Voici un chapitre que j'ai terminé hier, et ce ne fut pas sans peine (imaginez, ma vieille voisine, à moitié sourde, avait mis sa télé à fond si bien que j'entendais tout, et elle regardait le concert de Johnny, ce chapitre a donc été achevé sur fond sonore de Alummeeeeeeeezzzzz le feeeeuuuuu!). Bonne lecture!


Chapitre onze : La route du rhum

Assis à l'une des tables de la bibliothèque en compagnie de Blaise Zabini et de Pansy Parkinson, Théodore Nott jeta un regard par-dessus son épaule pour épier Luna Lovegood qui travaillait activement avec Hermione Granger sur une pile de vieux grimoires mangés aux mites.

« Elle serait ma future femme ? » Se dit-il, ne sachant pas trop quoi en penser.

Pour finir, il s'en foutait que ça soit elle ou une autre, même s'il s'agissait précisément de la «tarée loufoque» de l'école. Mais alors que Blaise contait à ses deux amis impatients toute l'histoire, un détail attira son attention.

—Quoi ? J'ai un fils ?

Blaise opina.

—Edward.

—C'est impossible. Ce n'est pas moi, l'homme à Lovegood, ni le père de ce gamin.

—Mais…

—Cette mouflette…Alita… elle a bien dit « Tonton Théo » ?

—Ben en fait, je n'étais pas là quand elle a dit ça, Expliqua Blaise, Mais Hermione me l'a raconté et…

—Tu l'appelles déjà « Hermione » ? Sourcilla Pansy.

—Non, mais, tu es sûr qu'elle a dit « Tonton Théo et Tata Loufoca » ? Reprit Théodore en ignorant la brunette.

—Oui, Répondit Blaise.

—Dans ce cas, ce n'est peut-être pas moi, il y a d'autres Théos sur terre…

—Mais…

—Et puis, pour dire que c'est moi, vous vous basez sur un truc que Draco a dit sur un coup de tête !

—Oui, effectivement…Ça peut ne pas être toi…Ou ça peut être toi !

—Ce n'est pas moi ! Je ne peux pas faire un gosse à Lovegood!

—Pourquoi ? Elle n'est pas si mal !

—Ouais, mais elle est complètement fêlée du potiron ! Intervint Pansy, Cette fille-là, il lui manque des clous dans la charpente !

—Elle n'est pas si mal ! Répéta Blaise, Et puis, au moins, ce n'est pas une forçat des études comme Hermione !

—Pourquoi tu l'appelles par son prénom ? S'insurgea Pansy.

—Ça n'a rien à voir avec ça, Dit Théo.

—Alors quoi ?

—Je te le dirai uniquement si tu promets de ne pas le répéter.

—D'accord, Concéda Blaise.

Théo se leva et alla murmurer quelque chose à l'oreille droite de Blaise. Furieuse d'être ignorée, Pansy alla écouter à l'oreille gauche.

—Cela ne va pas traverser ma tête ! Répliqua le grand noir à la jeune cruche qui se rassit en rougissant.

Au fur et à mesure que Théo parlait, le regard de Blaise s'éclaircissait. Pour finir, Théodore alla se rassoir.

—D'accord, je ne le dirai à personne. Mais effectivement, vu les circonstances, je vois mal comment tu pourrais avoir un enfant avec Luna Lovegood…

—Qu'est-ce qu'il t'a dit ? S'empressa Pansy.

Théo prit un air triste et rougit de honte. Pansy fulmina, elle n'aimait pas ça du tout. Déjà que son Draco chéri lui avait été subtilisé par Weasley, et que Blaise et Théo, les deux Serpentards les plus potables après le blond revenaient à Granger le Castor et Lovegood la Timbrée, si en plus on lui faisait des cachoteries…

Animés tous les trois par leur conversation (enfin, surtout Pansy et Théo, Blaise économisant toujours la moindre phrase), ils ne remarquèrent rien du cirque qui avait eu lieu à quelques tablées d'eux. Et donc, Théo sursauta quant une petite main douce se posa sur son épaule. Il se retourna. Ses longs cheveux dorés cascadaient autour de sa tête.

—Bonjour, Théo Nott, tu vas bien ? Demanda Luna de sa voix cristalline.

—Euh…on peut dire que oui, Parvint-il à articuler.

—Tu sais que tu…

—Je ne suis pas ton mari, et je n'ai pas de fils avec toi !

—Si, et j'ai une preuve de ça ! Chantonna-t-elle.

Il remarqua alors qu'il y avait une petite chouette sur l'épaule de la Serdaigle et que celle-ci tenait un papier à la main (Luna, pas la chouette !). Elle le lui tendit.

—Alita a écrit une lettre à Edward, et donc, c'est à toi et moi de la lire. Tu verras, quand tu l'auras lue, tu comprendras tout…

Théo saisit la lettre et commença à lire. Pansy s'avança pour voir aussi, mais le bras de la blonde lui barra le chemin.

—Désolée, mais seuls Théo et moi sommes autorisés à la lire…

—Mais qu'est-ce…

—Même Ron et Draco n'ont pas le droit d'y jeter un œil…du moins pour l'instant. Alita y a écrit…son grand secret !

Théo acheva sa lecture et regarda Luna avec un air ébahi.

—Tu es ma femme…Edward est notre fils…Dit-il.

—Tu vois ? Je te l'avais dit que tu comprendrais.

—Mais Théo, Commença Blaise, Tu viens de me confier que…

—Il y a un moyen de contourner ce problème, Répliqua Théo, Je suis sûr que tu peux deviner comment en réfléchissant un peu…en attendant, personne ne peut lire cette lettre !

Il la rendit à Luna qui la rangea dans sa poche.

—Et ne t'avises pas d'essayer de me la voler ! Dit-elle à l'adresse de Pansy, Ne mets pas ta truffe dans les affaires d'Alita ! Et arrête de dire qu'il me manque des clous dans la charpente !

Et sur ce, elle tourna les talons et alla rejoindre Hermione.

—Mais comment a-t-elle entendu que je disais ça ? Fit Pansy, Elle était beaucoup trop loin…

oOoOOOoOo

Alita s'éveilla en larmes. Encore ce cauchemar horrible, le pire de tous.

Elle réprima un sanglot et sauta hors de son lit, se précipita dans le couloir et entra en grand fracas dans la chambre de ses pères. D'habitude, elle était plus discrète et écoutait toujours à la porte pour vérifier s'ils n'étaient pas «occupés», mais cette nuit-là, elle était tellement anéantie par son cauchemar qu'elle se jeta dans leur lit sans aucune retenue pour pleurer à chaudes larmes contre eux.

Draco se réveilla en premier.

—Mais qu'est-ce que…Tu pleures ?

—Rrrrrfle ! Déclara Ron.

Draco lui donna une tape.

—Réveille-toi ! Elle pleure !

—Gnnnn…que…quoi… ?

—Elle pleure.

Ron émergea complètement.

—Quoi ? Mais pourquoi tu pleures ?

—…mon rêve ! Hoqueta-t-elle.

—Tu as fait un mauvais rêve ?

—Encore André Cornichon ?

—Nan…c'est pas ça…horrible…

Elle avait encore rêvé qu'ils venaient la reprendre.

Les méchants messieurs qui font les lois, ils les changent tout le temps. Un jour c'est « noir », le lendemain, c'était «blanc». Et ils avaient décidé que c'était fini, les homosexuels perdaient le droit à l'adoption. Alors, les gens en uniformes débarquaient chez eux et disaient à P'pa et Pôpa qu'ils n'étaient pas capables, vu leur « particularité handicapante » d'élever un enfant. Alita devait leur dire non pas « au revoir », mais « adieu pour toujours ». On ne pouvait pas protester, parce que c'était la loi. On l'emmenait loin de la seule famille digne de ce nom qu'elle ait connue et un grand type avec une perruque blanche frappait avec son marteau comme dans les dessins animés et condamnait Alita à « retourner d'où elle venait ». On l'expédiait par Portoloin dans son pays natal et elle retrouvait ses parents biologiques, ceux-là mêmes qui n'avaient jamais voulu d'elle et qui n'avaient pas de visages, juste des têtes toutes lisses sans la moindre émotion. Elle allait passer sa vie à travailler désormais. Une montagne de galettes de riz séchées s'écroulait sur elle.

Quand elle s'était réveillée en sursaut, elle avait constaté que ses yeux s'étaient mis à pleurer alors qu'elle dormait encore.

—P'pa…Pôpa…Minauda-t-elle.

—Oui, princesse ?

—Oui, poupée ?

—Personne…personne…personne ne viendra jamais me chercher pour que…vous me garderez pour toujours, hein ?

—Mais bien sûr ! Pourquoi on ne te garderait pas ?

—Paskeu…la loi…vous savez, parfois, la loi…elle est méchante avec vous paskeu vous êtes…des garçons tous les deux…alors, ils ne veulent pas que vous me gardiez !

—Ah ça…Fit Draco.

—Je préfère défier la loi que de t'abandonner ! Dit Ron avec force.

Draco lui envoya un drôle de regard.

« Défier la loi ? Mais quel con, ce Gryffy ! »

—Ouais, nous deviendrons tous les trois des hors-la-loi si jamais ils veulent t'arracher à nous ! N'est-ce pas, Draco ?

—Euh…ouais, Dit celui-ci, pas convaincu.

—Et on ira où alors ? Ils voudront nous mettre en prison, si on n'obéit pas ! Répliqua Alita.

—Et bien euh…

Ron trouva une idée.

—On achètera un bateau et on prendra le large tous les trois…on deviendra des pirates, on écumera les mers et on trouvera des trésors !

Draco roula des yeux, mais ceux d'Alita s'animèrent. Elle retrouva le sourire.

—On rencontrera Zack Sparrow ?

—Oui, Répondit Ron, même s'il ne savait pas qui était Jack Sparrow, et encore moins Zack, mais à cet instant précis, il aurait dit oui à n'importe quoi.

—Ze peux dormir avec vous ?

—Oui, bien sûr ! Dit Draco en la serrant contre lui.

Ron se rapprocha d'eux pour se joindre à leur étreinte. Il n'avait jamais été aussi proche de Draco. Pour la première fois, ils eurent l'air d'un vrai couple entrain de câliner son enfant.

Avec une synchronisation parfaite et non voulue, ils déposèrent un baiser sur les joues d'Alita. Ils s'endormirent tous les trois ainsi.

oOoOOOoOo

—Ne me dit pas qu'on est perdus !

—D'accord, je ne vais pas te le dire…

—Raaaaaaa, pourquoi je me suis fié à toi pour trouver le chemin du théâtre ? Je le sais, pourtant, que même un escargot arriverait à destination plus vite que toi parce que lui au moins, il ne se planterait pas sur la route à prendre !

Draco s'assit sur un appui de fenêtre bas alors que Ron se tordait les doigts de gêne. Après avoir confié Alita à la vieille Machaca, ils s'étaient mis en chemin tous les deux vers le théâtre où Hal leur avait donné rendez-vous avec les trois espions sous leurs formes espagnoles. Hal avait expliqué à Ron comment on s'y rendait, mais…il aurait mieux fait de le dire à Draco !

—Ne t'inquiète pas, Dit le rouquin, Nous allons y arriver !

—Ah ouais ? Railla le blond, sceptique.

—Ouais…Regarde, j'ai fait des progrès en espagnol, je sais demander mon chemin…¡Hola, señora ! ¿Puede usted indicarme el camino del teatro, por favor ?

Ron discuta avec la dame qu'il venait d'aborder et revint vers Draco avec de nouvelles informations.

—Impressionnant, Dit le blond, pas impressionné, Moi aussi, je connais quelques mots d'espagnol !

—Ah ouais ? Quoi?

Draco sourit, prêt à provoquer Ron avec un mot que celui-ci détestait entendre peu importe la langue.

—Sangre-Sucia. Ça désigne Granger.

—¡Callate, Mortifago estupido de opereta! Répliqua Ron ¡Chupame el culo, cretino sucio! ¡ Puta madre!

—Quoi ? (1)

—Laisse tomber…

Ron lui communiqua alors les directives pour se rendre au théâtre. Draco les suivit, mais par précaution, il inversa les directions. La méthode porta ses fruits et ils parvinrent à destination en cinq minutes. Hal les attendait.

—Pelirrojo ! Cria-t-il avant d'étreindre Ron pour lui dire bonjour, au grand mécontentement de Draco.

Tonks, Remus et Sirius les saluèrent brièvement et ils entrèrent tous les six dans le théâtre.

—Tu ne nous as pas dit que ta mère viendrait aussi? Demanda Ron.

—Mais elle sera bientôt là, Répondit Hal.

—Elle est anglaise, c'est ça ?

—Ouais.

Draco jeta un œil au programme.

Le Cid. Tiens, encore de la culture moldue. Et qui se passe en Espagne…Pourtant, il n'était pas espagnol, Corneille. Enfin, soit, heureusement que je l'ai déjà lu en anglais, sinon, je n'y comprendrais rien…

—Tu lis des bouquins de théâtre en plus ?

Ron fit une moue de dégoût.

—A part les bandes dessinées, rien ne t'intéresse, toi ! Répliqua Draco.

—Tu as encore du mal à apprendre l'espagnol, toi ? Lui demanda Hal.

—Comment veux-tu que je maîtrise une langue aussi vite, ça fait moins d'un mois qu'on est là ?

—Ron y arrive bien, lui…

—Ben, je sais pas, parfois les débiles mentaux développent des capacités extraordinaires comme une mémoire immense, une virtuosité innée pour jouer du piano, ce genre de truc…Alors, lui, il apprend les langues super-vite !

—Ou tout simplement que c'est mon truc, Dit Ron, vexé, Après tout, on n'a pas de cours de langue à Poudlard, si ça se trouve, si je n'étais jamais venu ici, je serais passé à côté de la découverte que je suis doué pour ça !

Draco voulut répliquer quelque chose de méchant, mais il se tut. Il savait pertinemment qu'une des pires hantises de Ron était qu'on lui fasse remarquer sa nullité dans presque tous les domaines, ce que Draco aimait faire plus que tout, mais tout à coup…Il n'avait pas envie d'enfoncer Ron, pour une fois, c'était curieux…Peut être qu'à force de le côtoyer, il se sentait moins indifférent à ce qu'il pouvait ressentir ?

Non, Draco n'avait jamais été indifférent à la douleur de Ron, c'était juste qu'avant, ça lui faisait plaisir. Plus maintenant…

Il se rappela la joie qu'il éprouvait en cuisinant, en découvrant qu'il était étonnement doué pour ça, pour cette activité qu'il n'avait jamais pratiquée et pour laquelle il n'avait découvert son talent que grâce à la présence incongrue d'Alita dans sa vie. De même, Ron se découvrait une facilité inattendue pour les langues, lui que tout le monde prenait pour incapable de briller dans un domaine intellectuel…Il fallait le laisser poursuivre dans cette voie !

Pour la première fois depuis l'arrivée d'Alita, Draco se fit la réflexion que ce qu'elle avait sûrement encore à révéler sur le futur pouvait être…amusant !

—On devrait faire des langues à Poudlard, Dit Ron, Et pas l'Etude des Runes ! Les langues mortes, non merci ! Il n'y a qu'Hermione pour aimer ne connaître que la face écrite d'un parler et de passer son temps à faire des exercices de thème et version ! Les langues vivantes, c'était autre chose, un vrai plaisir de sentir les mots glisser sur sa langue ! Et à Poudlard, on passe à côté de ça pour lire dans les feuilles de thé à la place ! Si j'ai le temps, j'apprendrai d'autres langues, puisque ça a l'air de me convenir…Le français peut-être ? Comme ça, je saurai enfin ce que Fleur médit en croyant que personne ne comprend ce qu'elle dit, na !

—Ouais, le français, c'est super-joli, Dit Hal, Mais ça a l'air super-compliqué…Si tu trouves que la conjugaison espagnole est tordue par rapport à celle de l'anglais, je crois qu'en français, c'est pire !

—Ouais…

Ron eut un air rêveur.

—Ta mère n'arrive pas ? Reprit-il.

—Patience…Elle sera là…

—Peut-être qu'elle ne veut pas qu'on sache que tu es son fils parce qu'elle a honte, Dit Draco.

Hal ne releva pas, le spectacle commença.

—Je dois vous prévenir que c'est un spectacle un peu particulier…

—Et ta mère ?

—Chut !

Après les trois coups, le rideau se leva et la lumière éclaira les deux comédiennes, incarnant Chimène et Elvire.

Hal avait eut raison de les prévenir, car il y avait une particularité non négligeable dans cette «interprétation» du Cid.

Les actrices étaient nues.

—Quoi ? S'étrangla Ron.

—J'ai entendu parler de ça, Souffla Remus a Tonks, Les metteurs en scène modernes aiment «réinventer» le théâtre en faisant les choses tordues et provocatrices parce qu'ils y voient du sens.

—Soi-disant…Compléta Tonks.

—Ils sont fous, ces artistes ! Conclut Sirius, Mais en l'occurrence, ce n'est pas dérangeant…enfin, je préférerais que ça soit des hommes.

—T'inquiète, il y a aussi des personnages masculins…

A quelques places de là, Draco murmura :

—Intéressant comme concept…Mais ça ne m'étonne pas de l'Espingouin, un pervers pareil aime ça, forcément !

—On a bien fait de laisser Alita chez Abuela, Dit Ron.

Une fois remis du choc, le rouquin remarqua que…

—C'est en français !

—Ben ouais, il écrivait en français Corneille et comme c'est en vers… toi qui justement voulais apprendre cette langue…

—Mais je ne vais pas l'apprendre comme ça, je comptais utiliser cette pièce comme un test d'espagnol, en fait ! Et du coup, je ne vais rien comprendre à l'histoire !

—Y'a rién a commprenndré, Dit Sirius, Tout lé monde est tout nou !

Draco poussa un soupir.

—Rodrigue aime Chimène, Dit-il à Ron, Et elle l'aime aussi mais il y a un problème…

—Ils n'osent pas se l'avouer ?

Draco grogna.

—Non, tous les couples ne sont pas comme toi et Granger : deux abrutis où il n'y a pas un pour rattraper l'autre!

—Comment ça ? Tu trouves toujours qu'Hermione et moi, on a l'air d'un couple ?

—C'était pas le cas, du moins en devenir, avant qu'Alita ne débarque ?

—Possible, mais maintenant, c'est évident que non… C'est quoi leur problème à Rodrigue et Chimène alors ?

—Leurs pères ne s'aiment pas…

—Ça ça ressemble plutôt à votre couple, Dit malicieusement Hal en désignant Ron et Draco.

—Le père de Chimène flanque une baffe au père de Rodrigue, Poursuivit Draco, Et celui-ci demande à son fils de le venger en tuant le père de Chimène…

—C'est un peu extrême, non ?

—Mais si Rodrigue le tue, Chimène ne pourra plus l'aimer, et il se retrouve devant un choix, c'est ça qu'on appelle un dilemme cornél…

Mais il fut interrompu par une dizaine de spectateurs qui lui demandaient de la fermer parce que eux, ils écoutaient la pièce, et que si ça ne l'intéressait pas, il n'avait qu'à sortir au lieu de papoter !

Ils se turent et restèrent prostrés jusqu'à la fin de la pièce, même pendant les entractes.

oOoOOOoOo

—Attends une minute, Dit Ron à la sortie.

Draco leva les yeux vers lui, interrogatif.

—Quoi ?

—Tu pense que je suis toujours amoureux d'Hermione ?

—Ce n'est pas le cas ? Comme si votre petit cirque avait échappé à qui que se soit à Poudlard, à vous tourner autour l'un l'autre de façon pathétique !

—Je ne suis plus amoureux d'elle.

—Ah, tu as cessé de l'aimer paf ! comme ça, et maintenant, tu es fou de moi selon le même principe, c'est ça ?

—Non, je ne t'aime toujours pas…C'est juste que j'ai eu plus facile à m'habituer à l'idée que je ne serais jamais en couple avec elle qu'à celle que c'était toi mon grand amour…Parce qu'effectivement, on se cherche, elle et moi, depuis tellement longtemps sans qu'aucun des deux ne se lance que je me demandais parfois si au fond, « elle et moi », ça avait vraiment du sens, si justement le fait qu'on n'arrivait pas à se trouver n'était pas une preuve que quelque chose clochait depuis le départ et que ça ne marcherait jamais…Maintenant, j'en ai la preuve, ça m'a aidé à tourner la page assez rapidement. Pour ce qui est de me mettre à t'aimer, c'est une autre paire de manches…

—Et alors ?

—Je tenais à te le dire, je veux que ça soit clair entre nous : je ne l'aime plus ! Viens plus dire à la psy que c'est le cas !

—D'accord, si c'est ça qui te tracasse…En revanche, Granger reste une fille…

—Et elle m'a souvent reproché de ne pas la voir comme telle…

—Et il y avait aussi Lavander Brown…

—Qu'est-ce que t'es entrain de dire ? Que je ne suis pas assez gay pour toi ? J'ai pas le droit de savoir ce que ça fait d'être avec une fille ? En tous cas, c'est pas moi qui me baladais à Poudlard avec une sangsue à face de Pékinois !

—Il n'y a jamais rien eu entre moi et Pansy !

—Dès qu'elle te voit, elle se jette sur toi comme une mouche sur une merde !

—Je n'en ai rien à foutre d'elle, c'est elle qui profite et je ne dis rien pour sauver les apparences !

—Quelles apparences ?

—Désolé d'interrompre votre « parade nuptiale », Dit Hal en arrivant, Mais vous voulez voir ma maman?

—Tiens, elle arrive après le spectacle, celle-là ?

—Mais non ! Suivez-moi.

Et ils le suivirent. Soudain, le chemin qu'ils empruntaient leur parut évident.

—Je crois que je viens de comprendre, Dit Ron, Il nous emmène dans les loges.

—Nan, Fit Draco, Ne me dites pas que…

Mais Hal frappa à la porte de la loge des femmes. Une comédienne vint leur ouvrir et elle devait l'avoir reconnu, car elle appela :

—Satin !

Une autre femme apparut, l'interprète de Chimène, elle ne s'était rhabillée que le bas du corps et avait encore la poitrine nue. Ses yeux s'éclairèrent dès qu'elle vit Hal.

—Mon bébé ! Dit-elle en le serrant dans ses bras.

—Salut, Mama ! T'as trop bien joué, aujourd'hui !

Ron en resta muet. Et Draco déclara :

—Le fils est un pervers et un crétin demeuré, la grand-mère est une vielle charogne autoritaire qui passe son temps à hurler, et la mère se fout à poil devant une centaine de personnes ! Pourquoi mon destin est-il en partie lié à cette famille de fêlés ?

—Et bien, je vous présente ma môman : Satin Notcoy !

oOoOOOoO

Harry se mit à fuir comme si sa vie en dépendait. Pour la première fois depuis Slughorn, il était content d'avoir cours de Potions et fila en direction des cachots pour éviter de…de se faire écrabouiller, par exemple !

Une fois qu'il eut passé la porte, il la referma violemment derrière lui et regarda les autres élèves en haletant.

—Qu'est-ce que tu as ? Demanda Hermione.

—Tu as la tête du mec qui a croisé un tsunami, Constata Neville.

—C'est presque ça !

—Ou alors, c'était le nouveau prof de Potions, Suggéra Dean, Je l'ai vu aussi et…

—LA nouvelle prof, Rectifia Hermione.

—LE, Insista Dean.

—LA ! Répliqua Hermione.

La porte s'ouvrit furieusement, envoyant au passage Harry se carapater sur le pavé du cachot. Un bonhomme massif avec de la moustache, un cou de taureau et l'air mécontent déboula et lança un regard mauvais aux élèves dont la plupart se mirent à trembler comme des chiwawas mouillés. Le monstre alla se camper devant l'ancien bureau de Rogue et annonça d'une voix grave, avec un accent de l'Europe de l'Est:

—Bonjooouuuur, jé soui, vottrrre nouveau prrrrofffesseurrrr !

—Ah, tu vois, c'est un homme ! Triompha Dean.

—Dans ton cul, Granger ! Renchérit Pansy.

—Jé souis Madémoiselle Petrova, Poursuivit le spécimen.

—Ah ! C'est une femme, je le savais, Jubila Hermione avec une lueur narquoise dans les yeux.

—C'est une femme, ça ? Dit Harry, septique.

—Même la Legourdin dans Matilda est plus féminine ! Fit Blaise qui avait abandonné son air stoïque, sans doute parce que même lui avait peur.

—Oh tu connais Roald Dahl ? S'empressa Hermione.

—Oui, pourquoi, tu aimes ?

—Non, pas du tout, c'est pour les gosses, ce n'est pas sérieux comme livres, mais c'est un Moldu, alors…

—C'est un hasard, si j'ai lu ça, Dit Blaise.

—Sileeeeennnnce ! Tempêta Melle Petrova.

Ensuite, elle écrivit son nom complet au tableau, en caractères cyrilliques, ce qui faisait une belle jambe à ses infortunés élèves. Heureusement, elle lut ce qu'elle avait écrit.

—Marrrroushka Serrrrgevna Petrrrrrova !

Hermione leva alors la main.

—Quoi ? Tonna Petrova.

—Euh, Professeur, je voulais, pour vous aider, vous mettre au courant de la matière que nous avions vue avec le Professeur Rogue, afin que vous sachiez…

—Ah, jé vois, toi, petite demoiselle, toi, tou es la petite prrrremière dé classe qui a toujourrrrs dé bonnes notes et qui cirrrre les pompes des professeurrrrs ?

—Dans le mil ! Ricana Pansy, Perspicace la nouvelle prof !

—Et toi, tout es la langue-dé-poute de la bande ? Poursuivit Petrova.

—Bien cernée, Murmura Théo.

Pansy baissa les yeux et Petrova en revint à Hermione, s'approchant d'elle tel l'ogre se jetant sur le Petit Poucet.

—Trrrréééés bien, mademoiselle jé-sais-tout, tou va cirrrrer mes chaussourrres, puisque tou aimes ça !

Et elle flanqua sa monstrueuse guibole poilue sous le nez d'Hermione avec violence. Elle portait une chaussure de randonnée décolorée et avec sa baguette, elle transforma le plumier d'Hermione en brosse à cirer et sa bouteille d'encre en pot de cirage. La jeune-fille écarquilla les yeux avant de mettre en tâche.

Le reste du cours fut consacré à un réquisitoire de Melle Petrova exposant l'idée que les Potions étaient une affaire de muscles. Elle répéta à plusieurs reprises que Rogue était une mauviette qui leur faisait étudier des potions de mauviette avec des méthodes de mauviette et qu'avec elle, ça n'allait pas se passer comme ça.

—Vous savez quoi ? Confia Neville après le cours, Rogue est gentil, mignon et adorable !

oOoOOOoOo

—'egarde, Pôpa, pendant que vous zétiez au théâtre, z'ai encore acheté un livre pour toi !

—Comment ça ?

—Abuela devait faire les commissions chez l'épicier, et ze lui ai demandé d'aller aussi à la librairie paskeu t'as fini L'île au trésor !

—Et tu as payé avec quoi ? Tu n'as quand même pas laissé Abuela payer ?

—Nan, c'était mes économies.

Alita fit des yeux de chiots d'anthologie et Draco eut cette fois besoin d'un effort surhumain pour garder sa tête d'ice-berg et ne pas fondre comme neige au soleil.

Il prit en main le livre qu'elle lui tendait.

—Voyons voir…Moby Dick ! Tu fais une fixette sur le monde marin ou quoi ?

Satin éclata d'un rire grave qui trahissait un possible tabagisme.

—Elle adore les marins ?

—Ouais, surtout les pirates…

—Ça me rappelle quand Hal a eu sa période "dinosaures", tu te rappelles, mon chou, tu collectionnais les petites figurines animées qu'on trouvait dans les suçacides ?

—Mama…dis pas ça quand y'a des gens !

Après le théâtre, ils étaient tous repartis avec Satin chez Rocío. Ils étaient assis dans le salon et buvaient un verre en discutant.

—Ze voudrais être pirate, plus tard et ze boirai du rhum tout le temps ! Déclara Alita.

—Euh…pour le rhum, évite, si possible, Dit Draco.

—Vous savez comment on dit « rhum » en espagnol ? Susurra Hal.

—Non, ça je sais pas, Répondit Ron.

—Ron.

—Oui ?

Hal éclata de rire.

—T'as pas compris ? « Rhum », ça se dit « ron » ! Ton prénom désigne un alcool !

—Ah ? (2)

Draco soupira.

« N'importe quoi » Pensa-t-il.

—J'éspère qué vous en avez, dou ron ! Déclara Sirius.

La vieille Machaca poussa un grognement qui devait dire « oui», car elle s'en alla et revint avec une bouteille. Tous se servirent, sauf Alita qui râla parce qu'on la forçait à se cantonner au jus de citrouille.

—Allez, comme tu me fends le cœur, tu peux boire une gorgée dans mon verre, mais pas plus ! Dit Ron.

—Merciii!

—Tu es trop permissif ! Répliqua Draco.

—Et quoi ?

—Il a raisón, Dit Remus, Sept ans, c'est encoré trrrop jéune! Si c'était dé la liqueur dé cacao, jé dit pas mais dou rhum…

Draco poussa un soupir et faillit recracher sa boisson quand il vit Satin avaler la sienne cul sec.

—Wouu, Dit-elle, Y'a pas à dire, ça étourdit !

—Le rhum me fait toujours tourner la tête ! Déclara Hal qui lui sirotait tranquillement.

Ron se mit à rougir, il ressentait les compliments envers le rhum comme s'ils étaient envers lui. Il se sentit très flatté quand tout le monde se déclara enivré de rhum. Mais le pire— le mieux ?— fut le lapsus que Draco proféra, un peu éméché, tendant son verre :

—Encore un doigt de Ron, s'il vous plait !

Ron ne réalisa vraiment que quand Hal éclata de rire.

—Ha ha, blondinet, je savais que tu aimais ça !

Draco vira plus rouge qu'un joueur de Gryffondor qui se serait pris des tomates dans la tronche.

—Il peut même t'en foutré deux, si tou veux ! Renchérit Sirius, qui lui était presque complètement beurré.

Draco se leva, furieux.

—Je vais fumer dehors ! Dit-il en se dirigeant vers le balcon.

Une fois qu'il y fut, il alluma une de ses cigarettes noires à la vanille. Mais deux personnes l'avaient suivi : Tonks et Satin.

—On vient aussi ? Ça ne te dérange pas ? Dit Satin, Il ne faut pas déranger les non-fumeurs, mais c'est toujours plus sympa quand on est plusieurs…

Comme il ne répondait rien, elles se postèrent près de lui et allumèrent leurs propres cigarettes : des blondes mentholées pour Tonks et des Gauloises pour Satin.

—Hal est un peu exubérant, hein ?

—Pas qu'un peu…

—Il n'est pas méchant, juste un peu surexcité…

—Hum…Mme Notcoy, ma question risque de paraître un peu bizarre mais…est-ce que Hal a déjà été attiré par un garçon?

—Hé hé, non, jamais, il court après les filles depuis qu'il sait marcher…Si vraiment Ron l'a séduit, ce sera sa première expérience de ce côté-là de la barrière…

—Comment savez-vous…

—Bah, c'est mon garçon, je sais comment il est, il aime avoir une attitude ambigüe et provocante envers les garçons gays qui lui témoignent de l'amitié, mais c'est juste par taquinerie, par jeu…

—Mais il va jusqu'où comme ça ?

—Hum…Je pense qu'il en a déjà embrassé un, une fois…

—Quoi ?

—Il était curieux, il voulait savoir ce que ça faisait…

Elle marqua une pause.

—Il m'a raconté votre histoire…

—Tout Azúcar Culebra est au courant ou quoi ? Comme si c'était de ma faute…

—Mais…est-ce que tu regrettes ?

—D'être marié à cet imbécile ? Oui ! Oui ! A fond !

—Oh la la !

Ils furent interrompus par l'arrivée de Remus, un peu pompette pour changer des autres, qui brandit devant lui un paquet de…

—Cigarettes en chocolat ?

—Pffft, Fit Tonks en écrasant sa vraie cigarette à elle.

Elle s'en alla le rejoindre ensuite, et le tira par la manche pour le ramener à l'intérieur alors qu'il affichait un grand sourire. Sirius avait retrouvé sa guitare et chantait à tue-tête.

—Tu regrettes vraiment tant que ça ? Reprit Satin.

Draco réfléchit.

—En ce qui concerne Ron, je ne sais pas quoi penser…en ce qui concerne Alita…je…c'est une chouette gamine, même si je suppose que comme tous les gosses, elle me rendra dingue un jour et qu'elle a sûrement du m'énerver dans le passé, soyons réalistes…Mais ce qui me fait le plus peur, c'est qu'elle n'est pas ma fille biologique…et je viens d'une famille ou la descendance de même ADN et le sang pur sont des notions primordiales, adopter un enfant doit me coûter pas mal d'ennuis chez les miens…

Il détourna les yeux et tira un dernier coup sur sa cigarette. Heureusement pour lui, il se tenait dos à la porte du balcon et ne vit rien. En revanche, Satin, qui lui faisait face, avait bien vu qu'Alita s'était glissée dans l'entrebâillement laissé par Tonks et Remus et avait certainement entendu ce qu'il venait de dire.

Elle baissa les yeux d'un air triste et rentra à l'intérieur.


(1) Traduction du mini-dialogue :

—Sang-de-Bourbe. (Ça désigne Granger)

—La ferme, stupide Mangemort d'opérette! (Répliqua Ron.) Lèche-moi le cul, sale crétin !Ta mère la pute !

(2) J'avoue, j'ai piqué cette idée à la Fée Clochette de PMW, ainsi que le jeu de mots qui va venir…mais je ne pouvais pas m'en empêcher, depuis que j'ai lu sa BD, je ne vois plus les bouteilles Havana Club