Comme on me l'a demandé dans une review, je précise: la croix sur la guitare que Ron achète dans le chapitre précédent est bien une référence à Indochine (Paradize), même s'ils ne sont pas supposés comprendre, étant donné que cet album n'est pas encore sorti pour eux (mais bien dans le futur, vous suivez?).


Chapitre vingt: Qui veut voir Ron se faire battre aux échecs ?

« Le jeune Arnold avait 16 ans quand cela s'est produit : son ventre a commencé à gonfler de manière inexpliquée et il sentait d'étranges vibrations émaner de la protubérance. Interné en clinique pour qu'on lui extraie ce qui semblait être une tumeur maligne gastrique, quelle ne fut pas la surprise des Médicomages en découvrant qu'ils venaient d'effectuer une césarienne sur leur patient. En effet, sous l'incision se trouvait une petite fille âgée de 6 mois utérins. Comment le jeune-homme, normalement constitué, avait-il pu tomber enceint ? Gênés, les parents d'Arnold confièrent qu'il était homosexuel, pensant que cela éclairerait le diagnostique. Mais il n'empêchait que cela n'expliquait pas comment un autre homme aurait pu le féconder.

Il s'agit toujours d'une légende urbaine, et les spécialistes sont assez sceptiques : selon eux, c'est une fable et rien de plus. La tumeur devait avoir une forme de bébé et les Médicomages manquaient d'intelligence.

Cependant, quelques autres pensent encore que le jeune-homme pouvait avoir consommé de l'Emmprègue, élixir mystérieux et légendaire, dont l'invention est généralement attribué à Moria Stultia, sorcière de l'Antiquité misandre qui rêvait de trouver un moyen de faire le plus de mal possible à la gent masculine en leur imposant les contraintes de la maternité, en plus douloureux. Outre le cas d'Arnold, certains témoignages prétendent que plusieurs hommes se sont déjà retrouvés enceints par le manège de jeune-filles stériles qui, frustrées de ne pas pouvoir assouvir leurs fantasmes de maternité, faisaient boire du fameux élixir à leurs pauvres victimes qui avaient refusé leur avances amoureuses, étant homosexuels…. »

—Granger ! Pitié, tais-toi ! Supplia Draco, Ce texte est affreux !

—Mais c'est tellement fascinant ! Répliqua Hermione en continuant à feuilleter son Traité de Tératologie, J'adore apprendre quelles limites la monstruosité peut atteindre !

—Tout cela donne envie d'être très misogyne, Marmonna Blaise…

—Voyons, c'est probablement une légende, comme l'auteur le précise, Dit Hermione.

—Hum…Fit Blaise, et on devinait qu'il aurait pu en dire beaucoup plus, mais qu'il se retenait, parce que ça ne regardait personne d'autre que lui.

—Qu'est-ce qu'il y a ? Dit Hermione, pleine de bonne volonté.

—Disons que je n'aime pas trop les femmes qui veulent à tout prix faire souffrir les hommes…

Bel exemple de litote. Hermione haussa les sourcils. L'envie flagrante de Blaise de parler le moins possible devenait problématique : comment cela pouvait-il évoluer entre eux s'il n'aimait pas communiquer ? Elle appréciait l'initiative de Ron et Draco d'avoir forcé le grand Noir à venir au Terrier (elle trouvait même ça très mignon de leur part), mais elle se demandait si vraiment ça allait lui permettre de tirer un trait sur le rouquin.

Aux côtés de Blaise, un autre Serpentard était invité, sans sa femme — car oui, Théo considérait déjà Luna comme sa femme — et son fils, qui étaient restés ensemble chez eux.

—Blaise se méfie des femmes trop puissantes, Susurra-t-il.

Hermione baissa les yeux. Elle était justement ce genre de femme : elle adorait frapper les garçons qui se montraient un chouïa irrespectueux envers elle et ses consœurs. Blaise était-il…machiste ?

—Où est Ron ? Demanda Théo.

—Chez Cius et Emy, Répondit Draco, Je suis presque jaloux : il va pouvoir approcher le sanctuaire où elle élabore ses romans…Enfin, je ne pense pas que ça l'intéresse, il y est surtout pour Cius, ils doivent répéter leur musique…

—J'imagine la scène, Sourit Harry, Doués comme ils sont…

—Ferme-la, Po…Harry, toi, tu jouerais du triangle que tu serais fichu de jouer mal…et puis, ils ont fait des progrès !

—Ça fait environ trois semaines, non ?

—Ouais…Et ça me fait mal de dire, mais j'aimerais que le latin…Hal y soit aussi. Ainsi que Neis Jesaispascomment. Plus tôt ils seront réunis tous les quatre, mieux ce sera.

—Et la petite ?

—Elle est dans la cuisine avec Ginny et un petit vieux…

—Un petit vieux ?

—Septimus Weasley, le père d'Arthur ! Dit Hermione, Allons, un peu de respect pour le grand âge !

oOoOOOoOo

En effet, dans la pièce voisine, Ginny essayait de glisser en douceur au vieillard :

—Ecoute, Pépé, elle a beau être au courant qu'elle est adoptée, c'est pas la peine de le lui rappeler en lui demandant pourquoi elle n'est pas rousse !

—Mais Ginevra, comment peut-on être un Weasley sans avoir nos cheveux flamboyants ?

—Pépé !

—Alors, t'es mon arrière-grand-papi, toi ? Les interrompit Alita de sa petite voix flûtée.

—Et oui, poussinette, je suis le papa du papa de ton papa…j'ai quatre-vingt-quatre ans !

—La vache, qu'est-ce que t'es vieux !

—Alita ! Gronda Ginny.

—Laisse, Ginevra-poussinette, elle est mignonne !

—Dis Pépé, ils zétaient grands comment les dinosaures ? Ils zont zamais essayé de te manzer ?

Ginny blêmit. Mais Septimus éclata de rire.

—Oh, oui, poussinette, surtout les t-rex, ils étaient féroces, heureusement qu'ils sont aujourd'hui éteints, car je ne coure plus assez vite pour leur échapper, avec mes rhumatismes et ma sciatique…Mais dis-moi, pourquoi tu n'es pas rousse ? Tu n'es pas une Weasley ?

—Ben… si mais…

Ginny soupira et se leva.

—Allez, viens Pépé, il est temps que Maman s'occupe de toi…

—Si tu veux, poussinette…mais qui sont les gens dans le living?

—Ce sont nos amis : Harry, Hermione, Blaise, Théodore…et Draco.

—Mais Tata Dzinny, pourquoi tu lui dis ça ? Il le sait dézà puisque tu lui as dit tantôt !

—Euh…Commença Ginny, Pépé avait oublié…

—Mais enfin, on n'oublie pas quelque chose aussi vite ! Pas vrai, Pépé ?

—Ginevra, qui est cette petiote ? Et pourquoi elle m'appelle Pépé ?

—Maman ! Appela Ginny, Pépé est là, il veut prendre le café !

—J'ai jamais dit que je voulais du café ! Enfin, si peut-être, je ne me souviens plus…

Par chance, Molly arriva et Ginny put souffler. Elle emmena Alita rejoindre les autres au living.

—Il est marrant, Pépé, Dit la petite fille, mais pourquoi il pose tout le temps les mêmes questions ?

—Les personnes âgées…n'ont pas toujours bonne mémoire…

—Pourtant, Barbe Blanche il était pas comme ça, et pourtant il avait l'air encore plus vieux !

—Barbe Blanche?

—Vi, le monsieur avec les bonbons au citron !

—Ah, tu parles de Dumbledore ? Lui, il est un peu spécial…

—Pas qu'un peu ! Rectifia Draco.

Alita remarqua alors la présence de Blaise et Théo et alla les embrasser, regrettant que Luna et Edward ne soient pas là. A l'évocation du prénom du petit garçon, tous frémirent en pensant « Mystère Luna et Nott ».

—P'pa va bientôt revenir de chez Mr Cius?

—Il ne devrait plus tarder, Dit Draco en jetant un œil à sa montre.

—Tant mieux, je me réjouis de voir ça, Dit Ginny.

—Voir quoi ?

—Ron et Pépé.

—Pourquoi ?

—Vous allez voir, Chantonna la rouquine avec un air malicieux.

—On parle de moi ? Fit le vieillard en passant la tête par l'entrebâillement de la porte, faisant sursauter Hermione qui lui trouva une ressemblance avec la photo de l'homme hybride d'humain et de Lépréchaun de la page 64 de son livre.

—Pépé, restez en place ! Gronda Mrs Weasley, en arrivant derrière lui.

—S'il te plait, Molly, laisse-moi un peu profiter des ces jeunes gens…Qui sont-ils déjà ?

Alita se mit à rire. Qu'est-ce qu'il était rigolo, Pépé !

—Par l'épée de Godric Gryffondor, laissez-les tranquilles !

—Mais il ne nous dérange pas ! Dit Hermione.

—Merci, ma jolie ! Et puis, je parie que tu ne connais pas la véritable histoire de cette épée de Gryffondor !

Molly soupira.

« Oh, non, c'est reparti pour un tour ! »

—Et bien, ce sont les gobelins qui…Commença Hermione, mais le grand-père s'était déjà installé dans un fauteuil libre et prenait un air très solennel.

—C'était en 1023, Dit-il, J'y étais ! Et là, j'ai vu le petit Godric…

—Vous voulez dire que vous avez connu les Fondateurs de Poudlard ? Dit Harry en levant un sourcil circonspect.

—Tout à fait, et tout commença le jour de la fête des lapins…c'est comme ça qu'on appelait Pâques à l'époque…Godric et moi avion mis nos chapeaux garnis de feuilles de mandragores…c'était la mode à l'époque, sauf qu'on n'appelait pas ça des mandragores mais des petites hurleuses…et puis, là, qui voyons-nous qui se baigne nu dans la rivière ? Salazar Serpentard, et oui !

—Euh…Fit Draco.

—Salazar avait aussi un chapeau avec des feuilles de petite hurleuse, c'était la mode à l'époque…et puis, c'est que zzzzzzzzzzzzzzzzzzzz!

—Euh…c'est moi, où il vient de s'endormir au milieu d'une phrase ?

—C'est pas toi, il vient effectivement de s'endormir au milieu d'une phrase !

Le vieux était tombé dans les bras du sommeil et ronflait, la tête en arrière, la bouche ouverte, un filet de salive lui coulant des lèvres.

—Il est marrant, Pépé, hein ? Et puis, il m'a espliqué qu'il avait vu des dinosaures, des féroces qui essayaient de le manzer !

—Ouais, et il est aussi sorti avec Cléopâtre, peut-être ?

—Euh ? Quoi ? Qu'est-ce qui se passe ? Fit Septimus en se réveillant subitement, Qui êtes-vous, vous tous ? Vous êtes des espions de l'armée des Nains, c'est ça ?

—Vous devriez aller vous reposer, Pépé, Dit Molly. Allez, je vais vous conduire dans la chambre d'ami.

—C'est ça ! Et pourquoi tu ne me mettrais pas des couches-culottes aussi, espèce d'infirmière ?

Molly s'apprêtait à répliquer quand la porte d'entrée du Terrier s'ouvrit et se referma sur Ron et Cius qui furent vite au salon.

—Salut, tout le monde…oh, Pépé !

—Mon petit Ronald !

—Euh…Bonjour !

—Ah, un jeune délinquant hooligan!

—Euh…non, Pépé, c'est Cius, c'est un pote et…

—Il va piquer notre pognon !

—Mais non ! Dit Ron en souriant.

Il serra le vieillard dans ses bras de façon très chaleureuse.

—Alors, gamin, comment tu vas ? Tu aimes toujours les échecs ?

—Oh, oui, Dit Ron, les yeux illuminés, Au fait, tu connais ma fille ?

—Hein ? C'est ta fille ça ?

—Mais Pépé, on te l'a dit au moins quatre fois, tu oublies vraiment tout !

—Vous allez jouer aux échecs ? Demanda Ginny, sautant sur place.

—Sûrement, Dit Ron, Pourquoi ?

—Oh, pour rien ! Répondit sa sœur avec un petit rire.

—Bon, puisque je suis là, autant faire du café pour tout le monde, Intervint Mrs Weasley.

—Je vous accompagne, Dit Draco en la suivant dans la cuisine.

—D'accord, il nous faudra tout un service de tasses…mais un pas trop cher, cette fois !

—Ne vous inquiétez pas, le chorizo de la discorde a disparu depuis longtemps, mais dites-moi…Ron a l'air fort proche du grand-père ?

—Oh ça ? Il l'adore depuis tout petit…depuis qu'il lui a fait découvrir les échecs en fait, Pépé avait gagné pas mal de compétitions dans sa jeunesse…

—Ah bon ?

—Oui, je me rappelle encore quand il venait ici avec Mémé — Merlin ait son âme— les gosses s'en foutaient pas mal, car pour eux, les vieux ne servent qu'à distribuer des cadeaux à Noël. Tous sauf Ron, qui n'arrêtait pas de sauter dans les bras de Pépé pour se faire câliner. Puis un jour, Arthur et Pépé ont joué aux échecs devant Ron…Lui, il n'y comprenait rien, il avait à peine cinq ans, mais il regardait l'échiquier, complètement captivé, et essayait d'attraper les pièces avec ses petites mains…je dois avoir une photo quelque part…

Elle fouilla dans une armoire pour dénicher un album et le montra à Draco qui remplissait un filtre à café.

—Tiens, regarde…attends non, là c'est Ron à deux ans et demi, en train de manger les croquettes de Mushy, c'était notre chat…

Draco esquissa un sourire : Ron allait détester ça quand il lui apprendrait que sa mère avait osé lui montrer des photos de lui à l'époque où il était un mignon petit choupinet avec des petites mains potelées…

—Ah, voilà : Ron, cinq ans, assis sur les genoux de Pépé, en train de faire semblant de jouer aux échecs…comme il était fier !

Le cliché montrait le mini-rouquin, le visage très concentré, comme s'il était vraiment entrain de réfléchir à une manœuvre échiquéenne.

—Et puis, Pépé lui a appris à jouer, et il a vite compris comment ça fonctionnait. Moi, je lui ai appris les dames, il a vite compris aussi, mais ce ne l'intéressait pas autant…

—Et donc, il est si doué depuis tout petit ?

—Doué doué…il a tout de même pris du retard dans l'apprentissage de la lecture avec ça !

—Oui, mais, je veux dire…j'ai souvent entendu dire que Ron était véritablement fort aux échecs… en tous cas, l'échiquier géant de McGonagall…

—Ouais, ça tu peux le dire…Au début, Arthur et moi on jouait avec lui, et quelques fois Bill et Charlie, et à sept ans, il nous battait tous ! Sauf Pépé, évidemment, car c'est en quelque sorte de lui que Ron tient son talent…

Draco souleva le plateau chargé de tasses, cuillères, cafetière, pot à lait et sucrier et entra dans le salon. Septimus s'était à nouveau endormi, ses poils de nez frétillaient sous sa respiration et cela rendait Alita hilare. Draco se demanda comment cette épave burlesque pouvait avoir été un cerveau si brillant.

—Ah, au fait, Mistinguette, Dit Cius, J'ai quelque chose pour toi…

Il sortit un livre de sa poche de veste à motifs de dragons.

—J'ai entendu dire que tu aimais les pirates et les mangas…

—Les quoi ? Demanda Molly.

—C'est comme ça qu'on appelle le neuvième art au Japon.

—Le neuvième art ?

—La bande dessinée.

—Ah.

One Piece ! S'écria Alita, Mais c'est le Tome 9 ! On en est dézà au quarantième au moins !

Cius parvint à se retenir de hurler « Quoi ?! », se rappelant à temps que cela pouvait bien être vrai dans son époque.

—Oui, mais c'est un numéro en japonais, je sais que tu ne sais pas le lire, mais c'est un objet de collection…

—Merci ! De toutes façons, z'ai pas non plus de manga en anglais, c'est un peu beaucoup à lire, alors, ze les regarde sur le lordinateur de Mr Hal, il a plein de dessins animés dessus avec du télécherchement et des lillégals !

—Ah, ah…

—Pff, Fit Draco, Il fait vraiment n'importe quoi cet Esp…Hal.

Il s'installa à côté de Ron après lui avoir donné sa tasse de café.

—Merci.

—Tu veux un biscuit au chocolat avec ?

—Hein ? Euh…non. Non Merci, mais c'est gentil.

—Tu préfères les croquettes de Mushy ?

—Quoi ?

—Ooouuuuuu, Fit Théo, y'a Draco qui est aux petits soins pour son chéri !

—La ferme ! Répliqua Draco, provoquant le rire discret de Blaise devant son air outragé et son rougissement.

—Mushy…Murmura Ron.

—Ze peux avoir du café, Mamie ?

—Non, tu es trop petite. Bois ton cacao !

—Mais euh…

—Mais va d'abord ranger le livre que Cius t'a offert, tu vas faire des taches dessus !

—Rhoooo !

—Vous savez, Dit Cius une fois Alita partie, Au Japon, dès qu'un manga est lu, on le jette à la poubelle !

—Quoi ? S'effara Ron.

—Ouais, c'est imprimé en noir et blanc sur du mauvais papier, c'est extrêmement bon marché. Les gens les achètent pour tuer le temps dans le métro et à la fin du voyage, ils les balancent dans la première poubelle qu'ils croisent.

—C'est un sacrilège ! Dit Ron, Même si c'est du mauvais papier, je m'en fiche : les bandes dessinées sont faites pour être gardées, collectionnées et chouchoutées comme des trésors !

Draco rit intérieurement en pensant à l'étagère de la chambre de Ron, débordante d'albums.

—Ron, votre répétition s'est bien déroulée ? Coupa Hermione.

—Euh…ça va…

— Vous progressez ?

—Un peu, mais c'est toujours bof bof…

—En fait, Dit Cius, Quand on joue tous les deux, ça fait le même bruit qu'un écureuil qui dégringole les escaliers…

Lui et Ron partirent dans un rire nerveux.

—Et votre groupe s'appelle ASHEs donc…Dit Harry.

—Ouais.

—Vous pensez que ça veut dire quelque chose ?

—Un sigle ? Ouais, peut être, mais quoi alors ?

—Association de Salauds Hautement Emotifs et Sirupeux ? Suggéra le rouquin.

—Amateurs de Salades à la Harissa Emulsionnée en Soupe ? Pouffa Draco.

—T'es obsédé par la cuisine, toi !

— Ben, si ça se trouve en fait, ça veut rien, dire, y'a pas de sigle !

—Ouais…

—Ne vous inquiétez pas, Dit Hermione, Je suis sûre qu'un jour vous arriverez à jouer bien…

—Honnêtement, Dit Ron, J'étais entrain de me dire que l'alternative « provocateurs » était la plus envisageable, vu notre « talent »…

La brune haussa un sourcil dubitatif.

—Provocateurs ? Répéta Harry, Tu comptes jeter ta culotte dans le public?

—Tout a fait, Répondit Ron en se forçant à avoir l'air sérieux, Même que ça sera une culotte rose en dentelle!

—Si j'ai bien compris, Dit Cius, il s'agit plutôt d'un jeu sur l'ambigüité présumée des relations exactes entre nous…

Profitant que Molly était retournée en cuisine et que le vieux dormait toujours, il posa sa tasse et se leva, se plaça face à Ron et mis ses deux mains de part et d'autre de lui, sur le dossier de sa chaise.

—Par exemple, Poursuivit-il, si on fait un peu notre show sur scène, et que je fais ça…

Il commença à se frotter à Ron comme une strip-teaseuse à sa barre verticale. Harry se mit à rire et Blaise leva les yeux au ciel.

—En effet, vous devez allumer les adolescentes un peu perverses avec ce genre de numéro, Dit Hermione en croisant les bras.

—Je dois être une adolescente perverse alors, Dit Ginny, bavant presque alors que Cius faisait mine de lécher Ron au visage, son piercing à la langue étincelant à la lumière. Oh, oui, très perverse, pendant quelques secondes, j'ai même oublié qu'un des deux était mon bête frère ! C'est méga-sexy !

—Ginny ! Fit Harry, choqué.

Ron ne disait rien, il tourna la tête vers Draco, craignant que celui-ci ne soit encore jaloux. Heureusement, ce n'était pas le cas, il semblait même amusé. En revanche, si cela avait été Hal…Ils furent interrompus par un ronflement particulièrement retentissant, concordant avec le retour d'Alita qui reclapa la porte un peu fort derrière elle. Le vieux était réveillé et regardait autour de lui, déboussolé. Cius regagna rapidement sa place.

—Où suis-je ? Où est mon café ?

—Je croyais que tu n'en voulais pas, Railla Ginny.

—Mais si ! Répliqua Septimus en s'emparant de la tasse de Théodore sans se gêner, Au fait, c'est qui le hooligan ?

—Je m'appelle Cius, et je ne suis pas…

—Oh, Ronald, tu es là ! Viens dire bonjour à Pépé !

—Re-bonjour, Pépé !

—Dis, gamin, tu aimes toujours jouer aux échecs ?

—Mais bien sûr, voyons ? On joue une part ?

—Oui, va chercher notre échiquier !

—Yes ! S'écria Ginny.

—Pourquoi tu es si pressée de les voir jouer ? Demanda Harry.

—Tu verras, tu verras…En attendant, je me réserve une bonne place pour voir ce spectacle !

—Pôpa…Marmonna Alita, Tu peux me lire la suite des Orphelines ?

—Comment ça la suite ? S'étonna Draco, nous l'avons terminé hier!

—Oui, le premier livre, maintenant, il y a encore les douze autres…

—Les douze autres ?

—C'est la série écrite par Melony Snitchet ? Demanda Blaise.

—Euh…oui, Dit Draco en se tournant vers lui, Les aventures de Violaine, Madeleine et la petite Hélène , des orphelines à qui il arrive un tas de malheurs parce qu'un vilain pas beau veut leur piquer leur héritage…

—Je…Commença Blaise.

—Tu as envie de lui lire ?

—Euh…

—C'est vrai ? Tonton Blaise va me lire mon livre ?

—Quelle bonne idée ! Dit Ron, Hermione, tu devrais l'aider !

—Hein ? Quoi ? Fit celle-ci en sursautant, Moi ? Lire une histoire ?

—Ouais, y'en a un qui fait les personnages et l'autre le narrateur ! En tous cas, Draco et moi, on fait comme ça quand on lit tous les deux !

—Allez, allez-y ! Conclut Draco.

—Oui, mais euh…Balbutia Blaise.

—Je parie que si c'était May qui te le demandait, tu n'hésiterais pas ! Râla Draco en croisant les bras et en prenant un air boudeur.

—Bon d'accord, Hermione, tu viens ?

oOoOOOoOo

—Au fait gamin, tu connais l'histoire de notre échiquier ?

—Oui, Pépé, tu me l'as déjà racontée cinq fois…et c'était cinq histoires différentes d'ailleurs…comme la fois où t'as dit que c'était le Roi Arthur qui te l'avait taillé avec Excalibur !

—Pas du tout, Ronald, c'était en 1874 à Edimbourg, c'était le jour le plus froid du monde, mon cerveau avait gelé, alors j'ai été trouvé la vieille folle qui habitait en haut de la colline qui surplombe la ville et ses clochers…

—Euh…Pépé, tu peux jouer, c'est ton tour !

—Après qu'elle en ait fini avec le garçon à l'horloge à coucou, elle s'est occupée de moi et m'a greffé un échiquier dans le crâne et…

A quelques pas, les autres les observaient. Ginny en particulier, ne perdait aucune miette de leur duel.

—Il est toujours comme ça, ton papy ? Lui demanda Harry.

—Oui, c'est assez folklo, mais il y a des avantages…

—Quand il a dit à Ron d'aller chercher « leur » échiquier, il…

—Oui, Ron a hérité de son talent, alors il lui a aussi offert son échiquier, c'est pour ça qu'il est aussi vieux et usé…

—Cet échiquier sur lequel j'ai été humilié un million de fois, Dit amèrement Harry.

—Nous avons tous été humiliés au moins un million de fois, Dit Ginny, Et justement, Pépé me permet toujours de me venger…

—Tu veux dire que…

—Ouais : Pépé est la seule personne au monde à pouvoir vaincre Ron, parce qu'il a l'expérience en plus. Et comme moi, Ron me bat tout le temps, je savoure à fond !

—Alors c'était ça ? Répliqua Draco en s'incrustant dans la conversation, Tu voulais juste te foutre lui ?

—Ben oui, et quoi ?

—Il faut être soi-même vraiment minable pour se réjouir des défaites de quelqu'un d'autre !

—Tiens, tu défends Ron ? Fit remarquer Harry.

—Evidemment, c'est mon…

Draco resta bloqué devant la rousse et le binoclard. Les quelques secondes d'hésitation suffire à faire s'empourprer ses joues.

—Parce que c'est ce que je suis supposé faire ! Rebondit-il.

—Chuuuut, Fit Théo d'une voix très calme et quelque peu amusée, Ils essaient de se concentrer.

—En réalité, Dit Cius, Le vieux s'est encore endormi.

En effet, Ron haussait les épaules devant l'échiquier.

—Il ne changera jamais…

—Tu sembles beaucoup l'aimer, S'empressa de dire Draco, de manière à ce que Harry et Ginny ne réfléchissent pas trop longtemps à ce qu'ils venaient de voir et entendre.

—Ouais, Sourit le rouquin, Il est vieux, il est tout fripé, sa tête ressemble à un fruit pourri, il a des poils dans les oreilles et il n'arrête pas de radoter, mais c'est mon Pépé adoré, quoi !

—Oh, les poils dans les oreilles, tu sais à qui cela me fait penser, Ronnie ? Demanda Ginny, les yeux soudain très humides.

Les deux Weasley se regardèrent un instant et puis déclarèrent :

—Mushy !

—Qui ? Fit Harry.

—C'était leur chat quand ils étaient petits, Répondit Draco.

—Comment tu sais ça, toi ?

—Oh, Mushy était tellement gentil ! S'exclama Ron.

—Oh, tu te rappelles quand il avait griffé Papa ?

—Ouais, et quand il avait vomi dans les Rice Crispies de Charlie ?

—Oh, c'était trop mignon, il me manque tellement, mon Mushy !

—Je me demande ce qui lui est arrivé, Maman a toujours refusé de nous dire comment il était mort…

—Ah ! Mushy ! Vous voulez le savoir ? Fit le vieux en faisant sursauter tout le monde.

—T'es à nouveau réveillé Pépé ?

—C'était en 1983, ici, dans ce salon ! Fred était chargé d'empêcher Mushy de bouger, et pendant ce temps-là, Georges mettait des pétards du Dr Flibuste dedans…

—Comment ça « dedans » ?

—Il vous faut un dessin ?

—Quoi ?

—Puis, ils ont allumé les pétards, et paf ! toute une pluie d'étoiles rouges et bleues, et des morceaux de chat un peu partout, ici, là, et là-bas !

Ron et Ginny regardaient leur aïeul médusés.

—Oh, non, Mushyyyy !!!! Sanglota Ginny en se réfugiant dans les bras de Harry (qui ne trouva rien à y redire).

—Saleté de siamois diaboliques, ils méritent la potence ! Fulmina Ron en brandissant le poing.

—Euh…Fit Théo, Y'a Cius qui est dans les choux…

—Je ne me suis pas évanoui, je suis juste littéralement cloué au sol par ce terrible cas de violence envers un animal ! Quelqu'un peut m'aider à me relever ?

—C'est vrai que c'est triste, Admit Draco, pauvre petite bête…

—Enfin, bon, Dit Ginny en se reprenant, Continuez à jouer, voir perdre Ron va sûrement me remonter le moral !

Ron soupira en regardant sa sœur et se tourna vers son grand-père.

Celui-ci s'était encore endormi.

oOoOOOoOo

— « Et ce fut à cet instant précis que les orphelines comprirent avec effroi qu'Edmée, l'affreuse petite amie du triste sire, leur avait tendu un piège ! » Lut Blaise.

—« Aïlkaramba ! S'exclama Hélène » Conclut Hermione en prenant une voix de bébé.

— On pourrait en arrêter là ? Demanda Blaise, Je n'ai plus de salive.

— D'accord, de toutes façons, z'ai faim, faut demander à Mamie quand c'est qu'on manze…

Alita sauta du lit où ils étaient tous les trois assis et fila en bas en radotant quelques mots sans se rendre compte qu'il était impossible de l'écouter.

« Merde, je suis toute seule avec lui ! » S'effara intérieurement Hermione.

Elle rougit, mal à l'aise, tout simplement.

—Euh…Tu sembles beaucoup aimer les histoires pour enfants, Minauda-t-elle.

—Pourquoi dis-tu ça ?

— Et bien, je me rappelle que tu avais lu Matilda de Dahl alors que c'est un livre moldu…

—Comment tu le sais ?

— Tu te souviens, tu avais comparé Mademoiselle Petrova à Legourdin ?

— Ah oui, c'est vrai…

— Comment un sorcier de souche peut lire un livre pour enfants moldu ? Je sais que Draco en lit aussi, mais il se cache de son père pour le faire…

—Un des ex-maris de ma mère était un Moldu, et il m'avait fait ce petit cadeau…Comme ma mère ne me donnait jamais rien à lire…

—Ah…d'accord…

Elle se retint de lui poser la question qui lui brûlait les lèvres, à savoir : pourquoi Mrs Zabini collectionnait-elle autant de maris pour être une veuve de plus en plus riche ? Bien que la réponse fût évidente, il s'agissait surtout de rumeurs, et cela aurait pu vexer Blaise.

—Donc, tu aimes les livres pour enfants parce que tu n'en as pas eu quand tu étais petit ?

—C'est un peu ça oui…

—Blaise…Je me demande…

—Ouais ?

—Ça te dérange vraiment…mon sang…le fait que je sois une…

—Sang-de-Bourbe ?

Hermione se sentit comme figée par la foudre.

—Désolé si je te vexe, mais je suis trop habitué à employer ce terme.

—Il y en a d'autres pour désigner ce que je suis, et ils ne sont pas connotés péjorativement. Tu devrais faire un effort pour ne pas sous-entendre que mon sang est sale !

—Désolé, mais pour moi, « Née-Moldue » c'est un euphémisme.

—Euphémisme ? Tu sais que chez Moldus, c'est toi qui subirais le rejet de certains ?

—Hein ? Et pourquoi ?

—Pour une raison aussi stupide que celle pour laquelle certains sang-purs me rejettent, moi !

Ils se toisèrent de manière peu avenante pendant quelques secondes, jusqu'à ce que Draco et Ron n'entrent dans leur chambre. Hermione était furieuse que derrière ce que Blaise était en apparence — un type réservé et plus mature que Draco — se cachaient toujours les mêmes préjugés récurrents chez les jeunes Serpentards. Et Blaise n'appréciait toujours pas le côté autoritaire d'Hermione.

—Tu n'as qu'à faire comme moi, Blaise, Dit Draco, Tu peux facilement dire du mal d'elle sans évoquer son sang, elle a suffisamment de travers en dehors de ça…

—Arrête un peu ! Soupira Ron en lui donnant une tape amicale, Et à part, ça, Blaise, Théodore est sur le point de s'en aller…Si tu pars avec lui…

—Ouais…Vous avez l'air de bien vous entendre, tous les deux…

—Quoi ?

Ron et Draco échangèrent un regard très malaisé.

—Ouais, depuis ces quelques semaines où vous m'obligez à venir (en essayant dès que possible de faire en sorte que je sois seul avec elle) vous avez l'air de plus en plus…

—...sur la même longueur d'onde, Termina Hermione.

—C'est parce qu'il le faut bien ! Décréta Draco pendant que Ron comptait les taches au plafond.

Des touches de couleurs apparurent sur son visage et Hermione eut une fois de plus la tête de celle dont le cœur est entrain de passer sous une tondeuse à gazon.

—Et vous, ça marche ? Demanda Draco.

Blaise jeta un œil à la brune.

—Pas vraiment, je ne suis pas encore assez roux, il me semble.

Hermione se figea : si Blaise se rendait compte qu'elle n'arrivait pas à ne plus aimer Ron, c'était le pire !

—Essaie de manger des carottes, Plaisanta Draco, On ne sait jamais qu'à force…

Les quatre jeunes gens descendirent les escaliers en silence. Ron passa en premier et Draco se fit la réflexion, en fixant ses cheveux, que cette jolie couleur n'allait pas à tout le monde, et certainement pas à Blaise.

En bas, Théodore les attendait, sans impatience, en fait fasciné par les élucubrations de Septimus qui expliquait à Alita comment il avait inventé le café.

—Vous vous en allez dézà ?

—Et oui, petite puce !

—C'est dommaze que May et Tristan soient encore malades…

Hermione ayant initialement inventé que Blaise, Tristan et May étaient partis en vacances sans elle, pour le faire venir au Terrier, on avait raconté à Alita qu'ils étaient revenus mais que les deux petits jumeaux étaient atteints de varicelle et ne pouvaient pas venir en même temps que leur Papa. Et comme Hermione n'avait pas fait la varicelle quand elle était petite, elle n'avait pas le droit de retourner vivre avec eux au risque d'être contaminée, ce qui serait dangereux à son âge.

—Mais tout de même, Chuchota Ron à l'oreille de Draco, Cette excuse commence à être périmée, ça fait quand même plusieurs semaines qu'ils ont cette varicelle, il va falloir trouver autre chose !

—Pas de problème, dans quelques jours, on change de lieu de résidence, on va habiter au Manoir Malfoy, or, mon père accepte rarement que je reçoive des gens…

—Même tes copains de Serpentard ?

—Oui. A la limite, il voudra bien que Théo vienne une ou deux fois, car il s'entend bien avec son père…

Ron se retint de dire « Ouais, je vois bien les deux ex-Mangemorts ! »

—Mais il ne permettra pas que Luna l'accompagne. Blaise, il ne l'aime pas trop…enfin, il n'aime pas sa mère…quant à tes amis à toi, oublie ! Surtout Hermione. Même toi et Alita en fait, il fait un gros effort parce qu'il y est obligé, mais je parie qu'il désinfectera la maison dès qu'on sera partis…

—Super…Donc, il suffira qu'on dise à la petite que Papi Lulu est un méchant bonhomme qui n'aime personne, c'est ça ?

—Oui, si j'ai bien compris, elle ne l'a jamais vu car j'ai coupé les ponts avec mes parents…

Une fois Blaise et Théodore partis, Cius prit également congé.

—Attends une minute, Dit Septimus, Tu es sûr que tu ne veux pas rester dîner ? Molly a fait du steak de mammouth, je l'ai chassé moi-même !

Il fit un clin d'œil à Alita.

—Mais non, Pépé, il aime pas ça, lui, il est vézétarien, il aime que les steaks de plante !

— Ah, bon ? Et une salade de fougères jurassiques, ça te dit ?

—Euh… Il faut que j'y aille, Répondit le jeune-homme en disparaissant.

—Au fait, c'était qui ce hooligan ?