Thème: Incendie
Auteur: Laytonmobile (maud_chan sur ce site)
spoiler: Layton et le Destin Perdu
Dans cette belle soirée d'été, alors que le soleil se couchait sur Londres, dans un quartier de la ville, la panique et le désespoir faisait rage.
Les passants courraient dans tout les sens, hurlant de peur, criant les noms de leur proches, au mieux emportés dans cette marée humaine, au pire coincé comme des rats dans cet incendie dévorant déjà la façades des immeubles.
Dans une de ses petites maisons, un couple se trouvait encore à l'intérieur, oublié par les pompiers débordés par les flammes et la foule en panique.
« -Maria! Maria! » cria un homme entre deux quintes de toux « je t'en pris, réponds moi! »
Thomas, cherchait désespérément sa femme dans ce qui fût autrefois sa maison. Déambulant dans ce qui restait du salon, ses cheveux bruns plaqués contre les tempes et la nuque par la sueur. La fumée lui piquait les yeux et lui irritait la gorge, il sentait la chaleur des flammes destructrices, à tel point qu'il crût plusieurs fois que le feu l'avait atteint pour de bon. La fumée devint tellement âcres et irrespirables que même le petit mouchoir qu'il avait trouvé dans la salle à mangée ne lui était plus d'une grande utilité.
Il voulu ouvrir la dernière salle du premier étage qu'il n'avait pas fouillé, la cuisine, mais il manqua de se brûler la main avec l'acier de la poignée, lui arrachant un petit cri de douleur. La porte refusait de s'ouvrir, il fini par la défoncé d'un coup d'épaule d'une grande violence, ce qui n'eût comme effet de l'entrouvrir qu'à moitié, accompagné d'un bruit de bois, craquant sous les braises. Il réussi à passer, se rendant compte qu'une des poutres porteuses de la cuisine s'étaient écroulé sous l'incendie, bloquant l'accès à la cuisine.
« -Maria! Maria! » reprit-il de nouveau.
Le même bruit que tout à l'heure se fit entendre, faisant comprendre à l'homme qu'il ne serait pas bon de rester ici plus longtemps, il ne lui resterait peut-être que quelques minutes avant de sortir avant que tout ne s'écroule. Soudain, un son atteint enfin ses oreilles dans cet enfer: Une sorte de plainte, très faible, mais humaine. Thomas remarqua avec horreur, le corps de sa femme apparaître sous une pile de bois carbonisé.
« -Oh mon Dieu, Maria! » s'écria-t-il. « Pourvu qu'elle sois vivante, pourvu qu'elle soit vivante...
… Pourvu qu'elle soit vivante, pourvu qu'elle soit vivante, pourvu qu'elle soit vivante... »
Depuis le moment où Hershel Layton avait vu cette colonne de fumée noire s'élever dans le ciel Londonien, il n'avait eu cesse de répéter cette phrase dans sa tête, espérant apercevoir un signe qui pourrait à jamais dissiper ses doutes. Hélas, plus il se rapprochait du lieu du drame, plus ses espoirs disparaissait. Allant dans le sens opposé à la foule, il fût bousculer dans tout les sens, ralentissant désespérément sa course effrénée vers la rue où se trouvait le laboratoire où travaillait sa petite amie, Claire. Il retenait tant bien que mal son précieux haut-de-forme qu'elle lui avait offert quelques jours plus tôt pour fêter son entrée à l'académie. Ce présent l'avait beaucoup touché, même si sur le moment, il n'avait pas réussi à l'exprimer. Il reprit un peu d'allure, bousculant en s'excusant les personnes affolés. Il essayait de reconnaître Claire parmi cette foule, espérant revoir sa chevelure rousse, cette belle silhouette, ces grands yeux noirs et ce sourire enchanteur...
« Non, elle est en vie! Elle est en vie!...
... Elle ne peut pas partir comme ça! »
Thomas, enlevait un à un les restes de la vieille poutre, écrasant le frêle corps de Maria. Ses beaux cheveux noirs, recouvrant le carrelage, se mêlaient à l'affreuse couleur rouge du sang, suintant sur le front de la jeune femme. Lorsqu'elle fût enfin dégagé,il l'a retourna pour regarder son visage recouvert de suie, contrastant avec sa peau si pâle. Il posa ses doigts sur sa nuque, cherchant désespérément son pouls... Et le trouva enfin! Un peu rassuré, il lui tapota la joue, essayant de la tirer de son sommeil. Maria ouvrit enfin ses yeux lourds et se redressa rapidement, emporté par une grosse toux.
« -Qu'est-ce qui se passe? » balbutia-t-elle »J'étais en train de faire la cuisine quand... »
« -Une prochaine fois Maria » coupa son mari « Nous devons vite sortir d'ici! »
Il l'aida à se relever, mais celle-ci n'arrivait plus à marcher toute seule, il la soutint donc par la taille, la serrant contre lui. Entre temps, les flammes gagnaient en force et en intensité, lorsqu'ils sortirent de la cuisine, le salon était méconnaissable. Le fauteuil préféré de Thomas partait en fumée, les tapisseries flambaient, l'horloge continuait son battement régulier, indifférente à l'anéantissement progressif du bois d'acajou qui protégeait son mécanisme. A chaque pas, le parquait menaçait de s'écrouler, faisant frissonner Thomas à l'idée d'une telle chute dans la cave...
L'homme regardait dans toute les directions, espérant trouver une sortie à ce four géant. La porte d'entrée était à l'autre bout de la maison, les flammes devaient déjà bloquer le chemin. Son seul espoir restait la fenêtre du salon, mais la fumée et la chaleur commençaient à détériorer ses sens. Où se trouvait-elle déjà? Était-elle à droite ou à gauche du salon? A moins qu'elle ne soit au milieu...
Soudain,un rectangle de lumière apparu dans la fumée, la sortie était juste en face d'eux!
« -Maria! Nous avons trouver la sortie! » cria Thomas « C'est fini, ma chérie, on va s'en sortir! »
Il l'aida à se diriger vers la sortie, transporté de joie et de soulagement, mais sa femme l'arrêta en pleine course, plantant ses pieds fermement dans le force, avec le peu de force qui lui restait.
« -Mais qu'est-ce que tu fais? » s'écria-t-il « La sortie est juste là! »
« -Cl... Clive... » articula-t-elle « Où est mon petit Clive? »
Clive! Mon Dieu! Thomas allait oublié son propre fils! Mais la sortie était juste en face, mais pour combien de temps?
« -Écoute » décida-t-il « Je t'emmène à l'extérieur, il y a sûrement une ambulance qui s'occupera de toi, j'irai le chercher ensuite, je... »
« -N... Non... » coupa-t-elle « Je ne partirai pas... Sans mon fils... »
Thomas voulu répliquer, mais se stoppa. Il connaissait sa tête de de mule de femme, il savait qu'elle ne lâcherait pas l'affaire.
« -Alors dépêchons-nous, il doit être mort de peur... Tu as une idée où il pourrait être? »
« -Sûrement... Dans sa chambre, à l'étage... Je lui ai offert une petite voiture... »
« -Alors allons-y... »
Layton était enfin arrivé, les fuyards étaient derrière lui, il était maintenant entouré de pompiers et d'urgentistes, s'activant contre ce malheur. Comme d'autres, il regardait chaque brancard, espérant y trouver Claire en un seul morceau, mais plus les minutes avançaient plus l'espoir de la trouver devenait minces. Il entendit alors quelques urgentistes discuter:
« -Quelle massacre! Une explosion, en plein centre-ville! Les laboratoires avec de tels expériences ne devraient pas se trouver au milieu des habitations! »
Le sang du jeune homme se glaça, écoutant attentivement la suite:
« -Cet affreux quand même... Ceux qui devaient se trouver dans le bâtiment doivent être dans un sinistre état... »
« Penses-tu! Vu la taille de l'explosion, aucun d'entre eux n'a dû en réchapper, où alors c'est un miracle! »
Alors l'incendie venait du laboratoire de Claire? A ces paroles, Layton perdit l'équilibre, s'appuyant contre un camion de pompier, la tête dans une main, ne voulant croire à cette éventualité plus que probable.
« -Vous allez bien monsieur? » fini par dire une infirmière qui venait de le remarquer « Vous n'êtes pas blessé? »
« -Je... Non... » balbutia-t-il « Je dois... excusez moi! »
Et il partit d'un pas pressé vers le premier plan de l'incendie. Là, des pompiers se pressaient, armé de lance à incendie, sortant les échelles pour allé aider les personnes coincé dans les maisons en flammes. Au fond de la rue, un bâtiment dont une des façades avait disparu, était abandonné des secouristes. Il ne fallu pas longtemps à Layton pour comprendre à quoi correspondait ce bâtiment...
« -Claire... »
Sa voix sonna à ses oreilles à la manière d'un glas.
« Non! Je ne veux pas y croire! » pensa-t-il « Je ne peux pas y croire! »
Thomas continuait à gravir les escaliers, soutenant toujours Maria qui saignait abondamment. Chacune des marches semblait être la dernière, les bruits sinistres qu'elles produisaient annonçaient que l'escalier n'allait pas tenir très longtemps et les flammes continuaient de dévaster le rez-de-chaussée.
Enfin, ils atteignirent le palier, la chambre de leur enfant se trouvait juste au bout du couloir. Maria ne se soutenait même plus, elle devait être au bord de l'inconscience.
« -Clive! Clive! » hurlait-il « Tu es là? Réponds moi! »
Aucune réponse. Peut-être était-il?... Non, impossible, l'incendie n'avait pas encore atteint le premier étage,il était sûrement inconscient dû au choc de l'explosion. Thomas reprit de l'allure et ouvrit la porte de Clive d'un violent coup de pied, qui lui manqua de perdre l'équilibre. La chambre de l'enfant était la salle étant le plus à l'opposé du lieu de l'explosion, les flammes l'avaient miraculeusement épargné jusque là, il suffit donc d'un simple coup d'œil pour le père pour inspecter toute la chambre et comprendre que son fils ne se trouvait pas entre ces murs...
« Papa! Maman! »
Cet appel tira Layton de ses tristes pensées. Un petit garçon, d'une dizaine d'années courrait entre les urgentistes et les sapeurs pompiers, regardant d'un air inquiet et paniqué chacune des grandes personnes qui l'entouraient:
« Vous n'auriez pas vu mes parents? Vous savez où sont mes parents? »
Il n'obtenait que des réponses négatives et des excuses, quand soudain il sembla reconnaître une personne dans la foule.
« -Madame Blanc, vous n'auriez pas vu mes parents? »
« -Je suis désolé mon petit Clive » dit une vieille dame avec compassion « mais je ne les ai pas vu... Je suis désolé... »
« -Mais... Ils sont nul part, j'ai vérifié partout... Vous êtes notre voisine, vous auriez dû les voir... »
« -Je suis désolé mon petit Clive... » sanglota-t-elle.
Les mains du dénommé Clive se crispèrent d'avantage sur la petite voiture rouge qu'il tenait entres les mains.
« -Ils... Ils sont encore à l'intérieur, je vais les chercher! »
Sur ses mots, le petit garçon couru tête baissé vers le lieu de l'incendie, malgré la vieille femme qui essayait de le retenir. Il se dirigeait vers Layton qui se trouvait par hasard sur son chemin. Celui-ci le retint fermement par l'épaule lorsqu'il atteint sa hauteur, arrêtant nette la course folle de Clive.
« -Lâchez-moi! Lâchez-moi! » cria-t-il « Mon papa et ma maman sont encore à l'intérieur! Je dois les chercher! »
« -Non, ce serait de la folie! »
Le garçon se débattait dans tout les sens, criant et hurlant, ne voulant accepter la vérité, à l'image de l'homme qui se tenait à côté de lui.
Lui aussi aurait voulu crier son désespoir, se jeter dans les flammes mortelles dans le seul espoir de retrouver sa chère Claire. Des souvenirs trop tendres lui revenaient en mémoires, lui rappelant à quelle point cette vérité était dure à entendre. L'idée de renoncer à jamais au sourire de Claire, au bonheur de la sentir près de lui, de respirer son parfum, lui semblait insurmontable...
Sans crier gare, sa main vain heurter la joue de Clive, ce qui l'arrêta net.
« -Écoute moi » dit Layton « Si tu y vas maintenant, tu n'en reviendra pas... »
« Je ne peux rien faire pour sauver Claire... »
« -Il faut que tu restes ici, ça ne servirait à rien d'y aller... »
« Je ne la reverrais plus... »
« -Mais... » sanglota l'enfant « Qu'est ce que je dois faire? »
Le jeune homme détourna les yeux de ceux de l'enfant quelques secondes, le cœur serré. Il y a une demi-heure à peine, Claire et lui étaient ensembles, parlant de l'avenir et de ce qu'il leur réservait. A cet instant, il leur semblait évident que le temps continuerait à couler avec eux. A ce même moment, il avait songé à la bague qu'il avait retenu chez le bijoutier, il avait prévu de faire sa déclaration solennel ce soir même. Mais en quelques secondes, d'infimes particules de temps, avait complètement changé la donne, à jamais.
« -Il faut... Que tu sois fort... » finit-il par souffler.
Les yeux de Clive s'embuèrent de larmes et sa petite voiture tomba à terre. Layton, voyant le petit totalement perdu, ouvrit doucement les bras, l'enfant alla s'y réfugié, hurlant et pleurant de tout son soûl.
« -Non, c'est impossible! Non non non non non! Ce n'est pas vrai! »
Thomas avait complètement cédé à la panique en voyant la chambre de son fils sans âme qui vive. L'avait-il raté dans une autre salle? Non, si c'était le cas, il l'aurait vu... Son cœur tambourinait avec force, quand soudain Maria se détacha de son emprise, fit quelques pas, avant de s'asseoir lourdement sur le lit de Clive.
« Maria... »
Un silence suivit, la jeune femme fini par répondre d'une voix calme:
« Je suis... si fatiguée... Clive ne m'en voudra pas si je dors un peu sur son lit..? »
Thomas regarda sa femme avec surprise, il s'approcha d'elle et souleva doucement ses cheveux noir, découvrant que sa blessure avait encore empiré. Elle divaguait complètement. Soudain, un bruit sourd se fit entendre, cela venait de l'escalier. Il couru dans cette direction et lorsqu'il fût sur le palier, il vit que les flammes avait enfin attaqué sérieusement l'escalier. Tout d'un coup, le bruit effroyable recommença et une poutre s'écroula sur les marches, faisant gicler des étincelles brûlantes qui blessa une nouvelle fois Thomas. Celui-ci regarda le funeste spectacle. Tout n'était que flammes et destructions, la fenêtre qui aurait pu être sa seule sortie avait disparu de son champ de vision, bloqué par des colonnes rouges destructrices. Il tourna des talons, calme, retourna dans la chambre de Clive ou Maria se reposait. Derrière lui, il ferma la porte, sa femme leva doucement les yeux, il lui sourit. Il vint s'asseoir à ses côtés, la prit doucement par la taille, la serrant amoureusement contre lui, respirant ses cheveux, essayant de trouver derrière cette méchante odeur de suie, celle du délicieux parfum qu'il lui avait offert.
Elle articula, après un long silence.
« -Tu as trouvé Clive? »
« -Non, je crois qu'il est dehors... »
« -J'espère qu'il ne va pas tarder à rentrer... On dînera tôt se soir, je suis exténuée... »
« -Je cuisinerai à ta place si tu veux... »
« -Toi? Cuisiner? » ria-t-elle doucement « Tu n'as pas du toucher une seule casserole depuis notre mariage! »
« -J'essayerai quand même... »
Un silence suivit. Derrière la porte, l'incendie attaquait le second palier.
« J'espère qu'il ne va pas tarder... » répéta Maria.
« Tu devrais dormir un peu. » lui dit-il doucement.
« -Tu as raison... Mais tu vas t'ennuyer tout seul... »
« -Ne t'en fais pas... Moi aussi je vais dormir, je pense... »
Elle s'appuya davantage contre lui, fermant doucement les yeux.
« Tu me réveillera quand il sera là? Je voudrais savoir si mon petit cadeau lui a plu... »
« Oui... Mais dors maintenant... Je t'aime... »
Elle obéie, sa tête tombant doucement sur l'oreiller. La porte de la chambre, commençait à noircir à vu d'œil.
« -Ne nous rejoins pas trop vite, mon petit Clive » souffla Thomas « J'espère que tu t'amuseras quand même sans nous... »
Il ferma les yeux et se coucha au côté de sa femme, la tête dans ses cheveux et l'enlaça doucement pour ne pas la réveiller.
La chaleur commençait déjà à noircir les autocollants et les dessins accrochés au murs bleu de la petite chambre d'enfants.
