Désolé d'avoir autant tardé à écrire ce chapitre. Mais j'ai eu du mal à garder le fil...Une autre fic me trottait dans la tête...et je ne suis pas totalement satisfait de ce chapitre. :-(


Chapitre 13.

Le son de la détonation résonnait encore aux oreilles de Peter. Il resta de longues secondes immobile, attendant un signe, un geste montrant que Neal était toujours en vie. La peur le paralysait, il était incapable de penser, de réfléchir.

La pièce autour de lui commença à vaciller il sentait qu'il était sur le point de perdre pied complètement. Son instinct reprit petit à petit le dessus et il commença à tirer avec force sur les liens qui entravaient ses mains.

Neal était toujours allongé, les yeux clos sur le canapé. Son agresseur reposait, inerte au-dessus de lui et Peter s'accrochait désespérément à l'idée que Karl était celui qui avait reçu le projectile. Neal était tourné vers lui, comme s'il avait voulu graver dans sa mémoire le visage de Peter avant de fermer les yeux.

Après ce qu'il lui sembla de trop longues minutes, Peter réussit à dégager sa main droite. Cette liberté retrouvée lui suffit pour reprendre espoir. Les sirènes qu'il pouvait entendre au loin avaient fini par les dépasser et continuer leur chemin. Ils étaient seuls et Peter savait que, même si Karl n'était maintenant plus une menace, Neal avait besoin de soins. Il avait reçu un nouveau choc à la tête et, alors qu'ils étaient prisonniers dans l'entrepôt, Peter avait été témoin de symptômes inquiétants. Il n'était pas médecin, bien sûr, mais il avait vu suffisamment d'agents victimes de traumatismes crâniens ou d'hémorragie pour reconnaître les signaux d'alerte.

Il finit par libérer ses mains et s'attaqua sans attendre aux liens enserrant ses chevilles. Une fois libre de ses mouvements, il se précipita vers le canapé. Il repoussa sans ménagement le corps de Karl. Une importante quantité de sang maculait la chemise de Neal mais Peter réalisa vite qu'il s'agissait de celui de leur agresseur. L'homme était mort et l'agent du FBI reporta rapidement son attention vers son ami.

Neal était inconscient mais son pouls était régulier.

-Neal, s'il te plaît, ouvre les yeux.

Peter essuya machinalement les larmes qui coulaient le long de ses joues. Il fallait qu'il ramène Neal, qu'il lui parle, qu'il s'assure que tout allait bien. Ce besoin vitale guidait chacun de ses mouvements et maintenait ses sens en alerte. Il sentait la fatigue gagner ses membres mais il savait qu'il ne pourrait se relâcher que lorsqu'il saurait Neal en sécurité.

Le jeune homme finit par ouvrir les yeux. Peter pouvait y lire la confusion et la peur.

-Tout va bien, Neal. Karl est mort.

Neal regarda autour de lui et posa les yeux sur l'homme qu'il venait de tuer. Des sentiments contradictoires l'envahirent. Il était soulagé d'avoir réussi à faire ce qu'il fallait mais il ne pouvait contenir cette culpabilité. Il avait à nouveau utilisé une arme pour faire du mal à un être humain. Il était, une fois encore, devenu un meurtrier. Peter sembla lire la détresse dans son regard.

-Tu as fait ce qu'il fallait. Il nous aurait tué tous les deux si tu n'avais pas agi. J'aurais seulement préféré que tu ne mettes pas ta vie en danger en faisant ça.

-Pe…ter…

-Je suis là, Neal. Les secours ne vont pas tarder. Je suis sûr que Jones est déjà en route.

L'agent du FBI cherchait à rassurer son ami mais aussi lui-même. Il avait cru à l'arrivée imminente de ses collègues mais le son rassurant des gyrophares s'était maintenant éloigné. Il fouilla minutieusement les poches de l'homme étendu sur le sol à la recherche de son téléphone portable. Malheureusement, ils étaient perdus au milieu de la forêt et aucun appel ne serait possible de la maison. Peter se souvint que Jones avait passé un appel lorsqu'ils avaient retrouvé Neal quelques jours auparavant. Il allait devoir s'éloigner de la maison pour appeler les secours.

-Neal, le téléphone ne marche pas. Il faut que j'essaie de trouver un réseau pour prévenir les secours.

Son ami le regardait mais il ne semblait pas l'entendre. Peter s'approcha et posa une main sur sa joue.

-Neal, tu m'entends ? Il faut que je sorte un moment pour téléphoner.

Le jeune homme hocha la tête mais, lorsque Peter essaya de retirer sa main de la sienne, Neal le retint fermement.

-Neal, je reviens le plus vite possible.

L'angoisse était maintenant visible dans son regard. Il lui était très douloureux de devoir le laisser seul dans ces conditions. Partagé entre l'urgence de la situation et son besoin de rassurer l'homme qu'il aimait, Peter n'arrivait pas à prendre une décision. Il savait qu'il devait se concentrer sur l'essentiel : Neal avait besoin de soins urgents et ils ne pouvaient pas attendre ici un hypothétique sauvetage.

Il se décida finalement à sortir à la recherche d'un réseau. Son cœur se déchira lorsqu'il entendit le gémissement de son ami alors qu'il le forçait à lâcher sa main.

-Je fais le plus vite possible, promis.

Une fois dehors, il se mit à courir en direction de la colline pensant qu'en prenant de la hauteur, il aurait plus de chance d'obtenir une connexion.

Après avoir parcouru une centaine de mètres, il s'arrêta et constata que le téléphone captait faiblement un réseau. Il composa de mémoire le numéro de Jones conscient que celui-ci comprendrait rapidement ses instructions. Son collègue décrocha au bout de seulement deux sonneries. Peter grimaça en pensant au stress dans lequel toute l'équipe devait se trouver.

-Jones, c'est Peter. Karl est mort. On est à la cabane. Neal a besoin d'une ambulance.

Il avait tellement peur de perdre la connexion qu'il parlait à toute vitesse ne laissant pas le temps à son ami de faire un quelconque commentaire.

-C'est noté, Peter…on….

La conversation fut interrompue mais Peter avait transmis l'essentiel des informations. Il poussa un soupir de soulagement et fit demi-tour en direction de la cabane. Son inquiétude ne l'avait pas quitté mais il pouvait maintenant se concentrer sur Neal et attendre l'arrivée des secours. Le cauchemar allait bientôt se terminer.

Peter s'agenouilla à côté du canapé, posant doucement une main sur le front brûlant de Neal. Le jeune homme avait fermé les yeux mais le contact le ramena à la réalité.

-Les secours sont en route.

Neal ne dit rien mais ses yeux ne quittaient pas Peter. L'intensité de ce regard fit frissonner l'agent du FBI. Il ne savait pas vraiment ce que l'avenir leur réservait, ni comment ils allaient gérer l'évolution de leur relation mais, à cet instant, rien d'autre ne comptait que le fait qu'ils soient sur le point de se sortir de ce cauchemar.

Peter se pencha et déposa un léger baiser sur les lèvres de Neal. Une larme coula des yeux du jeune homme.

-Tout va bien, Neal. Tout est fini.

Neal ferma à nouveau les yeux. Il paraissait tellement faible. Après ce qu'il avait vécu, il allait avoir besoin de vacances.

-Neal, il ne faut pas que tu dormes. Tu dois rester éveillé. Les secours seront bientôt là.

Peter secoua légèrement son ami afin de le forcer à ouvrir les yeux. Il devait le garder conscient jusqu'à l'arrivée des secours. Dans son état, une perte de connaissance pourrait avoir de graves conséquences. Peter sourit en voyant apparaître l'iris bleue. Malgré la fatigue et la douleur, Neal lui répondit par un sourire. Il était trop faible pour parler mais les mots semblaient inutiles.

Peter s'employa à entretenir la conversation. Il pouvait voir le combat que livrait son ami. Il avait de plus en plus de difficulté à garder les yeux ouverts et Peter s'inquiétait de ne pas entendre les secours arriver. Des doutes s'insinuaient dans son esprit : Jones avait-il bien compris ? La communication avait-elle été assez nette ? Il essayait de se rassurer en se rappelant la réponse de son collègue.

Après de longues minutes d'attente, le bruit de pas précipités le sortit de sa torpeur. Il se rendit compte que Neal était à nouveau inconscient.

-Neal, ils sont là…

Peter fut surpris de la faiblesse de sa propre voix.

Jones entra le premier, arme à la main. L'agent examina la rapidement la pièce avant de poser son regard sur ses deux amis. Peter était assis à même le sol, tenant fermement la main de Neal. Un homme gisait, visiblement mort sur le tapis.

-Karl ?

Peter hocha la tête en guise de réponse. Il était incapable d'en dire plus pour le moment. Les ambulanciers qui étaient entrés à la suite de Jones s'affairaient déjà autour de Neal. Peter accepta l'aide de son collègue qui le soutint jusqu'à la voiture.

-Que s'est-il passé ?

-Atkinson nous a retrouvé à l'appartement et nous a conduit jusqu'à un entrepôt. Il a descendu ses deux complices et a essayé de mettre le feu à l'entrepôt. Puis il nous a amené ici.

-Qui lui a tiré dessus ?

Peter ne savait pas vraiment s'il devait tout raconter à Jones. Il avait besoin d'un peu de temps pour mettre de l'ordre dans les événements de la journée et choisir la meilleure manière de les raconter. Il ne voulait pas que Neal ait des ennuis.

Jones s'accroupit devant Peter.

-Peter, j'ai besoin de savoir ce qui s'est passé mais je ne mettrais que le strict nécessaire dans mon rapport. Ce que tu me diras restera entre nous.

Peter prit une profonde inspiration avant de poursuivre.

-Atkinson m'a attaché sur une chaise. Neal a fait diversion pour pouvoir se saisir de son arme. Ils ont lutté et le coup de feu est parti.

Peter ferma les yeux. Le souvenir de cet instant était douloureux et Jones n'insista pas.

-Tu devrais monter dans l'ambulance avec Neal et laisser le médecin t'examiner. Tu as l'air épuisé.

Les heures suivantes passèrent au ralenti. Peter dut attendre avant d'être autorisé à voir Neal. Il était maintenant assis sur une chaise inconfortable à côté du lit où dormait son ami. Les médecins voulaient le garder en observation mais ils n'étaient pas inquiets quant à ses capacités de récupération. Il allait avoir besoin de repos et de l'attention de ses amis.

Elisabeth poussa la porte de la chambre et fronça les sourcils en voyant son mari tenir fermement la main de Neal dans la sienne. Elle était consciente de l'attirance qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre mais elle ne se sentait pas prête à l'accepter. Elle était résolue à se battre mais, pour le moment, ce qui importait c'était que Neal se remette. Elle éprouvait de la tendresse pour le jeune homme depuis leur rencontre mais elle ne laisserait pas son mariage prendre l'eau.

Elle s'approcha de Peter et posa une main sur son épaule. Elle avait croisé le médecin qui avait examiné son mari à son arrivée à l'hôpital. Peter n'avait subi aucune violence mais il était épuisé.

-Chéri…

Peter leva les yeux vers sa femme et lui sourit.

-Chérie, je ne t'avais pas entendu entrer.

-Que disent les médecins ?

-Il va s'en sortir. Il a un reçu un nouveau choc à la tête mais il n'y a pas de saignement. Donc tout va rentrer dans l'ordre avec du calme et du repos.

-On va veiller sur lui.

Peter baissa la tête et réfléchit un long moment avant de poursuivre.

-Je vais veiller sur lui.

-Que veux-tu dire ?

-El, je sais ce que tu penses mais j'aime Neal. Il m'a fallu du temps pour m'en rendre compte mais ces derniers jours, j'ai bien failli le perdre…Deux fois…

-Peter…

-Laisse-moi finir, s'il te plaît.

Elisabeth se mordit les lèvres pour garder le contrôle de ses émotions.

-Je t'aime et rien ne changera ça. Mais Neal a besoin de moi et je ne suis pas certain que ta présence l'aide.

-J'ai fait une erreur en allant lui parler. Je l'ai fait sous le coup de la colère mais…

-Je comprends et je ne te fais aucun reproche mais, après ce qu'il a subi, il n'a pas besoin qu'on le fasse culpabiliser.

Elisabeth savait reconnaître quand elle avait perdu une bataille. Il serait sans doute mal venu de faire remarquer à Peter qu'ils étaient toujours mariés et que son attitude pourrait avoir des conséquences. Mais elle refusa de laisser sa colère prendre le dessus. Elle devait essayer de comprendre son mari pas de le combattre.

-Je comprends. Je vais aller passer quelques jours chez ma sœur.

Elle avait essayé de retenir ses larmes mais ce combat aussi semblait perdu. Peter se leva et la prit dans ses bras.

-Je t'aime, Elisabeth.

-Moi aussi, je t'aime.

Elle le repoussa doucement et quitta la pièce sans ajouter un mot. Peter savait qu'il avait pris la bonne décision, pour lui, pour Neal mais aussi pour Elisabeth. Il devait être honnête avec elle. Après dix ans de mariage, il ne pouvait pas lui mentir sur ses sentiments. Il avait lui-même besoin de temps.

-Pe…ter…

Neal avait les yeux fermés, sa main gauche cherchait celle de Peter. L'agent du FBI reprit sa place sur la chaise et serra délicatement la main tendue de son ami.

-Je suis là, Neal. Tu es à l'hôpital. Tout va bien.

-Karl… ?

-Il ne pourra plus te faire de mal.

Peter espérait que cette réponse satisferait son ami. Dans l'état où était le jeune homme, il était probable qu'il en reste là pour le moment mais Peter savait bien que les questions viendraient et que Neal aurait sans doute besoin de son soutien pour surmonter cette épreuve.

-Bien…Toi ?

Les yeux de Neal étaient maintenant fixés sur lui. Peter avait du mal à comprendre le sens de sa question mais il comprit en voyant l'inquiétude dans son regard.

-Je vais bien, Neal.

-Sûr… ?

-Je peux appeler le médecin si tu as besoin d'une confirmation.

Neal répondit par un sourire et accentua la pression de sa main. Il passa le reste de la journée à dormir sous la surveillance de Peter.

Après deux jours de surveillance médicale, Neal fut autorisé à rentrer chez lui à condition que quelqu'un reste avec lui. Lors du trajet de retour vers l'appartement, Peter se rendit compte du chemin qu'il restait encore à parcourir avant que Neal retrouve une forme suffisante pour reprendre le travail. Mais la menace qui pesait sur eux s'était éloignée et ce cauchemar était fini.