Oui, j'ai été longue, mais j'avais TROP de travail ces temps-ci (sérieusement, les profs, leur but, c'est de nous faire avoir le bac ou de nous tuer avant qu'on l'ait ? )

Je n'aime pas trop ce chapitre... il ne se passe pas grand chose, en fait. le prochain sera mieux !

Merci à Flower Black pour la correction et à Nat-Kun pur son dessin (lien : .) qui a fait monté mon niveau de motivation au plus haut degré ! *HYPER MOTIVEE ! * J'avais également fait une illustration mais je n'ai aucune page pour l'herbeger, donc...(pourtant elle était pas trop mal...Plein de noir, de rouge... )

Bonne lecture et merci aussi pour les reviews !


-Harry, je t'ai déjà dit à quel point je t'adorais ?

Harry n'eut même pas la force de répondre par un sourire crispé. La réflexion de Ron n'avait en effet rien de très amusant :

Cela faisait maintenant une semaine que Harry avait réussi à échapper à Voldemort. Une semaine que Snape connaissait sa véritable identité, et une semaine que le professeur de Défense Contre les Forces du Mal n'était pas sorti de ses appartements, pas même pour déjeuner.

Voilà la source de l'euphorie de Ron : une semaine sans cours de Défense était pour lui la plus belle des choses, et étant donné que l'absence du professeur était plus ou moins liée à Harry, il était normal qu'il l'en remercie.

Cependant Harry était beaucoup trop bouleversé pour partager la joie de son ami. Hermione le remarqua et sermonna Ron sur son manque de délicatesse. Ennuyé par cette nouvelle dispute, Harry décida de se laisser aller à ses pensées.

A cause de l'absence de Snape, les élèves de Poudlard avaient bénéficié de beaucoup de temps libre. Drago devait probablement passer ses heures vacantes dans la Salle sur Demande, à attendre les explications de Morphée. Seulement Harry n'avait aucune envie de se prendre la tête avec le Serpentard, et l'avait alors soigneusement évité. Il en avait profité pour passer plus de temps avec Ron et Hermione. Les trois amis se retrouvaient ainsi régulièrement dans les toilettes du troisième étage, celles qui se trouvaient dans le couloir qui avait été interdit lors de leur première année et qui renfermait à ce moment-là la pierre philosophale. Bien que cet étage ne soit plus interdit, les élèves, par réflexe, ne s'y rendaient jamais. Ainsi, Harry, Ron et Hermione jouissaient d'un endroit délicieusement désert dans lequel Harry pouvait reprendre sa véritable apparence.

-Harry, hésita Hermione, peu certaine de la manière dont elle allait amener le problème, Maintenant que le Professeur Snape est au courant pour... enfin, tu vois, vas-tu rester définitivement sous ta forme de Morphée ?

Tout en fixant les lacets de ses chaussures, Harry secoua doucement la tête en signe de négation.

Hermione soupira.

-Tu sais, poursuivit-elle, il n'est pas bon de vivre dans le mensonge...

-Écoute, coupa Harry, agacé, tu ne peux pas savoir à quel point j'adorerais ne plus avoir à me balader dans les couloirs avec la tête de cet imbécile de James Potter... (Hermione et Ron se lancèrent un regard désolé). Mais si je décidais de rester Morphée, cela viendrait à dévoiler mon identité au reste du monde, et donc l'existence du fils de Severus Snape ne serait plus un secret... D'une manière ou d'une autre, il serait obligé de m'accepter... Je... Je ne veux pas lui forcer la main...

Un silence suivit cette déclaration. Harry en conclut que ses amis ne s'attendaient pas cette réponse.

-Oui, je crois que c'est la meilleure chose à faire, finit par annoncer Hermione.

-Tu vas aller lui parler, alors ? Demanda Ron avec une légère trace de mépris dans la voix.

Harry hocha de nouveau la tête, cette fois-ci de haut en bas.

-Ah bon. Et s'il ne veut pas de toi ? reprit Ron, non sans une lueur d'espoir – apparemment il avait encore du mal à accepter que son meilleur ami puisse être le fils d'une telle ordure.

-Et bien, je ne me transformerai plus jamais en Morphée, et une fois Voldemort vaincu grâce à son aide, je ferai comme s'il ne s'était rien passé.

Bien que son visage impassible ne laissait rien présumer, Harry craignait beaucoup cette éventualité. Bien sûr, il ne s'attendait pas à ce que Snape se mette à l'enlacer et à lui demander de l'appeler « papa » la prochaine qu'ils se croiseraient dans un couloir, mais il ne voulait pas non plus être complètement rejeté. Pas alors qu'il était si près d'avoir enfin une famille.

-...ne te va pas du tout.

Harry cligna des yeux et centra son attention sur Hermione.

-Excuse-moi, tu disais ?

Hermione leva les yeux au ciel.

-Ça ne t'arrive jamais d'être attentif ? (Harry haussa négligemment les épaules) Je disais que cette raie au milieu ne te va pas du tout, finit-elle en tendant un doigt agacé vers les cheveux noirs de son ami.

-Je m'en fiche, Hermione. Mes cheveux tombent naturellement de cette manière, je ne vais pas m'amuser à me faire une raie bizarre tous les matins juste pour te faire plaisir.

-Et depuis quand tu es aussi superficielle, Hermione ? S'écria soudainement Ron.

-Tu confonds être superficiel et être présentable. Il n'y a rien de mal à vouloir paraître un tant soi peu à son avantage, répliqua-t-elle sur la défensive tout en se rapprochant de Harry. Maintenant laisse moi faire.

Harry soupira, vaincu, tandis que Ron tentait vainement de se justifier auprès de Hermione – vainement car la jeune fille était trop occupée à coiffer sa victime pour s'occuper du roux.

Après quelques minutes, Hermione afficha enfin un sourire satisfait et invita Harry à se regarder dans la glace la plus proche.

Le jeune Gryffondor analysa le résultat : son amie avait éparpillé quelques mèches sur son front et en avait également ramené d'autres derrières ses oreilles. Il remarqua alors que ses cheveux étaient plus longs devant que derrière, créant ainsi un espèce de dégradé qui n'était pas désagréable à regarder. Harry aimait tout particulièrement le côté « cheveux lisses mais pas coiffés » de sa coupe. Il n'avait jamais tellement aimé paraître coiffé.

-Je suis désolée, je ne suis pas vraiment experte en la matière, dit timidement Hermione.

-Non, c'est parfait, lui répondit Harry avec un petit sourire.

-Ouais, t'as fait ce que t'as pu, Hermione, se vit obligé de rajouter Ron, en bon ami taquin qu'il était.

Hermione lui lança un regard mi-agacé, mi-amusé.

Les trois amis poursuivirent leur conversation, parlant de tout et de rien. Harry appréciait énormément ces brefs instants de détente, durant lesquels il pouvait presque oublier ses problèmes et redevenir un élève comme les autres en parlant de choses qui lui paraissaient maintenant bien futiles, comme le Quidditch ou encore les cours. Malheureusement, aussi bien Ron que Hermione avaient l'air extrêmement avides d'en savoir plus sur la dernière confrontation qui avait eu lieu entre Harry et Voldemort – Harry avait en effet décidé de ne pas trop en parler. Après avoir, pour la troisième fois, tenté de détourner le sujet sur leur prochain devoir de Potions, le Gryffondor finit par céder.

-Très bien, très bien, fit-il en soupirant. Alors, qu'est-ce que vous voulez savoir ?

-D'abord, qui était cette femme – Alyssa ? - et que venait-elle faire dans cette histoire ? Débuta Hermione, approuvée par un hochement de tête de Ron.

Harry frissonna à l'entente de ce nom. Il se souvenait parfaitement de cette belle et grande femme aux yeux verts perçants et aux cheveux châtains parsemés de reflets rouges.

-Je crois bien que c'était l'ancienne petite amie de James, déclara Harry, celle qui était en vérité une Mangemort. C'est elle qui a dénoncé mon existence à Voldemort, finit-il avec une pointe de dégoût.

-Tu crois qu'il faut se méfier d'elle ? demanda judicieusement Ron.

Harry haussa les épaules.

-Je ne peux pas te le dire, je ne l'ai pas vue combattre. Mais elle a l'air d'être très bonne comédienne, puisqu'elle a réussit à faire croire à tout le monde – et par là je veux dire James, ma mère, mais aussi mon père et Dumbledore – qu'elle n'était qu'une jeune fille innocente. (il se frotta le menton) A mon avis elle est très manipulatrice.

Les gloussements horripilants d'Alyssa étaient incrustés dans la tête du Gryffondor. Il souhaitait ardemment ne plus jamais croiser le chemin de cette femme qui, de toute évidence, était aussi timbrée que Bellatrix.

-Il faudrait qu'on essaie de se renseigner sur elle, reprit Hermione après réflexion. Il est primordial de connaître les forces et les faiblesses de ses adversaires. Tu crois qu'elle est très dévouée à Voldemort ?

-En quoi c'est important de savoir ça ? s'interrogea Ron. Le principal, c'est que c'est une Mangemort, qu'elle soit fidèle ou non...

Hermione balaya l'air à l'aide de sa main droite, agacée par le manque de subtilité de son ami.

Harry, quant à lui, ne pouvait oublier la dévotion qu'Alyssa semblait vouer à son Maître. Néanmoins... Il l'avait aussi vue, à travers sa vision, venir harceler Snape en le serrant dans ses bras et en se blottissant contre lui...

-Je crois qu'elle a un faible pour Snape, déclara calmement Harry, comme si c'était la chose la plus naturelle du monde. Après, est-ce qu'elle aime autant Snape que Voldemort, ça...

Les trois Gryffondors décidèrent de laisser cette conversation de côté pour le moment.

Alors qu'ils commençaient à rassembler leurs affaires afin de se rendre dans la Grande Salle, ils entendirent des bruits de course venant des couloirs, accompagnés par des hurlements.

-HARRY ? !

Harry se figea lorsqu'il reconnu la voix de son parrain. Merlin, que venait-il faire ici ?

-Vite, Harry, re-transforme-toi ! S'alarma Hermione.

Le jeune homme ne se le fit pas répéter, et, au moment même où il acheva sa transformation, les portes des toilettes s'ouvrirent à la volée, laissant ainsi apparaître un Sirius Black essoufflé et décoiffé, suivit de près par Rémus Lupin qui se trouvait dans le même état que lui.

-Harry ! S'écrièrent Rémus et Sirius d'une même voix.

Harry était bien trop surpris et pris au dépourvu pour répondre, ainsi il se contenta de bredouiller quelque chose de complètement incompréhensible. Il remarqua cependant que son parrain avait tendu les bras vers lui, sûrement dans le désir de le serrer dans ses bras. Malheureusement, Harry n'était pas encore sûr de lui avoir complètement pardonné sa participation active aux plaisanteries de James, et préféra baisser les yeux.

-Bonjour Sirius, bonjour Rémus, fit Hermione d'un ton chaleureux afin de couper court à la gêne de son ami. Que faites-vous ici ?

-Euh... Hésita Sirius, étonné par l'attitude distante de son filleul qui ne lui avait toujours pas dit bonjour.

-Et bien, commença Rémus, Albus nous a informé de l'état actuel de Severus, et il espérait que nous pourrions peut-être l'aider à...

-QUOI ?

Harry n'avait pu s'empêcher de hurler. Ainsi Dumbledore avait mis Rémus et Sirius au courant ? Comment avait-il pu le trahir une seconde fois ?

Les deux adultes dévisagèrent le Gryffondor avec un air perplexe.

-J'ai dit que Albus nous avait demandé de remonter le moral à Severus... répéta le loup-garou.

-Pff ! Normal que ça l'étonne, dit nonchalamment Sirius. Comme si nous pouvions lui remonter le moral. Excuse moi mais je pense qu'il va être encore plus déprimé en nous voyant. Et puis, qu'est-ce Dumbledore entendait exactement par « Severus déprime » ? Comme s'il n'était pas déprimé en permanence !

-D'après ce que j'ai compris, il viendrait d'apprendre une nouvelle assez éprouvante... Répondit Lupin en fronçant les sourcils.

Harry, Ron et Hermione soupirèrent de soulagement. Manifestement, aucun des deux adultes ne savait exactement ce qui était la cause du renfermement de Snape.

-Peut-être...poursuivit Rémus en lançant un regard malicieux aux trois Gryffondors. Peut-être en savez-vous un peu plus que nous ?

-Non ! Répondirent subitement – trop subitement – Ron et Hermione.

-Rhooo, mais qu'est-ce qu'on s'en fout, de toute manière ! S'écria Sirius, une pointe d'agressivité dans la voix. Severus a toujours adoré faire chier le monde, c'est tout ! Ce sale bâtard grai-

-Stop.

La voix glacée de Harry continua de raisonner contre les murs des toilettes. Le jeune homme regardait fixement son parrain, avec un profond dégoût. Sirius le dévisageait, les yeux écarquillés de stupeur. Ron, Hermione et Rémus retenaient leur respiration.

-Harry... Euh... commença l'Animagus, sûrement dans le but de briser le silence.

-N'insulte plus jamais Snape devant moi, poursuivit Harry toujours aussi froidement.

Ses yeux émeraude étaient plantés dans les pupilles de son parrain, qui ne tarda pas à ciller face à l'étrange comportement de son filleul.

-Euh...Et bien... bredouilla Sirius en se grattant l'arrière de la tête. C'est à dire que... Je pensais que toi aussi tu aimais bien insulter Snape... C'est ce que j'ai toujours fait, non ? Et jusqu'ici tu n'avais pas l'air de t'en plaindre, alo-

-Est-ce que tu es conscient, coupa sèchement Harry sans lâcher son parrain du regard, de tous les sacrifices que Snape a pu faire durant toutes ces années ? (Il se mit à tourner autour de Sirius qui se mordait à présent la lèvre) T'es tu demandé pourquoi il était si déprimé ? T'es-tu un tant soit peu intéressé à sa vie avant de le cataloguer dans la catégorie des personnes malveillantes et cruelles ?

Harry cessa enfin de parler, attendant manifestement une réponse. Hermione se dandinait sur ses pieds, Ron se rongeait les ongles et Rémus semblait fasciné par le lacet de sa chaussure gauche.

-Alors ! Tonna Harry non sans une pointe d'agressivité. Réponds !

-...Non... finit par cracher Sirius, tandis qu'un rictus satisfait s'installait sur les lèvres de Harry.

Il le tenait. Il avait enfin une raison d'être en colère contre son parrain. Une raison valable, celle d'avoir détesté une personne au lourd passé sans tenter d'en savoir plus sur elle.

-Je vois... murmura Harry. Comme je l'avais prévu... Tu es réellement immature, Sirius.

Ce fut la phrase de trop pour l'Animagus qui se retourna violemment vers son filleul en lui empoignant les mains.

-Ne me parle pas sur ce ton, Harry ! Cria-t-il. Je...Je te l'interdis ! N'oublie pas que je suis de ta famille, tu me dois un minimum de respect !

Harry émit un petit « pft! » méprisant en se dégageant sans délicatesse de l'emprise de son aîné. Il fit alors quelques pas afin de s'éloigner de Sirius, et alla se poster devant le mur se trouvant de l'autre côté de la pièce, les mains liées derrière son dos.

-Tu n'es pas en position de m'interdire quoique ce soit, trancha Harry, les yeux toujours rivés sur le mur qui se tenait devant lui. Tu n'es pas mon père.

Hermione laissa alors échapper une petite exclamation. Les sourcils noirs et lisses de Sirius se froncèrent.

-Quoi ! Je te rappelle que suis ton parrain, ainsi que le meilleur ami de ton père ! (Harry ricana) Je suis tout à fait en mesure de t'interdire ce que je veux !

Harry demeura étonnement silencieux, laissant Sirius ainsi que Rémus plutôt perplexes. Ron et Hermione, en revanche, semblaient être prêts à vendre leur âme pour sortir de ces toilettes et laisser ainsi leur ami régler ses comptes tranquillement.

-Harry, finit par demander Rémus alors que Sirius boudait en croisant les bras, Harry, y a -t-il quelque chose dont... Je ne sais pas... Dont tu voudrais nous parler ?

Harry fit volte-face. Il avait longtemps redouté le moment où il devrait tout avouer à Sirius et Rémus. Il ne craignait pas vraiment d'être rejeté par Sirius... Il savait que, d'une manière ou d'une autre, son parrain finirait par passer outre le fait que Harry ne soit pas un Potter. De toute manière, si tel n'était pas le cas, cela prouverait que Sirius Black était véritablement un imbécile immature. Et Harry ne souhaitait pas perdre son temps avec de tels individus.

Harry leva ses yeux verts vers les deux adultes. Son air, sérieux dans un premier temps, devint de plus en plus anxieux, tandis que son regard s'orientait progressivement vers le sol. Il commença à se tortiller sur ses pieds, ce qui signifiait qu'il angoissait affreusement.

-Et bien, finit-il par bredouiller en caressant son bras droit. Comment dire... (il chercha Ron et Hermione du regard afin de se rassurer. ) Je... (il soupira, résigné.) Je ferais mieux de commencer par le commencement...

Et c'est ainsi que Harry relata tout ce qui s'était passé ces derniers mois, depuis le jour où il avait plongé dans la Pensine de Snape jusqu'à sa bataille contre Voldemort. Il fit en sorte de n'omettre aucun détail afin de ne pas être interrompu par quelques questions agaçantes, et prit bien soin de ne pas lever les yeux vers ses deux interlocuteurs. Lorsqu'enfin il eut finit, il prit son courage à deux mains et décida d'affronter les expressions de Rémus et de Sirius.

Comme il l'avait prévu, les deux adultes étaient sous le choc, médusés et incapables de prononcer le moindre mot. Ce silence rendait Harry encore plus anxieux, mais il décida de se taire. Il savait parfaitement que les deux amis avaient besoin d'un temps de réflexion, afin de mieux encaisser le choc.

Après ce qui parut une éternité à Harry, Rémus sortit enfin de sa torpeur et vint le prendre dans ses bras, un sourire triste aux lèvres. Harry décida d'accepter cette étreinte. Après tout, il était plutôt heureux que le Loup-Garou réagisse de la sorte, et tandis que Rémus lui murmurait des paroles réconfortantes à l'oreille, Harry put entendre les rires joyeux de Ron et de Hermione, qui semblaient ravis pour leur ami.

Malheureusement, la joie qui accompagnait cette étreinte fut de courte durée.

Sirius n'avait toujours pas exprimé son opinion.

Harry, Ron, Hermione et Rémus fixaient Sirius avec appréhension. L'Animagus affichait un regard absent comme si la tirade de Harry l'avait vidé de toute pensée.

-... Sirius ? Osa Rémus en fronçant les sourcils. Tu...

-Je vais le tuer.

La phrase résonna cruellement dans la tête de Harry. Encore plus que les mots employés, ce fut le ton de Sirius qui le fit tressaillir. La rage luisait dans ses yeux bleu nuit, et son expression de haine intense faisait ressortir son côté canin, d'autant plus qu'il que les grognements semblaient avoir pris le pas sur la parole. Il ressemblait à un chien enragé.

Sans prononcer un mot de plus, Sirius tourna les talons en direction de la sortie. Même Hermione qui ne manifestait pourtant aucun talent en divination pouvait prévoir que l'homme se dirigeait vers les appartements de Snape, sans doute pour lui faire passer un sale quart d'heure.

Bien que Harry eût prévu cette réaction – que Sirius tente de faire passer sa déception et sa peine en se vengeant sur ce bon vieux Servilus était en effet plus qu'évident – il n'en fut pas moins alarmé. Il ne voulait surtout pas que Sirius commence à se battre avec Snape. La seule personne qui avait le droit de se disputer avec le professeur de potion et de le critiquer, c'était lui !

Harry s'élança alors à la poursuite de son parrain et réussit à lui attraper le bras avant qu'il ne s'engouffre dans les couloirs.

-Sirius, ne -

Le regard de pur mépris que lui lança l'Animagus coupa Harry dans sa lancée, le blessant plus qu'il ne voulait l'admettre. Sirius dégagea violemment son bras de la poigne de Harry et couru vers la sortie. Après une ou deux secondes d'hésitation, Harry décida de partir à sa poursuite. Il entendit des bruits de course qui venait de derrière lui ainsi que les voix de Ron et de Hermione qui criaient son nom. Puis la voix de Rémus s'éleva à son tour, ordonnant aux deux Gryffondor de ne pas s'en mêler. Les bruits de pas s'estompèrent alors, et Harry en déduisit que aussi bien Ron que Hermione avaient décidé d'écouter leur ancien professeur de Défense Contre les Forces du Mal et de le laisser régler ses problèmes seul. Merlin bénisse Rémus pour son empathie.

Sans se retourner, Harry continua de courir après son parrain. Comme il l'avait prévu, ce dernier se dirigeait vers les appartements de Snape.

Harry pouvait déjà se représenter la scène : Sirius allait hurler sur Snape, l'accuser d'avoir jeter un sortilège quelconque à la pure et innocente Lily qui n'aurait jamais trompé son James bien aimé, ou encore lui reprocher d'avoir été si cruel avec son fils durant toutes ces années. Et Snape allait rester là, sans rien dire, en observant son ancien camarade de classe de son air impassible habituel, trop meurtri pour lui répondre.

Non. Harry ne pouvait décidément pas laisser Sirius déverser sa colère sur Snape. Il devait le rattraper et l'en empêcher... Mais l'Animagus était si rapide !

Je n'y arriverai pas, pensa-t-il alors qu'un point de côté commençait à naître dans son bas ventre. Il était à bout de souffle. Si sa détermination à empêcher cette confrontation n'était pas si encrée en lui, il se serait probablement évanoui sous l'effort. Courir comme un dératé dans les couloirs de Poudlard ne faisait en effet pas parti de ses activités régulières.

L'escalier qui menait aux cachots se profila peu à peu au loin. Il les descendit le plus rapidement possible – en prenant tout de même soin de ne pas tomber - mais il était trop tard : Sirius se tenait déjà devant la porte des appartements de Snape, épuisé par sa course mais tout de même fièrement dressé sur ses deux jambes, prêt à en découdre.

Harry arriva pile au moment où Sirius ouvrit avec fracas la porte de Snape, qui, malgré ses protections, ne résista pas à la fureur de l'Animagus.

-SIRIUS, ARRETE ! Hurla-t-il, désespéré. Mais son parrain ne lui adressa pas la moindre attention et passa le seuil de la porte, sa baguette fermement empoignée dans sa main gauche.

Harry entra à son tour, et il découvrit avec étonnement que la pièce était vide. Sirius regarda de tous les côtés afin de trouver le professeur. Harry en fit autant, mais après dix bonnes minutes de recherche, ils durent se rendre à l'évidence : Snape n'était pas dans ses appartements.

-C'est pas VRAI ! Rugit Sirius, plus énervé que jamais. Il a pas mis les pieds dehors depuis une semaine, et c'est pile quand il faut qu'il soit dans ses appartements qu'il y est pas ! (Il frappa la table basse du poing) Putain! Il nous fera vraiment chier jusqu'au bout ce -

-SIRIUS ! Ne l'insulte plus, c'est clair ?

Les deux hommes se fusillèrent du regard, prêts à se lancer dans une belle dispute, lorsqu'ils entendirent comme une explosion venant de quelques étages supérieurs.

-Qu'est-ce que... murmura Sirius en levant sa tête vers le plafond, comme si cela allait l'aider à en savoir plus. Harry, tu as entend-

Mais Harry avait déjà quitté la pièce, décidé à connaître la source de cette étrange explosion.

Il grimpa les escaliers du premier étage. L'explosion retentit de nouveau.

Un accès de panique le prit alors. Et si l'explosion provenait du bureau de Dumbledore ?

Après tout, cela faisait une semaine que Snape avait découvert la vérité, et le directeur n'avait toujours pas payé pour sa trahison...

Il arriva enfin à l'étage du bureau du directeur, et découvrit avec effroi que la Gargouille qui gardait l'entrée des escaliers en colimaçon état complètement détruite. Il enjamba difficilement les morceaux de pierre étalés sur le sol qui avaient si longtemps constitué la statue gardienne du bureau de Dumbledore. Des cris, difficilement audibles mais audibles tout de même, lui parvinrent aux oreilles. Sans tergiverser d'avantage, il entreprit la montée de l'escalier. A chaque marche qu'il gravissait, les cris et les hurlements se firent de plus en plus forts, si bien qu'à la fin, il arrivait à comprendre ce qu'il disaient.

-.. AVAIS CONFIANCE EN VOUS ! Hurla la voix de Snape suivie, par une autre explosion. COMMENT VOUS AVEZ PU ME FAIRE CA !

Harry se mordit la lèvre jusqu'au sang, adossé contre la porte fermée du bureau directorial. Merlin, derrière cette porte se tenait une dispute des plus sanglantes qui risquait de très mal finir. Que devait-il faire, exactement ?

-...Sev...Sever..us... Arr...êt...ez...

Les gémissements de Dumbledore frappèrent Harry en plein coeur. Bien sûr, il en voulait cruellement au directeur de lui avoir ainsi menti durant toute sa vie, mais il ne voulait pas que le vieil homme meure, et surtout pas de la main de son père. Or, si personne n'intervenait, Snape allait sûrement tuer Dumbledore.

-Pousse toi Harry !

Harry s'exécuta afin de laisser le champs libre à Sirius. Ce dernier brandit sa baguette vers la porte qui s'ouvrit avec un grand « boum » sonore, et Harry se dit que son parrain qui semblait disposer de quelques capacités à ouvrir les portes les plus sécurisées aurait fait un excellent serrurier.

Lorsqu' il entra dans la pièce, Harry retint une exclamation. La scène qui s'offrait à lui était sûrement l'une des plus effroyables qu'il n'ait jamais vues...

Dumbledore était étalé aux pieds de son bureau, démuni et faible, sans aucun moyen de protection. Bien qu'il semblait plutôt calme, sa respiration était saccadée et irrégulière. Lorsqu'il posa ses yeux bleu électrique sur Harry, il lui adressa un sourire radieux, pas le moins du monde crispé, et ce malgré son piteux état. Harry reconnaissait bien là son directeur : joyeux et optimiste, et ce même s'il était à deux doigts de se faire tuer par un homme qu'il considérait sûrement comme son fils.

-NE SOURIEZ PAS BETEMENT ALORS QUE JE ME PREPARE A VOUS TUER ! Rugit Snape qui surplombait sa victime de toute sa hauteur. Il était de dos à Harry et Sirius, et ne les avait pas encore remarqués. Mais il ne tarda pas à se retourner. Harry eut un mouvement de recul devant la mine affreuse du professeur : ses yeux étaient rouges et encadrés par d'énormes cernes, preuve qu'il n'avait pas dû énormément dormir ces dernières nuits. Sa peau luisait à la lumière de la pièce tant elle était recouverte de sueur, et des petites mèches de cheveux noirs venaient se coller sur son front. Il était décoiffé et paraissait dans le même état de folie que le soir où il avait découvert Sirius, Rémus, Harry, Ron et Hermione dans la cabane hurlante, il y avait quelques années de cela.

Il dévisagea Sirius avec mépris. Sirius grogna et montra les dents. En revanche, il ignora Harry majestueusement. Il ne lui adressa pas un regard, pas même une seule petite attention qui aurait pu faire comprendre à Harry que Snape avait remarqué sa présence. Le jeune Gryffondor avait l'impression de ne même pas exister, et bien qu'il essaya de le cacher, il se sentit très mal.

-Pars d'ici Black, susurra Snape.

-Hors de question Servilus, répondit-il dans un demi-grognement.

Les deux hommes s'affrontèrent du regard. Harry en profita pour jeter un coup d'oeil au directeur qui se relevait péniblement. Harry remarqua qu'il n'avait même pas chercher à récupérer sa baguette. Il se dit alors que le vieil homme avait dû faire exprès de se laisser faire par Snape. Il savait qu'il méritait la fureur du professeur, et n'avait donc rien fait pour l'empêcher de se défouler. Harry se demanda s'il se serait également laissé tuer.

-Tu ne sais même pas ce qu'il se passe, Black ! S'écria Snape avec agressivité.

-Je le sais parfaitement. Ton... (il grimaça) fils m'a tout raconté.

Harry orienta son attention vers Snape, certain qu'il aurait le droit à au moins un petit regard suite aux paroles de Sirius, mais rien. Snape resta froid et stoïque.

-Très bien...soupira le professeur en tentant de reprendre son calme. Dans ce cas, même un idiot comme toi pourrait comprendre que cette histoire ne te concerne pas.

-Comment ça ! Je suis le parrain de Harry !

-Personnellement, tu pourrais aussi bien être son poisson rouge que je n'en aurais rien à faire, dit-il froidement.. Au risque de me répéter Black, et quoique tu sois pour Potter, cette histoire ne te concerne pas.

Sirius entra dans une nouvelle crise de grognements. Harry pouvait presque l'entendre aboyer.

-Tss...Siffla Snape en toisant Sirius. J'ai toujours détesté les chiens.

Le coup de poing que porta Sirius à Snape fut si rapide que le professeur eut du mal à l'éviter.

-Alors comme ça... fit Snape d'une voix morne – et Harry nota que quelque chose n'allait pas, car habituellement, lorsque Snape usait de sarcasmes, sa voix était toujours tintée d'une pointe d'amusement - La magie n'est plus assez bien pour toi, Black? Non, maintenant tu te mets à te battre comme un vulgaire Moldu des rues... Savais-tu que la violence était la force des faibles ?

-LA FERME !

Sirius se rua sur son adversaire qui l'évita de nouveau. Ce dernier s'arma de sa baguette et se mit à lancer divers sortilèges au gros chien noir qui se tenait maintenant devant lui. Harry eut beau les supplier de s'arrêter, rien n'y fit.

-Professeur ! S'écria-t-il en s'adressant – en désespoir de cause – à Dumbledore qui venait tout juste de retrouver une bonne stabilité sur ses deux pieds. Vous devez faire quelque chose !

-Je...Je crains fort Harry que...Que je ne sois...trop...trop faible... pour...pour faire quoique ce soit, finit-il avec un grand sourire qui masquait sa souffrance en massant son corps endolori.

Harry plissa les sourcils et observa les deux ennemis se livrer un combat à mort, juste sous ses yeux. Snape évitait la plus-part des assauts de Sniffle, mais il commençait à fatiguer. Sa tunique noire valsait dans tous les sens, en même temps que ses cheveux, au gré de ses mouvements. Si la situation n'était pas si tragique, Harry se serait pris à admirer sa grâce et sa fluidité. Mais il n'avait pas de temps à perdre. Il empoigna sa baguette et la brandit vers les deux hommes (ou plutôt sur l'homme et le chien). Il sentit la main de Dumbledore se poser sur son épaule.

-Cour...age. Je sais que...tu... peux le faire.

Harry hocha la tête avec détermination et hurla :

-IMMOBILUS !

Aussitôt, Snape et Sniffle s'immobilisèrent. Snape serrait ses bras autour de l'énorme chien qui tentait de le mordre au visage . Ce dernier montrait une rangée de dents blanches et pointues, qui n'auraient aucun mal à lacérer le visage du professeur. Harry se dit qu'il était intervenu au bon moment.

A l'aide d'autres formules, il sépara les deux adultes, toujours figés, puis les fit léviter chacun d'un côté de la pièce.

-Finite incantatem, finit-il par soupirer.

Snape et Sniffle reprirent vie et secouèrent leur corps engourdi par l'immobilus. Après quelques secondes durant lesquelles ils cherchèrent à comprendre comment ils étaient arrivés dans un coin de la salle, Harry eut pitié d'eux et leur raconta ce qu'il avait fait.

-Vous aviez l'air de bête féroces, se justifia-t-il tandis que Sirius reprenait sa forme humaine, sans lâcher Snape - toujours de l'autre côté de la salle – du regard. Toi ! (il pointa son parrain du doigt) Snape a raison. Ce ne sont pas tes affaires, et tu n'as pas à essayer de venger James pour quoique ce soit. Je ne sais pas si tu as très bien compris l'histoire que je t'ai racontée, mais Snape n'a rien à se reprocher dans cette histoire, et il n'a sûrement pas forcé Lily à se marier avec lui, ni à faire un enfant. A la limite, c'est plutôt lui qui devrait être en colère contre toi pour tous les coups bas que toi et James vous êtes amusés à lui faire.

-Mais Harr-

-STOP ! Si tu n'as rien de plus intelligent à dire que « mais Harry », je te prierais de la fermer.

Ne trouvant rien à répondre, Sirius croisa les bras et se mit à bouder. Dumbledore, qui suivait la scène tout en prononçant à voix basse quelques formules de guérison pour se remettre de ses blessures, eut un petit rire amusé.

-Quand à VOUS ! Cria Harry en pointant cette fois-ce son professeur. Je suis parfaitement conscient de ce que le directeur vous a fait subir, mais ce n 'est pas une raison pour le tuer. Je ne veux plus que vous vous en preniez à lui. Cela me décevrait atrocement.

Snape leva les yeux au ciel d'un air « mais qu'est-ce que j'en ai à faire de te décevoir, de toute façon ». Encore une fois, Harry avait espéré que Snape lui confère un peu plus d'attention. Il ne l'avait toujours pas regardé.

Au moins il sait que je suis là, puisqu'il a leva les yeux au ciel, c'est qu'il m'a écouté. Pensa-t-il, plus pour se réconforter qu'autre chose.

-Bien...fit-il en se passant la main dans ses cheveux en pétard. Il était tout de même assez fier de lui. En l'espace de quelques minutes, il avait empêché deux meurtres !

Avant qu'il n'ait plus le temps de se réjouir de sa supériorité, il sentit Snape le frôler, le dépasser, puis sortir du bureau sans dire mot. Harry le regarda partir, sa longue cape toujours visible à l'embrasure de la porte.

Le silence s'installa dans la salle, seulement brisé par les marmonnements de Dumbledore qui tentait toujours de guérir les diverses blessures causées par le terrible professeur.

-Si tu n'étais pas intervenu, Harry... souffla Sirius.

-Tu l'aurais vraiment tué, demanda Harry en camouflant sa peur derrière un ton froid.

Harry se massa le visage.

-Je crois bien... soupira-t-il.

-Et tu aurais été satisfait ?

-J'étais en colère, répondit-il sèchement en levant ses yeux vers son filleul. Je ne savais pas ce que je faisais..

Harry eut un petit ricanement.

-Oui, c'est ça ton problème, Sirius. Tu ne penses à tes actes qu'après avoir agi.

-Oh, parce que ce n'est pas ton cas, peut-être ? Dit-il, offusqué.

-Ca ne l'est plus, fit-il en regardant par la fenêtre.

Il laissa ses yeux vagabonder sur le paysage extérieur, en repensant à la manière dont il avait changé en seulement quelques mois. Il réorienta son attention vers Sirius.

-J'ai grandi, Sirius. J'ai appris que l'impulsivité et la colère ne font jamais bon ménage. Bien sûr, tu vas me dire que me jeter dans la gueule du loup comme je l'ai fait la semaine dernière lorsque j'ai affronté Voldemort n'est pas la plus belle preuve de non-impulsivité, mais crois moi, je savais ce que je faisais, et mes actes n'étaient pas inconsidérés. C'était bien la première fois, d'ailleurs.

-Harry...

-J'ai grandi, Sirius, répéta-t-il en se dirigeant à son tour vers la sortie. Tu ferais bien d'en faire autant.

Il adressa un petit sourire à son parrain, déboussolé, fit un signe de tête fois mais respectueux au directeur, puis descendit les escaliers en colimaçon.

Il y avait un certain professeur avec lequel il aimerait bien discuter...