Voici la suite, j'espère qu'elle vous plaira. Désolée pour l'attente, la suite devrait arriver plus rapidement, le prochain chapitre est déjà en cours de rédaction et j'ai les idées pour le suivant.

Bonne lecture

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Tandis que la cuisson s'achevait, Robin était en train de fouiller dans son placard afin de trouver ce qu'il avait qui lui semblait le mieux à porter. Ce n'était pas n'importe qui qu'il recevait ce soir, il s'agissait du maire de cette ville : une femme très élégante et il se devait d'être à la hauteur. Il ne pouvait se permettre une tenue de baroudeur en de telles circonstances. Sachant qu'il n'avait pas beaucoup de temps, il s'empressa d'enfiler le jean noir qu'il avait trouvé - celui-ci le seyait à la perfection, soulignant qu'il avait ce qu'il fallait, là où il fallait- et une chemise blue-jean. Il se saisit également d'un veston qu'il enfila sans le refermer. L'adjoint du shérif referma le tiroir des cravates en y ayant à peine jeté un coup d'œil. Ca ne le branchait pas du tout. Alors qu'il retournait à la cuisine, la sonnette retentit et après avoir fait signe à Roland de rester dans le salon, il gagna l'entrée.

Robin fut subjugué par la beauté qui se tenait face à lui. Il avait bien conscience de l'attirance que pouvait provoquer cette femme mais superbe était un euphémisme pour la décrire. Regina savait y faire en élégance, on ne pouvait lui dénier cela. Elle portait une magnifique tenue : un bustier dans des tons très clairs qui mettait en valeur ses atouts féminins juste ce qu'il fallait. La jupe débutait légèrement en dessous de sa poitrine ceinte par une ceinture ornée d'une fleur. Bien droite, le vêtement marron descendait jusqu'à ses genoux. Le tissu, du satin, ne pouvait que donner envie d'aller toucher la brunette afin d'en sentir la douceur sous ses doigts.

Rapidement heureusement, le voleur reprit ses esprits et fit entrer la jeune femme dans le petit appartement. Roland arriva alors ramenant complètement Robin à la réalité et brisant la gêne qui s'était installée. Le petit était à la fois curieux de découvrir qui était l'invitée ce soir et en même temps il s'était réfugié contre son père, tout timide. Prenant sur elle pour ne pas laisser refluer toute sa tristesse au sujet d'Henry, la brunette s'accroupit et tendit la main au petit garçon.

" - Bonjour toi,

- Zour." Murmura-t-il après avoir osé prendre sa main.

Regina lui offrit son plus beau sourire et lui serra doucement la main. Cela fait, elle se redressa. Robin, en véritable gentleman la débarrassa du manteau qu'elle portait à la main puis la conduisit jusqu'au canapé et sur la table basse un apéritif était installé. Le garçonnet y courut et se mit à grignoter les cacahuètes en silence, observant leur invitée. Il ne fallut qu'une petite minute à l'hôte pour revenir et il servit deux verres de whisky puis un de jus de fruit pour son fils. Robin leva son verre pour les inviter à trinquer.

" - Que célèbre-t-on ?

- Le début d'une nouvelle vie ? Suggéra-t-il, profiter d'être ici pour recommencer et tourner la page des souffrances liées à la Forêt Enchantée ?

- Je vous le souhaite, à tous les deux."

Les trois verres s'entrechoquèrent, bruit qui fut accompagné du rire innocent et léger de Roland. Celui-ci insista pour recommencer car ça l'amusait. Un petit sourire en coin, Regina lui accorda à condition qu'il fasse doucement pour ne pas risquer de casser le verre, puis elle l'enjoignit à boire. Robin observait la scène en souriant. Cela faisait plaisir de voir le petit s'amuser lui qui était très réservé depuis la perte de sa mère.

" - Quel âge as-tu ? Questionna Regina.

- Trois ans, répondit-il d'une petite voix, accompagnant ses mots d'un geste de la main.

- Oh mais tu vas bientôt pouvoir aller à l'école.

- Il va falloir que je m'en occupe, en effet.

- Tu vas rencontrer d'autres enfants avec qui tu pourras jouer et t'amuser, assura-t-elle face à la moue sceptique qu'affichait Roland depuis qu'il avait entendu le mot "école".

- Oui, tu pourras te faire des copains et on les invitera à la maison," renchérit Robin.

Le temps de finir leur verre, les deux adultes continuèrent de tenter de parvenir à faire apprécier l'idée de l'école au garçonnet qui face à l'annonce d'un tel amusement commençait à croire que l'école, finalement, c'était pas si terrible que ça en avait l'air. Ils passèrent ensuite à table et Robin fit le service de manière impeccable. L'ancienne Reine ne put que le complimenter sur sa cuisine, il aurait fallu être de très mauvaise foi pour ne pas reconnaître que c'était succulent, ce à quoi Roland répliqua :

" - C'est normal c'est la recette de ma maman."

Une telle remarque jeta en quelque sorte un froid, Regina était embarrassée car elle ne savait que répondre au petit garçon. Elle lança un regard à Robin qui ne savait pas trop non plus que dire car il savait que c'était encore un sujet si sensible et il ne voulait pas attrister son fils et gâcher par la même occasion ce bon moment.

"- Ta maman devait être une excellente cuisinière, finit par souffler Regina doucement.

- Oui c'était la meilleure des mamans.

- Je n'en doute pas," murmura-t-elle.

Le petit garçon se remit à manger avec appétit ses lasagnes et Robin remercia silencieusement son invitée d'un regard. Il devait bien avouer que jamais il n'avait pensé que celle que l'on appelait la Reine Maléfique pouvait faire preuve d'autant de sensibilité alors qu'elle s'était montrée si cruelle envers Blanche-Neige. Depuis qu'ils étaient arrivés à Storybrooke, chacun de ses actes montrait une personne complètement différente et elle ne cessait, à chaque instant, de le surprendre. Il devait avouer que c'était agréable et que plus il voyait cela, plus il avait envie de la connaître davantage. S'il devait être complètement honnête avec lui-même, peut-être avouerait-il même que ça lui plaisait... Qu'elle lui plaisait.

Roland fut couché après avoir mangé sa part de gâteau car il commençait à se faire tard pour un garçon de son âge. Les deux adultes se retrouvèrent donc seuls pour finir leur dessert. Après une hésitation, Regina osa aborder le sujet délicat :

" - Roland a perdu sa maman depuis longtemps ?"

La brunette ne se souvenait pas d'avoir vu une femme qui pouvait être la mère du garçonnet durant leur année passée au Pays des Contes. Robin se mit à jouer avec sa fourchette.

" - Depuis plus d'un an maintenant... Mais elle lui manque terriblement. Enfin ça va mieux petit à petit... Mais les premiers mois ont été très difficiles.

- Pour vous aussi j'imagine...

- Surtout quand on se sent responsable de la perte de celle que l'on aime."

Regina hocha la tête. Elle ne savait que trop bien à quoi faisait illusion son hôte. Même si elle avait toujours rejeté la faute sur Blanche et son incapacité à garder un secret, l'ancienne reine n'avait jamais pu s'empêcher de se sentir coupable si Cora avait pu tuer Daniel.

" - J'espère qu'un jour une femme pourra être présente dans sa vie et lui apporter ce qu'une maman apporte à son enfant..."

Leurs yeux se croisèrent et ni l'un ni l'autre n'osait rompre l'échange malgré l'embarras ressenti des deux côtés. Il y avait une intensité dans chacun de leur regard qui rendait la chose en quelque sorte irréelle, créait une tension que Regina finit par rompre.

" - Je crois que je vais vous laisser. Il se fait tard et nous avons tous les deux du travail qui nous attend demain. Merci pour ce très agréable repas. C'était un plaisir, reconnut-elle.

- Tout le plaisir était pour moi, votre Majesté.

- Merci quand même, voleur."

Il n'y avait presque plus d'ironie dans cette manière de s'adresser à l'autre, plutôt du respect désormais. Robin lui apporta son manteau qu'elle enfila en silence. Alors qu'elle passait ses cheveux par dessus le vêtement, il ne pouvait s'empêcher de contempler sa beauté. Oui, c'était sûr maintenant, il était complètement attiré par la jeune femme. Il lui ouvrit la porte puis se plaça sur le seuil pour lui dire au revoir. Regina quant à elle ne savait trop quelle attitude adopter : oui elle se sentait totalement sous le charme du voleur mais elle avait de grandes réticences. La manière dont il avait parlé de la mère de Roland un peu plus tôt... Elle avait pu sentir qu'il éprouvait toujours des sentiments pour elle. Et à bien y réfléchir, sans doute qu'elle pouvait le comprendre. Madame le maire avait peur de tomber de nouveau amoureuse et de trahir celui qu'elle considérait comme l'amour de sa vie en donnant son cœur à un autre.

" - Et bien, bonne nuit, le salua-t-elle assez hésitante.

- Bonne nuit."

Les yeux du jeune père dévoraient littéralement le visage de Regina. Il sentait en lui un désir grandissant et dans une impulsion soudaine, il posa sa main sur son épaule et comme elle ne se dégageait pas, il saisit ses lèvres avec délicatesse. A bout de souffle, il recula et chercha à comprendre ce qui se passait dans l'esprit de Regina en déchiffrant son regard mais c'était bien trop confus et ce même pour elle, alors il n'avait pas vraiment de chance de le deviner.

" - Bo... Bonne nuit," répéta Regina avant de disparaître dans le couloir.

Elle tourna les talons et à pas rapides gagna la cage d'escalier qu'elle descendit aussi vite que possible. Une fois dans sa voiture, l'ancienne reine prit une grande inspiration comme elle tentait de comprendre ce qui venait de se passer. Elle ferma les yeux puis démarra tout en tentant de chasser ce baiser de ses pensées. Une bonne nuit de sommeil lui permettrait sans doute d'apaiser tout ce qui occupait son esprit l'empêchant de réfléchir rationnellement. La brunette démarra mais malgré tous ses efforts, elle ne pouvait chasser cet instant de ses pensées. Cela conduisit à un manque de concentration qui lui-même provoqua l'absence de réaction, ou du moins le réflexe ne fut pas assez rapide, qui la mena à percuter une voiture prioritaire arrivant à vive allure à sa gauche. Tout devint alors noir et le tumulte qui l'avait envahie s'apaisa alors.

Tbc