Voilà ! Comme je me suis rendue compte qu'on avait pas encre vu Drago, j'ai décidé de le faire (enfin) apparaître. Merci aux reviews, même si la confrontation Harry/Dumbledore n'a pas l'unanimité. C'était un risque que j'étais prête à prendre, donc aucun problème là dessus.
Merci à flower black pour avoir corrigé ce chapitre.
Durant les jours qui suivirent, Harry eut un grand besoin de solitude. Il ne se voilait pas la face : il savait pertinemment qu'il devrait, tôt ou tard, faire part de sa véritable identité à Ron et Hermione. Mais pour l'instant, puisque ces derniers l'évitaient – tout comme ses autres camardes, d'ailleurs - il en profitait pour s'isoler afin de faire le point.
Il se rendait fréquemment dans la Salle sur Demande, toujours vide de monde, qui représentait donc un excellent lieu de réflexion dans lequel il pouvait reprendre son apparence de Morphée. Il avait en effet réussi à obtenir de Slughorn une potion qui effaçait tout effet magique provoqué par une autre potion – le pendant liquide du Finite incantatem – et l'avait donc utilisée pour faire croire à Dumbledore que le Polynectar permanent ne fonctionnait plus. Harry ne savait pas vraiment si le directeur l'avait cru ou non, toujours était-il qu'il lui avait confié tout un stock de Polynectar permanent contenant une mèche de cheveux de Harry. Ainsi, et avec ces deux potions extraordinaires, il pouvait se transformer en Morphée lorsqu'il se trouvait seul tout en redevenant Harry une fois en public.
Disposer de la Salle sur Demande était une véritable libération pour lui. Il s'était en effet habitué – peut-être trop- à son apparence « Snapienne » et ne pouvait plus se passer de ces quelques heures passées sous sa véritable identité. Il avait très vite appris que son physique et son caractère n'étaient pas les seules modifications dont il avait été victime : ses capacités magiques avaient également changées, d'où l'étrange lapin qu'il avait fait apparaître quelques mois plus tôt en cours de Métamorphose. Afin de ne pas être pris au dépourvu au cas où Voldemort ou les Mangemorts attaqueraient, il avait donc décidé de s'entraîner, comme au temps de l'AD, dans le but d'explorer son nouveau potentiel.
Morphée n'était pas un mauvais sorcier : il était doté d'une rapidité et d'une précision déconcertantes, à tel point qu'il arrivait à stupéfixer une mouche en plein vol. Il apprenait également très rapidement, et n'avait pas besoin de plus de trois essais avant de passer de la théorie à la pratique. Les sortilèges informulés n'étaient plus un problème, et Harry était ravi de voir que sa force mentale avait considérablement augmentée. Il était même persuadé que, s'il y mettait un peu du sien, l'Occlumencie deviendrait très vite à sa portée.
En revanche, sa puissance était beaucoup plus faible. Ses sortilèges, aussi rapides et précis soient-ils, ne parvenaient jamais à détruire le mannequin que Harry avait fait apparaître en tant que cible, alors qu'avant, il y arrivait sans difficulté.
-Il faudra donc que je travaille ma puissance, se dit-il un jour à lui même, après un entraînement particulièrement intense. Personne n'est parfait, de toute manière. Chacun ses points faibles.
Il s'apprêtait à sortir de la Salle sur Demande, se disant qu'il avait assez réfléchi et qu'il était plus que temps pour lui d'aller tout raconter à Ron et Hermione, lorsqu'il entendit la porte d'entrée grincer. Il se précipita alors derrière un canapé, se maudissant de ne pas avoir pensé à demander à la Salle d'interdire à quiconque d'entrer.
Il vit les battants de la porte s'ouvrir très lentement. Il se rapprocha un peu plus, afin d'avoir une meilleure vue sur l'intrus, et faillit faire une crise cardiaque lorsqu'il reconnut la chevelure blonde platine de Drago Malefoy.
-Il y a quelqu'un ? Cria Malefoy après avoir jeté un coup d'oeil aux diverses cibles que Harry avait fait apparaître pour son entraînement.
Harry ne savait vraiment pas quoi faire. Il ne pouvait pas se montrer, d'autant plus qu'il était actuellement sous son apparence de Morphée, et que le Polynectar permanent était hors de portée. Il décida alors de se glisser discrètement vers la porte, restée ouverte, mais à peine avait-il fait un pas que Drago la referma d'un violent coup de baguette.
-Je sais qu'il y a quelqu'un ! Hurla-t-il de nouveau. Montrez-vous ! Je ne bougerai pas d'ici tant que vous ne vous serez pas montré !
Harry n'avait plus vraiment le choix. Comme il ne tenait pas franchement à passer le reste de sa vie tapi derrière un canapé violet, il fut obligé de se montrer.
Il prit une grande inspiration, tenta de reprendre une expression neutre, puis se leva.
-Je suis là.
Drago tourna la tête vers Harry, qu'il ne reconnu évidemment pas. Harry pouvait sentir le regard pénétrant de Malefoy, et tenta machinalement de fermer son esprit. A sa grande surprise, cela eut l'air de fonctionner car le Serpentard détourna le regard.
-Qui es-tu ? Demanda-t-il sèchement, après avoir analysé chaque détail de l'anatomie de Harry.
-Morphée, répondit-il après une courte réflexion – après tout, il n'était pas obligé de lui dire son nom de famille.
-Jamais entendu parler, fit Drago en plissant le nez. Tu es un Gryffondor, à ce que je vois...
Tout dans son ton montrait qu'il n'avait pas beaucoup d'estime pour cette maison.
-On ne peut rien te cacher, répliqua Harry.
Oui, il avait promis à Dumbledore qu'il essaierait d'agir en Potter, non en Snape, mais là, en l'occurrence, il n'était pas Harry, donc, autant de pas éveiller les soupçons. Et puis, il n'avait aucun compte à rendre au directeur.
C'est ce moment que Drago choisit pour brandir sa baguette. Harry aurait dû en faire de même, mais il ne pu s'empêcher de remarquer que son adversaire tremblait. Sa respiration, en plus d'être haletante, se faisait saccadée, et la détresse se lisait dans ses yeux gris.
-Pars ! Hurla-t-il afin de camoufler sa peur. Dégage d'ici ! Je veux être seul !
Les dents de Malefoy se crispèrent, et des étincelles rouges crépitaient à l'extrémité de sa baguette. Harry, bien qu'il ne savait absolument pas ce qui pouvait pousser le Serpentard à se conduire de la sorte, décida de garder son calme. Il savait qu'il ne devait poser aucune question. Il devait laisser Drago se confier de lui même, sinon, il risquerait de se renfermer et de devenir violent.
-Je ne bougerai pas, finit-il par dire en s'asseyant dans le canapé.
Le nez pointu de Drago se plissa de nouveau, mais Harry ne broncha pas. Résister au Serpentard s'avéra payant, puisque ce dernier finit par abaisser sa baguette.
-Qu'est-ce que tu fais là ? Demanda-t-il tout en maintenant le regard.
-La même chose que toi, je suppose, répondit calmement Harry. Je cherche la solitude.
Drago éclata d'un rire sans joie.
-Pourquoi ? Quels que soient tes problèmes, ils ne valent rien face aux miens.
Harry un sourcil interrogateur. Il avait remarqué que Malefoy allait mal : depuis le début de l'année, il semblait plus mûr, plus sérieux. Il ne passait plus son temps à se moquer des autres, et avait l'air préoccupé. Harry avait entendu dire que Dumbledore l'avait surpris à traficoter quelque chose de bizarre dans la Salle sur Demande, mais il n'en savait pas plus.
-Le grand prince des Serpentards a des problèmes ? Difficile à croire...
Harry savait très bien que la provocation était le seul moyen d'obtenir plus d'informations.
Malefoy, après hésitation, finit par répondre :
-Oui, et alors ? Qu'est-ce que ça peut te faire, à toi ?
Drago donna un coup de pied dans l'un des mannequins, qui alla s'écraser contre un mur. Harry ne dit rien durant quelques secondes, trop occupé à observer son ennemi s'énerver contre lui-même. Jamais il ne l'aurait cru si tourmenté.
-Est-ce que...finit-il par demander, est-ce que ça a un rapport avec ce qu'il s'est passé dans cette salle, il y a quelques mois ?
Drago se retourna brutalement.
-Tu es au courant ?
Harry haussa les épaules.
-Je sais juste que tu faisais quelque chose de pas très net et que Dumbledore t'a pris en flagrant délit.
Drago écarquilla les yeux.
-Comment...
-Les rumeurs vont vite, dans cette école.
Drago abaissa les épaules.
-...Si je...Si je te raconte ce qui s'est passé...Tu...Tu me parles de toi aussi ?
Pour la première fois depuis le début de la conversation, les sentiments de Harry écharpèrent à son contrôle, et il sentit ses sourcils se plisser presque contre son gré. Jamais il n'aurait cru que Drago accepterait aussi vite de se confier – qui plus est à un inconnu. Peut-être qu'il ne le connaissait pas aussi bien qu'il le pensait...Ou peut-être que ce qu'il avait sur le coeur était si lourd à supporter qu'il ne pouvait manquer une occasion de s'en libérer... Drago avait beau s'être moqué de lui lorsqu'il avait sous-entendu qu'il avait lui-même des ennuis, Harry avait tout de même remarqué que savoir qu'il n'était pas le seul à être tourmenté par quelque chose de conséquent l'avait soulagé. C'était peut-être ce qu'il attendait, après tout. Pouvoir simplement partager sa détresse avec quelqu'un qui le comprendrait. Mais pouvait-il pour autant avouer à Drago la cause de son isolement ?
-Alors ? S'écria précipitamment Drago. Réponds !
Harry hocha la tête.
-C'est d'accord. Si tu me dis pourquoi tu es là, je te dirai pourquoi je suis là.
Les traits de Drago se détendirent légèrement, tandis que Harry se disait qu'il n'était absolument pas obligé de tout lui raconter.
-Tu me le jures ? Reprit le Serpentard d'un ton suspicieux.
Harry lui montra alors sa cravate du doigt.
-Je suis un Gryffondor, je tiens toujours parole, lui rappela-t-il.
Cela eut l'air de rassurer Drago.
-Bien...
Il se passa la main derrière la nuque, et fit quelques pas afin de mieux trouver ses mots. Le jeune homme semblait mener un combat intérieur entre la partie de lui même qui voulait tout révéler à cet étranger qu'était Harry et celle qui voulait juste chasser l'indésirable à coup de Doloris. Harry attendit silencieusement, plus intrigué par Drago que jamais. Le Serpentard ouvrit enfin la bouche, mais ce fut pour la refermer tout aussi rapidement. Il hésita encore durant quelques secondes, puis il tendis son bras gauche, tremblant, vers Harry.
-Ne me dis pas que...finit par murmurer Harry, qui avait peur de comprendre.
-Si !
Sur ce, Drago releva la manche de sa chemise blanche, dévoilant ainsi son avant bras gauche recouvert presque entièrement par la Marque des Ténèbres. Encore une fois, Harry ne parvint pas à conserver un visage impassible, et écarquilla ses yeux noirs en amande.
Les deux jeunes hommes restèrent ainsi durant un bon moment, Drago, tremblant, montrant son terrible tatouage à Harry, qui avait bien du mal à en croire ses yeux.
Il eut tout de même un petit sourire satisfait - que Malefoy ne vit pas - en pensant à Hermione et Ron qui trouvaient l'idée que Drago puisse avoir la marque complètement absurde.
-Ça te fait peur, hein ? Cria presque Malefoy, comme s'il voulait que Harry éprouve le même sentiment de peur que lui. Et oui ! Je suis un Mangemort.
-Si tu crois que je vais commencer à avoir peur de toi sous prétexte que tu as une tête de mort gravée sur le bras, excuse-moi de te dire que tu crois mal.
Ce fut au tour de Drago d'être surpris.
-Tu...Tu n'as pas peur ?
-Non.
Et c'était la pure vérité. Harry avait déjà vu un bon nombre de Mangemorts bien plus effrayants que Drago. Et il avait beau avoir rejoint les rangs de Voldemort, il resterait toujours Drago Malefoy, son rival de toujours qu'il n'avait aucun mal à vaincre en duel.
-Comment est-ce arrivé ? Demanda Harry afin de briser le silence incrédule de son interlocuteur.
Drago lui raconta alors, d'une traite, qu'il avait reçu la marque durant les vacances d'été, après que son père fut envoyé à Azkaban. Voldemort lui aurait confié la tâche de trouver un passage qui permettrait aux autres Mangemorts d'infiltrer Poudlard. Il avait alors fait plusieurs recherches et avait finit par apprendre l'existence de l'armoire à disparaître de la Salle sur Demande, qui menait vers Barjow et Beurk. C'est en essayant de la réparer que Dumbledore l'avait surpris.
A ce stade su récit, Harry ne put s'empêcher de remarquer que la voix de Drago tremblait, tout comme son bras gauche, dont la manche était toujours relevée.
-Alors...Dumbledore m'a emmené dans son bureau, et je lui ai avoué que... (il plissa les sourcils) Mais pourquoi je te parle de ça, moi ? Comme si ça te concernait...
-Et alors tu lui as avoué que tu ne voulais pas tant que ça être un Mangemort, finit Harry tout naturellement, comme s'il ne pouvait y avoir une autre réponse.
Il ne savait pas ce qui le poussait à le croire, mais il était en effet persuadé que Drago, aussi vil fut-il, ne voulait pas vraiment être un disciple de Voldemort. Ce simple échange avec le Serpentard lui avait fait comprendre que, tout comme lui, le destin de Drago avait été tracé dès sa naissance : unique descendant d'une des plus grandes familles de Sang-Purs, et fils de Mangemorts, il avait toujours été convenu qu'il en devienne un, en grandissant. Tout comme lui, son destin avait été scellé, à la seule différence que Harry devait vaincre Voldemort, tandis que Drago, lui, devait lui obéir et l'aider à conquérir le monde. Mais aucun des deux n'avait le choix, ni même l'envie de réaliser leur destin. Pourtant, il ne pouvait en être autrement...
S'il n'y avait pas eu six ans de haine réciproque entre lui et le Serpentard, il aurait presque éprouvé un élan d'affection pour Drago.
Pourquoi comprenait-il tout ça maintenant ? Pourquoi ne l'avait-il pas compris lorsque, au début de l'année et avant qu'il ne plonge dans la Pensine de Snape, il se posait des questions sur Drago ? Était-ce lié au fait qu'il était le fils de Snape, et que, de ce fait, il était devenu beaucoup plus vif d'esprit ?
-Répond quand je te parle !
La voix tranchante de Drago le fit revenir sur terre. Il leva les yeux vers son interlocuteur, qui paraissait aussi furieux que confus.
-Pardon ? Demanda Harry, qui n'avait pas la moindre idée de ce qu'avait pu dire Malefoy lorsqu'il était perdu dans ses pensées.
-Je te demandais comment tu savais que je...que je ne voulais pas être Mangemort.
Harry haussa de nouveau les épaules.
-Je ne sais pas. Une...intuition. Sinon, tu ne me raconterais pas tout ça, non ?
-C'est juste...
-Et donc...Dumbledore t'as promis d'assurer ta protection, n'est-ce pas ?
Drago hocha la tête. Harry devina sans mal que cela avait dû être très difficile pour Drago d'avouer au directeur, dont il n'avait jamais aimé les méthodes , qu'il n'avait pas pour ambitions de marcher sur les pas de ses parents. Il y avait dû y avoir beaucoup de « Vous ne pouvez pas comprendre ! » et de « Il me tuera moi et ma famille si je le quitte ! », et toutes ces joyeuses phrases que la présence de Voldemort dans une vie provoquaient généralement.
-Oui, poursuivit Drago. Mais depuis que j'ai quitté les rangs du Seigneur des Ténèbres, je ne suis plus en sécurité nulle part, pas même à Poudlard... Crabbe, Goyle, et toutes ces personnes qui ne m'appréciaient que pour mon statut et mon argent, ils savent que je ne vaux plus rien. Alors je me cache. Ici.
Le regard froid de Drago s'était, au fur et à mesure de la discussion, perdu dans le vague. Il frottait à présent son bras gauche, et se dandinait sur ses pieds, mal à l'aise, comme s'il se reprochait d'avoir ainsi déballé sa vie à un inconnu.
-Tu peux te moquer de moi, finit-il par cracher dans un rire méprisant. Si j'étais à ta place, c'est ce que je ferais.
-Pourquoi est-ce que je me moquerais de toi ? Ce que tu as fait est excessivement courageux, Malefoy. (Drago recentra alors son attention sur Harry, qui maintint le regard) Tu as non seulement eu l'audace de tourner le dos à Voldemort, mais en plus, tu as accepté de t'ouvrir à quelqu'un – même si tu n'as pas choisi la personne la plus digne de confiance.
Drago leva les sourcils.
-Je croyais que je pouvais avoir confiance en Dumbledore ? Enfin, c'est ce que j'ai pensé.
Harry eut un petit rire moqueur.
-C'est ce que tout le monde pense...
Il y eut de nouveau un silence. Drago ne décrochait plus les yeux de Harry, mais ce dernier ne s'en apercevait pas, trop occupé à se remémorer pourquoi il était à présent le seul sorcier au monde à ne pas accorder sa confiance à Albus Dumbledore.
-Bref, finit-il par soupirer. Ce qui est sûr, Malefoy, c'est que tu as peur.
-Quoi ? Moi, peur ? Dis pas de bêtises...
-Si, tu as peur. (Drago s'apprêta à protester) Non, ne le nie pas. Tu as besoin d'aide, et je ne sais pas si je suis la personne la plus appropriée, étant donné que j'ai moi même des choses à régler. Mais en tout cas, tu as très bien fait de me parler.
Drago cligna des yeux.
-C'est étrange...Snape m'a dit exactement la même chose, sauf qu'à lui, je ne lui ai rien dit. Pourtant, il était disposé à m'aider, mais comme je ne sais pas vraiment à quel camp il appartient...
Harry faillit lui dire, lui hurler que Snape était bien dans le camp de l'Ordre du Phénix, et ce depuis le début, mais il ne le pouvait pas. Il avait juré de ne rien dire.
Cette envie soudaine de défendre Snape l'inquiétait. D'accord, il était la seule famille qui lui restait, mais il était sûr que le professeur l'aimait à peu près autant que les Dursley, et il en était de même pour lui. Enfin, il tentait par tous les moyens de se persuader que ses sentiments à l'égard de Snape n'avaient pas changé, qu'il le détestait toujours autant, que les quelques heures durant lesquelles ils avaient pu communiquer civilement ne pouvaient effacer six années d'humiliation, mais une petite voix dans sa tête lui disait que c'était faux. Seulement, Harry ne voulait rien entendre de cette insupportable voix qui lui criait ce qu'il se tuait à nier.
-Alors, reprit sèchement Drago. Et toi ? Pourquoi tu viens te cacher ici ?
Harry hésita, puis décida de respecter sa parole.
-Je viens d'apprendre que mon père est en vérité l'une des personnes que j'aime le moins au monde.
Il leva les yeux vers Drago afin de voir sa réaction. Contre toute attente, il ne fit aucun rire moqueur, simplement un petit « oh. ».
-Ça doit être dur, en effet...Et qu'en est-il de celui que t'a élevé ? Celui que tu prenais pour ton père ?
-Il est mort. Depuis longtemps.
Harry avait soufflé cette dernière phrase sans la moindre trace d'émotion. Il ne voulait surtout pas que Drago commence à lui demander de quoi il était mort, s'il lui manquait, etc... Drago comprit parfaitement le message et ne posa aucune question supplémentaire.
-J'imagine même dans quel état je serais si j'apprenais que Lucius n'est pas mon père. Ça serait vraiment horrible.
-Oh, pourquoi ? Demanda Harry d'un ton léger. Tu as peur de perdre ton héritage, si c'était le cas ? De ne plus être le fils Malefoy, choyé et adoré ? De descendre de ton piédestal et de n'être plus qu'un garçon ordinaire et privé de richesse ?
Harry sut qu'il n'aurait pas dû dire cela lorsque qu'il reçut le regard assassin de Malefoy.
-Comment tu peux dire ça ? Tu ne sais rien de ma famille ! Tu crois franchement qu'il n'y a que l'argent qui compte chez les Malefoy ?
Harry ne répondit pas. En toute honnêteté, c'est ce qu'il avait toujours cru : le mariage de Lucius et de Narcissa avait été arrangé, et ils avaient fait un fils dans le seul but d'avoir un héritier. Il n'y avait jamais vu autre chose.
-Sache que nous sommes humains avant d'être Sang-Purs ! Nous avons aussi des sentiments ! J...J'aime mon père, d'accord ! Et je suis sûr qu'il m'aime aussi, seulement on ne passe pas notre vie à se le dire. En fait (sa voix se fit plus basse), on ne se l'est jamais dit, je crois. Mais on le sait. C'est comme ça. Et si j'apprenais que la personne qui m'a élevé n'était pas mon père biologique, et bien que cela ne tienne ! Mon père restera toujours la personne qui m'a élevé et... aimé.
Harry fut impressionné par l'ardeur et la pureté des sentiments de Drago. Il en avait plus appris à son sujet en l'espace de quelques minutes qu'en six ans. Jamais il n'aurait cru que les Malefoy pouvaient s'aimer. Mais ce que disait Drago était juste : le véritable père est celui qui t'élève et qui t'aime. Le problème, c'est que James Potter était mort avant de l'avoir vraiment élevé, et qu'il ne savait même pas s'il l'avait aimé. Oh, bien sûr, il n'avait pas dû le détester ou encore se désintéresser de lui, sinon Lily l'aurait sûrement quitté, mais y avait-il vraiment eu de l'amour paternel ? Personne ne pourrait jamais lui dire. Et en ce qui concernait Snape, il avait beau être son père biologique, il ne l'avait pas élevé, et encore moins aimé. Le raisonnement de Drago ne l'aidait donc absolument pas.
-Et... alors ? Fit Drago une fois calmé. C'est qui ton père ? Je le connais ?
Harry pinça ses lèvres.
-Plus ou moins.
-Et... Tu dis qu'il ne t'aime pas, mais... Enfin... Comment il est ? Il est facile à vivre ?
Le Gryffondor sourit. Drago Malefoy était en train de s'intéresser à quelqu'un d'autre que lui même. Pire ! Drago Malefoy était, sans le savoir, en train de s'intéresser à la vie de Harry Potter ! La situation, si elle n'était pas si désespérante, pourrait être risible.
-Facile à vivre ? Répéta Harry. En fait, je n'ai jamais vécu avec lui à proprement parler, mais je ne pense pas qu'il soit facile à vivre, non.
En fait, lorsqu'il y réfléchissait, il n'en savait strictement rien. Snape était horrible avec lui - et avec la majorité des gens d'ailleurs - premièrement parce qu'il ne les aimait pas, et deuxièmement, parce que c'était sa propre manière de se protéger afin que personne ne s'attache à lui, de peur de souffrir, et de faire souffrir. Mais, d'après ce qu'il avait compris, sa mère avait tout de même vécu avec lui, donc il ne devait pas être si méchant que ça avec les personnes qu'il aimait... L'espace d'un instant, Harry se vit dans une grande maison fleurie en compagnie de Snape, gentil car heureux de vivre avec son fils qu'il croyait perdu à tout jamais, comme dans ses propres rêves. Il chassa très vite cette pensée ridicule, se disant qu'il devait arrêter de prendre ses rêves pour des réalités car le Snape qu'avait connu sa mère était mort depuis longtemps.
-Et... poursuivit Drago, qui cherchait manifestement quelque chose à dire, pourquoi est-ce que tu ne l'aimes pas ?
Harry réfléchit.
-C'est compliqué. Il ne m'a jamais aimé et ne se privait pas de me le faire savoir. Pour te donner une idée, nos relations ressemblent un peu à celles qui existent entre Harry Potter et le professeur Snape, tu vois ?
Drago grimaça.
-Oh, dur, fit-il. J'aimerais vraiment pas être à ta place. Surtout que s'il est comme Snape, il ne pourra jamais t'aimer.
Harry fronça les sourcils.
-Que veux-tu dire ?
-Ben, tu vois, quand une personne comme Snape s'est fait une opinion sur quelqu'un, c'est pour la vie. Et en plus... Je connais assez bien Snape, puisque mon père l'apprécie assez, et je peux te dire qu'il est incapable d'aimer.
-Pardon ?
-Ho, bien sûr, continua-t-il en hochant la tête d'un air important, il sait faire semblant. Il sait rester courtois, mais on voit bien qu'il n'éprouve aucun attachement pour mon père, ma mère, ou même pour moi.
-Pourtant, d'après ce qu'on m'a raconté, il a plutôt l'air de te favoriser, en cours, non ?
Drago hocha de nouveau la tête.
-Ça ne veut pas dire qu'il m'apprécie. Il fait du favoritisme envers sa maison, c'est tout, et aussi parce que... Et bien je suis quelqu'un d'important. S'il me traitait comme Potter, je le dirais à mon père et il aurait non seulement des ennuis avec le ministère, mais aussi avec le Seigneur des Ténèbres.
-Oui, mais bon, ton père est Azkaban, là, non ? Et pourtant, Snape continue de te favoriser en cours !
Harry refusait tout simplement d'admettre que Snape soit, comme Drago le disait, incapable d'aimer. Malgré tout ce qu'il pensait, il aimait à croire qu'il lui restait une chance.
-Parce qu'il doit bien se faire voir du Seigneur des Ténèbres ! S'il commençait à maltraiter son seul élève Mangemort...
-Oui, insista Harry, mais d'après ce que tu me dis, tu n'es plus Mangemort, et je pense – à mon avis – que Voldemort doit le savoir. Donc Snape n'a plus aucune raison de te favoriser.
Drago plissa les sourcils, l'air de dire « ah oui c'est pas idiot ce que tu dis ».
-Et bien, il doit avoir ses raisons, j'en sais rien, moi ! En tout cas je te jure qu'au fond de lui, je l'indiffère.
Harry aurait eu envie de continuer cette conversation, mais il remarqua que Drago n'était pas à son aise, et il craignait de le mettre en colère, alors que pour la première fois de sa vie, il avait un échange cordial – et même amical – avec lui.
C'est à ce moment que la cloche qui annonçait la fin des cours retentit.
Harry se leva donc, prit ses affaires et se dirigea vers la sortie. Lorsqu'il vit que Drago ne le suivait pas, il se retourna.
-Tu ne viens pas ?
-Non. Je préfère manger ici.
Harry lui adressa un dernier regard, puis tourna les talons.
-Au fait, lui dit-il alors qu'il était prêt à franchir la porte. Je viens souvent ici lorsque j'ai une heure de trou. Et, juste pour information, ta présence ne me dérange pas.
En effet, il s'était rendu compte que parler de la sorte avec Drago était plutôt agréable. De plus, puisque Snape et Lucius se fréquentaient, peut-être qu'il pourrait en apprendre plus sur son professeur.
-Compris, dit Drago après un bref instant de réflexion.
Harry lui fit un petit signe de la tête, puis sortit de la Salle sur Demande.
Après avoir reprit son apparence de Potter, Harry se dirigea le plus lentement possible vers la Grande Salle. Il savait qu'il y trouverait Ron et Hermione, et qu'il était plus que temps de leur raconter tout ce qu'il s'était passé. Mais il ne pouvait s'empêcher d'éprouver une grande appréhension : allaient-ils l'accepter malgré le fait qu'il soit un Snape ? Hermione, sûrement, mais Ron...
Sans s'en rendre compte, il était à présent arrivé à la table des Gryffondors, devant ses camarades de maison. Ils lui jetèrent tous un regard noir, puis Ginny se leva et s'en alla sans prononcer mot. Dean et Seamus l'imitèrent, et Neville pâlit.
Harry, faisant abstraction des regard assassins de ses amis, prit place entre Neville et Hermione. Il tourna alors les yeux vers Neville.
-Tu peux nous lais-
-Oui ! Répondit précipitamment le Gryffondor en couinant. Je m'en vais !
Il bondit alors de sa chaise et courut presque vers la sortie.
Harry le suivit du regard en levant un sourcil.
-Il a peur de moi, ou quoi ?
Il recentra son attention sur Hermione, embarrassée, et Ron, qui semblait sur le point d'exploser.
-Non mais tu te crois où, exactement ? Ça fait trois jours que tu nous as pas adressé la parole et tu crois franchement qu'on va te laisser te pointer tranquillement à notre table comme si de rien n'était ?
Il frappa la table du point.
-Tu te fous de nous !
-Ron... murmura Hermione dans le but d'apaiser son ami.
Elle lui passa la main autour des épaules, ce qui le calma instantanément.
-Il est peut-être venu pour s'expliquer ! Laissons lui une chance !
Ron grogna quelque chose d'absolument incompréhensible, puis croisa les bras en signe de résolution.
Hermione soupira, puis se tourna vers Harry.
-Bien, dit-elle d'une voix plus tranchante. J'espère pour toi que tu as une bonne excuse pour ton comportement odieux de ces dernières semaines.
Harry se passa la main dans ses cheveux redevenus crépus. A son grand étonnement, il se rendit compte qu'il était maintenant plus habitué à la chevelure douce et souple qu'il arborait en tant que Morphée.
-Oui, Hermione. Je pense avoir une très bonne excuse.
Il marqua une pause, attendant d'avoir toute leur attention.
-C'est en rapport avec Snape.
A ces mots, la figure d'Hermione s'illumina, comme si elle venait de trouver une bonne réponse à un examen.
-Je le savais ! Ron ! Je le savais !
-Ça ne veut rien dire, grogna Ron.
-Mais si, qu'est-ce que ça peut être d'autre, en rapport avec Snape !
-Non, non, reprit le rouquin. C'est pas possible, Hermione.
-Mais si !
-Hey ! S'écria Harry. Je suis là, vous savez ! De quoi parlez vous !
Ron et Hermione cessèrent leur dispute et se tournèrent en même temps vers leur ami.
-Tu le sais très bien ! Reprit Hermione, des étoiles dans les yeux. Oh, Harry ! C'est merveilleux ! Quoique... je ne sais pas si tu as choisi la bonne personne, mais -
-Il n'a PAS choisi la bonne personne !
-Mais, poursuivit-elle sans se préoccuper de Ron, c'est vraiment bien que tu te sois enfin assumé, et mieux, que tu assumes pleinement tes sentiments envers le professeur Snape !
Harry recracha le contenu de son verre.
-Q... Quoi ? Que j'assume mes quoi ?
Hermione cligna des yeux, confuse, tandis que Ron murmurait un petit « je te l'avais dit ».
-Mais... balbutia-t-elle, enfin... Tu... Tu n'es pas amoureux de Snape ?
Bien que la situation soit plutôt tragique, Harry éclata de rire. Hermione et Ron échangèrent un regard perplexe : cela faisait des mois que Harry n'avait pas ri.
-Oh, Merlin ! Souffla Harry entre deux éclats de rire. Mais qu'est-ce que tu vas t'imaginer, Hermione !
-Mais... Je pensais que... Comme tu te conduisais comme lui, que tu cherchais un moyen d'attirer son attention, et que tu t'es dit qu'il aimerait sûrement quelqu'un comme lui, donc tu as décidé de changer ton comportement... Cela expliquait entre autres, pourquoi tu étais si bizarre en sa présence!
-Bizarre ?
-Oui, un coup tu l'évitais, un coup tu faisais tout pour attirer son attention... Oh mon Dieu, j'ai vraiment cru que...
-Je te l'ai déjà dit, Hermione, fit Ron d'un ton malicieux. Tu réfléchis beaucoup trop.
Hermione adressa un petit sourire gêné à Harry.
-Désolée... Oh la la... Je ne sais plus où me mettre...
-Non, non, c'est pas grave. Au contraire, tu m'as fait rire, et ça m'a fait un bien fou.
Harry lui rendit alors son sourire, plus détendu qu'au début de la conversation. Si Hermione n'avait eu aucun mal à croire et à accepter le fait qu'il soit amoureux de Snape, elle accepterait également le fait qu'il soit son père.
-Alors, demanda Ron, rassuré que son meilleur ami n'ait pas pour but d'entretenir une relation élève-professeur, qu'est-ce qui se passe encore avec notre affreux prof de Défense ?
Harry leur raconta alors tout ce qu'il s'était passé, depuis le jour où il avait appris que sa mère et Snape avaient été mariés, n'omettant aucun détail, et s'arrêtant de temps en temps afin de laisser Ron et Hermione encaisser les coups plus facilement.
Au fur et à mesure de son récit, il observa attentivement les réactions de ses interlocuteurs. Bien que Ron affichait l'expression de confusion qui lui était propre, Hermione, elle, semblait comprendre où Harry voulait en venir.
Il en était arrivé au moment où Snape avait pris connaissance de la peluche. Les yeux d'Hermione reflétaient sa curiosité, et Harry pouvait deviner son impatience. On arrivait enfin au point culminant :
-Et... fit-il en prenant une grande inspiration, c'est là que je me suis rendu compte que... Que... (il leur lança un dernier regard, puis baissa la tête.) Que j'étais Morphée.
Durant quelques instants, personne n'osa prononcer un mot. Ron avait même arrêté de manger.
-Attends une seconde, dit-il alors que Hermione plaquait ses mains sur sa bouche, ça veut dire que...
-Oui, Ron, fit Harry en avalant sa salive. James Potter n'a jamais été mon père. Je suis un Snape.
Ron écarquilla les yeux, puis s'adossa sur sa chaise.
-Je... Je crois que j'aurais presque préféré que Hermione ait raison, finit-il par avouer avec un petit sourire, qui ravit Harry.
-Mais et Dumbledore dans tout ça ! S'écria soudainement Hermione. Il savait tout, n'est-ce pas ? Pourquoi ne t'a-t-il rien dit ?
Avec une certaine rancoeur, Harry leur raconta donc sa dernière entrevue avec le directeur.
-Le sale... Maugréa Ron en jetant un regard meurtrier à la table des professeurs. J'espère que tu l'a bien engueulé !
-Ron ! S'exclama Hermione, offusquée. C'est le directeur, tout de même ! Bien que son attitude soit déplorable, Harry ne pouvait pas lui manquer de respect !
-Vous avez tous les deux raison, soupira Harry. Je lui ai tout d'abord crié dessus en lui disant ses quatre vérités – oui, Hermione, même si c'est le directeur ! - mais je pense qu'au final, il vaut mieux que j'entretienne de bons rapports avec lui.
-Mais... Protesta Ron.
-Non, Ron. C'est le sorcier le plus puissant au monde, et nous devons travailler ensemble si nous voulons vaincre Voldemort, maintenant qu'on sait que la prophétie peut se réaliser, puisque j'ai mon père. Je ne dis pas que je pourrai à nouveau lui faire confiance, mais je dois au moins faire bonne figure. Tout comme le fait Snape avec Lucius Malefoy, finit-il pour lui-même.
-Mmh, Oui, réfléchit Hermione. Tu as raison, c'est la meilleure attitude à adopter.
Harry hocha la tête en remerciement.
-Et...C'est aussi pour ça que je me suis un peu isolé ces derniers jours. J'avais besoin de temps pour avaler tout ça, vous comprenez ?
Hermione souffla un petit « Oh, Harry... » puis le prit dans ses bras, en s'excusant de n'avoir pas pris le temps de plus le comprendre. Ron lui serra également l'épaule en signe d'affection et Harry ne pouvait être plus heureux. Il aurait voulu rester plus longtemps dans les bras de ses amis, mais perdre du temps en sentimentalisme ne lui était pas permis. Il se dégagea gentiment de l'étreinte de Ron et Hermione, et se demanda s'il devait leur parler de Malefoy, ou non. Il n'eut pas le temps de se décider, car Ron prit la parole en premier :
-Tu peux nous montrer ta vraie apparence ?
-Oui, bien sûr, dit Harry d'un ton chargé d'ironie. Tu veux que je me métamorphose maintenant devant toute la Grande Salle ou tu préfères que je le fasse en cours de Défense Contre les Forces du Mal ?
-Ça va, c'était juste une proposition en l'air...
Devant l'air bougon de son ami, Harry décida de se rattraper.
-Je vous montrerai plus tard, dans les dortoirs, ou aux toilettes.
Ils hochèrent tous les deux la tête, ravis.
-Quelqu'un d'autre est au courant ? Interrogea Hermione.
Harry fit « non » de la tête.
-Seulement vous deux et Dumbledore. Et ma mère, bien sûr.
-Tu ne l'as pas dit à Snape ? S'écria Ron, au comble de l'étonnement.
-Non, répondit Hermione. Harry a raison, il ne doit pas le dire au professeur Snape (elle regarda Harry avec un air entendu). Il vaut mieux qu'il l'apprenne par lui même. Il sera en colère de toute façon, mais il encaissera mieux le coup. Et puis, si Harry ou Dumbledore lui annonce, il risquerait de les tuer sur le coup de la surprise, vous savez comment il est.
Harry ne savait pas vraiment si Hermione plaisantait ou non, et il ne voulait pas le savoir.
-Et puis, comment est-ce que je pourrais lui dire ça ? Continua Harry.
-Oh, c'est très simple, déclara Ron. Tu dis : « Bonjour, professeur Snape ! Belle journée pour un cours sur les Patronus ! Je suis votre fils Morphée que vous croyez mort ! Combien vous m'avez mis au dernier contrôle ? J'espère avoir la moyenne ! » Et voilà !
Harry et Ron rirent, mais Hermione, une fois de plus, garda son sérieux.
-Je ne suis pas sûre que les messages subliminaux soient une bonne idée. Non, Snape étant un homme qui se sait intelligent, il préférera le découvrir tout seul, ainsi, son esprit de déduction n'en sera que plus flatté.
-Je sais, Hermione, je rigolais !
Hermione hocha la tête en soupirant.
-Quoi qu'il en soit, dit-elle, tu ne dois peut-être pas le dire à Snape, mais il faudra bien que tu en avertisses Rémus et Sirius.
Harry se crispa. Elle savait bien qu'Hermione avait raison, mais...
-Heu... pas tout de suite, d'accord ? Sirius va me renier, c'est sûr. Et puis, il va assassiner Snape.
La Gryffondor leva les yeux au ciel en murmurant quelque chose comme « n'importe quoi ».
-Y'a auchi un autre problème, constata Ron en croquant dans une pomme, c'est que chi Chnape n'est pas au courant, tu ne pourras pas réaliger la prophéchie ! Il vaut mieux qu'il l'apprenne le plus tôt pochible, non ?
Harry eut un sourire malicieux.
-Tu oses mettre en doute ses capacités de raisonnement ?
-Moi ? Jamais...
-Ron n'a pas tout à fait tort : peut-être que Snape est doté d'un bon sens du raisonnement, mais il m'a l'air d'être complètement aveuglé par son amour envers Lily.
-Il faudra lui laisser des indices, alors ! S'écria Ron qui ne voulait pas se laisser abattre. Aussi borné soit-il, Snape finira bien par trouver ! (il s'arrêta de parler lorsqu'il constata l'air effaré de ses amis) Hé, oh ! Vous m'écoutez ?
Hermione, les sourcils froncés, fit signe à Ron de se retourner.
-Ho... Soupira le rouquin avec une certaine lassitude. Il est derrière moi, pas vrai ?
-Effectivement, Weasley, fit une voix doucereuse derrière Ron. Je devrais accorder dix points à Gryffondor pour votre prodigieuse perspicacité.
Ron grogna.
-Et bien ? Poursuivit le professeur. A en croire Weasley, j'aurais donc quelque chose à... « trouver » ? Puis-je vous demander ce que vous me cachez ?
Harry et Hermione s'échangèrent un regard alarmé, puis Hermione commença à bredouiller des phrases inaudibles.
-J'ai connu des petits pois qui avaient plus d'éloquence que vous, Granger.
Hermione se tut, humiliée.
Snape s'en remit donc à Harry, sans se souvenir qu'il ne devait plus lui adresser la parole, par ordre du directeur.
-Potter ? Que me cachez vous ?
Harry détailla alors son professeur, s'arrêtant à chaque traits que Morphée et lui partageaient. C'était la première fois qu'il observait Snape avec un autre sentiment que du dégoût.
-POTTER !
Harry sursauta.
-Heu... Rien, rien, professeur, bredouilla-t-il, en parfaite imitation du Harry Potter idiot que Snape connaissait.
Snape haussa un sourcil. Machinalement, Harry fit de même et Ron étouffa un petit rire.
Soudain, les yeux de Snape et de Harry se croisèrent. Harry savait ce que son professeur s'apprêtait à faire, mais cette fois-ci, il savait comment bloquer son esprit – il l'avait déjà fait avec Drago il y avait quelques heures. Il sentait toute la puissance mentale de son père, et il eut un mal de chien à le repousser. Enfin, après ce qui lui parut une éternité, il sentit Snape se retirer, un air presque surpris au visage. Il continuèrent de se fixer, puis le professeur finit par déclarer avec une grande simplicité:
-Je vous verrai dans mon bureau après le déjeuner, Potter.
-Mais ! Vous oubliez ce qu'a dit le professeur Dumble-
-J'ai dit, dans mon bureau après le déjeuner.
Sur ce, il s'éloigna de sa démarche furtive habituelle, démarche que Harry avait bien du mal à ne pas adopter également.
Que Snape ne découvre la vérité n'était qu'une question de temps...
