Pfiou, il en a mis du temps, à se laisser écrire, ce chapitre!
Troisième partie : The Burrow
Chapitre seize : Histoires de lits
La chambre de Ron était située le plus haut possible. Le Terrier étant déjà suffisamment branlant, cela n'avait rien de rassurant d'en plus être logé sous le toit, les charpentes en bois semblaient avoir été posées là il y a dix siècles. Draco reconnut quand même que c'était moins terrible que ce qu'il avait imaginé, à savoir, un toit en torchis posé sur des murs en brindilles attachées avec des nœuds à la « Chinchilla Futé de la Patrouille des Castors ». Les Canons de Chuddley recouvraient les murs et c'était une bonne idée tellement le papier peint était affreusement délavé.
Trois lits étaient aménagés, dont deux côte à côte, parfaitement identiques, sûrement dupliqués par magie pour recevoir un invité. Il se coucha sur l'un d'eux, pour tester le confort. Ce n'était pas mal, songea-t-il, c'était même très agréable, la souplesse du matelas, l'odeur des tissus…Draco se laissa tout doucement engourdir.
Ron arriva brusquement, avec les bagages.
—Ah, tu es sur mon lit…
—Ton lit ?
—Oui, l'autre est une copie magique, mais celui sur lequel tu es, c'est l'original, celui où j'ai l'habitude de dormir…Tu apprécies, on dirait ?
—Ouais…
Ron posa les valises et commença à s'installer.
—Mais euh…tu prends celui-là ?
—Ben euh, oui…je t'ai dit que j'avais l'habitude d'y dormir…pourquoi tu veux ce lit-là ?
—Je sais pas…
Draco se plaça alors dans l'autre lit et fit une grimace.
—Celui-là est moins bien !
—Mais ce sont les mêmes !
—Ah, je sais pas pourquoi, mais le tien à l'air mieux !
—Bon, si tu veux, on échange, mais je ne vois pas ce que ça fait…
—Non, non, ça va, je suis pas un gamin !
—Alors, pourquoi tu…
—Laisse tomber ça, d'accord ?
—Ok…
—Tiens, y'a un bouquin sur la table de nuit.
—Hein ? C'est pas à moi, montre !
—C'est un album de photos…et ce sont des photos moldues, elles ne bougent pas…
Ils s'assirent l'un à côté de l'autre et se mirent à regarder ensemble les photos.
—Et mais, je le reconnais lui, c'est Mr Granger ! Et là c'est sa femme…
—Ils sont à la montagne, on dirait…il y a de la neige partout…
—Tiens, voilà Hermione…elle est habillée bizarrement…
—Pourquoi elle a des lunettes de soleil, c'est en hiver ? Et c'est quoi les longs machins qu'elle a en-dessous de ses pieds avec ses drôles de chaussures ?
—Ah, je sais, elle m'a expliqué une fois : ce sont des skis.
—Des quoi ?
—Des skis, c'est un sport moldu. Hermione en fait avec ses parents pendant les vacances de Noël.
—Un sport ? Ça consiste en quoi ?
—Je sais pas vraiment, les sports moldus sont tous bizarres, là, je crois que le but, c'est de s'attacher des planches au pieds— les skis— et de tomber dans la neige…
—C'est complètement crétin !
—Je trouve aussi. Tiens, Hermione s'est mis du rouge à lèvres blanc…
—C'est très moche. Oh, sur cette photo, il y a ses skis, mais elle, on ne la voit pas…
—Je crois que c'est l'immense boule de neige derrière…regard, on voit la pointe de son bonnet là, avec le pompon…
—Et sur celle-ci, elle est les quatre fers en l'air et elle a de la neige dans la bouche…c'est vraiment étrange, ce sport…ne me dis pas qu'elle s'éclate à faire ça ?
—J'en sais rien…wouah, t'as vu, sur la suivante, elle fait le grand écart ! Je ne savais pas qu'elle en était capable !
—Elle a pas l'air heureuse, par contre, t'as vu son visage, on dirait qu'elle souffre !
—Oh, et là…c'est aussi un sport en duo : Hermione et sa mère sont toutes emmêlées !
—Il y en a une qui a perdu un ski et…
Il n'eut pas le temps d'en dire plus car l'album leur fut ôté des mains pour dévoiler le visage furieux d'Hermione.
—Oh, ça va, arrêtez de vous moquer ! C'est pas ma faute si mon père a voulu m'humilier en photographiant mes gamelles, pour que j'en rie avec nostalgie plus tard, a-t-il dit…
—Hermione, je ne te savais pas si douée ! Dit Ron avec un air sincèrement admiratif.
—Quoi ?
—Je ne comprends rien au ski, Continua le rouquin, Mais ces photos ont l'air de dire que tu es une pro, comment tu fais toutes ces figures bizarres ? Ça doit faire mal !
—C'est vrai que tu as l'air douée, Reconnut amèrement Draco, Mais à mon avis, c'est un sport vraiment débile, ce qui explique tout !
Hermione esquissa un sourire et bénit la naïveté des sorciers de souche face au monde moldu. Elle s'assit à côté de Ron et leur montra la suite de l'album.
—Le type habillé en rouge, c'est un moniteur. Et là, c'est moi sur le tire-fesses…
—Tire-fesses ? Dit Ron incrédule devant le nom de la chose en métal qu'Hermione avait entre les jambes.
—Ça à l'air d'être un truc dégoûtant ! Dit Draco.
—Mais non, c'est pour remonter les pentes !
—Ce serait plus facile d'utiliser ta baguette…
—Ouais, un sortilège de Propulsion.
—Vous êtes bouchés, ou quoi ? Il y a des Moldus partout ! Et là, ah oui, là, on ne skie plus, on est à une dégustation de saucissons et de genépi…
—Qu'est-ce que cet album foutait dans ma chambre au fait?
—Je l'avais passé à Harry, il a du l'oublier en déménageant chez Ginny…
—Quoi ? Il a dormi ici ?
—Ouais, les lits étaient déjà dupliqués, alors il a dormi dans la copie, par habitude, je suppose…
Soudain, Draco bondit, comme s'il s'était assis sur un cactus et s'éloigna du lit en frottant ses bras comme pour les débarrasser de germes maléfiques.
—Tout compte fait, Ron, je prends ton lit ! Hors de question que je dorme dans les mêmes draps que Potter ! A moins que ta mère ait tout lessivé avant qu'on arrive…
—Non, Expliqua Hermione, Nous ne sommes ici que depuis les derniers jours de juin, pas la peine de les laver si tôt, et arrête, Harry n'est pas sale…
Elle stoppa devant le regard noir de Draco, comprenant que cela ne servait à rien de discuter, il était trop buté.
—Et tu acceptes quand même de dormir dans le lit de Ron…mais pas celui de Harry ? Poursuivit-elle.
—Ben, on Espagne, on partageait un lit à deux…Dit le rouquin.
Les yeux d'Hermione brillèrent.
—Oh, mais il ne s'est rien passé, hein ! On était obligés pour Alita, tu vois ?
—Oui, oui…Bégaya-t-elle.
—Il faut que je prenne une douche ! Lança Draco en prenant la porte à toute vitesse, Je suis plein de microbes balafrés !
Ron et Hermione restèrent seuls. Il eut un sourire triste.
— Ça va ?
—Oui, oui…
—Et tes ASPICS ? Sur les chapeaux de roues, je suppose ?
—Ouais…
Elle étira sa bouche comme si elle se forçait d'avoir l'air heureuse.
—Harry aussi ?
—Je crois…Et toi, l'Espagne ?
—C'était super ! Je me suis fait un pote.
—Oui ? C'est génial, ça !
—Il s'appelle Hal, il m'a appris à parler espagnol et à jouer de la guitare, même si je suis pas vraiment doué, c'est aussi un pervers qui courre après les filles, mais personne ne le croit complètement quand il affirme ne pas aimer les garçons aussi…
—Ah, ouais…
—Draco ne peut pas le sentir, même qu'une fois, il l'a enfermé dehors…Hal surnomme Alita «Lilita». D'ailleurs, il m'a expliqué que « Alita », ça veut dire « petite aile »…
—C'est mignon !
—N'est-ce pas ?
—Ah, au fait, tes piercings, c'est…
—Tu trouves ça vulgaire ?
—Oui, un peu, mais ça ne t'enlève pas ton…enfin, tu es toujours aussi…
Ils se sentaient tous les deux très gênés. Ron eut le malheur de parler du sujet qui fâche :
—Et Zabini? Tu t'entends mieux avec lui ?
—Non. Je ne lui parle pas beaucoup, voir pas du tout, et puis…je…tu…
Elle détourna le regard. Pris d'affection, il lui releva le menton du bout des doigts.
— Hermignonne…Je sais ce qui te tracasse, et ça me fait de la peine que tu sois dans cet état…Mais il faut tourner la page et aller de l'avant…
Soudain, Hermione agrandit ses yeux comme si elle avait une révélation, Ron fronça les sourcils, ne comprenant pas. Sans plus, elle prit son visage dans ses mains et l'embrassa avec tendresse.
—Wow, wow, wow ! Fit Ron en la repoussant…Hermione…tu sais bien que…
—Je sais ! Dit-elle, pleurant presque, C'est juste qu'avant que tu...je voulais savoir ce que ça faisait…c'est tout…
—Hermione, je ne dis pas ça pour te blesser, mais c'est mieux que tu le saches avant d'aller plus loin : je ne t'aime plus !
Même s'ils ne s'étaient jamais déclarés l'un à l'autre, ils avaient toujours su plus ou moins qu'il y avait quelque chose.
—Ah…tu…
—Désolé d'être si brusque, mais je crois que plus j'aurais tardé à te le dire, plus tu aurais souffert…
—Et bien…
Elle se tut et ils tournèrent la tête sur le côté, ayant entendu un bruit.
Draco se tenait dans l'encadrement de la porte, pâle comme la mort. Ron rougit jusqu'à la racine de ses cheveux. Hermione se leva et alla se camper devant le blond avant que celui-ci n'ait ouvert la bouche.
—Juste au cas où tu n'aurais pas vu la scène dans son intégralité, c'est moi qui lui ai sauté dessus…ne te méprends pas là-dessus, Malfoy…
—Et pourquoi embrasses-tu mon mari ?
—Ton mari ? Répliqua-t-elle, Ron, montre un peu tes mains ?
Le rouquin s'exécuta, étonné.
—Je ne vois aucune alliance ! Fit remarquer la jeune femme, Par conséquent, il n'est pas ton mari ! Et au fait, je lui ai peut-être sauté dessus mais il s'est laissé faire !
Elle le dépassa et sortit de la chambre, son album de photos de ski sous le bras.
—Parce que j'étais sous le coup de la surprise ! Se défendit Ron une fois qu'elle eut disparu.
—Je n'en doute pas, Dit Draco qui ne donnait pas du tout l'impression d'être convaincu.
Ils se toisèrent en silence. Ron se sentit très mal à l'aise, comme un enfant se faisant gronder par un de ses parents. Il se demanda comment Draco réagirait en apprenant qu'il avait aussi embrassé Hal — parce que Draco l'apprendrait tôt ou tard, c'était une certitude.
—Je croyais que tu étais parti te laver?
—J'ai bêtement oublié mon nécessaire de toilette…
Il commença à fouiller dans sa valise.
—De toutes façons, je m'en fous ! Dit-il.
—Ouais, tu ne m'aimes pas, donc…
—C'est pas con, son idée, à Granger, tiens…
—Hein ? Quelle idée ?
—De te passer la bague au doigt.
—Quoi ?
—Ouais.
Draco sortit alors une trousse qui lui servait de boîte à bijoux qui aurait fait efféminé chez tout autre mâle, mais qui faisait tout simplement classe chez lui.
—T'es sérieux ? S'alarma Ron, Tu n'es pas obligé de prendre au pied de la lettre ce qu'elle…
—Celle-ci te convient ?
—Euh…
—Tu préfères celle-là ? Ou celle-là ?
—Beuh...choisis-en une pas trop moche, une discrète…
—Aucune de mes bagues n'est moche ! Et sois heureux de porter un truc fait sur mesure pour moi à la base…
—J'ai aucune envie de ressembler à un bourge fashion !
—Tu ressembleras toujours à un bouseux quoi qu'il arrive, y'a pas de risque…Tiens, je vais te donner celle-là…
—C'est celle que tu aimes le moins ?
—Non, mais je crois qu'elle t'ira le mieux, allez, donne ta main…
—Je peux l'enfiler moi-même !
—Donne ta main !
Ron soupira et lâcha, plein de cynisme :
—Oui, je le veux !
Draco lui prit la main gauche et lui glissa un anneau d'argent à l'annulaire.
—Argent massif, Précisa Draco, Je viens d'augmenter ta valeur d'environ 500 %, mon pauvre petit Weasley démuni !
—Appelle-moi encore une fois comme ça et pour récupérer ta bague, il te faudra l'aide d'un proctologue, vu que je te l'aurai enfoncée profondément dans...
—Et ben, maintenant, je suis sûr que Granger ne t'embrassera plus! Coupa Draco.
—Mouais…C'est pas vraiment pareil les baisers de filles et les baisers de garçons…
—Comment peux-tu comparer ? Tu n'as jamais embrassé de garçon !
—Ah, euh… oui… mais j'imagine ce que ça fait…
Ron trouva son mensonge vraiment énorme, mais Draco sembla le gober et partit vers la salle de bain avec ses affaires de toilettes. Il croisa Harry dans le couloir, ce qui lui arracha un «beurk» au passage. Le binoclard pénétra alors la chambre de son ami.
—Il a pas changé à ce que je vois…
—Pas beaucoup, Admit Ron.
—On dirait qu'il est allergique à moi...Par contre, toi…
—C'est parce qu'on a passé plus d'un mois ensemble, alors nos systèmes immunitaires se sont adaptés…je fabrique des anticorps malefoyens à présent, c'est pour ça que j'arrive à rester calme quand il est dans la même pièce que moi…
—C'est quoi cette bague ?
Ron se mit à rougir et à rire nerveusement.
—Ça ? Et bien, figure-toi que je viens de me fiancer…Il me l'a offerte juste avant que tu arrives…J'étais obligé de l'accepter…
—Et ben…Ah, je voulais te dire que ta fille a découvert le framboisier dans le jardin et qu'elle est entrain de tout dévorer…
—Oh, non, S'alarma soudain le rouquin, Elle n'aura plus faim si elle mange maintenant…et peut-être qu'elle va être malade !
Il se leva précipitamment et partit en courant, criant «Aliiitaaaaa, ne mange pas trop de framboooiiiiiiiiseeees ! »
—Ah, l'instinct paternel…ou maternel, Murmura Harry avant de rire tout seul.
oOoOOOoOo
Draco descendit quelques instants plus tard, en pestant contre la salle de bain des Weasley qui était déjà parvenue à le dégoûter. Premièrement, elle était petite, deuxièmement, le verrou était cassé, troisièmement, les WC étaient trop rapprochés de la baignoire, et quatrièmement, Charlie était entré pour se soulager, sans se soucier de Draco qui barbotait à quelques mètres de lui, prétextant qu'il avait l'habitude de faire ça avec ses frères. Draco espéra qu'il retournât vite en Roumanie, mais n'osa pas le contredire, surtout après avoir lorgné sa musculature impressionnante sous sa peau pleine de brûlures de dragons.
Ce fut de mauvaise humeur qu'il descendit les escaliers du Terrier. Il ne faisait pas aussi chaud qu'en Espagne, mais une ambiance douce régnait dans la maisonnette, décorée par des teintes chaudes: jaune, orange, rouge — ce qui lui fit bizarrement penser aux cheveux de Ron — ainsi que le brun foncé du bois qui composait les charpentes visibles. Le Terrier était une maison étriquée, mais il y régnait une chaleur et un bien-être, un peu comme un feu crépitant dans une cheminée par une soirée d'hiver. Les murs étaient parsemés de cadres et de photos des Weasley et de leurs amis. Une maison où il fait bon vivre, en somme.
Malgré cela, il préférait le Manoir Malfoy, plus spacieux, plus froid, mais c'était chez lui, tout simplement, il y avait passé toute sa vie et c'était comme si les pierres des murs avaient absorbé ses souvenirs. Il se demanda si Ron ressentait la même chose pour le Terrier. Sans doute que oui.
Il arriva en bas et surpris un oursin noir entrain de converser avec un buisson brun à travers une fenêtre entrouverte. Il lui apparut vite que c'était Potter et Granger, il les rejoignit dehors et vit qu'ils scrutaient Ron qui cueillait des framboises pour les mettre dans un panier, ayant décidé Alita à arrêter de les manger.
—Tu ne trouves pas qu'il a bronzé, quand même ?
—Les roux peuvent bronzer ?
—Ben, apparemment, il est plus brun qu'avant, et ses taches de rousseur ressortent…
—Ou alors, il en a tellement que quand elles se touchent ça fait du bronzage, non ?
—Ron a bel et bien prit le soleil, Intervint Draco, soûlé par ces idioties, Et maintenant, il est plus caliente…
—Caliente ? Ça veut dire quoi ?
—Euh…Laissez tomber…
—C'est un mot espagnol, il me semble, dit Hermione, Mais je ne parle pas cette langue.
—Je pense que je l'ai déjà entendu quelque part, Dit Harry.
—Dans une chanson de Ricky Martin ?
—Sans doute, Admit le binoclard, penaud.
Il inspira et reprit :
—Alors, Malfoy, ces vacances, c'était bien ?
—Occupe-toi de ton cul, Potter !
—C'est pas la peine d'être désagréable !
—Vous avez assisté à une corrida ? Demanda Hermione.
—Non, l'Espingouin est contre la tauromachie, il préfère nous emmener regarder sa mère jouer au théâtre à poil !
Harry et Hermione le regardèrent, interloqués, ne sachant pas sur quelle partie de cette phrase ils allaient le questionner d'abord.
—Tu dis ça, mais tu aimes beaucoup Satin, Dit Ron qui les avait rejoints en douce, panier à framboises à la main, Même que tu n'arrêtais pas de te barrer chez elle pour causer de votre écrivain…
—T'as un problème avec Emy ? Lui répliqua Draco.
—Non, j'ai bien aimé le livre que j'ai lu mais…
—Tant mieux, car je te rappelle que la Foire du Livre Sorcier, c'est demain, et j'y vais, avec ou sans toi !
Hermione voulut en placer une, mais on ne lui en laissa pas l'occasion.
—C'est qui, l'Espingouin ? Demanda Harry.
—Le nouveau meilleur ami de Ron, Assena impitoyablement Draco en regardant Harry d'un air méchant.
—Harry restera toujours mon meilleur ami ! Corrigea Ron, même si maintenant, il y a aussi Hal dans le décor !
—Hal…
—Oui, Hal Machaca, un Espagnol très sympa que nous avons rencontré à Azucar Culebra.
—« Machaca » signifie « casse-couilles » en espagnol, Précisa le blond. J'aimerais que Potter le rencontre, ça risque d'être intéressant…
—Ça arrivera certainement un jour, Fit remarquer Ron, Alita le connaît, et donc…
—Même que Ron travaille avec lui, mais on ne sait toujours pas à quoi…
—Malfoy ! Dit Ginny en arrivant brusquement derrière eux.
Il se retourna et elle lui colla un papier sur la figure :
—J'ai établi ton plan de travail, Dit-elle.
—De quoi ?
Il lorgna la fiche : c'était un semainier avec des tâches ménagères à accomplir. Il leva les yeux vers sa future belle-sœur qui affichait un sourire de triomphe.
—Je ne sais pas très bien comment ça fonctionne chez toi, mais ici, sache que chacun fait sa part de boulot, et comme j'imagine que chez toi tu n'en fous pas une, je t'ai préparé ton emploi du temps du mois, comme ça, tu sauras quoi faire…
Draco jeta un œil à ce qu'elle avait écrit : des travaux de nettoyage dans l'ensemble.
—Pas de cuisine ? S'enquit-il.
—Tu plaisantes ? On ne te laissera pas cuisiner pour nous, tu feras la vaisselle et le ménage, comme tout le monde!
—Draco est plus à l'aise avec la préparation des repas, Glissa Ron.
—Comment vous organisiez-vous en Espagne ?
—Ben, il cuisinait, et moi je faisais le ménage…
—Quoi ? S'insurgea Ginny en se tournant vers le blond, Tu as laissé mon frère se taper tout le boulot ? C'est pas vrai, espèce de Malfoy ! Mets-toi dans le crâne que les Weasley ne sont pas tes esclaves, Ron n'est pas ta bonniche et…
—Tata Dzinny ! Pôpa ! Regardez, z'ai plein de framboises !
Ginny changea automatiquement d'humeur en voyant Alita , son panier, et son sourire barbouillé de jus de fruit.
—Vous zallez faire plein des pâtisseries aux framboises avec Mamie Momo ?
—Oui, ma poupée, Dit Draco en souriant.
Ginny soupira :
—Bien, si telle est la situation, va aider ma mère à préparer le dîner, Dit-elle à contre-cœur.
Devant son regard accusateur, Draco sentit qu'il n'avait d'autre choix que de rejoindre Molly sans tarder. Alita le suivit pour apporter le résultat de sa cueillette et de celle de Ron à sa grand-mère. Le trio resta seul avec Ginny.
—T'es un peu rude, Lui dit Ron.
Elle sourit, et agit comme si son frère n'avait pas du tout changé et était le même qu'avant son départ pour l'Espagne.
—Bah, je crois que les Malfoy ont besoin de quelques leçons, non ? Il est clair qu'il n'a jamais fait les corvées ménagères de sa vie, et il est grand temps de le lui apprendre…D'ailleurs, je suis étonnée que tu te sois laissé faire, Ronnie…Pourquoi tu n'as pas fait preuve d'un peu plus d'autorité avec lui ?
Ron sembla mal à l'aise. La vérité était qu'il était ravi d'avoir déjà obtenu que Draco fasse la cuisine, et même si au départ, le manque d'implication du Serpentard dans la tenue du bungalow l'avait énervé, il avait fini par s'habituer et pour finir leur arrangement lui semblait équitable : Draco gérait les comptes, faisait les courses et cuisinait, et Ron s'assurait que chaque pièce restait bien nette, qu'on mangeait dans de la vaisselle propre et qu'aucune créature mutante n'avait élu domicile dans les toilettes. Il tenta d'expliquer aux autres qu'obtenir un tel équilibre dans un ménage formé d'un Weasley et d'un Malfoy tenait déjà du miracle et qu'il était prêt à s'en contenter.
—Soit ! Admit Ginny, Mais ne te laisse pas marcher sur les pieds !
—T'inquiète, sœurette, je sais le remettre à sa place quand c'est nécessaire.
—Tu sembles mieux t'entendre avec lui, Dit froidement Harry.
Le binoclard tirait une drôle de tête, celle que Ron avait l'habitude de voir quand celui-ci découvrait quelque chose de contrariant, avec les yeux qui semblaient lancer de l'énergie par les iris, comme s'il essayait de briser les verres de ses lunettes par concentration mentale.
Ron se demanda pourquoi. A la limite, il aurait pu comprendre un tel comportement s'il s'était définitivement mis avec Draco — à sa place, il aurait sans doute réagit de la même manière, et même Hermione n'aurait pu l'empêcher de dire tout haut ce qu'il pensait de Malfoy — mais là, ce n'était même pas le cas.
Après quelques instants de réflexions, il en conclut que tout simplement, ses amis n'avaient pas passé de vacances de plus d'un mois en Espagne avec Draco Malfoy, et qu'ils n'avaient donc pas développé d'immunité à son instar. Contrairement à lui, ils ne s'étaient pas faits à l'idée que Draco faisait partie de leur existence aussi fortement.
C'était un peu comme ces expériences scientifiques sur les souris blanches : Ron était la souris A, celle à qui on avait injecté du malfoyate de draconium pour voir comment elle réagissait. Harry, Hermione et Ginny étaient des souris B, les souris témoins à qui on n'injectait rien pour mieux constater les différences avec la souris A.
Du coup, il se demanda, face à leurs réactions : à quel point avait-il changé ?
oOoOOOoOo
Molly maintint son sourire tant qu'Alita fut là: quand la petiote déposa son panier en gazouillant qu'il fallait en faire de la confiture de framboise, quand Molly lui essuya sa frimousse barbouillée avec un chiffon humide. Ensuite, elle s'en alla jouer dehors et laissa à sa grand-mère le loisir de toiser Draco un peu plus sévèrement.
—Oui? Que veux-tu? Demanda-t-elle avec un sourire forcé, mais bienveillant.
—Je viens vous aider à la cuisine, Dit-il timidement.
Sourire disparu.
—C'est tout ce que je sais faire pour aider aux corvées! Se défendit-il, Et puis, j'ai cuisiné pour Ron et Alita en Espagne et ils ne se sont pas plaints...Je suis supposé devenir restaurateur plus tard, il faut donc que je pratique et...
—C'est bon, c'est bon...Maugréa-t-elle.
Draco en fut à moitié soulagé. Peut-être qu'elle s'en contenterait, comme Ginny quelques instants plus tôt, qu'elle ne lui demande que de cuisiner, pas de travailler au ménage...Sauf que Ron ne savait pas cuisiner et était donc ravi de le laisser s'en charger, alors que Molly avait une réputation d'excellente cuisinière pour ce qu'il en avait entendu. Laisserait-elle un novice dans son genre empiéter sur ses plates-bandes? De plus, il était bien connu que les belles-mères mettaient un point d'honneur à engager une compétition culinaire avec leurs brus (ou gendre, en l'occurrence) pour s'assurer que leur fils chéri préfèrerait toujours la cuisine de Maman. Molly percevait-elle les choses ainsi?
—Ceci dit, je pense avoir encore beaucoup de choses à apprendre, Nuança-t-il, Vous avez beaucoup plus d'expérience...
Voilà, c'était ça, il fallait plutôt compter devenir son apprenti. Après tout, ne voulait-elle pas que Ronnie-chéri-à-sa-maman mange bien où qu'il soit? Elle devait s'assurer que Draco soit bien capable de prendre le relais, non?
Elle sembla apprécier qu'il prenne cette initiative.
—Je ne te demanderais qu'une seule chose, Dit-elle, Ne me bassine pas à dire que la cuisine française est meilleure que la nôtre, c'est peut-être pas faux, mais qu'est-ce que Fleur peut m'énerver avec ça! C'est à croire qu'avant de l'épouser, Bill n'avait jamais mangé que des immondices!
Elle sourit carrément et Draco devint plus serein.
—J'aime bien la cuisine française que je trouve particulièrement raffinée, Dit-il, Mais je pense que chaque pays produit une cuisine avec un parfum particulier et que c'est un peu idiot de comparer...en fait, pour chaque cuisine, il faut posséder assez d'art et de savoir-faire pour en faire ressortir le meilleur.
—J'aime ta façon de penser, Admit-elle, Mais ne sous-estime jamais la puissance de la saveur britannique! Peu de gens parmi les étrangers sont capables de l'apprécier et certains vont même jusqu'à dire que nous mangeons des choses franchement "dégueulasses", mais ils ont torts!
—J'avoue que je m'y connais mieux en cuisine espagnole, il faut dire que j'ai commencé mon apprentissage avec ça.
—Et bien, revenir à tes origines ne te fera pas de mal...Pour la cause, ce soir, nous feront le traditionnel roast-beef avec une sauce à la menthe! Tu sais quoi? Il paraît que les Américains et les Européens du continent font des grimaces rien qu'à l'entente du nom...ils ne savent pas ce qu'ils ratent! Et on va le leur prouver ce soir!
oOoOOOoOo
Draco mit beaucoup de cœur à l'ouvrage, cuisiner avec Molly était plus agréable que de se faire hurler dessus par Rocío. Malheureusement, ses efforts furent gâchés par Ron qui avala son plat sans émotions, comme il aurait englouti un vulgaire hamburger dans un fast-food, et ne fit aucun commentaire comme "Hum, c'est très bon, merci Draco et merci Maman de nous avoir mitonné ce succulent repas!". Draco considéra que Ron ne faisait vraiment pas attention aux gens qui cuisinaient pour lui, surtout quand il se leva de table sans en avoir demandé la permission et alla discuter au salon avec son père, ses frères et Harry.
—Et oui, Dit Molly en tapotant l'épaule de Draco, Les hommes sont des ingrats, ils ne se rendent pas compte des efforts qu'on fait pour eux!
« Les hommes », Songea Draco, « Super, je suis en phase de devenir la bru dont elle a toujours rêvé... »
Alita, en revanche, n'était pas radine sur les éloges, et Molly lui ébouriffa affectueusement les cheveux.
—Et comme tu as bien fini ton assiette, ma chérie, tu auras droit au dessert que Draco et moi avons fait avec de la crème et les framboises que tu as rapportées!
—Super! Z'adore les desserts!
Ron refit soudain son apparition à l'entente du mot "dessert".
—Du dessert? Où ça?
—Ah, tu te rappelles qu'on est là? Dit froidement Draco.
—Tu as un estomac à la place du cerveau, Ronald, Dit sa mère.
—Mais tu fais de tellement bons desserts! Répliqua Ron en rougissant.
—Ben, c'est gentil de nous le faire savoir, ça change!
—Mais qu'est-ce que vous avez? Qu'est-ce que j'ai dit de mal? Ajouta-t-il devant les regards en biais de sa mère et de son « mari ».
—Ah, les hommes, Soupira Molly, On les contrôle avec leur estomac!
—Ah bon? Dit Alita, Moi ze croyais que c'était pas avec leur estomac qu'on les contrôlait, mais avec leur...
—Merci ma poupée, on a compris!
On alla chercher le dessert en question, qui fut aussi bon qu'il le laissait suggérer. Ensuite, tout le monde alla s'installer au salon avec un verre de vin apporté par Fleur. Ron et Alita racontèrent toutes leurs vacances en Espagne avec beaucoup d'entrain, Draco étant plutôt réservé à ce sujet. Bien sûr, l'étrange attirance entre Ron et Hal fut tue, ainsi que les séances chez le Dr Clara. L'intervention des trois espions de Dumbledore fut beaucoup plus drôle à narrer, et Harry manqua de s'étrangler avec son vin en apprenant que son parrain sortait avec « l'affreux Rogue des cachots », mais il tenta de ne pas montrer son étonnement pour qu'Alita ne soit pas décontenancée. Cette dernière parla beaucoup de son P'pa et de Hal qui jouaient de la guitare et elle demanda même ce qu'était devenue la guitare électrique de Ron. Devant cette nouvelle révélation, les deux pères bredouillèrent qu'elle était cassée mais qu'ils allaient en acheter une neuve (enfin, que Draco allait en acheter une neuve pour Ron, toujours plus fauché que les blés. Draco, qui se demanda si le mystérieux métier de Ron et Hal ne consistait pas à être une bande de rockstars dépravées, ce qui était à peine mieux que le scénario des acteurs pornos).
Après que les jumeaux aient fait leurs zouaves pour amuser la galerie, ils s'en furent au lit, Draco dans celui de Ron, qui apparemment était mieux.
oOoOOOoOo
Un rayon de lumière vint se poser sur les paupières de Draco, filtrant à travers le rideau, et celui-ci se réveilla.
—T'es réveillé, Pôpa ?
Draco ouvrit complètement les yeux, se les frotta, s'étira et se redressa.
—Ouais…bien dormi ?
—Oui, et toi ?
—Comme un loir ! Il est très confortable, ce lit…
Alita sortit de son propre lit et alla se glisser sous les draps de Draco, se pelotonna contre lui.
—C'est vrai, qu'il est bon, le lit de P'pa, Dit-elle avec délice. Mais pourquoi tu n'es pas allé dans l'autre ? C'est pas lui qui va dans celui-là, d'habitude ?
—Si, mais celui-là est mieux, je ne sais pas pourquoi…
Alita se déplaça dans le lit-copie, où Ron ronflait toujours.
—C'est vrai qu'il a l'air moins bien, Admit-elle.
—Ah, toi aussi tu le penses !
—Ça doit être à cause l'odeur, ze pense…
—L'odeur ?
—Ben, ouais, l'odeur de P'pa est dans son lit, et c'est une odeur que z'aime bien…y'a l'odeur de Tonton Super-Harry dans l'autre, et z'aime moins…mais maintenant que P'pa a dormi dedans, il va y avoir son odeur aussi…
Draco fronça les sourcils. Comment ça, l'odeur de Ron imprégnait le lit et le lui rendait plus agréable ? Comment Alita l'avait-elle détectée ? Les femmes avaient un odorat plus fin, certes, mais bon…
L'odeur de Ron lui faisait plaisir ? Alors que celle de Potter le répulsait ? L'origine du problème était donc chimique ?
Alita devait trouver l'odeur de son père plus rassurante que celle de son oncle, c'était normal, mais en ce qui le concernait lui, Draco ? Il préférait vraiment les fragrances qui émanaient du rouquin à celles du balafré ? Cela devait être du au fait qu'ils venaient de passer plus d'un mois ensemble, il s'y était donc habitué, la voilà l'explication !
—A propos d'odeur, je vais me brosser les dents, Dit-il, Pas envie qu'on me surprenne avec une haleine du matin…
Il se leva et fila hors de la chambre, alors que Ron émergeait du sommeil à son tour.
—Salut, princesse, Murmura-t-il en se redressant.
—Bonzour, bien dormi ?
—Pas tellement, je ne sais pas pourquoi, mais ce lit est moins confortable que le mien, alors que ce sont exactement les mêmes…
—Ton lit est meilleur ?
—Ouais…
Se rendant compte de l'absence de Draco, il en profita pour se recoucher, mais dans le lit que celui-ci avait occupé.
—Définitivement, ce lit à quelque chose de mieux que l'autre, Dit-il alors qu'Alita se lovait contre lui comme elle l'avait fait avec Draco quelques instants plus tôt. Ouais, il sent meilleur, on dirait.
Il sourit d'un air béat alors qu'il enfouissait son nez dans l'oreiller jonché de quelques cheveux blonds laissés par Draco. Draco qu'il n'avait jamais pu sentir.
Et voilà, j'avoue que ce chapitre ne m'emballe pas moi-même, j'ai vraiment l'impression que il est là pour du "remplissage". C'est peut-être pour ça que je n'étais pas particulièrement motivée pour l'écrire. Le suivant, ce sera différent, il s'y passe plus de choses, vous devinez déjà que s'ils vont à la Foire du Livre Sorcier, vous aurez droit à Emy Douçamère, et à Draco en admiration devant elle...mais pas seulement!
