Il m'a fallu du temps pour terminer ce chapitre. Merci pour vos commentaires...ça réchauffe le coeur. J'espère que vous aimerez la suite... Le chapitre 5 est en cours d'écriture...
Chapitre 4
Après avoir parlé à Peter, Neal s'allongea sur le lit et ferma les yeux. Le plan dans lequel il avait placé ses derniers espoirs avait échoué. Il avait essayé de parler avec Karl, de l'amadouer. Mais l'homme avait vu clair dans son jeu et lui avait fait payer cher sa tentative.
La dernière agression dont il avait été victime avait aggravé ses blessures. Il tenait sa main droite calée contre lui, essayant de réduire ses mouvements au strict minimum. Ses côtes le faisaient souffrir à chaque inspiration. Sa tête tournait et sa vision se brouillait quand il changeait de position. Il pouvait sentir le sang couler le long de ses jambes et il avait du mal à retenir ses larmes en imaginant ce que Peter allait penser en le retrouvant dans cet état.
Il aurait dû être plus fort, il aurait dû se défendre. S'il voulait qu'un jour, Peter le voit autrement que comme un fardeau, il fallait qu'il se ressaisisse. Il s'était presque mis à pleurer au téléphone. Il entendait encore la voix de Peter qui tentait de le rassurer. Il avait essayé de lui dire merci de lui avoir donné une chance, d'avoir cru en lui. Il aurait voulu lui dire tellement plus mais aucun mot n'avait franchi ses lèvres, juste un sanglot.
Qui voudrait de lui après ça ? Dans son esprit embrouillé par la douleur et le désespoir, il se voyait déjà retourner en prison. Si, par miracle, Peter le retrouvait avant que ses ravisseurs ne l'éliminent, il ne voyait pas comment il pourrait continuer à travailler avec lui.
Il n'avait pas bougé depuis le départ de Karl lorsqu'il entendit la porte s'ouvrir à nouveau. Il ne put réprimer un frisson quand il vit Karl passer la porte. Assez étrangement, il fut soulagé de voir les deux autres brutes derrière lui. Rester à nouveau seul avec cet homme lui était insupportable.
-C'est l'heure de faire une petite balade dans les bois.
Neal ne pensait pas être capable de se lever et encore moins de marcher mais il y vit sa dernière chance. Une fois dehors, il trouverait peut-être un moyen pour s'échapper. Ils allaient le tuer, il n'avait pas grand chose à perdre.
Comme il le pensait, il eut besoin d'aide pour se mettre debout mais il rassembla ses forces pour marcher seul. Les deux colosses le suivaient de près et il allait être difficile de leur fausser compagnie mais il devait tenter sa chance.
Les trois hommes étaient armés mais il préférait recevoir une balle dans le dos que de les laisser choisir la manière d'en finir. Ils avaient certainement prévu une fin bien plus douloureuse pour lui. Neal avait conscience que sa mort allait leur servir à envoyer un message.
Ils marchèrent sur le sentier qui montait en pente douce pendant de longues minutes. A droite, le talus grimpait sur plusieurs mètres…impossible pour lui de l'escalader sans faire une cible de choix. A gauche, le fossé se creuser au fur et à mesure qu'ils avançaient. Au bout d'une centaine de mètres, le dénivelé offrait une issue presque idéale.
Il pourrait essayer de descendre de ce côté. Bien sûr, il risquait de se tordre le cou ou de se blesser en tombant mais il n'avait pas le choix. Il ralentit le pas pour reprendre des forces et après un virage, il se laissa glisser le long du fossé.
Il sentit sa cheville se tordre douloureusement mais il continua à courir. Au fur et à mesure de sa descente, sa course s'accéléra et il commença à avoir peur de ne pas pouvoir rester sur ses jambes jusqu'en bas. Il entendit des cris dans son dos et se retint de tourner la tête. Il devait continuer à avancer.
Un coup de feu retentit puis un deuxième. Les voix se rapprochaient. Les trois hommes à sa poursuite étaient en bien meilleure forme que lui. Mais, lui, fuyait avec l'énergie du désespoir. Jusqu'au moment où ses jambes refusèrent d'aller plus loin. Il chuta lourdement. Son corps continua sa course dans la pente.
Sa descente fut stoppée par un tronc d'arbre placé en travers de la pente. Le choc fut brutal et son épaule droite en fit les frais. Il essaya de se relever mais ses membres ne répondirent pas. Cette fois il était allé au bout de ses forces et son chemin s'arrêtait là…sa vie aussi probablement.
Karl se dressait au-dessus de lui un sourire au coin des lèvres.
-Alors, Neal on avait envie de faire un peu de sport ?
Neal essaya de répondre mais une quinte de toux l'en empêcha. Il sentit le goût du sang au fond de sa gorge. Il roula laborieusement sur le côté. Sa respiration devint plus aisée mais le sang qui coulait à chaque expiration ne le rassura pas.
En levant les yeux, il vit le canon de l'arme pointé vers lui.
-Finissons-en.
-Pourquoi vouloir précipiter les choses ? Si je te laisse ici, tu finiras bien par rendre ton dernier souffle. Seul, au milieu des bois…
-Je suis plutôt un gars de la ville.
-Tu as encore assez d'énergie pour faire de l'humour.
Karl s'accroupit à côté de Neal.
-Ne t'inquiète pas, dans quelques jours j'appellerais Peter pour lui dire où trouver ton corps. Mais je crois que je vais le laisser espérer encore un peu…
-Salopard.
-C'est pas gentil ça. Tu sais, Neal, je crois que tu t'es trompé à propos de Peter et de ses sentiments pour toi. Il semble tenir beaucoup à toi. Il a même promis de me tuer si je touchais à un seul de tes cheveux…
Neal ferma les yeux à cause de la douleur mais aussi parce que, la dernière chose qu'il voulait c'était de causer de la peine à Peter. Karl se releva, pointa son arme en direction de Neal. Le jeune homme n'avait plus la force de se battre. Il attendit le bruit de la détonation.
Il lui sembla entendre plusieurs sons simultanées et distincts : des cris, des pas précipités mais surtout une forte déflagration avant l'obscurité. Tout sembla s'évanouir autour de lui, se dissoudre. Il ne sentait plus la douleur, seulement une profonde fatigue.
Il ne savait plus où il était…A vrai dire il n'était plus bien sûr de savoir qui il était. Il entendit une voix au loin l'appeler.
-C'est moi, Neal. C'est Peter. Reste avec moi.
Mais qui pouvait parler aussi fort ? Qui pouvait le secouer comme ça ? Il voulait juste dormir…Et puis qui était Peter ?
Il essaya de parler, de dire à cet homme de le laisser tranquille mais il ne semblait plus avoir le contrôle sur son corps.
Quelques minutes plus tôt, Jones avait garé la voiture à quelques mètres de la cabane d'Atkinson. Comme convenu, Mozzie était resté dans la voiture tandis que les trois agents marchaient en direction du petit chalet.
Alors qu'ils s'apprêtaient à entrer, ils entendirent des coups de feu provenant de la colline. Peter fut le plus rapide, suivi de près par ses deux collègues. Il oublia toute prudence et courut dans la direction des détonations, l'arme au point.
Il savait que Neal était la cible de ces coups de feu et personne n'aurait pu le stopper, à ce moment-là. L'instinct et un autre sentiment qu'il avait du mal à nommer l'emportait sur la prudence et toutes ces règles qu'il avait assimilées au cours de sa carrière.
Arrivé à mi-chemin de la côte, il perçut un mouvement en contrebas. Il commença à descendre prudemment. Il s'agissait aussi de ne pas se blesser. Il ne serrait d'aucune aide pour Neal s'il se fracassait le crâne sur un rocher.
Son cœur manqua un battement quand il entendit un coup de feu plus proche. Si proche mais à la fois trop loin. Il eut, à ce moment-là, le sentiment d'arriver trop tard. En descendant encore quelques mètres il vit trois hommes s'enfuirent. Ils l'avaient sans doute entendu arriver.
Il eut, un instant, envie de les poursuivre mais son regard se posa sur la forme inerte, allongée sur le sol, contre un tronc d'arbre. Il avait les yeux ouverts mais sans vie. Du sang coulait abondamment d'une large plaie sur le côté gauche de son crâne.
-Neal…Mon Dieu…Non.
Peter se précipita vers son ami, le prit dans ses bras. Il savait qu'il n'aurait pas dû le bouger. Il risquait d'aggraver ses blessures mais Neal avait besoin de sentir sa présence, de savoir qu'il était en sécurité maintenant.
-C'est moi, Neal. C'est Peter. Reste avec moi.
Peter pouvait sentir la vie s'échapper du corps de son ami. Sa respiration était à peine perceptible. La blessure à la tête avait, visiblement, était provoquée par le dernier coup de feu que Peter avait entendu. Une exécution…une tentative d'exécution. Le tireur avait probablement été dérangé par leur arrivée.
-Neal, accroche-toi. Les secours sont en route.
Le jeune homme semblait marmonner quelque chose mais Peter n'arrivait pas à comprendre ce qu'il disait. Jones et Diana étaient partis à la poursuite des trois hommes. Mozzie alerté par les coups de feu, n'avait pas pu rester en retrait. Il rejoint Peter et prit la main de Neal.
Neal avait toujours les yeux ouverts mais les deux hommes savaient bien que leur ami ne les voyait pas. Il ne semblait pas entendre les supplications de Peter non plus.
Les secours arrivèrent quelques minutes plus tard. Mozzie dut contraindre Peter à lâcher Neal. L'agent du FBI ne quittait pas son ami des yeux alors que les médecins s'activaient. Le sang de Mozzie se glaça lorsqu'il entendit un des médecin dire qu'il ne sentait plus son pouls.
Peter avait entendu, lui aussi et il accourut auprès de Neal. Il posa une main sur son front ensanglanté, sourd aux demandes des secouristes qui essayaient de l'éloigner.
-Laissez-nous faire, Monsieur. Votre ami a besoin de soins.
-Il faut qu'il sache… que je suis là. Vous ne comprenez pas…
Les paroles de Peter étaient hachées, il ne s'était jamais senti aussi perdu et impuissant. Un des infirmier lui prit le bras et l'éloigna doucement. L'homme lui parla d'une voix douce mais ferme. Peter n'avait pas quitté Neal des yeux et il sursauta au moment où le défibrillateur envoya une première décharge dans le corps du jeune homme.
-On va prendre bien soin de lui.
-Vous lui faites mal.
Peter avait conscience de son attitude hostile et du fait qu'il rendait le travail des médecins plus difficile. Mais les mots employés par l'infirmier étaient les mêmes que ceux prononcés par Atkinson quelques heures plus tôt. Il était le seul à pouvoir prendre soin de Neal.
-Les décharges électriques vont aider son cœur à repartir.
Mais le signal sur l'écran demeurait plat. Une seconde décharge…toujours rien. Les secondes s'égrenaient, lentes et silencieuses. Peter sentait son propre cœur battre la chamade. Ses mains tremblaient.
-Vous devriez vous asseoir.
Peter secoua la tête et retourna s'agenouiller non loin de Neal. Il ne voulait pas gêner le travail des secours mais il devait être près de Neal. Il sentit les larmes sur ses joues et il se surprit à dire une prière.
