Chapitre treize : Capilotractations
Le temps passa. Et quand le temps passait, conséquence de cela, les cheveux poussaient.
Et cela, c'était encore un prétexte pour ses les arracher.
Draco alla chez le coiffeur et demanda à ce qu'un expert lui sculpte le brushing avec autant d'art qu'un orfèvre. Car la chevelure de Draco, c'était un joyau, chaque cheveu devait être coupé au millimètre près, sans exception. Et avec des ciseaux spéciaux, s'il vous plait, notre blondinet n'était pas un vulgaire caniche allant chez le toiletteur ! Alita eut droit au même traitement, naturellement.
Ron se vit dans le miroir et jugea qu'il fallait ôter quelques centimètres, alors il attrapa les ciseaux de cuisine pour couper les bottes de persil et coupa tout ce qu'il trouvait superflu en regardant son reflet dans le couvercle de la poubelle au-dessus de laquelle il était penché, le pied sur la pédale.
—Espèce d'abruti, t'as vu ta frange ? Tu l'as coupée de travers ! Tempêta Draco en le voyant faire.
—Ah ouais ?
Le rouquin se lorgna encore dans la poubelle, et Draco avait raison : la moitié gauche était légèrement plus courte que la droite.
—Mouais, pas grave, ça va repousser.
—Non, pas question ! Viens t'asseoir sur cette chaise, je vais arranger ça !
—Mais Draco, qu'est-ce que ça peut te…
—Tu t'assieds !
—Ouais, d'accord, si ça t'amuse…
Draco lui arracha la paire de ciseaux des mains et le fit asseoir de force. Ensuite il se plaça face à lui et saisit les cheveux de sa frange entre le majeur et l'index de sa main gauche d'un air très professionnel et recoupa avec précision.
—C'est bon, je peux me relever, maintenant ?
—Attends…je vais aussi recouper le reste…
—Quoi ? Mais non, pas question, je tiens à garder mes cheveux longs !
—Oui, mais pas plus qu'une coupe au carré… un petit carré…là, ça commence à te tomber sur les épaules, ça fait un peu…
—Ça fait quoi ?
—Ben, on dirait que tu t'apprêtes à partir pour Woodstock !
—Ça devait être cool, ça, c'est dommage qu'on soit nés trop tard…se balader à poil, fumer des pétards…
—Ouais, ben déjà les piercings, c'est limite, alors…
—Et toi, t'es une vraie starlette avec ton brushing de la mort qui tue !
Draco respira un grand coup et se jeta sur Ron avec ses ciseaux à persil. Des petits tas de mèches flamboyantes se mirent à pleuvoir sur le carrelage du bungalow.
—Heeeeeeeeeyyyy ! Vas-y mollo !
—T'inquiète pas, je te laisse une certaine longueur, c'est juste qu'il ne faut pas que tu aies trop l'air d'un hippie…Voilà, comme ça c'est très bien, tu es sexy !
—Tu me trouves sexy ?
—Euh…t'as rien entendu !
—Non, mais tu me trouves sexy ?
—Je te trouve pas trop moche et pas trop mal foutu, ça te va ?
—Nan, t'as dit que tu me trouvais sexy !
—Tu n'es pas sexy, c'est ta coupe qui l'est, normal puisque c'est moi qui l'ai faite !
—C'est pas ce que tu as dit !
—Va prévenir Alita qu'on va bientôt manger plutôt que de dire n'importe quoi !
—C'est toi qui dis n'importe quoi.
—T'as raison, « Toi sexy », c'est effectivement n'importe quoi !
—Je te hais, blondinet…
—C'est réciproque, rouquin…
Ron soupira et alla trouver Alita dans sa chambre. Il s'attendait à la voir déguisée en pirate comme elle aimait souvent jouer à ça, mais curieusement, cette fois-ci, elle était assise sur son lit à fabriquer quelque chose qu'elle cacha promptement derrière elle quand il arriva.
—Mais qu'est-ce que… ?
—Ah, c'est toi ? Dit elle en rougissant, Z'ai eu peur, ze croyais que c'était Pôpa…
Elle montra alors ce qu'elle était entrain de faire : un amas de macaronis collés ensemble.
—Z'étais entrain de faire son cadeau de nanniversaire pour demain…il faut pas qu'il le voie !
L'anniversaire de Draco ? Ron eut une drôle de sensation, comme s'il venait de louper une marche d'escalier et dégringolait le colimaçon entier en roulant cul par-dessus tête. Comment ça, c'était l'anniversaire de Draco le lendemain ? Pourquoi ne l'avait-on pas prévenu ?
« Ouais, d'un autre côté, je suis supposé connaître la date de naissance de mon cher et tendre, ce serait logique…sauf que pour que je la connaisse, il faudrait d'abord qu'il me la dise ! Oh, je parie qu'il l'a fait exprès, comme ça, demain, il pourra me faire une scène parce que je n'y aurais pas pensé et que je passerai encore pour le dernier des boulets qui oublie l'anniversaire de son mec! »
—Tata Loufoca dit que c'est bizarre, nos naniversaires…
—Ah ?
—Ouais…parce que toi c'est le 1er mars, Pôpa le 5 juin et moi le 17 avril à minuit…ze suis née zuste entre vous deux, il y a le même écart : 48 zours !
—Et ben… elle dit ça, Luna ?
—Vi !
—Et c'est quoi ce cadeau ?
—C'est Pôpa en macaronis !
—Ah, c'est très… euh…ressemblant ! Mais fait attention avec la glu, tu as déjà un macaroni collé sur ta robe !
—Ah ouais…
—On mange, tu viens ?
—Vi, z'ai faim ! Au fait, super, ta nouvelle coupe !
—Ah euh…merci !
oOoOOOoOo
—Et voilà, Conclut Ron à son auditoire captivé (Hal et Tonks), Après l'anniversaire d'Alita, c'est celui de Draco…demain…et j'ai pas de cadeau pour lui !
Il vida son Agua de Valencia d'un trait et héla le serveur de La Culebra de Oro pour en avoir un autre. Assise à côté de lui, Tonks soupira. Hal qui lui faisait face le regarda dans les yeux avec un air charmeur dont il avait le secret.
—Draco Malfoy, la bête sexy et fougueuse…Mais mon cher Ronnie, tu vas le dompter, n'est-ce pas ? Surtout avec cette coupe de cheveux qui te rend tout bonnement irrésistible, encore plus séduisant et tentant que le diable lui-même !
—Et il s'étonne qu'on doute de son hétérosexualité, Dit Tonks en roulant des yeux, Hal…Franchement…
—C'est juste un jeu…J'aime les filles, surtout celles comme toi, bonita rosa…
—Pour toi, c'est peut être un jeu, mais pour tous les garçons gays qui te subissent, ça peut être de la torture ! Répliqua la métamorphmage, D'un point de vue externe et objectif, en ce moment, tu es entrain de faire la cour à Ron ! Pas étonnant que Draco soit jaloux !
—Jaloux ? Fit Ron.
—Ben ouais, Dit Hal comme si c'était évident.
—Mais il me déteste !
—Tu es naïf, Pelirrojo, Naïf et candide…
Ron en rougit.
—Mais ça te rend tellement mignon, Compléta Hal avec un sourire.
—Qu'est-ce que tu vas offrir à Draco ? Dit Tonks pour changer de sujet.
—Aucune idée, Dit piteusement Ron.
—Je sais ! Dit Hal : Un strip-tease ! Ensuite, tu passes le restant de la journée à poil !
—Je ne suis pas sûr que ça soit une bonne idée, déjà, pas question de faire ça devant Alita, et puis, je ne crois pas que Draco ait envie que je fasse ça…
—Ouais, et puis, ça va détruire l'énigme…
—L'énigme ?
—Celle de ton hypothétique piercing au zigouigoui…faut que le mystère reste entier et que tu ne dévoiles rien, sinon, ça va tout casser !
Avec une synchronisation parfaite, Ron et Tonks se tapèrent la main sur le front alors que Hal souriait jusqu'aux oreilles, fier de lui.
—Si tu ne sais pas comment lui faire plaisir, offre-lui quelque chose d'utile, dont il a besoin, Suggéra Tonks.
—Je vais y réfléchir, Dit Ron.
Il leva les yeux car deux autres personnes venaient d'entrer dans le pub. Sirius avait l'air sonné et Remus le tenait par le bras, tentant de l'apaiser.
—Tu sais Patmol, C'est un peu toi qui l'a provoqué, alors, pas étonnant qu'il en ait profité !
—Mais tout de même, m'obliger à nettoyer ses carreaux habillé en soubrette avec tout le monde dans la rue qui m'a vu, c'est sadique !
—Ben justement…
—Alors, comment s'est passé ta première journée en temps qu'homme à tout faire chez Rogue ? Demanda Tonks.
—Et bien, Dit Remus à la place de Sirius, Après avoir sonné à la porte, il a dit « Bonjour, je suis Léopold Von Sacher-Masoch, c'est toi Alphonse Donatien François de Sade ? Je suis venu pour que tu me fasses souffrir parce qu'on aime ça tous les deux ! », alors, évidemment, Rogue a répondu à la provocation et Sirius en a bavé !
—En plus, cette robe me grossissait !
—Allons, être habillé en femme, c'est pas si terrible ! Dit Tonks.
—Pas quand tu es un monument de virilité ! Répliqua Sirius.
—Voilà une idée de cadeau pour Draco, Dit Hal, Déguise-toi en…
—Non ! Coupa directement Ron.
—C'est l'annif de Mini-Malfoy? Demanda un Sirius intéressé.
—Ouais…et je sais pas quoi lui offrir…
—Ben, tu pourrais mettre à profit tes progrès en musique et en linguistique pour lui mitonner une chanson romantique en espagnol que tu lui susurrerais en t'accompagnant à la guitare !
Sirius se mit à genoux et mima un grattement de guitariste en chantant :
—Te quierooooo ! Amor míooooo ! Rubia de mi corazón !
—Et ben, pour finir, il s'en est vite remis, de ce que Rogue lui a fait, Commenta Remus.
—En plus, c'est « rubio », pas « rubia », Rectifia Ron, Draco est un blond, pas une blonde !
Le serveur lui apporta un autre verre qu'il vida rapidement.
—Vas-y doucement, sur la picole ! Le prévint Remus.
—T'aurais pas une idée, toi ? Dit le rouquin en se tournant vers son prof préféré.
—Il faut que tu trouves ce que Draco aime, Répondit Remus.
—Autant ça c'était facile pour Alita, autant avec lui, c'est pas de la tarte !
—Ni du gâteau ! Renchérit Hal comme si son commentaire faisait avancer le débat.
—Il est où, en ce moment, Draco, justement ? S'enquit Tonks.
—Resté avec Alita, Marmonna Ron.
—Il a dit qu'il voulait aller chez ma mère, Dit Hal, Depuis que je lui ai dit qu'elle adorait les romans d'Emy Douçamère, il a soudain eu une recrudescence d'intérêt pour ma famille…Mais il est temps d'aller le chercher, Pelirrojo, vous avez un nouveau rendez-vous chez Evelina dans un quart d'heure !
—La Psychomage ? Demanda Remus.
—Oui. Tu viens mon rouquin adoré ?
—Tu devrais arrêter de l'appeler comme ça, RepritTonks.
Ron et Hal se levèrent néanmoins, laissant galamment à Nymphadora le soin de payer.
—Au fait, Dit Remus alors qu'ils partaient, Ron, tu es vraiment mignon avec cette coupe !
—Ouais, moi, je bande !
—Sirius !
oOoOOOoOo
Le Dr Clara avait tenu, pour la seconde séance, à ce que Ron et Draco passent séparément dans son cabinet, sans doute pour qu'ils s'expriment sans être contraints par la présence de l'autre. Draco avait insisté pour passer en premier, « pour en finir plus vite », et dans la salle d'attente avec Hal, Ron était presqu'entrain de s'arracher ses cheveux fraîchement coupés dans des idées de cadeaux capilotractées.
« Qu'est-ce qui pourrait bien faire plaisir à Draco Malfoy ? L'autographe d'Emy Douçamère ? La tête de Hal sur un plateau d'argent ? Un coiffeur personnel qui vivrait dans notre salle-de-bain à attendre qu'il veule changer de coiffure ? Une paire de couilles? Mon cadavre ? »
Il en était à se demander s'il ne ferait pas mieux de faire comme Alita, une sculpture en macaronis, quand la porte du cabinet s'ouvrit sur un Draco blanc comme un drogué en plein bad trip, et une Clara souriante qui l'invitait à la rejoindre.
Elle redisparut dans son entre et Ron se décida à l'y suivre.
—Attends ! Dit Draco, comme dans un état second alors qu'ils se croisaient.
Ron attendit. Comme secoué, Draco s'approcha de lui et remit son col de chemise en place.
—Ne te présente pas mal habillé devant elle, Dit-il, Voilà…c'est bien.
—Qu'est-ce qui s'est passé ? Tu en fais une drôle de tête !
—Ce n'est rien…Rien qui te concerne…
—Mais c'est une thérapie conjugale, bien sûr que si que ça me concerne ! Qu'est-ce que vous avez dit sur moi ?
—Ça ne te concerne pas, Répéta Draco en remettant une nouvelle et inutile fois le col de Ron correctement.
—Tu viens, Ronald ? Insista Evelina.
Il n'eut d'autre choix que d'entrer dans le cabinet et de refermer la porte derrière lui.
—Qu'est-ce qu'il…Commença-t-il.
Il eut soudain comme une révélation. Mais bien sûr ! C'était ça la solution !
—Oh, il…
—Euh, excusez-moi, je peux vous demandez quelque chose ?
—Oui ? Dit-elle avec un sourire.
—C'est l'anniversaire de Draco demain.
—Ah.
—Mais je ne sais pas quoi lui offrir. Je sais que je suis supposé le savoir, puisque c'est mon mari, mais vous savez que les circonstances font que je le connais assez mal, et comme c'est votre métier de sonder l'âme des gens, peut-être pourrez-vous m'aider ?
—Et tu t'attends à ce que je te ponde l'idée de cadeau idéal toute cuite ?
—Ben…
—Je vais plutôt te dire ce que j'ai conclu de la dernière séance, tu te rappelles, les listes de défauts ?
—Oui, mais…
—On pourrait croire que ce que Draco a dit sur ton compte révèle qui tu es, mais en réalité, son réquisitoire à ton encontre contenait plus d'éléments sur sa propre personnalité que sur la tienne…
Ron oublia momentanément sa chasse au cadeau pour tenter de comprendre.
—Il ne saurait pas émettre une opinion objective de toi — qui le pourrait, d'ailleurs ?— sa liste de défauts peut être complètement fausse dans ce cas…En revanche, la raison pour laquelle il te reproche telle ou telle chose dépend de sa personnalité, de sa vision du monde, de son système de valeurs…Car s'il n'aime pas un de tes aspects, cela veut plus dire qu'il est conditionné à ne pas aimer ça plutôt que de dire que tu as tort d'être comme ça dans l'absolu. Et l'inverse est aussi vrai, ta liste de défauts m'en a plus appris sur toi que sur lui, tu comprends ?
—Ouais…S'il me reproche d'être pauvre, c'est parce qu'il est riche…et si je lui reproche d'être riche, c'est parce que je suis pauvre ! C'est ça ?
—Oui !
Elle se saisit de ses notes.
—Donc, tu es quelqu'un qui n'aime pas être pris pour un idiot, ce qui t'énerve d'autant plus que c'est souvent le cas, voir que c'est l'image que tu renvoies au autres…image dont tu cherches par tous les moyens à te défaire, parce que l'air de rien, quand quelqu'un essaie de te mener en bateau, tu ne te laisses pas faire…Tu es complexé par ta pau…les faibles revenus matériels de ta famille et ton anonymat global, tu luttes beaucoup pour que ça change, sans que ça ait beaucoup d'effet, mais tu n'es pas dupe et tu es très réaliste quant à ce qu'on pense de toi, ce qui te retire parfois tout courage, tu es même sacrément blasé par moment. Cela ne t'empêche pas d'être presque toujours de bonne humeur et tu aimes amuser la galerie même si par là tu caches des blessures secrètes qui te font tellement honte que tu n'oses pas les exprimer, tu te mets souvent en colère et tu es parfois borné, tu aimes avoir des amis et être entouré, tout simplement parce que tu n'aimes pas être seul, tu as tendance à trop souvent céder à certains caprices qu'ils te font, voir à admettre que tu as tort quand tu as raison, ou curieusement l'inverse: maintenir que tu as raison quand tu sais parfaitement que tu as tort. Mais tu es aussi très doué pour te faire pardonner. La honte de ton manque d'argent te mène à mépriser le matérialisme et ceux qui le pratiquent et ne voient pas au-delà du prix des choses, car ce qui compte pour toi, ce sont les valeurs sentimentales des objets et des personnes, tu aimes que les choses soient simples et tu ne recherches pas la sophistication, tu trouves même ça ridicule qu'on puisse chercher midi à quatorze heures et se compliquer la vie. Tu détestes l'intolérance, mais tu as tendance à oublier que tu peux l'être parfois, ce dont tu te rends compte très vite après…
—Draco avait raison, les psys sont diaboliques, Maugréa Ron entre ses dents.
—Pardon ?
—Je disais : vous êtes très douée pour faire un portrait peu flatteur, c'est-à-dire réaliste de moi !
—Et j'ai oublié de mentionner ton incroyable sens de l'autodérision, on s'attendrait presqu'à ce que tu te présentes ainsi : « Bonjour, je suis Ron, je suis un crétin, mais c'est pas la peine de me le faire remarquer, je suis au courant ! »
—Bingo ! C'est tout moi !
Il eut un faible sourire.
—Sauf que tu n'es pas un crétin, Ronald !
—Euh…si le vous le dites…Mais faites un peu la même analyse de Draco pour voir !
—C'est de toi que nous parlons, pas de Draco !
—Mais j'aimerais en savoir plus sur lui, sinon comment je peux faire pour le comprendre ? Et puis, pourquoi il était si chamboulé en sortant d'ici, qu'est-ce que vous lui avez raconté ? Vous lui avez aussi fait le coup de l'analyse de mes défauts ?
—A vrai dire, j'ai fait quelque chose d'un peu différent avec lui…
—Quoi ?
Elle lui jeta un regard en biais à travers ses lunettes ovales. Il lut dans ses yeux « Ça ne te regarde pas, secret professionnel ! ».
—Il y a quelques points que j'aimerais éclaircir, Poursuivit-elle, D'après ce que vous m'avez raconté la dernière fois et du langage corporel que vous avez communiqué dans ces moments-là que j'ai pu examiner dans ma Pensine…C'est qui ce « Balafré » qui vous met tant en pétard ? Et le «Castor», qui est-ce ?
—Mes deux meilleurs amis, avec qui Draco s'entend aussi bien qu'avec moi, à savoir…
—Je vois…
—Mais il semble encore moins disposé à faire des efforts pour les cadrer que pour moi, sans doute parce qu'il ne va pas les épouser…
—Pourquoi cette jalousie envers « Balafré » que vous partagez tous les deux ?
—Vous savez qui est Harry Potter, quand même ?
Elle ouvrit des yeux plus grands que ses lunettes.
—Harry Potter ? LE Harry Potter ? C'est ton meilleur ami ?
—Et voilà, ça recommence…Oui, je suis le meilleur ami de Harry Potter ! Et si vous voulez, je peux révéler des choses sur lui qui le rendront atterrant de banalité : il déteste les poivrons mais il adore le Quidditch, quand il se lève le matin, il a des cernes et en plus il pue de gueule tant qu'il s'est pas brossé les dents, et quand il mange du chili con carne, il le digère mal et après, il peut passer des heures aux toilettes pour…
—Ça va, j'ai compris…Et Castor, qui est-ce ? Une fille, non? Une fille que tu aimes ?
—Je ne l'aime plus, même si Draco le croit, mais lui il est jaloux de tous les gens qui s'approchent de moi, Hal Machaca par exemple, il peut pas le sentir ! Enfin bon, c'est vrai que Hal il est bizarre avec moi, enfin, moi ça ne me dérange pas mais Draco…Généralement, quand je suis avec les deux en même temps, ça fait des étincelles…L'autre jour, j'ai retiré mon tee-shirt parce que j'avais chaud, Hal a poussé des cris de loup et a dit que je l'excitait et Draco lui a dit « Arrête ça, Espingouin, si tu veux être excité, participe à une corrida et fais moi le plaisir de finir embroché sur les cornes d'un taureau furieux ! », puis Hal a dit « J'aime pas la tauromachie, c'est barbare, par contre, j'aime bien les costumes des toréadors qui sont hyper-moulants, j'aimerais bien voir ce que ça donne sur Ron ! » et là, j'ai bien cru que Draco allait lui balancer sept avada kedavra, un sur chaque chakra…
—Oui, oui, fort bien…
oOoOOOoOo
Loin de ces capilotractations, loin du soleil d'Espagne, d'autres jeunes gens étaient à ce moment-là enfermés dans un cachot, attendant leur copie d'examen.
—Donc, ils reviennent le 30 juin, c'est ça ?
—Oui, Harry.
—Ils n'auront pas un seul examen ?
—Oui, Harry.
—Ils vont bronzer et pas nous ?
—Oui, Harry.
—Pas Ron, les roux ne bronzent pas, Indiqua Seamus.
—Ça change rien au fait qu'il se marre en Espagne pendant que nous on sue sur l'examen d'une prof qui nous fait regretter Rogue !
Il jeta un œil à Neville qui regardait une photo de Severus pour se donner du courage en attendant Petrova.
—Je suis pas sûr qu'il s'amuse tant que ça, Souffla Seamus, Rappelle-toi qu'il doit se coltiner Malfoy vingt-quatre heures sur vingt-quatre !
—Vous voulez-bien vous taire un peu, j'aimerais relire mes notes ! Coupa Hermione.
—Mais c'est même pas l'examen de Potions que tu potasses ! Protesta Harry, C'est tes découvertes sur le Sablier et cetera !
—Si seulement je pouvais au moins identifier le pays de provenance…ou même le continent ! Se désola-t-elle comme si Harry n'avait jamais parlé. Hélas, même avoir trouvé le Réceptacle ne le permet pas…aucun livre n'en fait mention…
—T'as pensé à le retourner, histoire qu'il soit pas marqué «Made in Taiwan» dessus ?
Hermione envoya un regard noir à Harry, mais Petrova arriva avec un examen terrifiant, mais beaucoup moins qu'elle-même, ceci dit.
—Mon Dieu, le KGB arrive…Murmura Neville en rangeant la photo de Rogue dans sa poche.
Harry maugréa quelque chose qui ressemblait à « goulag » et l'examen commença.
A la sortie, ils tombèrent sur Ginny qui les attendait, c'était leur dernier examen à tous, ils disposaient de quelques jours en attendant le verdict final des professeurs à leur égard.
—Alors, comment ça va ?
—Le Rogue de mes souvenirs est doux comme un agneau, mais à part ça, ça va…Grommela Harry.
Une autre personne de l'année de Ginny fit son apparition et se dirigea vers Théodore Nott dès que celui-ci eut passé le seuil des cachots. Harry, Hermione et Ginny lancèrent un regard mystérieux à Luna qui, aux dernières nouvelles, s'entendait parfaitement avec le Serpentard brun, à croire qu'ils avaient gardé les cochons ensemble.
—Il paraît que Nott a reçu une lettre de Malfoy et qu'il s'est mis à rire en la lisant, Souffla Ginny.
—Luna aussi a reçu une lettre, Dit Hermione, Une lettre apportée par la petite chouette que Malfoy avait achetée pour Alita à Pré-au-lard, juste avant leur départ, mais elle a refusé catégoriquement de me révéler quoi que ce soit quant au contenu de cette lettre…Et ça me perturbe, parce que j'ai l'impression qu'elle nous cache quelque chose d'important…
—Nott sait aussi quelque chose, Dit Harry, Mais il n'a pas l'air plus communicatif que Luna sur cette affaire, va savoir ce que ces deux-là mijotent…
—Peut-être devrions-nous persévérer et les interroger encore ? Proposa Ginny.
—Ça ne servira à rien, Dit une grosse voix.
Ils se tournèrent et virent Blaise Zabini.
—Théo est muet comme une tombe, Ajouta-t-il.
—Salut, Dit Hermione d'une petite voix…Et bien on dirait que Luna et N…Théo se sont trouvés…ça à l'air de coller pour eux! Au moins un des couples annoncés par Alita qui marche !
—Ben, moi et Ginny ça va bien aussi ! Protesta Harry.
—Enfin, je veux dire, Luna et Théo trainent souvent ensemble, comme s'ils étaient liés par un secret…
—Te fatigues pas, Hermione, Répondit Blaise, Théo n'est pas plus bavard avec moi qu'avec vous…
—Il t'a pourtant confié un secret, il me semble ?
—Oui, et ne comptez pas sur moi pour trahir un ami, même si personnellement je ne vois pourquoi il a honte de ça…
—Nott est ton ami ? Pourtant, tu donnes l'impression d'être quelqu'un de très solitaire, Souligna Harry.
—Quelqu'un qui me fait confiance et me confie un secret est un ami, Répondit simplement Blaise.
oOoOOOoOo
De retour au bungalow, Ron avait le moral dans les chaussettes. Un exemplaire d'Hygiène de l'hippogriffe trainant sur la table basse du salon lui rappela comment au sortir du cabinet du Dr Clara, Draco lui avait annoncé qu'il retournait chez Satin pour discuter encore de leur passion commune pour Emy Douçamère. Ron le soupçonnait de faire exprès pour le rendre jaloux comme lui le faisait avec Hal (inconsciemment ceci-dit).
Remus qui s'était proposé pour garder Alita vint l'accueillir.
—Tu devrais voir ce qu'elle trafique, Dit-il, J'espère que tu vas trouver un bon cadeau, parce qu'au niveau imagination, elle te bat !
Sans conviction, il pénétra la chambre de sa fille et comprit pourquoi le Draco en macaronis qu'il avait vu à midi lui paraissait si peu ressemblant : Alita entreprenait de réaliser une statue de Draco grandeur nature, et ce qu'il avait vu était juste une chaussure.
—Impressionnant, hein ? Dit Remus derrière lui.
Le Draco n'était pas entièrement constitué de macaronis mais de toutes sortes de pâtes : pennes, coquillettes, caledonis, niochis, raviolis,…de manière à donner des différences de textures. Alita était parvenue à s'en coller la moitié dans les cheveux.
—J'ai passé ma séance de baby-sitting à faire le tour du quartier pour lui trouver tout ça…Dit Remus.
—Alita, fais attention avec la glu ! T'en as partout ! S'écria Ron avant d'aller décoller tout ce qu'il put.
—Tonton Lunard m'a aidée, Minauda-t-elle, Il est allé chercher les pâtes et c'est son idée de faire le squelette avec les boîtes, comme ça, c'est plus solide !
En effet, Ron constata qu'un des flancs de Draco n'était pas encore achevé et portait l'inscription « Miracoli », de l'Italie en Espagne, c'était le summum de la latinité.
—Tu aurais du mettre des vieux vêtements pour faire du bricolage…
—Mais ils sont tous nouveaux, les vêtements que Pôpa m'a achetés !
—Ouais…va plutôt mettre une de mes vieilles chemises…Quand j'étais petit et que je voulais faire de la peinture, ma mère me faisait toujours porter une chemise de mon père…
—Vi vi !
Elle courut dans leur chambre pour chercher de quoi se confectionner un tablier de fortune. Ron lorgna la statue dont Alita n'avait pas encore pourvue de cheveux. Y penser lui rappela qu'il s'arracherait bien les siens pour trouver un cadeau.
—Tu n'as toujours rien trouvé ? Demanda un Remus compatissant.
—Non ! Et je ne vois pas ce que je peux faire ! Explosa Ron en sortant de la chambre, suivi du lycanthrope.
—J'avais aussi beaucoup de mal pour trouver des idées de cadeau pour James, Sirius et Peter…Eux, par contre, ils avaient facile : des livres ou du chocolat, et j'étais content, par contre…
—Des livres…Il y a bien cette Emy Machinchose qu'il adore, mais justement, si c'est son écrivain préférée, je risque de lui acheter un roman qu'il a déjà…en plus, trouver un ouvrage en anglais, ici, c'est pas simple, à part des classiques de la littérature moldue…
—Il y en a un ici, Dit Remus en considérant le livre dans le salon.
Il s'en sait et lut une phrase au hasard.
—« On écrit pas avec une baguette mais avec une plume… » C'est assez bien dit, ma foi…
Cette phrase avait un goût de déjà entendu. Ron se remémora une discussion qu'il avait eue avec Draco au sujet des Moldus qui écrivaient.
—Ah, voilà d'où il tenait ça, il est allé le pomper chez elle…Je me disais aussi que c'était bizarre cette tolérance envers les écrivains moldus de la part d'un Malfoy…
—Il doit alors avoir beaucoup d'admiration pour cette Emy Douçamère, s'il est prêt à se remettre en question à cause de quelque chose qu'elle a dit…Les gens ont souvent ce comportement peu rationnel envers les écrivains ou artistes qu'ils adorent…
—Béni soit l'Evangile selon Ste-Douçamère ! Dit Ron exaspéré.
Remus sourcilla.
—Tu devrais plutôt essayer de lire un de ses romans, avant de juger.
—La lecture, c'est pas mon truc ! C'est Hermione qui aime ça. Et Draco, même s'ils ne lisent pas la même chose !
—Tu as tort de raisonner comme ça. Le goût de la lecture, ce n'est pas quelque chose d'inné qui ne tombe que sur certaines personnes…en fait, je crois que tout le monde aime lire, mais que beaucoup de gens n'ont pas encore eu la chance de tomber sur le livre qui les secouera assez que pour le leur faire comprendre…Ce livre est différent d'une personne à l'autre.
Remus s'avança d'un Ron perplexe et lui remit l'ouvrage dans les mains.
—Essaie, lis-le, et tu verras bien…En plus, Draco aime, tu devrais t'intéresser à ses passions…
—Plus tard ! Répliqua Ron en reposant le livre, Je n'ai pas le temps pour la littérature capilotractée, il me faut un cadeau, dans le dossier des intérêts de Draco, c'est la priorité !
—Certes…
Remus soupira mais ils n'eurent pas le temps d'en dire plus, Alita était de retour avec une chemise de Ron particulièrement moche sur le dos.
—Bousille bien cette horreur ! Dit-il, Je ne sais même plus pourquoi je l'ai mise dans ma valise !
« Enfin si : parce que je suis pauvre et que je n'ai rien d'autre. »
—Bon, je vais vous laisser, Dit Remus.
Il prit congé d'eux, et plutôt que de s'arracher les cheveux, Ron choisit d'aider Alita à parachever son mannequin en pâtes, tout en cherchant une idée de cadeau dans le fin fond de son cerveau.
Au bout d'une heure, il n'avait rien trouvé, en revanche, la statue était presque terminée, il ne manquait plus que…
—Les cheveux ! Vi, mais ze sais pas en quoi ze dois les faire !
—Des spaghettis ? Suggèra Ron.
—Nan, c'est pas assez fin !
Cela paraissait ridicule de se préoccuper de donner des cheveux fins à une poupée géante en macaronis, mais les cheveux de Draco étant un joyau aux yeux de celui-ci, on comprenait pourquoi ce détail avait tant d'importance.
—Je ne sais pas, Avoua Ron…Mais Draco nous laisse toujours un peu d'argent dans le bocal de la cuisine si nous en avons besoin (sauf pour des friandises, bien que de mon point de vue, c'est une nécessité vitale), nous allons aller à l'épicerie et essayer de trouver des pâtes qui conviennent !
—Tu sais où c'est ?
—Ça suffit ! Mon sens de l'orientation n'est pas si pourri que ça !
C'était vrai, après quelques semaines, Ron était capable d'aller à l'épicerie du coin sans que ni Hal ni Draco ne doive le prendre par la main de peur qu'il se perde en chemin. Une fois arrivés au rayon céréales, le père et la fille se mirent frénétiquement à soulever les paquets de pâtes afin de trouver ce qui était digne de la chevelure de Draco.
—Oh, z'arrive pas à trouver, y'a plein de trucs différents, mais tous les spaghettis sont trop épais !
Ron passe sa main sur son front. Il n'était pas prêt de trouver quelque chose à offrir au cher ange blond, surtout si en plus, il fallait d'abord trouver de quoi sculpter le brushing de son effigie céréalière.
Quand soudain, il eut l'illumination :
—Il faut qu'on cherche dans les pâtes asiatiques !
—Des ramen ? Fit Alita, toujours la tête aux mangas.
—Euh…je te parle des nouilles toutes fines que les restaurants chinois mettent dans les nids d'hirondelles…tu sais, on appelle ça des cheveux d'ange !
Le regard d'Alita s'éclaira.
—Mais ouiii !
—En plus, c'est fait avec du riz, donc, c'est une meilleure couleur pour ses cheveux !
« Draco n'est pas blond comme les blés mais comme les riz ! » Ricana-t-il intérieurement en allant payer le paquet qu'il avait fini par trouver.
De retour au bungalow, ils se mirent en tâche de confectionner la coiffe du mannequin. Les nouilles étant rigides, Ron les fit cuire dans de l'eau bouillante, ensuite, ils les collèrent sur le crâne vierge et tentèrent de reconstituer avec exactitude la tignasse de l'ange blond, le rouquin éprouvant une sensation bizarre à l'idée de coiffer celui qui lui avait coupé les cheveux le matin même. Une fois, cela fait, Ron utilisa sa baguette pour les assécher dans cette position et les rendre dures. Ainsi paré, le mannequin avait acquis plus de ressemblance avec Draco, et Ron jugea vite que le visage était mal fait. Il prit alors un petit couteau de cuisine qui servait à dénoyauté les fruits et se mit à tailler dans les macaronis pour obtenir le visage ovale, le nez et le menton pointu.
—P'pa…faut pas trop que tu m'aides, sinon, il va voir que ze l'ai pas fait toute seule !
—Oui, oui…Dit Ron d'un ton distrait en façonnant les pommettes, puis les lèvres fines de Draco.
—Il assez beau comme ça, non ?
—Tiens, tiens, Dit une voix, C'est Rodin et Camille Claudel que je vois là ?
—Tonton Lunard ? T'es revenu ?
—Oui…J'ai une grande envie de Chocolate Poker !
Il s'approcha de Ron et lui remis discrètement un paquet dans la main.
—Voilà ton cadeau…J'ai offert ça à Sirius une fois, et il avait aimé…
—Merci.
« Existe-t-il un Saint-Remus ? Que j'aille allumer un cierge pour lui à la chapelle la plus proche ! »
C'est à ce moment-là que Draco arriva, sourire aux lèvres du moment passé avec Satin.
Je poste rapidement ce chapitre, et puis je vais dormir, car demain, je dois me lever tôt puisque je part en Croatie...A dans quelques jours, mes choupinet(te)s!
