Bouh les amis !

Z'allez bien ? Moi en tout cas oui ! Je me suis amusée à écrire ce « petit » chapitre, et à dresser l'alibi de tout le monde (oui oui je me la joue Hercules Poirot) Je pourrais vous le montrer dans un chapitre futur. Faudrait déjà que Reyna et Léo se mettent à enquêter pour ça x)

'Fin bref, je vous laisse lire, j'ai plus rien à dire !

Q.G du Maître, 19h00

Kathleen, Tyra et Jay revinrent « chez eux », là où leur Maître les attendait. Et si Tyra chantonnait une comptine, Jay et Kathleen se disputaient violemment. Leurs paroles fusaient. Il était très rare qu'ils oient en colère l'un contre l'autre, ils avaient appris à tout accepter chez l'autre. Mais pour Jay, quelque chose n'était pas passé dans le comportement de son amie. Il ne supportait pas qu'elle n'ait pas accompli leur mission du jour et qu'elle soit partie sans rien leur dire. Elle avait suivi son propre chemin. Et elle ne leur en avait même pas parlé, malgré leur promesse de toujours accomplir leurs mission et d'aller voir le plus offrant ensemble. Ils passèrent par la salle de bains ensemble, comme à leur habitude. Tyra était très pudique malgré tout. Mais Jay et Kathleen s'étaient vus dénudés ensemble et à plusieurs reprises sans qu'il ne se passe quoi que ce soit entre eux. Ils avaient juste besoin de cela pour pouvoir soigner les plaies de l'autre quel que soit leur emplacement. Alors se changer complètement ou prendre leur douche tandis que l'un des deux est aussi dans la salle de bains ne les gênait pas outre mesure. Elle justifiait son comportement, il balayait ses arguments du revers de la main. Elle finit par se taire, sans s'avouer vaincue pour autant. Vêtue d'un blue jean, d'un T-shirt noir avec La Faucheuse pour tout motif et ses cheveux détachés, elle sortit de la pièce, en poussant un grognement très lupin. Jay leva les yeux au ciel et lui emboîta le pas. Tyra était déjà dans la salle de réunion et semblait avoir elle aussi, une discussion très agitée. Curieux, les deux mercenaires se plaquèrent au mur et écoutèrent la conversation. Comme chaque fois qu'elle s'énervait, Tyra avait de nouveau cet accent dur et quelques mots de russe fusaient, spontanément, notamment les jurons.

« -Vous ne pouvez !

-Si. Si je le peux. Si cela est nécessaire je le peux.

-Je vous l'interdis !

-Tu n'as pas à m'interdire quoi que ce soit Tyra. Non seulement je t'ai sauvé la vie, mais tu sais que tu me dois bien plus que ça. »

Tyra cria quelque chose en russe. C'était pas un russe compréhensible. Par russe compréhensible, on entend des mots proches de l'anglais. Non. Là c'était du russe pur et dur.

« -Tyra ! N'oses pas parler russe avec moi ! »

Un claquement retentit dans l'air. Le bruit d'une gifle. Un dernier mot sifflé en russe et la fille aux cheveux roses sortit de la pièce, furibonde, son fusil entre les mains. Kathleen et Jay plaignirent quiconque croiserait son chemin. Elle se mettait rarement en colère. Mais quand c'était le cas, elle tirait sur tout ce qui bougeait -ou ne bougeait pas d'ailleurs- et était d'une humeur de chien. Elle ne leur adressa aucun regard. Elle marmonnait des mots, rageuse. Et parmi ces mots, Kathleen perçut le mot « père ». Et elle se rendit soudainement compte qu'elle ne savait rien du passé de celle qu'elle pouvait presque considérer comme sa meilleure amie. Son caractère extravagant lui avait toujours suffi et avait toujours rassasié sa curiosité. Ils entrèrent dans la salle de réunion, se préparant çà affronter leur Maître, autant en colère que Tyra l'était en sortant. Il les accueillit par un grognement. Kathleen s'attendait à une pluie de réprimandes quant à sa désobéissance. Elle ne s'attendait certainement pas à parler de son amie.

« -Tyra peut être infecte quand elle s'y met... Je ne la reconnais même plus dans ces moments là... Elle oublie parfois qui je suis et quelle autorité j'ai sur elle. Elle en oublie même qu'elle me doit bien plus que la vie...

-C'est pour ça qu'elle dit que vous resterez longtemps le plus offrant ? Demanda Kathleen.

-Oh ? Elle dit cela ?

-Euh.. Oui... Parfois... Quand elle ne grogne pas contre vous. Elle vous mentionne rarement.

-Et à juste titre... Elle n'a pas le même âge que vous mentalement.. Elle reste une simple adolescente... Elle fait sa crise aujourd'hui, ce n'est rien. Je lui ai juste donné le goût des armes un peu trop tôt...

-Sans vouloir me montrer indiscret, Maître, qui êtes-vous par rapport à elle ? Questionna Jay, les sourcils froncés et l'air pensif.

-Son père, jeune homme. Juste son père. »

Les deux mercenaires étaient abasourdis. Jamais ils n'auraient cru que cette idée de « lui devoir la vie » allait jusque là. Si elle existait, c'était grâce à lui. Kath' comprit alors dans quelle mesure. Elle regardait Jay et devinait ce à quoi il pensait. Il devait être un peu jaloux de Tyra. Il n'avait jamais connu son père, lui. Il ne savait même qui c'était. Il n'avait jamais eu un signe, il n'avait jamais été reconnu par son parent divin. Il savait juste que c'était un homme étrange et changeant, fuyard, et qu'il lui ressemblait beaucoup. Il tenait toutes ces informations de sa mère. Jay allait rarement la voir. Et Kathleen lisait sur son visage lorsque c'était le cas. Il n'y était allé qu'une seule fois depuis qu'ils se connaissaient. Il avait eu l'air si chamboulé et si meurtri qu'il avait mis plusieurs jours à s'en remettre. Il ne répondait même plus aux blagues de son amie, il semblait perdu dans une toute autre galaxie. Kathleen, elle, n'avait pas vu son père depuis bien longtemps. Depuis que j'ai fugué songea-t-elle. Et même avant... Elle le voyait rarement, il était toujours en mission à l'autre bout du monde. Elle le connaissait si peu qu'elle n'était pas triste de ne plus le revoir. Elle n'y pensait presque jamais. Leur Maître reprit la parole, après cet instant de réflexion profonde pour tous les trois.

« -Bien. Nous ne sommes pas là pour discuter de ma relation houleuse avec Tyra aujourd'hui, me semble-t-il. Je dois te parler Kathleen. Qui est devenu le plus offrant pour que tu n'accomplisses pas ta mission ?

-Moi. Je suis et je resterais le plus offrant vis-à-vis de moi-même. Je me garde en vie par ma seule volonté. Si je le veux, je peux mourir. Je sis le maître de mon destin. J'ai obéi à mes propres ordres.

-C'est une bonne réflexion.

-Mais Maître ! S'interposa Jay, elle a compromis notre mission ! Nous accomplissions un travail d'équipe, et comme Tyra et moi, elle était nécessaire à notre plan ! Nous avons failli nous faire prendre ! »

Leur Maître balaya l'argument de Jay du revers de la main, comme ce dernier l'avait fait plus tôt avec Kathleen. Le Chef semblait satisfait des pensées de la jeune fille, en dépit de tout ce que pouvait avancer le pirate informatique.

« -Tu es excusée Kathleen. Mais la prochaine fois, pense à m'en avertir afin que je ne m'offense. Tu sais combien ma personnalité peut être changeante... »

La brune hocha la tête, sans une once de culpabilité dans le regard. Il y avait même cette étincelle de fierté arrogante qui luisait dans l'obscurité étouffante de la pièce. Elle demanda à se retirer et sa le Maître lui en donna la permission, incitant Jay à en faire de même. Celui-ci avait une moue maussade dessinée sur les lèvres. Il boudait. On lui avait donné tort, alors qu'il était persuadé que c'était la faute de Kathleen. C'était une réaction immature. Mais entre eux, ils se comportaient rarement comme des adultes, ce devait être l'influence bénéfique de Tyra. Kathleen lui sauta sur le dos et s'agrippa à lui, comme un bébé koala à sa mère et souffla dans son oreille, presque sensuellement :

« -Tu ne vas pas faire la tête pour si peu, si ? »

Seigneur Zeus, Jay avait oublié ô combien son amie pouvait être attirante quand elle s'y mettait. Et même s'il ne la voyait pas autrement que comme sa petite sœur, il restait un garçon avec des hormones et sensible à tout ce charme, à toute cette grâce nonchalante dans le corps de la brune.

Camp Jupiter, 19h02, Bureau de Reyna

Léo était assis en face d'elle. Il examinait les plans du Camp Jupiter, concentré. Un léger pli se formait entre ses sourcils. Reyna avait longuement hésité à les lui montrer, étant sûre tout d'abord qu'il allait les utiliser pour les attaquer. Puis il lui avait raconté le passage avec l'eidolon pour se justifier et frissonna à leur idée. Elle avait entendu parler de ces démons et même si elle ne l'avouerait jamais : elle en avait une peur bleue. Alors, l'excusant à demi, elle avait sorti ce plan. Il se modifiait en temps réel. Ils cherchaient par où le meurtrier avait pu se faufiler pour pénétrer dans le Camp sans être vu par les deux gardes de l'entrée qui donnait sur le tunnel. Parce que eux avaient juré de ne rien avoir vu. Juste la meute de loups de Lupa (ou tout du moins une partie, parce que la déesse-louve n'était pas présente en personne). Ils étaient entrés à 14 heures, partis à 17. Le meurtre s'était sur les coups de seize heures, peu de temps avant qu'Octave ne trouve le corps. Et pourtant... Personne n'était entré, personne n'était sorti. Il n'était pourtant pas physiquement possible de s'évaporer dans les airs ! Ils ont beau chercher et envoyer des légionnaires aux endroit soupçonnés, ils ne trouvent rien. Léo commence à abandonner, mais Reyna s'acharne. Elle refuse de croire que ce soit un légionnaire !

« Il y a quelque chose de mal qui se trame derrière tout ça.

-Non, jure ? Demande Léo, sarcastique.

-La ferme Valdez. C'est un modus operandi dont je n'ai jamais entendu parler avant. Les efnants de Trivia comme cette pauvre fille, et d'Hécate sont des faits à part mais liés aux autres disparitions.

-J'aurais pas deviné ! »

Il était fatigué. Et il devenait très fatiguant. Reyna dut se retenir pour ne pas lui mettre une gifle. Il était réellement insupportable. Mais elle savait qu'elle serait capable d'entrer dans son jeu du sarcasme. Elle le faisait rarement, se contentant de se montrer implacable, ce qui refroidissait habituellement les blagueurs de son genre. Mais pas lui. Il était un acharné. Et il semblait déterminer à la faire plier. Il ne lui arracherait pas un sourire et encore moins un rire. Il était hors de question qu'elle lui cède quoi que ce soit. Il n'aurait jamais ô grand jamais, le droit de voir la véritable Reyna, sous le masque de prêteur. Ça lui était formellement interdit, et ce, depuis qu'il avait tiré sur le Camp Jupiter. Même s'il était possédé par un eidolon, ça restait son corps, donc sa faute. Elle finit malgré tout par se lever, pliant la carte et la glissant dans sa poche. Il était l'heure d'aller dîner. Léo continua de la narguer silencieusement, du regard. Il l'énervait au plus haut point. Elle prit bien garde à s'éloigner de lui, espérant passer un repas tranquille. Mais c'était sans compter sur la présence d'Octave. Un boulet qui en remplace un autre. Mais le problème d'Octave, c'était qu'il était un boulet fourbe, un boulet avec qui il fallait choisir ses mots. On ne pouvait pas l'envoyer paître comme cela.

« Cette mort... Ce n'est pas bon pour les Légionnaires. Tu leur caches trop de choses Reyna et la vérité commence à être dévoilée. Et ce qu'ils apprennent sur leur si chère chef leur fait peur.

-Je n'ai rien à cacher, Octavius.

-Personne ne sait d'où tu viens.

-Je viens de nul part.

-Personne ne sait quel est ton passé avant d'arriver ici.

-Mon passé s'arrête au jour où j'ai rencontré Lupa.

-Personne ne sait qui tu es.

-Je suis personne. »

Le descendant d'Apollon fut mouché. Parce que non seulement elle lui donnait des réponses sans réplique possible, mais elle prononçait ces phrases avec une sorte de sincérité brute. Elle croyait ce qu'elle venait de dire. Elle venait de déstabiliser son adversaire. Il perdait l'équilibre, il ne restait plus qu'à le désarmer.

« Et maintenant, augure, tu ferais mieux de ne plus mentir à mon peuple désormais. »

Octave battit en retraite et s'éloigna. Il grommelait des choses incompréhensibles, mais Reyna ne voulait même pas savoir ce qu'il disait. Finalement, elle préférait largement la présence de l'insupportable fils d'Héphaïstos que de cet homme avec qui elle devait faire attention à la moindre de ses paroles.

Quartier Général du Maître, aux alentours de 23h.

Kathleen avait les yeux grands ouverts, dans son lit. Il n'était pas question de ne pas arriver à trouver un sommeil qu'elle savait inaccessible. Non. De toute manière, son taux d'adrénaline était bien trop haut pour qu'elle puisse dormir. Elle attendait. Elle percevait encore des bruits de pas. Elle attendait le cœur battant. Les sons s'évanouirent et disparurent. C'était le moment. Elle ne pouvait pas attendre. Elle s'empara des clés de sa moto, qu'elle avait pris soin de garder sur elle, et l'ordinateur de Jay qu'elle lui avait « emprunté ». Elle était habillée et chaussée déjà. Elle ouvrit sa porte sans bruit et se glissa à l'extérieur, telle une ombre. Elle n'avait que son couteau sur elle, celui avec lequel elle dormait, par précaution. Paranoïaque ? A moitié. Elle avançait sans faire de bruit afin de ne pas être prise sur le fait. Elle voyait la porte, au bout du couloir. Son échappatoire. Plus que quelques mètres et elle y serait. Allez. Encore. Encore un peu. Elle pouvait le faire. Quand soudain, une porte s'ouvrit en grinçant et Kathleen fit un bond de plusieurs mètres. Oh non ! On l'avait découverte ! Elle se retourna, le couteau à la main, depeur que ce soit un monstre qui lui voudrait la peau. Elle savait pourtant bien que l'enceinte était protégée ! Mais quelle ne fut pas sa surprise en découvrant une Tyra aux cheveux soigneusement tressés, vêtue décemment et le plus normalement du monde, avec simplement son petit calibre à la ceinture ! Elle crut défaillir. Elle l'interrogea silencieusement du regard, mais sa question lui revint. Ah. Elle aussi, elle essayait de fuguer. Il y eût de nouveaux bruits de pas, alors Tyra entraîna son amie vers la pièce de laquelle elle venait, quand elle avait fait peur à Kathleen. Elle alluma la lumière. C'était juste la chambre de son amie. Mais Kath' ne l'avait jamais vue. La pièce était petite, les murs étaient blancs et nus. Le lit était simple. C'était une pièce impersonnelle, et Kathleen ne s'y sentait pas bien. Mais elle était intriguée par son amie. Alors, restant debout, tandis que la fille aux cheveux rose s'asseyait, elle reposa sa question :

« Où allais-tu ?

-Voir ma mère.

-Ta mère ? »

Oui, Kath' ne s'était jamais imaginée la famille de Tyra. Ce mot là était tabou entre eux. Ils étaient leur propre et leur seule famille. Alors l'idée que Tyra aille voir sa mère chamboula la brune dans ses convictions.

« -Elle n'est pas morte ?

-Non. Je lui ai envoyé une lettre. Je ne me souviens plus d'elle, tu te rends compte ? Je n'ai aucun souvenir qui dépasse le jour où je me suis retrouvée ici. J'échange des lettres depuis plusieurs mois avec elle. Je ne vous en ai pas parlé, Je vois bien que Jay est blessé à chaque fois qu'il va voir la sienne. Et toi, tu restes fermée à toute hypothèse quant à elle. Tu lui en veux, mais tu veux pas dire pourquoi. Mais moi je ne lui en veux pas. Je me souviens que je l'aimais beaucoup avant de débarquer ici. Et je l'aime encore beaucoup. Et c'est pas mon père qui va m'en empêcher.

-C'est de ça que vous parliez avant qu'on entre, et que tu es repartie aussi énervée ?

-Oui, avoua la russe, un peu honteuse.

-Alors vas-y ?. Vas voir ta mère. Allez, ouste !

-Tu m'as pas dit toi, pourquoi tu voulais sortir.

-Je voulais prendre l'air.

-Moi c'est ça, mon œil ! Y a Jay qui t'attend pour une balade au clair de lune à mon avis ! »

Kathleen bondit sur ses pieds. Mais elle se rappela que Tyra ne faisait que la taquiner. Leur Maître avait raison. Elle n'était encore qu'une gamine qui aimait rire et embêter ses amis. Sa famille. Combien de fois la russe lui avait répété qu'elle était l'amante de Jay ? Combien de fois Kath' avait soupiré ou s'était mise en colère ? Jay était son frère. Jamais, ô grand jamais elle ne pourrait le voir autrement. Même si parfois, Aphrodite venait jouer avec ses rêves et tentait de lui faire croire le contraire. Tyra quitta la pièce en riant et Kathleen se laissa tomber sur le lit de son amie en soupirant. Et elle marmonna quelques mots en espagnol et s'endormit. Ce qu'elle ne savait pas, c'était que de l'autre côté de la cloison, un jeune homme avait attentivement écouté leur conversation. Et il était bien décidé à comprendre ce que Kathleen comptait faire dehors à une heure pareille.

Si vous avez un bon esprit de déduction, vous devriez comprendre comment le Meurtrier a fait pour entrer et sortir. Et puis qui c'est aussi, mais je vais pas trop vous en dire, j'ai déjà laissé bien trop d'indices dans le dernier chapitres. En tout cas, vous n'êtes pas au bout de vos surprises ! Au chapitre suivant... Ne vous fiez pas aux apparences, c'est un conseil...