Titre : Naufrage raté

Rating : T

Pairing : Zoro x Sanji, Sanji x Zoro

Disclaimer : Tout à Oda... pas grand-chose à moi... Fin bref !

P'tit blabla : ... Ce chapitre... Je sais pas, je le trouve pas tip top. J'ai essayé de rectifier des trucs qui s'enchaînaient pas très bien et de changer pas mal de répétitions, mais bon, je suis pas hyper satisfaite. J'espère que vous l'apprécierez quand même,
Bonne lecture !

Chapitre 3

Sanji regardait la version « fille » de Zoro avec un émerveillement non dissimulé.
Lui qui s'était moqué du cuisinier depuis le début... voilà que les rôles allaient enfin pouvoir s'inverser ! A vrai dire, le blond n'en demandait pas tant : juste pouvoir lui aussi rire en voyant le bretteur se battre en robe... Mais maintenant qu'Ivan l'avait transformé... Il aurait vraiment été bête de ne pas en profiter !


Après avoir découvert que la Reine l'avait bel et bien transformé en fille et avoir hurlé d'effroi, Zoro se reprit tout de suite et lança son regard le plus noir à Ivankov, qui ne semblait n'en avoir rien à faire.
Autour d'eux, les okamas riaient aux éclats.
Il avait détruit la robe sacrée, la Reine l'avait puni pour cet affront, quoi de plus normal ?
Mais le second des Mugiwaras ne partageait pas vraiment cet avis et à la vue de toute la foule se marrant, il ordonna à Ivan :

- Allez, c'est bon, vous avez bien rigolé, maintenant fais-moi redevenir comme avant !

La Reine le regarda, l'air faussement intimidée.

- Oui, bien sûr, je te re-transforme tout de suite...

Ses ongles s'allongèrent encore une fois avec le même grincement caractéristique... Puis d'un seul coup, Ivan lui tourna le dos, faisant face à l'assemblée en une pose particulièrement ridicule.

- Ou pas ! Yeeha !

Les okamas hurlèrent tous en même temps, lançant des :

- Oh, votre Altesse vous nous avez bien eu ! Vous n'allez pas le transformer de nouveau alors ?

Les ignorant, Ivankov se retourna vers Zoro et lui expliqua :

- Si tu veux retrouver ton corps initial, il faudra que tu acceptes de faire le test dans les bonnes conditions.

L'oeil de Zoro s'écarquilla de nouveau (à croire que c'était devenu une habitude).

- Tu peux toujours rêver !

La Reine haussa les épaules.

- C'est toi qui vois ! répondit-elle en s'en allant vers l'intérieur du palais.

Les travestis se précipitèrent à sa suite, certains faisant des grimaces à Zoro, d'autres passant à côté de lui en le narguant.
Et lui était encore stupéfait.
Il réalisa complètement, seulement lorsque le cuisinier se mit en face de lui avec un sourire moqueur.

- Je dois dire que là, t'as fait fort ! Tu vois que toi aussi dans le fond, tu as des tendances de travestis !

Que les autres se moquent de lui, à la limite, ça passait presque, mais que le baka-cook lui fasse une réflexion sans qu'il ne réponde, ça, ça n'arriverait jamais !

- Ta gueule, ero-cook ! J'ai jamais voulu être... être comme ça !
- Tu veux dire, être une fille.
- Oui ! ...Enfin non ! Je ne suis pas une fille !
- Ah bon ? Pourtant j't'assure qu'on dirait, j'en aurais même mis ma main au feu.
- J'ai pas... Argh ! C'que t'es chiant !

Il... enfin elle, partit de la même manière que Sanji avait quitté la table du petit-déjeuner le matin même, à grands pas énervés.

- Si je peux me permettre, faudrait quand même que tu changes d'habits ! ajouta le cuisinier en hurlant alors qu'elle s'éloignait.

Elle se retourna sans s'arrêter de marcher et lui montra fièrement son majeur en un magnifique doigt d'honneur alors que Sanji lui faisait un grand sourire.
Finalement, il arrivait que cet imbécile d'Ivankov lui rende quelques services...


Sanji avait pris tout son temps : il avait fait le tour de la cour, était passé par les cuisines, avait aidé par-ci par-là, avant de monter dans la chambre.
Il toqua quand même à la porte avant d'entrer, au cas où Zoro n'aurait pas fini de s'habiller avec des vêtements à sa taille.
Un « Entre baka-cook » lui répondit et le blond poussa précautionneusement la porte, comme si il avait peur qu'un monstre ne sorte de la pièce.
Mais non, aucun monstre dans la salle, juste une fille en robe.
Et une fille incroyablement belle, Sanji devait bien l'avouer.
Autant il n'avait pas bien eu le temps de la regarder dans la cour, autant maintenant il pouvait la dévisager de haut en bas.
Elle avait gardé son air grognon et imperturbable, mais son visage s'était affiné, ses lèvres étaient devenues plus pulpeuses et plus charnues, son oeil était toujours du même vert intense, et ses cheveux qui lui tombaient jusqu'à la taille en ondulant légèrement brillaient sous le soleil.
La robe était d'un rouge sang qui contrastait avec la couleur des cheveux et qui mettait en valeur ses deux jambes, fines et interminables, et sa poitrine, aussi imposante que celle de Nami, voire même plus, pensa le cuisinier qui se retenait à grand peine de saigner du nez (pas pour son rival quand même !).
Le seul hic, admit Sanji, c'était cette cicatrice sur l'oeil.
Ca lui donnait un air particulièrement dur et froid, qui n'allait pas vraiment avec le reste de sa physionomie.
Si elle avait eu ses deux yeux... Elle aurait été parfaite, se surprit à penser le blond.
Mais ça, jamais il ne lui avouerait.

- Jolie robe, se contenta-t-il alors de dire alors qu'elle le fixait d'un regard noir.
- Pff... fit-elle en secouant la tête. Allez, ça va, j'ai pas envie de me prendre la tête avec toi pour le moment, je m'en vais.

Elle s'avança vers la porte et l'ouvrit, s'apprêtant à sortir.

- Et tu comptes sortir pieds nus ? demanda le cuisinier en voyant qu'elle ne portait pas de chaussures.
- Bah oui. J'vais pas mettre mes bottes avec « ça », répondit-elle en désignant sa robe. En plus, elles sont devenues trop grandes.
- T'as vu qu'il y avait plein de chaussures en bas de l'armoire ?

Elle le regarda d'un air perplexe et secoua la tête. Sanji soupira.

- Viens voir, reprit-il en ouvrant le meuble.

Zoro s'approcha et, voyant les chaussures dont lui parlait le cuistot, s'exclama :

- Non ! Là tu rêves ero-cook ! J'vais pas enfiler des trucs pareils !

Ne faisant pas attention à elle, Sanji s'accroupit et prit une paire de nus-pieds rouges avec des talons aiguilles incroyablement hauts.

- Bah pourquoi pas ? lui demanda le blond. Regarde, elles sont jolies celles-là, et elles iraient bien avec ta robe !
- Pff ! J'sais pas marcher avec des chaussures comme ça moi !
- Ca s'apprend, ma p'tite marimette, ça s'apprend.
- C'est quoi ce surnom de merde ? T'as pas trouvé mieux ?
- Tête de plante verte ? P'tite algue ?
- Arrête, c'est de pire en pire ! Et si tu crois que je vais m'emmerder à apprendre à me trimballer avec ce genre de godasses, tu te goures complet !
- Que de vulgarités pour une si jolie fille ! J'ai presque l'impression que c'est pire qu'avant ! lui dit-il avant de se relever, les nus-pieds toujours à la main. Allez, assieds-toi, tu vas quand même les essayer.
- Mais oui, c'est bien gentil blondinet, mais je préfère m'en aller ! grommela la jeune fille en passant la porte.

Mais Sanji lui attrapa le bras et insista :

- Allez... Essaie-les au moins. Si ça se trouve, elles vont très bien t'aller et tu vas réussir à marcher avec du premier coup.

Zoro se retourna vers lui.
Le fixa longtemps, sceptique.

- Juste les essayer, ajouta une nouvelle fois Sanji.

Elle soupira.
Et alla s'asseoir sur le lit.

- Passe-moi la première. Autant faire ça vite.

Le cuisinier sourit et lui tendit la chaussure droite, qu'elle enfila sans problème, puis la gauche et lui dit :

- Et beh tu vois ! C'est pile la bonne pointure. Lève-toi maintenant.

Zoro leva la tête, l'air un peu scandalisé.
Elle se souleva du matelas lentement, très lentement.
Et réussit à se mettre debout sous l'oeil attentif du cuisinier.

- Wouaw, c'est génial, elles me vont et j'arrive à me mettre debout avec, dit-elle ironiquement. Allez, maintenant je les enlève, ajouta-t-elle en se rasseyant.
- Non ! s'exclama Sanji. Maintenant, faut que tu marches avec !
- Mais non, t'inquiète, je vais marcher pieds nus, ce sera très bien.
- En fait t'as peur.

Zoro arrêta tout mouvement.

- Pardon ? dit-elle de son ton le plus glacial.
- T'as peur de te glander.

Sanji savait parfaitement que Zoro, en homme ou en femme, ne résisterait pas à une provocation, surtout venant de lui.

- Pff, tu dis n'importe quoi. C'est pas ça du tout, c'est juste que j'ai pas envie de me trimballer avec. Ca n'a rien à voir avec de la peur.
- Prouve-le.

Piquée au vif, elle se leva, l'oeil lançant des poignards, fit quelques pas et, dans son empressement, manqua de tomber par terre, sa cheville se tordant au bout du troisième pas.
Heureusement, Sanji la soutint avant qu'elle ne tombe complètement et l'aida à se relever.
Au lieu de le remercier, elle lui dit d'un ton énervé :

- « Tu vas réussir à marcher avec du premier coup », c'est pas ce que t'avais dit ?
- Mais fallait pas que tu ailles aussi vite ! Là, on aurait dit que tu faisais de la course à pied.

Sanji se recula.

- Vas-y, réessaie, plus lentement cette fois.

Avec l'impression de marcher sur un fil de funambule, elle recommença à faire quelques pas, et lorsqu'il la vit partir vers l'arrière, en bon chevalier servant qu'il était, le blond se précipita de nouveau.
Mais elle se rattrapa à temps en posant sa main contre le mur, et le fusilla de l'oeil en le voyant accourir :

- C'est bon, j'ai pas besoin de ton aide !

Sanji, mécontent de se faire remballer ainsi, se recula en levant les mains.

- Okay, okay. Je vais m'asseoir et je vais te regarder.

« L'entraînement » reprit, et après de nombreuses gamelles (suite auxquelles le cuistot applaudissait à chaque fois), Zoro, l'air fatigué, se tourna vers lui.

- Bon d'accord, j'y arrive pas, avoua-t-elle en levant son oeil vers le plafond. Et finalement, je veux bien que tu m'aides.

Le blond ne se le fit pas dire deux fois, se leva d'un bond et se posta à côté d'elle avec un grand sourire, en lui présentant son bras.
Elle secoua la tête, démoralisée par toutes ces attitudes de gentleman, et continua d'essayer de marcher, aidé par le cuistot.
Lorsqu'elle y arriva enfin (après d'autres nombreuses gamelles), elle annonça à Sanji qu'elle gardait les chaussures et passa encore une fois la porte.

- Attends ! la stoppa le cuisinier.
- Quoi encore ?
- Tes cheveux.
- Et beh quoi ? Qu'est-ce qu'ils ont mes cheveux ?

Il n'allait quand même pas vouloir qu'elle se les teigne ?

- Faut que tu les coiffes. Sinon il vont s'emmêler. Fais-toi une tresse ou une queue de cheval.

Elle le fixa avec un air d'ahuri.
Se les coiffer ? Il en avait de ces idées ce love-cook !
Bon au moins, il ne voulait pas les changer de couleur, c'était déjà ça.

- Mais non, c'est bon, ils s'emmêlaient pas quand j'avais les cheveux courts, je vois pas pourquoi ils le feraient maintenant !

Sanji soupira de nouveau devant une telle stupidité.
Il avait espéré un bref instant que la version fille soit plus intelligente que la version mec, apparemment, ce n'était vraiment pas le cas.

- Dis plutôt que tu ne sais pas te coiffer, lui dit Sanji, désespéré.
- Bah, j'ai toujours eu les cheveux courts ! J'pouvais pas me faire de tresses ou de queue d'âne !
- Queue de cheval.
- Ouais c'est pareil.

Le cuistot n'essaya même pas de démentir et lui fit signe de le suivre.

- Allez viens, on va dans la salle de bains, il y a une brosse, des élastiques et un plus grand miroir.

Zoro ne bougea pas.
Il le trouvait bien gentil, le love-cook.
C'était à se demander si il n'y avait pas anguille sous roche.
Où était le piège ? Est-ce qu'il l'aidait pour mieux se ficher de lui ensuite ? Ou pour lui demander quelque chose en échange ?

- Et beh, tu te dépêches ou pas ? On va pas y passer la nuit ! s'impatienta Sanji.
- Ca va, ça va, j'arrive !

Elle entra dans la salle de bains, qui était reliée à la chambre par une autre porte, en faisant bien attention à la façon dont elle posait le pied et dont elle le levait ensuite.
Le blond lui indiqua une chaise en face d'un grand meuble en bois et d'un miroir et se mit à farfouiller dans de nombreux tiroirs. Il en sortit une brosse, quelques élastiques et des pinces.
Zoro avait la désagréable impression d'être chez le coiffeur.
D'ordinaire, ça ne le dérangeait pas tellement que quelqu'un s'occupe de ses cheveux mais là, il avait le mauvais pressentiment que le blond allait faire n'importe quoi.
Après tout, il n'avait aucune raison de lui faire confiance : il n'était pas coiffeur, mais cuisinier à la base !

- Regarde-moi un peu comme ils sont immenses ! s'exclama Sanji en commençant à brosser, mèches par mèches. Si tu les laisses détacher, à la fin de la journée tu vas te retrouver avec plein de noeuds !

La jeune fille avait de plus en plus l'impression de s'être fait piéger.
Pourquoi caressait-il ses cheveux comme ça ? Et pourquoi il effleurait sa nuque du bout des doigts à chaque fois ?
Elle se dit que ce n'était très certainement pas voulu.
Quoique, un peu trop marqué et répétitif pour être involontaire.

- Passe-moi un élastique, dit le pseudo-coiffeur en tendant la main qui ne retenait pas les cheveux soigneusement tressé.

D'ordinaire, pensa-t-il, il n'aurait jamais parlé à une fille ainsi.
Il n'aurait même pas osé imaginer donner des ordres à une si belle créature.
Mais là, c'était pas pareil.
Pas pareil, puisqu'à la base, c'était quand même un mec.
Et puis, c'était impossible qu'il parle poliment à cet idiot, peu importe son apparence.

- Tiens.

Sanji prit le chouchou et l'enroula au bout de la natte.

- Et voilà ! Et juste, cette mèche que j'ai pas pu prendre...

Il attrapa une barrette posé sur le meuble et la glissa dans les cheveux verts de façon à ce qu'elle retienne la mèche rebelle.

- Tu te fous de moi là ? lui demanda Zoro en se regardant dans le miroir d'un air blasé.
- Pas du tout ! Pourquoi ? T'aimes pas ma tresse ?
- Nan c'est pas ça ! C'est c'te stupide barrette à fleur ! J'vais pas jouer dans la petite maison dans la prairie non plus !
- Bah quoi ? Tu la trouves pas jolie, la p'tite barrette à fleur ?
- On dirait un accessoire de petite fille qui vient de rentrer à l'école primaire !
- Oh t'exagères ! Moi je trouve qu'elle te va très bien ! Et j'ai une idée !
- Oh pitié non...
- Attends, on va te rajouter un truc !
- Je crains le pire...

Le blond se remit à chercher dans les tiroirs et prit cette fois-ci une boîte en carton dans laquelle il fouilla longuement, sous l'oeil inquiet de Zoro.

- C'est bon je l'ai trouvé !

Il brandit un collier bleu marine, de la même manière dont on brandit un trophée, et le montra à la jeune fille qui lui lança un coup d'oeil avant de détourner le visage avec une mimique désespérée.
Mais Sanji ne se démonta pas pour autant, et lui accrocha le collier autour du cou.

- Regarde !

Elle se fixa dans le miroir.
Et se sentit complètement stupide.
« Quel glorieux tableau, se dit-elle. Transformé en fille, dans une robe moche, n'arrivant même pas à marcher, avec une barrette de fillette de 8 ans et un accessoire rococo au possible. Sans compter l'imbécile, debout derrière la chaise. Ouais, faudrait prendre une photo. J'pense que j'aurais jamais l'air plus débile. »
Mais l'enthousiasme, bien qu'étrange, du cuisinier qui souriait de toute ses dents, apparemment très fier du résultat, la rassura un peu.
Elle haussa les épaules.

- C'est tout ? demanda le blond, visiblement déçu.
- Comment ça « c'est tout » ?
- Bah je sais pas, t'as pas l'air ravi ! Moi j'te trouve très belle !

Elle leva la tête vers lui et le regarda d'un oeil étrange... dans lequel Sanji crut percevoir comme de l'incertitude et une sorte... de mélancolie ?
Mais avant qu'il n'ait pu s'en assuré, la pupille se glaça soudainement et le transperça de part en part.
Elle se retourna et tira d'un coup sec sur la chaîne autour de cou.

- J'la mettrais pas ta fichue breloque, annonça-t-elle d'un ton froid en jetant le collier sur le meuble. Et ta stupide barrette non plus, ajouta-t-elle en enlevant la pince et en la balançant à son tour.

Et, sous le regard surpris du cuisinier, elle se leva et sortit de la salle de bains, puis de la chambre.
Sanji hésita à l'interpeller une troisième fois, en lui disant qu'il manquait le maquillage.
Mais au souvenir de l'énervement sur son visage, il préféra se taire.
Il ne comprenait pas ce qu'il lui prenait tout à coup.
Ce n'était pas vraiment le genre de réaction à laquelle il s'attendait.
Il ne lui avait pas semblé avoir dit quelque chose de mal ou de désagréable... ni d'avoir fait quelque chose de déplaisant. Au contraire même : il avait passé tout son temps à l'aider et à la complimenter ! Et il ne pouvait pas croire que c'était juste à cause de cette misérable barrette ou de ce petit collier qu'elle s'était mis dans un état pareil...
Alors où était le problème ?


La nuit était rapidement tombé, et, comme hier soir, la plupart des okamas étaient venus dîner au palais.
Zoro s'était de nouveau retrouvée à côté de Jane et Lucy qui, depuis qu'elle s'était assise sur la chaise, essayaient de lui trouver un prénom féminin qui lui correspondrait.
Lorsque les plats ont été apportés, Sanji arriva, étant parti aidé en cuisine, et s'installa en face de Zoro.
Tout de suite, les deux okamas lui expliquèrent leur occupation.

- On cherche un nouveau prénom féminin à Zoro-kun !

Sanji sourit et lança un coup d'oeil à la jeune fille en face de lui qui semblait prendre sur elle pour ne pas se lever d'un bond et étrangler ses voisins de table.
Il remarqua aussi que, portant à présent une robe, elle n'avait plus ses précieux katanas avec elle, et il se dit que c'était tant mieux pour Jane et Lucy.

- Bah, c'est pas la peine, appelez-la P'tite Algue, ça lui va très bien aussi ! se moqua-t-il alors qu'elle devenait rouge de rage.

Elle ne répondit rien, ce qui étonna Sanji.
Mais à la place, le blond reçut un incroyable coup de talon aiguille dans le tibia.

- Aïe !
- Désolé, j'ai pas fait exprès.
- Pff ! souffla le cuisinier en se massant la partie douloureuse de sa jambe.
- Ahah ! P'tit Algue ! C'est vrai que ça lui va bien ! rigolèrent les deux travestis.

Deux autres coups de talons portés sous la table, et Jane et Lucy avaient arrêté de rire. Elles s'excusèrent piteusement sous l'oeil noir de Zoro, et changèrent tout de suite de sujet de conversation.
Zoro soupira encore.

- Et pourquoi tu le fais pas toi, ce stupide test ? demanda-t-elle à Sanji.
- Parce que je l'ai déjà fait ma P'tite Algue. Quand j'ai débarqué ici y'a deux ans, c'est ce par quoi j'ai commencé moi aussi.
- Et t'as accepté de le faire ?
- Au début non. Mais ils m'ont couru après, alors au bout d'un moment, j'ai cédé.
- Et Ivankov, il t'a changé en fille parce que tu voulais pas le faire ?
- Non ! Encore heureux !
- Bah pourquoi il m'a transformé alors ?

Sanji secoua la tête et se servit de la salade avant de passer le plat à son interlocutrice.

- Parce que toi, tu as découpé en petits morceaux l'une des sept robes sacrées.
- Mais qu'est-ce qu'ils ont avec ces fichues robes ?
- Ils y tiennent beaucoup. Comme Caroline t'a expliqué, selon la légende, chacune des robes aurait appartenu à une déesse. C'est comme des sortes de vêtements sacrés, si tu veux. Et ils pensent que si l'une des sept robes est détruite, la déesse à laquelle elle appartenait sera furieuse et leur fera payé le prix, soit en déclenchant des intempéries, soit en propageant des maladies.
- C'est vachement vieillot comme façon de penser.
- Ahah ! rigola Sanji. Ouais j'avoue, c'est un peu « moyenâgeux ». Mais bon, ils ont gardé cette façon de voir les choses dans leur culture, alors du coup, ils font super gaffe à ces fameuses robes. Et ils doivent aussi se dire que si on te « punit » en te changeant en fille, la déesse sera peut-être moins furieuse.
- Pff ! C'est n'importe quoi...
- Va dire ça à Ivan et reviens me voir après, si tu es encore vivant.
- Ouais, j'irai lui dire un mot.

Le cuisinier éclata de rire.

- Même en fille, t'es vraiment suicidaire !

Elle haussa les épaules avec un air de « même-pas-peur ».
Le reste du repas se passa dans le silence, aucun des deux ne sachant quoi dire.
Sanji brûlait d'envie de lui demander pourquoi elle s'était énervée ainsi, quelques heures plus tôt, mais n'osa pas posé la question, pensant de nouveau la mettre en colère, et peut-être se recevoir encore un coup de talon dans la jambe.
Zoro brûlait d'envie de lui demander pourquoi il l'avait aidé ainsi, quelques heures plus tôt, mais décida de ne pas poser la question, ne voulant pas paraître encore plus imbécile qu'elle ne l'était déjà.
Et à côté, les rires de Jane et Lucy cassaient l'ambiance pesante, qui trouvaient que c'était vraiment un « chouette dîner ».


Quelques heures plus tard, après avoir aidé à faire la vaisselle, Sanji toqua à la porte, et un autre « Entre baka-cook » lui répondit.

- Tu dors ? demanda-t-il en la voyant déjà coucher.
- Oui, je dors profondément.
- Pff... T'es bête. Si tu dormais, tu pourrais pas me répondre.
- Excellente remarque, grogna-t-elle. Et toi aussi tu es bête.

Il partit dans la salle de bains et revint en caleçon quelques instants plus tard avant de se glisser sous la couverture et de se rapprocher de la « P'tite Algue ».

- Qu'est-ce tu fais là ? l'arrêta-t-elle tout de suite.
- Je me rapproche. J'ai froid, ajouta-t-il pour se justifier.

Elle le fixa, et encore une fois, la pupille le transperça et le figea tout de suite.
Et ce qui le pétrifia d'autant plus, ce fut le commentaire qui accompagna le regard, d'une voix lourde de mépris :

- Ah ouais, bien sûr... Quand c'est un mec, tu préférerais dormir par terre, mais par contre quand c'est une fille, tu te rapproches jusqu'à être collé... Pff, n'importe quoi.

Puis elle lui tourna le dos et s'éloigna le plus loin possible.

Sanji ouvrit la bouche, pour lui dire qu'elle risquait de tomber du lit pendant la nuit, mais ne réussit à articuler aucune syllabe.
Pourtant, il avait des tas de mots à prononcer, plein de questions à poser – entre autre, pourquoi elle s'énervait pour rien -, mais ses cordes vocales semblaient avoir soudainement disparues, et sa langue semblait écrasée par un poids invisible.
Alors, il se recroquevilla sur lui-même, frictionnant ses bras avec ses mains.
Qu'est-ce qu'il faisait froid, dans ce grand lit trop vide.