Ndla : Merci pour ton commentaire Lola ^^

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Chapitre 12

Quelques restes d'innocence

La porte de la Virgin Pangland s'ouvrit brusquement pour claquer contre le mur. Tous les regards des personnes dans la pièce convergèrent alors vers les étrangers qui venaient de pénétrer dans l'auberge.

Arthur s'avança le premier et se retint de faire immédiatement demi tour. Derrière lui, Jonathan, Jack et Van Helsing entrèrent dans l'établissement et ressentir aussitôt la même impression que l'aristocrate.

Les yeux de tous ces inconnus étaient hostiles. Une rumeur menaçante ne tarda pas à s'élever tandis qu'un homme s'approchait déjà d'eux, visiblement prêt à les mettre dehors.

— Pardonnez-moi, déclara Van Helsing d'une voix forte en roumain.

Il s'était adressé directement à l'aubergiste derrière son comptoir crasseux.

— Mes amis et moi-même avons soif, poursuivit-il. Nous prendrions volontiers de quoi nous désaltérer et offrons même à tous ces braves gens de quoi étancher aussi leur soif !

L'homme qui s'était approché s'immobilisa et regarda le tenancier.

— Eh bien n'avez-vous pas soif messieurs ? continua toujours l'universitaire en s'approchant du comptoir.

Sur ces mots, il sortit de sa poche plusieurs pièces d'argent qu'il posa devant l'aubergiste.

Ce dernier, qui le regardait jusqu'à alors d'un œil méfiant, changea d'attitude. Il hocha la tête et bredouilla quelques paroles incompréhensibles tout en alignant plusieurs godets sur le plateau de bois.

Van Helsing se tourna vers ses compagnons pour leur faire signe d'avancer. Obéissant, ils se dirigèrent vers le comptoir.

— Tenez, leur dit Abraham d'une voix ténue. Buvez !

— Je ne crois pas... commença Jack sur le même ton.

— Je vous conseille de boire, le coupa Van Helsing. Nos nouveaux amis n'accepteraient guère qu'on refuse leur seul boisson.

— Qu'est-ce que c'est ? demanda Arthur, circonspect.

— Qu'importe, répondit le clerc en portant le godet à ses lèvres.

Abraham, Arthur et Jack fit de même et tous se retirent de grimacer sous le gout âpre et bon marché du breuvage.

Bon comédien, Van Helsing se tourna vers l'assemblée pour lever son verre. Avec soulagement, il vit tous les hommes boire à leur tour, certains d'entre eux bredouillant même quelques exclamations satisfaites.

S'ils n'étaient pas tout à fait acceptés, du moins ne coucheraient ils pas dehors cette nuit.

Les quatre amis attendirent au moins une heure pour se sentir intégrés aux locaux. A renfort de tournées payées, ils obtinrent enfin une relative sympathie des rustres qui occupaient la salle.

— Dites-moi l'ami, auriez-vu une belle jeune femme brune ? Une étrangère ? demanda Van Helsing.

— Ca se pourrait bien, répondit l'homme en grattant son menton.

— S'agit-il de cette femme ? demanda Abraham en lui montrant la miniature de Mina que Jonathan venait de lui donner.

L'aubergiste émit un petit rire gras et fort significatif.

— Ouais... on s'rait bien montés lui dire bonne nuit...

Incapable de traduire les paroles du roumain, le clerc comprit pourtant quelles intentions la venue de son épouse avait engendrée. Échauffé, il s'apprêtait à passer par dessus le comptoir quand il sentit le bras de Van Helsing contre sa poitrine. D'un regard, ce dernier lui fit comprendre de s'abstenir tandis qu'Arthur posait déjà une main amicale sur son épaule.

— Etait-elle seule ? demanda Van Helsing en poussant distraitement deux autres pièces devant l'homme.

— Bah ! Si elle l'avait été, ça nous aurait fait de sacrés souvenirs !

— Elle était avec un homme ? continua-t-il.

L'aubergiste fronça ses sourcils broussailleux.

— Non. Elle était avec... Crina.

Il avait prononcé ce dernier mot avec réticence manifeste.

— Crina ? insista l'universitaire.

— Une strigoï...

Les iris clairs d'Abraham s'écarquillèrent mais il ne laissa rien paraître de son trouble.

— Sont-elles encore ici ? demanda-t-il d'une voix monocorde.

— Elles ont loué une chambre mais la fille est partie. La vielle est encore là ! Enfin... elle va et vient... ca fait deux jours qu'elle a disparu mais je préfère ne pas toucher à leurs affaires ! Si elle revient et que son fouillis n'est plus là, je...

— Leurs affaires sont encore là ? s'étonna le Hollandais.

— Que dit-il ? les interrompit impatiemment Jonathan.

A peine Van Helsing eut-il expliqué que Mina avait séjourné ici que le clerc se précipitait à l'étage.

Il ouvrit brutalement les portes jusqu'à trouver celle qui portait encore la trace du passage de son épouse.

Sur le lit étroit était encore posé son bagage d'où s'échappait un gant immaculé.

Une fine sueur recouvrit son front malgré la température fraîche de la chambre. Ses yeux sombres étaient brillants comme s'il était fiévreux...

Lentement, il s'approcha de la couche grossière et extirpa le gant de Mina. Ses mains tremblaient alors qu'il humait le tissu délicat. Ce dernier portait encore le parfum poudré de sa femme et celle de sa peau...

— Jonathan ?

Dans l'encadrement se tenait Arthur et Jack.

Il ne répondit pas mais déglutit difficilement en rangeant le gant dans sa poche. D'un geste nerveux, il retourna le bagage qu'il secoua sur le lit pour en faire tomber son contenu. Divers effets personnels roulèrent sur le drap jusqu'à libérer un livre à la reliure de cuire.

Le journal de Mina.

Un silence pesait sur la petite chambre. Van Helsing qui avait rejoint les trois hommes scrutait la pièce avec intention.

Ce n'était pas les effets de la jeune femme, anodins, qui l'interpellaient mais ceux de son accompagnatrice : une multitude d'herbes et de fleurs séchés étaient disposés ci et là. Au centre de la pièce reposait même une sorte d'autel étrange. Des cailloux et des morceaux de bois disposés circulairement entouraient un tas de brindilles et de pétales brunâtres. Dessus, une espèce visqueuse comme de la boue ou de la mélasse recouvrait l'étrange petit tas.

— Qu'est-ce donc ? demanda Jack qui regardait, lui aussi, le curieux rassemblement au centre de la chambre.

— Je ne saurais le dire, répondit Abraham en s'approchant.

— Sorcellerie... grinça Arthur en posant un regard dégoûté sur les objets insolites de la pièce.

— Vous ne croyez pas si bien dire, répondit l'universitaire en prenant un peu de mixture entre ses doigts.

Seward émit une exclamation répugnée tandis que Van Helsing humait la substance.

Tant concentré sur les affaires de son épouse, Jonathan n'avait pas prêté attention au contenu de la chambre. Près de la fenêtre, il tenait fermement le journal de Mina entre ses mains fébriles. Les mots, plus traitres les uns que les autres, se succédaient pour lui cracher une vérité immonde.

Sa femme l'avait trompée pour mieux retrouver cet enfer et ce monstre qu'il avait réussi à terrasser.

— Jonathan ? l'interpella Abraham.

Le visage du clerc était devenu livide mais ses yeux étaient plus noirs que jamais.

Il était arrivé à la dernière page de son journal.

"J'ai enfin rejoint la patrie de mon amour. Cette terre m'appelle comme si elle m'avait vu naître et je sens au plus profond de moi que j'y suis liée", annotait-elle. "Ecrire ces mots me ravie et me peine tout à la fois quand je pense à Jonathan. Il m'aime. Je le sais mais je n'y puis rien. Mes sentiments envers lui ne se bornent qu'à une tendresse désormais souillée. Je suis pourtant sa femme, devant Dieu et les hommes, mais pas dans mon cœur. J'appartiens à mon Prince.

Je lui ai toujours appartenu sans même le savoir…"

Les feuilles du livre étaient désormais froissées tant Jonathan le serrait entre ses doigts.

" Si seulement je pouvais dissoudre son amour pour moi… Il ne me laissera pas une deuxième fois retrouver mon Prince. Je l'ai lu dans son regard.

Je sais désormais qu'il est mon ennemi."

— Seigneur, siffla-t-il.

" Puisse Dieu nous pardonner pour cet affront."

Un cri de rage sortit de sa gorge compressée tandis qu'il lançait le journal contre le mur.

Surpris, Arthur et Jack se tournèrent vers lui. Van Helsing, lui, fixait déjà le clerc avant même qu'il ne projette le livre à travers la chambre.

Un changement s'était opéré chez Jonathan Harker, un changement pourtant invisible que Van Helsing n'avait pas manqué de remarquer.

Son âme venait de s'assombrir.

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Mina avait passé la journée a exploré le Bosquet des Fous sans pouvoir accéder à toutes les pièces du château. Certains endroits demeuraient totalement inaccessibles tant il étaient abîmés mais la bâtisse n'avait pas encore livré tous ses secrets.

Le temps avait fait son oeuvre. Ce qui avait dut être une magnifique demeure dans un écrin de verdure était désormais une ruine.

Chaque pas qu'elle faisait, chaque porte qu'elle poussait faisait battre le cœur de la jeune femme. Ce lieu était imprégné de la même essence que son amour perdu et Mina avait presque l'espoir de découvrir son Prince au détour d'un couloir.

La nuit était arrivée, posant sur les cieux roumains un voile noir et opaque. Il floconnait légèrement mais les petits cercles blancs étaient visibles dans l'obscurité.

Un bruit se fit entendre quelque part au rez de chaussé. Alertée, la jeune femme se précipita jusqu'à l'escalier principal. Au pieds des marches se tenait Marcus, auréolé par le faible halo d'une bougie. Dans ses bras reposait une petite forme emmitouflée dans une couverture sombre. Une main menue et blanche dépassait du tissu sombre...

Relevant le bas de sa robe, la jeune femme se hâta vers le vampire avant de s'immobiliser au milieu des marches.

Un faible sourire teinté d'ironie étira les lèvres de Marcus.

Il lisait en elle comme dans un livre ouvert, un livre qu'il aurait lui même écrit.

— Comment allez-vous, Madame Harker ? demanda-t-il en s'arrêtant à sa hauteur.

La jeune femme avait les yeux baissés et serrait ses doigts entre ses mains crispées.

Il émit un petit rire grinçant avant de gravir les dernières marches. Tandis qu'il disparaissait à l'angle d'un couloir obscur, Mina tourna la tête et vit quelque chose gésir sur les marches poussiéreuses.

Une poupée aux longs cheveux noirs...

Hésitante, Mina poussa la porte du bureau de Marcus. Ce dernier était penché sur le feu qu'il avait allumé dans la vielle cheminée sculptée. La tiédeur de la pièce fit courir un frisson sur la peau de la jeune femme, plus habituée ces derniers temps à de basses températures.

Le vampire lui tournait le dos. Il avait installé l'enfant près de lui pour qu'elle bénéficie de la chaleur des flammes. La fillette était allongée sur plusieurs linges qu'il avait pris soin d'entasser pour lui constituer un matelas de fortune.

Mina enfonça ses ongles dans la paume de sa main en entendant l'haleine de l'enfant. Le crépitement irrégulier des flammes ne suffisait pas à masquer la respiration rauque et douloureuse de la petite fille.

La jeune femme s'approcha délicatement mais resta néanmoins à bonne distance. D'une main toujours tremblante, elle posa la poupée contre la fillette. En ce même instant, le regard de Mina effleura celui de l'enfant et son souffle se coinça dans sa gorge.

La souffrance était si visible sur le petit visage de l'enfant qu'il était insupportable de la regarder. Plaquant une main sur sa bouche pour étouffer un sanglot, Mina se redressa et se rua hors de la pièce.

Contre le mur du couloir, elle s'affaissa en se couvrant le visage de ses mains. Elle entendit à peine la porte du bureau s'ouvrir.

— Ne prenez pas cette peine, dit le vampire en s'arrêtant près d'elle.

— Elle aurait pu être l'une de mes élève, gémit Mina sans pouvoir s'en empêcher.

Aucune larme ne parvenait à franchir la barrière de ses yeux mouillants. Cependant, une colère violente mêlée de culpabilité la faisait ployer sous son poids douloureux.

— Finalement, il n'a pas ôté toute humanité en vous. Qu'est-ce qui vous dérange le plus ? Le fait que nous l'offrons à cette femme ou qu'elle soit dans cet état ?

Elle leva furieusement ses yeux vers lui mais les mots restèrent coincés dans sa gorge. Lui émit de nouveau un petit rire cynique.

— Je vois, dit-il. Inutile de vous en faire. Avec ou sans notre intervention, cette fille sera bientôt morte. Elle souffre d'un mal incurable.

Un silence suivit ces paroles. Marcus ne cessait d'observer la jeune femme. Encore une fois elle l'étonnait. Il avait cru que Dracul s'était approprié chaque parcelle de son âme jusqu'à l'enserrer dans l'étau de son amour. Pourtant, la jeune Madame Harker n'était pas comme ces autres créatures qu'il avait vu tomber sous la domination du Prince pendant tous ces siècles.

Elle l'aimait non comme un sujet envoûté mais comme un sujet humain.

Il voyait dans ses yeux le combat mené par sa conscience contre son amour ténébreux et surement Dracul l'avait remarqué... et l'avait aimé d'avantage encore.

— A-t-elle un nom ? demanda Mina en se redressant.

— Non, répondit-il. Du moins je ne le connais pas. Je l'ai...

— C'est très bien ainsi, le coupa-t-elle en le regardant des les yeux. Il est inutile qu'elle en ait un.

Le vampire était fasciné. Cette sombre détermination était réapparue dans le regard de la jeune femme même si le léger tremblement de ses lèvres rappelait son affreux dilemme.

Et c'était bien ainsi qu'elle était la plus belle, partagée entre l'ombre qui la désirait et la lumière qui émanait de son cœur.

Une vision emplit l'esprit de Marcus. Il la vit nue, dans un lit de soie noire au dessus d'un vitrail doré. A travers les carreaux de verre passaient les rayons d'un soleil brûlant qui la nimbaient d'une aura blanche. Seul son corps était illuminé, le reste étant recouvert par l'obscurité comme si elle flottait sur un océan de ténèbres.

Le vampire serra les poings sous la violence de son désir. Jamais il n'avait souhaité quelque chose aussi ardemment.

Un son aiguë se fit entendre, pourtant faible mais assez grinçant pour que le vampire et la jeune femme l'entende du couloir. Marcus pénétra dans le bureau et s'accroupit auprès de l'enfant. Ses yeux révulsés laissaient couler des larmes sur ses joues cadavériques. Elle tremblait abominablement sous la transe macabre qu'il la possédait. Les couvertures s'étaient retroussées dans son agitation et découvraient ses jambes couvertes de boursouflures sanguinolentes. Tout son petit corps était couvert de sueur...

Mina qui était entrée dans la pièce s'immobilisa mais ne s'enfuit pas.

— Que lui arrive-t-il ? demanda-t-elle faiblement.

— Sa fièvre a augmentée, répondit-il en découvrant totalement la fillette. Dans ma veste se trouve du laudanum et une seringue ! Prenez-les !

Tout en parlant, il s'était dirigé vers la fenêtre avec l'enfant dans ses bras. Il la porta jusqu'au profond renfoncement de la fenêtre pour l'allonger sur la pierre froide. Le vampire ouvrit la fenêtre qui fit circuler un air glacé dans la pièce.

Mina trouva rapidement le flacon et la seringue qu'elle s'empressa d'apporter à Marcus. Avec des gestes précis, ce dernier préleva du laudanum avant de relever la manche tachée d'humeur, de sueur et de sang de l'enfant.

Il s'adressa doucement à la petite qui convulsait toujours. Mina ne comprit pas le sens de ces paroles prononcées en roumain. Alors qu'il parlait, elle remarqua les tremblements de l'orpheline diminuer comme si les murmures de Marcus parvenaient à l'apaiser.

Quand elle fut assez immobile, il piqua sa chair malade pour introduire le laudanum dans son sang.

En voyant la quantité de drogue qu'il injectait dans ses veines, la jeune femme posa vivement une main sur le bras du vampire.

— Mina... souffla-t-il sans quitter l'enfant des yeux.

Elle saisit immédiatement ce qu'il lui disait silencieusement. Sans cette dose, même excessive pour un homme adulte, était nécessaire à la fillette. Le but était de calmer un maximum son agonie et non de traiter son mal.

— Bien... murmura-t-elle en laissant retomber son bras.

Encore et toujours le même combat, pensa Marcus qui retirait doucement l'aiguille du bras décharné de l'enfant.

Le visage de la petite s'était quelque peu détendu. Ses yeux voilés fixaient le ciel noir à travers l'encadrement de la fenêtre. Un flocon voleta jusqu'à elle pour s'écraser sur sa joue encore brûlante.

Elle émit alors une exclamation, une sorte de croassement aiguë et tenta faiblement de lever sa main. Ses lèvres craquelées esquissaient un semblant de sourire...

— Tu aimes la neige, mon ange... dit Marcus en caressant le crâne clairsemé de l'enfant.

Mina ne regardait plus l'enfant mais le vampire. Jamais elle ne l'avait vu réagir ainsi et faire preuve d'autant de tendresse.

— Voulez-vous bien approchez son lit, s'il vous plait ? demanda-t-il sans la regarder.

La jeune femme obéit et avança la couche sommaire près de la fenêtre.

— Elle sera mieux ici au cas où sa température augmenterait à nouveau, dit-il en prenant la fillette pour la poser sur les draps. D'ici tu pourras voir le ciel, ajouta Marcus.

Il prit même soin de poser sa poupée contre elle avant de refermer la fenêtre.

Mina s'éloigna pour s'approcher des flammes de la cheminée. S'agenouillant devant, elle tendit ses mains pour les réchauffer. Un froid insidieux l'enveloppait tout entière.

— Ca ne la sauvera pas mais la maintiendra encore un peu en vie.

Un sourire glacé étira à peine les lèvres de Mina.

— Et de cela nous ne serons jamais pardonnés, répondit-elle.

Il l'interrogea du regard mais la jeune femme fixait toujours le feu danser dans l'âtre.

— Garder dans un semblant de vie cette enfant qui souffre à chaque fois qu'elle respire... je ne me le pardonnerai pas.

Un silence étrange suivit ces paroles avant que le vampire ne le brise :

— Pourtant le pardon viendra bien de cet enfant même si aucun de nous deux le mérite ! dit-il d'une voix sombre. Il sera le seul à nous le donner car son innocence est telle qu'il nous ouvrirait directement les portes du paradis pour avoir seulement prononcé quelques mots gentils.

D'un geste souple, il releva Mina et serra ses épaules entre ses mains.

— Alors ne vous apitoyez plus sur cette fille, Madame Harker. Elle mérite que vous acceptiez tout ce qu'il lui reste à donner !

Mina hocha doucement la tête, ses yeux ancrés dans les siens.

Les lèvres du vampire étaient à quelques centimètres de celles de la jeune femme mais il recula pourtant.

— Tenez-vous prête pour demain soir, lui ordonna-t-il en remettant sa veste.

— Où allons-nous ? demanda-t-elle.

Un sourire mauvais habilla les traits de Marcus.

— Récupérer les restes de votre cher Prince.

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