Petit jeu à la con : trois références à des sagas MP3 sont cachées dans ce chapitre sans la moindre subtilité. Si tu les trouves, tu gagnes un chocolat virtuel !


Chapitre dix-huit : Toc Toc

« Mi amor de pelo de fuego,

Tu peux imaginer l'euphorie dans laquelle je fus plongé quand ton hibou nain est venu frapper à ma fenêtre avec son petit bec. Je lui ai donné du rhum pour le féliciter d'avoir accompli un si long trajet. Tu m'as écrit une lettre, je suis un homme heureux ! Oh, Ron mío, tu me manques déjà !

Je suis très content d'apprendre que tu ne m'oublies pas, que tu me tiens au courant de tout, et surtout, voilà que tu m'annonces que toi et moi allons être guitariste et bassiste dans un groupe ! Il m'a l'air sympa, Cius, d'après la description que tu m'en as fait. Ah, un groupe de rock, j'espère qu'on va cartonner et avoir plein de gonzesses à nos pieds ! Je me demande quel est notre nom de scène…Et j'espère que Neis est mignonne, aussi, et qu'elle se change en même temps que nous en tournée, faute d'assez de vestiaires, comme ça, on peut la mater en sous-vêtements !

Chez nous, rien de neuf sous le soleil, mis à part que la charmante présence de Tonks me manque également. Heureusement qu'il me reste Evelina, qui regrette toujours autant de ne pas avoir pu vous psychanalyser à fond. Ma mère est très contente que Draco lui a ait envoyé tous ses livres dédicacés par Emy Douçamère, elle n'arrête pas de s'en vanter au théâtre, et son amie Anna (celle qui jouait Elvire) en est presque jalouse.

Et Lilita va bien, tout est parfait alors…enfin presque, il manque juste que ton délicieux blond accepte de t'accueillir dans son c…œur !

Et ton idée de piment mexicain trempé dans du wasabi, je te conseille de l'oublier, ça doit te dissoudre la bouche, un truc pareil ! Par contre, tu pourrais suggérer à Draco de confectionner des sushis avec du riz parfumé au safran, ce serait original, non ?

Je vais devoir en rester là, car Abuela s'est mise à aboyer à propos de je-ne-sais-pas-quoi qu'il faut que je fasse immédiatement sinon elle va me casser les doigts.

Hasta pronto, mi pelirrojo querido

Hal

PS : C'est qui le plus beau entre moi, Cius, ton blondinet et Harry Butter ? C'est moi, hein ?

Draco jeta la lettre à Ron.

—Ah, merci de me laisser enfin lire mon propre courrier ! Grogna celui-ci en s'en emparant.

Il commença à lire :

—Ah ouais…effectivement, il démarre fort…ah, c'est pour ça que Coq est devenu alcoolique…regarde-moi ça, il veut que je lui mette du whiskey dans son bac à eau, maintenant…oui, moi aussi je suis étonné à l'idée de devenir…ouais, ça c'est une bonne question…oh, Hal, t'es vraiment un pervers, Neis est supposée être appréciée pour sa voix et non pas pour…ouh, là je comprend que ça ait mis Draco en rogne…ouais sushi au safran, on testera, pour voir…aïe, ça doit faire mal de se faire casser les doigts…euh…suis-je vraiment obligé de répondre à la question du post scriptum ?

Il leva les yeux vers Draco qui fulminait encore alors qu'il lisait le mot de remerciement de Satin.

—La prochaine fois, tu n'ouvres pas mes lettres ! S'indigna Ron qui redoutait qu'un jour Hal n'y parle de leurs échanges de salive.

Draco ignora superbement cette réprimande et somma Ron d'essayer d'être présentable pour le dîner, parce qu'il était hors de question que Cius et Emy soient reçus par un paysan. Ron inspecta sa tenue : il s'agissait de la même chemise chic qu'il avait portée pour l'anniversaire d'Alita, celle que Draco lui avait achetée, et ne comprenait pas pourquoi à peine quelques semaines après, ce même Draco la qualifiait « d'horreur importable ». Il s'avéra vite qu'il trouvait mauvaise l'idée de porter deux fois la même chose. Encore heureux qu'il ait déjà remplacé la garde-robe de Ron, ne supportant plus de le voir trainer tous les jours avec un tee-shirt de Charlie et un pantalon de Percy, sans parler des chaussures de Bill…

—Je vais devoir te prêter des affaires à moi ! Râla Draco.

—Mais, tu n'es pas du tout obligé de…

—Allez, mets ça ! Moi, il faut que j'aille surveiller la cuisson de tous les plats végétariens que j'ai préparés…

—Quoi ? Tous ? Mais tu n'as pas pensé aux gens qui sont des non-Cius et qui aiment la viande ? Parce que moi et les légumes, ça fait quarante-douze ! Et Alita itou ! Elle ne mangera jamais tes épinards !

—C'est bon, les épinards, ça contient du fer !

—Cius a déjà assez de métal comme ça dans la bouche avec son piercing à la langue…

Draco eut soudain un regard malicieux, alors qu'il s'apprêtait à répliquer quelque chose furieusement :

—Tu sais quoi…Cius…un piercing en bas, il en a un, pour de vrai !

—Ah.

—Il me l'a dit quand on était aux toilettes du restaurant.

Ron avait l'air de s'en foutre, mais au moins, Draco s'était détourné tout seul de la conversation.

—Et toi ? Je ne le sais toujours pas ! T'en as un de piercing...à cet endroit ?

—Je ne te le dirais pas !

—Allez !

—Le jour où tu le sauras, c'est qu'on sera définitivement tombés amoureux…ou du moins qu'on aura acquis une certaine compatibilité sexuelle…

—Va te changer !

—Oui, maman !

—Et ne m'appelle plus comme ça !

—D'accord mam…Draco chéri !

—RETIRE CE « CHERI » TOUT DE SUITE !

—D'accord, bouffon !

—J'aime mieux ça !

La porte s'ouvrit, tout doucement, sur Alita.

—P'pa, y'a Marraine qui pleure…

—Quoi ?

Ron ouvrit grands les yeux et se précipita hors de la pièce.

—N'oublie pas de te changer ! Hurla Draco qui n'en avait de toute évidence rien à cirer de l'état moral d'Hermione.

—Marraine a pas l'air d'aller bien ces temps-ci…

Draco haussa les épaules.

—Viens ici, je vais te coiffer.

—Marraine m'a dézà coiffée…Regarde, c'est zoli, elle m'a fait une natte !

—Mais tu serais mieux avec un chignon, avec cette robe…Allez, viens là…

oOoOOOoOo

— Je ne parviens pas à surpasser ça…

—Allons, allons…

Ron serrait Hermione contre lui. Encore un peu, il en aurait pleuré également, tout comme elle. Malgré ce qu'il racontait à Draco pour le convaincre, ou tout simplement pour se convaincre lui-même, « abandonner » Hermione ne se faisait pas sans douleur, ce n'était pas une page qu'on tournait facilement. Passé l'étonnement de la découverte d'Alita et les réflexions sur la possibilité d'être attiré par les hommes, il lui avait semblé qu'Hermione était plus adorable qu'auparavant, maintenant qu'il savait qu'elle ne lui était pas destinée.

Cependant, si lui avait Draco, elle avait Zabini, alors pourquoi s'adaptait-il mieux qu'elle ? Grâce à Alita ? Hermione avait-elle besoin, pour mieux accepter, de tenir dans ses bras May et Tristan, ses jolis jumeaux métis, de les entendre l'appeler « Maman », lui offrir des dessins la représentant, lui demandant de leur lire vingt fois le même livre et la sculptant dans des macaronis ?

(Enfin, le coup des macaronis, il ne devait y avoir qu'Alita pour l'imaginer)

Il lui embrassa les cheveux et resserra son étreinte— ce que curieusement il n'avait jamais fait du temps où il était persuadé qu'il l'épouserait un jour. Il ressentait un pincement au cœur, il avait l'impression d'être responsable de son malheur. Il ne pouvait donc pas l'abandonner, on n'abandonne pas une amie si précieuse ! Et d'ailleurs, il n'allait pas tirer un trait sur elle définitivement, preuve en est qu'elle était la marraine d'Alita.

— Hermione, je suis vraiment désolé…

—Pourquoi, ce n'est pas de ta faute ? Tu n'as jamais décidé…enfin, je veux dire, tu n'as jamais décidé de façon consciente ce qui arrive ! Il devait avoir quelque chose qui cloche entre nous depuis le début, tout cela est très parlant.

Et il savait qu'elle avait raison, il y avait déjà songé lui-même, à ce déterminisme.

—Le futur n'est pas gravé dans la pierre, comme on dit, Tenta-t-il.

—Et veux-tu poncer le nom d'Alita de ta pierre ? Parce que c'est ce qui va se passer si tu essayes de remplacer celui de Draco par le mien ! Tu m'épouseras, nous aurons des enfants biologiques et tu n'iras jamais en Chine, en Corée, en Thaïlande ou je ne sais pas d'où elle vient et tu ne l'adopteras pas. Elle sera prise en charge par un autre couple, si elle a de la chance, à moins qu'elle ne passe le restant de sa vie dans un pays où on la fera travailler dans une rizière ou une usine de blue jeans, ou encore elle devra se plier au tourisme sexuel pour survivre, et avec un régime communiste en prime, et…

—Arrête, c'est horrible ce que tu dis !

—Je sais, mais c'est la vérité ! Tu ne veux pas que ça lui arrive, n'est-ce pas ? Hein ? Tu es déjà trop attaché à elle.

—C'est vrai…Même si, techniquement, il y a des milliers de gosses dans le monde qui vivent dans le malheur, et que je pourrais sauver n'importe lequel d'entre eux, c'est elle que je veux…Et même si elle pourrait être heureuse sans moi, avec d'autres parents adoptifs, l'idée que je ne la reverrais plus m'attriste…

—Et bien, si tel est le cas, tu es obligé de te coltiner Draco jusqu'à la fin de tes jours.

Elle sécha une larme et se détacha de lui.

—Tu ne dois pas t'inquiéter pour moi…Aime-le lui. Même si le futur n'est effectivement pas gravé dans la pierre, au fond de toi, tu ne veux déjà plus le modifier. Je me trompe ?

—Non. En plus…

Il hésita.

—En plus, je…Parfois, c'est pas si désagréable que ça d'être avec lui. Il n'est pas si salaud. Il est…je dirais, fragile. Il peut être sympa quand il veut, mais il y a une série de choses qui le tracassent, je ne sais pas trop ce que c'est, mais il est possible que cela explique beaucoup de trucs…

Elle sourit.

—Tu devrais te faire à l'idée que je ne suis pas fait pour toi. Tu n'as qu'à penser à tout ce que te gêne chez moi, toutes ces raisons qui t'amènent à me ravager le portrait à coup d'oiseaux, par exemple…Et tu devrais t'ouvrir à Zabini…Il ne peut pas être pire que Draco.

—Il partage ses idées sur le sang, tu sais ? Toi, tu n'es qu'un « traitre à ton sang », c'est moins grave qu'une « Sang-de-Bourbe ».

—Je pense que Blaise est plus ouvert que Draco. Il faut que tu passes du temps avec lui et…

Il sembla réfléchir. Il eut soudain une idée.

—Hermione…Qui sont les parrains et marraines de May et Tristan ?

—Mais je n'en sais rien, voyons !

—Mais c'est forcément toi qui l'as décidé !

—Et Blaise.

—Je suis peut-être le parrain de ton fils…de la même manière que tu es la marraine de ma fille.

— Blaise pourrait décider que ce soit Draco ou Nott.

—Enfin, je veux dire…c'est une façon de rester lié à toi : je suis quasi sûr que c'est moi qui te demanderai d'être la marraine d'Alita dans le futur. Parce que tu es la fille que je préfère. Avant Ginny et Luna qui sont aussi de bonnes candidates.

—Tu me préfères à ta propre sœur ?

—Hermione, ce que je ressens pour toi n'est apparemment pas de l'amour, mais il n'empêche que tu es spéciale d'une certaine façon…

Les yeux de la jeune-fille brillèrent. Pourquoi Ron se montrait-il plus délicat, plus adulte et plus gentil que jamais juste au moment où elle parvenait à se résigner ?

oOoOOOoOo

« Mystère Luna et Nott ».

En réalité, Alita avait permis à d'autres personnes d'être courant. Mais pas Draco et Ron. Xenophilius Lovegood savait comment sa fille avait réussi le « Subterfuge Edward ». Et toute l'équipe du Chicaneur était au parfum de la curieuse histoire. Un peu que ça les intéressait !

C'est pourquoi l'excentrique rédacteur en chef décida de prendre certaines mesures.

Il avait laissé Luna et Théodore dans la cuisine face à une pile de pancakes tartinées de confiture de mûres arctiques. Le jeune-homme lui plaisait, même si son père avait été un Mangemort, ce p'tit Théo lui était sympathique, et il appréciait Luna, la respectait, et ne considérait pas la famille Lovegood comme une secte d'illuminés. Luna semblait s'être très rapidement attachée à lui, et lui ne s'en plaignait pas. Ils avaient l'air de bien s'amuser ensembles et riaient beaucoup pour des raisons inconnues.

Xenophilius s'installa au salon et s'empara du pot de poudre de cheminette, en jeta dans la cheminée, et y entra la tête.

De l'autre côté, se trouvait la bureau de sa secrétaire.

—Magnolia, est-il enfin arrivé ?

—Nous avons enfin réussi à le contacter, Mr Lovegood.

—Ah, enfin, ce lascar n'arrête pas de changer d'attache…

—Que voulez-vous…C'est un aventurier qui parcourt le monde et se croit chez lui un peu partout, Répondit Magnolia.

Elle eut un regard un peu rêveur. Sans doute que ce type d'homme ne la laissait pas indifférente.

—Et qu'a-t-il dit ? Demanda patiemment Xenophilius.

—Qu'il vous recontacterait…

Le rédacteur soupira.

—Mais c'est toujours comme ça avec lui ! Il est insaisissable, il nous file entre les doigts comme une anguille dès qu'on a besoin de lui ! Magnolia, rappelez-le et dites-lui qu'il ets indispensable, et essayez de rendre ça le plus attrayant possible, afin de titiller son esprit de baroudeur !

—Comment ?

—Je sais pas..Racontez-lui que l'avenir de l'Humanité repose sur lui et qu'une épopée lyrique et exotique l'attend, ça devrait lui plaire…

—Bien monsieur…

Magnolia saisit un carton coincé sous son presse-papier et regarda l'adresse de la cheminée écrite en-dessous de la mention « Manu ».

oOoOOOoOo

—Alita, montre à tes papas les nominettes qu'on a fait pour les invités ! Dit joyeusement Ginny.

—Vi vi !

Elle leur tendit alors une petite boîte. Ron l'ouvrit et découvrit les petits papiers cartonnés sur lesquels Tata Dzinny avait écrit les prénoms des convives, et sur lesquels Alita avait dessiné quelque chose les représentant, dessins animés grâce à un charme lancé par sa tante.

—Tu m'as mis une petite guitare avec des notes qui scintillent ? Gagatisa Ron, Et regarde Draco, pour toi, elle a mis un couteau et une fourchette qui se croisent, parce que t'es cuistot, et…

Draco leva les yeux au ciel alors que le rouquin continuait à décrire inutilement les dessins.

—Un livre avec les pages qui se tournent toutes seules pour Emy, une fiole de potion avec des vapeurs qui s'en échappent pour Rogue…euh…un sablier dont le sable s'écoule pour Hermione ?

Il arrêta de gâtouiller un instant, puis se rappela qu'elle était justement chez les Zabini-Granger quand elle avait commencé son voyage. Il reprit, niaisant de plus belle :

—Elle a dessiné un nonos pour Sirius ! Avec des mouches autour…euh…berk, mais c'est mignon, la fleur pour Tonks, le chocolat pour Remus…la prise eklektique avec des éclairs pour mon père et…

Draco et Ron lorgnèrent alors un gribouillis peu reconnaissable, à côté du nom de Harry.

—Alita, c'est quoi, ce que tu as dessiné, là ?

—Ben, c'est une méduse ! Tonton Super-Harry a une méduse en guise de cervelle, non ?

Pendant quelques secondes, le silence le plus total se fit dans la pièce. Ginny fronçait les sourcils, tentant de digérer l'information, Harry passait la tête à travers l'entrebâillement de la porte de la pièce voisine et Ron et Draco restaient interdits.

Jusqu'à ce qu'ils craquent.

Ils éclatèrent d'un rire tonitruant qui n'eut comme écho que celui plus aigu d'Alita, ainsi que les indignations de Harry.

—Et ça vous fait rire ?

—C'est quoi cette histoire de méduse ? Questionna Ginny.

Draco, après avoir retrouvé le souffle, se fit une joie de lui expliquer comment Voldemort avait soi-disant vidé le ciboulot de son ennemi et en avait envoyer valdinguer le contenu dans la mer du Nord.

—Et pis, le cerveau, il a voyazé et il est allé se promener dans tous les océans du monde ! Et moi, ze l'ai vu en Nespagne ! Hein, vi, P'pa ?

—Mais, non, je t'ai dit que c'était une méduse, le cerveau de Tonton Harry est dans sa tête…enfin, je crois ?

Ron regarda son meilleur ami avec un candeur réelle.

—N'est-ce pas qu'il est dans ta tête ?

—Ça suffit, Râla son vis-à-vis.

—Attends, Proposa Draco, Je vais vérifier s'il y est en cognant dessus ! Toc toc !

—T'approches pas de moi ou je t'étripe, Malfoy !

—Oh, quelle violence, tout à coup !

—Laisse-tomber ces deux imbéciles ! Décréta Ginny en prenant Harry par l'épaule, Allez, viens, moi au moins je t'aime et je ne te ferai aucun mal ! Et toi, Alita, tu devrais arrêter de croire les débilités qu'ils te racontent !

Ron cessa soudain de rire. Encore un peu, il lâchait « Comment ça, tu aimes Harry, ça y est ? ». A ses côtés, Draco recommençait à ricaner. Il fut néanmoins interrompu par un coup d'œil à l'heure : Cius et Emy n'allaient plus tarder !

Comme pour donner raison à ce fait, on frappa à la porte. Aussitôt, Draco s'y précipita, renversant Hermione au passage, sans s'excuser. Il fut quelque peu dépité de trouver Remus et Nymphadora sur le pas de la porte.

—Tata Dora, Tonton Lunard !

—Sirius n'est pas avec vous ? Demanda Harry.

—Hem…non, Sourit Remus, Il viendra plus tard…il est avec…

Celui-ci avait cependant les traits assez tirés.

—De toutes façons, il était temps que Sirius apprenne à se passer de nous, Renchérit Tonks, C'est mon cousin adoré et je l'aime beaucoup, mais ça faisait un moment qu'il nous traînait dans les pattes, c'est bien qu'il ait trouvé l'amour et vole enfin de ses propres ailes !

—Oui, mais pas avec Rogue ! Dit Harry qui avait soudain envie de vomir.

—Alita, va placer tes nominettes, Dit Draco, Et fais en sorte que Tonton Lunard soit assis à côté d'Emy, je suis sûr qu'ils ont des choses à se dire…

—Vi Pôpa !

—Remus, tu as l'air fatigué, Fit remarquer Ron.

—La pleine lune approche…C'est une sorte de syndrome prémenstruel ! Rit Remus.

—Je sais comment vous requinquer ! Dit Draco.

—Tu nous a concocté un superbe repas ?

—Ouais, enfin…Mrs Weasley m'a aidé, j'apprends des nouveaux trucs avec elle…

—Le problème, Reprit Ron une octave plus bas, C'est qu'ils ont préparés trois tonnes de tofu et autres trucs végétariens !

—La cuisine végétarienne ne se limite pas au tofu, espèce d'inculte ! Répliqua Draco, Tu vas voir, comme on jongle habilement avec les plantes, les minéraux et les produits laitiers pour obtenir un repas équilibré et plein de saveur !

—Pas de viande ? Se désola Remus.

—Les légumes le dégoutent particulièrement dans les jours qui précèdent la pleine lune, Expliqua Tonks.

—Très bien, Dit Draco…Ron, file à la boucherie acheter des magrets de canard et je lui ferai une sauce…

—Tu n'es pas obligé de me préparer un plat de viande raffiné rien que pour moi, Minauda Remus, dans ses petits souliers.

—Mais si ! Insista Draco.

—Et moi ? Dit Ron, Pour moi, tu ne te donnes pas cette peine !

—Parce que tu n'en vaux pas la peine, Remus si !

—Mais… Protesta ledit Remus, Je ne veux pas que…tu sais, un simple steak suffira ! Pas de magrets de canard !

—D'accord…Ron, vas-y !

—Mais…

—Ronald, fais ce qu'il te dit ! Intervint Molly en apparaissant.

—Oui, maman, Ronchonna le rouquin en se dirigeant vers le pot dans lequel on déposait la monnaie pour les courses.

Draco aimait le pouvoir qu'il obtenait sur Ron grâce à Molly. Il en souriait encore quand son regard croisa celui d'Hermione, et au vu de la fureur qu'elle affichait sur son visage, elle venait de découvrir qu'il avait changé la coiffure d'Alita.

Cius et Emy arrivèrent après le départ de Ron, et Draco eut un véritable comportement de fanatique devant l'écrivaine. En revanche, Molly resta sans voix devant Cius, qu'elle prit d'abord pour un hooligan.

oOoOOOoOo

Ils étaient au salon en train de prendre l'apéritif quand Ron revint avec du steak pour Remus ainsi qu'un petit plus qu'il avait acheté pour lui. Petit plus qu'il fourra dans sa poche avant de remettre le résultat de ses courses à Draco qui s'empressa d'aller le cuisiner.

—Il paraît qu'Emy Douçamère est une écrivaine complètement toc toc, Chuchotta Tonks à son mari.

—Et alors ?

—Et alors, j'adore les toc toc, j'en suis moi-même une ! Susurra-t-elle malicieusement, Allez, on va lui parler.

Le lycanthrope et la métamorphmage allèrent s'installer face à Emy et Cius.

—Salut ! Dit joyeusement Tonks. J'adore ton look ! Dit-elle à Cius, Euh…Emy, vous écrivez des livres ?

—Oui.

—Nous ne les avons jamais lus, mais on fait sans doute erreur, Dit Remus.

—Ça parle de quoi exactement ? Demanda Tonks.

—C'est très difficile à définir…parfois, quand je lis les quatrième de couvertures rédigés par les éditeurs, je suis étonnée de voir ce qu'ils racontent et je me dis « Ah bon, j'ai écrit un conte philosophique pour adultes ? C'est ainsi qu'ils voient ça ? ». Enfin, je parle de beaucoup de choses, mais je ne peux pas vraiment me classer dans un thème ou un genre en particulier…

—Tu es inclassable, c'est tout, Dit Cius en la prenant par les épaules, personne n'écrit comme toi, je ne connais aucun autre auteur qui parle du fait qu'il été amené à la vie à l'âge de deux ans grâce à un morceau de chocolat blanc…

—Chocolat ! S'exclama Remus, les pupilles dilatées d'un seul coup, Vous aimez le chocolat, Emy ?

—J'adore ! D'ailleurs, j'en emporte partout avec moi !

Elle fouilla dans son sac et sortit une énorme plaque de Galère.

—Je sais que c'est inconvenant d'apporter de la nourriture pour soi-même quand on est invité à dîner quelque part, mais c'est une habitude, chez moi…

—Je comprends ! Dit Remus, J'espère que Draco nous a préparé un bon dessert au chocolat, sinon, je ne sais pas ce que je vais faire !

—Je l'espère aussi…

—On me prend souvent pour un dingue tellement j'aime le chocolat…

—Moi aussi, mais ce n'est pas le pire concernant mon alimentation.

—Ah bon ?

—Oui, là où je passe vraiment pour une toc toc, c'est quand j'annonce que j'aime manger des fruits pourris…

—Oh…

—Depuis que je l'ai dit, il y a toujours un journaliste pour me demander de le faire devant lui, histoire de vérifier que c'est vrai…

Draco arriva :

—Tout va bien ? Vous voulez du vin, Emy ?

—Non, ça ira comme cela.

—Ah, Remus, avant que je ne fasse cuire tes quatre steaks, tu les veux à point ou saignants ?

—Est-ce que c'est possible que tu me les serves crus, avec juste un petit assaisonnement ?

—Oh, euh…ouais, comme tu veux !

—Quatre steaks crus ? S'étonna Emy.

—Et bien, puisque vous n'avez pas l'air d'être du genre à juger, je vais vous le dire directement : je souffre de lycanthropie, et à l'approche de la pleine lune, j'aime particulièrement la chair fraiche…je ne vous choque pas, Cius ?

—Non, Dit celui-ci le plus calmement possible, bien que dans sa tête, il s'imaginait une gentille petite vache entrain de gambader dans une prairie verdoyante quand tout à coup, le loup débarquait…

—Mais mon envie de chocolat ne disparaît jamais, Reprit Remus.

Il commença à débattre longuement avec Emy de leur aliment préféré. Cius et Tonks échangèrent un regard amusé.

—Et toi, qu'est-ce que tu fais ? Demanda-t-elle.

—Moi ? Je suis batteur dans le groupe de Ron, Répondit-il avec un sourire.

—Un groupe ?

Elle jeta un regard à Alita.

—Je vois…Et c'est quoi votre nom de scène ?

—On n'en sait rien, c'est ça le truc…Mais je ne suis pas encore très doué, la batterie, c'est juste un hobby, mes principales activités consistent à collectionner les petits boulots et à sauver la planète contre les méchants pollueurs, les méchants braconniers et tous les autres méchants qui foutent le bordel et la misère dans le monde !

Il brandit le poing d'un air menaçant.

—Ah oui ? Dit Tonks amusée.

—Ouais… enfin, non, je ne suis pas non plus une caricature de l'activiste écolo-hippie qui veut vivre dans les arbres et être copain avec les oiseaux, mais je me désole devant les conneries que certains font et j'aimerais que ça change…je suis végétarien, j'achète tout au commerce équitable et le premier qui ne trie pas ses déchets, je les lui fait bouffer !

—Tu ferais mieux de t'occuper des castors femelles, elles sont en voie de disparition ! Dit méchamment Draco en s'apercevant qu'Alita était à nouveau coiffée avec une natte au lieu du chignon qu'il lui avait fait. « Grrr…Granger » maugréa-t-il.

La porte s'ouvrit sur deux nouveaux arrivants :

—J'ai entendu des bruits d'apéro, alors vous me servez ?

—Tonton Patmol ! T'as soif ?

—S'il te plait, Black, tiens-toi, pour une fois !

—Mais enfin, Sev', tu pourrais arrêter de m'appeler Black…je sais pas, on dirait pas qu'on est un couple !

—Et comment tu voudrais que je t'appelle, Répliqua Severus, « Mon canari des îles » ?

—Mais non, sans tomber dans le ridicule, tu pourrais m'appeler wouaaaaaahhhhhh !

—Euh…attention à la table basse, Dit Tonks, inutilement puisque Sirius s'y était déjà pris les pieds et s'était carapaté par terre en renversant un plat de zakouskis.

—Ça va, « wouaaaaahhhhh » ? S'enquit Severus.

—Très drôle ! Alors, vous me le servez cet apéro ?

oOoOOOoOo

Effectivement, les plats végétariens préparés par Draco et Belle-Maman étaient succulents. Ron les avala sans faire d'histoire, ce qui cependant attira l'attention de Draco qui soupçonnait qu'il y avait anguille sous roche. Hermione manqua de déformer sa fourchette en la mordillant de rage, constatant qu'Alita avait à nouveau un chignon. Quant à Harry, il regardait piteusement la méduse à côté de son nom. Alita pouvait être toc toc des fois. Enfin, elle continuait à l'appeler « Tonton Super-Harry » et non pas « Tonton Méduse » ou encore « Cervelle de gélatine », là, il aurait vraiment été vexé.

—J'aime beaucoup les paradoxes temporels, Dit Emy qui sentait l'attention sur elle et par conséquent se voyait obligée d'illuminer la tablée de sa science.

—C'est pourtant courant avant tout dans la littérature de science-fiction, Dit Tonks.

—Ça j'aime bien, Dit Sirius, Même si je m'y perds, des fois…je comprend pas toujours tout, et puis, c'est pas toujours la même logique, on dirait…

—A vrai dire, il y plusieurs façons d'aborder les choses, Expliqua Emy. Tout d'abord, il y a le principe selon lequel chaque retour dans le passé modifie le présent, et puis c'est tout. Et réparer une « gaffe » peut être alors une tâche très compliquée. L'autre possibilité veut que quoi qu'on fasse, tout fini par se réaliser, même si on essaye sciemment de modifier quelque chose, le Temps est le maître et il retombe toujours sur ses pattes, si je puis dire. Et on ne fait que vivre la même histoire sous un angle différent. Moi, je crois plutôt à cette deuxième proposition.

—C'est vrai, Dit Harry, Nous avions remonté le temps une fois, avec Hermione, et nous avons découvert que tout ce que nous avions vécu « la première fois » était du à des choses que nous avions faites « la deuxième » fois.

—Cependant, il y a des théories, Dit Hermione, cessant d'arracher le fer de sa fourchette. Certains pensent que l'univers se dédouble à chaque fois qu'il y a plusieurs issues à un évènement, et que donc, il existe des mondes parallèles…

—La fameuse théorie des multivers, Compléta Emy.

—Oui, et donc, il se pourrait qu'une chose et son contraire se produisent simultanément, mais dans des lignes temporelles différentes…

—Vous me donnez mal à la tête, Se plaignit Ginny.

—Cependant, Poursuivit Hermione, Je trouve aussi plus cohérente l'explication comme quoi tout finit toujours par se produire et qu'on y peut rien. J'ai passé ma troisième année à Poudlard à utiliser un Retourneur de Temps et je savais pertinemment qu'il 'était impossible de changer quoi que ce soit. Par exemple, si j'avais vu, la première fois, quelqu'un trébucher sur une table basse…

—Gnagnagna !

—J'aurais pu, la deuxième fois que je vivais la scène, lui dire « Attention, Sirius, tu vas tomber ! »

—Re-gnagnagna !

—Mais cela n'aurait servi à rien, car si le Temps avait décidé qu'il était indispensable que Sirius se retrouve par terre, Sirius tomberait par terre quoi qu'il arrive. Je lui aurais peut-être évité la table basse, mais il aurait quand même trouvé une autre occasion de se planter quelque peu après, par exemple, il aurait marché sur une peau de banane et…

—Et paf ! le chien ! Compléta Remus.

Sirius croisa les bras et refit « Gnagnagna », mécontent de servir d'exemple pour illustrer les propos d'Hermione. Alita écoutait, fascinée, même si elle ne devait pas comprendre tout, et encore moins se douter qu'elle était la cause principale de cette discussion.

—Il y aussi les paradoxes temporels, vous savez, ceux avec le grand-père et l'écrivain ? Fit Tonks.

—Ah ouais, Dit Hermione.

—Le grand-père, Expliqua Emy, C'est l'histoire du type qui remonte le temps, mais qui tue par inadvertance son propre grand-père avant que celui-ci ne rencontre sa grand-mère. Ce qui a pour conséquence de se supprimer lui-même. Mais s'il n'existe pas, il n'a jamais pu voyager dans le temps, et il n'a jamais pu tuer son grand-père. Mais s'il n'a pas tué son grand-père, il existe. Mais s'il existe, il a bel et bien pu voyager dans le temps et tuer son grand-père et ainsi de suite, c'est un cercle vicieux !

—Et l'écrivain ?

—C'est une variante du grand-père, mais avec cette fois un voyage dans le futur, Dit Cius, prenant le relais. Imaginez qu'une personne sortie tout droit du passé arrive à notre époque, où normalement elle est déjà décédée. Elle rencontre Emy et lit un de ses livres, qu'elle n'aurait jamais pu lire si elle était restée dans son époque, puisqu'elle est morte avant même qu'Emy n'ait l'idée. Ensuite, la personne vole le livre d'Emy et retourne dans le passé avec, et le publie sous son nom…

—Voilà qui est bien malhonnête, Dit Molly, qui ne devait comprendre que ça à la conversation.

—Et donc, conséquence de cela, le livre existe à notre époque avant qu'Emy n'y pense, et donc, elle ne l'écrit pas, puisqu'il existait déjà avant elle, et est même convaincue qu'elle n'a rien à voir avec l'œuvre…Mais du coup, le mec du passé n'a plus rien à lui voler, et donc, n'a plus aucune raison de venir dans le présent, du coup, il ne vient pas, il ne lui vole rien, et ne publie rien…Et voilà donc à nouveau que le livre n'existe plus et que c'est à Emy de l'écrire.. . Donc le type peut le lui voler, et cetera.

—Je veux de la pimentine, Dit Sirius en se massant les tempes.

—Je t'en préparerai ce soir, « Whouuuuaaa », Ricana Severus.

—T'as fini de te foutre de moi, toi ?

—Draco, on va achever de préparer le dessert ? Dit Molly.

—Le dessert ? Dit Ron, Alors, faut que j'aille euh…aux toilettes !

Il se leva alors que Draco et Molly retournaient à la cuisine. Le blond se douta néanmoins de quelque chose.

—Attendez une seconde, Dit-il à la femme rousse.

Il suivit Ron en catimini et vit qu'il ne se dirigeait pas vers le petit coin. Il s'arrêta au milieu d'un couloir et sortit quelque chose de sa poche. Draco reconnut le logo de la boucherie sur l'emballage que Ron enleva, dévoilant un saucisson rougeâtre qu'il regarda d'un air affamé « Enfin, de la viande, aaahhhh ! »

—Halte-là ! Cria Draco alors que le rouquin était sur le point de mordre dedans.

—Draco ? Et ben, euh…je…

—Tu manges de la viande en douce !

—Oui, et ben quoi ? Je ne peux pas lutter contre mes instincts de carnivore, et voilà !

—Mais tu as outrepassé mon interdiction !

—Mais pourquoi tu te prends la tête pour si peu ? Je veux juste manger un saucisson, pas la peine de me faire baiser des verges !

—…

—Euh…c'est un peu vieux comme locution ?

—Mais attends une minute…cette couleur, cette odeur…c'est du…

—Du chorizo, oui, et alors ?

—Tu pense encore à l'Espingouin ? Non, mais, tu t'imagines que tu fais quoi quand tu mets ça en bouche ?

—T'es vraiment tordu, je ne pense pas du tout à ça ! J'ai envie de viande, c'est tout. J'aime manger, j'aime la bonne chair, j'aime les trucs épicés, et je prends le vit par le bon bout !

La vie !

—Euh oui. De toute façon, tu ne peux pas m'en empêcher !

—Ah oui ? Si je dis à ta mère que tu manges du chorizo en douce, elle va te priver de dessert !

Ron pesa alors le pour et le contre : chorizo ou dessert chocolaté ? Le chocolat l'emporta. Le chocolat l'emportait toujours sur tout.

—Les mouchards n'ont pas d'amis, Maugréa-t-il en déposant le chorizo dans la main tendue de Draco qui s'en retourna aux cuisines, triomphant.

oOoOOOoOo

Le gâteau au chocolat fut reçu avec les honneurs, surtout de la part de Remus et Emy qui furent à la hauteur de leur réputation et se resservirent cinq fois. Draco avait heureusement prévu le coup et suggéré à Molly d'en préparé un deuxième.

Il goûtait pleinement l'allégresse d'être acclamé pour ses talents culinaires, et commençait vraiment à aimer la perspective de son métier. Il déchanta quand il vit Alita coiffée avec une natte. Il nota mentalement de rechercher une recette à base de castor.

La soirée se poursuivit dans l'ivresse, surtout celle de Sirius qui fut lui aussi à la hauteur de sa réputation et termina comme d'habitude en chantant à tue-tête avec sa guitare que Ron lui avait rendue. Alita maugréa que cela ne valait pas les cendres.

Emy avait appris l'histoire du cerveau en méduse et frappait sur la tête de Harry par jeu.

—Toc toc ! Y'a quelqu'un là-dedans ?

« C'est elle qui est toc toc ! » Pensa le binoclard.

Elle termina en beauté en affirmant qu'elle et Cius étaient japonais, même si ça ne se voyait pas. Même si après tout, ce n'était pas plus saugrenu que l'idée qu'Alita, qui avait une tête de Nippone, était une Britannique, Hermione pensa qu'ils étaient définitivement toc toc.

Et puis, elle se rendit compte que l'Alita en question portait un chignon et prit une mine renfrognée.

Une fois tous les invités repartis (en chantant pour certains), on laissa la vaisselle en plan, trop découragé, et chacun regagna ses pénates.

Draco s'endormit dans le lit de Ron, baigné par l'odeur qu'il aimait tant sans s'en rendre compte. Il se réveilla vers quatre heures du matin, à cause de Ron qui s'était levé.

Le rouquin avait une petite fringale nocturne, il descendit promptement jusque dans la cuisine. Draco le suivit sans bruit. Il ouvrit le frigo et trouva son chorizo mis au frais. Il s'en saisit et en avala une bouchée, rien ne lui parut aussi bon.

Et à cet instant, il entendit, sur la porte de la cuisine qu'il avait refermée derrière lui :

—Toc toc !