Et oui, un nouveau chapitre, déjà! Bah, j'avais déjà une bonne partie d'écrite avant de publier le deuxième pour ainsi dire...


Chapitre trois: le Maître des Potions se barre

Albus Dumbledore était dans son bureau, et en apparence, il en était toujours à ses mosaïques en bonbons. Les tableaux des anciens directeurs et directrices de Poudlard le regardaient d'un air circonspect, pensant qu'il était encore plus fou qu'ils l'avaient pensé (si c'était possible).

Mais en réalité, Albus était en pleine réflexion intense. Il était rare qu'il ait à gérer des situations aussi compliquées, même avec Voldemort. Il remerciait d'ailleurs Merlin que celui-ci ait été vaincu pour de bon, sinon, cela aurait été vraiment incontrôlable.

Le Sablier d'Hermione, pour commencer. D'où sortait cet objet ? On avait rarement entendu parler d'un Retourneur de Temps de cette taille...La suggestion de Ron n'était peut-être pas si bête : la brune devait très certainement avoir un métier futur qui allait l'amener à côtoyer la Magie du Temps et ramener cet artefact d'un lieu ancien et mystérieux...peut-être pas un temple aztèque maléfique, mais dans ce genre-là...

Le problème était d'étudier son fonctionnement alors qu'Alita ne l'avait pas emporté avec elle (comment elle aurait pu, d'abord, avec ses petits bras ?). Allez savoir comment faire des recherches sur un objet qu'on ne possède pas et qu'on n'a même jamais vu...

Ensuite, que faire d'Alita et de ses deux pères ? Où allaient-ils passer leur temps maintenant qu'ils avaient sur les bras une gamine certainement pas habituée à voir ses parents aller à l'école ? D'après Severus, elle ignorait ce qu'était Poudlard, il y avait donc fort à parier que ni Ron ni Draco n'y travaillait...

Que faire ?

A moins que...ouais...Albus venait encore d'avoir une idée à la Albus : tirée par les cheveux, déplacée, qui allait sans doute arracher des soupirs offusqués à Minerva mais qui curieusement marcherait.

Mais il avait besoin d'un espion pour cela, hum...Severus ! Lui, il est doué pour l'espionnage ! C'était le petit James Bond personnel d'Albus (mais celui-ci se gardait bien de le surnommer ainsi, ce que le Maître des Potions n'aurait en aucun cas apprécié, à cause du prénom « James » sans doute...)

—Allez, appelons Severus, S'écria Albus.

Mais avant qu'il n'esquisse le moindre geste, la porte du bureau pivota et s'ouvrit sur...

—Severus ! Mais comment avez-vous su...Vous êtes si fort en légilimancie que ça ? Et pour vous être déplacé aussi vite ?

—Hein ? De quoi parlez-vous ?

Il avait l'air maussade et renfrogné, mais Albus ne nota rien. C'est que Severus Rogue avait toujours l'air maussade et renfrogné, bien que cette fois, il avait l'air de l'être un peu plus.

—Alors, c'est une coïncidence ? Dit Albus déçu.

—Pardon ?

—Oui, c'est une coïncidence, hélas...Vous n'êtes pas venu pour remplir la tâche que j'ai pour vous après l'avoir lue dans mes pensées...

—Quoi ? Non.

—Vous êtes sûr?

—Oui.

—Alors...

—Non, monsieur...Au contraire, j'étais venu vous donner ma démission, Assena Severus d'une voix froide.

—Votre démission ? Dit Albus en levant un sourcil.

—Oui, je ne peux plus rester dans cette école maintenant que je sais que...

Mais il s'arrêta. Albus leva l'autre sourcil.

—Oh, et puis, je n'ai pas à me justifier, Poursuivit-il, De toute façon, vous allez quand même finir par le comprendre comme d'habitude et cela même si ça ne vous regarde pas !

—Mais enfin, Severus...

—Désolée, Monsieur, Ça été un plaisir de travailler pour vous, mais je ne peux plus...

—C'est à cause de Minerva, elle a été méchante avec vous ? Elle vous frappe ? Elle vous pique vos joujoux ?

—Hein ? Mais non ! Arrêtez un peu!

—Vous savez, le graffiti « Serpentard, ça craint » dans les cachots, je suis sûr que c'est elle...

—N'importe quoi, le professeur McGonagall n'est pas ce genre de personne, et puis, il a été prouvé la semaine dernière que c'était Seamus Finnigan le responsable...alors, maintenant, je vais partir...

—Vous ne pouvez pas.

—Et pourquoi?

—Severus...J'ai quelque chose à vous demander...

—Non monsieur, il faut que je m'en aille, que je quitte Poudlard à tout jamais...

—« A tout jamais », que vous êtes mélodramatique, Severus...Allez, restez, je vous redonnerai le poste de professeur de Défense Contre les Forces du Mal que vous aimez tant !

—Désolé...

—Et qui va assurer le cours de Potions ? Horace Slughorn ne veut pas revenir de sa retraite une seconde fois !

—Vous n'avez qu'à demander à Potter de donner cours en piquant les idées de mon livre, il a un talent inné pour tricher!

—Allez...

—Non !

—Très bien.

—Ah...

Severus ne s'était pas attendu à une capitulation si rapide. Il devait y avoir anguille sous roche, mais devant le regard sibyllin du directeur, il sut qu'il ne lui restait qu'à plier bagage comme il l'avait prévu.

Il tourna les talons et sortit du bureau, l'âme lésée du doute farouche qu'une fois de plus, Dumbledore avait lu en lui comme dans un livre ouvert.

Albus songea qu'il lui faudrait un autre espion...

Ou une espionne...oui, elle était parfaite ! Ses pouvoirs étaient juste ce qu'il fallait.

—Phinéas ? Appela-t-il.

oOoOOOoOo

Le plus embêtant, Songeait Ron, C'était qu'Hermione les surveillait, comme si elle s'attendait à ce qu'il fasse quelque chose de travers, forcément...

—C'est l'école où tu iras quand tu seras grande, Dit-il à Alita.

Ils étaient dans le parc et regardaient Poudlard avec les « Ohhh » admiratifs de la fillette en bruit de fond.

—Il ne faudra pas aller à Gryffondor, c'est une maison pour les nuls, Ajouta Draco.

—Mais non ! Intervint Hermione, Les quatre Maisons sont bien et elle ira où elle voudra !

—Me parle pas sur ce ton, toi ! Grinça Draco.

—Pffft, ils peuvent jamais s'adresser un mot gentil ces deux-là, Soupira Alita.

Hermione se retint de crier, et c'était d'ailleurs ce qu'elle faisait depuis qu'elle était entrée dans le bureau de Dumbledore.

Toutes ces années à espérer qu'un jour Ron lui déclamerait son amour pour découvrir que leurs destins étaient d'être lui avec Malfoy et elle avec Zabini!

Pas possible, il devait y avoir une erreur.

Elle se retenait de pleurer et de hurler comme elle l'aurait aimé en présence de la petite fille, de peur de provoquer une catastrophe irréparable, mais elle se promettait de laisser exploser tous ses sentiments une fois Alita partie.

Pas étonnant que dans le futur elle ne s'entende pas bien avec Malfoy. Elle avait l'impression d'avoir été cambriolée.

Cependant, elle se posait aussi une question, et Ron et Draco se posaient la même : où allaient-ils dormir tous les soirs ? Certainement pas dans un dortoir d'écolier...ni même dans les appartements d'un prof...en fait, c'était de dormir à Poudlard tout simplement qui était bizarre, il n'y avait aucune raison logique pour que des parents emmènent leur fille de six ans dans une école et y restent si longtemps au point d'y loger ne fusse qu'une nuit...alors plusieurs...

Ils ne s'attendaient pas à ce que ce soit Alita qui propose une solution, du moins pour la nuit à venir. Pour l'heure, ils avaient tous tourné la tête vers une flamme rousse qui dévalait la légère pente qui les séparait des portes du château.

—Alitaaaa, ma chéééérrriiiie ! S'écria Ginny, Provoquant l'étonnement.

—Tata Dzinnyyyyy ! Répondit la fillette.

Elles foncèrent l'une vers l'autre et Ginny prit Alita dans ses bras, la faisant tournoyer au-dessus d'elle. Harry arriva derrière la rouquine.

—Je lui expliqué, Dit-il, Et elle a décidé de jouer la comédie.

—Elle joue remarquablement bien, Commenta Hermione, On dirait que ce n'est pas la première fois qu'elle voit Alita.

—Et qu'est-ce qu'elle a dit à propos de...Commença Ron.

—Je n'ai pas osé lui dire qu'elle était mariée et avait des enfants avec moi, Dit Harry, penaud, Je préfère la laisser digérer une info à la fois...En revanche, elle a dit qu'elle allait arracher les yeux de Malfoy et les lui enfoncer dans un certain orifice...

Draco grogna et regarda Ginny comme s'il pouvait lui envoyer des ondes de haine qui la ferait se faire désintégrer sur place. Les découvertes qu'il avait faites depuis ce matin étaient déjà bien assez déconcertantes et énervantes pour qu'en plus la frangine s'en mêle.

Lui? Avec Weasley? Tout comme Hermione, il attendait pour exploser. Et c'était aussi ce que Ron faisait, évidemment. Tous deux étaient parcourus de sentiments de haine qui semblaient leur faire trembler la colonne vertébrale et leur faire sécréter de l'acide gastrique jusqu'à l'ulcère. Ils attendaient le moment où ils se réveilleraient et où le cauchemar prendrait fin. Mais cela ne venait pas.

—Et ben, y manque plus que Tonton Blaise ! Fit Alita une fois que Ginny l'eut reposée par terre.

Hermione parut mal à l'aise.

—Pourquoi ? Osa Draco.

—Ben, pour le camping moldu de ce soir !

—Le camping moldu ? Répéta Ron, déconcerté.

—Ben, ouais, P'pa, c'est bien pour ça que vous zêtes venus avec moi ici ? La zournée, on visite la nécole et le soir, on va tous ensemble dormir dans la forêt, on se lave dans la rivière, on fait un feu de camp, on sante des sansons, on manze des marshmallows et pis on va dormir dans les tentes!

—Hein...une soirée comme les moldus...Balbutia Draco.

—C'est une idée de Marraine !

—Evidemment...

« Maudite Sang-de-Bourbe »

—Hem hem...Fit quelqu'un derrière eux.

Ils crurent d'abord avec horreur que c'était Dolorès Ombrage, malgré le caractère irrationnel de l'idée (quoi que, au point où ils en étaient, plus rien ne pouvait être irrationnel) , et constatèrent avec soulagement que c'était en réalité McGonagall.

—Messiers Weasley et Malfoy, le professeur Dumbledore veut vous voir dans son bureau immédiatement, Dit-elle.

« Mais qu'est-ce qu'il nous veut encore, celui-là ? » Pensèrent-ils à l'unisson.

La directrice de Gryffondor posa un instant son regard sur la petite fille.

—Elle vient avec nous ? Demanda Ron.

—Non, il veut vous voir tous seuls...elle peut rester un instant avec ses...oncles et tantes...

—Bien...

Ron et Draco suivirent le professeur.

—Vous zallez où ?

—On revient tout de suite...euh...ma princesse ! Dit Ron en lui adressant un sourire.

—D'accord, P'pa.

Elle les regarda partir tristement, et puis son sourire revint, elle le tourna vers les autres.

—Souette ! Ce soir, du camping rien que pour moi, P'pa, Pôpa, Tonton Super-Harry, Tata Dzinny, Marraine et Tonton Blaise!