Bêta ou Bêta?
Chapitre 3
Sherlock Holmes attrapa John et l'embrassa à pleine bouche. Ils tombèrent à la renverse sur le canapé et rapidement, le détective s'enroula autour de son oméga comme une pieuvre, dans un élan possessif.
— Sherlock! parvint à prononcer John entre deux baisers profonds.
— Tu es à moi, n'est-ce pas? Et Sherlock lui mordit la nuque une nouvelle fois, réaffirmant leur lien. Cet acte se renouvelait régulièrement chez eux et traduisait le caractère possessif et très jaloux de Sherlock.
John avait, encore une fois, été approché de trop près par un jeune alpha pas encore lié. Malgré son odeur mêlée à celle de son alpha Sherlock, John restait séduisant, surtout lorsqu'il allait lui-même entrer en chaleur. Un oméga lié contrôlait rarement ses périodes d'indisposition et John rentrait dans cette catégorie. Pour le plus grand plaisir et malheur de Sherlock qui était constamment sur ses gardes.
— Tu sens bon, fit Sherlock tout en léchant le cou, la mâchoire, les lèvres, les joues, et le reste du corps dénudé de John.
Il le souleva et le porta jusqu'à leur chambre. Le reposant délicatement dans leur lit, Sherlock finit de déshabiller son oméga entièrement à sa merci. La nature et leurs instincts avaient repris le dessus. En conséquence, John se soumettait complètement au désir de son alpha. Il écarta légèrement les jambes et s'offrit à Sherlock qui l'attrapa une énième fois. Les baisers se firent erratiques, les langues se mêlèrent et John caressa en douceur le membre gonflé de son alpha.
— Tu es prêts pour moi. Seulement pour moi, moi, et moi seul, répéta encore et encore Sherlock, yeux mi-clos.
— Oui, à toi, rien qu'à toi mon alpha. John lui lécha le cou.
— Je t'aime tellement, murmura Sherlock entre deux caresses.
— Alors prends moi. Je suis à toi.
Et John se plaqua contre sa moitié. Tout fut oublié. John sombra dans la bouche et des caresses de Sherlock.
*xXx*
Mycroft Holmes jouait avec le verre d'eau posé devant lui. La réunion s'éternisait et rien ne l'exaspérait plus que d'écouter des politiciens italiens et allemands se tirer des balles à coups d'insultes et de menaces irréalistes. Malheureusement pour lui, être conseiller et gouverner en partie le Royaume-Uni impliquait également faire du baby-sitting pour les ministres. C'était ainsi qu'il écoutait, d'une oreille distraite et baillant sans cesse, les ministres allemands et italiens se battre entre eux.
— Excusez-moi, fit une voix féminine alpha.
Enfin! Anthea venait à sa rescousse et comme d'habitude, son entrée faisait un bel effet. En effet, la jeune femme, une alpha tout comme Mycroft, dégageait une féminité outrageuse et n'hésitait pas à en faire profiter ses spectateurs. Elle était aujourd'hui vêtue d'une robe moulante rouge carmin, avait laissé tomber ses cheveux et était jonchée sur des talons de vingt centimètres au moins. Contrairement à Mycroft, elle paradait de manière ouverte et jamais ne rechignait à avouer sa dynamique: alpha. Elle connaissait aussi le secret de Mycroft et parfois, l'aidait à se cacher notamment lorsque ses phéromones se faisaient trop présents. Dans ces cas, elle prétendait avoir un oméga bientôt en chaleur chez elle. On la pardonnait, puisque la plupart des politiciens étaient soit bêtas soit alphas. Mycroft l'en remerciait chaque jour.
— Que puis-je faire pour vous? demanda Mycroft se relevant sur son siège.
— Un appel urgent en provenance de sa Majesté. J'ai été contrainte de vous déranger.
— C'est effectivement une urgence à ne pas ignorer. Merci bien. Messieurs, si je puis m'absenter, mais la Reine n'attend pas.
Quelques murmures et regards abasourdis apparurent à la dernière remarque et on le pressa de ne pas ignorer la Reine. Puisque, même dans les autres contrées, c'était un réel honneur que de devoir converser avec la Reine. Crise diplomatique ou pas, la Reine d'Angleterre passait toujours avant.
Mycroft se leva et quitta rapidement avec ses affaires la salle de réunion de forme circulaire. Il suivit Anthea qui l'invita dans une voiture noire, celle qu'ils utilisaient en Belgique un terrain politiquement neutre.
— Je suis désolée de vous déranger, mais il semble que quelque chose ne va pas chez vous. Je me suis permise de vous en informer avant de prendre une quelconque décision, énonça la jeune femme dans un ton professionnel. Elle lui tendit une tablette portable et une vidéo fut jouée.
Mycroft vit avec étonnement des extraits vidéos de sa porte d'entrée des trois derniers jours. Il vit Gregory y rentrer avec des courses, normal. Mais l'homme n'en n'était plus ressorti ensuite.
— Aucunes excuses crédibles n'ont été données à son bureau. Ce qui est étrange est que ni Sherlock Holmes ni sa moitié liée John Watson ne semblent préoccupés par son absence malgré quelques affaires importantes en cours à Scotland Yard.
— Qui s'occupe de contenir Sherlock?
— Dimmock. C'est un jeune Detective Inspector récemment promu. Un alpha. Il s'entend bien avec Gregory Lestrade. Ce dernier ne le laisse pas indifférent si j'en puis croire les vidéos de la fameuse soirée, continua Anthea.
— Soirée?
— Oui, celle où DI Lestrade devait séduire le plus d'alphas possible. Il a eu beaucoup de succès et Dimmock avait essayé de se l'approprier. Sans résultat puisque d'après mes sources, il est rentré chez lui, seul.
Mycroft se retint de dire une bêtise et pressa ses lèvres. Il agrippa un pan de son pantalon formant un poing. Jaloux, il était jaloux. Personne ne devait avoir des vues sur Gregory. Il lança un regard noir à Anthea qui s'en excusa rapidement en détournant le sien. Entre eux deux, Mycroft était clairement le plus dominant: patron et alpha mâle, c'était dans sa nature.
— En bref, DI Lestrade n'est pas sorti de chez vous depuis presque trois jours.
— Il doit être malade ou a dû avoir attraper quelque chose, répondit l'aîné Holmes. Il était soudainement inquiet, ce qui le prit de court.
Anthea sembla saisir son désarroi.
— J'ai déjà réservé les billets pour votre retour à Londres imminent. Vous trouverez vos bagages préparés et les dossiers importants résumés, lui dit-elle.
Décidément, son assistante avait toujours une longueur d'avance. Mycroft lui sourit avant d'envoyer un message aux ministres anglais qu'il remplaçait. En effet, il lui restait bien des jours à prendre. Autant en profiter maintenant, surtout que Gregory devait avoir besoin de lui.
*xXx*
Greg n'en pouvait plus. Il entra dans la salle de bain une nouvelle fois et prit sa troisième douche depuis le début de la journée. Sa vague de chaleur allait arriver à n'importe quel moment. Il avait chaud, trop trop trop chaud et il se grattait partout.
Il entra rapidement dans la douche et se frotta vigoureusement. Il en ressortit ensuite et se frotta vigoureusement à nouveau avec une serviette. Sa peau était toute rouge mais il n'en avait que faire. Il avait trop chaud.
Comme il aurait voulu ouvrir les fenêtres! Mais impossible, sinon il attirerait tous les alphas du coin. Il désirait être tranquille, bon sang!
Il se jeta dans son lit, entièrement nu et tenta de calmer sa respiration. Les draps ne l'aidaient en rien et il se gratta le dos avant de retomber une nouvelle fois dans le lit. Le matelas était confortable et il devait garder des forces pour se défendre au cas où un alpha trop entreprenant se risquerait à entrer chez lui. Il resta quelques temps ainsi, régulant sa respiration, sans résultat. Il avait chaud, ça grattait, il se sentait mal, perdait sa raison, et il avait du mal à respirer. C'était comme si un volcan en lui allait exploser d'un moment à l'autre.
Finalement, Greg se releva et alla chercher de l'eau qu'il but goulûment. Il ne dormait plus, avait toujours soif et surtout, il n'avait pas ressentit la faim une seule fois depuis quelques jours. Tout ces signes indiquaient son état approchant. Il allait réellement entrer en chaleur. C'était presque surréel! Et merde!
Il alla dans le salon, toujours nu, et s'assit dans le canapé beige. Il savait que ses hormones et son parfum oméga bientôt en chaleur prenait possession de l'appartement de l'aîné Holmes. Heureusement qu'il était seul pendant longtemps puisqu'il lui faudrait faire un sacré ménage après son indisposition. Allumant la télévision, il sortit un des jouets que John lui avait conseillé. C'était un énorme pénis gonflant avec un noeud qui pouvait se former à la base. Le modèle ne laissait rien à l'imagination. Greg comprit que cet objet pourrait bien lui sauver la mise les prochains jours. Cela risque d'être long!
*xXx*
Dans l'avion, en premier classe, Anthea à ses côtés, Mycroft réfléchissait sur la relation qu'il entretenait avec Gregory. Certes, ils étaient bon amis, mais quelque chose le tracassait. Gregory était un bêta, n'est-ce pas? Mais alors, pourquoi avait-il tant de réactions inattendues? Un alpha aussi contrôlé et sous traitement hormonal ne devait pas réagir de cette manière devant un bêta aussi banal que Gregory. Quoique ce dernier avait tout pour plaire. Grand, musclé, teint hâlé, sourire ravageur, yeux chocolats d'une intensité et douceur sans pareil, l'homme était plus qu'appétissant. Et puis, ses cheveux... Quelle chevelure!
Mycroft sentit une érection faire son apparition et se figea. Il devait absolument faire quelque chose. Les couples alphas-bêtas existaient, mais étaient rares. De plus, Gregory ne sortait presque toujours qu'avec des bêtas. Mycroft était un bêta, mais seulement en apparence. A long terme, si leur relation devenait stable, ce qu'il désirait vivement, sa dynamique finirait par être découverte et il se doutait bien que Gregory n'aimerait pas du tout cela. L'homme était bien trop honnête et dominant pour vouloir sortir avec un soi-disant bêta. Et comme alpha, lorsqu'il laissait sa nature prendre réellement le dessus, Mycroft était très très très dominant. Plus que son frère d'ailleurs.
Il soupira et ferma les yeux. Sans succès puisque l'image d'un Gregory nu et débauché s'offrit instantanément à lui.
Et si ce n'étaient que mes phéromones qui parlaient? Combien de temps depuis ma dernière relation? Trop longtemps. Ce n'est qu'une réaction physique. Tu es en manque, mon cher.
Mais si c'était autre chose? Car Mycroft appréciait réellement l'inspecteur et son comportement récent l'inquiétait assez pour le pousser à rentrer immédiatement. Cela ne lui était jamais arrivé. Même avec des amants omégas de passage. Mycroft passa une main dans ses cheveux et regarda à travers le hublot.
Tu es amoureux.
Il le savait. Il le savait bien au fond de lui. Mais il s'était toujours refusé à se l'avouer. Depuis combien de temps avait-il des sentiments pour Gregory? Un mois, deux mois, plus?
Bien plus longtemps que cela. Avant même d'avoir emménagé ensemble. C'est pour cela que je l'ai invité à vivre chez moi. Je m'inquiétais trop pour lui.
Je l'aime.
*xXx*
Greg était allongé dans son lit, le souffle saccadé, yeux fermés. Il sentait son corps devenir brûlant. Le lit était visiblement la meilleure solution. Il n'avait même plus la force et l'esprit assez clair pour rester assis.
Ses draps étaient en passe d'être fichus. Il pouvait sentir son orifice anal s'ouvrir et du liquide limpide commençait à couler. Bientôt, une mare se formerait et il serait bien trop occupé à s'enfoncer des trucs dans l'anus que de songer à ses draps.
Il commençait à perdre toute raison. Il avait un besoin, un chatouillement au bas-ventre qui ne laissait rien présager de bon. Il était fertile et le savait bien. Cette réaction était attendue. Sauf qu'il n'avait jamais été aussi fiévreux et désireux de s'empaler sur tout ce qui ressemblait à un pénis.
Sa première et dernière vague de chaleur n'avait pas été aussi dévastatrice pour son mental. Mais il était désormais un oméga mûr, au coeur de l'âge d'or des alphas qui s'étalait entre la trentaine et la cinquantaine. Durant cette tranche d'âge, les omégas qui n'étaient pas encore liés — ce qui était le cas de Greg —, devenaient plus que désirables et fertiles. L'horloge biologique et mère nature faisaient bien leur travail: chaque oméga devait être lié et enfanter au court de sa vie. Si l'oméga restait célibataire, mère nature s'occuperait du problème en rendant les omégas déviants encore plus désirables et délicieux que leurs jeunes et beaux compatriotes. C'était malheureusement le cas de Greg.
Il se gratta le ventre, et descendit vers son pénis qu'il caressa négligemment. La sensation fut incroyable. Un papillonnement progressif se développa, grandit, grandit toujours et encore jusqu'à rendre Greg fou de désir. Il voulait plus, toujours plus. Sa respiration se fit plus saccagée. Il gémit de désir et aussi de douleur devant l'intensité des sensations. Alors il accéléra la cadence. Il avait besoin de se soulager en éjaculant au plus vite. Il se masturba encore et encore, avant de refermer les yeux.
De manière inattendue, son imagination lui offrit Mycroft Holme nu, allongé sur lui et le dévorant de baisers et morsures, prêt à le prendre pour lui.
Gregory rouvrit les yeux violemment, chassant la fantaisie, et il éjacula.
Mais il n'était toujours pas satisfait. Il manquait quelque chose. Il savait parfaitement ce qu'il voulait.
*xXx*
Mycroft Holmes descendit de l'avion, toujours suivit d'Anthea les yeux rivés sur son téléphone. Ils passèrent rapidement la douane sans s'arrêter, un luxe qu'ils s'autorisaient toujours, étant diplomates.
Bagages à la main, les deux alphas montèrent dans un luxueux véhicule noir aux vitres teintées.
Mycroft, pour la première fois, se sentit tendu. Enfin conscient de ses sentiments pour Gregory, il n'avait aucune idée de ce qu'il pourrait faire devant le bel homme.
Et puis tant pis, je verrais sur place!
Il se blottit contre la vitre et imagina le merveilleux inspecteur nu, complètement ouvert à lui.
La route fut tortueuse à souhait mais ils parvinrent finalement au portique. Anthea le salua d'un sourire. Mycroft remercia sa discrétion avant de se diriger vers la porte principale de l'immeuble. Il y entra, après avoir tapé le code et badgé. L'ascenseur était situé en face du portique.
Mycroft appuya sur le bouton de l'étage désiré et attendit.
Jusqu'à ce qu'une odeur inconnue des bêtas mais très reconnaissable des alphas titilla ses narines. Il renifla. C'était un parfum, et non pas n'importe lequel. C'était le parfum d'un oméga bientôt voire même déjà en chaleur.
Mycroft défit le col de sa chemise avant d'humer davantage. Il se sentait devenir fébrile, malgré ses traitements contre ses accès d'humeur. Pour son plus grand malheur, le laboratoire pharmaceutique qui distribuait cela n'avait pas prévu le coup de l'alpha déguisé en bêta à proximité d'un oméga en chaleur. Son traitement ne servait rien.
Mycroft s'essuya le front et déboutonna sa veste, son manteau et tout ce qu'il pouvait espérer déboutonner sans choquer. Il avait chaud, ses phéromones alphas bouillonnaient, le provoquant. Il entrait lui-même en chaleur, induit par les hormones omégas dégagées. Il se sentit gonfler et se palpa. Se soulageant de cette manière, il continua à se masturber jusqu'à diminuer considérablement la tension sexuelle omniprésente. Il se couvrit le nez, dans l'espoir de limiter les inhalations de senteurs trop gourmandes.
Tu dois garder le contrôle! L'oméga doit déjà être possédé par un alpha. Inutile de chercher des ennuis, surtout que tu es connu des voisins comme un bêta!
Mais le parfum enivrant ne diminuait pas, loin de là. Etage 2, 3, 4... mais bon sang, où vit-il?
Mycroft parvenait désormais à distinguer les différentes senteurs composant l'élixir. Du caramel, de l'oméga, des hormones à foison, l'oméga est d'âge mûre, quel bonheur, du caramel... Et puis... Non, c'est impossible!
Après une éternité, l'ascenseur stoppa et s'ouvrit sur l'étage entièrement possédé par Mycroft.
L'odeur se faisait plus qu'enivrante.
Il a osé! Il a osé ramener un oméga!
Et tout fut clair pour le politicien. Les courses, l'absence injustifiée mais acceptée de Gregory depuis trois jours... Tout était désormais clair. L'homme, son ami, avait osé ramener un oméga en chaleur chez lui, chez eux!
De rage et de désir, Mycroft ouvrit la porte de l'appartement à la volée. Il grogna.
Que des chapitres aujourd'hui! Je suis fière de mon addiction à Mystrade XD
Je compte faire un petit encart dans mon profil pour expliquer davantage l'omégaverse toujours aussi incompréhensible. Il semble que je soit la seule à écrire dans cet univers en français. Dommage, j'aurais aimé pouvoir partager cela avec d'autres auteurs sherlockien!
Sinon, c'est hot, je le sais. Et toujours pas de bêta. Excusez des erreurs, je passe beaucoup moins de temps sur ces chapitres que sur ceux de ma série principale. La raison principale, à part le temps, est que j'ai envie de tout publier au plus vite (un grand défaut je le sais). J'ai vu pas mal d'erreurs dans les deux prmeiers et je compte les corriger en même temps qu'en postant le chapitre 4.
En tout cas, je vous remercie pour vos avis enflammés! Moi aussi, j'aime les lemons, et il y aura plus de Johnlock dans la suite; surtout que cette fic contient du mpreg (male pregnancy). Vous voilà prévenus! XD
Love, Aastel
