Chapitre neuf : Feliz cumpleaños

—Mais qu'est-ce qué tou fais là, toi ? Tempêta la vieille Machaca en voyant Sirius débouler chez elle à six plombes du matin, guitare à la main.

—On est un peu à l'étroit dans l'appartement, Répondit-il évasivement.

—C'est sour, il n'y avait qué la señorita aux cheveux roses qui devait dormir là, normalement, pas toi ni el… hombre-lobo…

—De quoi vous avez traité mon Remus, là ? C'est quoi un nombril-lolo ?

—C'est pas oun insoulte, il est oun hijo de la luna, n'est-ce pas ?

—Abuela, ¿ porque gritas asi? Demanda Hal tiré du lit par les beuglements grands-maternels. (1)

—Salut ! Lui dit Sirius.

—Salut…tiens, tu joues de la gratte ? Trop cool ? Tu sais que j'en joue aussi ?

—Ah, non…

—Pourquoi t'es là ?

—Je crois bien que Remus et Tonks vont faire «des choses» ce matin, alors ils m'ont viré de l'appart'.

Hal remarqua le regard triste du toutou.

—Tu veux manger ici ?

—Tu veux bien ?

—Ouais…

—Merci…Tiens, je crois que tu as sympathisé avec Ron…

—Ouais, il est chouette, si j'étais pas hétéro, je chercherais par tous les moyens à le mettre dans mon lit…

—N'oublie pas qu'ils ne doivent pas savoir qu'on les espionne…

—Promis, je fais attention…Dis-moi, toi aussi, je crois, tu es gay ?

—Oui.

—Et tu aimes beaucoup ton ami Hijo de la Luna ?

—Oui.

—Mais il aime la jolie Métamorphmage…

—Où veux-tu en venir ?

—Ben, on n'a qu'à les faire casser, comme ça tu récupères Remus, et moi, je prendrai Tonks !

—Quoi ?

—Je plaisante !

—J'espère bien, gamin, car je ne leur ferai jamais un coup pareil !

—T'inquiètes… Mais ça te rend triste, je le vois bien…il faudrait que tu te trouves quelqu'un…

Ils furent interrompus par les cris de la vieille qui sommait son petit-fils de préparer le petit déjeuner et Sirius de déguerpir s'il ne voulait pas qu'elle danse le flamenco sur sa colonne vertébrale.

oOoOOOoOo

Alita avait été comme un météore qui avait percuté de plein fouet les univers de Ron et Draco. Le choc avait été assez rude— il s'en était passé, en seulement quelques jours !— mais une petite routine finit par s'installer, et le climat chaud valencien aidait sans doute un peu à cette sensation de bien-être.

Ron passait ses journées soit à jouer avec Alita, soit à trainer avec Hal, soit à dormir comme un bienheureux dans un transat (la sieste après le repas de midi en Méditerranée, la liesse !). Draco lisait la plupart du temps et s'occupait des repas de façon à assimiler un peu son métier futur. La vieille Rocío Machaca venait parfois pour lui apprendre à cuisiner, mais de l'avis du blond, elle venait surtout pour lui hurler dessus des ordres en castillan qu'il ne comprenait pas.

Les deux ennemis héréditaires se retrouvèrent la veille de l'anniversaire d'Alita au soir à siroter de la bière dans des sièges de plages aménagés sous les orangers.

—Il faut qu'on lui fasse une fête, demain…

—Tu t'en occupes, moi je fais le gâteau…

—Mais…Ça ne va pas te prendre tout ton temps, tu pourrais m'aider, non ?

—Non, parce que j'ai prévu d'emmener Alita faire du shopping…elle survit avec la même robe depuis plusieurs jours et dort dans tes tee-shirt en guise de pyjama, il faut que je lui reconstitue une garde-robe…et j'en profiterai pour acheter des vêtements pour moi…et pour toi aussi.

—Pour moi ? Tu vas…m'acheter des fringues ?

—Ouais, je me suis fait à l'idée que tu étais mon mari— ce dont je suis on ne peut plus blasé— et je voudrais que tu t'habilles autrement que comme un SDF qui fait la manche dans le métro…

—Dis donc, je ne suis pas si mal nippé que ça !

—Ce que tu portes en ce moment à été porté par tes vingt-six grands frères avant d'arriver à toi…

—Je n'en ai que cinq de frères !

—Et quand ça ne vient pas d'eux, c'est tricoté main par ta mère!

—Ça je risque pas de les porter ici, vu la chaleur…

—Enfin, tu ne vas quand même pas m'en vouloir d'avoir envie que tu sois un peu mieux fringué?

—Et tu connais ma taille ?

—Il me suffit de lire les étiquettes sur tes « haillons » et aussi…Tes pantalons sont trop courts pour toi…

—Avant, ils étaient aux jumeaux, qui sont de petite taille alors que je suis grand, c'est pour ça…

—Bah…

—Mais qu'est-ce que tu fais ? C'est quoi ça ?

—Un mètre ruban…Lève-toi, je vais prendre tes mesures…

—Mais…

—Weasley ! Lève-toi, s'il te plait !

De mauvaise grâce, Ron se leva et laissa le blond le mesurer dans tout les sens.

—Et bien, si en plus de cuisiner, tu sais jouer les couturiers, ben…t'es bon à marier, on dirait ! Railla le roux.

Draco ne répondit pas, il était trop concentré.

—Et je te préviens, tu n'achètes que des vêtements confortables et pas trop moches, je ne veux pas d'un costume haute couture pour aller dîner en compagnie du Ministre de la Magie où ce genre de truc !

—Tu porteras ce que je t'achèterai, un point c'est tout !

Ron se renfrogna.

—Je peux compter sur toi pour préparer une fête pour Alita? Dit le blond en rangeant son mètre ruban.

—J'espère que j'aurai le temps…

—Tu l'auras…tu ne fous rien de tes journées !

—J'irai me faire percer demain…

—Quoi ?

—Ben, les piercings…il faut bien que je les fasse !

—Ah…et comme par hasard, tu as décidé de les faire demain, juste au moment où je te donne des responsabilités !

—C'est parce que cet après-midi, Alita a voulu dessiner, et j'ai réussi à lui faire crayonner les portraits de tout le monde, et sur le mien, elle avait fait les piercings, je sais donc maintenant à quels endroits ils sont, leur couleur et cetera…

—Et elle a aussi dessiné celui que tu as…en bas ?

—Bien sûr que non, elle ne m'a pas fait à poil… et puis, celui-là, je ne compte pas me le faire…elle ne pourra pas vérifier, de toute façon…ch'uis pas un pervers, moi !

—Tu trouveras quand même le temps d'organiser une fête ?

—Je sais pas…

—Nom d'un vampire, il faut que je fasse tout ici !

—C'est quoi ton problème ?

—Ben, je passe mon temps à cuisiner pendant que tu t'amuses, voilà !

—Tu cuisines, mais c'est moi qui fais la vaisselle ! Et le ménage aussi …et c'est moi qui récure les toilettes ! Ensuite, ben, contrairement à toi, je ne passe pas mes temps libres à bouquiner, je les répartis entre Alita et Hal…

—Encore Hal…

—Ben ouais, je suis quelqu'un de sociable, et j'ai bien compris que si j'avais envie de compagnie, c'était pas à toi qu'il fallait en demander ! Et puis, pourquoi tu te braques comme ça sur Hal ? T'es jaloux ou quoi ?

—Nan, c'est juste que tu es supposé être à moi, et que tu ne conduis pas comme tel !

—Mais…Dit Ron, mais il laissa sa phrase en suspens.

Draco respira un coup, et puis dit, la voix chargée de méchanceté contenue :

—Y'a intérêt à ce que cette fête soit géniale, bonne nuit, mon cher et tendre !

Il tourna les talons et rentra dans le bungalow. Il passa par le salon pour se diriger vers la chambre. Alita était devant la télé à zapper furieusement car « bizarrement », ce n'était pas les mêmes séries qui passaient que dans son époque («Maaaaiiis, ze veux One Piece, pourquoi y'a plus ? »). En voyant Draco rejoindre ses pénates furieux, elle sentit que quelque chose n'allait pas. Elle abandonna son zapping et se précipita dans le jardin où Ron regardait piteusement son verre en le faisant tourner entre ses doigts pour faire tinter les glaçons contre les parois.

—P'pa ?

Il leva les yeux.

— Vous vous êtes disputés ?

—Euh…

—C'est à cause de moi ?

—Non, non, non, non, non ! Ne viens surtout pas croire ça ! C'est…c'est rien, petite princesse, on est tous les deux un peu énervés pour un truc bête mais ça va passer et tout ira bien.

Elle le regarda bizarrement. Il songea qu'il ne fallait jamais, au grand jamais, prendre les gosses pour des naïfs : ceux-ci savaient parfaitement que les adultes mentaient tout le temps !

Ron, pourtant, ne se considérait pas comme un adulte, c'était un état dans lequel il n'arrivait pas à se retrouver. Sans doute parce que dans sa famille, il était le petit frère, et dans son cercle d'amis, face à Hermione, personne ne pouvait avoir l'air mature et donc, il n'avait jamais cherché à devenir responsable puisque c'était en quelque sorte son rôle à elle. Mais à présent, avec une enfant à charge et un mari capricieux…Draco n'était pas plus mature que lui, et c'était une manque de pot pour Alita de tomber sur deux pères aussi bornés et irresponsables l'un que l'autre…

Mais il fallait pourtant faire quelque chose, sinon ils tourneraient en rond, si aucun de deux ne faisait d'effort…

Evidemment, Ron commença par se dire « Mais c'est de la faute de cette fouine débile ! », et puis, il songea au fait que peut-être que s'il avait accepté tout de suite de se charger de l'organisation de la fête, la dispute n'aurait pas eu lieu…Oui, mais quand même, le blond s'imagine qu'il est le seul à travailler pendant que lui restait les mains dans les poches, ce qui n'était pas vrai ! Allez, un partout, match nul…

Et puis, Draco allait lui acheter des vêtements, c'était pas gentil, ça ? Il avait peut-être un bon fond ?

Malfoy, un bon fond ? Nan, impossible, cette fouine ne pouvait pas avoir autre chose que des mauvais côtés…

Sauf que…Si dans le futur, Ron en était amoureux, c'est que forcément, il y avait quelque chose de valable chez ce blond imbuvable ! Sur le dessin qu'Alita avait fait de lui, Draco était souriant et avait l'air du mari et père parfait…

« Il n'y a pas du fumée sans feu…reste à trouver ce feu… »

Ron alla mettre Alita au lit (et dut lui raconter une autre histoire pour la rassurer, une avec des pirates puisqu'elle semblait adorer ça) et puis alla lui-même se coucher.

Quand il entra dans la chambre, Draco était déjà entrain de dormir— ou peut-être faisait-il encore semblant ? Ron le regarda, il avait l'air si calme, ses traits étaient déliés de la méchanceté qu'il essayait tout le temps de leur imprimer. Le roux se coucha à ses côtés, les bras croisés derrière la tête pour se donner un air décontracté.

—Je vais m'occuper de cette fête, Dit-il, Tu n'auras rien à faire à part ton gâteau…J'espère qu'il sera délicieux.

Le blond ne bougea pas, la vieille souche ne se réveilla pas.

—Et aussi…Commença Ron hésitant,…Aussi, je suis désolé qu'on se soit disputés…Oh, c'est pas comme si c'était la première fois, mais en revanche, nous ne devrions plus nous battre pour ce genre de conneries…C'est pour Alita après tout, il ne faudrait pas qu'on lui gâche son anniversaire avec nos idioties de grands garçons qui se détestent et ne pensent qu'à se taper dessus…

Toujours pas de réaction draconienne.

—Enfin, je suis désolé, quoi…Et je vais pas t'accabler de travail, je vais m'occuper de la fête…oh, et viens pas croire que t'as gagné, je te signale que la façon de tu me parles est à cent lieues d'être correcte…faudrait que tu te débarrasses de ton ton méprisant…Allez, bonne nuit…

Draco ne réagit toujours pas. Alors Ron eut une idée drôle et sournoise, histoire de mettre des fourmis dans la vielle souche : il s'approcha de lui et déposa un léger baiser sur sa joue, en répétant « Bonne nuit ».

—MAIS ESPECE DE GRAND CRETIN, SI TU RECOMMENCES, JE T'ETRIPE !

—Je savais bien que tu faisait semblant de dormir !

oOoOOOoOo

Ron était particulièrement nerveux le lendemain, quand il se dirigeait avec Hal vers le salon de tatouages et piercings.

—Pourquoi tu ne fais pas aussi celui que tu as sur ton intimité ? Le charria Hal, Comme ça, ça sera vraiment des «bijoux de famille» !

—J'ai pas envie…et puis, je suis sûr que ça fait super mal à cet endroit-là…Trop de terminaisons nerveuses… et puis, pas question d'abaisser mon froc devant un parfait inconnu, même s'il en a sûrement déjà vu puisque ça fait partie de son boulot…

—Moi, ça ne me dérangerait pas, c'est une femme qui s'occupe de ça…une petite punk toute mignonne…

—Rien ne t'empêche de le faire, si tu veux !

—Euh…non, en effet, ça a l'air douloureux…Mais t'as pas l'air très motivé…

—J'suis un peu anxieux en ce moment…

—Draco ?

—Bingo ! C'est l'anniversaire d'Alita aujourd'hui, et il veut que je m'occupe d'organiser la fête de ce soir tout seul pendant qu'il fait le gâteau, mais je ne sais pas comment m'y prendre…On s'est un peu chamaillés à propos de ça et propos d'autres choses…

—Je peux t'aider, si tu veux !

—Vrai ? Merci. De toute façon, t'étais invité, et ta grand-mère aussi.

—Je peux amener quelques amis à moi aussi ?

—Ouais, mais n'oublie pas que c'est l'annif d'une petite fille, pas une soirée pour ados…Donc, des ballons, des assiettes en carton, mais pas d'alcool…

—T'inquiète…Je dis ça parce que j'ai parlé de vous à mes potes et qu'il y en a qui ont vraiment envie de vous rencontrer…

—Ah.

—Ça ne fait que euh…combien de jours que tu as appris que tu étais marié et père ?

—On a trouvé Alita à Poudlard le onze avril…on est le dix-sept…six jours !

—Ça fait donc moins d'une semaine ! Punaise, et tu arrives à encaisser en si peu de temps ?

—On fait comme on peut…Au début, j'étais plus qu'ébranlé, mais j'ai vite compris qu'il fallait que je développe ma capacité d'adaptation, mais j'ai tout le temps peur d'être complètement largué par la situation, je t'avoue…

—T'as pourtant l'air de bien t'y faire…en tout cas, par rapport à Draco…

—Si, je te jure que j'ai peur, mais je ne laisse rien transparaître…comme aux échecs…

—Les échecs ?

—Ah ouais, je te l'ai pas encore dit, mais je suis un grand adepte de l'échiquier, et je ne vais pas faire de fausse modestie inutile: je suis très doué à ça…Il n'y a qu'une seule personne capable de me vaincre…Et du coup, je vois souvent les situations difficiles comme des parties d'échecs «symboliques», c'est comme ça que je m'y prends pour les résoudre…Et donc, dans ce cas-ci, j'essaye surtout de ne pas montrer à l'adversaire que je suis déstabilisé par tous ces changements et ces pièges imprévus…

—L'adversaire…c'est Draco ?

—Je sais pas…Va savoir contre qui je me bats en ce moment…Six jours…mais combien de révélations en ce laps de temps ! Tu n'imagines pas…j'aime réellement passer du temps avec Alita, mais j'ai toujours peur que quand elle ouvre la bouche, ça soit pour m'apprendre quelque chose de particulièrement explosif sur mon futur…

—Elle t'a déjà raconté quoi, par exemple ?

—Et bien à part les piercings, y'a que je joue de la guitare…

—Ah oui ? Moi aussi !

—Ah, super, tu pourras m'apprendre, parce que je n'ai jamais touché un instrument de musique de ma vie…enfin, si, quand j'avais cinq ans, j'ai trouvé un harmonica chez mon grand-père et j'ai soufflé dedans comme un con pour voir ce que ça faisait, résultat, j'ai cassé les oreilles de tout le monde et ma mère m'a filé une fessée…Mais à part ça…

—Qu'est-ce qu'Alita a dit d'autre ?

—Que Draco était restaurateur, que mes amis étaient mariés et avaient des enfants, qu'un de mes frères habitait en France, qu'il y avait un monstre sous son lit qui s'appelait André Cornichon et que…euh, non, je ne préfère pas dire ce que je fais avec Draco aux toilettes !

—Vous faites quoi ?

—Je ne veux pas le dire.

—Allez !

—Nan.

—Ok.

Si Ron avait un peu mieux connu Hal, il aurait su que cette capitulation rapide ne pouvait que cacher l'envie sournoise d'aller interroger directement Alita sur le sujet, mais pour l'heure, ils en restèrent là. Ils arrivèrent devant chez le pierceur.

—Ah, tiens, maintenant que j'y pense, Alita a aussi parlé d'un certain Cius, qui lui aurait encore plus de piercings que moi, voir dans l'excès…Tu ne saurais pas si…

—Cius ? Désolé, je ne connais personne de ce nom, tu ne sais pas quel lien il aurait par rapport à toi ?

—Non, pas le moindre. On avait d'abord pensé que cela puisse être le diminutif de Lucius— le père de Draco— mais Alita parle de lui en le surnommant « Papy Lulu », donc, ce n'est pas lui…et puis, Lucius Malfoy avec des piercings…

—Il a pas une tête à ça, Papy Malfoy ?

—Comment te décrire le look de ce type ? Ah, ben, je commencerai par dire qu'il a l'air sorti tout droit d'une autre époque…je dirais il y a deux ou trois siècles voir plus…la Renaissance, peut-être! Je suis sûr qu'il s'étale de la poudre de riz sur la gueule !

—T'as pas l'air de l'aimer, dis-donc.

Ils entrèrent dans la boutique et en attendant leur tour, Ron raconta à Hal comment durant l'ère paléolithique, les ancêtres hommes de Neandertal des Malfoy et Weasley se détestaient déjà et que c'était pour ça qu'il ne pouvait pas se trouver dans la même pièce que Draco sans qu'ils essayent de se mordre.

oOoOOOoOo

—Tu es prête, ma petite poupée ?

—Attends, Pôpa, faut que Nemo parte !

—Hein, Nemo ?

Draco tourna la tête vers Alita, celle-ci était entrain d'attacher un message à la patte de sa chouette qui s'envola aussitôt une fois cela fait.

—A qui tu écris ?

—Ben, à mon amoureux, Edward !

—Hein ?

« Quoi ? Le fils de Théodore et de la fille Lovegood, elle en est amoureuse ? »

—Ze trouve ça trop cool, que Edward et moi, on a not'anniversaire le même zour ! Tata Loufoca dit qu'il y a forcément une raison à ça !

—Et tu dis quoi, dans ta lettre ?

—Top secret ! Répliqua-t-elle malicieusement.

« Bordel, elle a envoyé une lettre à quelqu'un qui n'est pas né…Qui va la réceptionner ? Probablement ses futurs parents… »

—Euh…tu veux bien réfléchir aux vêtements que tu veux acheter, j'ai un truc à faire avant de partir…

—Ze peux avoir quoi ?

—Tout ce que tu veux, c'est ton anniversaire, après tout !

—Cool !

Draco se dépêcha d'écrire une lettre à Théodore Nott pour lui expliquer la situation, la confia à son hibou grand-duc, et puis, il partit faire les magasins avec Alita.

Azúcar Culebra était beaucoup plus pourvue que Pré-au-lard d'un point de vue commercial, et ils flânèrent toute la matinée à la recherche de fringues de qualité. Ils repassèrent également devant le cabinet du Dr Clara, et comme Alita semblait la connaître elle aussi, Draco se demanda si cette mystérieuse Psychomage n'était qu'une simple connaissance, où s'il s'était un jour retrouvé sur son divan à raconter sa vie, sans doute parce que Ron l'aurait rendu cinglé. Ou pire, si elle avait un lien avec... Mais dans ce cas, pourquoi une psy espagnole ? Ils habitaient quand même en Grande-Bretagne dans le futur!

—Regarde, Alita, cette petite robe est mignonne, non ?

—Nan ! Mais tu le fais essprès pour m'embêter!

—Quoi?

—Tu sais bien que z'aime pas le rose!

—Mais…les rubans que tu as dans les cheveux…

—Ze les mets paskeu c'est un cadeau de Marraine, alors ze les aime même s'ils sont roses!

—Ah…Alors regarde, il y a la même en violet, t'aimes bien ?

—Vi ! Elle est zolie!

—Tu vas l'essayer ? Moi, je vais faire un tour au rayon hommes et acheter des chaussettes horribles à Ron rien que pour l'emmerder!

—Hi hi, les vertes là-bas, celles avec des gnomes dessus…y'a même le slip et la cravate qui vont avec!

—Ouais…je compte sur toi pour lui faire des yeux de cocker afin qu'il les porte le plus souvent possible !

—Compris!

oOoOOOoOo

Quand Draco et Alita rentrèrent de leur shopping, vers trois heures de l'après-midi, Ron et Hal étaient de retour depuis belle lurette et étaient entrain de mettre la table pour le déjeuner, les Méditerranéens ayant l'habitude de manger le repas de « midi » quelques heures après.

En voyant Ron, Draco laissa tomber ses paquets sans discrétion.

—Cool, t'as remis tes piercings, P'pa !

Draco ouvrit la bouche mais ne dit rien. Ron s'était fait piercé d'après le dessin d'Alita, et le changement était quelque peu surprenant : une bille argentée sous la lèvre, deux piques noires sur l'arcade sourcilière droite, ainsi que deux anneaux sur chaque oreille (2).

—Il est punk ! Dit Hal.

—Mouais…On dirait une rock star, Admit Draco qui finalement s'était décidé à parler pour pas avoir l'air trop étonné.

—Ben ouais, Dit Alita. On manze ?

Elle prit place à table avec Hal (ce qui fit râler Draco) sur la terrasse. Ron alla dans la cuisine chercher les boissons, et Draco l'y suivit en faisant mine d'avoir quelque chose à y faire lui aussi.

—J'adore ta nouvelle tête, Dit-il, et Ron ne sut pas s'il était sincère où s'il voulait juste se foutre de lui.

—Les courses ont été bonnes ?

—Ouais, je te montrerai ce que je t'ai acheté…

—Je m'attends au pire…

—Ça se passe bien, l'organisation ?

—Ouais, ça va…Mais il faudrait qu'on éloigne Alita pendant que je termine…

—Je dois cuisiner, je ne peux pas m'en charger…

—Ben, moi non plus !

—On n'a qu'à demandé à l'Espingouin de faire le baby-sitter!

—Arrête de l'appeler comme ça !

—Ben quoi ? Tu préfères « Señor Paella » ou « Torreador-ton-cul-n-est-pas-en-or » ?

—Arrêtes, tu voudrais qu'il t'appelle « Roastbeef » ou «Plum-Pudding » ?

—C'est bon, t'énerve pas!

Ils revinrent pour manger et ensuite, pendant que Ron et Hal débarrassaient la table, Draco alla aider Alita à se changer pour lui mettre sa nouvelle robe, et il en profita pour lui faire une nouvelle coiffure. Curieusement et à son grand étonnement, il trouva l'activité amusante et prit plaisir à lui faire des couettes toutes mignonnes. Quand Ron et Hal les trouvèrent, ce fut Draco qu'il leur sembla être une petite fille s'amusant à coiffer sa poupée. Le blond rougit et partit se faire pendre ailleurs.

Hal accepta sans problème d'occuper Alita pendant que les deux pères préparaient l'un la fête, l'autre le gâteau. Le jeune Ibérique emmena la fillette dans le café La Culebra de Oro pour lui apprendre à perdre tout son fric en jouant au flipper sorcier. Et bien entendu, il en profita pour…

—Alors Lilita, maintenant, tu vas me dire : qu'est-ce qu'ils font, tes papas, quand ils vont tous les deux aux toilettes ?

oOoOOOoOo

Draco termina sa nouvelle œuvre, une variante « gâteau d'anniversaire » de la crème catalane, en plus du reste du repas pour lui, Ron et Alita. Il décida d'aller rapidement se doucher et se dirigea vers la salle de bain sans passer par le salon. En entrant, il vit Ron en pleine séance d'essayage des vêtements qu'il avait achetés. Il resta muet quelques secondes, avant de dire :

—Je suis en sueur, dépêche-toi de partir, j'aimerais me laver!

—Tu n'as pas à me donner des ordres ! Répliqua le rouquin.

—Ben, dépêche-toi quand même !

—Euh…

—Quoi ?

—Ben…

Ron sembla soudain très mal à l'aise.

—Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda Draco d'un ton exaspéré.

—Ben, c'est que j'hésite entre deux chemises…je mets laquelle ?

Draco changea ses traits. Ron lui demandait conseil pour s'habiller ?

—Mets la noire, Dit-il.

—Ah Ok.

Ron se dépêcha d'enfiler la chemise qui s'ouvrait très fort sur le torse et sortit de la salle de bain sous le regard dur de Draco qui semblait n'avoir vraiment pas envie de se déshabiller devant lui.

« Mise au point » se dit le blond en se glissant sous la douche. « Alors premièrement, il faut que j'arrête de trouver sympa d'habiller et coiffer Alita, sinon de quoi je vais avoir l'air ? Déjà que je la surnomme «poupée»…Deuxièmement, il faut que j'assassine l'Espingouin…Pourquoi ? J'en sais rien, mais il m'énerve ! Troisièmement, j'espère que ce gâteau est réussi. Quatrièmement, qu'est-ce que l'autre abruti au poil de carotte fichait à se montrer torse nu devant moi ? Bon d'accord, c'est normal, il a tout droit de faire ça dans une salle de bain, surtout que je suis entré sans frapper, mais…franchement, comme ça, à se regarder dans le miroir, avec ses piercings débiles…enfin, ça lui va bien, mais justement, il est débile ! Il faut que j'évite de le voir dans cette salle de bain, j'aime pas ça du tout…ça me fait…bizarre! Cinquièmement, hum…je me demande s'il s'est fait un piercing là où je pense ! Il faudra que je vérifie…hum…quand il dormira, parce que si je lui demande, il va se faire des idées qui ne sont pas vraies du tout…»

Une fois sorti de la douche, il s'habilla et se coiffa. Il mit une chemise blanche toute aussi ouverte que celle de Ron, mais contrairement au rouquin, il ne mit pas un vulgaire blue jeans mais un pantalon noir et chic. Quand il entra dans le salon, il constata que Ron l'avait bien décoré, avec des ballons, des serpentins et tout le tralala, même si la banderole « Joyeuse anniversaire » était une banderole «Feliz cumpleaños». Ron était assis sur le divan et était entrain de feuilleter un livre qui n'était autre que le manuel que leur faisait étudier Flitwick.

—Ah, voilà, j'ai retrouvé la formule pour changer la langue d'une inscription, Dit-il en sortant sa baguette pour modifier la banderole et la mettre en anglais, Au fait, il a l'air bon, ton gâteau.

—Ouais et…ta déco est bien.

—Par contre, ce n'était pas nécessaire de cuisiner le reste du repas, parce que j'ai commandé des trucs…

—Hein ? Mais…

—Ce que tu as fait sera tout de même mangé, mais on a justement besoin de plus…Hal viendra avec sa grand-mère et deux trois amis…

—Quoi ? Mais pourquoi tu ne m'as rien dit ?

—Parce que tu ne voulais pas m'écouter, et pourtant, j'ai essayer de te prévenir plusieurs fois aujourd'hui, mais chaque fois, t'as répliqué que tu voulais pas m'aider pour l'organisation, que j'avais qu'à me démerder tout seul et faire ce que je veux !

—Et t'as invité l'Espingouin ? Et ses potes ?

—Ben ouais, d'façons, c'est pas mal, un peu d'animation, et puis, c'est moi l'organisateur, j'invite qui je veux ! Et puisque j'ai commandé à manger pour eux…Tu lui as acheté un cadeau?

—Bien entendu, et toi ?

—Ben oui.

Draco s'installa à côté de Ron sur le divan et ils attendirent tous les deux en silence, sans oser se regarder.

Le temps défila, et soudainement, sans que Draco le vit venir, le roux passa son bras sur ses épaules.

—Mais qu'est-ce que tu fais ? Rugit Draco, virant rouge brique.

—Euh…J'essayais de m'habituer à être ton…Murmura Ron en virant rouge comme un million de pivoines.

Il retira son bras, et détourna la tête, vraiment très gêné. Draco lui envoya un dernier regard noir et détourna les yeux, lui aussi, tentant de calmer son rougissement. Hal et Alita arrivèrent pour mettre fin à la pénible situation.

—Wouaaaaaaouuuuuuu ! Fut la réaction d'Alita.

—Joyeux anniversaire ! Dirent Ron et Draco à l'unisson.

—Merciiii !

—Tu veux sûrement tes cadeaux avant que les invités arrivent ? Dit Hal.

—Hurmph…Les invités, Maugréa Draco, Combien ?

—Euh…deux ou trois...Mais moi aussi, j'ai un cadeau pour Lilita !

—Ah ouais, Mr Hal ? C'est quoi ? Un flipper ?

—Euh…non, c'est…Je l'ai mis dans le placard, là-bas…

Draco se leva et alla ouvrir le placard où Hal avait planqué son cadeau.

—Le nul…Il a même pas fait d'emballage !

—Pas eu le temps !

—C'est quoi ? C'est quoi, Mr Hal ? Oh…une poupée ?

—Une poupée gothique ? S'exclama Draco en lorgnant le jouet qui était semblait être le fruit des amours coupables de Rogue avec Barbie.

—Elle me fait penser à la fille des piercings, Dit Ron.

—Elle est zolie ! Merci beaucoup, Mr Hal !

—Je vais plutôt t'offrir mon cadeau, Dit le blond.

—Le mien aussi, Renchérit le roux.

—Vous zavez pas fait un cadeau commun cette année ? Questionne la fillette étonnée.

—Euh…ben…non, Marmonnèrent-ils à l'unisson, très gênés.

—Problème d'organisation…

—Ouais, c'est ça…

Alita ouvrit d'abord le cadeau offert par Draco :

—Des rubans pour cheveux de toutes les couleurs SAUF rose, oh, merci! En plus, y'a plein de modèles de « machins trucs en plastic » pour mettre dessus…y'a même des rubans à rayures de deux couleurs !

—Y'en a un vert et argenté, tiens donc…Commenta Ron.

—Il y en a aussi un rouge et or, mais j'espère bien qu'elle ne le portera jamais…c'est trop moche!

—Et toi, P'pa, le tien, c'est quoi ?

—Tiens, princesse ! Dit joyeusement le rouquin en lui tendant un paquet dont elle déchira aussitôt l'emballage.

—Un zeu de société ? Avec des pirates ! Cool !

—En espagnol ?

—Bilingue.

—Merci beaucoup !

Alors qu'elle les embrassait tous les trois tour à tour pour les remercier. On frappa à la porte et le défilé des amis de Hal commença. Ils étaient en nombre impressionnant.

—Deux ou trois ? Sourcilla Draco.

—Euh…huhuhu…Répondit Hal gêné, Euh…Je fais les présentations !

—Change pas de sujet !

—Alors, voici, Carmen, Yoli, Juana, Miguel, Paco…

—Ta gueule !

—Conchita, Manuel, Maite, Carlos…

—Mais bordel, y'en a combien?

—Jose, Tomás, Isabela, Jaíme,…

—Tiens, voilà le livreur…Dit Ron, Y'a des tapas pour tout le monde !

—Des tapas ? Oh, te quiero, Pelirrojo ! Oh, et cette délicieuse créature que vous voyez là est Maria-Magdalena et…

La jeune femme en question flanqua une fessée à Hal d'un air mécontent, ce qui le fit glousser.

—Hé hé…et les jumeaux là-bas, c'est Raúl et Saúl, Dit-il en désignant deux jeunes hommes aux allures taciturnes.

Il s'apprêta à refermer la porte quand sa grand-mère, qu'il avait oubliée, s'imposa dans l'entrée dans laquelle elle pénétra comme un bulldozer en colère et alla se coincer l'arrière-train dans un fauteuil pour ne plus le quitter de la soirée.

Les invités prirent rapidement leurs aises, Draco resta au milieu du salon à envoyer des airs mécontents autour de lui. Ron s'installa sur une chaise et afficha l'air terrorisé d'un petit garçon perdu dans une fête foraine. Alita en revanche, semblait bien s'amuser et rigolait avec les jeunes gens, même si elle ne comprenait pas ce qui se disait. Les filles se pliaient en deux pour mieux l'observer et lui pinçaient les joues en couinant des «¡Que es mona ! » pour dire qu'elles la trouvaient mignonne. Seuls les deux jumeaux restaient seuls dans leur coin et ne semblaient pas avoir envie de communiquer, même avec leurs amis.

Draco décida de s'assoir et de continuer à lire son livre de Marquez. Ron l'y rejoignit, mais surtout parce qu'il ne savait plus quoi faire, comme si leur bungalow ne lui appartenait plus. Il jeta un regard au blond qui le lorgna du coin de l'œil mais en revint à sa lecture l'air de dire « Compte pas sur moi pour te faire la conversation, t'avais qu'à pas inviter tous ces clampins ! ». Ron se dit qu'il ferait mieux de se trouver lui aussi une occupation mais le seul autre livre qui trainait sur la table basse était le dictionnaire anglais-espagnol. Il s'en saisit, résigné à devoir se taper les règles de grammaire et les tableaux de conjugaison à la fin de l'ouvrage, au moins comme ça, il apprendrait quelque chose. Il en était à essayer de mémoriser l'indicatif imparfait de escribir (écrire), quand Alita l'interpella.

—P'pa ?

—Yo escribía, tú escribías, él escribía, nosotros escribíamos…

—P'pa !

—Euh…Oui?

—Puisque t'as le diksonnaire, tu peux voir ça veut dire quoi "Machaca"?

—Le nom de famille de Hal ? Attends, voyons voir…

Draco releva la tête et regarda Ron feuilleter le dictionnaire.

—Machaca signifie… « Casse-pied » ?

—Comme ça lui va bien ! Commenta le blond, A ce crétin d'Espin…

Il s'arrêta car il venait par hasard de poser son regard sur Raúl —ou Saúl — qui était entrain de grignoter du chocolat alors que les plats disponibles étaient tous salés.

—Et mais, il est allé en piquer dans la cuisine dans nos armoires, celui-là !

En l'entendant, Hal tourna la tête et dit :

—Raúl, laisse ce chocolat !

—Waw, il a reconnu lequel des deux jumeaux il s'agissait, Dit Ron épaté, Moi je ne peux pas en faire autant avec Fred et Georges, et pourtant, nous sommes frangins !

—Peut-être qu'il y en a un qui a un problème avec le chocolat et l'autre pas, Suggéra Draco d'un ton négligent.

Alita ouvrit grand ses yeux à ces mots, comme si elle venait de comprendre subitement quelque chose que Ron et Draco n'avaient pas remarqué. Elle vit Saúl emmener Raúl à l'écart et décida de les suivre. Ron voulut lui demander où elle allait, mais Hal s'approcha de leur divan en compagnie de Maria-Magdalena.

—Alita m'a raconté des choses, Susurra-t-il, Des choses que vous faisiez aux toilettes, mes mignons…

Si Ron avait été capable de bronzer malgré sa peau de roux et que Draco avait eu envie de se dorer au soleil plutôt que de se planquer sous son ombrelle, leurs efforts solaires auraient de toute façon été anéantis à l'instant même tant ils devinrent pâles à cette annonce.

—Tu…Nous…Je…Bégaya Ron alors que Draco essayait de se cacher derrière son livre.

—Mais je ne vois pas pourquoi vous en faites tout un plat, Poursuivit Hal, Quel mal y a-t-il à ce que Ron tienne la cigarette de Draco quand il pisse ?

—Cigarette ? S'exclamèrent-ils à l'unisson.

D'habitude, quand on essaye de se rappeler de ce que quelqu'un a dit, on se rend compte que l'on a retenu le sens de sa phrase mais pas ses mots exacts. Mais là, l'explication d'Alita au sortir du bureau de Dumbledore leur revint avec une précision d'horloger :

« Ben euh…z'ai pas fait exprès mais ze vous ai entendu quand vous zétiez tous les deux aux zurinoires et là, toi, t'as dit que tu devais allumer ta cigarette mais t'avais pas les mains libres parce que tu devais tenir ton zizi, alors, toi, tu l'as tenue pour lui ! Mais vous devriez fermer vot' bouche paskeuh zavez l'air bêtes ! »

Et en effet, ils remarquèrent qu'Alita ayant employé un pronom sans marque de genre, ce que Ron avait tenu en main pouvait être aussi bien une cigarette qu'une verge, la phrase fonctionnait avec ces deux sens. Et la cigarette était la plus logique. Pourquoi avaient-ils de suite pensé à l'autre proposition, alors ?

Ils se tournèrent l'un vers l'autre en rougissant, et ils eurent l'impression qu'au-dessus de leurs têtes était apparu un grand panneau lumineux avec l'inscription « Les deux imbéciles de l'année » en néons clignotants, le tout accompagné de flèches les désignant.

Hal et Maria-Magdalena rirent à gorge déployée, comme s'ils avaient compris leur erreur de linguistique.

Non loin de là, Raúl terminait d'avaler son dernier carré de chocolat et Saúl jetait des regards anxieux autour d'eux.

—Mais pourquoi tu n'as pas pu résister ? Dit-il.

—Tiens…Dit une petite voix.

Ils baissèrent les yeux et virent Alita. Ils eurent soudain l'air très mal à l'aise.

—Mr Hal a tout de suite reconnu Raúl, pask'il aime le chocolat…Et en plus, il vous a parlé en nanglais, pas en nespagnol…Pourtant vous zêtes bien des Nespagnols, non ?

—Eh sí, sí, pétite fille…

—Mais vous parlez nanglais entre vous aussi…

Saúl tenta quelque chose pour essayer de prouver sa soi-disant appartenance au peuple ibérique :

—Eeee, macarena ! Un, dos, tres na na na na na na na Maria !

Mais Raúl tapa sa main sur son front comme si tout était déjà fichu.

—Vos prénoms commencent par « R » et « S », Fit encore remarquer la petite fille, Alors, dites-moi, vous faites quoi ici…Tonton Lunard-qui-aime-le chocolat…Tonton Patmol-qui aime-les-os-à-ronger ?

—Eh !

—Chut ! Dit « Raúl » en mettant un doigt sur ses lèvres, C'est un secret d'accord ?

—D'accord ! C'est Tonton Sev' qui vous a donné la potion qui fait changer d'apparence ?

Ils furent interrompus par l'extinction des lumières de la pièce alors que Ron entrait avec un gâteau d'anniversaire orné de sept bougies et que tout le monde se mettait à chanter « Feliz cumpleaños » et que Hal s'exclamait:

—Qui c'est qui va souffler ses bougies comme une grande fille de sept ans, hein ? C'est qui ? C'est Lilitaaaa !

—Il a vraiment l'air d'un demeuré, cet Espingouin, Dit Draco.

Alita souffla ses bougies et Maria-Magadalena, armée d'un couteau-spatule, demanda à l'assemblée qui voulait du gâteau, lançant des regards brûlants de ses yeux d'onyx.

Une fois de plus, Draco se sentit trop nerveux pour goûter lui-même sa propre création culinaire. Il essaya de se replonger dans son livre, mais une assiette garnie d'une part de gâteau s'interposa entre ses yeux et le papier.

—Tiens, Dit Ron.

—Non merci !

—Allez, c'est pourtant toi qui l'as fait!

Draco saisit l'assiette et la posa sur la table, reprenant son livre. Ron s'installa à côté de lui et commença à manger. Ses yeux brillèrent.

—Si tout ce que tu fais est aussi bon, je veux bien croire que tu puisses un jour être restaurateur ! Pourquoi tu n'en manges pas ?

—Pas faim.

—Allez…

—J'ai trop l'estomac noué ! Répliqua le blond.

—Tu sais quoi ? J'en ai marre ! Tu n'aimes rien à part toi-même ! Et moi en tout cas, je sais ce que je n'aime pas : ta compagnie !

Et sur ce, le rouquin se leva et alla rejoindre Hal. Draco entendit grogner à ses côtés : c'était la vieille Machaca qui n'avait pas bougé de la soirée et venait d'engloutir sa propre part de dessert. Elle désignait celle que le blond dédaignait.

—Si tou n'en veux pas, moi jé veux bienn !

—Et puis quoi, encore ? Dit-il en attrapant son assiette pour commencer à manger nerveusement.

Il se rendit soudain compte qu'une fois Ron hors de son champ de vision, son estomac se dénouait.

La soirée dura encore une heure, et puis, Alita tombant de fatigue, les invités prirent congé de « ces charmants britanniques homosexuels et de leur adorable petite fille ». Une fois que tous furent partis, tout ce qui restait fut le bordel post-fête. Ron et Draco convinrent qu'ils rangeraient tout le lendemain et allèrent se coucher.


(1) hombre-lobo= loup-garou, hijo de la luna = fils de la lune, porque gritas asi = pourquoi tu cries comme ça

(2) ceux d'entre vous qui ont lu ma toute première fic, Rien que pour toi, savent que je ne me suis pas foulée et que ce sont les mêmes piercings…mais quoi, c'est comme ça que j'aime bien !