Reposté sans les fautes...enfin il en reste peut être...


Chapitre 5

Il n'entendit pas Jones revenir, il ne vit pas Mozzie s'approcher de lui. Plus rien n'existait autour de lui à part Neal et cette ligne sur l'écran. Cette ligne qui, après la troisième décharge sembla reprendre vie.

-On a un pouls. Préviens l'hôpital qu'ils préparent une salle. Grave traumatisme crânien, probable hémorragie interne. On a un pouls faible mais il s'accroche.

C'était bien Neal…Le jeune homme avait passé sa vie à se battre. Peter les regarda l'emmener à l'arrière de l'ambulance. Il voulut se lever pour les accompagner mais il atterrit dans les bras de Jones. Ses jambes ne voulaient plus le porter. L'émotion, la peur avaient eu raison de ses dernières forces et il se laissa guider jusqu'à la voiture.

Jones prit le volant sans dire un mot après avoir installé Peter à l'arrière en compagnie de Mozzie. Après quelques minutes de route, Peter sembla revenir à la réalité. Ses yeux hagards se posèrent sur Mozzie. Il était incapable de parler mais l'homme assis à côté de lui sembla lire dans ses yeux.

-Ils l'ont emmené à l'hôpital. Le médecin a dit qu'il serait dirigé immédiatement vers la salle d'opération.

-Mais…il est …

-Ses blessures sont très graves, Peter. Mais tu connais Neal, il est têtu.

Les paroles de Mozzie firent sourire Peter, allégeant pendant quelques secondes l'angoisse qui le paralysait depuis le début de cette journée.

Ils arrivèrent à l'hôpital quelques minutes plus tard. Jones eut, à peine le temps de garer la voiture, que Peter ouvrait la portière et courait vers l'entrée du service des urgences.

Jones et Mozzie le suivirent à quelques pas. L'agent du FBI s'inquiétait pour son patron. Il avait déjà vu Peter dans des situations difficiles, en particulier après l'enlèvement d'Elisabeth. Mais, aujourd'hui, c'était différent. L'agression de Neal l'avait vraiment secoué et Jones n'était pas certain d'être capable d'interpréter la nature des sentiments de Peter.

Peter repéra une infirmière dans le couloir.

-Un homme a été amené en ambulance. Il est gravement blessé à la tête.

L'infirmière fronça les sourcils devant l'agressivité de l'homme face à elle mais son expérience professionnelle repris rapidement le dessus.

-Calmez-vous, Monsieur. Une ambulance est arrivée il y a quelques minutes. Je vais me renseigner.

Elle abandonna Peter au milieu de la pièce et se dirigea vers une porte, au fond du couloir. Elle revint peu de temps après, accompagné d'un homme grand, large d'épaule qui tendit une main amicale vers Peter.

-Vous êtes de la famille du jeune homme qui a été agressé ?

Peter ouvrit la bouche pour répondre mais les mots restèrent bloqués dans sa gorge serrée. Le médecin posa une main sur son épaule, comprenant que l'homme devant lui était en état de choc. Il guida Peter vers une chaise. Jones, de plus en plus inquiet expliqua la situation au médecin.

-Neal est notre partenaire et notre ami.

Le médecin n'avait pas quitté Peter des yeux. Il contrôla discrètement son pouls.

-Votre ami a été conduit en chirurgie. D'après ce que j'ai vu, son état est critique. Il a une grave blessure à la tête et il a perdu beaucoup de sang.

Les mots étaient prononcés d'une voix douce mais un signal d'alarme sonna dans le cerveau de Peter. Il connaissait ce genre de discours. Le médecin essayait de lui faire comprendre qu'il ne fallait pas avoir trop d'espoir.

Peter secoua vigoureusement la tête.

-Vous ne connaissez pas Neal…Il ne peut pas…

Peter commençait à s'agiter. Il se leva et avança, à grandes enjambées vers le bout du couloir. Il ne savait pas où il allait mais l'infirmière s'était dirigée vers cette pièce un peu plus tôt. Dans son état, il n'était plus vraiment capable de penser clairement. Il voulait voir Neal. Il voulait entendre sa voix, son rire, il voulait voir cette étincelle dans son regard quand il avait trouvé un nouvel indice dans une affaire.

Cette peur, irrationnelle…le sentiment que son ami avait besoin de lui…toutes ces émotions l'empêchaient de réfléchir. Il sentit une présence dans son dos.

-Agent Burke, votre ami n'est pas là. Je peux vous assurer qu'il est entre de bonnes mains.

-Il ne faut pas qu'il reste seul. Ses hommes…ils lui ont fait du mal…

-Oui, je sais et il va avoir besoin de l'aide de ses amis pour se rétablir. Mais, pour le moment, il n'y a rien que vous pouvez faire. Vous devez nous laisser l'aider et laisser vos amis s'occuper de vous.

Peter avait du mal à comprendre ce que le médecin lui disait. Il allait bien, c'est Neal qui avait besoin d'aide. Il commença à comprendre lorsque la pièce autour de lui se mit à tourner et qu'il ressente le besoin urgent de s'asseoir.

-Vous êtes en état de choc. Je vais vous conduire dans la salle d'attente. Vous pourrez vous allonger un moment.

Peter hocha la tête. Il était reconnaissant au médecin de ne pas lui avoir proposé de rentrer chez lui. Il lui aurait été impossible de s'éloigner de cet hôpital. Il se laissa guider et durant les heures qui suivirent, il évolua dans un univers flous de bruits sourds et de mouvements confus. Ses pensées étaient centrées sur Neal.

Il passa de longues minutes à se remémorer tous ces petits moments qu'ils avaient partagés. Ces samedis soirs assis sur la terrasse de l'appartement de June, à discuter, se disputer parfois.

Le moins qu'il pouvait dire c'était que Neal et lui ne partageaient pas vraiment la même vision d'une vie parfaite mais petit à petit, ils avaient réussi à trouver un équilibre. Les liens qui les unissaient restaient un mystère pour la plupart de leurs collègues…et il n'était pas certain de savoir définir, lui même, leur relation.

Peter essaya d'analyser, de manière honnête, la nature de ses sentiments pour son partenaire. Le premier mot qui lui venait à l'esprit était « méfiance ». Ce mot lui fit froncer les sourcils mais il devait avouer que Neal n'avait pas toujours été franc avec lui. En cherchant un peu plus avant, il se rendit compte que, s'il avait toujours quelques doutes sur les intentions du jeune homme, il ne ressentait pas la même colère que lorsqu'il l'avait renvoyé en prison après son évasion.

Cette colère face au gâchis que Neal faisait de son talent avait été remplacée par une certaine fierté. Le jeune homme avait changé, évolué. Il n'était plus ce gamin capricieux, un peu boudeur qui vivait dans l'instant, sans penser aux conséquences de ses actes. Aujourd'hui, Neal avait des projets, des perspectives d'avenir…Rien à voir avec une vie d'aventure et d'insouciance mais Peter savait qu'il lui avait donné un aperçu de ce que sa vie pourrait être. Il avait espéré que Sarah pourrait donner à son ami la stabilité affective dont le jeune homme avait besoin. Mais leur histoire semblait, aujourd'hui dans une impasse.

Peter secoua la tête. Il s'était promis d'être honnête et voilà qu'il se mentait à nouveau à lui-même. Il n'avait pas été si heureux de voir Sarah s'immiscer entre eux. Quand ils sortaient ensemble, Neal ne venait plus frapper chez lui à l'improviste avec une bouteille de vin. Il n'avait plus le temps de partager une pizza en faisant semblant d'apprécier le match de baseball à la télé.

Peter réalisait maintenant qu'il avait été jaloux de la relation de Neal et Sarah. La véritable question était pourquoi… Il n'avait pas besoin de réfléchir…La réponse était évidente, limpide…Son cœur la lui criait depuis des semaines. Mais son cerveau n'était pas prêt à l'entendre…

Enfin, jusqu'à aujourd'hui…

Jusqu'à ce qu'il comprenne que Neal était en danger…

Jusqu'à ce qu'il entende la peur, la douleur dans sa voix…

Jusqu'à ce qu'il voit son corps étendu sur le sol…le sang sur son visage…

Jusqu'à ce qu'il prenne sa main inerte dans la sienne…

Jusqu'à ce qu'il entende les mots dans sa bouche…

Peter sursauta, surprenant Mozzie assis à ses côtés.

-Tout va bien, Peter ?

-Oui, Mozzie… J'ai juste un peu froid.

Mozzie marmonna des mots que Peter n'entendit pas puis il se leva. Il revint quelques secondes plus tard avec une couverture qu'il enveloppa autour des épaules de Peter.

Ce fut avec des yeux remplis de larmes que l'agent du FBI le remercia. Des larmes causées par le geste de cet homme mais surtout par les mots de Neal.

Il avait été trop inquiet pour y prêter attention alors qu'ils étaient dans le bois mais son cerveau avait enregistré l'information, inconsciemment. Neal semblait sourd et aveugle à ce qui l'entourait mais Peter l'avait entendu marmonner. Les mots soufflés par son ami lui revenaient maintenant à l'esprit et il se laissa submerger par l'émotion.

Alors que la vie s'échappait de son corps, Neal avait prononcé des mots rares et d'autant plus précieux. A travers ses larmes, Peter souriait. Il avait une nouvelle raison d'espérer. Neal allait se battre pour rester en vie…Il ne pouvait pas lui avouer ses sentiments et l'abandonner comme ça… « Je t'aime, Peter »… Ces mots semblaient, à présent, résonner dans toute la pièce.

Peter sentait son propre cœur battre la chamade. Il avait perçu les mots prononcés par Neal dans un souffle mais son cerveau n'avait pas eu le temps d'analyser l'information. Il n'avait pas pu lui répondre…Mais qu'aurait-il répondu ?

Neal devait lui donner du temps pour trouver en lui la nature de ses sentiments. Il voulait avoir l'occasion de découvrir ce qu'il ressentait vraiment.

Après de longues heures, durant lesquelles Elisabeth était venue s'asseoir à ses côtés. Elle l'avait aidé à nettoyer le sang sur ses mains, elle l'avait serré dans ses bras essayant de le réconforter. Mais aucun de ses mots ne pouvaient réellement apaiser ses craintes. Une seule chose pourrait le rassurer complètement…

Un médecin entra dans la salle d'attente alors que Peter finissait son café. Il se leva d'un bond, essayant de lire les informations tant attendues sur le visage du chirurgien.

-Vous êtes de la famille du jeune homme blessé à la tête ?

-Oui. Il s'appelle Neal… Comment… ? Est-ce que… ?

Le chirurgien s'avança et posa une main sur le bras de Peter qui chancelait devant lui. L'agent du FBI commençait à en avoir assez qu'on s'inquiète pour lui et qu'on refuse de répondre à ses questions. Il est vrai qu'il avait du mal à poser une question claire mais il savait très bien que le médecin avait compris ses interrogations.

-L'opération s'est bien passée. Nous avons pu arrêter l'hémorragie. On craignait qu'un de ses poumons soit perforé mais il n'en est rien. Le plus inquiétant est la blessure à la tête. Peter prit une profonde inspiration. Une dizaine de questions se bousculaient sous son crâne.

-Votre ami est un battant. Mais il va falloir attendre pour être certain…

-Est-ce que je peux le voir ?

-Il est aux soins intensifs. Vous ne pouvez pas rester avec lui.

Peter commença à s'agiter. Cet homme ne comprenait rien. Il devait être près de Neal, il fallait qu'il le rassure, qu'il lui dise qu'il n'était pas seul, qu'il ne l'avait pas abandonné. Il savait que Neal avait vécu l'horreur pendant les heures passées aux mains de ces hommes. Jones comprit l'agitation de son patron et prit l'initiative. A ce moment, Peter eut envie de le prendre dans ses bras pour le remercier.

-Docteur, les hommes qui ont agressés Neal sont toujours en fuite. Ils pourraient chercher à finir le travail. Tant que nous ne les avons pas bouclé derrière des barreaux solides, Neal va avoir besoin d'une protection rapprochée. Un de nos agents doit rester avec lui.

Le médecin hocha la tête.

-Je comprends. Je vais demander à une infirmière de vous conduire.

Peter se retourna vers Jones une fois le médecin parti.

-Merci, Clinton.

-Je ne pense pas qu'ils tentent quoi que ce soit mais Neal ne doit pas se réveiller tout seul dans cette chambre…Pas après ce que ces salauds lui ont fait…

-Dès que j'ai du nouveau je vous appelle.

Elisabeth s'avança vers lui et déposa un léger baiser sur sa joue.

-Essaie de te reposer un peu et pense à manger.

Peter n'eut pas le temps de répondre. Une jeune femme en blouse blanche entra dans la pièce pour le guider jusqu'à la chambre de Neal.

Peter fut conduit à travers d'interminables couloirs blancs. La jeune femme s'arrêta devant une double porte vitrée. Elle lui expliqua qu'il devait s'équiper avant d'entrer dans la chambre. Elle lui décrit dans le détail, alors qu'il enfilait une blouse, des chaussons et une charlotte, le rôle de toutes les machines qui entouraient Neal.

Malgré les explications de l'infirmière, Peter eut un temps d'arrêt en entrant dans la chambre. Le jeune homme pâle semblait si frêle au milieu de ce lit, entourée de toutes ces machines. Les bruits n'étaient pas très forts mais ils semblaient résonner dans la pièce aseptisée. Peter s'avança lentement, osant à peine respirer.

-Est-ce que je peux prendre sa main ?

-Sa main droite est fracturée en plusieurs endroits mais si vous passez de l'autre côté, vous pourrez prendre sa main.

Peter s'assit doucement sur la chaise placée là par la jeune femme et prit la main de Neal dans la sienne. Le rythme des bips changea soudain et Peter leva un regard alarmé sur l'infirmière.

-Tout va bien. Il doit sentir votre présence. Il était un peu agité quand ils l'ont ramené du bloc. Il est plus calme maintenant que vous êtes là.

-Vous pensez qu'il m'entend.

-Je ne sais pas. Les médecins veulent le garder sédaté pour pouvoir réduire la pression sur son cerveau. Un hématome ou un saignement pourrait avoir de graves conséquences.

Peter caressait tendrement la main du jeune homme sous le regard attendri de la jeune femme.

-Vous semblez très proches.

-Nous sommes amis…

-Il va avoir besoin de ses amis.

-Ces hommes qui l'ont enlevé…Ils lui ont fait beaucoup de mal

Peter avala difficilement sa salive. Il ne savait pas vraiment pourquoi il se confiait à cette jeune femme.

-Je suis certaine qu'il sent votre présence. Je ne suis pas certaine qu'il vous entende mais le son de votre voix pourrait l'apaiser. Peut-être pourriez-vous lui parler ou lui lire quelque chose.

Peter hocha la tête. Ses yeux ne quittaient pas le visage de Neal. Il entendit l'infirmière quitter la chambre. Il ne savait pas vraiment quoi dire à Neal.

Au début, les mots eurent du mal à franchir ses lèvres. Puis tout devint plus facile. Il lui raconta comment il avait hésité avant de revenir le voir en prison après sa première évasion. A partir de cet événement, il confia au jeune homme inconscient, comment leur collaboration avait changé sa vie.

Les confidences se firent plus intimes au fil des heures. Peter se rendit compte que parler l'aidait à éclaircir ses sentiments. Il fut interrompu à de nombreuses reprises au cours de la journée par les médecins ou les infirmières. Après plusieurs heures de discours, Peter sentit ses paupières s'alourdir. Il posa sa tête sur le bord du lit, ne voulant pas lâcher la main de son ami.

Les jours suivants passèrent sur le même rythme. Peter avait fait le tour de ce qu'il pouvait raconter et il avait commencé la lecture du livre qu'Elisabeth avait amené la veille. Ça faisait presque trois jours que Neal était maintenu dans un coma artificiel. Lors de sa visite quotidienne, le chirurgien, annonça à Peter qu'ils avaient commencé à diminuer la quantité de sédatif.

-Son état est suffisamment stable maintenant. Il est hors de danger et on a besoin qu'il se réveille pour faire un bilan neurologique.

-Vous pensez que sa blessure à la tête pourrait laisser des séquelles ?

-Une blessure aussi grave pourrait avoir de multiples conséquences qu'on ne pourra connaître que lorsqu'il sera réveillé.

Le médecin refusait d'en dire plus pour le moment. Il lui était difficile de faire des hypothèses et il ne voulait pas faire une liste aussi longue qu'effrayante des conséquences physiques, cognitives ou autres que pouvaient engendrer de telles blessures.

Il fallut attendre de longues heures avant que Neal n'ouvre les yeux. La première tentative du jeune homme ne fut pas couronnée de succès. Peter aperçut, à peine, le bleu de son iris avant qu'il ne sombre à nouveau dans le sommeil.

Moins d'une heure plus tard, Neal se réveilla à nouveau. Peter tenait toujours sa main. Il ne put retenir un large sourire quand il vit le regard azur se poser sur lui. Il sentit la pression de la main du jeune homme dans la sienne. Il resserra son étreinte en retour.

Il était incapable de parler mais les mots semblaient superflus. Neal était vivant, il était à nouveau conscient. Rien d'autre ne comptait.

Neal ouvrit la bouche. Il semblait vouloir parler. Peter lui tendit un verre d'eau muni d'une paille, le jeune homme avait probablement la gorge très sèche. Après s'être humidifié la bouche, Neal tenta à nouveau de parler mais aucun son ne sortit. Peter pouvait voir la frustration dans ses yeux.

-Tout va bien. Ne force pas trop. Tu es à l'hôpital. Tu as été blessé à la tête.

Le chirurgien entra à ce moment-là. Il s'approcha du lit, vérifia les différentes machines avant de poser les yeux sur son patient.

-Enfin de retour parmi nous. Comment vous sentez-vous ?

Neal secoua la tête, toujours incapable de parler. Le médecin sentit l'angoisse du jeune homme devant son incapacité à parler.

-Essayez de rester calme. Ça va revenir. Il va vous falloir du temps pour retrouver tous vos moyens. Je vais vous poser quelques questions simples. Vous n'aurez qu'à hocher la tête pour me répondre.

Neal se concentra pour ralentir sa respiration et se calmer un peu puis il hocha la tête.

-Très bien…Est-ce que vous vous souvenez pourquoi vous êtes ici ?

Réponse négative du jeune homme ce qui n'était pas vraiment surprenant. Peter était plutôt soulagé que Neal ne se souvienne pas de son agression.

-C'est tout à fait normal. Vous avez reçu un choc important à la tête. On a dû vous maintenir dans le coma pendant plusieurs jours. Je vais vous poser des questions qui vont peut être vous paraître idiotes mais vous devez me répondre honnêtement. Savez-vous quel jour nous sommes ?

Réponse toujours négative. Peter était d'accord avec le médecin, sa question était idiote. Neal avait dormi pendant plusieurs jours. Il n'avait aucun moyen de savoir la date du jour.

-D'accord. Vous rappelez-vous votre nom ?

Le jeune homme sembla réfléchir. Peter lui tenait toujours la main. Il cherchait à croiser le regard de Neal qui semblait de plus en plus paniqué. Le bip des machines autour de lui s'accéléra.

-Tout va bien, calmez-vous. Est-ce que vous savez qui est cet homme ?

Le médecin montra Peter du doigt. Neal regardait maintenant tout autour de lui. Il semblait terrifié.

Peter sentit son cœur se soulever quand Neal tourna la tête de droite à gauche. Le médecin s'éloigna un instant et revint accompagné d'une infirmière. Ils injectèrent une solution dans la perfusion de Neal. Le corps du jeune homme se détendit petit à petit.

-Tout va bien, Neal. Ça va aller. N'aie pas peur. Je ne bougerai pas de là. Personne ne te fera de mal…

Peter savait que Neal ne l'entendait probablement pas mais il continua à le rassurer jusqu'à ce que ses yeux se ferment.

-Qu'est-ce que ça veut dire, Docteur ?

-Difficile à dire après un examen aussi succinct.

-Il ne se souvient même pas de son propre nom…Il est incapable de dire un mot…

-Agent Burke, ce n'est peut-être que momentanée… Il a subi un énorme choc.

Peter se leva pour faire face au médecin, il avait besoin de lire la vérité dans ses yeux.

-Docteur, s'il vous plaît. Quel est votre sentiment ?

-La blessure à la tête a provoqué une amnésie. Ce n'est pas inhabituel dans ce genre de traumatisme. Mais chez Neal cette amnésie semble importante. Le traumatisme a pu aussi provoquer une aphasie, un trouble du langage mais il faudra d'autres examens pour en déterminer l'étendue.

-Est-ce qu'il va se souvenir ?

-Impossible à dire…Les souvenirs peuvent revenir ou être perdus pour toujours…

Peter était sous le choc. Il se rassit avant de serrer à nouveau la main de Neal dans la sienne. Les infirmières s'affairaient autour de lui, on lui parla mais il n'entendait rien, il ne voyait rien…rien d'autre que Neal, endormi dans ce lit…Neal qui ne se souvenait pas de lui…L'homme qui lui avait dit « je t'aime » trois jours plus tôt, ne se rappelait plus qui il était. Il sentit les larmes couler le long de ses joues mais il ne prit pas la peine de les essuyer.