Titre : Naufrage raté

Rating : T

Pairing : Zoro x Sanji - Sanji x Zoro

Disclaimer : One piece est à Eiichiro (encore une fois...)

P'tit blabla : Coucou ! Comment ça va ? Je profite de ce p'tit commentaire de début pour vous remercier pour vos très touchantes reviews, ainsi que pour remercier mes revieweuses anonymes Michiyo-wa et Shizuka à qui je n'ai pas pu répondre personnellement !
Bon je ne vous retiens pas plus longtemps...
Bonne lecture !

Chapitre 2

Lorsque Sanji ouvrit les yeux, la lune était encore haute dans le ciel.
C'était sa lueur qui avait percé sous les paupières du blond et l'avait réveillé.
Il se tourna sur un côté, dos à la lune et essaya de se rendormir.
Mais rien à faire.
Tous les évènements de la journée lui revenaient par des images éparpillées ici et là, et il comprit que c'était fichu, qu'il n'arriverait pas à dormir plus longtemps.
Il s'assit sur le lit et regarda le visage endormi du sabreur, éclairé par l'astre blanc.
Ses traits détendus, son teint hâlé, sa respiration régulière, ses cheveux brillants, sa mâchoire carrée, sa cicatrice qui lui barrait l'oeil, tous composaient ensemble une sorte de tableau hypnotisant.
L'esprit encore embrumé par le sommeil, le cuisinier tendit la main comme pour caresser la joue couleur de miel, mais l'arrêta à mi-chemin, reprenant soudainement conscience. Il la retira vivement, comme si il s'était brûlé, et, effrayé parce qu'il avait failli faire, il se leva d'un bond.
Il fixa son nakama quelques instants de plus, comme si son oeil refusait de lâcher un si magnifique spectacle alors que son cerveau lui ordonnait de se détourner tout de suite et de plutôt regarder ces vêtements, juste là, sur la chaise.
Il finit par se détacher de l'image du sabreur endormi, presque à regret, pour se retourner vers ses habits qui l'attendaient sagement sur la chaise.
Ils étaient beaux ces vêtements, bien pliés, sur une belle chaise, ça aussi c'était un beau spectacle, bien plus beau qu'un marimo en plein sommeil... ou presque.
Le blond s'habilla avec maladresse, uniquement éclairé par le clair de lune, avant de sortir de la chambre, de traverser le palais, de passer le portail et de descendre les montagnes et les collines.
Lorsqu'il arriva enfin face à l'océan, les pieds dans le sable, le ciel commençait à s'éclaircir et la lune semblait disparaître peu à peu.
Sanji s'assit, alluma la dernière clope qui lui restait et qu'il économisait depuis trois jours, et resta un long moment à fixer le mouvement des vagues, ses pensées se bousculant dans sa tête.
Tous ses sentiments qui avaient surgi en lui durant les deux années qu'il avait passé sur l'île, et qu'il avait ensuite enfermé dans un coin de son coeur, qu'il croyait changés en poussières, voilà qu'ils jaillissaient de nouveau, plus grands, plus forts, plus insistants.
Ils lui hurlaient de les laisser sortir, d'ouvrir cette cage qui les maintenait prisonniers : sinon ils menaçaient de faire exploser son coeur, ou pire, de le sombrer dans la folie.
Ils se cognaient partout, espérant faire un trou, ou au moins une fissure, dans cette prison de métal que s'était imposé Sanji à lui-même, ils bousculaient le pauvre petit coeur du cuisinier dans tous les sens et le malmenaient encore et toujours.
Et pourtant Sanji ne devait pas céder.
Dans quelques jours, le marimo et lui seraient de retour sur le Sunny, et ils retrouveraient leurs hamacs respectifs, et tout redeviendrait comme avant, et ils seraient loin, très loin, de cette foutue île, de ces foutus okamas, de ces foutus souvenirs, et il pourrait de nouveau tout oublier et réduire en cendres ces foutus sentiments.
Ses étranges envies n'avaient pas lieu d'être.
Il ne devait pas céder.
Et puis, ce n'est pas comme si il s'était travesti de lui-même durant ces deux années précédentes : il y avait été obligé, avec tous ces imbéciles qui lui couraient après.

- C'est ça, exactement, je n'ai pas eu le choix, essaya-t-il de se convaincre à voix haute. On m'y a forcé.

Il expira la fumée qui s'éleva haut dans le ciel, vers la lune, vers la mer, vers le soleil naissant.
Il ne devait pas céder.


Zoro se réveilla en frissonnant.
Il ouvrit son oeil et se rendit compte que le blond était déjà levé.
Il s'enroula dans la couverture en grognant, et le lit lui parut soudain trop grand, trop froid, trop vide.
Il aurait largement préféré se réveiller avec un certain cuisinier à ses côtés, aussi chiant soit-il...
Il secoua la tête en se giflant mentalement.
Il devait se reprendre, et arrêtait de s'imaginer n'importe quoi.
Ce n'était pas parce qu'il avait découvert que le cuisinier s'était travesti durant deux ans ou encore parce qu'ils avaient dormi une seule nuit dans le même lit qu'il devait commencer à se faire des idées. C'était toujours cet imbécile de Sourcil-en-vrille, avec ses allures de gentleman et son oeil en forme de coeur, qui courait derrière toutes les paires de seins qu'il voyait.
Un mec hétéro de toute son âme, hétéro jusqu'à la moelle.
Un mec qui ne le verrait jamais autrement qu'en ennemi, qu'en rival.
Un mec qui se mariera avec une jolie femme et aura des enfants.
Un mec que Zoro ferait mieux d'oublier.

Impossible de se rendormir après de telles pensées.
Le sabreur soupira et se leva lentement, pas vraiment motivé à l'idée de retrouver tous ces tarés d'okamas qui, bien qu'ils soient plutôt sympas et marrants, lui tapaient des fois un peu sur le système.
Il se prépara, le coeur lourd, et descendit dans la pièce principale où il retrouva de nombreux travestis de la veille, mais aucune trace du love-cook.
Caroline vint l'accueillir et l'installa à une table entre deux autres okamas (Jane et Lucy) qui discutaient avec énervement, ne semblant pas partager le même avis sur le sujet principal de la conversation, que Zoro ne réussit pas à comprendre.
La reine remplaçante lui apporta un café et des croissants et il plongea son regard dans la tasse fumante qu'il tenait entre les mains, en pensant à tout et à rien.
Il sortit de sa torpeur en entendant Ivankov l'appeler :

- Bien dormi Zoro-kun ?
- Oui, oui, ça allait, répondit-il en haussant les épaules.

La Reine sourit et poussa une boîte en bois, luisante sous la lumière du soleil, devant lui.

- Tiens, regarde ce que j'ai trouvé !

Zoro souleva le couvercle et haussa un sourcil interrogateur.

- Une boîte à couture ?

En effet, l'objet contenait des épingles de toutes les tailles, des fils de toutes les couleurs et des boutons de tous les diamètres.
Mais Ivan secoua la tête avec un petit rire, puis tira le tiroir en dessous.
L'oeil de Zoro s'écarquilla.

- Kami-sama... murmura-t-il en découvrant les photos.


Lorsque Sanji revint de la plage, il se fit tout de suite interpeller par son «colocataire» forcé qui était, étonnamment, déjà réveillé et semblait de très bonne humeur, riant aux éclats avec Ivan.

- Qu'est-ce qui t'arrive marimo ? demanda le cuisinier en se rapprochant.
- Regarde, on a trouvé quelqu'un qui te ressemble étrangement, lui répondit-il avec un sourire moqueur.

Il lui tendit une photo que Sanji prit machinalement.
Malheureusement pour lui.
Il pâlit brusquement et son coeur qui avait réussi dans la nuit à récupérer un rythme à peu près « normal » ralentit de nouveau soudainement.

- T'as vu c'est marrant, on dirait toi, mais en fille !

Sanji leva son oeil bleu et vide vers le sabreur qui s'amusait comme un petit fou.
Puis il tourna légèrement la tête vers Ivan qui souriait encore et toujours, avec un air imperturbable.
Et pour finir de l'achever, son regard tomba sur les autres photos éparpillées sur la table.

« Booouum. … Booouuum. … Booouuum. »
Le pauvre petit coeur du pauvre petit cuistot battait maintenant carrément au ralenti.

Sanji baissa de nouveau son oeil vers la photo qu'il tenait entre les mains.
Une photo où il était dans sa robe rose, avec ses longues boucles blondes, son rouge à lèvres carmin, ses cils devenus immensément longs grâce au mascara et ses chaussures à talons. Et aussi une cigarette au coin de ses lèvres et une mèche de cheveux devant son oeil gauche, seuls signes qu'apparemment oui, c'était bien lui.
Redescendant sur Grand Line d'un seul coup, Sanji, pris d'un brusque accès de fureur, déchira la photo en petits morceaux et brûla ce qu'il en restait d'un coup de pied en feu.
Et à côté, Ivankov qui lui demandait ce qui lui prenait et Zoro qui le regardait en souriant, l'oeil brillant de moquerie.
Ah fichue lueur au fond de cet oeil vert !
Comme Sanji aurait voulu la faire disparaître !
L'éteindre, la faire cramer grâce à un de ses fameux shoot, et faire apparaître à la place la honte d'avoir perdu.
Et ce sourire... Pourquoi souriait-il comme ça ?
Qu'il était énervant ce sourire... Pourquoi le narguait-il comme ça ?
Fichu sourire...
Fichue lueur...
Fichu marimo...
Fichu Ivankov...
Et fichues photos !

- Et merde ! gueula le blond, dont le teint était devenu rouge de colère, avant de s'en aller à grands pas furieux, les dents serrées, l'oeil lançant des éclairs.

Il monta les escaliers quatre à quatre et tous les okamas entendirent très distinctement la porte de la chambre claquer violemment.
Ivankov se tourna vers Zoro et celui-ci le regarda, les lèvres toujours étirées en un demi-sourire, et il haussa les épaules, l'air de dire « je sais pas ce qu'il a ».

- C'est dommage, cette photo était jolie, ajouta-t-il.


- Bon Zoro-kun, comme il est déjà tard et qu'il faut préparer le déjeuner, tu passeras ton test cette après-midi ! Pour l'instant tu fais ce que tu veux, je te laisse quartier libre.

Zoro fronça les sourcils. Il n'aimait pas beaucoup ça, qu'on fasse son emploi du temps à sa place et que quelqu'un d'autre que lui-même décide ce qu'il fera pendant la journée.
Et puis il lui reparlait de ce test... Qu'est-ce que c'était, ce foutu test ?

- Et le test, ça consiste en quoi précisément ?

Ivankov sourit et lui fit un clin d'oeil avant de répondre :

- Tu verras !

Et il s'en alla dans les cuisines, les bras chargés de plateau du petit-déjeuner qui étaient à présent vides, avec une foule d'okamas autour de lui qui insistaient pour qu'il
ne s'embête pas à débarrasser la table, qu'ils allaient le faire.
Mais avant d'arriver à la porte, la Reine se retourna et lança à Zoro :

- Et je te prête la boîte !

Le sourire de Zoro s'agrandit.
Il regarda toutes les photos étalées sur la table, les rassembla, les remit dans le tiroir inférieur de la boîte à couture, attrapa en vitesse un croissant restant dans un plat avant que ce dernier ne disparaisse et monta dans la chambre qu'il partageait avec le blond.
Blond qui était d'ailleurs sous la douche, dans la pièce adjacente, déduit Zoro en ne voyant personne dans la chambre et en entendant le bruit de l'eau dans la salle d'à côté.
Alors, ne sachant pas quoi faire d'autre, il rouvrit le tiroir et en ressortit les photos.
Il avait quand même du mal à se faire à l'idée que cette personne, en robe, avec des chaussures à talons, maquillée, avec des allures si féminines, avec des longs cheveux, et qui courait dans le sable avec cet air imbécile mais heureux sur le visage, il n'arrivait pas à se dire que ce gugusse-là était en réalité le même que celui avec qui il se battait constamment pour la moindre broutille.
Et pire encore quand il pensait à toutes les filles qu'il était capable de draguer dans la minute ! On ne lui aurait pas montré tout ça (cette île, cette chambre, ces photos) et on lui aurait dit de but en blanc que le Sourcil-en-vrille était un travelo, il ne l'aurait jamais cru.
Mais là... Là, il y avait des preuves !


Zoro était en train d'admirer une « magnifique » photo du cuisinier se remettant du mascara au bord de la mer quand Sanji sortit de la douche, habillé et semblant avoir retrouvé son calme.
Il eut un moment de blanc lorsqu'il vit les photos que Zoro tenait et observait attentivement.
Puis il soupira.
Qu'est-ce qu'il en avait marre...

- Allez c'est bon, moque-toi de moi une bonne fois pour toute et après on en parle plus.

Il se tenait debout, raide, les poings serrés dans les poches de son pantalon.
Il ferma l'oeil, attendant la première vanne du marimo.

- Je t'ai pris un croissant en bas, comme t'as pas mangé de petit-déjeuner, j'me suis dit que tu devais avoir faim.

Les poings de Sanji se détendirent dans ses poches et il rouvrit lentement son oeil...

- C'est tout ? demanda-t-il, stupéfait, alors que le sabreur ne le regardait même pas et continuait de détailler les photos.

Zoro leva la tête et sourit légèrement.

- Et aussi, quand même, ça t'allait vachement bien le mascara et le rouge à lèvres, se moqua-t-il en tendant une photo vers le cuisinier.

Ce dernier secoua la tête en soupirant et en grognant un « connard » entre ses dents avant de lui dire :

- Tu verras, cette aprèm au test, tu rigoleras moins !
- Tu sais ce que c'est, ce fameux test ?

Sanji ouvrit la porte en prenant le croissant que le marimo avait posé sur une table.

- Oui je le sais... mais je ne te le dirai pas ! lança-t-il en rigolant avant de sortir de la chambre.

La porte se referma, Zoro haussa les épaules. Décidément, personne ne voulait lui dire ce qui l'attendait.
Bah, il verrait bien.
Pour l'instant, il passait à la photo suivante.


On l'avait amené dans la cour du palais après avoir mangé.
Il y avait toute la foule d'okamas autour d'eux.
Il y avait cet idiot de Sourcil-en-vrille qui souriait de toutes ses dents.
Il y avait Caroline en face de lui.
Et Zoro commençait à sentir que ce test allait être une parfaite connerie.

- Alors Zoro-kun... Je t'explique le principe du test ! commença Caroline, pleine d'entrain. C'est simple : tu dois battre un de nos okamas...

Bon jusque-là, tout allait bien, aucun problème : la baston, c'était son rayon.

- Mais pas n'importe comment !

Et merde...

- Jane, Lucy, s'il vous plaît !

Zoro reconnut les deux travestis à côté de qui il avait pris son petit-déjeuner.
Elles arrivaient en portant une grande robe verte dans les bras, tellement longue qu'elles devaient être deux pour la porter ou bien le bas de la robe traînait par terre.

- Tu dois combattre en portant une robe !


Ok, comme d'habitude, son instinct ne l'avait pas trompé : c'était bel et bien une parfaite connerie, et ça expliquait pourquoi l'autre crétin de cuistot était en train de se tordre de rire.

- Comme tu n'es quand même pas n'importe qui, étant donné que tu es un des amis de Sanji-kun et de Luffy-boy, nous avons décidé de te prêter une des sept robes sacrées ! Selon la légende, cette robe aurait appartenu à la déesse Artémis en personne !

Allons bon !
En plus, c'était une fringue qui avait habillé une déesse !
Ca lui faisait une belle jambe !

- Comme tu peux le voir, elle est très longue et les fils d'or sont des vrais ! ajouta Caroline en prenant la robe des mains de Jane et Lucy.

Et l'autre là-bas, qui était mort de rire... il pouvait pas arrêter non ?!

- Ensuite, tu peux aussi si tu le souhaites, te servir dans la trousse à maquillage qui est dans la salle de bain, mais ce n'est pas obligatoire pour le test débutant (1) !

Si son regard avait pu tuer, Zoro aurait commis un crime tout de suite en assassinant ce con de blond qui se foutait de sa gueule...
Mais voilà que l'autre tarée de reine remplaçante lui tendait la robe avec un grand sourire.

- Tu peux aller te préparer ! Je t'attends, tu as dix minutes !

Zoro la fixa.
Il prit la robe.
Fixa la robe.
L'assemblée retenait son souffle.
Sanji rigolait.
Caroline souriait.
Zoro leva son oeil vers Caroline.

- Nan, mais vous avez craqué là !

Des murmures s'élevèrent dans la foule.

- Regardez ce que j'en fais moi, de votre connerie de robe !

Clic.
Tchac, tchac, tchac.
Clic.

Le sabre est dégainé, la robe est découpée, l'arme est rengainé, et les trois en moins de deux secondes.
Les morceaux de la robe sont comme suspendus dans les airs durant quelques instants.
Puis ils chutent lentement vers le sol, en tournant sur eux-mêmes.
Plus aucun murmure.
Les okamas sont horrifiés.
Sanji ne rigole plus.
Caroline ne sourit plus.
Et Zoro les regarde, une lueur de défi au fond de son oeil.

- Kami-sama... La robe... La robe sacrée...

Caroline lève son visage vers le sabreur qui la fixe sans sourciller.

- Inconscient... La robe... La déesse va être furieuse... Inconscient...

Les travestis se mettent à hurler.
La foule se déchaîne, crie sur Zoro qui ne comprend rien.

- OW, C'EST BON ! finit-il par gueuler. C'était juste une foutue robe ! Et votre déesse, moi j'en ai rien à faire !

Les okamas se turent un instant.
Et la cacophonie reprit de plus belle.

- COMMENT OSES-TU INSULTER NOTRE DÉESSE !
- COMMENT AS-TU OSÉ DÉCOUPER UNE DES SEPT ROBES SACRÉS !
- IMBÉCILE !
- CRÉTIN !
- IDIOT !
- ESPÈCE DE...
- ÇA SUFFIT !

Plus aucun bruit.
Ivankov arrive, les poings sur les hanches, les sourcils froncés.

- Tu te rends compte de ce que tu as fait ?

La voix est glaciale, l'aura est effrayante, les yeux transpercent.
Mais Zoro reste calme et le regarde bien en face en lui répondant :

- Non. Je comprends pas pourquoi ils se mettent dans un état pareil, expliqua-t-il en désignant les okamas. Une robe, ce n'est qu'une robe. Des robes, il y en a plein d'autres.

Nouvelles protestations de la foule.
Pire qu'une manifestation.

- Je vois... reprit la Reine. Tu ne comprends pas hein... Une robe, ce n'est qu'une robe n'est-ce pas ?

Disant cela, elle s'était rapproché lentement et son regard lançait des éclairs.

- Et bien, on va faire quelque chose qui va te permettre de réfléchir un peu, d'accord ?

Zoro n'eut pas le temps de répondre.
Il entendit un grincement, un bruit vraiment étrange.
Et l'instant d'après, il se retrouvait avec les ongles (pour ne pas dire les griffes) de Ivankov plantés dans les côtes.
Un blanc.
Rien, juste la surprise.
Puis, d'un coup sec, la Reine retira sa main.
La douleur prit Zoro à la gorge, au ventre, aux poumons.
Il ouvrit la bouche comme pour hurler, mais aucun son n'en sortit.
Ses genoux se fléchirent et il tomba par terre, respirant avec difficulté.
Ce n'était pas comme lorsqu'il se faisait entaillé par un quelconque sabre, c'était une douleur qui opérait à l'intérieur, comme si tous ses organes se modifiaient, changeaient de forme, changeaient de place, s'agrandissaient, diminuaient, disparaissaient, apparaissaient.
Les battements de son coeur résonnaient dans ses oreilles et un voile noir brouillait sa vue.
Il n'entendait plus rien, ne voyait plus rien, ne sentait plus rien, à part cette affreuse sensation que son corps se déchirait de l'intérieur.
Et, aussi soudainement qu'elle était arrivée, la douleur s'arrêta.

Zoro reprit son souffle et se releva lentement, encore secoué.
Il se sentait très affaibli et il lui semblait que ses sabres pesaient plus lourds que d'habitude à sa ceinture.
Il releva la tête et vit tous les travestis qui le fixaient avec un mélange de terreur et d'émerveillement.
« Pourquoi ils me regardent comme ça ? »
Sanji avait un immense sourire et son oeil bleu brillait de mille éclats.
Caroline avait elle aussi retrouvé son sourire, mais qui était à présent comme rempli d'admiration.
Ivankov le toisait, les poings toujours serrés sur ses hanches, mais l'air satisfait.
Et Zoro, encore une fois, ne comprenait rien (2).

- Caroline, va chercher le grand miroir de la salle à manger s'il te plaît, lui demanda Ivankov.

La reine remplaçante s'en alla et revint quelques minutes plus tard, avec un grand miroir entre les mains qu'elle posta devant Zoro.

La première chose qu'il remarqua, étonnamment, fut la taille de ses vêtements, qui étaient étrangement trop grands.
Ensuite, au fur et à mesure qu'il montait ses yeux, il vit son haramaki qui lui descendait bien bas sur les hanches, ainsi que ses cheveux, qui avaient incroyablement poussés et qui lui arrivaient à la taille.
Puis les seins sur sa poitrine, qui n'avaient rien à faire là.
Puis ce visage, incroyablement féminin, qui n'était pas le sien.
Ce n'était pas son reflet dans le miroir.
Impossible.
Et pourtant... cette peau hâlée, cette couleur de cheveux, cette cicatrice sur l'oeil gauche...
Son autre oeil s'agrandit d'horreur.
Il regarda Ivankov, Caroline, les okamas, Sanji et finit par de nouveau se tourner vers le miroir.
Et quand il comprit enfin qu'il s'était transformé en fille (3), il hurla d'effroi, d'un cri bien trop aigu pour être celui d'un homme.


(1) : Désolé Hasegawa-chwan, le mascara n'est pas pour maintenant... mais t'inquiète pas, il viendra plus tard ! :p
(2) : Il comprend vraiment pas grand-chose...
(3) : Excusez-le, il est un peu long à la détente...

Bon d'accord, j'avoue que transformer Zoro en fille, j'en rêve déjà depuis pas mal de temps... Je me dis qu'il (enfin elle) doit être trop marrant en fille !
Fin bref... une p'tite review pour faire venir l'inspiration ?
A la prochaine !