Chapitre dix : Thérapie Conjugale

Malgré la soirée plus qu'agitée et pour certains assez épuisante qui avait eu lieu le 17 avril pour l'anniversaire d'Alita, il y en eu au moins un qui n'arriva pas à dormir.

Non, ce n'était pas à cause de Ron qui remuait dans son sommeil et tirait la couverture. Non, ce n'était pas non plus parce que Ron était son mari contre son gré. Et non, ce n'était plus parce qu'il faisait des rêves où Ron et lui étaient enceints.

Non, mais ceci dit, c'était quand même Ron qui empêchait Draco de dormir…

Cette histoire de présence ou d'absence de piercings sur les parties intimes du rouquin était peut-être inintéressante, voir stupide, le blond ne pouvait s'empêcher d'y penser malgré qu'il ne se sentait pas concerné.

Ron avait-il un petit bout de métal en plus entre les jambes, oui ou non ?

Draco voulait le savoir, tout simplement, mais il se voyait mal demander à son— cher et tant adoré — mari d'abaisser son caleçon devant lui pour lui prouver quoi que ce soit. Bien entendu, Draco aurait pu tout à fait vivre sereinement sans savoir cela, mais…Mais, si, il voulait savoir, c'était comme ça, un point c'est tout ! Que la curiosité est un vilain défaut !

Mais pas question que Ron fusse au courant. Dès lors, il ne lui restait plus qu'une solution : puisque le roux dormait en rêvant de crème catalane, il n'avait qu'à…

Le blond se redressa dans son lit pour se retrouver en position assise. Il attrapa le cordon du store de la fenêtre derrière eux et tira doucement. Ron ne se réveilla pas alors que la lumière lunaire créait une ambiance bleutée au-dessus de ses paupières fermées et une visibilité acceptable pour qui veut se rincer l'œil— l'idéal pour faire l'amour dans le noir, mais pas le noir complet…Bien que cela n'était pas encore d'actualité dans l'étrange couple Malfoy-Weasley.

Draco le regarda dormir comme ça pendant quelques minutes, attendant que dans ses divers changements de positions, il se retrouve couché sur le dos. Quand ce fut le cas, il tendit ses mains blanches et fébriles au-dessus du roux endormi et souleva doucement la couverture pour la retirer jusqu'à hauteur des genoux. Il s'arrêta, s'il voulait tout stopper, c'était le moment.

« Allons, allons, Draco, c'est stupide, tu n'as pas besoin de faire ça ! Qu'est-ce que ça peut te foutre que Weasmoche ait un piercing à cet endroit ? »

Après quelques hésitations, il dirigea ses mains au-dessus de Ron encore une fois et souleva cette fois le haut de son pyjama, découvrant son ventre, au bas duquel reposait l'extrémité du short, que Draco fixa quelques instants en se demandant s'il serait cap de continuer. Finalement, il glissa ses index en-dessous de l'élastique, pressa ses pouces de l'autre côté et tira légèrement le tissus.

« Il ne porte rien en-dessous ! »

Une petite broussaille apparut, prenant sous la faible lumière nocturne la couleur d'un vin rouge.

« Du Chianti…Du Sangiovese même…Comme quand je suis allé en Toscane il y a cinq ans avec mes parents… ».

Machinalement, il tourna son regard vers la tête de Ron comme pour vérifier que ses cheveux aussi ressemblaient à du vin italien dans le noir, puis il en revint à la zone qui l'intéressait et continua à tirer, révélant un peu plus de broussaille rouge foncée. Et soudain, Ron parla :

—Arrête ça !

Draco se figea.

—Arrête, je te dis ! Répéta Ron.

« Merde ! » Songea le blond « Comment je vais lui expliquer ce que je suis entrain de faire ? »

Harry, tu vas arrêter oui ?

« Quoi ? Il ose me confondre avec Scarface en plus ? »

Draco regarda à nouveau son visage et constata qu'il…dormait toujours et parlait dans son sommeil.

—Harry…mais enfin…arrête ! Si tu continues, je vais te bouffer les cuisses !

Draco ressentit un étrange sentiment négatif, un sentiment du même genre que ceux qu'il éprouvait en présence de Hal. Comment ça, Ron voulait bouffer les cuisses de l'autre crétin à lunettes ?

—Harry, veux-tu bien arrêter d'être aussi appétissant et de… sauce aux mirabelles …vautrer…Parce que…vais te manger…cuisses…ailes…cou…gésier…

« En fait, il rêve de bouffe ! »

—Harry…a des plumes…manger…petit poulet….

Draco sourit malgré lui : « Alors il rêve que Potter est un poulet ? Intéressant en matière de rêves débiles…rêver de manger son meilleur ami transformé en volaille ! »

Mais il n'en sut pas plus car Ron recommença à bouger et se retourna complètement pour se retrouver couché sur le ventre. Une des deux mains de Draco resta accrochée à son short par un ongle et glissa un peu plus bas et entra en contact avec quelque chose qui rendit les pommettes du blond semblable à du Chianti. Mais c'était toujours trop haut pour déterminer s'il y avait un piercing ou pas, et le cœur battant la chamade, le Serpentard retira promptement sa main au moment où celle de Ron qui remuait encore dans son sommeil alla se projeter sur son épaule, comme dans un geste affectueux.

Draco le repoussa.

—Non, mais garde tes distances ! Dit-il furieux au mec qu'il venait tout juste de peloter.

Après cet incident, il entreprit de se rendormir et d'oublier ce fichu piercing à la con.

oOoOOOoOo

Conformément à ce que leur avait dit Dumbledore, la petite famille resta en Espagne jusqu'à fin juin, où une belle surprise et bien des déboires les attendaient encore, mais n'anticipons pas, il reste quelques chapitres avant d'en arriver là.

Fin juin : ce qui signifiait que curieusement, l'espérance formulée par Draco de voir ses examens annulés fut comblée. C'était bien simple : tant que Alita ne serait pas rentrée dans son époque, Ron et Draco n'entendraient pas parler une seule fois d'ASPIC et leur scolarité entière était mise en suspend ! Mais autant dire que sous le soleil d'Azúcar Culebra, ça ne les atteignait pas plus que ça….

Leur relation évoluait, lentement mais sûrement, en quelques semaines, ils firent les progrès suivants :

Ils perdirent le réflexe de vouloir s'appeler par leur nom de famille suivi de « sale bâtard » ou quelque chose du même acabit.

Ils cessèrent définitivement de s'insulter à tout bout de champ, ce qui ne voulait pas dire qu'ils arrêtèrent de se faire des remarques déplaisantes, ils avaient juste remplacé les noms d'oiseaux vulgaires par des euphémismes.

Ils ne se tiraient plus la gueule à l'idée de dormir dans le même lit.

Draco commençait à devenir très familier avec les spatules et les casseroles et se mettait à tester des plats originaires de cuisines étrangères toutes azimuts. Il ne comprenait pas pourquoi Alita, qui depuis son arrivée dans le passé où les mangas n'étaient pas encore populaires était totalement en manque de sa série préférée, lui disait «Arigato, Love-Cook» quand il servait quelque chose de particulièrement appétissant.

Il termina rapidement Cent ans de solitude, et ensuite il dévora d'autres œuvres de Marquez : L'amour au temps du choléra et Chronique d'une mort annoncée. Ron le trouva complètement dérangé. Il ne s'arrêta pas là et partit à la découverte d'autres auteurs moldus. A la demande d'Alita et de sa folie des pirates, il acheta L'île au trésor de Stevenson et lui lut intégralement à haute voix pour l'endormir le soir. Quand il déclarait être trop fatigué pour ça, Ron le relayait et Draco constatait avec un brin de jalousie que Ron était meilleur conteur, faisant des voix différentes et très animées pour Jim Hawkins ou Long John Silver.

Quand Draco allait à la librairie, il n'oubliait pas d'acheter des bandes dessinées pour Ron, mais en espagnol.

Ron passait beaucoup de temps dans les cafés à boire avec Hal et ses potes, qui le sacrèrent « Le roi de la picole » après qu'il ait gagné un concours de poivrots en descendant un litre d'Agua des Valencia en dix secondes.

Peu à peu, la langue espagnole lui entra dans la tête et avec de plus en plus de naturel, il apprit à la parler (ou du moins la baragouiner), si bien qu'il se fit un jour la réflexion qu'il devrait y avoir des cours de langues à Poudlard.

Il apprit aussi à jouer de la guitare avec Hal et Sirius (sous son visage de Saúl), même s'il commença par des mélodies équivalentes à Jeux Interdits dans le monde des sorciers.

Sirius, Remus et Tonks ne perdirent pas de temps non plus : sous leurs fausses identités, ils continuèrent leur travail d'espionnage : Maria-Magdalena venait donner des coups de main à la cuisine, histoire de voir comment le petit cousin s'en sortait et si ses sentiments envers Ron se réchauffaient. De plus, elle avait toujours rêvé que la nouvelle génération issue de la famille Black abandonne l'idéologie des sangs-purs, et si elle pouvait gagner Draco à sa cause, rien ne pouvait la rendre plus heureuse (sauf peut-être avoir Teddy auprès d'elle, mais cela aurait été trop compliqué de l'emmener avec elle et elle l'avait confié à Andromeda).

Et pendant ce temps, quand Saúl allait gratter avec Hal et Ron et pendant que Maria-Magdalena coupait les oignons avec Draco, Raúl se voyait relégué au rôle de baby-sitter. Alita, qui connaissait sa véritable nature, en abusait pour qu'il lui donne du chocolat.

oOoOOOoOo

—Tiens, elle ne regarde pas les dessins animés, ce matin ?

—Non, elle a trouvé une chaine musicale, elle regarde des vidéos clips…

—C'est quoi ?

—Ben, les Moldus font des mini-films pour accompagner leurs chansons…ils les diffusent là-dessus, ils font même des tops 50 des meilleurs ventes du moment.

—Et mais, faut faire gaffe alors !

—Pourquoi ?

—Parce que les meilleures ventes du moment, c'est pas les mêmes que dans son époque, elle pourrait remarquer quelque chose !

—T'inquiète, là tout de suite, elle regarde une émission spéciale années 80, c'est du passé pour elle comme pour nous!

—Ah, les années 80…la new wave et cetera.

—T'imagines comme les gens devaient être heureux, ils connaissaient pas encore les boys bands et y'avait presque pas de rap !

Alita regardait attentivement la tranche de culture moldue qui s'offrait à elle : Michael danse avec des morts-vivants, Robert dit que les garçons ne pleurent pas, une madone prétend être comme une vierge, Nicola évoque des filles au masculin maquillées comme son fiancé, Charlotte dit à Serge « Je t'aime plus que tout, pa pa pa pa », Mylène prend son bain avec ses copines prostituées nues autour d'elles…

Alita n'eut pas le temps de comprendre ce qui se passa, mais soudain, l'écran changea et à la rousse libertine se substitua un type en costard qui parlait de la pluie et du beau temps devant une carte de l'Espagne. A trois centimètres de ses yeux, la télécommande était maintenue en l'air par la main droite de Ron et la main gauche de Draco, tous deux ayant héroïquement plongé vers leur fille— en se cassant la gueule au passage— pour l'empêcher de voir ce spectacle qui n'était pas de son âge.

—Maisss, Protesta Hal, Moi, je voulais voir la suite !

—Naaan ! Répliqua Draco.

—Pourquoi y'avait plein de madames toutes nues ? Demandait innocemment Alita.

—Euh…Firent les deux pères.

Alita comprit que cela avait encore un rapport avec ce fameux sujet pour lequel on ne voulait jamais lui répondre parce que soi-disant elle était trop jeune. Amusée, elle en rajouta une couche :

—Comment qu'on fait les bébés ?

—Tu le sauras quand tu seras grande !

—Zêtes po drôles…

—Viens sur mes genoux, Lilita, moi, je vais te le dire !

—Toi, tu tais, Espingouin !

—Attends ! Intervint Ron, Laisse-le faire !

—T'es malade ou quoi ?

—Ben tu sais…il y a toujours un moment où les parents doivent expliquer ce genre de choses à leurs gosses, pour ne pas qu'ils l'apprennent autrement …et moi, ça m'angoisse de devoir le faire, alors, puisque Hal se porte volontaire…

—Il n'est pas question qu'il éduque notre fille à notre place !

—Mais…

—T'es pas drôle, blondinet, j'allais lui expliquer avec des dessins en plus !

—N'importe quoi !

L'arrivée de Remus frappant à la porte les interrompit.

—Ah, tiens, Fit Hal en tournant la tête, Voilà ton baby-sitter, Lilita, on va devoir remettre ça à plus tard !

—Quoi ? S'étrangla Draco.

—Ouais, j'ai quelqu'un à vous présenter de toute urgence, Dit le jeune Hispanique en regardant Ron et Draco, Et Raúl va s'occuper de Lilita en nous attendant !

—Super, Gazouilla la fillette en courant vers Remus, On va encore zouer au Chocolate Poker ?

—C'est quoi, ça ? Demanda Ron.

—Eeee, Dit Remus en faussant l'accent espagnol, Oun variante dou poker où on mise dou thcocolaté ploutôt qué dé l'argent !

—Elle joue au poker? S'étonna Hal.

—Ouais, c'est Pôpa qui m'a appris à bluffer !

—Elle est très douée, Dit Remus, Elle sait s'y prendre pour arnaquer…

« Une vraie Malfoy » Ajouta-t-il mentalement.

Hal força Ron et Draco à le suivre, ce dernier y mettant de la mauvaise grâce et ils s'éloignèrent tandis qu'ils entendaient Alita demander à Remus comment on faisait les bébés.

—Où est-ce que tu nous emmènes ? Demanda Ron.

—Vous allez voir, je vais régler vos problèmes de couple ! Annonça Hal.

—Ah oui ? Rien que ça ! Dit Draco, septique.

—Puisque Lilita connaît Evelina, autant vous la présenter, et puis, elle est douée…

—Evelina ?

—Tu veux dire, la Psychomage ?

—Oui, le Dr Evelina Clara, la meilleure Psychomage d'Azûcar Culebra !

—La meilleure, je veux bien le croire, c'est la seule !

—Elle descend d'une famille de Médicomages en tous genres, elle parle anglais, et elle n'a jamais déçu jusqu'ici…

—Mais en quoi, elle…

—Elle n'a pas de spécialisation, mais elle a beaucoup plus de compétence qu'une généraliste : elle exerce un peu de tous les métiers liés à la psychomagie, ce qui est suffisant pour un petit village comme celui-ci : psychologie, pédopsychologie, et dans votre cas, elle jouera le rôle de…

Ron et Draco se figèrent, comme s'ils avaient deviné.

—…thérapeute conjugale !

Après un instant de silence, Draco explosa et se tourna vers Ron :

—T'as vu ce qu'il a fait, ton cher copain débile?

Ron n'osa répondre, d'un côté, il jugeait que l'idée était sans doute bonne, mais par ailleurs, il n'avait aucune envie de tenter ce genre d'expérience avec Draco. Hal les traina néanmoins jusque dans son cabinet, sourire jusqu'aux oreilles.

Une fois arrivés, ils s'installèrent dans la salle d'attente jusqu'à ce que le Dr Clara n'ouvre sa porte pour regarder qui était le client suivant.

—Je n'aime pas les psys, Maugréa Draco.

—Pourquoi ?

—Parce que ce sont de parfaits inconnus par rapport à toi mais que tu dois tout leur raconter ! Et le pire, c'est qu'ils arrivent à te faire cracher le morceau ! Des trucs que t'oserait jamais confier, même sous la torture, à tes proches, ben, les psys, ils parviennent à te l'arracher de la gorge que t'as rien vu venir, et tu te retrouves à te charcuter la cervelle avec eux…Et ceux qui utilisent la magie sont les plus vicieux.

Ron se tut. Ça sentait le vécu. Il se demanda si Draco n'avait jamais lui-même consulté un psy, quand il était enfant où quelque chose comme ça. Mais il n'allait pas lui poser la question, cela l'embarrasserait sûrement. Enfin, Ron aimait mettre Draco mal à l'aise, mais pour des broutilles, ici, cela semblait trop sérieux.

Enfin, le Dr Clara ouvrit sa porte. Dès qu'ils la virent, Ron et Draco comprirent que l'enthousiasme de Hal tenait moins à ses compétences qu'à ses jolies jambes prolongées par des talons aiguilles. Elle, en les voyant, fit une tête qui semblait dire « Oh, non, Hal Machaca, pas lui, pas ce morveux qui ne pense qu'à coller ses yeux entre mes seins ! ».

—Buenos dias, Dit-elle poliment.

—Evelina mía, j'ai deux amis britanniques qui ont besoin de tes conseils pour consolider leur couple !

—Je suis pas ton ami !

—Draco, s'il te plait…

—Toi, aussi, tu te la fermes, Ron !

—Je vois, dit le Dr Clara d'un air amusé, C'est la première fois que je dois m'occuper d'un couple homosexuel, mais le processus ne devrait pas être différent…

—C'est que, il y a une petite particularité avec eux, Précisa Hal.

—Oui ?

—Ils se détestent.

—Mais non, ils s'aiment, ils ont juste oublié pourquoi, comme beaucoup d'autres…

—Ben, en fait, ils n'ont jamais su pourquoi ils s'aimaient…

Evelina fronça les sourcils. Ron se résolut alors à tout lui raconter, si elle était là pour les aider, autant tout lui expliquer.

—Et bien, ce n'est pas banal, Dit-elle à la fin.

—Vous y arriverez, Evelina Mía ?

—Je vais essayer.

—Vous êtes la meilleure !

—Oui, et bien toi, tu restes dans la salle d'attente, mon coco, vous deux, entrez dans mon bureau, suivez-moi !

—Mais !!! Protesta Hal.

Le Dr Clara envoya un regard sévère à Hal et celui-ci battit en retraite et retourna s'assoir pour lire un magazine périmé. Draco se fit la réflexion que le Dr Clara était plutôt sympa. Celle-ci les fit entrer et leur présenta des sièges en face d'elle. Sur la table et autour d'elle trainaient divers objets, insolites ou non.

—Des crayons de couleurs ? S'étonna Ron.

—Oh, non, merde, Fit Draco, Vous allez nous demander de dessiner un arbre, c'est ça ? Ou alors, on va faire le truc avec les taches d'encre où est supposés voir des choses dedans ?

—Euh non, cela ne fait pas partie d'une thérapie conjugale, nous allons uniquement parler. Mais avant…

Elle fouilla dans un tiroir et en sortit un flacon contenant un liquide incolore.

—Une potion…Murmura Draco, Je t'avais bien dit que ceux qui employaient des moyens magiques étaient les plus vicieux…

—Du véritasérum, Expliqua Evelina, Cela facilitera les choses si vous ne mentez pas.

—Pourquoi, qu'allez-vous nous demander ?

—D'énoncer à voix haute tout ce que vous reprochez à l'autre.

Et là, avec un unisson parfait, Ron et Draco déclarèrent :

—Je n'ai pas besoin de véritasérum pour ça, en revanche, je peux avoir de quoi écrire ? La liste des défauts de ce crétin est tellement longue que j'ai peur d'en oublié quelques uns…

Le Dr Clara haussa les sourcils en écarquillant les yeux.

—Très bien, Dit-elle, Voici du papier et…piochez dans les crayons de couleur, ça n'a aucune importance…et ne faites pas attention à moi, je vous dirai à quoi ça rime plus tard.

Ils se mirent au boulot. Draco regarda les crayons de couleur et s'apprêta à saisir le rouge, mais voyant qu'Evelina l'observait, il se retint.

—Ne faites pas attention à moi, Répéta-t-elle.

« Je suis sûr que la couleur que je vais choisir va être décortiquée par son esprit de psy cinglée…si je choisis le rouge, elle va penser que je suis colérique ou pire, que je refoule ma gryffondoritude…Je vais prendre le noir pour me donner un air de type sombre et mystérieux…merde…Ron l'a pris…je vais prendre le brun, c'est le plus proche ».

Ils mirent environ un quart d'heure a rédigé leur liste. De temps en temps, Evelina prenait des photos, mais ils entreprirent de l'ignorer comme convenu.

—Vous avez fini ? Demanda-t-elle.

—Non, il y a sûrement d'autres choses qui ne vont pas chez ce type ! Dit Draco.

—Pareil, Dit Ron, Mais j'en ai marre de réfléchir, et puis j'ai faim !

—Dans ce cas, je vous écoute…Qu'est-ce que vous détestez chez l'autre ?

Ce fut la déferlante, Ron et Draco vidèrent leur sac :

—Ron est vraiment trop con !

—Draco est vraiment trop con !

—Il est méga naïf !

—Il est méga manipulateur !

—Il est complètement soumis à ses amis débiles et se laisse faire !

—Il n'a pas d'amis, il joue les caïds mais personne ne l'aime !

—Il sale, crasseux, pauvre, crève-la-faim et bouseux !

—Il est riche, pédant, pourri gâté, snob et il veut péter plus haut que son cul !

—Il est impulsif, kamikaze et complètement irréfléchi avec son courage de lion à la con !

—Il est lâche, opportuniste et tricheur avec sa ruse de serpent crétinissime !

—Il ne pense qu'à s'amuser avec les gens les plus stupides possibles !

—Il est anti-social et nombriliste !

—Il m'envie mon intelligence, ma fortune et ma capacité à diriger les autres !

—Il est m'envie mes amis, l'amour qui m'entoure et ma capacité à m'intégrer socialement !

—Il n'arrête pas de déprimer parce que personne ne le trouve intéressant et qu'on le prend pour un boulet !

—Il n'arrête pas de frimer avec des choses futiles comme l'argent pour se donner de l'importance alors qu'en fait personne ne le trouve intéressant pour lui-même !

—Il se prend pour Mère Thérésa et Robin des Bois réunis avec les enfants de Moldus !

—Il vit dans le mépris total des enfants de Moldus !

—Son père est un fou furieux obsédé par les prises électriques qui a toujours les yeux exorbités !

—Son père est un Mangemort, et si c'était un Moldu, ce serait un nazi ou un membre du Ku Klux Klang, et il a une perruque en poils de Yorkshire !

—Son meilleur ami est un gros con arrogant !

—Son meilleur ami est un miroir !

—Il est négligé physiquement, il s'habille comme un clodo !

—Il est toujours tiré à quatre épingles et complètement maniéré !

—Il bouffe n'importe quoi et n'importe comment, un vrai porc !

—Il mange sans plaisir, c'est navrant !

—Il fait de l'humour débile !

—Il prend sa répartie blessante pour de l'humour !

—Il se sacrifie constamment pour les autres et passe pour une bonne poire !

—C'est rat et un radin qui ne fait rien pour les autres sauf par intérêt !

—C'est une feignasse !

—Toi-même !

—Il est vulgaire !

—Toi-même !

—Il est cynique !

—Toi-même !

—Il a des idées préconçues sur moi !

—Il pense des trucs sur moi que c'est même pas vrai, d'abord!

—Il est jaloux de son meilleur ami, et pour le lui faire comprendre, il fait des crises pathétiques et le reste du temps, il la ferme et reste dans l'ombre à souffrir stupidement !

—Il est jaloux de mon meilleur ami, et comme mécanisme de défense, tout ce qu'il trouve à faire, c'est lui jouer des tours idiots comme un gros frustré !

—En tant qu'ami de cette sous-merde de Potter, il pourrait lui dire ses quatre vérités, puisque lui, il l'écouterait, mais il n'en profite pas !

—En tant que pire ennemi de Harry, il pourrait lui dire ses quatre vérités sans risquer de le blesser, contrairement à moi qui dois peser chaque mot au risque de me faire engueuler, mais il n'en profite pas ! Et au passage, c'est pas vrai, Harry ne m'écoute pas toujours !

—Et il n'est pas mon pire ennemi…Mon pire ennemi, c'est toi !

—Dans ce cas, c'est réciproque !

—Euh…donc…ah, aussi, il est amoureux de l'autre castor, en réalité, pas de moi, mais il ne voit que ses qualités, sans se rendre compte que c'est une horrible Je-sais-tout qui se croit plus intelligente que les autres !

—Il éprouve tellement de mépris envers les enfants de Moldus que cette fille qui en est une, il ne voit que son sang et ne se rend pas compte que c'est aussi quelqu'un de génial !

—…

—On va en rester là, si vous voulez bien ? Interrompit Evelina.

Elle se leva et se dirigea vers une bassine qui se révéla être une Pensine, puisqu'elle y déposa le souvenir de cette conversation, sans doute pour l'analyser en détails après.

—Ce sera tout pour aujourd'hui, je ne vous fais pas payer puisque c'est Hal qui a prit cette initiative, et que sa mère et moi sommes bonnes amies, je verrai ça avec la famille Machaca…vous la connaissez sûrement, la mère de Hal ?

—Non, en fait, Dit Ron.

—Bien, nous nous reverrons quand j'aurai démêlé tout ça, en attendant, passez une bonne journée !

Ils sortirent du cabinet et découvrirent Hal en pleine lecture d'un…

—Magazine gay ?!

—Mais, tu es hétéro, non ?

—Oui, mais je me documente, c'est tout ! Au fait, vous pouvez me dire ce que ça veut dire « Fist Fucking » ? Je me demande ce que ça peut être !

—Et bien c'est…Commença Ron, mais Draco le bâillonna avec sa main.

—La ferme ! Dès que tu lui auras dit, la première chose qu'il va faire, c'est aller le répéter à Alita !

—Sinon, comment ça s'est passé ?

—Euh…bizarre, Dit Ron.

—Inutile ! Dit Draco, On n'a rien appris, à part pourquoi on se déteste !

Ils détaillèrent la séance en quelques phrases.

—Donc, maintenant, je sais pourquoi je hais cette andouille à taches de rousseur !

—Non, maintenant, tu sais pourquoi IL te hait, Dit Hal.

Ron sembla gêné. Il repensait effectivement à certaines choses que Draco avait dites pendant la séance, et soit il leur trouvait un fond de vérité et en rougissait de honte, soit Draco était à côté de la plaque à force d'être aveuglé par ses préjugés et il avait envie de remettre les pendules à l'heure.

Il préféra changer de sujet :

—Au fait, Hal, pourquoi on ne voit jamais tes parents ?

—Me dis pas que lui aussi, c'est un pauvre orphelin à la vie tragique, comme l'autre…A croire que tu les attires, Ron…

—Mes parents sont en vie, Dit Hal, Enfin, mon père, je ne l'ai jamais connu, donc je suppose qu'il est en vie, mais ma mère habite ici, mais elle n'a pas le temps de s'occuper de moi, alors j'habite avec Abuela…

—Ta mère est ici ? Pourquoi tu ne nous la présentes pas ?

—Je pourrais…si vous voulez, je vous la présenterai un jour…en attendant, ça vous dit d'aller au théâtre samedi ?

—Mouais, Dit Ron, C'est pas trop mon truc, mais j'ai rien contre.

—Pourquoi pas, Dit Draco, Ça ne peut nous faire que du bien, une sortie culturelle !

—Ouais enfin…Fit Hal…Euh…non rien…

oOoOOOoOo

A leur retour au bungalow, ils trouvèrent Alita et Remus en plein trafic de chocolat.

—Ah vous voilà ! Ah, Mr Hal, ton copain Raúl, il est bête, il sait même pas comment qu'on fait les bébés, et il raconte n'importe quoi !

Remus rougit, pour préserver l'innocence d'Alita, il avait inventé une histoire avec des fleurs et des abeilles, mais Alita avait flairé l'arnaque. Et d'ailleurs, dans sa confusion, il ne remarqua pas que les effets du Polynectar se dissipaient légèrement.

Dime luna de plata,¿ qué pretendes hacer con un niño de piel ?, ahaahaaa, ahaahaaa, hijo de la lunaaaa…Chanta Hal.

« Hijo de la luna ? Mais c'est moi ! Je me transforme, c'est ça ? » Pensa Remus.

—Euh…Adios ! Dit-il en partant le plus vite possible.

—Et ben…Dit Ron, Il se casse comme ça…

—Pfff…Fit Alita une fois qu'il fut parti, Y'a vraiment personne pour m'esspliquer c'est comment qu'on fait les bébés ?