NdA : Désolée pour le retard, lazy bum is lazy. Il a fallu que ça passe en béta, et j'ai mis du temps à le lui envoyer. Et croyez moi, c'était nécessaire… Donc, un grand merci à mon Aly ! mouchbizbizmouchmouchbizmouch *couvre sa bêta de bisous, et l'étouffe à moitié*… Cuddle Cuddle.
Merci pour toutes les reviews très enthousiastes que j'ai eu jusqu'ici . Mention spéciale à Crispiana, keep the writing-frenzy going babe ^^ Glasgow, je suis flattée, mais je n'ai rien du génie de Conan Doyle, sinon, je vivrais de mes écrits. BWunited, sisi, ici aussi, on hèle les taxi, en levant le bras, à moins de les avoir commandé à l'avance. Et non, pas de souci avec les prénoms. John prend le portable de Sherlock dans la poche de celui-ci, le reste coule tout seul. Je n'ai pas vu Taken, mais Gruner ne fait pas de ses conquêtes des prostituées, du moins, ça n'est pas son but, comme tu l'as remarqué. La drogue est toujours le meilleur moyen de contrôler quelqu'un. Conan Doyle ne l'utilise pas dans cette nouvelle-ci. Ca fait partie de mon adaptation. Quant à Sherlock et son violon, Watson précise dans les livres que, non seulement il est un joueur remarquable, mais qu'il compose également. D'autant qu'il est d'une famille d'artistes, puisque sa grand-mère était la sœur de Vernet. Je suppose qu'on pourrait transposer cela avec un peintre plus contemporain dans le cas de Sherlock BBC. Merci pour ta longue review, en tous les cas. Ishtar, merci beaucoup, venant d'une prof de lettres, c'est flatteur : p J'espère que l'orthographe ne te crispe pas trop, lorsque ma bêta n'est pas là…
The case of the Missing Student
Chapitre 5 : From Paris, with Love
John, avec une certaine surprise, suivit Sherlock jusqu'au métro. Un Sherlock qui était déjà entré dans son rôle et avançait d'une démarche chaloupée, la tête courbée en avant, le dos rond et les mains enfoncées dans les poches. Ils passèrent devant un vendeur de marrons chauds à la sauvette et descendirent une volée de marches. L'intérieur était brillamment éclairé, d'une lumière crue, et il régnait une vague odeur d'égout. Le détective s'approcha du guichet et sortit avec un tremblement nerveux un billet pour payer leurs tickets. Au regard désapprobateur de la préposée, John sut que son amant l'avait convaincue dans le rôle du junkie. Ils passèrent la borne et descendirent un autre escalier jusqu'au quai proprement dit. La panneau numérique annonçait une attente de 4 minutes.
Sherlock s'appuya négligemment contre l'un des distributeurs de snacks. John se posta près de lui, toujours un peu perturbé par le changement radical d'apparence de son compagnon.
-Pourquoi Gruner l'aurait ramenée dans ce squat ? Demanda-t-il en se frottant les mains.
Le froid était de pire en pire. Sherlock eut un mouvement sec du poignet.
-Parce que Shevon s'est mêlée à la population de ce squat, pour son travail. Il y a des rapports détaillés sur son ordinateur. Elle y a aussi décrit sa rencontre avec Kitty. C'est Gruner qui en a fait une « épave » comme l'a si joliment dit Miss Blanchard. Il s'est intéressé à elle, l'a entraînée, a profité d'elle et l'a laissée, junkie et paumée. Quoi qu'il en soit, Shevon s'est faite passer pour une droguée elle aussi. Et à cause de ça, personne ne trouvera étrange qu'elle soit là, morte d'une overdose. Même si une autopsie montre qu'elle n'était pas une grande consommatrice, on parlera de malchance du débutant. Miss Winter, elle était une junkie. La police n'ira pas chercher plus loin. Et je suis certain que Gruner le sait.
Le bruit du métro entrant dans la station coupa court à la discussion.
Le bâtiment était sinistre, coincé dans une ruelle entre un bar fermé depuis ce qui devait être des lustres, à en juger par l'accumulation de graffitis, et un sex-shop sordide. Le quartier détonnait avec ce que John avait vu jusqu'ici de la capitale, et les quelques vingt minutes et deux changements de métro ne devaient pas y être pour rien. Il régnait une atmosphère d'abandon et de misère humaine.
Sherlock poussa la porte, dont la fermeture était purement formelle, et entra. Immédiatement une odeur nauséabonde envahit les sinus de John. Le couloir dans lequel ils pénétrèrent était poussiéreux et peu éclairé. L'ex-militaire se tint sur ses gardes. Les pièces étaient encore vaguement meublées, sous la poussière, mais les corps qui gisaient là n'en avaient cure. John vit Sherlock échanger quelques mots avec un homme maigre et tatoué, et, après une dizaine de minutes, leur mains se frôlèrent. John entraperçut le sachet, puis Sherlock le prit par le bras et le tira brusquement vers un escalier. La volée de marches franchie, Sherlock lui fit signe de jeter un œil aux autres pièces.
Il ne fallut pas longtemps. John entra immédiatement dans la petite pièce, ignorant les relents d'urine et de décomposition, et se précipita vers le corps tremblotant de l'élusive Shevon. Les longues mèches blondes étaient crasseuses, emmêlées et trempées de sueur. Il saisit son poignet, alarmé par la froideur de la peau, vérifia son pouls qui était en bradycardie, puis tourna délicatement son visage. Pupilles rétractées, contours des lèvres craquelé et souffle erratique. Sévère déshydratation. Convulsions.
Opioïdes. Probablement héroïne.
-Shevon, murmura-t-il doucement. Tout va bien, c'est fini.
-Pour elle aussi, c'est fini, répondit la voix de Sherlock.
John releva les yeux pour voir son amant penché sur le corps de Kitty Winter. La jeune femme avait les yeux révulsés, et la lividité de ses traits trahissait son état. Sherlock s'écarta du cadavre et vint près de John.
-La constitution des membres de la Famille a permis à Shevon de ne pas la suivre dans la mort. Gruner ne va pas s'en tirer comme ça.
Il passa les bras sous les genoux et le dos de sa nièce pour la soulever délicatement.
-Allons-nous en.
-Elle a besoin d'être emmenée d'urgence à l'hôpital.
-Ca ne sera pas nécessaire. Une fois proprement réhydratée, nous pourrons l'assister dans le sevrage.
Il avait descendu les escaliers tout en parlant, mais au lieu de se diriger vers d'où ils étaient venus, il continua dans un couloir, vers une plus petite porte. Ils débouchèrent sur une cour intérieure encombrée de détritus en tous genres. La nuit était presque complètement tombée, et la pluie battait toujours le pavé.
-Je ne peux pas la réhydrater par magie, siffla John à voix basse. Même avec l'équipement adéquat. Et tu as pensé au choc du sevrage ? Il est possible qu'un traitement à la méthadone ou à la buprénorphine soit nécessaire, si c'est bien à l'héroïne qu'il l'a droguée.
-Pour que cela dure des mois ? Tu n'y penses pas ! Ca ne sera pas nécessaire. Ce n'est pas une héroïnomane. Elle va souffrir le martyr pendant une journée ou deux, puis le sang de la Famille reprendra le dessus.
Sherlock leva la tête, comme pour estimer la hauteur du mur qui les séparait de la rue, puis, sans aucun élan, bondit et atterrit souplement dessus. John resta bouche bée une demi-seconde puis, sous l'ordre impérieux d'un mouvement sec de la tête de Sherlock, s'appliqua à escalader un amas de vieux meubles pour finalement réussir à se hisser à sa suite. Ils se laissèrent tomber dans la rue. John quitta son blouson et aida Sherlock à en envelopper Shevon. La jeune fille ne portait qu'un jean et un pull de laine, avec des petites bottines. Considérant sa température, il fallait qu'ils se dépêchent.
-On retourne chez elle. Son appartement est l'endroit le mieux dissimulé. Elle y sera à l'abri.
-Il faudra prévenir Cyril. Mais Sherlock, je ne suis toujours pas convaincu que…
Le détective ne le laissa pas finir et l'entraîna dans une enfilade de petites rues avant de rejoindre une avenue un peu plus loin. Sherlock se tourna vers lui et lui fit un signe de tête.
-Prends le métro, suis jusqu'à la station « Châtelet » et sors du côté « Place Ste Opportune ».
John hocha la tête, mais plus par automatisme que par réelle approbation.
-Et toi ? Comment vas-tu l'amener à son appartement sans te faire remarquer ?
-Vampire, John. Je ne peux pas voler, mais je peux toujours me déplacer plus vite et de manière plus discrète que tous les taxis du monde. De toit en toit.
Et John se retrouva seul dans la rue.
Le trajet ne fut pas de tout repos pour l'ex-militaire. Il découvrit que 19h était bel et bien l'heure de pointe de la capitale. Et il y a un désavantage évident à être plus petit que la moyenne en heure d'affluence. D'abord, dans le sandwich humain multicouche, il avait l'impression d'être la rondelle de concombre. Ensuite, il se trouvait immanquablement entraîné de toutes parts, et ne parvenait à vérifier les directions qu'après moult acrobaties.
Il ne cessait de penser à Shevon, réfléchissant à la façon dont il allait pouvoir la traiter, au temps qu'allait durer le sevrage... Il n'était pas tranquille à l'idée d'éviter l'hôpital alors que la jeune fille avait été si près de la mort.
Enfin, au bout de trois quarts d'heure de pur enfer souterrain, il retrouva l'extérieur… et la pluie. Grelottant et maudissant le ciel français à mi-voix, il regarda autour de lui.
Il n'avait pas la moindre idée de l'endroit où il se trouvait.
Il y avait du monde qui passait en tout sens, une nappe de parapluies s'étendant sur la rue. Le bruit des voitures couvrait à peine celui des musiques des différents bars et pubs qui l'entouraient.
Il sortit son portable de sa poche et, s'abritant tant bien que mal sous un porche, composa le numéro de Sherlock. Une voix mécanique répondit "Vous êtes bien sur le répondeur de" un silence, puis la voix de son amant, aussi froide que le Pôle Nord : "Sherlock Holmes. Votre correspondant est injoignable. Veuillez laisser un message après le bip. "
Sherlock avait laissé son portable chez Cyril.
L'enfoiré.
John rangea le sien dans sa poche et commença à tourner un peu dans le quartier, dans l'espoir fou de reconnaître quelque chose, n'importe quoi. Il se trouva vite trempé, et le son grondant d'un orage ne le rassura pas. Il prit une rue au hasard, puis une autre. Mais rien ne lui était familier.
Finalement, il opta pour une solution plus simple. Avisant un jeune homme qui marchait d'un pas assuré, il l'intercepta et lui demanda s'il parlait anglais.
-Un peu.
-Est-ce que vous savez où est la rue des Lombards ?
Il espérait que le nom était compréhensible, malgré son accent. Le jeune homme fit la moue, regarda autour de lui, puis :
-Euh… Non, je sais pas.
Il n'attendit pas d'être remercier et repartit du même pas rapide. Les deux autres personnes à qui il fit la même demande ne purent l'aider. L'une ne parlait pas anglais, l'autre trop bien. Elle lui dit d'aller se faire mettre, sans aucun accent. John continua sa route, un peu perturbé par l'attitude générale. Il déboucha sur un boulevard qu'il reconnut comme étant celui où ils avaient pris leur taxi après être partis de chez Shevon. En le remontant, il finit par trouver la rue des Lombards, puis le Black Dog. De là, il remonta vers la porte du n°5.
Il n'avait pas le code.
Dammit.
Il redressa le col de son blouson et jura à nouveau, cette fois-ci à haute voix. Une voix s'exprimant en français le fit se retourner. Une jeune femme brune tenant un parapluie dans une main et la main d'une enfant dans l'autre le regardait avec curiosité.
-Hem…
John hésita puis se lança en anglais, avec un sourire affable. Il savait que les gens le trouvait généralement amical au premier abord.
-Un ami habite là. Il m'a donné rendez-vous mais ne m'a pas donné le code, et il ne répond pas au téléphone.
La jeune femme rit doucement.
-Les aléas de Paris, répondit-elle avec une trace d'accent. Attendez.
Il s'écarta et la laissa composer le code, puis les suivit, elle et la petite fille, à l'intérieur. Elle ferma son parapluie, dit quelques mots à l'enfant qui s'empressa de courir vers l'escalier, puis adressa un sourire à John.
-J'espère que tout va bien avec votre ami. Bonne journée.
Il lui rendit sa salutation et la regarda disparaître dans l'escalier avant d'aller prendre l'ascenseur.
Une fois devant l'appartement, il frappa deux coups sec. Maintenant qu'il était à l'intérieur, la température était davantage supportable. Toutefois, en contrepartie, la sensation d'être trempé jusqu'aux os n'en était que plus virulente.
La porte s'ouvrit pour laisser place à Sherlock, toujours en jean et marcel, mais sans maquillage.
-Tu en as mis du temps, fut le commentaire du détective avant de retourner vers le salon.
Avoir des envies de meurtre à l'encontre de son petit ami n'était pas une bonne idée, mais quand celui-ci s'appelait Sherlock Holmes… Peut-être qu'il pourrait obtenir les circonstances atténuantes.
Il entra dans l'appartement, ferma la porte et quitta rapidement son blouson, ses chaussures et ses chaussettes pour rejoindre à son tour le salon. La seule lumière de la pièce était apportée par de nombreuses bougies et l'atmosphère était calme et intime. Shevon était allongée sur le canapé, couverte avec de multiples plaids et un sac de couchage. On lui avait aussi attachée une perfusion. Sherlock se tenait près de la fenêtre et regardait l'orage, les bras croisés.
John s'assit au chevet de la jeune fille et commença à prendre ses constantes. Il pourrait engueuler Sherlock pour l'avoir laissé sans instructions dans la rue comme un chiot perdu plus tard. Shevon était toujours agitée de spasmes irréguliers et son cœur battait trop lentement, mais sa peau commençait déjà à reprendre une température normale. Elle gémit lorsqu'il passa la main sur son visage, et ouvrit des yeux fiévreux et hallucinés.
-Shhh, murmura-t-il lorsqu'elle tenta de parler.
Sa gorge devait être bien trop sèche. Et il lui fallait un peu de nourriture pour que son corps ait l'énergie nécessaire pour endurer le sevrage. Ou bien…
-Sherlock, est-ce que c'est une vampire ? Demanda-t-il en se tournant vers son amant.
Il se souvenait de ce que le détective lui avait dit sur son impossibilité à digérer la nourriture solide. Mais celui-ci secoua la tête.
-Pas encore, j'ai vérifié. Elle est toujours humaine.
John hocha la tête et se leva. Il fallait faire manger un peu la jeune fille, ou au moins lui donner du sucre. Un éclair illumina la pièce et le visage de Sherlock fut un instant accentué, créant une image étrange et fugitive, hypnotisante. Il s'en détourna à regret pour rejoindre la cuisine. La petite fenêtre était ouverte et laissait entrer la pluie. Il la referma, puis ouvrit un à un les placards jusqu'à trouver un verre et du sucre. Il y avait aussi de la soupe en bouteille. Il sortit une casserole, versa un peu du potage vert et le mit à chauffer. Il lança également la bouilloire électrique avant de prendre le verre d'eau sucrée et de retourner au salon. Sherlock n'avait pas bougé, mais Shevon marmonnait d'une voix râpeuse en français, avec un débit rapide et inconsistant.
Il s'assit près d'elle et lui releva doucement la tête pour l'aider à boire. Au début, elle ne parvint pas à avaler, et il fallut quelques essais avant que la jeune fille ne parvint à ingérer un peu du liquide. Une fois le verre vide, il le posa sur la table, prit la main fine de sa patiente dans les siennes et caressa les doigts blancs, admirant leur longueur.
Son nez lui apprit que la soupe était prête. Une fois qu'il eut réussi à la faire avaler à la jeune femme, il servit du thé pour lui et Sherlock. Un Earl Grey était plus qu'idéal par ce temps. Il prit les deux mugs et rejoignit son amant derrière la grande fenêtre. Le profil de Sherlock se détachait dans la douce lueur des bougies, les pommettes hautes, les yeux perçants, les lèvres pleines…
Sherlock prit le mug qu'il lui tendait avec un signe de remerciement. Ils burent leur thé, côte à côte, en regardant l'orage par la fenêtre. C'était le premier moment de calme depuis leur arrivée en France, et John commençait à sentir la fatigue envahir ses membres. Il réalisa également qu'ils dégageaient tous les deux l'odeur du squat. Un mélange délicieux de sueur, de saleté et d'excrément.
Et il n'avait même pas de rechange.
-J'ai donné l'adresse à Cyril Fabrice, murmura Sherlock en posant son mug vide sur une étagère de la bibliothèque. Il ne devrait plus tarder.
John attrapa le mug vide et le ramena avec le sien à la cuisine.
-Et maintenant ? Questionna-t-il en revenant dans la pièce.
-J'ai besoin de plus de temps pour analyser le travail de Shevon. Elle pourra se passer de toi ?
John haussa les épaules, observant le visage torturé de la jeune femme.
-Je ne peux pas faire grand-chose pour elle, à part surveiller son état et la réhydrater. Elle va passer des phases d'hallucinations et, si la situation se complique, de coma. D'ici une semaine elle aura crashé et, avec de la chance, récupéré sans séquelles.
-C'est pour ça que je n'ai jamais pris d'héroïne, commenta Sherlock d'un ton indifférent. Toutefois, le sevrage devrait être plus rapide que la normale. Shevon n'est pas une vampire mais elle est de la Famille.
Il se dirigea vers la porte et l'ouvrit à l'appel d'une série de coups. Cyril se tenait dans l'encadrement, un sac de sport dans une main, le manteau de Sherlock dans l'autre.
-Ah, Mr Fabrice, elle est sur le divan. Merci pour ça.
Le détective saisit sac et manteau et alla s'enfermer dans la salle de bain. Un instant plus tard, le bruit de la douche se fit entendre. Cyril resta un moment à contempler sa petite amie, les poings serrés, puis s'assit près d'elle et lui prit la main. Il leva un regard sombre sur John. Le médecin lui adressa un sourire rassurant et croisa les bras, entamant son récit.
Une dizaine de minutes plus tard, alors que John expliquait patiemment les symptômes et les effets du sevrage, Sherlock émergea de la salle de bain, les cheveux encore humides, mais à nouveau esclave de ses vêtements designer... Et de son portable, sur lequel il tapait furieusement.
-Mr Fabrice, je vais vous demander de vous occuper de Shevon. John et moi devons nous rendre à notre hôtel.
-Pourquoi, questionna le jeune homme, les sourcils froncés.
Un soupir agacé lui répondit.
-Pour continuer l'enquête, évidemment. Shevon ne sera pas en sécurité tant que Gruner sera en liberté. Viens, John.
-Attendez !
Le jeune militaire se releva et fit face au détective, le fixant de toute sa hauteur.
-Pourquoi ne pas appeler la police ?
Sherlock sourit à l'attitude de son vis-à-vis, nullement impressionné. Il avait cette lueur dans le regard, cette agitation des muscles, comme un chien de chasse qui venait de flairer sa proie.
Il était intensément désirable.
John secoua la tête, se forçant à se concentrer sur la situation.
-J'ai déjà parlé à la police, mais pas au sujet de Shevon. Il n'y a aucune preuve de l'implication de Gruner pour le moment. Je refuse de fixer l'attention d'un dizaine d'incompétents feignants qui se concentreront sur l'hypothétique overdose de ma nièce et, incidemment, la mettront en première ligne face à la vengeance de Gruner. Et ne faites pas l'erreur de croire que cet homme n'est pas si dangereux que ça.
Et le détective tourna les talons, saisit le sac et quitta l'appartement, laissant Cyril bouche bée, le souffle coupé. Il tourna la tête vers John, l'interrogeant sans un mot. Le médecin haussa les épaules avec un sourire d'excuse et griffonna son numéro sur un bout de papier.
-Tout se passera bien. Si son état s'aggrave, appelez-moi. Ces quelques jours vont être difficiles pour Shevon, mais son état devrait s'améliorer rapidement.
Le jeune homme hésita, fixant John, puis Shevon, puis la porte ouverte.
-Il est complètement fou, non ?
John enfila son manteau et ses chaussures, puis secoua la tête.
-Non. Il est brillant. Fermez bien à clé.
Et il suivit Sherlock jusqu'à l'ascenseur.
John était paralysé sur place en fixant la façade de l'hôtel. Il était magnifique. Un immeuble ancien, Belle Epoque, sculpté à l'angle de deux boulevards, s'étendant de part et d'autre d'une proue bombée, tout en rondeurs, fenêtres et étages subtilement superposés. Des balconnets de pierres sculptés jaillissaient élégamment sous chaque fenêtre en formant une série de vagues harmonieuses, et une brasserie se déployait au rez-de-chaussée. Le vénérable bâtiment réussissait l'exploit de paraître à la fois imposant et chaleureux. La gravure au sommet de la proue indiquait « Lutetia ». Une longue bannière de toile et un cent en néons signalait, eux, que l'hôtel fêtait ses 100 ans.
D'un pas leste, Sherlock se dirigea immédiatement vers la porte tournante à l'armature dorée. Il continuait à tapoter sur le clavier de son téléphone et ne semblait pas le moins du monde impressionné par le faste de l'hôtel. John le suivit, se sentant légèrement mal à l'aise dans ses vêtements génériques.
Le hall était aussi splendide et luxueux que l'extérieur. Le sol était dallé en damiers noirs et blancs, et de larges passages ornés de tentures séparaient les différents espaces de l'accueil aux murs blancs et aux colonnes de marbre rose. Lustre et chandeliers d'or et de cristal éclairaient brillamment les pièces meublées de fauteuils en velours rouges et de table brillantes d'un luxe discret. Des bouquets de fleurs magnifiques rehaussaient le décor. Derrière le comptoir de bois sculpté, deux très séduisantes jeunes femmes tenaient la réception, accompagnées d'un homme élégant aux cheveux grisonnants, portant de larges lunettes et qui semblait les chaperonner. Sherlock s'avança vers ce dernier en rangeant son portable dans la poche de son manteau. L'homme, qui avait relevé le chef dès son entrée, sourit et le salua de la tête avant de s'adresser à lui en français.
-En anglais, Jules, si vous permettez, répondit Sherlock avec un signe en direction de John.
-Comme vous voulez, Sherlock. Votre français est toujours impeccable, je gage. Quelle joie de vous revoir après toutes ces années.
Sherlock sourit en retour, apparemment nullement étonné de la familiarité. Le réceptionniste claqua des doigts et un jeune groom, sorti de nulle part semblait-il à John, vint récupérer le sac des mains du détective avant de s'éclipser avec la même rapide efficience.
-Mycroft a fait faire deux réservations.
-Oui, tout à fait. A votre nom, et au nom du Docteur John Henry Watson. Ce gentleman ? Demanda-t-il avec un sourire amicalement professionnel à l'attention du médecin.
John acquiesça. Il avait toujours l'impression d'être un rat dans un salon de beauté, mais personne ne le traitait comme tel. Comme si aucun membre du personnel n'était choqué par son état, ses vêtements, ou son odeur.
-Votre frère a réservé la suite Eiffel pour deux semaines. Je suis ravi de vous avoir avec nous pour fêter nos cent ans. Permettez que je vous accompagne moi-même.
Il saisit un dossier relié de cuir et passa par une porte arrière, pour réapparaître comme par magie un instant plus tard à leurs côtés, alors que John n'avait eu l'impression de ne regarder la statue derrière le comptoir que quelques secondes.
Il les guida au travers d'un salon décoré de toiles de maîtres jusqu'à un ascenseur à l'ancienne, dallé de marbre et fermé d'une grille dorée. Il les laissa monter avant de les suivre, et appuya sur le bouton du dernier étage.
John essayait tant bien que mal de ne pas garder la bouche entrouverte comme un merlan frit. Comment Mycroft avait-il pu réserver si vite, et combien exactement coûtait une suite dans cet hôtel ? Il préférait ne pas y penser.
Lorsqu'un « ting » marqua leur arrivée à l'étage, l'ascenseur s'ouvrit sur un long couloir stylisé en bois avec un tapis épais grenat. Jules les conduisit jusqu'à une élégante double porte en bois s'actionnant avec un pass magnétique. Il ouvrit la porte et s'effaça pour les laisser entrer. Le hall – parce que, songea John effaré, c'était un hall – contenait un meuble avec des porte-manteaux et un rangement pour les chaussures, un grand miroir, ainsi qu'une commode soutenant un téléphone et une splendide orchidée. Il s'avança un peu à la suite de Sherlock et passa dans le salon. Deux grandes baies vitrées menaient à deux balcons, qu'il distinguait au travers des rideaux de toile blancs. Dans la partie salle à manger, une table épaisse d'un acajou brillant tenait la vedette, entourée de quatre chaises dont les coussins invitaient à la détente. Dans le coin salon, à droite, un bureau en acajou derrière lequel un escalier en colimaçon disparaissait vers les combles et à gauche, deux canapés argentés moelleux et deux fauteuils finement dorés entouraient une table basse en verre supportant une autre orchidée. Sur tous les murs blancs, des cadres entourant divers photos de la tour Eiffel donnaient son nom à la suite.
La vue, la lumière, laissaient John ébahi. Il regarda, sans réellement le voir, Sherlock donner quelque chose à l'employé de l'hôtel et échanger quelques mots en français. Puis Jules quitta la suite en leur souhaitant un bon séjour.
Immédiatement, Sherlock sortit l'ordinateur de Shevon, le posa sur le bureau, brancha la prise et l'alluma. Il se plongea ensuite dans sa lecture.
Son compagnon se sentait comme un enfant émerveillé, et, en même temps, ne pouvait s'empêcher d'être légèrement mal à l'aise face à tout ce luxe. Il ne se sentait pas comme dans tous les autres hôtels où il avait pu séjourner. Dans ceux-là, bien qu'hors de chez lui, il pouvait se relaxer, se faire un thé... Ici, il avait peur de ne serait-ce que toucher les meubles.
Il toussota pour attirer l'attention de Sherlock.
-Hem… Nos affaires sont…
Il s'interrompit au geste, impatient et désignant vaguement l'escalier, de son amant.
-Ah. Et la salle de bain est…
Même combat. Bon. L'escalier donc. Il l'emprunta rapidement, l'odeur qui l'entourait lui étant de plus en plus insupportable.
La chambre ne déméritait pas, une fois la douce lumière allumée. Ils étaient sous les toits, et la pièce avait un goût d'intimité. D'après la forme de la porte-fenêtre et la rondeur du balcon, il devinait qu'ils étaient au sommet de la tour d'angle de l'hôtel. La vue sur la tour Eiffel, éclairée d'or dans la nuit, et les Invalides était imprenable. Le lit double faisait face aux trois-quarts à la porte-fenêtre. Les draps blancs immaculés et le dessus de lit en fourrure grise épaisse donnaient irrésistiblement envie de s'y blottir. Il quitta ses chaussures, vaguement honteux de ne pas l'avoir fait dans l'entrée, et enfonça avec plaisir ses pieds fatigués dans l'épaisse moquette. Leurs bagages n'étaient pas visibles, mais lorsqu'il ouvrit l'armoire, il s'aperçut que tout avait été déplié et rangé : ses vêtements, les costumes de Sherlock et leurs chaussures de rechange. Son ordinateur était rangé dans la table de nuit. Il saisit de quoi se changer et ouvrit la seule autre porte de la pièce.
Oh.
La salle de bain était lumineuse. Des murs blancs éclatants, bordés d'or, deux lampes tamisées, un meuble de rangement équipé d'un miroir en pied, une immense fenêtre, un très beau lavabo… mais ce qui retint son attention fut la baignoire. Elle était aussi grande que le lit, enfoncée dans le sol, avec un jacuzzi et de quoi s'asseoir confortablement. Il y avait aussi ce qui devait être un emplacement pour seau à champagne, et une quantité impressionnante de produits de soin neufs. Une petite porte sur le côté devait mener aux toilettes. On avait également placé deux sets chaussons-peignoir et quatre serviettes blanches sur la petite table sous la fenêtre. Les affaires de toilettes étaient impeccablement disposées sous l'évier.
Il se demanda vaguement où se trouvait son Browning, mais il n'était pas vraiment inquiet. Il commençait à penser qu'il aurait pu amener une des expériences de Sherlock, têtes et yeux bouillis dans le micro-onde compris, que le personnel du Lutetia n'aurait pas moufté. Il quitta ses vêtements à la hâte et les plaça dans la corbeille prévue à cette effet, puis s'attela à se faire couler un bain.
Tant qu'à être là, autant en profiter.
John soupira de plaisir en s'enfonçant un peu plus dans l'eau bouillante, les yeux clos. Il sentait ses muscles se détendre et la douce fragrance de plante envahir ses narines. Il pressa l'éponge de bain et la passa lentement le long de sa nuque. Le jacuzzi, qu'il avait réussi à enclencher grâce à un petit manuel d'utilisation judicieusement placé, lui massait agréablement la plante des pieds. Dieu que c'était bon…
Par la décadence glorieuse de ce moment aquatique, il oubliait peu à peu sa fatigue.
La sensation de l'eau se mouvant contre son torse lui fit rouvrir paresseusement les yeux. Il sursauta un peu en plongeant dans un regard mercure. Sherlock se pencha en avant, posant ses mains de chaque côté de sa tête, l'emprisonnant de ses bras. Il le chevauchait sans le toucher, et John laissa son regard glisser le long de son torse pâle avant de revenir à ses yeux argentés, brûlants. Son amant avança sensuellement, le forçant à pencher la tête en arrière pour continuer à le regarder.
Les lèvres charnues s'entrouvrirent lentement, laissant entrevoir les longues canines effilées. John déglutit, la langueur du bain se teintant de désir dans la lourde chaleur de la pièce. La pénombre rendait chaque mouvement, chaque souffle tout à la fois vif et lascif. Il voulait saisir la taille de Sherlock, l'attirer complètement dans l'eau, le presser contre lui, l'embrasser jusqu'à plus soif, mais il n'osait bouger, ne voulait pas rompre cette atmosphère et la sensuelle séduction de son compagnon.
C'était un cadeau inattendu.
Il ferma les yeux alors que Sherlock glissait son visage contre le sien, effleurant du nez son front et sa joue. Il respirait son odeur, lentement, comme s'il se gorgeait de lui. Un baiser sur sa mâchoire, l'effleurement de ses crocs, puis la caresse subtile d'une langue brûlante. Il soupira et tourna un peu la tête, offrant sa gorge.
Il ouvrit les yeux en sentant le corps du vampire se presser soudainement contre le sien, à cheval sur ses cuisses. Il attrapa la taille mince par reflexe, ses doigts redécouvrant la peau qu'il connaissait par cœur.
-John…
La voix était basse, troublée. Il serra un peu plus le corps dans ses bras, cherchant confusément à réconforter même sans comprendre la raison de son trouble. Il tourna de nouveau la tête vers le visage aimé, essayant de découvrir ce qui tourmentait son amant. Mais il ne lui en donna pas l'occasion, embrassant ses lèvres dès qu'elles furent à sa portée. John ferma les yeux, cédant face à la pression insistante d'une langue avide, et leva une main pour entourer le cou du vampire. Il se redressa, inversant leur position sans rencontrer de résistance, sans cesser de l'embrasser. L'eau s'écoula hors de la baignoire. Il l'ignora.
Lorsque leurs lèvres se séparèrent, John était à la place qu'occupait Sherlock un instant plus tôt, à cheval sur les cuisses de son amant. Il glissa les mains dans l'abondance chevelure noire, appréciant son contact et le léger soupir du vampire. Les yeux mercures se fermèrent à demi et Sherlock l'attira à nouveau à lui, l'embrassant presque violemment. Le baiser était possessif, et les pointes des canines ne cessaient d'effleurer sa langue, menace silencieuse.
Il pencha la tête en arrière dès qu'ils se séparèrent et frémit en sentant les canines de son amant s'enfoncer dans sa gorge. Il serra convulsivement les boucles ébènes, l'attirant encore davantage à lui, jouissant de la sensation de son sang le quittant pour nourrir l'insatiable créature sous lui. Dangereuse. Enivrante.
Sherlock agrippa ses hanches, ses doigts s'enfonçant dans la peau comme des serres. Un cri.
Le vampire s'écarta vivement, haletant, les yeux clos, un sourire effleurant ses lèvres ensanglantées. John lutta un instant contre la sensation de vertige, s'appuyant sur le bord du bassin. La pression des doigts de son amant était presque douloureuse, mais il l'ignora aisément, préférant observer le visage pâle perdu dans la volupté.
Puis Sherlock ouvrit les yeux et relâcha la pression de ses mains. John se redressa pour lui laisser un peu d'espace, et il en profita. Dans un tourbillon de mouvements trop rapides pour les yeux de l'humain, il se leva, attirant son amant à sa suite. Ils quittèrent la salle de bain, et John eut à peine le temps d'entrevoir la tour Eiffel brillant comme un phare dans la nuit avant d'être projeté sur le dos, sur le lit.
Et les lèvres de Sherlock se refermèrent sur son sexe. Il cria de surprise et de plaisir, levant le bassin par réflexe, pour être fermement maintenu en place par des mains implacables. Les siennes retrouvèrent les boucles soyeuses alors qu'il se perdait dans la sensation d'être dévoré par des lèvres voraces, caressé par une langue aventureuse, attisé par la pointe de canines mortelles.
Cela ne dura que quelques minutes, l'excitation trop forte pour être contenue. Et Sherlock ne semblait pas disposé à le torturer. Il était pressant, implacable, refusant de lui laisser le moindre répit.
Il jouit en un grognement sourd, conscient que son amant se nourrissait du fruit de son plaisir tout comme il s'était gorgé de son sang, montrant la même ardeur, le même appétit.
Il resta immobile, cherchant à récupérer son souffle. Sherlock se releva finalement et vint s'allonger près de lui, la tête tout contre son cœur. Il écarta le bras et le glissa autour du vampire, le serrant contre lui, encore étonné de ces ébats inattendus.
-Sherlock, murmura-t-il finalement, interrogateur.
Mais le vampire ne répondit pas et se contenta de tirer le dessous de lit pour le faire passer sur eux avant de se blottir à nouveau contre le médecin, en silence. John tourna la tête vers la fenêtre, contemplant le reflet des lumières de la ville dans le ciel nuageux. Ici, dans le silence de cette chambre, Sherlock contre lui, immobile, il se sentait en paix. Il ne se souvenait pas avoir été aussi tranquille, même enfant. Ses pensées dérivèrent, de Shevon à l'Afghanistan, à Sherlock, à leur premier restaurant. A leur premier rire partagé, franc et honnête, et un peu fou aussi. Il ne se rendit compte qu'il souriait que lorsque les doigts de son amant tracèrent la courbe de ses lèvres. Il baissa les yeux et détailla le visage de Sherlock. Le détective paraissait pensif, concentré sur son exploration délicate des traits du médecin.
-Tu dois avoir faim, murmura le vampire.
Il aurait pu aussi bien dire « Je t'aime », songea le plus âgé. Sherlock ne se souvenait pas de ce genre de détail, n'y prenait jamais garde. Sauf avec John. Il acquiesça : il avait vraiment faim mais n'était pas pressé de bouger. Le vampire se leva néanmoins et entra dans la salle de bain. Quelques minutes plus tard, il en ressortit, maintenant habillé. Il traversa la chambre en quelques enjambées et descendit l'escalier. John caressa l'idée de le suivre, allait le faire, si, si…
Lorsqu'il ouvrit les yeux, Sherlock le regardait, un sourcil levé, gentiment moqueur. Mais le médecin n'eut pas le cœur de lui en vouloir en voyant le plateau qu'il tenait. Une délicieuse odeur de viande grillée se dégageait de la cloche qui couvrait la plus grande assiette, accompagnée d'un verre contenant un liquide bordeaux.
John fit mine de se lever pour aller s'habiller, mais Sherlock fut plus rapide et déposa le plateau en équilibre sur ses genoux, le forçant à rester en place. Et il repartit, descendant la volée de marche en silence. John cligna des yeux puis haussa les épaules et attaqua l'excellent dîner, une entrecôte et des pommes frites juste dorées et fondantes. Le vin avait un goût inhabituel au palais de l'Anglais, mais il supposait que ça devait être un grand cru. Il termina son repas avec un soupir repu et écarta l'assiette par réflexe.
Il y avait une carte en dessous, inscrite à son nom. Il la saisit et la retourna.
« Tenez-moi informé. Mycroft. »
Il leva les sourcils puis secoua la tête. Le dramatique était le domaine des frères Holmes, mais au moins ne s'ennuyait-il jamais. Ma vie est devenue une grande performance théâtrale, songea-t-il avec un demi-sourire un peu blasé.
Il écarta le les reliquats de son dîner, alla enfiler un des peignoirs et chaussons, et, récupérant le plateau, descendit rejoindre Sherlock au salon. Le détective était assis, mains jointes devant ses lèvres, yeux fixés sur l'écran de l'ordinateur de sa nièce. Il ne savait pas trop quoi faire avec le plateau et le posa donc dans l'entrée, non sans avoir d'abord fait disparaître la carte de Mycroft. Lorsqu'il revint dans le salon, Sherlock faisait des va-et-vient rapides, les mains sur les hanches, mais maintenait un silence obstiné. Il ne sortit de son mutisme que pour conseiller à John d'aller dormir.
-Je n'aurai plus besoin de toi ce soir.
-Charmant.
Sherlock lui lança un regard renfrogné et alla s'asseoir sur l'un des canapés, ses longues jambes repliées contre sa poitrine, dos à son amant. John fit appel aux trésors de patience qui lui permettaient de composer avec son colocataire au quotidien et monta faire sa toilette, puis s'allongea dans le lit moelleux à souhait. Il posa son portable à portée de main, au cas où Cyril l'appellerait, et rejoignit rapidement les bras de Morphée.
J'aurais probablement un peu de retard la semaine prochaine(fin, la semaine d'après donc). Surtout que SPN REVIENT ! Reviews are loved ^^
