Attention ce chapitre contient du M ! Vous y trouverez également un petit clin d'œil à Anne Rice pour ceux qui ont lu Entretien avec un vampire

Chapitre 6

Morts et autres cadavres

L'intuition de Van Helsing ne l'avait pas trompé. Jonathan avait rapidement appris que son épouse ne se trouvait pas dans le Kent. La Tante Mildred, en pleine santé, avait répondu à sa lettre non sans émettre quelques interrogations au sujet de sa nièce. Cependant, le clerc était trop tourmenté pour lui répondre et trop désespéré pour travailler.

— Allons mon garçon, inutile de vous mettre dans cet état, déclara le Docteur en regardant la bouteille vide sur le bureau de Jonathan.

— Elle m'a trahi ! cracha-t-il d'une voix rendue pâteuse par l'alcool.

— Vous n'êtes pas de ces gens là ! rétorqua Van Helsing. Depuis quand buvez-vous ?

— Pas assez longtemps pour oublier, répondit-il, l'esprit plus clair qu'il ne l'aurait souhaité

— Cela n'a jamais rien arrangé et ce n'est pas comme cela que vous récupérerez votre femme !

— Quelle importance puisqu'elle ne veut pas de moi…

— Si vous l'aimez vous êtes en devoir de l'aider. Mina court un grave danger !

Ces paroles le glacèrent de l'intérieur tout en attisant les flammes de sa rancune. En cet instant les sentiments qui l'animaient, formaient un amas confus où la haine se mêlait étroitement à l'amour.

— C'est donc cela qu'elle désire... si j'avais su je n'aurais pas éprouvé tant de remords, souffla-t-il en quittant son bureau.

Les cheveux en désordre et ses vêtements froissés, il sortit de la pièce d'un pas chancelant.

— Ne me faites pas croire que son sort vous indiffère, lança Abraham en le suivant dans le couloir sombre.

— N'était-ce pas vous qui me rappelait que ma propre femme en aimait un autre et que, pour vous reprendre, l'amour n'avait pas de normes ? Que suis-je censé faire ? Dites-le moi !

Abraham laissa quelques secondes s'égrainer dans le silence avant de répondre :

— La comprendre et faire passer son amour avant le vôtre.

Au grand étonnement de Van Helsing, un rire tonitruant s'échappa de la gorge de Jonathan.

— La comprendre ? N'est-ce donc pas ce que je fais nuit et jour en m'apitoyant sur un amour déchu... acheva-t-il, tout éclat envolé. Comme elle, mon cœur appartient à un être hors d'atteinte.

— Entendez-moi, Jonathan. Je ne laisserai personne devenir impunément la proie d'un vampire. J'ai voué mon existence à l'extermination de ces créatures néfastes et je ne compte pas m'arrêter ici. Je vais être franc comme je l'ai toujours été : Mina n'est pas sous l'emprise de Dracula mais son amour pour lui est dangereux. Elle est certainement retournée en Roumanie.

Le cœur de Jonathan s'arrêta quelques secondes de battre à l'idée que sa femme puisse se trouver si loin de lui et par-dessus tout… dans cet endroit damné.

— Elle ne peut pas… souffla-t-il, vertigineux.

— Ce n'est pas la distance qui va l'en empêcher. Cependant je doute qu'elle soit seule, ou du moins, elle ne le sera plus très longtemps.

Jack sursauta quand de vifs coups tapés à sa porte résonnèrent dans le bureau. Prestement, il rangea dans un tiroir le flacon de morphine, le tuyau et l'aiguille qu'il avait sortis pour s'injecter la drogue dans le sang.

Une seconde plus tard, Van Helsing et Jonathan pénétraient dans la pièce.

— Que se passe-t-il, demanda Seward en se levant.

— Nous partons, répondit Abraham en posant une main lourde sur son épaule.

Jack resta quelques instants interdit puis demanda :

—Mais où ?

— En Transylvanie, déclara Jonathan, le visage sombre.

Le cœur du docteur manqua un battement. Pour lui aussi cette partie du monde ressemblait à l'enfer…

— Pourquoi ?

— Madame Mina s'y trouve certainement, répondit le Hollandais avant qu'un hurlement retentisse entre les murs de l'asile. Elle est en danger et nous devons au plus vite la ramener en Angleterre.

— Seigneur ! s'exclama Jack.

— Jonathan et moi-même avons déjà pris nos dispositions. Nous accompagnerez-vous ?

Un silence pesant s'installa dans la pièce que le clerc finit par rompre :

— Jack ?

— Je… je ne sais pas… hésita ce dernier.

Il venait de se poster devant une fenêtre à larges barreaux, une main posée sur son front humide.

Le manque de morphine dans ses veines mêlé au souvenir de Dracula l'avait rendu vertigineux et pour lui… tout ce qui était la Roumanie était relatif à la mort…

— Fort bien ! Nous pouvons nous passer de vous ! déclara le quinquagénaire en se dirigeant déjà vers la porte. Nous défendrons Madame Harker sans votre aide.

Ces mots sortirent immédiatement Jack de sa torpeur. En tant que médecin, chaque vie était importante. Il n'était pas parvenu à défendre Lucy mais il pouvait encore sauver Mina.

— Je vous suis, lâcha-t-il.

Jonathan esquissa un rapide sourire et Van Helsing frôla les bords de son chapeau.

—Rendez-vous demain soir chez notre ami Harker, nous organiserons notre départ.

O°O°O

Le corps ruisselant de sueur, Arthur allait et venait rapidement dans le corps de la prostituée. Elle avait de longs cheveux roux qui entouraient son visage anguleux. La couleur de sa peau, étonnamment claire pour une femme de mauvaise vie, s'alliait à la blancheur des draps précieux. Sans pudeur, elle se cambrait vers son amant, mettant ainsi en valeur sa poitrine généreuse.

Dents serrées, l'aristocrate gardait obstinément les yeux fermés tout en redoublant de vigueur.

Plus tôt dans la soirée, il avait rencontré cette fille à la sortie de son club. Elle errait sur les trottoirs, vêtue d'une robe mauve assortie à son feutre à voilette. Quand elle avait levé les yeux vers lui, Arthur avait d'abord été surpris par l'éclat de ses yeux verts et avait cru pendant un instant regarder sa chère Lucy…

Une main sur la hanche et la moue mutine, elle se tenait exactement comme sa fiancée autrefois. Ce n'était pas une prostituée de bas étage. Elle était savamment maquillée et sentait le parfum, certainement le cadeau d'un riche client. Quant à sa robe, elle était faite d'une matière noble malgré l'usure des manches et du jupon.

Deux mots seulement… et il l'avait emmenée à « Black Willow ».

Sans rien dire, il l'avait prestement débarrassée de ses vêtements pour découvrir ses courbes. Pas plus âgée que sa défunte Lucy, son corps, habitué aux assauts et à d'autres labeurs, avait déjà perdu de sa jeunesse.

La fille cria quand Arthur donna un ultime coup de rein, tout à la fois libérateur et douloureux. Il se retira vivement puis enfila sa robe de chambre brodée des armoiries Holmwood.

— Suis-je donc si repoussante ? demanda-t-elle en s'asseyant au bord du lit.

Pour la première fois depuis qu'ils étaient entrés dans la chambre, Arthur la regarda brièvement.

— Non, répondit-il en se dirigeant vers un buffet garni d'alcool.

— Pourquoi ne me regardez-vous pas ? continua la prostituée, les coudes appuyés sur le matelas.

Sans répondre, l'aristocrate se versa un verre de bourbon qu'il avala d'un trait.

— Je peux rester, déclara la fille sans même s'offusquer de cette absence de réponse. Nous pourrions recommencer et cette fois...

Elle s'était levée pour se poster derrière le lord.

— Vous ne pourrez pas vous empêcher de regarder, conclut-elle en posant une main sur son bas-ventre.

Quand il fit volte-face, Arthur resta quelques secondes interdit devant le visage de la prostituée.

Cet air… si semblable à celui de Lucy. Cette effronterie mêlée à cette expression ingénue.

Une colère sourde s'empara alors d'Arthur additionnée à une profonde souffrance.

— Partez ! cria-t-il avant d'attraper sa veste, gisant à terre.

Avec rage, il sortit quelques billets d'une de ses poches puis les jeta sur le lit. Sans un regard, il se rua hors de la chambre empli du parfum capiteux de la prostituée.

Cette putain n'était rien d'autre qu'une putain, pensa-t-il en dévalant l'escalier. Comment avait-il pu comparer un seul instant Lucy avec cette fille de rien ?

Ses pas le conduisirent naturellement jusqu'à la salle de réception où était suspendu le tableau de sa fiancée. Dans la pénombre, se distinguaient l'éclat de son sourire et la clarté de sa robe turquoise. La pièce baignait dans l'obscurité et seuls des rais de lune blafards filtraient au travers les immenses rideaux.

Le corps secoué d'un spasme, il s'écroula devant le portrait en frappant le plancher de ses deux poings.

Il s'était menti à lui-même. La mort de Lucy était insurmontable.

Le jour s'imposa trop tard pour celui qui n'avait pas réussi à trouver le sommeil. A force de marteler le sol de ses mains, ces dernières portaient les stigmates de ses tourments. Avec difficulté, il avala quelques gorgées de café quand le majordome annonça le Docteur Seward.

— Jack, déclara-t-il d'une voix faussement enjouée qui contredisait sa mine défaite.

Arthur nota la chemise et le pantalon froissés du médecin, semblant témoigner d'une nuit harassante. Par ailleurs, les traits de son visage étaient tirés et de grandes ombres bordaient son regard.

— Pardonnez-moi de vous déranger mais je voulais vous annoncer mon départ.

Le lord fronça ses sourcils clairs, toujours assis à sa grande table de bois précieux.

— Vous partez ?

— En Transylvanie, oui, répondit vivement Seward comme un aveu à contrecœur.

Arthur chancela imperceptiblement.

—Pour quelle raison ? demanda-t-il.

Jack eut l'air ennuyé mais finit tout de même par répondre :

—Mina Harker. Elle se trouve là-bas. Elle serait probablement retournée en ces austères contrées pour…

Le Docteur buta sur ses mots comme s'il s'apprêtait à proférer une pure hérésie.

— Pour ? le pressa Arthur.

— Pour ramener Dracula !

La fine tasse de porcelaine que serrait le lord entre dans sa main éclata entre ses doigts.

Abattu, Jack s'écroula sur une chaise près de son ami. Après cela, il s'empara de son poignet pour l'inciter à lâcher les morceaux coupants qu'il tenait encore. Ainsi, à l'aide d'une serviette, Seward banda la blessure du maître des lieux.

— Comment est-ce possible ? souffla ce dernier, le regard suspendu au vide.

— Je ne sais pas, répondit Jack après un temps.

— C'est… un monstre ! vociféra l'aristocrate, écœuré.

— Il ne l'a pas toujours été, osa faiblement Jack comme pour s'en convaincre.

Le lord tourna brusquement son visage pour le foudroyer du regard.

— Il a tué Lucy après avoir fait d'elle un démon ! Qu'importe qu'il fut un homme auparavant. Seul compte ce qu'il nous a fait ! Quincey est aussi mort de sa main !

— Pardonnez-moi, Arthur. Je ne voulais pas prétendre le contraire, murmura Jack dont le cœur se pinça douloureusement au souvenir de la jeune femme et celui du Texan. Je ne vous dérangerais pas plus longtemps mais je tenais à vous informer. Van Helsing, Jonathan et moi-même embarquons ce soir pour le Havre, puis nous prendrons le train jusqu'à Bucarest.

Sur ces mots, il se leva et se dirigea vers la sortie jusqu'à ce que la voix d'Arthur ne l'arrête dans son élan :

— J'en suis !

Surpris, Seward se tourna vers son hôte. Il vit alors dans ses yeux clairs une lueur qu'il n'avait encore jamais vue auparavant…

O°O°O

Aux environs de Brașov, Roumanie,

Mina ouvrit vivement les yeux puis se redressa. Le cahot lancinant de la vieille roulotte avait fini par la réveiller. Lorsqu'elle regarda à travers la petite fenêtre taillée dans le bois, la jeune femme vit que la nuit était déjà bien avancée. L'astre blême nimbait de ses rayons une végétation luxuriante. Le véhicule roulait sur un sentier caillouteux, bordé de plaines hostiles, et plus loin, de forêts denses.

Son cœur s'emballa devant le monde qui défilait devant ses yeux.

Elle était revenue. Enfin.

Depuis son retour en Angleterre, Mina n'avait eu de cesse de penser au pays de son prince. Cet endroit était comme un baume sur ses blessures, un peu de son amour retrouvé en chaque cours d'eau, arbres ou vallons.

— Nous ne sommes même plus très loin ! déclara Crina, assise aux côtés du conducteur.

Celui-ci était aussi âgé que la sorcière et affichait une maigreur maladive. Le visage sale et abîmé, il menait le convoi d'une main lente mais néanmoins assurée.

Silencieuse, Mina se recroquevilla sur la couche couverte d'un drap coloré et attendit. En dehors de la respiration des chevaux et du bruit de leurs sabots, la nuit semblait muette.

Quelques minutes plus tard, elle sentit enfin la roulotte ralentir puis s'arrêter.

— C'est là ! s'exclama Crina en descendant de la roulotte, aidée par le vieil homme.

Empoignant son sac de voyage, Mina descendit à son tour et contempla, intriguée, le seul édifice présent en cet endroit. Près de la porte où pendait une couronne de fleurs fanées, battait mollement une pancarte. Dessus était écrit « virgin plângând* » dont les caractères étaient à moitié effacés.

— Viens… souffla Crina en prenant la main de la jeune femme.

Une fois arrivée devant la porte, Mina remarqua que la guirlande flétrie sur le battant était faite de fleurs d'ail et d'aubépines…

Avant que la vieille ne pousse la porte, l'anglaise perçut une rumeur basse et étrangère.
Une fois l'entrée franchie, une dizaine de visages se tourna vers les nouvelles arrivantes.

— Întoarcere*, déclara Crina avant de ricaner.

Mina évita de regarder les individus présents dans la pièce. Tous sales et l'air bourru, ils semblaient appartenir à la classe paysanne. Derrière le comptoir, l'aubergiste détaillait la jeune femme des pieds à la tête sans gêne aucune. Cette dernière fuit une nouvelle fois cet œil inquisiteur et parcourut rapidement le décor qui l'entourait.

La salle baignait dans la semi pénombre. Un feu maladif crépitait dans l'âtre débordant de cendres et des bougies aux allures de cierges brûlaient partout dans la pièce. Celles-ci formaient des points de lumières orangés, la cire s'étalant sur les tables mitées et les étagères vermoulues. Un grand crucifix noir accroché sur les murs blanchis à la chaux imposait sa masse austère. Dessous, sur le manteau de la cheminée, gisait la statuette d'une vierge dont l'expression douloureuse rendait un certain malaise.

Mina s'étonna à nouveau devant les multiples fleurs blanches qui peuplaient l'espace. Elle reconnut, dans ces compositions grossières, de l'aubépine et de l'ail, ces mêmes végétaux qui constituaient la couronne suspendue à la porte.

La vieille sourit puis se traîna jusqu'au comptoir. Les coudes appuyés sur le plateau sale, Crina s'adressa à l'aubergiste. Celle-ci, aussi grasse qu'elle était avenante, se contenta de désigner du menton une porte au fond de la pièce.

— Suis-moi, ordonna la sorcière à sa jeune compagne de voyage.

Obéissant, Mina la suivit et toute deux pénétrèrent dans la pièce que la tenancière avait indiquée.

Moins éclairée encore que la première salle, l'anglais n'aperçut qu'une longue table pourvue de trois bougies déjà bien entamées.

— Marcus, roucoula la sorcière en s'avançant dans la pièce.

La jeune femme plissa ses yeux et vit enfin une ombre assise en tête de table.

— Crina, dragă*… s'éleva une voix masculine.

Mina tressaillit quand le timbre chaud parvint à son oreille.

La sorcière esquissa une sorte de gloussement en prenant la main de l'anglaise. Elles s'avancèrent alors vers l'homme qui tendit son bras pour approcher un cierge de son visage.

Il avait de longs cheveux châtains qui encadraient un visage fin aux traits réguliers. Un sourire sardonique jouait sur ses lèvres, s'alliant à l'éclat brillant de ses yeux bleus.

Quand il rencontra le regard de Mina, ses lèvres s'étirèrent un peu plus.

— Madame, déclara-t-il dans la langue de Shakespeare avant de se lever.

Ses gestes, d'une lenteur semblant calculée, ressemblaient à ceux d'un félin.

— Bonsoir, répondit-elle d'une voix faible.

Quelque chose en cet individu lui rappelait intimement son prince.

Alors qu'il se penchait pour baiser sa main, Crina murmura quelques paroles à l'homme. Lorsqu'il se redressa, il prit le temps de contempler la jeune femme qui ressentit la caresse de son étude.

— Vous avez dû faire un long voyage, murmura-t-il sans lâcher sa main.

A nouveau, une onde de chaleur balaya Mina qui ne réussit qu'à hocher la tête.

— Je me nomme Marcus Manea. Permettez-moi d'être votre serviteur…

Les couleurs se retirèrent du visage de Mina et les battements de son cœur s'affolèrent.

Ces mots… il lui semblait que son prince venait de les prononcer.

O°O°O

Jonathan, Van Helsing, Jack et Arthur se tenaient sur le pont du « Bateleur », tous appuyés contre le bastingage. La lune était cachée par les nuages si bien que l'on ne voyait rien à l'horizon. Seules quelques lampes illuminaient le pont pour le tâcher de cercles ambrés.

— Comme notre quête précédente, nous allons peut-être au devant de graves dangers, déclara Van Helsing en aspirante une bouffée de son cigare.

— Jamais je n'aurais cru revivre cela, souffla Jonathan, mortifié au plus profond de lui.

— Considérez que c'est une chance, poursuivit insolemment Abraham.

— Une chance ? releva Jack qui se tourna vers le Docteur.

— Oui, mon ami ! Peu d'hommes se sont confrontés aux ténèbres et les ont vaincus. De plus nous sommes motivés par la plus grande des causes : sauver une vie.

Le clerc et Seward hochèrent la tête alors que l'aristocrate la gardait résolument baissée. Il se contentait de fixer les flots noirs sans un mot…

— La vie et la mort ne sont pas des étapes successives. L'état de non-mort n'est pas une transition. Entendez-moi bien ! Il s'agit d'une existence propre.

Jonathan réprima un haut le cœur alors que Jack ressentait encore plus vivement le manque de morphine dans ses veines.

—Comme Lucy, murmura Arthur.

— Oui, comme Lucy, reprit Van Helsing. Mais les vampires ne sont pas les seuls à avoir défié les lois incombant à toutes créatures sur terre. Les êtres dont je parle sont issus de la même généalogie macabre que les vampires.

— Seigneur ! s'exclama Seward. Qu'êtes-vous en train de nous dire ? En plus d'admettre que de tels monstres vivent parmi nous, d'autres démons existeraient également ?

Un petit rire froid vint subitement secouer le giron de l'aristocrate. Etonné, les trois hommes se tournèrent alors vers lui.

—Vampires ou autres abominations… la folie finira par nous emporter, déclara-t-il d'une voix morte.

— N'est-ce pas déjà le cas ? demanda Abraham qui regardait fixement le lord. Si nous sommes sur ce bateau, en partance pour la Transylvanie, c'est que la démence nous a tous affectés.

O°O°O

Virgin plângând* la vierge pleureuse

Intoarcere* « De retour »

Dragă* « ma douce »