J'ai écrit ce chapitre et le suivant il y a quelques jours et j'ai hésité avant de le publier. Je n'étais pas certain de la tournure que je faisais prendre aux événements à la fin du chapitre... Mais un commentaire de Sophie m'a ôté ce doute... Merci ;-)

Concernant la partie "musicale" de ton commentaire...même si ces artistes ne sont pas vraiment dans mon univers musical, je suis toujours avide de beaux textes qui peuvent provoquer des émotions comme seuls les mots peuvent le faire.

À bientôt...


Chapitre 19.

Peter essaya de rassembler ses esprits et de mettre au point un plan d'action. Il appela les services de police chargés des recherches concernant Faran mais il ne parvint pas à joindre le responsable de l'enquête qui, apparemment, était sur le terrain... Peter se retint pour ne pas hurler dans son téléphone.
Il contacta ensuite Jones pour l'informer de la situation et lui donna rendez-vous chez lui. Il devait faire vite car la sensation que le temps était compté ne le quittait pas. Neal était en danger, il en était certain. Tout comme il était persuadé que son ami était allé se jeter lui-même dans la gueule du loup.

Les mots qu'il avait prononcé la veille tournaient en boucle dans sa tête. Neal avait dit qu'il devait le faire sinon il allait être tué... Dans la confusion, Peter n'avait pas pu comprendre de qui il parlait mais il ne pouvait s'agir que de Faran. Comment Neal en était-il arrivé à la conclusion que Peter était menacé? Et comment comptait-il éliminer cette menace?
Élisabeth était toujours avec lui quand Jones arriva. Il s'installèrent dans la cuisine où la jeune femme leur servit un café alors qu'ils discutaient de la suite à donner à leurs recherches.

-On aurait dû lui remettre le bracelet électronique... Pour son propre bien. Il attire les ennuis quand il ne court pas au devant du danger... C'est un véritable aimant à problèmes...
Peter pouvait sentir l'inquiétude dans la voix de Jones. Son collègue n'avait jamais caché sa méfiance envers Neal mais une certaine affection était née entre les deux hommes au fil des années et des enquêtes. Il leur avait fallu du temps pour s'apprivoiser mais Neal et lui avaient fini par trouver un équilibre... Entre franche camaraderie et une surveillance attentive.

-Ça nous aurait aidé à le localiser. Je ne peux pas m'empêcher de penser que sa fuite a pour but de retrouver Faran...
Peter lui raconta alors les événements de la nuit précédente et il vit l'étonnement se dessiner sur le visage de Jones.
-Tu envisages qu'il pourrait se livrer à cet homme parce qu'il pense que tu es en danger?
-Il était très confus mais c'est ce que j'ai compris.
-Il va être difficile de le retrouver

Peter était bien conscient que, sans une meilleure piste, ils auraient beaucoup de difficultés à retrouver Neal. Le téléphone de Peter vibra dans sa poche.
-Agent 'Burke...?
-Oui...
-Ici l'officier Palen, je suis chargé des recherches concernant Faran. Nous avons retrouvé sa trace non loin de l'appartement où réside Neal Caffrey.
Le sang de Peter se glaça en imaginant ce que cet homme avait à lui dire.

-Nous avons perdu sa trace en début d'après midi alors qu'il semblait se diriger vers le nord. J'ai pense que vous deviez être mis au courant.
-Merci.
Peter raccrocha sans ajouter de commentaires. Vers le nord... L'entrepôt... C'était mince mais il devait vérifier... S'il y avait une chance que Neal soit là-bas, il devait s'y rendre au plus vite. Jones lui emboîta le pas sans chercher à poser plus de question. Il ne fut pas vraiment étonné quand Peter gara son véhicule devant l'entrepôt où Neal et lui avait été séquestrés quelques jours plus tôt.

-Tu penses qu'il est revenu ici?
-Les officiers charges de la traque de Faran ont perdu sa trace mais il venait vers cet endroit et je pense que Neal aurait pu avoir l'idée de venir ici...
-On entre...?
Avant même qu'il ait fini sa phrase, Peter avait déjà ouvert la portière et l'attendait sur le trottoir. Il ne se préoccupa de savoir si Jones le suivait alors qu'il traversait la rue et s'avançait vers l'entrée de l'entrepôt. En s'approcha le il sentit les battements de son cor s'accélérer. Il avait peur de ce qu'il pourrait découvrir à l'intérieur mais lorsqu'il poussa la porte, le hall était vide...

Ils inspectèrent les lieux sans trouver la moindre trace d'une présence. Ce n'est qu'en sortant que Peter remarqua une tâche non loin de l'entrée...une tâche noirâtre sur le sol. En approchant, il comprit qu'il s'agissait de sang... La tâche était fraîche...pas plus d'une heure ou deux. Peter retourna au pas de course vers sa voiture. Que pouvait-il faire maintenant? Où chercher? Jones le rejoignit quelques secondes plus tard et Peter démarra.

Ils retournèrent au bureau afin de faire le point sur ce qu'ils savaient et essayer de trouver une piste. Mais ils se rendirent vite compte qu'ils ne savaient pas grand chose et Peter tournait en rond dans son bureau. Il finit par se rasseoir et poser sa tête sur le bureau. Il ferma les yeux un instant. La fatigue menaçait de le submerger et même s'il essayait de lutter, il sentit bien que ses paupières étaient lourdes. Il dériva un long moment entre rêve et réalité... Il ne savait plus très bien où il était mais il lui semblait qu'il courait dans un couloir sans fin à la recherche de Neal.

Il entendait Neal l'appeler mais il ne pouvait pas le voir. Lorsqu'il arriva au bout du couloir, il déboucha sur un toit...il était là...recroquevillé sur le sol...du sang s'écoulait de son front...il essaya d'avancer mais il fut stoppé par un coup de feu... Il se réveilla en sursaut et regarda, paniqué, autour de lui. Il était toujours dans son bureau. Il se leva, descendit les escaliers en courant.

Jones essaya de l'arrêter mais il repoussa violemment son bras.
-Peter, qu'est-ce qui se passe?
Il ne prit pas le temps de répondre, il devait retrouver Neal avant qu'il ne se fasse tuer. Il devait l'aider. Il monta les escaliers en apnée. Il avait évite l'ascenseur...trop lent... Il s'arrêta devant la porte menant au toit essayant de se persuader que ce n'était qu'un rêve.

Il dégaina son arme et ouvrit lentement la porte. Jones arriva et, sans poser de questions, il prit son arme et se plaça derrière Peter. Le gravillon crissait sous leurs pieds... La lumière aveugla Peter et il lui fallut quelques secondes pour que ses yeux s'adaptent à la clarté.
Il était là... Comme dans son rêve... Sur le sol... Roulé en boule.
Il ne pouvait plus réfléchir et il se précipita vers Neal, s'accroupit près de son ami.

Neal avait les yeux ouverts mais son regard était si fixe, si vide que Peter sentit son cœur s'arrêter... Il tendit une main pour tester son pouls mais à peine l'eut-il touché que Neal se recula vivement.
-Neal c'est moi... C'est Peter...
La réaction de Neal fut violente et inattendue. Il se précipita vers lui, attrapa le col de sa veste à deux mains.
-Va-t-en de là... Il ne faut pas qu'il te voit...
-Qui ça...,Neal...
-Je crois qu'il parle de moi...

Peter se retourna et leva les yeux vers l'homme debout derrière lui.
-Ed Faran, je suppose.
-Exact...
Du coin de l'œil, Peter pouvait voir Jones prendre position afin d'avoir un meilleur angle de tir. Neal tenait toujours sa manche et Peter le regarda alors qu'il essayait de se lever.
-Reste tranquille, Neal...
Neal ne semblait pas l'entendre, il continua à s'accrocher à lui. Il finit par se lever et il chancela pour se placer entre Peter et l'arme de Faran.

-Je ne...te laisserai pas...lui faire du mal...
-Neal, s'il te plait...
Le jeune homme s'avançait toujours vers Faran. Peter remarqua que son ami boitait et que son bras droit pendait, inerte le long de son corps.
-Je sais...ce que tu veux faire...je...laisserai pas...
-Tu sais bien que tu dois payer pour ce que tu as fait à Karl...

Neal chancelait de plus en plus et il finit par trébucher et s'effondrer sur le sol. Peter vit Faran lever son arme et il entendit la détonation...mais la douleur qui lui serra le cœur n'était pas liée au coup de feu mais au cri que poussa Neal au même moment.
Faran tomba, un filet de sang s'écoulait de s à poitrine. Jones tenait toujours son arme levée. Peter se précipita vers Neal qui hurlait toujours, allongé sur le sol.

-Neal, tout va bien... Je vais bien...
Le jeune homme était beaucoup trop agité pour pouvoir l'entendre, ses cris déchiraient le silence.
-Jones, appelle une ambulance.
Il posa une main sur son épaule essayant de le calmer. Ce n'est que lorsque les ambulanciers lui administrèrent un calmant que le jeune homme cessa de se débattre.

Peter les suivit du regard alors qu'ils le déposaient délicatement sur un brancard. Faran était mort, Neal était hors de danger...alors, pourquoi avait-il l'impression que le pire restait à venir. Il se rendit compte qu'il était encore debout sur ce toit alors que l'ambulance était déjà loin. La pluie commençait à tomber et Jones lui prit le bras pour le guider à l'intérieur. Il le conduisit jusqu'à l'hôpital et resta avec lui à attendre dans un couloir vide, sur des chaises inconfortables pendant que les médecins examinaient Neal.

Élisabeth vint les rejoindre quelques minutes plus tard. Elle s'assit en silence à côté de son mari et lui prit la main. Aucune question ne fut posée et Peter lui en fut reconnaissant. Ils attendirent qu'on vienne leur donner des nouvelles de leur ami. Peter était encore sous le choc... Non pas à la suite de l'intervention de Faran dans leur mais à cause de ce qu'il avait vu dans le regard de Neal... Une peur à l'état peur...au moment où le couloir de eu avait retentit...

Jones vint les rejoindre quelques minutes plus tard. Il s'accroupit devant Peter et celui-ci comprit que la nouvelle que son collègue venait lui annoncer n'était pas bonne.
-Peter, les médecins ont dû lui donner un puissant calmant. Ils pensent que le traumatisme à été trop grand, quelque chose s'est brisé en lui.
Peter ferma les yeux et inspira pour essayer de dissiper son malaise.
-Il faut que je le voie...
-Peter, il est endormi... Il vaut mieux laisser les médecins s'occuper de lui...

Peter se leva et se dirigea vers le fond du couloir. Il ne savait pas où ils avaient emmener Neal mais il devait le retrouver.
-Peter, il est dans la dernière chambre.
Jones l'avait rejoint. Peter hocha la tête, le remercia et poussa la porte que son collègue lui montrait. Quand il entra, il trouva Neal endormi. Tout semblait normal mais quand il s'approcha il pût voir les tremblements qui agitaient chacun de ses muscles malgré les médicaments. Peter posa une main sur la sienne mais rien ne semblait pouvoir calmer cette agitation.

Il dut attendre deux jours avant que les médecins ne se décident à diminuer le dosage des médicaments. Personne ne savait vraiment à quoi s'attendre à son réveil. Neal avait reçu des coups violents. Son épaule droite était en écharpe suite à une grave luxation et un large hématome empêchait les mouvements de son genou. Avec du temps, ces blessures guériraient. Les médecins étaient plus inquiets concernant les séquelles psychologiques du traumatisme subi. Quand il était arrivé à l'hôpital, le jeune homme était tellement agité que les médecins avaient dû le sangler au lit.

Après quelques heures, Neal commença à se réveiller. Ses lèvres bougeaient dans un murmure incessant. Peter ne pouvait comprendre ce qu'il disait mais l'agitation grandissante de son ami l'inquiétait. Les médecins ne pouvaient le maintenir sous calmants plus longtemps.
-Neal, tout va bien. Tu es à l'hôpital...
-Non...Peter...
Les yeux grands ouverts, Neal le fixait sans le voir.
-Je suis là, Neal...
Peter s'approcha, essayant de maintenir son ami allongé sur le lit. Il hésita à appeler un médecin. Il voulait essayer de calmer son ami avant leur arrivée. Il avait le sentiment que les médecins, ne comprenant pas la nature de cette détresse, se contenteraient de l'assommer de médicaments.

-Neal, il faut que m'écouter. Faran est mort... Il ne peut plus te faire de mal...
Le jeune homme regardait autour de lui sans réellement voir qu'il n'était pas seul. Peter désespérait de pouvoir le ramener à la réalité. Après de longues minutes d'attente, Neal sembla se détendre mais il était toujours perdu dans sa propre réalité jusqu'à ce qu'un médecin entre dans la chambre.
-Monsieur Caffrey, comment vous sentez-vous?

Peter fut surpris de voir son ami regarder le médecin et encore plus étonné quand il l'entendit répondre.
-Où suis-je?
-Vous êtes à l'hôpital. De quoi vous souvenez-vous?
Le jeune homme avala difficilement sa salive.
-Un coup de feu... Peter...
La panique menaçait de l'envahir de nouveau alors Peter vint s'asseoir sur le bord du lit. Il se demandait pourquoi Neal faisait semblant de ne pas le voir, de ne pas se rendre compte de sa présence.

-Votre ami va bien...
Neal ferma les yeux tout en secouant vivement la tête.
-Neal je suis là...
Le médecin s'avança, se plaça à côté de Peter posant une main sur l'épaule de l'agent du FBI.
-Neal, Peter est bien là...
Le jeune homme refusait obstinément d'ouvrir les yeux et le médecin comprit que son patient avait encore du mal à faire la différence entre le réalité et ce qu'il imaginait. Les médicaments ne l'aidaient certainement pas à y voir clair.

-Neal, ouvrez les yeux...
-Non... Il est parti... Je l'ai vu...
-Peter va bien. L'homme qui vous a agressé à été tué.
Après une longue attente, Neal finit par ouvrir les yeux, fixant son regard sur Peter pour la première fois depuis des jours.
-Peter...?
Le jeune homme tendit la main pour le toucher, s'assurer qu'il était bien là mais il arrêta son geste à mi-chemin. Peter lui prit la main et la posa sur sa joue.

-Je vais bien, Neal.
-Je l'ai vu te tirer dessus... J'ai vu la balle d'atteindre...
-Ce n'était qu'un mauvais rêve. Jones a tué Faran avant qu'il ne tire.
Neal ferma les yeux et le médecin posa une main sur le bras de Peter et lui fit signe de le suivre à l'extérieur. Neal semblait à nouveau endormi et Peter se leva pour le suivre.

-L'état de confusion de votre ami est inquiétant.
-Après les événements qu'il vient de vivre auraient ébranlés n'importe qui.
-Vous avez raison mais il semble avoir beaucoup de difficulté à discerner ce qui est réel et ce qui relève de ses rêves où plutôt de ses cauchemars.
-Est-ce que vous pensez que cet état pourrait durer?
-Quand il est arrivé dans notre service, il était particulièrement agité et incohérent... Malgré nos propos rassurants vous concernant, il restait persuadé que cet homme vous avez tué.

Peter avait fait lui même ce constat. Il avait fallu à son ami de longues minutes avant de réaliser qu'il était bien là, à ses côtés. Mais le médecin semblait avoir d'autres preuves pour étayer son diagnostique.
-Avant que les calmants fassent effets, il s'est un peu calmé et il s'est mis à parler d'une voix très douce... Il murmurait... Quand je me suis approché, je me suis rendu compte qu'il chantait une chanson enfantine...une de ces chansons qu'on chante aux enfants pour les rassurer et les aider à dormir.
-Il était très confus... Ce n'est pas si étonnant...
-En effet, mais c'est ce qu'il a dit ensuite qui m'a étonné. Il a dit qu'il ne fallait pas dire qu'il était caché ici, qu'il ne fallait pas que Paddy le trouve...

Peter n'avait aucune idée de qui pouvait bien être ce Paddy et pourquoi Neal voudrait se cacher de cette personne. Mais il ne voyait pas bien pourquoi ces simples mots avaient affolés le médecin à ce point.
-Agent Burke, j'ai consulté le dossier de votre ami et je suis conscient des sévices qu'il a subi. Il est normal qu'il soit confus. Mais je pense que, ce qui vient de lui arriver, a réveillé un traumatisme bien plus ancien et qu'il n'est plus vraiment certain de savoir à quelle période de sa vie il se trouve.
-Que voulez-vous dire?
-Je veux dire que j'ai eu face à moi un petit garçon apeuré et traumatisé. Je pense que suite au traumatisme, tout s'est mélangé et mêlé dans son esprit... Et je ne suis pas certain qu'on puisse le sortir de cette confusion avant longtemps...