Quatrième chapitre!
Chapitre quatre: la diététique des pirates
Nymphadora Tonks plaqua ses mains sur ses oreilles et serra les mâchoires. C'était insupportable.
N'y pouvant plus, elle se jeta aux pieds de Remus, le regard suppliant :
—Par pitié, dis-lui d'arrêter ça !
—Je ne sais pas si j'y arriverai, Avoua-t-il.
—Essaye quand même, je t'en prie !
—Bon…TA GUEULE, PATMOL !
Hélas, comme il l'avait prédit, ses paroles furent sans effet. Sirius gratta furieusement sa guitare et continua à chanter à tue-tête.
—We will, we will rock you !
—Patmol, arête ça tout de suite!
Mais Sirius continua son imitation de Freddy Mercury, ce qui eut pour effet que Tonks se jeta dans les bras de Remus pour s'y blottir de trouille.
—Oh, ça va, c'est pas si terrible que ça, si ? Dit l'animagus, stoppant enfin son Wembley improvisé.
—Tu…
—Je suis si nul que ça ?
—Ben, tu joues bien, Bafoua Remus, Mais cette chanson ne donne pas bien en acoustique…
—Mais si, ça pourrait être bien, Intervint Tonks, Mais toi tu massacres tout, et puis tu chantes faux!
—Oh, la la la…Je vais chanter une petite sérénade, alors…
Il se mit à genoux et fit ses yeux de velours à Remus.
— Mon petit lycan d'amoooouurrrr, tes yeux sont beaux comme le jooouuurrr ! Remuuuusss, t'es sexyyyyy…Remuuussss, tu es mon patronuuuussss…
—Arrête !
Heureusement, Kreattur vint mettre fin à la tirade du troubadour en herbe. Et c'était bien la première fois qu'on était heureux de le voir, celui-là. Aussitôt, Sirius se figea et le regarda méchamment.
—Qu'est-ce que tu veux, toi ?
—Sirius, il faut être gentil avec les Elfes.
—Oui, Hermione…
—Je m'appelle Remus.
—Maître, votre aïeul veut vous voir, Maugréa Kreattur.
—Allons bon…
Sirius se releva et suivit l'Elfe jusqu'au tableau de Phinéas Nigellus.
—Oui ? Quoi ?
L'ancêtre poussa un soupir.
—Pas lui, Kreattur ! Je voulais que tu m'amène l'autre Traitre à son Sang de la famille, la fille avec de la barbapapa en guise de tignasse !
—Bien…
L'Elfe s'en alla quérir Tonks.
—Il est idiot des fois, il ne comprend pas ce qu'on lui dit, Marmonna Phinéas.
—Ouais…Répondit Sirius, Il a dut trop fréquenter Regulus, alors forcément, sa connerie lui a détint dessus.
—Sirius, ne parle pas comme ça de ton frère ! C'était un héros!
—Ouais, ouais…N'empêche qu'il aurait pas tenu une semaine à Azkaban sans pleurer pour que Mère vienne le chercher…Gna gna gna, le petit Reg' à sa maman!
—Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda Tonks en arrivant, suivie de Remus.
—Ah…Nymphadora Black…
—TONKS !
—Dumbledore aimerait que tu lui rendes un service…
—Je vous écoute !
—Tu aimes la paella ?
—Euh, oui, mais pourquoi ?
oOoOOOoOo
Plus d'Alita à rassurer, à la place, juste une Minerva.
Oh, et puis zut, tans pis !
—Rhaaaa, Weasley, je ne te pardonnerais jamais ça !
—De quoi ? Répliqua Ron alors que le professeur de Métamorphoses sursautait de ce cri subit.
—Tu vas gâcher ma vie, je le sens !
—C'est toi qui va gâcher la mienne !
—Taisez-vous! Coupa McGonagall.
Ils firent le silence mais continuèrent à se toiser avec haine en marchant derrière elle, comme s'ils pouvaient communiquer leurs insultes par leurs yeux.
Cette fois, c'était le moment de l'explosion qui les guettait, il fallait que ça sorte. Pourquoi dois-je me marier avec le type que je hais le plus? Mes parents vont sans doute avoir honte de moi…enfin, encore plus que d'habitude, je veux dire…Je suis loin de les satisfaire, mais là, s'ils découvrent que je vais épouser un Weasley/Malfoy, ils vont sans doute me rayer de l'arbre généalogique, comme c'est arrivé à Sirius et Andromeda Black ! Je ne comprends pas comment cela peut être possible, il n'y aucun moyen pour qu'un jour je m'entende bien avec lui, on est trop différent, nous avons des avis strictement opposés sur tout ! S'il n'y avait pas Alita qui est une preuve de ce qui va nous arriver, je rirais de cette idée, mais là…Je vais devenir dingue, c'est sûr…Je vais être interné à Sainte-Mangouste, ça ne devrait plus tarder…
Mais ces mots qu'ils pensaient très fort étaient tellement évidents qu'ils n'eurent pas besoin de les prononcer. A la place, ils extériorisèrent leur rage de la manière la plus primitive et la plus simple qui soit. Ils n'écoutèrent que les battements de leur débit sanguin dans leurs veines qui semblaient brûler de hargne.
Minerva avait prit la tête du cortège et ainsi elle ne voyait pas ce qu'ils faisaient derrière elle. En revanche, elle entendit un bruit de chute de corps et se retourna: Draco était couché sur le dos et Ron se tenait au-dessus de lui, les mains serrées autour de son cou.
—Mais…Commença-t-elle, ignorée des deux lutteurs.
Draco tenta de griffer le dos de Ron alors que celui-ci avait descendu ses mains jusqu'à ses épaules pour lui saisir le col et lui taper la tête contre le sol à intervalles réguliers.
—Arrêtez ça! Rugit Minerva.
Draco parvint à repousser Ron et à se relever, mais le rouquin revint à la charge et le replaqua au sol. Ils se griffèrent, se mordirent, cognèrent, frappèrent, brisèrent le nez de l'autre et lui mirent du noir autour d'un œil, le gauche pour Draco et le droit pour Ron. Il y eut même un bruit de déchirure de vêtement.
Minerva resta figée quelques instants avant de se reprendre.
—Cessez tout de suite de vous battre comme des Moldus !
Ils s'arrêtèrent et la contemplèrent, le visage ensanglanté à divers endroits.
—Comment ça comme des Moldus ? Dit Ron, Parce que la violence physique faite avec de la magie, c'est plus distingué peut-être ? Professeur, sauf votre respect, je vous trouve un poil racis…
—Ta gueule, l'amoureux des Mous du Bulbes ! S'écria Draco avant de lui faire un croche-pied qui le fit tomber par terre.
Ron se retourna en saisissant sa baguette et balança un sort qui envoya Draco voler à trois mètres pour atterrir confortablement sur une armure.
—Voilà, on se bat comme des sorciers, heureuse ? Dit Ron alors que le blond se relevait.
Elles les regarda se battre à coup de sortilèges dont la plupart consistait à faire apparaître de l'acné de toutes les couleurs, ainsi que des queues d'animaux ou des plumes…
Puis, elle sortit sa propre baguette et mit fin au carnage.
Quelques instants plus tard, elle passa la porte du bureau de Dumbledore et poussa les deux garçons à moitié défigurés à l'intérieur. Le directeur poussa un cri de peur.
—Minerva, qui sont ces individus moches ? Les clones juvéniles de Rusard ?
—Non, ce sont Malfoy et Weasley qui se sont bêtement battus…
—Ah oui, c'est vrai, je reconnais leurs vêtements…quoi que, je ne me rappelle pas que Malfoy portait une jupe de majorette…
—C'est sa faute ! Hurla Draco en désignant Ron dont les cheveux avaient virés au vert Serpentard.
—Je constate que votre couple évolue, puisque vous échangez déjà des corps-à-corps…
—Monsieur le directeur, S'offusqua Minerva alors que Dumby se marrait comme un bossu de son bête jeu de mots. Ils devraient être tous les deux en retenue pour ça ! Ajouta-t-elle.
—Inutile, Minerva, ils n'auront jamais le temps…Dès demain, ils partent en vacances !
—Hein ?
—Oui, j'ai décidé qu'ils partiraient avec un Portoloin pour passer un agréable séjour à l'étranger avec leur fille…
Draco leva un sourcil sarcastique (et douloureux) et demanda:
—Où ça ?
—Dans ton c…Aïl !
N'y pouvant plus, Minerva avait frappé Ron.
—Monsieur le directeur, je ne comprends pas vos plans !
—C'est pourtant simple, Minerva: ils ne peuvent pas être des pères et des collégiens en même temps…
—Certaines filles-mères le font bien, Maugréa Ron, et cette fois, c'est Draco qui le frappa, sans raison ceci-dit.
—Et donc, s'occuper de la gamine tout en continuant à suivre des cours rendrait la situation absurde, Poursuivit le directeur, Ils vont faire comme s'ils avaient décidé de prendre des vacances avec Alita en Espagne, comme ça, ils pourront expérimenter leur sens de la paternité sans avoir à se soucier d'étudier.
—Pourquoi l'Espagne ?
—Comme ça, au hasard.
—Hum…Fit Ron.
—En attendant, vous devez encore trouver une excuse pour rester ici ce soir…
—On en a une, Expliqua Draco, On va faire du camping dans la Forêt Interdite…
—Mais vous êtes tombés sur la tête, ma parole ?
—Calmez-vous, Minerva…
—Passer la nuit dans un endroit aussi dangereux avec une petite fille, c'est de l'inconscience !
—Vous êtes vraiment une rabat-joie, Minerva, Le danger, c'est tellement cool…Et maintenant, messieurs, je vous suggère d'aller à l'infirmerie, vous êtes repoussants ! Je vous donnerai des détails sur votre destination pendant que Pompom vous soignera.
oOoOOOoOo
—Les traces de la bagarre n'ont pas complètement disparu, Constata Ron.
—C'est certain qu'avec ces pansements, c'est sûr que cela se voit qu'on s'est battus…et alors, Pomfresh ne peut pas nous soigner si vite, il y a des limites à tout, même à la magie !
—Ce que je voulais dire, c'est qu'il va falloir nous justifier…On pourrait raconter qu'on combattu un Troll…non, une armée de Trolls, et que ce sont des blessures de guerre!
—Pourquoi on ferait ça ?
—Ben, pour pas qu'Alita sache qu'on s'est battus…
—Et alors ?
—Ben, un gosse dont les parents se cognent dessus ne le vit généralement pas très bien…
—Pourquoi tu dis ça, des fois, ça aide à leur forger le caractère !
—Comment oses-tu…
Mais Ron s'interrompit.
—Quoi ? Demanda Draco alors que le roux le fixait étrangement.
—Je ne savais pas que tu…
—Que quoi ?
—Laisse tomber. Mais n'empêche, je ne veux pas qu'Alita soit traumatisée parce qu'on s'est battus…
—Tu te soucies beaucoup trop d'une gamine que tu connais depuis ce matin, je trouve…Comment as-tu pu si rapidement t'attacher à elle ?
—Que je la connaisse ou pas ne change rien au fait qu'elle ne doit pas souffrir par notre faute !
—Ah ouais, je vois, tu fais encore ton défenseur des grandes causes qui veut la paix dans le monde, comme les miss dans les concours de beauté, tsst…
—Je ne veux pas que quelqu'un d'innocent souffre…surtout un môme ! Mais rassure-toi, avec les gens qui ont clairement des choses à se reprocher, je peux être une sale teigne…Demande à Harry et Hermione: quand j'estime qu'ils m'ont fait du mal, je me conduis mal en retour et…et c'est une source de problèmes en fin de compte…
Ils restèrent silencieux.
—Non, mais franchement…Dit Draco au bout d'un moment, Du camping…Est-ce qu'il est écrit «Boyscout» sur mon front ?
—Nan, ça se saurait si tu aidais les vieilles dames à traverser la rue, je te vois bien les pousser sous les voitures des Moldus…
—Donc, tu me vois forcément comme le dernier des sans-cœur, c'est ça ?
—Ouais !
—Hum…
—A part ça, je me demande quelle tête ils vont faire quand on leur annoncera qu'on part en Espagne...On leur dira demain, comme ça, on fera comme si c'était une surprise pour Alita...
—Si tu veux, moi, je m'en fous…Grogna le blond.
Ils arrivèrent à la lisière de la forêt où les autres les attendaient avec du matériel de camping et un grand type noir et taciturne.
Blaise et Draco échangèrent un regard bref. Le blond connaissait mal Blaise malgré leur appartenance à la même Maison (1) et se demandait ce qu'il avait pensé en apprenant qu'il allait épouser une petite Sang-de-Bourbe. Celle-ci rougissait bêtement en sa présence, comme si elle avait honte de s'imposer à lui ainsi.
—On a trouvé des tentes ! Annonça joyeusement Alita en courant vers eux avec cette démarche sautillante caractéristique des petites filles. Mais…Dit-elle en s'approchant, Vous êtes blessés?
—Euh oui, on…
Mais avant que Ron ne place sont histoire de Trolls et Draco sa vérité traumatisante, Alita assena:
—Vous zavez combattu André Cornichon pour pas qu'il me trouve, c'est ça ?
Draco ouvrit les yeux très grands, essayant de comprendre, et avec mécontentement, il entendit Ron dire à ses côtés:
—Oui, tout à fait, ma princesse, il ne s'en prendra plus à toi !
—Ça ze sais pas, il est coriace, il reviendra sûrement, mais pas tout suite, heureusement…
Hermione regardait Draco et Ron avec un air de reproche, sans doute avait-elle deviné ce qui s'était réellement passé, Harry et Ginny regardaient Alita étonnés et Blaise avait l'air de s'ennuyer et regardait sa montre.
—André Cornichon, c'est le monstre qui habite en-dessous de mon lit, Expliqua Alita, Parfois, il m'attrape par les pieds pour me manzer, quand z'oublie de mettre mes pantoufles anti-monstre…Il m'a dézà avalée trois fois, mais mes papas sont venus lui chatouiller le ventre pour qu'il me recrache…Normalement, auzourd'hui, comme ze dors pas chez nous, il ne devrait pas me traquer, mais visiblement, il a décidé de me suivre…
Ginny éclata de rire et caressa affectueusement les cheveux de la fillette.
«Quelle imagination, c'est Luna et non Hermione qui devrait être sa marraine pour avoir un esprit si créatif…»
—Où avez-vous trouvé ce matériel de camping ? Chuchota Ron à Harry.
—Dans la réserve des objets trouvés, plus des trucs que des élèves mis au courant ont gentiment bien voulu nous prêter…Neville avait plein de choses…et pour la bouffe, on a pris un peu de tout et n'importe quoi dans les cuisines…Hermione était fâchée et les Elfes ravis de nous servir, comme d'habitude…
—Qui avez-vous mis au courant, à part Neville?
—Oh, t'inquiète, on n'a pas été le crier à toute l'école, Se défendit Harry devant le ton agressif de Ron, On ne l'a dit qu'à des personnes de confiance dont on sait qu'elles n'iront pas le répéter...
—Tant mieux, manquerait plus que ça, que tout le monde sache que je vais épouser cet horrible blondinet débile...
—On va manger n'importe quoi, cool…Dit Ginny.
Blaise grogna.
—Hem…J'espère au moins que c'est pas trop anti-diététique, Râla Draco, Je veux pas être malade!
—Aaaa, Pôpa il pense tout le temps à manzer dédétique, Soupira Alita, Mais c'est normal, il est quand même chef cuistot, c'est son métier…
Encore une fois, une phrase prononcée d'un air innocent par la petite fit l'effet d'un coup de feu sur les grands.
—Moi ? Je suis un chef cuisinier ? Ne put s'empêcher de laisser échapper le blond.
—L'est modeste, l'ose pas dire qu'en plus c'est lui qui est l'grand boss du restaurant…
—Et j'ai un…restaurant…
—Vi vi! Trop modeste!
Ron regardait Draco éberlué, mais se demandant également ce que devait être son métier à lui. Comme tous les garçons sorciers, il rêvait d'être soit Aurore, soit joueur de Quidditch professionnel, mais il avait tout à coup l'impression que son destin était autre. Déjà que son conjoint futur était surprenant, sa profession future devait l'être aussi…
~oOo~
Ron et Alita étaient toujours traités comme des rois en ce qui concernait les repas, car la cuisine de Draco était exquise, le service impeccable et la présentation recherchée. C'était à se demander comment un homme qui passait son temps à s'occuper d'un restaurant pouvait encore ramener du travail à la maison pour gâter les siens. Ron le soupçonnait d'utiliser la magie quelque part.
Toujours est-il que Ron et Alita se seraient lassés de tant de perfection culinaire s'il n'y avait pas eu ces soirées où Draco revenait plus tard car il devait s'occuper de paperasse et comptabilité et où son mari et sa fille se retrouvaient seuls sans personne pour leur préparer à manger.
Il ne s'inquiétait pas, car Ron n'était pas empoté au point de ne pas savoir ouvrir un sachet de soupe lyophilisée. Mais il n'était pas dupe, il se doutait bien que dans son dos, sa famille en profitait pour briser sa «tyrannie diététique» en mangeant n'importe quoi: trop sucré, trop salé, trop gras, etc. Bien que n'étant pas un père biologique, Ron semblait avoir transmis à Alita sa capacité à digérer les choses les plus bizarres.
En effet, quand arrivait le repas du soir, Ron faisait un clin d'œil à Alita. Elle se précipitait alors vers la vieille armoire à costumes de Carnaval et d'Halloween et en sortait leur parures. Ils se déguisaient en n'importe quoi, mais de préférence en pirates.
Ainsi nippés, ils s'attelaient à dénicher dans toute la maison ce qu'ils appelaient «de la nourriture de corsaires»: boîtes de conserves, vieux paquets de chips, fish sticks congelés, poires du jardin, sans parler des caramels planqués dans la cachette secrète sous le canapé dont ils croyaient naïvement que Draco ignorait l'existence,…Bref, des trucs trouvés n'importe où et sans avoir de préoccupations diététiques.
Une fois leur «trésor de pirate» réuni, Ron prenait un véritable sabre —un objet de collection de la famille Malfoy qui avait appartenu à Abraxas— et embrochait leurs trouvailles pour constituer la brochette la plus originale et indigeste possible, y enfilant un morceau de poire, un morceau de bacon, un chewing-gum qui pétille, un fish stick, une betterave enduite de sirop d'érable…Ils allaient sur la terrasse et allumaient un feu monstrueux sur le grill de barbecue et faisaient cuire leur brochette démoniaque.
Tout en mangeant, ils s'inventaient une vie de pirate et se narraient leurs aventures trépidantes d'aventuriers écumant les mers, prétendant avoir déjà rencontrés quelques personnages moldus littéraires, cinématographiques ou animés tels que Long John Silver, le Capitaine Crochet, Monkey D. Luffy et autres Jack Sparrow…
Ron n'aurait jamais deviné qu'un jour il aurait une telle passion pour la culture moldue…
Parfois même, Alita tentait le tout pour le tout:
—Capitaine, ze mérite bien un petit coup, non ?
—Vous êtres trop jeune, moussaillon !
—Pas du tout, ch'uis victime d'un mauvais sort qui me donne l'apparence d'une petite fille, mais en vrai, ch'uis une vieille de cent mille ans !
—Bon, d'accord, mais un tout petit peu…
Ron ne savait pas dire « non ».
—Chouette !
Il débouchonnait alors la bouteille de rhum agricole et en versait dans un verre à goutte.
—Voilà, moussaillon, et interdiction de boire trop vite !
—Mais vi, mais vi ! Et mais ! Pourquoi toi t'en bois plus que moi ?
—Parce que je suis grand !
—Pas zuste !
Et ils discutaient ainsi jusqu'à ce qu'ils entendent un bruit de clef qu'on tourne dans la serrure de la porte d'entrée.
—Les souris, arrêtez de danser, le chat est là, Disait Draco, Miaaaaouuu !
Le cœur affolé, ils se dépêchaient de se rhabiller et Ron utilisait sa baguette pour faire disparaître le chantier qu'ils avaient mis un peu partout pendant que Draco faisait exprès de prendre son temps pour entrer.
Il les trouvait tous les deux couchés sur le canapé, faisant semblant de dormir. Il esquissait un sourire dans la pénombre du salon.
« J'ai parfois l'impression d'avoir deux gosses plutôt qu'un. »
Alita gardait les yeux fermés quand Draco la transportait dans sa chambre avant d'aller retrouver Ron dans le salon, lui faire avouer qu'il simulait le sommeil pour qu'ils fassent « des trucs de grands ». Elle s'endormait pour de bon en souriant: ses deux pères avaient peut-être beaucoup de différences, mais leurs ressemblances étaient bien plus fortes. Et leur amour, aussi.
~oOo~
Ron ne se doutait pas qu'inconsciemment, il faisait des choses qu'il prendrait l'habitude de faire plus tard, sans qu'Alita n'ait du le lui apprendre: c'était tout simplement dans sa nature d'agir ainsi. Tout d'abord, il la surnommait «ma princesse», ensuite…il était entrain de cuire une brochette apocalyptique sur le feu de camp, composées de friandises de chez Honeydukes , de salami à l'ail et de citron.
Quand il amena son œuvre auprès des autres, ils voulurent lui reprocher de vraiment manger n'importe quoi, jusqu'au moment où Alita suggéra qu'il fallait à présent arroser la brochette de ketchup, de sauce au chocolat et de fromage de chèvre chaud. Ils manquèrent de s'évanouir.
Ils s'installèrent autour du feu sur des rondins, mais le cœur n'y était pas. C'était trop difficile de se sentir bien en présence de l'ennemi. Même la présence de Blaise qui était muet comme une tombe était pesante, voir flippante.
Ginny voulut briser la glace.
—Et si on chantait des chansons ?
Elle eut l'impression qu'on la regardait comme une idiote.
—Ben quoi, Argua-t-elle, Quitte à imiter les p'tits Scouts…
—J'ai pas pris mon chansonnier, c'est trop bête ! Railla Draco.
—Ouais, et P'pa a pas sa guitare…Dit Alita.
Ron regarda Draco avec stupeur et celui-ci le regarda en retour, l'air de dire : « P'pa, c'est toi, moi, je suis Pôpa, donc, c'est toi qui fais de la gratte, débrouille-toi ! »
—Non, en effet, je ne l'ai pas…Mais c'est pas grave, hein ?
—Nan…
—Alors, on chante quoi ? Insista Ginny.
—Moi, z'ai une idée, c'est un mélange de pluzieurs sansons que mes papas m'ont apprises…
—Vas-y ma puce !
—Il est des nôôôôôôtre-euh…
—Hem…Fit Hermione.
«Parce qu'on a des tendances pochetrons, en plus ?» Songea Ron.
—Ze suis allerzique à l'eaaauuuu, ze bois d'la bière et du porto oh oh oh !
—Alcooliques et fiers de l'être à ce que vois ! Assena Hermione en regardant méchamment Ron.
—Dans la cave, vi vi vi, dans la cave nan nan nan, dans la cave, où k'ya du bon viiiinnn !
—Euh, ma chérie, tu ne connaitrais pas des chansons différentes de ça ? Dit Ginny, voulant rattraper l'affaire.
—D'accord, tata Dzinny !
La rouquine soupira de soulagement, mais elle déchanta vite:
—Bébé Rocco dans son berceau, bandait dézà comme un taureau, fils de putain…
Cette fois, ni une ni deux, Hermione se leva et flanqua une baffe à Ron.
—Ça, c'est pour avoir appris une chanson pareille à une petite fille !
Elle gifla également Draco.
—Et ça, c'est pour ne pas l'avoir empêcher de le faire ! Enfin, c'est peut-être l'inverse…Mais je m'en fous, ça revient au même, bande de pervers !
—Hé hé hé…Marraine est marrante quand elle est fâchée…
Ron et Draco auraient bien répondu quelque chose de bien senti à la brune, mais ils étaient eux-mêmes trop subjugués pour articuler le moindre son.
La soirée se termina sans autre incident notable (mis à part que Harry parvint à coller un marshmallow dans les cheveux d'Hermione par inadvertance) et arriva le moment d'aller dormir.
—Il y a quatre tentes, Nota Ginny.
Harry qui se tenait à côté d'elle se sentit alors tout petit.
—Hem…Et bien la petite tente-igloo à moitié transformée en château fort, c'est pour Alita, y'a de place que pour une personne…et les trois autres et bien…C'est pour deux personnes, il y en a une pour chaque…couple…
—Pour chaque couple…Répéta la rouquine…Donc Ron et Malfoy…Hermy et Zabini…et…
Elle rougit.
—Je pense que j'ai oublié de mentionner un truc quand je t'ai expliqué la situation, Bafouilla Harry.
Hermione, elle, semblait mal à l'aise à l'idée de dormir avec Blaise qui lui avait l'air de trouver ça sans intérêt. Quant à Ron et Draco, ils appréhendaient le moment ils se coucheraient l'un à côté de l'autre. Heureusement, Alita leur accorda un sursis:
—Vous racontez une nistoire avant de faire dodo ?
(1) Oui, je veux mettre fin au cliché trop souvent vu dans les fics comme quoi Blaise Zabini est le meilleur ami de Draco et/ou le « sous-chef » de leur bande de Serpentards ; tout au plus ils se respectent mutuellement mais sont indépendants l'un de l'autre.
