurais jamais du revenir… Maintenant, laisse-moi.

Il lui attrapa une nouvelle fois le bras, la plaqua dos à la porte et colla son front contre le sien, plongeant son regard dans celui de la rosette. Il avait maintenant ses deux bras de chaque côté de sa tête, l'empêchant de bouger.

-J'ai souvent entendu dire que les vampires avaient une force surhumaine. C'est le cas ?

-Tr-trois ou quatre fois la force d'un humain, bredouilla-t-elle.

-Alors, si tu es si forte, pourquoi tu ne m'as pas encore lancé à l'autre bout de la pièce et démolit cette porte ?

Elle fronça les sourcils.

-Parce que ça ne se fait pas.

-Tu es sûre ? Parce que pour moi…

Il se pencha et scella leurs lèvres ensemble. Amu écarquilla les yeux. Elle s'attendait à tout sauf à ça. Il passa ses bras autour de sa taille, la maintenant contre lui gentiment. Elle resta immobile un bon moment avant qu'il ne libère ses lèvres.

-J'aurais plutôt l'impression que tu étais venu pour ça.

Elle écarquilla les yeux en rougissant. Pas un seul instant n'avait-elle pensé à ça ! De quoi est-ce qu'il parlait ?

-Non, je…

Il scella à nouveau ses lèvres aux siennes, lui attrapa la taille, la releva légèrement et les emmena jusqu'au lit. Il les fit tomber sur le lit, le tout sans arrêter de l'embrasser. Maintenant qu'elle était sous lui, pratiquement à sa merci, elle se demanda tout à coup pourquoi il l'avait embrassé d'abord. Elle ne devrait que lui inspirer du mépris, n'est-ce pas ? Il la laissa à nouveau respirer et la regarda. Il caressa sa joue puis se pencha à son cou. Elle ne le retint pas, même si elle aurait du, et sentit bientôt les dents du bleuté jouant à nouveau avec sa peau délicate. Elle fixa le plafond, se sentant soulager qu'il ne lui en veuille pas finalement. Elle enroula ses bras autour de son cou. Il lâcha sa peau et la regarda.

-Tu es vraiment contente d'être là alors.

-Je ne m'étais pas rendue compte à quel point tu m'avais manqué jusqu'à présent…

Il releva sa tête et fixa la rosette, légèrement surpris. Elle se redressa à son tour et plongea son regard dans celui du bleuté, ses yeux dorés légèrement larmoyants. Il caressa doucement sa joue puis la prit dans ses bras, comme quelques jours plus tôt. La chaleur si familière enveloppa la jeune fille, qui enroula ses bras autour de sa taille, le serrant plus contre elle. Et quand il passa sa main sous son débardeur, elle ne le retint pas.


Un peu plus tard, alors que le soleil venait de commencer à se lever, la rosette remit ses vêtements sous le regard attendrit du bleuté. Elle le regarda par-dessus son épaule et lui lança son pantalon.

-Tu ferais mieux de te rhabiller.

Il se redressa et enfila une jambe dans son jeans.

-Tu vas repartir ?

-Impossible, le soleil pointe déjà, je serai morte avant d'atteindre ma maison.

Elle se tourna vers lui, jouant avec les bords de sa jupe.

-Je… est-ce que… ?

-Tu peux rester ici. Mais…

Elle releva les yeux, juste à tant pour le voir enrouler un de ses bras autour de sa taille et lui attraper précautionneusement le menton.

-Tu dois m'embrasser toutes les demi-heures, sinon je t'enferme à la cave.

Elle le regarda avec douceur et pressa ses lèvres contre les siennes, puis s'éloigna pour le regarder.

-Tu ne préfères pas tous les quarts d'heure ?

Il écarquilla légèrement les yeux puis sourit et captura à son tour ses lèvres.

Jusque vers midi, ils s'adonnèrent donc à ce petit jeu, jusqu'à ce que la rosette s'endorme sur le canapé. Ikuto la prit dans ses bras et l'installa avec lui dans son lit, avant de s'endormir avec elle. Quand la nuit arriva, Utau les réveilla, découvrant avec joie la rosette avec son frère, puis le prévint qu'elle avait invité Kukai à diner. Non que le bleuté n'aime pas le petit ami de sa sœur, mais quand il commençait, il devenait impossible de l'arrêter de parler. Et puis ce sourire bon enfant qu'il avait sans arrêt sur les lèvres, ça le rendait si idiot à ses yeux. Amu se pencha sur lui, enroulant ses bras autour de ses épaules.

-J'ai l'impression que tu n'aimes pas l'idée de diner avec ce garçon.

Il soupira et se tourna vers elle.

-Ce n'est pas que je ne l'aime pas, c'est juste qu'il m'énerve.

Elle lui sourit et se leva, faisant profiter involontairement au bleuté d'une jolie vue de ses fesses. Il ne put se retenir et mordilla la plus proche, faisant sursauter la jeune femme. Elle le regarda comme si elle allait lui arracher la gorge et se jeta sur lui. Avant qu'il ne s'en rende compte, elle lui avait mordue l'oreille et avait filé par sa porte laissé ouverte par Utau. Il sourit en caressant son oreille attaquée.

Et comme convenu, Kukai était venu et était en train de parler principalement à Utau, qui le regardait avec des yeux amoureux, alors qu'il parlait de son dernier match de football le jour précédent. Ikuto mangeait sans appétit, Amu à sa gauche mangeant de petites bouchées. Il se pencha alors vers elle.

-Les vampires mangent aussi les aliments des humains ? chuchota-t-il.

-Oui. Nous avons les mêmes goûts que vous de ce côté-là. Nous avons simplement besoin de boire du sang en plus.

-Pourquoi ?

-Je ne suis pas sûre… certains scientifiques chez nous disent que notre sang ne renouvelle pas ses plaquettes et globules blancs comme il le faudrait et que nous n'avons trouvé que ce moyen pour survivre. Les plus fous disent même que nous étions humains à la base mais que nous avons mutés à force de boire du sang.

Il haussa un sourcil à cette dernière explication, puis sourit.

-Quoi qu'il en soit, si tu as soif, demande-moi avant de te servir, pas comme la dernière fois.

Elle rougit de honte et hocha la tête en détournant les yeux. Il caressa sa joue et la regarda dans les yeux avec intensité.

-Et ben ! On dirait que tu as fini par trouver le grand Amour ! lança Kukai en voyant le jeune couple.

-Toi, la ferme ! lui répliqua le bleuté. Ce n'est pas parce que tu couches avec ma sœur que tu peux te permettre des commentaires sur ma vie !

Le brun haussa les épaules et se retourna vers Utau, commentant que son frère était bien éloquent ce soir. En effet, le bleuté lui avait, en tout et pour tout, décocher trois mots depuis qu'il fréquentait Utau, soit deux ans. Amu sursauta alors sur son siège et regarda vers la porte-fenêtre. Ikuto suivit son regard et vit des gens lui faisant signe. La rosette se leva et alla les rejoindre. Ikuto savait que c'était ses amis. Il se souvenait vaguement de la figure de celui aux cheveux violets avant qu'Amu ne le morde l'autre jour.

Dehors, Amu s'excusait encore une fois d'être partie sans les prévenir et de les avoir inquiétés. Tout le monde baissa les yeux, ce qui la mit très mal à l'aise.

-Qu-quoi ? Vous voulez m'exclure de la communauté ?

Rima tomba à genoux dans un sanglot étouffé, effrayant tout à coup Amu.

-Qu'est-ce qu'il y a ? Vous me faites peur…

Nagihiko posa sa main sur l'épaule de la rosette, son air sombre et triste lui rappelant celui qu'il avait lorsque leurs parents étaient morts. Il tourna son regard vers Tadase, qui hocha la tête. Nagihiko retourna vers Rima et Yaya, qui essayait de la consoler. Amu se tourna vers son ami.

-Mais vous allez m'expliquer ?

-La communauté… Il n'y a plus que nous.

Amu ne comprit pas immédiatement ce qu'il disait, les mots ne voulant pas s'encrer dans son esprit. Il la prit alors dans ses bras.

-Les chasseurs nous ont trouvés. La communauté a été attaquée à l'aube et… il n'y avait plus que des cadavres calcinés par le feu ou le soleil…

Amu le repoussa et tomba à terre. Ikuto s'agenouilla auprès d'elle et posa ses mains sur ses épaules. Elle le regarda, ses larmes coulant fortement sur ses joues. Elle se jeta dans ses bras et pleura silencieusement contre son épaule. Le bleuté regarda le petit groupe et se tourna vers le blond.

-Comment vous en êtes vous sortit ?

Il baissa la tête et ferma les yeux.

-En cherchant Amu, nous nous sommes fait surprendre par le soleil et avons du nous abriter dans une maison abandonnée. Quand nous sommes retournés chez nous pour nous changer, nous avons trouvé notre abri en cendre, les gens de notre communauté tous morts. Il n'y avait pas un seul survivant.

Ikuto serra la rosette contre lui, comprenant que leur famille venait de disparaître, encore une fois. Amu lui avait raconté la mort de leurs familles et leur vie jusqu'à présent, il savait la douleur et la peine qu'ils devaient ressentir à vivre à nouveau cette terrible épreuve. Utau et Kukai se tenaient derrière eux, à la porte fenêtre. Ils ne comprenaient pas ce qui se passait.

Tout le monde rentra et ils essayèrent de se mettre à l'aise, mais l'idée qu'il n'était pas chez eux et qu'il n'y avait plus de « chez eux » leur était difficile. Pour que le couple comprenne ce qui s'était passé, ils leur expliquèrent leur nature, puis ce qui s'était passé. Curieusement, la blonde et le brun, qui auraient du paniquer en sachant autant de vampires dans le salon, restèrent calmes. Après avoir raconté leur retour et la macabre découverte, Utau se leva.

-Où est-ce que tu vas ? demanda Kukai.

-Préparer des lits. Ils ne vont pas retourner là-bas s'ils meurent au moindre rayon de soleil.

Ikuto se tourna violemment vers elle, manquant de faire tomber Amu de ses genoux.

-Tu veux dire…

Elle se tourna vers lui.

-Il y a assez de chambre pour placer deux ou trois d'entre eux dans chacune, non ? Il faut bien faire quelque chose…

Amu se leva alors.

-Même si nous sommes des vampires ?

Un silence d'attente s'installa, rendant tout le monde nerveux. Finalement, Utau expira lourdement et se tourna gracieusement vers la rosette, la pointant du doigt.

-Tu as réussi à faire en sorte que mon imbécile de frère sorte de sa torpeur depuis la mort des parents. Si je ne te remercie pas à ma façon, je vais moi aussi devenir dépressive, et ça c'est hors de question ! Maintenant, si vous m'excusez…

Et elle fila avec Kukai à l'étage préparer les chambres.


Amu regarda le plafond, Ikuto à côté d'elle en faisant de même, ses bras croisés derrière sa tête. Sans bouger, il lui demanda.

-A quoi est-ce que tu penses ?

-Je me disais qu'Utau est vraiment gentille. Accueillir des monstres comme nous dans sa maison…

-Elle ne vous voit pas comme des monstres. Elle vous voit comme des victimes.

Amu se releva et se tourna vers lui.

-Quoi ?

-Ta famille vient d'être encore une fois… exterminée, non ? Et bien que vous soyez des buveurs de sang, vous ne nous avez pas attaqué. Et puis…

Il se redressa et passa un bras dans le dos de la rosette.

-Vous aussi, si vous vous exposez au soleil, vous mourrez.

Amu baissa les yeux et hocha la tête. Le bleuté se pencha vers elle et posa sa tête contre son front.

-Tu sais, quand j'étais enfant, j'ai failli mourir à cause du soleil. Je me suis aventuré dehors contre l'avis de mes parents parce que je ne comprenais pas à l'époque ce que c'était que la douleur et la mort. Quand j'ai failli mourir, j'ai enfin…

Amu releva ses yeux vers lui.

-Après ça, le soleil est devenu ma plus grande peur. Encore plus même après la mort de mes parents. Alors, je me suis enfermé dans ma tristesse en me disant que de toute façon, personne ne se soucierait de moi… Mais toi…

-Oui ? demanda-t-elle, les mèches de cheveux du bleuté lui caressant le visage.

-Toi, tu m'as redonné envie de vivre. Je ne sais pas pourquoi ni comment… peut-être quand tu m'as mordu, tu as aussi prit un peu de ma tristesse.

-C'est possible, dit-elle en caressant son visage.

-C'est pourquoi, je veux qu'on reste ensemble. Toi et tes amis, qu'on forme une grande famille qui se protégera les uns les autres.

Elle sourit tendrement et pencha la tête sur le côté.

-Moi aussi, je veux protéger cette famille que j'aime tant.

Il la serra dans ses bras, la chaleur de son corps lui rappelant avec bonheur un petit soleil intérieur. Il sentit alors la langue de la rosette dans son cou.

-Tu as soif ?

-Je… je n'ai plus mordu personne depuis la dernière fois… je… je dois vraiment…

-A ta santé, dit-il en penchant la tête en arrière, sa main sur la tête de la rosette, l'incitant à mordre.

Elle enfonça rapidement ses petits crocs dans son cou et suça son sang. Etrangement, il sentit de la joie l'envahir et sourit en la serrant un peu plus contre lui. Quant à elle, elle sentit un sentiment de bonheur extrême, le genre qu'on ne ressent que lorsque tout va bien dans sa vie. C'était étrange étant donné qu'elle venait de perdre encore une fois sa famille et qu'elle n'avait plus que ses amis les plus proches auprès d'elle. Malgré cela, le sang d'Ikuto coulant dans sa gorge et ses bras la tenant fermement et doucement lui donnaient l'impression que personne ne pourrait lui faire du mal, qu'elle était protégée contre tout, contre tout le monde, même les chasseurs de vampires encore vivants qui avaient encore une fois « débarrassé le monde de cette vermine meurtrière » comme ils disaient. Elle retira ses crocs et lécha la plaie qu'elle avait ouverte, pour la voir se refermer sous ses yeux, comme toujours.

-Amu…

Elle leva ses yeux vers lui, pour sentir ses lèvres sur les siennes avant de pouvoir dire quoi que ce soit. Elle se sentit à nouveau comblée de bonheur, ses bras trouvant d'eux même le chemin de son cou et s'enroulant autour. Elle sentit les bras du bleuté sur sa taille, la tirant jalousement contre lui.

Oui, ils n'étaient pas près de se quitter.


Fin "légèrement" pourrie, je sais XD Je suis pas très douée pour ça faut dire...