Voici le chapitre 7. Attention il y a un petit clin d'oeil au premier épisode de la saison 5 mais rien de capital.
J'ai pris quelques libertés avec le peu qu'on sait de l'enfance de Neal. J'espère que vous apprécierez.
Chapitre 7.
Il fallut encore une semaine avant que les médecins n'autorisent Neal à sortir de l'hôpital. Le jeune homme n'était pas totalement rétablit et Peter s'inquiétait de le voir se fatiguer aussi rapidement. Le docteur Werner l'avait rassuré en lui affirmant que c'était parfaitement normal et qu'il faudrait encore de longues semaines avant que Neal retrouve un état de forme satisfaisant.
Il était bien sûr hors de question qu'il retourne au bureau pour le moment et Peter s'était arrangé pour pouvoir travailler sur de vieux dossiers qui ne nécessitaient pas sa présence quotidienne au bureau. Il ne voulait pas laisser Neal seul tant qu'ils n'auraient pas mis la main sur ses trois types. Ils avaient quelques pistes mais l'enquête avait été confiée à la police locale et ils avaient de nombreux dossiers en cours.
Jones et Diana poursuivaient leur enquête sur leur temps libre mais il fallait avouer qu'ils n'avaient pas vraiment avancé. Peter ne parlait pas de l'avancée de l'enquête avec Neal. Même s'il acceptait plus facilement d'être entouré de ses amis, il avait toujours des difficultés à supporter que quelqu'un soit trop proche de lui. Seul Peter pouvait s'approcher sans crainte d'être repoussé.
Ce matin-là, en entrant pour la dernière fois dans la chambre d'hôpital, il trouva Neal debout à côté de son lit en train de mettre quelques vêtements dans un sac. Peter constata une fois de plus que son ami avait perdu du poids. Les vêtements qu'il portait flottaient légèrement au niveau des épaules et de la taille.
En apparence, Neal allait mieux mais Peter avait été le témoin des violents cauchemars qui le réveillaient, en sueur, au milieu de la nuit et il l'avait, par deux fois, retrouvé recroquevillé sur le sol de la salle de bain, tremblant de la tête aux pieds. Il avait dû lui parler de longues minutes avant qu'il ne parvienne à se calmer. Peter pouvait sentir un nœud se former au creux de son estomac quand il repensait à la terreur qu'il avait alors lue dans les yeux de Neal.
-Prêt à rentrer à la maison ?
Neal se retourna et lui sourit. Son sourire aussi avait changé. Il n'y avait plus aucune malice dans ce sourire, plus le même éclat qu'auparavant. Comme si quelque chose s'était éteint en lui et c'est ce qui faisait le plus mal à Peter à chaque fois qu'il croisait son regard. Neal avait perdu une partie de ses souvenirs mais il avait aussi perdu cette confiance et cette assurance qui avait fait de lui un escroc si doué et un ami si particulier.
-J'ai demandé qu'ils nous préparent les papiers à l'accueil. Il ne manque plus que ta signature et tu seras libre.
Libre…quel beau mot Peter. Si seulement je pouvais me sentir libre.
Neal ne pouvait pas répondre ça à son ami et il était plus que fatigué de devoir utiliser cette machine pour communiquer alors, il se bornait la plupart du temps à hocher la tête. Tout le monde semblait s'en contenter et ça lui convenait aussi parfaitement. Il évitait ainsi les questions pour lesquelles il n'avait aucune réponse et celles auxquelles il ne voulait pas répondre.
Il hocha la tête, prit son sac et suivit Peter dans le couloir. Avec son ami, il avait fait une ou deux ballades dans ces couloirs ces derniers jours mais il n'avait pas respiré l'air extérieur depuis son entrée à l'hôpital. Lorsque les portes vitrées du hall d'entrée s'ouvrirent devant lui et que le vent d'automne se glissa sous sa chemise, Neal ne put retenir un frisson.
C'est pas le moment de flancher. Sinon, Peter va s'inquiéter et il n'a pas besoin de ça. Il n'y a pas de quoi avoir peur. Inspire à fond…Après tout d'après ce que Mozzie a dit, il ne me reste que quelques mois de prison. SI je me tiens à carreau je devrais pouvoir sortir avant la fin de ma peine.
Les pensées se bousculaient dans la tête du jeune homme depuis qu'il avait surpris une conversation entre Jones et Peter quelques jours plus tôt. Ils semblaient sous-entendre que sa place dans l'équipe était remise en question et qu'il serait difficile de lui trouver une place dans ces conditions. Neal avait été surpris que Peter ne lui remette pas son bracelet mais tout devenait clair s'ils avaient l'intention de le renvoyer derrière les barreaux.
Il n'avait pas posé de questions. Il s'était contenté de demander à Mozzie à quelle peine il avait été condamné et combien de temps il lui restait à faire. Il avait essayé de se convaincre que la situation n'était pas si dramatique et qu'il serait à l'abri derrière des barreaux. Mais aujourd'hui, il n'était pas vraiment certain de pouvoir supporter de passer plusieurs mois en prison, plusieurs mois sans Peter.
Une fois dans la voiture, Neal essaya de se détendre mais l'angoisse l'empêchait de respirer normalement. Les larmes qu'il essayait de retenir menaçaient à chaque seconde de couler. Il devait se montrer fort. Il était conscient que Peter n'avait pas le choix. Il l'avait fait sortir de prison à condition qu'il les aide sur certaines affaires. Aujourd'hui il ne leur était plus d'aucune utilité. Il était donc normal qu'il retourne finir sa peine en prison.
Peter stoppa la voiture sur le bord de la route. Neal ne reconnaissait pas l'endroit où ils se trouvaient.
-Qu'est-ce qui ne va pas, Neal ?
Un haussement d'épaule fut la seule réponse que l'agent du FBI put obtenir. La jambe droite de son passager s'agitait depuis leur départ de l'hôpital et sa main gauche était crispée sur son sac.
-Neal s'il te plaît, prends ta tablette et réponds à ma question. Ça fait plusieurs jours que tu te contentes de réponses évasives et je vois bien que quelque chose te tracasse.
Neal sortit la tablette de son sac mais sa main tremblait trop pour qu'il puisse taper quoi que ce soit de cohérent.
A quoi bon discuter. Finissons-en. Ramène-moi en prison et retourne à ta vie.
Neal fit signe à Peter de reprendre la route. Il n'était pas facile de se faire comprendre avec des gestes, en particulier avec quelqu'un d'aussi têtu que Peter. L'agent du FBI voulait le faire parler et, même si Neal ne se souvenait pas de grand chose, il savait que Peter arrivait la plupart du temps à ses fins.
-Tu ne t'en sortiras pas aussi facilement. Prends ton temps mais je veux une réponse.
Neal finit pas taper quelques mots mais il hésita avant de presser la touche permettant à la voix programmée de lire ces mots. Avant qu'il ait pu effacé ce qu'il avait tapé, Peter lui prit la tablette des mains.
Ce qu'il lut lui glaça le sang.
-Comment ? Tu penses que…Pourquoi… ? Je comprends pas…
Peter se calma en voyant la peur dans les yeux de Neal. Il était en colère mais pas envers Neal. Il s'en voulait de ne pas avoir été plus clair, de ne pas avoir su rassurer le jeune homme, de ne pas avoir compris son angoisse.
« Je ne veux pas retourner en prison »
Ces quelques mots donnaient un nouvel éclairage au comportement du jeune homme ces derniers jours. Peter avait constaté qu'il communiquait moins et qu'il était plus distant avec lui mais il avait mis ça sur le dos des cauchemars. Il ne lui serait pas venu à l'esprit que Neal puisse pensé qu'il allait le renvoyer en prison. Après ce qu'il avait vécu, comment aurait-il pu ?
Peter s'en voulait de ne pas avoir compris. L'homme à côté de lui devait faire face à des blessures physiques et psychologiques et il avait passé ces derniers jours avec l'idée qu'il allait quitter l'hôpital pour être enfermé à nouveau dans une cellule.
-Neal, tu ne vas pas retourner en prison. Je te ramène chez toi, dans l'appartement de June.
Neal reprit la tablette des mains de son ami.
-Mais je ne peux plus travailler avec vous. Je ne vous sers à rien.
Peter passa une main sur son visage. Il avait sous-estimé la fragilité émotionnelle de son ami. Assis à côté de lui, il semblait sur le point d'éclater en sanglots.
-Neal, tu es mon ami et je ne laisserai personne te renvoyer en prison. Tu n'as rien fait de mal et le contrat qu'on a passé tient toujours.
-Mais tu as dit à Jones que je n'avais plus ma place dans l'équipe.
Peter mit un long moment avant de comprendre de quoi parlait Neal. Quand il comprit, il faillit se mettre à rire mais il doutait que Neal comprenne en quoi la situation était drôle.
-Je ne parlais pas de toi, Neal. Je parlais de Diana et j'ai dit qu'elle n'avait plus sa place sur le terrain.
-Je ne comprends pas.
-Diana est enceinte et, même si elle essaie de faire comme si tout allait bien, je vois bien qu'elle est très fatiguée. Avec Jones, j'essayais de trouver la meilleure manière d'aborder le sujet avec elle.
Neal resta muet. Il essayait de remettre un peu d'ordre dans ses idées. Il se sentait soulagé et perdu. Ces sentiments contradictoires étaient son lot quotidien depuis qu'il avait repris connaissance quelques jours plus tôt. Peter plaça une main sous son menton, le forçant à le regarder.
-Je te promets que tu ne retourneras pas en prison. Même si tes souvenirs ne reviennent pas, on trouvera une solution pour que tu finisses ta peine avec nous.
Neal ne pouvait pas répondre. Il ne pouvait pas détacher ses yeux de l'homme face à lui. Il avait déjà ressenti ça quand Peter était près de lui, cette irrésistible envie d'enfouir sa tête au creux de son épaule, de se perdre dans la chaleur de ses bras.
Il était évident qu'ils étaient amis, même s'il avait parfois senti de la méfiance quand Peter évoquait certains épisodes de leur passé commun. Mais Neal était conscient qu'il n'y avait jamais rien eut de plus que de l'amitié entre eux. Il avait été témoin de l'amour et de la complicité qui unissaient son ami et sa femme. Pourtant à ce moment précis, il éprouvait à nouveau ce sentiment de bien être, cette douce chaleur et une irrépressible envie de sentir la douceur de ces lèvres contre les siennes.
Il rassembla son courage et recula de quelques centimètres, rompant le contact.
-Compris.
-Très bien. Je préfère ça. Si j'avais su…Pourquoi n'as-tu rien dit ?
Neal haussa les épaules.
-Je pensais que c'était peut-être mieux comme ça.
-Mieux… ? Comment … ?
-Tu passes beaucoup de temps avec moi. Entre ton travail, l'hôpital…tu dois être fatigué. Je pensais…
-Neal…Qui a pu te mettre ça dans la tête ?
Hors de question que je te répondes cette fois. J'ai promis de ne rien dire. Mais elle a raison, tu as l'air fatigué…et c'est à cause de moi. Encore une fois, tu mets ta vie entre parenthèses à cause de moi.
Devant le silence de son ami, Peter n'insista pas. Ils avaient clarifié les choses et cette question pourrait attendre un peu. Neal avait besoin d'être rassuré mais son inquiétude concernant Peter et son état de fatigue lui avait été soufflé par quelqu'un. Peter est contrarié à l'idée qu'El ait pu parlé à Neal du fait qu'il passait trop de temps avec lui. Il savait que sa femme vivait mal leur éloignement des derniers jours mais Neal n'avait pas besoin qu'on le fasse culpabiliser de la sorte. Il n'aimait pas ça mais il faudrait qu'il ait une conversation avec sa femme.
Quelques minutes plus tard, Peter gara la voiture le long du trottoir devant chez June. Neal leva les yeux vers la terrasse puis tourna un regard interrogateur vers Peter.
-Oui, c'est ici. Tu as emménagé dans le studio à l'étage peu après ta sortie de prison. Je t'avais laissé dans un petit hôtel en bas de la rue et, quand je suis venu te chercher le lendemain matin, une note m'attendait me disant que je devais me rendre à cette adresse.
Peter rit à l'évocation de ce souvenir. Il avait essayé de signifier sa colère au jeune homme mais il avait oublié pourquoi il aurait dû être en colère quand il avait trempé ses lèvres dans la tasse de café offerte par June.
-Je t'ai retrouvé sur cette terrasse, vêtu d'un peignoir hors de prix, savourant un café italien.
Neal sourit à son tour. Il imaginait assez facilement la surprise de son ami ce matin-là.
J'aimerais me souvenir de ce que j'ai ressenti à ce moment-là. A peine sorti de prison et logé dans un appartement avec terrasse…Pas mal.
-Tu as toujours su te débrouiller pour te sortir des pires situations. Quand je t'ai laissé dans cet hôtel miteux, j'ai bien vu que ce n'était pas vraiment ce que tu espérais. J'ai d'abord pris ça pour de l'ingratitude. Après tout, je vais de te redonner une forme de liberté et je pensais que ça devait suffire à te rendre heureux.
Neal attendait la suite. Il avait compris ces derniers jours que Peter n'était pas vraiment doué pour parler de ses sentiments. Il sentait que l'agent du FBI était sur le point de lui dire quelque chose d'important, quelque chose qu'il ne lui avait certainement jamais dit.
-Je sais aujourd'hui que je me suis trompé. Tu peux parfois être aussi capricieux qu'un enfant de 5 ans mais ce n'était pas un caprice. Je ne sais pas exactement pourquoi il t'était aussi insupportable d'envisager de vivre dans cet hôtel mais j'ai vu cette expression dans tes yeux.
Désolé Peter mais je ne comprends pas vraiment ce que tu essaies de dire. Je n'ai absolument aucun souvenir du jour de ma libération et encore moins de ce que j'ai pu ressentir ce jour-là.
Neal posa la main sur la poignée de la porte. Peter semblait avoir dit ce qu'il avait à dire et, pour être franc, le jeune homme rêvait de s'allonger dans un vrai lit. Peter posa une main sur son bras, l'arrêtant avant qu'il n'ouvre la porte.
-Neal, je ne sais pas pourquoi tu refusais de vivre dans cet hôtel mais ce jour-là, tu avais la même émotion dans les yeux que tout à l'heure quand j'ai stoppé la voiture…La même peur incontrôlable…
-Je n'ai pas d'explication à te donner. Je suis désolé, je ne me souviens pas.
-Ce n'est pas grave, Neal. Mais peux-tu me faire une promesse ?
Neal hocha la tête.
-Il y a de nombreuses zones d'ombres dans ton passé et je sais que ce n'est pas facile pour toi de parler de certaines choses mais j'aimerais que tu me dises si tu te souviens de quelque chose…même si ça te paraît être une simple anecdote.
-Je peux essayer mais les souvenirs qui me reviennent sont tellement flous et parcellaires. Rien n'a vraiment de sens.
-Je pourrais t'aider à mettre de l'ordre.
Neal hocha de nouveau la tête. La fatigue commençait à le gagner et il essaya en vain de retenir un bâillement.
-Ok, pour le moment, on va monter et tu vas faire une petite sieste pendant que je prépare le déjeuner.
Neal s'apprêtait à faire un commentaire sur le fait que Peter n'était pas obligé de se transformer en baby-sitter mais l'agent du FBI ne lui en laissa pas le temps. Il descendit de la voiture et fit le tour pour ouvrir la porte côté passager.
Peter l'aida à sortir de la voiture puis à monter les escaliers. Arrivés en haut des marches, Neal était à bout de souffle et à bout de force. Peter dut le soutenir, un bras autour de sa taille, pour marcher jusqu'à son lit. Le jeune homme s'allongea avec un soupir de soulagement, ne faisant aucun mouvement pour seulement ôter ses chaussures. Peter essaya de ne pas montrer son inquiétude mais il commençait à douter de la décision des médecins de le laisser rentrer chez lui.
-Neal, tu ne peux pas dormir comme ça. Il faut au moins poser tes chaussures et mettre une tenue plus confortable.
Un grognement fut la seule réponse qu'il obtint. Peter sourit et se dirigea vers la salle de bains. Il revint avec un pantalon de pyjama. Il entreprit de défaire les chaussures de son ami. Toujours aucun mouvement mais lorsque Peter commença à détacher la ceinture du pantalon de Neal, celui-ci se redressa brutalement.
-Doucement, Neal. Tu vas te faire mal. Je voulais juste t'aider à enfiler quelque chose de plus agréable pour dormir.
Neal s'était assis sur le lit, respirant difficilement. Il fixait Peter mais il ne semblait pas le voir. L'agent du FBI s'avança vers le jeune homme apeuré mais Neal recula contre le mur.
-Neal, c'est moi. Tout va bien.
Peter pouvait voir les tremblements qui agitaient les mains de son ami. Il devait trouver un moyen de rassurer Neal et de la faire parler de ce qu'il l'avait effrayé. Il saisit la tablette et la lui tendit. Neal se mit à taper sans s'arrêter pendant quelques secondes avant de tendre la tablette à Peter.
Le moins que l'on puisse dire c'est que les propos étaient confus mais ce qui transparaissait derrière les mots c'était la peur.
J'ai vu Tom…J'ai cru qu'il était revenu…Je veux pas…qu'il recommence…
-Neal, j'ai du mal à comprendre. Qui est Tom ? Qui est cet homme que tu as cru voir ?
Le jeune homme face à lui semblait terrorisé. Il fallait qu'il le fasse parler.
-Je sais pas.
La réponse avait été trop rapide.
-Neal, s'il te plaît. Tu sais que tu peux me faire confiance.
-Non…Il va lui faire du mal si je parle.
-Là, je suis perdu. A qui va-t-il faire du mal ?
-Maman.
Peter avançait en terrain inconnu. Il savait très peu de choses sur l'enfance de Neal. Il savait seulement que sa mère était morte alors qu'il était encore un enfant. Neal avait quitté la maison familiale à l'âge de 17ans pour se rendre à New York. Là, non plus, Peter ne savait rien des circonstances qui l'avaient poussé à s'éloigner de sa famille.
-Neal je ne sais pas qui est Tom. Mais tu es en sécurité ici et personne ne te fera de mal.
-Tu es sûr ?
Peter avait l'impression de s'adresser à un jeune enfant.
-Oui j'en suis sûr. Tu peux dormir tranquille. Je vais rester là.
Neal sembla se détendre et prit le pantalon de pyjama que lui tendait son ami. Il fallut à Neal de longues minutes pour se débarrasser de ses vêtements et enfiler sa tenue de nuit mais Peter n'osait pas intervenir. Le jeune homme finit par s'allonger et il s'endormit presque aussitôt.
Peter s'attela à la préparation du déjeuner. Des dizaines de questions se bousculaient dans sa tête. Qui était ce Tom dont Neal avait si peur ? Apparemment, cet homme avait un lien avec son enfance et la manière dont Neal avait réagi, il y avait peu de doutes sur la nature des rapports que ce Tom entretenait avec Neal. Peter se demandait quel sombre secret se cacher derrière cet homme.
Neal se réveilla une heure plus tard. Peter le laissa manger tranquillement avant de s'asseoir à ses côtés et de poser la tablette numérique sur la table. Neal soupira en voyant la machine posée devant lui.
-Je sais que tu as de nombreuses questions, Peter…Mais je n'ai pas les réponses.
-Quand tu t'es réveillé tout à l'heure, tu as parlé d'un certain Tom. Qui est-ce ?
-Je ne sais pas. Je te l'ai déjà dit, mes souvenirs sont flous et imprécis. Je vois des images, rien de plus.
-Essaies de m'expliquer ce que tu as ressenti en te réveillant. Tu semblais avoir peur de cet homme. Tu as dit que tu ne pouvais pas me parler sinon il ferait du mal à ta maman.
-Peter, je ne me souviens pas.
-Peut-être que tu as déjà parlé de ce Tom avec Mozzie.
-Non…
-Comment tu peux en être certain ?
Neal se leva. Il se sentait piégé et il détestait ça. Il n'avait jamais parlé de Tom à personne, pas même à Mozzie. Il avait enterré cette partie de sa vie définitivement. Il était étonné que ces souvenirs soient remontés à la surface avant tous les autres.
-Neal, il faut que tu me laisses t'aider et je ne peux rien faire si tu ne me parles pas.
Neal revint vers la table. Il était hors de question qu'il évoque son passé avec Peter. L'agent du FBI ne devait pas savoir ce qui s'était passé. Il ne devait jamais découvrir ce qu'il avait fait.
-J'ai besoin d'être seul, Peter.
-Tu penses vraiment que je vais te laisser seul. Tu tiens à peine debout. Il y a une heure à peine, tu ne savais même plus où tu étais.
Peter, s'il te plaît, ne rends pas les choses encore plus difficiles. Rentre retrouver ta femme et laisse le passé tranquille.
-Je vais bien et je n'ai pas besoin d'une baby-sitter.
-D'accord, j'arrête de poser des questions mais tu ne te débarrasseras pas de moi comme ça.
Neal sortit sur la terrasse. S'il avait pu parler, il aurait réussit à convaincre Peter de le laisser seul. Il était de plus en plus frustré d'être contraint au silence. Il sentit la présence de Peter dans son dos.
-Je veux juste t'aider, Neal. Je ne cherche pas à te piéger ou à te contrôler.
Neal baissa la tête, il était sûr que Peter pensait vraiment ce qu'il disait. Il aurait pouvoir lui confier ce souvenir douloureux qui avait mis fin à son enfance. Il fallait qu'il trouve quelque chose à dire à Peter. Il savait que son ami ne lâcherait pas le morceau et qu'il continuerait à chercher même sans son aide.
Neal prit une profonde inspiration, ouvrit la bouche. Il dut s'y reprendre à plusieurs fois avant qu'un son ne veuille bien sortir de sa bouche.
-Mon…beau-père…
Ce fut au tour de Peter de rester muet. Après deux semaines de silence, entendre à nouveau la voix de son ami le surprit et lui fit monter les larmes aux yeux. Il se reprit voyant le regard inquiet de Neal.
-C'est bon d'entendre le son de ta voix.
-Pas…Facile…
-Ne force pas trop.
La diversion avait fonctionné. Peter semblait avoir oublié sa question. Neal se laissa aller quand son ami le prit dans ses bras.
Merci, Peter. Merci d'être un si précieux ami. Je suis désolé mais il y a des choses qu'il vaut mieux que tu ignores. J'aimerais tellement être capable d'enterrer à nouveau ces souvenirs.
