Chapitre huit : Le Réceptacle
Quand Draco dormait, il avait l'air d'un arbre mort, d'une vieille souche. Couché sur le dos, les bras le long du corps, droit comme un i sur une pièce de scrabble tombée par terre. Morphée le cueillait dans cette position et il se réveillait dans la même, sans avoir bougé d'un poil.
Ron remuait dans tous les sens, gigotait dans son sommeil. Il s'enroulait dans la couverture, se déroulait, la tirait pour lui et Draco se réveillait parce qu'il avait froid. Ron bougeait encore, envoyant valser un de ses bras dont la main atterrissait sur le visage du blond en une légère gifle. Et il prenait de la place, beaucoup de place.
Draco avait commencé sa nuit à l'extrémité du lit, mais à présent, le rouquin se rapprochait de lui de plus en plus. Il le repoussa.
—Dégage, Weasley.
Mais Ron, toujours endormi, recommença. Une fois de plus, Draco le repoussa.
—Dégage, Weasley.
Et ainsi de suite deux ou trois fois encore. Draco en eut vraiment sa claque.
—Nan, mais dégage, saleté de belette !
Il le poussa avec tellement de violence que le rouquin tomba de l'autre côté du lit. Badaboum ! Le blond se demanda si ça l'avait réveillé, un léger ronflement lui indiqua que non.
« Au moins, maintenant, j'ai le lit pour moi tout seul, maintenant que l'autre abruti est par terre. »
Il se rendormit, recommençant à imiter la vieille souche.
oOoOOOoOo
Draco était dans la cuisine, occupé à préparer du café, quand un petit garçon roux vint le trouver.
—Papa, je peux avoir une tartine de chocolat ?
Draco baissa les yeux vers le gosse. Tiens, c'était bizarre, il ne se rappelait pas le prénom de son fils roux, mais quelque part, il lui sembla naturel qu'il en ait un.
—Et moi, papa, je peux avoir de la confiture ? Demanda une fillette blonde, derrière lui.
Il se retourna et constata qu'elle tenait un bébé garçon, blond également, dans ses bras. Peu à peu, une dizaine d'enfants, soit blonds, soit roux, débarquèrent autour de Draco et se mirent à pépier « Papa ! Papa !» comme des petits oisillons qui attendent que leurs parents régurgitent de la purée de lombric dans leurs becs.
—Mais c'est quoi ça ? Gémit-il.
—Bonjour, chéri ! Dit une voix familière.
Il leva les yeux et vit Ron qui rentrait d'on-ne-sais-où et posait son manteau sur un fauteuil.
—Comment s'est passé ta journée, chéri, avec les petits monstres ?
—Mais Ron, c'est quoi tous ces chiards ?
—Ben, ce sont nos enfants…
Si cette idée ne le perturbait pas autant, il aurait remarqué qu'il venait d'appeler le rouquin par son prénom.
—Mais…Et Alita ? Où est-elle ? Demanda-t-il en essayant de repérer une tête à cheveux noirs dans l'océan jaune et orange autour de lui.
—Alita ? Mais nous l'avons revendue !
—Quoi ?
—Ben oui, tu ne l'aimais pas, parce qu'elle n'était pas ta fille biologique, alors, on l'a revendue à une autre couple…Et nous avons fait des enfants bien à nous, comme ça, ta lignée au sang-pur se perpétue, tu n'es pas content ?
—Mais…Il y a un problème !
—Quoi ?
—Mais…nous sommes tous les deux des hommes !
—Et alors ? Nous pouvons aussi porter des enfants ! Il existe une potion qui permet aux mâles d'être enceints en leur faisant pousser un appareil génital féminin…C'est super compliqué à préparer, mais c'est Rogue qu'il l'a inventée, il est trop fort…
—Ouais, Déclara Rogue en apparaissant subitement et sans raison rationnelle.
Draco remarqua alors que l'ex-directeur de Serpentard n'avait pas une tête de Severus, mais une tête d'acromantule, mais Ron ne sembla rien remarquer et alla faire la bise à son ancien professeur en souriant.
—Draco chéri, fais un bisou à Sevy, dans le sud, on est chaleureux, on se salue comme ça !
—Oui, Malfoy, embrassez-moi ! Dit la monstrueuse tête de Rogue.
Draco réfléchit rapidement à un sujet d'échappatoire.
—Mais…Pourquoi avons-nous tant d'enfants ? Dit-il en évaluant le nombre de petits blonds et roux à cinquante au bas mot.
—Ben, je suis un Weasley, et les Weasley se multiplient comme des lapins ! Déclara Ron d'un ton joyeux, D'ailleurs, nous allons encore en faire d'autres ! La race rousse va conquérir le monde, mouhaha !
—Mais c'est assez !
—Trop tard, je suis déjà enceint !
C'est là que Draco remarqua que le ventre de Ron était énorme, et trouva bizarre que ce détail ne lui ait pas sauté aux yeux.
—Et toi aussi, tu es enceint!
—Hein ?
Draco baissa les yeux et vit qu'effectivement lui aussi avait le ballon.
—Mais qu'est-ce que…Gémit-il.
—Oh, Merlin, je vais accoucher ! S'exclama Ron.
—Euh…
—Et toi aussi, tu vas accoucher !
—Ah bon ?
—Vite !
Ron tira Draco par la main et ils sortirent dehors.
—T'as vu ? Ils ont démonté Sainte-Mangouste et l'ont reconstruite à Azúcar Culebra rien que pour nous, c'est chouette, hein ?
Ron et Draco eurent à peine passé la porte de l'hôpital qu'ils étaient déjà en salle d'accouchement. Il n'y avait pas de hall, ni d'accueil. Hal, qui apparemment était Médicomage, apparut soudainement, et sa présence était aussi logique que celle de Rogue, c'est-à-dire pas du tout.
—Je m'occupe de Monsieur Weasley, Annonça-t-il.
—Eeeh, non, ne touche pas à mon mari, sale Espingouin ! Cria Draco.
—T'inquiète pas, Dit Hal, Hermione la Championne va s'occuper de toi !
—Je suis là, Annonça Hermione Granger vêtue d'un déguisement de crocodile, Tiens, Malfoy, bois de l'Agua de Valencia, c'est pour l'anesthésie !
—Anesthésie ? Une péridurale, tu veux dire ?
—Non, anesthésie totale ! Je vais d'abord t'opérer à cœur ouvert, et après, tu accoucheras…
—Mais…
—Bois ! Rugit-elle en lui enfonçant le verre dans la gorge.
Il but malgré lui. Après cela, elle le coucha sur la table d'opération, saisit un énorme couteau et même si Draco n'était toujours pas endormi, elle lui charcuta la poitrine comme une bouchère démoniaque. Cela ne faisait pas mal, ceci-dit.
—C'est bien ce que je pensais, Maugréa-t-elle, Ton cœur est un cornichon !
—Quoi ?
Elle sortit le condiment de sa poitrine, tout maculé de sang, pour le lui prouver.
—Il t'en faut un autre…Ah, voilà, ça coûte une Mornille…
Elle fit apparaître le cœur en chocolat blanc qu'Alita lui avait offert. Il ressentit un pincement au cœur— bizarre étant donné que sa poitrine était supposée être vide à cet instant précis— en pensant au fait qu'Alita avait été revendue.
—Oh, tiens, on dirait que tu as accouché sous le coup de l'émotion !
—Quoi ?
—Félicitation Malfoy, tu es le père d'une magnifique assiette dessert ! Dit joyeusement Hermione en lui tendant le plat de surprise aux oranges et au chocolat qu'il avait inventé.
—Mais…Mais…C'est sorti de moi, ça ?
—Nierais-tu que tu es le père de cette œuvre ?
—Et par où est-ce que c'est sorti exactement ? J'ai rien senti…
—Ça alors ! S'exclama Hal à leurs côtés, Il y a un problème…
—Draco tourna la tête.
—Le bébé de Ron, Dit Hal, Regardez, il est…
Le bébé avait des cheveux noirs et une énorme cicatrice en forme d'éclair…et même des petites lunettes rondes, à croire qu'il était né avec. Ron rougissait de honte. Draco vit rouge.
—Tu m'as fait cocu ! Et avec ce balafré de merde en plus !
—Mais Draco chéri…
—Y'a pas de "Draco chéri" qui tienne, tu vas payer pour cet adultère !
Et ne se souciant pas de savoir si Hermione l'avait recousu ou pas, il se jeta sur le bébé.
—Je vais balancer ce bâtard dans les toilettes ! Tempêta-t-il alors qu'une cuvette de chiotte apparaissait à côté de lui par magie.
Il sentait qu'il avait les larmes aux yeux.
—Tu ne m'as jamais aimé en vrai ! Tu n'aimes que ce maudit Potter…Mais pourquoi tout le monde l'aime celui-là ? Parce qu'il a sauvé le monde ? Et moi, je ne vaux rien, c'est ça ? Tu l'aimes plus que moi, hein ?
—Draco, pardonne-moi…
—Jamais !!!!!
Et Draco se réveilla, en sueur, dans la chambre du bungalow loué par la vieille Machaca.
« Quel rêve débile ! » Songea-t-il.
C'est à ce moment-là qu'il remarqua que la tête de Ron était couchée sur son torse. Le rouquin devait s'être réveillé par terre, avait repris place dans le lit, s'était rendormi et cette fois avait dérivé jusqu'à lui.
—Non, mais ça ira ?
Il repoussa Ron encore une fois et puis tenta de se rendormir, mais n'y parvint pas. Ce rêve le travaillait trop. Revendre Alita ? L'idée lui sembla horrible. Ron le trompant avec Potter ? Il s'imaginait la scène et avait envie de vomir. Des hommes enceints ? Où avait-il été cherché une idée aussi absurde ?
Un rayon de soleil apparut par une fente du store et les oiseaux commencèrent à chanter.
Draco avait décidé de prendre en charge l'alimentation de la famille, et c'est ainsi qu'il savait qu'il fallait désormais que quelqu'un se lève tôt tous les matins pour aller acheter du pain frais à la boulangerie. Ron dormait toujours à poings fermés, le blond eut envie de le réveiller pour lui demander de se charger de la commission. Mais il songea au fait que premièrement, il risquait de l'envoyer bouler en lui disant qu'il n'avait qu'à y aller lui-même, et ils se disputeraient jusqu'à réveiller Alita. Et puis, il y avait de forte chance que Ron se perde en chemin.
Draco se leva, se frotta les yeux, et se dirigea vers la salle de bain pour se doucher.
—Pôpa…Dit une petite voix.
—Tu es réveillée ?
—Ben vi.
—Je vais me laver, puis j'irai acheter le pain…
—Et P'pa ?
—Il dort toujours, fais-moi, plaisir, prends une casserole et une cuillère et réveille-le en lui cassant les oreilles, tu verras, c'est marrant !
Il alla dans la douche alors qu'Alita se précipitait dans la chambre où elle avait décidé de réveiller Ron d'une manière bien plus sympathique : en lui faisant des câlins et des bisous.
oOoOOOoOo
—C'est ici ! Dit Hermione d'un ton neutre.
—C'est ici que quoi ? Demanda Harry.
—Ben qu'Alita a débarqué…D'après Dumbledore, Rogue l'a trouvée devant son bureau, et j'imagine qu'une gamine terrorisée par un voyage dans le temps aussi soudain n'a pas osé bouger d'un millimètre jusqu'à ce qu'un visage familier —Rogue— n'apparaisse pour la mettre en confiance…
—Et donc…
—Et donc, elle s'est matérialisée dans notre époque ici…J'aimerais savoir pourquoi ?
—Pourquoi tu me poses la question à moi ? Tu es bien plus supposée le savoir que moi !
—Et bien, je pense qu'il y a un Réceptacle ici.
—Un réceptacle ?
—Oui, les voyages temporels effectués sur plusieurs années sont plus dangereux que ceux que j'effectuais avec mon tout petit pendentif Retourneur de Temps…Si tu veux, pour que la connexion entre les deux époques ne soit pas trop fragile— sinon Alita aurait pu être désarbitulée où quelque chose dans ce genre-là— il faut un Retourneur de temps en deux parties, un au départ, le Sablier, et un à l'arrivée, le Réceptacle. J'ai lu ça dans…
—Ça va, je sais, tout ce que tu sais, tu l'as lu dans un livre un jour ou l'autre, c'est bon…Mais donc, tu penses qu'il y a un Réceptacle ici ?
—Oui… Si nous le trouvons, peut-être qu'on pourra identifier le Retourneur de Temps au complet, ce qui, tu le devines, nous aiderait beaucoup !
—Bien, on va chercher dans les parages, alors…Ça ressemble à quoi, ton machin ?
—Ça, j'en sais rien…
—Et, tous les deux ! Cria la voix de Ginny qui arrivait.
—Bonjour, Dit une voix rêveuse aux côtés de la rousse.
—Tiens, Luna, comment ça va ?
—Ginny vient de me raconter des choses très…excitantes ! Susurra la blonde.
—Excitantes ? Tu veux dire « énervantes » ? Répliqua Harry.
—Les voyages dans le temps sont un sujet passionnant, Dit Luna, et…
—Nous n'avons pas envie de savoir ce que le Chicaneur en pense, La coupa Hermione.
—Vous cherchez le Réceptacle, alors ?
Hermione cilla.
—Comment es-tu au courant ?
Luna répondit par un petit rire.
—Je croyais que mon avis ne t'intéressait pas ?
—Ouais, bon, puisque vous êtes là, aidez-nous à chercher…
—Mais y'a des tas d'objets accrochés aux murs ! Se plaignit Harry.
—Alors, dans ce cas, on va tous les décrocher et les examiner un par un ! Allez, allons-y !
—Sir, yes, sir!
—Harry !
—Alors Luna, Ginny t'as tout dit…
—Oui, je trouve ça chou, le petit Ronald, le petit Malfoy et leur toute petite fille…
—C'est pas mignon du tout, Dit Harry, Malfoy est une punaise !
—Tu le détestes tant que ça ? Vous avez été rivaux, jadis, il paraît…
—Ouais, quand on était tous petits, parce qu'à l'époque, je croyais qu'un sale gamin de riches constituait le grand obstacle à ma tranquillité…Et puis Voldemort a pris de l'importance et je me suis rendu compte que Malfoy n'était ni mon rival attitré, ni mon pire ennemi…Il n'est juste qu'un petit Serpentard arrogant parmi tant d'autres, mais rien de sérieux…
—Alors pourquoi ça t'ennuie tellement que Ronald se marie avec lui ?
—Parce que contrairement à moi, Ron n'a pas eu à combattre Voldemort et qu'il a continué à considérer Malfoy comme son pire ennemi, que ça doit le perturber très fort de savoir qu'ils vont un jour se marier, et en tant que meilleur ami de Ron, je compatis à sa douleur…Et puis, même si aujourd'hui, je suis indifférent à Malfoy, je pense toujours que c'est une sale peste et qu'il y a des chance qu'il fasse souffrir Ron, et ça je ne peux pas le tolérer…
—Quel beau discours d'amitié, dis donc !
Harry se tut. Il y tenait à cette amitié. Pendant longtemps, il l'avait négligée et Ron s'était disputé avec lui plusieurs fois comme pour lui rappeler que lui aussi devait compter…Maintenant que la guerre était finie, il fallait repartir sur de bonnes bases et prouver à Ron qu'il était aussi important que les autres.
—Vous êtes trois en tout, à être mariés à un Serpentard, Dit Ginny, Ron, Hermione, et toi, Luna…
—Est-ce que Nott est déjà au courant ? S'enquit Hermione.
—J'ai laissé ce soin à Zabini, Répondit la rouquine, Les Venimeux n'ont qu'à s'arranger entre eux…Mais dis-moi, Mione, est-ce que ça va ?
—Oui, pourquoi ça n'irait pas ?
Harry et Ginny cessèrent leurs recherches pour lui adresser un regard peiné, mais ce fut Luna qui répondit :
—On sait bien que tu es amoureuse de Ron…
—Je n'ai rien, Répliqua la brune avec une colère subite qui devait lui servir à masquer son chagrin rentré.
Ginny préféra changer de sujet :
—Au fait, vous savez que Rogue est parti lui aussi…
—Oui et ?
—Et bien, nous allons avoir un nouveau professeur de Potions…
—Ben Slughorn...
—Non, j'ai entendu dire qu'il ne voulait pas revenir de sa retraite, cette-fois...
oOoOOOoOo
Draco revint de ses courses et trouva Ron et Alita en pyjama assis devant le curieux appareil moldu du salon, ce que Hal appelait une «télévision».
Il s'approcha du « carré magique » et constata qu'une image animée y était apparue. Il manqua de renverser ses sacs devant le phénomène…Parce qu'en plus, il y avait du son ! Un canard noir poursuivait une souris brune portant un sombrero, et elle courait bigrement vite, elle partit se cacher dans son trou, aménagé comme une maison humaine et en sortait un bâton de dynamite qui explosait la gueule du canard qui se mit à râler en employant le langage humain (en espagnol, évidemment).
—Mais…Mais c'est quoi ça ?
—C'est Speedy Gonzalez et Daffy Duck, Expliqua Ron qu'Alita avait briefé sur le sujet.
—Ce canard parle ! Et il aurait du mourir avec cette dynamite ! S'exclama Draco.
—Ben, c'est un cartoon, c'est normal…
—Un cartoon ? Ils sont fous, ces Moldus ! Granger a raison de dire que ça rend les gens stupides !
—Mais c'est juste un truc rigolo pour les enfants… Regarde, lui, là-bas, c'est Bux Bunny, il dit tout le temps « Quoi de neuf, docteur ? »…
—Venez manger plutôt de regarder ces conneries !
—Oui, Pôpa, Niaisa Ron.
—Arrête de faire l'andouille et aide-moi à mettre la table !
—Quoi, trois couverts, c'est trop compliqué pour que tu le fasses tout s…et, mais t'as bien beaucoup de sachets ! T'as pris du pain pour la semaine entière ? Ça va sécher, le pain ça s'achète quasi tous les jours, ça ne se conserve pas !
—Ce n'est pas que du pain…Je suis aussi passé à la librairie…
—Librairie ?
—Au départ, je ne comptais acheter qu'un dictionnaire anglais-espagnol…
—Ah…ouais, bonne idée…comme ça on ne comptera pas trop sur Hal pour jouer les traducteurs-interprètes…
Draco fronça les sourcils à l'entente du mot « Hal » mais poursuivit :
—Et puis, une fois sur place, j'ai été voir au rayon des livres en langues étrangères et j'ai trouvé quelques trucs en anglais…je les ai acheté car je compte lire pour ne pas trop m'ennuyer ici…
Ron soupira. Le seul avantage qu'il avait réussi à trouvé à avoir Draco à la place d'Hermione était qu'il éviterait Miss Bibliothèque Ambulante, mais si le blond s'y mettait aussi…Enfin, au moins, c'était de la littérature et non des manuels scolaires.
—Tu n'es quand même pas entrain de te dire que je te rappelle Granger ? Persiffla Draco comme s'il avait lu dans ses pensées.
—C'est pas pareil, Intervint Alita, Marraine est une sorcière scientifique, elle ne lit que des livres avec des choses à apprendre…parce qu'elle a soif de connaissances, et puis, ça fait partie de son métier…Pôpa, lui, il lit des livres avec des gens qui vivent des aventures géniales !
—Hein ? Fit Ron.
—Ce qu'elle essaye de te faire comprendre, Railla Draco, C'est que Granger a beau être atteinte de bibliophagie aigue, elle est incapable d'apprécier la littérature, et que moi si !
—On manze ? Demanda Alita.
Draco déposa le pain sur la table et se mit en tâche d'amener les pots de confitures tout en expliquant :
—Je lis pas mal de romans…Je les trouve bien plus intéressants que tous ces manuels de magie qu'on doit potasser à Poudlard…Ça ne te ferait pas de mal d'essayer aussi…
—Les seuls trucs pour lesquels j'éprouve du plaisir à les lires, ce sont les bandes dessinées…Dit faiblement Ron.
—J'ai lu pas mal d'auteurs sorciers, Dit Draco, Mais toux ceux qui étaient proposés à la librairie d'ici je les ai déjà lus, alors j'ai pris quelques écrivains moldus…
—Toi ? Tu lirais un truc écrit par un Moldu ?
—J'ai le choix ? Et puis, je pense que la littérature est un domaine où avoir des pouvoirs magiques ou non n'a aucune importance…on écrit avec une plume, pas avec une baguette…
Ron était subjugué d'une telle ouverture d'esprit de la part d'un Malfoy et se demanda si Draco oserait répéter ça en présence de Lucius. Il saisit le premier livre qu'il vit dans le sac.
—Gabriel García Marquez, Cent ans de solitude… Pfiou, quelle brique, tu vas probablement mettre cent ans également à le lire…et tu seras très solitaire…
—Epargne-nous tes mauvais jeux de mots et viens manger !
—Oui, mon ange ! Dit Ron d'un ton mielleux comme pour rappeler à Draco qu'Alita écoutait leurs moindres paroles.
—J'ai décidé de tenir un budget, Annonça le blond.
—Un budget ?
—C'est un truc pour gérer les dépenses qu'utilisent les gens qui ont de l'argent, Expliqua Draco.
—Je sais ce qu'est un budget, Répliqua Ron, C'est jusque je me demandais comment un mec habitué à jeter l'argent par les fenêtres pouvait s'imposer des limites dans les dépenses…
« Il m'énerve » Pensa Ron « Il surestime ma pauvreté. Il s'imagine toujours que mes parents se privent de nourriture pour payer mes affaires d'école et qu'on dort tous dans la même pièce…»
« Il m'énerve » Pensa Draco « Il surestime ma richesse. Il s'imagine qu'on nage dans le fric au point d'acheter n'importe quoi, comme des WC en or massif… »
—Vous avez fait de beaux rêves ? Coupa Alita.
—Des…rêves…Bégaya Draco.
—Moi, z'ai encore rêvé que z'étais une pirate…C'était cool ! Et vous ?
—J'ai fait un rêve super-bizarre, Dit Ron d'un ton évasif.
—Ah oui ? Dit Draco mal à l'aise, Et ça racontait quoi ?
Ron fut d'abord surpris que le blond se montre si intéressé, ne se doutant pas que celui-ci était entrain de se demander si lui aussi avait rêvé d'être enceint…
—Et bien, je me promenais sur la plage, Dit Ron, Et tout à coup…Je vois le cerveau de Harry qui traine par terre…
—Et à quoi as-tu vu que c'était à lui ? La taille ridicule ?
—Je le savais, c'est tout. Quand tu rêves, y'a parfois des trucs comme ça, t'as la conviction de quelque chose même si rien ne t'indique que c'est juste…enfin bref, je vois le cerveau de Harry qui traine par terre…je m'en approche, et là, il se transforme en méduse ! Et puis, la mer se remplit entièrement de méduses, il y en a partout, et elles sortent de la mer, et elles s'envolent, elles remplissent le ciel…Des centaines de milliers de méduses !
Alita rigola doucement.
—C'est vrai que c'est bizarre, Admit Draco, soulagé que Ron n'ait pas fait le même rêve que lui.
—Ouais…Répondit le rouquin, Vous croyez que ça veut dire quelque chose ?
—Hein ?
—Ouais, les rêves ont toujours une signification cachée…
—Tu crois aux rêves prémonitoires ?
—Pas vraiment…Mais en revanche, je sais que c'est souvent notre subconscient qui nous travaille pour nous faire comprendre quelque chose…
Draco songea qu'il n'avait pas vraiment envie de savoir ce que signifiait son rêve à lui.
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La petite famille, après le petit déjeuner, s'en alla à la plage. Draco fut assez déçu, car il avait projeté de jouer un sale tour de cochon à Ron en remplaçant sa crème solaire par de la mayonnaise, afin que le rouquin finisse la journée dans un état proche de la merguez grillée au barbecue servie avec de la sauce…Mais il n'en eut pas le temps car il dut encore une fois revêtir sa tenue blanche anti-lumière du jour, sans oublier l'ombrelle.
Une fois arrivés à la plage, alors qu'ils cherchaient une place où poser leurs serviettes— sans savoir qu'ils étaient observés par un certain spécialiste des Potions qui d'ailleurs n'avait aucune envie de les voir, mais passons— ils se firent accoster par Hal qui semblait très occupé à mater de jeunes sorcières entrain de se baigner.
—Eettt, saluuuuttt ! Dit-il en abandonnant ses « proies ».
—Ah, merde, il est encore là, celui-là…Râla Draco.
—Bonzour, Mr Hal !
—Salut !
—T'es vraiment obligé de te promener à moitié à poil devant nous ? Demanda le blond.
—Ben, je te ferais remarquer que cet endroit est une plage, que le temps est muy caliente, et donc, c'est assez normal que je sois en maillot de bain, Répondit Hal.
—Laisse-le, Dit Ron, Il est jaloux parce que tu es plus beau que lui…
Draco trouva se commentaire injuste dans l'absolu— parce que c'était lui le plus beau et puis c'est tout— et parce qu'il détestait l'idée que Ron pense ça. Le rouquin retira ses vêtements pour se retrouver lui aussi en maillot…
—Et tu t'y mets aussi ?
—Je ne compte pas aller me baigner tout habillé, Fit remarquer Ron, Et toi…
—Je ne vais pas nager…Répondit le blond en se planquant sous son ombrelle, je vais lire à l'ombre…
—Il est toujours d'aussi mauvaise humeur ?
—Ça dépend, Murmura Ron, J'imagine qu'il peut être agréable à vivre…sans doute…
—J'ai fait un cauchemar, cette nuit…Dit le blond à Ron et Hal, Et vous étiez tous les deux dedans !
—Et moi, z'y étais ?
—Non, pas toi, petite poupée, et c'était justement pour ça que c'était un cauchemar…
Ron soupira et commença à se mettre de la crème solaire alors qu'Alita faisait admirer son maillot à Hal.
—Gabriel García Marquez, Dit celui-ci en voyant Draco ouvrir son livre, Tu comptes tuer quelqu'un ?
—Hein ?
—Ben ouais, un volume pareil, si tu le jettes à la figure de quelqu'un, tu le décapites…
—Je devrais essayer sur toi, qu'est-ce que t'en dis ?
—J'ai du mal à me mettre de la crème dans le dos ! Se plaignit Ron.
—Je vais le faire pour toi, Proposa Hal.
Draco réagit au quart de tour :
—Je crois que si quelqu'un ici doit mettre de la crème solaire à Ron, c'est moi !
—D'accord, Capitula Hal qui, après tout, ne voulait que rendre service.
Le rouquin ressentit un drôle de frisson à l'idée. Malfoy, Draco Malfoy allait lui toucher le dos et les épaules…Ca pouvait paraître ridicule, mais ce n'était pas rien.
Le blond fit de son mieux pour se calmer et prendre un visage plus souriant. Il s'approcha alors de Ron et saisit le tube de crème.
—Couche-toi sur le ventre ! Ordonna-t-il.
—Euh…
—Allez, vas-y, t'attends quoi ? Qu'il pleuve des hippogriffes?
Ron rougit tellement qu'on aurait dit qu'il était trop tard pour lui mettre de l'écran total et qu'il valait mieux passer directement à la crème réparatrice après-soleil. Néanmoins, il se coucha docilement sur sa serviette et releva ses cheveux pour dégager sa nuque. Draco prit une loquette de crème dans sa main et commença à lui masser les épaules avec, se faisant la réflexion qu'il n'avait pas imaginé qu'on pouvait avoir autant de taches de rousseur...et que contrairement à ce qu'il imaginait, ce n'était pas disgracieux...loin de là!
Pendant ce temps, Alita tapait la causette avec Hal.
—Et toi, tu vas comment, Mr Hal ?
—Oh, Soupira-t-il, J'ai parfois quelques soucis, si tu savais…
—Encore à cause des filles ?
—Comment tu sais ça, toi ?
—Bah, ze te connais, tu es incorrizible, Monsieur le Don Zuan!
—Ouais…d'une part, il y a Carmen…et d'autre part…il y a Yoli…Comment choisir entre ces deux beautés…Enfin, c'est pas comme si tu pouvais comprendre…
—Mais si, ça m'est dézà arrivé !
—D'être amoureuse de deux filles en même temps ?
—Nan, deux garçons…
—Comment à six ans, tu…
—Bientôt sept, c'est mon naniversaire dans quatre zours !
—Comment à sept ans, tu veux avoir été amoureuse de deux garçons ?
—C'est quand z'ai fait mon « Perplexe deux types »…z'avais deux ans…
—Hein ?
—Ben vi, c'est Marraine qui m'a expliqué que toutes les filles sont amoureuses de leur papa…
—Ah, tu voulais dire « Complexe d'Œdipe », mais alors toi…tous les deux ?
—Vi !
—Ha ha ha, trop marrant, comme idée…
—Qu'est-ce qui te faire rire, toi ? Répliqua Draco en se retournant.
—Alita a été amoureuse de vous deux quand elle a fait son Œdipe !
—Ce n'est pas possible, Dit Draco, Pour ça, il faut qu'il y ait une mère avec qui l'enfant entretient un lien particulier, et le père vienne perturber ce lien et…
Ron eut envie de dire à Draco de la fermer et de continuer à masser plutôt que de les souler avec ses freuderies, mais il ne se sentait pas l'audace de contrarier le blond.
—Bah, Répliqua Hal, Pourquoi ça l'empêcherait de tomber amoureuse de vous deux? Car vous êtes des modèles masculins tous les deux, et plus tard, inconsciemment, elle recherchera un homme qui vous ressemblera…
—Ça suffit la spycholozie ! Intervint Alita, On n'est pas chez Madame Clara.
—Madame Clara ?
—Tu connais Evelina ? Demanda Hal.
Draco eut soudain comme un flash : « Dr Clara, Psicomaga », c'était écrit sur un enseigne qu'il avait vue la veille.
—Mr Hal, il fait tout le temps la cour à Madame Clara !
—J'aime beaucoup les femmes mûres, que voulez-vous ?
—Et Carmen et Yoli, alors ?
—Il est pitoyable, ce mec, Grommela Draco, Voilà, Ron, je t'ai enduit de crème…
—Quel genre de crème ? Souffla Hal.
—A ton avis, espèce d'obsédé ?
Hal s'apprêta à répondre, quand il vit quelque chose de séduisant sortir de la mer, ce qui dévia son attention du blond.
—Wouah ! Cette femme est magnifique !
En effet, Tonks, sous sa forme de brune aux yeux d'onyx venait d'émerger de l'eau telle une sirène langoureuse en bikini noir et particulièrement minuscule. Hal l'avait déjà rencontrée la veille quand elle s'était présentée avec ses deux compères pour louer l'appartement, mais il ne la reconnaissait pas, contrairement à un certain Severus qui avait acquis une paire de jumelles pour surveiller le trio glamour : Tonks qui nageait, Black qui taquinait la vague sur sa planche de surf et Lupin qui faisait tranquillement les mots fléchés spécial plage de Sorcière Hebdo sous son parasol. Hal courut vers Tonks en criant «Señoritaaaaaaaaa» et à l'arrivée, il bava dans son décolleté.
—On va nager, princesse ?
—Vi vi vi !
—Et une minute, Dit Draco, Ron veille à ce qu'elle reste où elle a pied !
—Ah euh…oui…c'est vrai… faut que je fasse gaffe…
—Evidemment, tu n'y penses pas, toi…irresponsable…
—La mer est moins dangereuse que toi, Maugréa le rouquin, Viens, Alita !
Draco les regarda partir, envieux de leur complicité. Puis, il saisit son livre et commença ses cent ans de solitude.
Néanmoins, cela pouvait être son imagination, mais il jura avoir entendu, du fond du brouhaha multilingue (car les vacanciers venaient de contrées très variées), une phrase en anglais :
« Au secours, la vague a arraché mon maillot, je suis tout nu, viens m'aider…Remus ! »
