Pour commencer : un grand merci à tous ceux et celles qui me soutiennent pour cette histoire casse-burnes dont il vaut mieux ne plus parler, au risque que je m'énerve encore. Tentons de prendre ça avec le sourire, et revenons-en à nos griffons, enfin, à notre griffon roux et sa petite vipère, qui essaient de s'en remettre, de leur baiser imprévu…


Chapitre vingt-deux : WTF ?

Ron se réveilla le premier. Il resta quelques instants à moitié conscient, dans cet état béni où on ne se souvient pas de qui on est, et cela fait généralement du bien, à fortiori quand on vit une vie assez mouvementée et pleine de surprises pas toujours agréables, dans le genre de celle qu'il allait découvrir ce matin-là…

Il ouvrit les yeux et fixa le plafond, hypnotisé par les taches qu'il regardait sans les voir. Il faisait particulièrement chaud, remarqua-t-il, ses draps de lit devaient être collés à lui par la sueur.

Sauf que les draps n'y étaient pour rien.

Il tenait Draco serré contre lui. Et c'étaient leurs peaux qui donnaient cet effet plaquant.

Il songea, pas encore trop paniqué, qu'il pouvait l'avoir confondu avec un autre dans son sommeil. Mais confondu avec qui au juste ? Son nounours de ses trois ans, transformé en grosse araignée par Fred ?

La mémoire de la veille lui revint ensuite : le baiser, le baiser, le baiser…Non, il n'avait pas oublié. Quelle tuile, mais bon… Es la vida. Mais apparemment, il avait oublié autre chose de beaucoup plus embêtant.

Pour commencer, pourquoi Draco était-il dans son lit ? Ils n'étaient plus à Azúcar Culebra, ils dormaient séparément. Il comprit rapidement que leurs deux lits avaient été rapprochés et mis côte à côte.

Puis il remarqua que Draco était entièrement nu dans ses bras.

Et qu'il l'était aussi.

D'où le fait que leurs peaux étaient en contact.

Il se refroidit en un clin d'œil alors que son cœur s'emballait. Mais enfin, qu'est-ce que cela voulait dire ? Il réveilla le blond en vitesse. Celui-ci grogna, et peu à peu, retrouva son état d'éveil et se mit lui aussi à paniquer.

Tous deux se retinrent de crier.

—Mais…mais…que ce passe-t-il ?

—Je ne sais pas…je n'ai pas la moindre idée de ce qu'on a fait hier soir…enfin, on s'est mis au lit et j'ai tenté de dormir malgré que….Mais après j'ai aucun souvenir !

—Moi non plus…Mais est-ce que ça voudrait dire qu'on a…

Draco eut du mal à formuler la chose :

—…couché ensemble ?

—Tout semble l'indiquer…sauf que je n'ai aucun souvenir de ça !

Draco se prit la tête dans les mains.

—Pourquoi on ne se souvient pas d'une chose pareille ? Que cela ait été fantastique ou lamentable, cela ne peut pas s'oublier en l'espace d'une nuit !

—Je ne comprends pas non plus…Qu'est-ce qui aurait bien pu nous pousser à nous envoyer en l'air tous les deux, et surtout qu'est-ce qui nous l'a fait oublier ?

Il fit passer ses mains sur le matelas autour de lui, espérant trouver des traces collantes qui auraient pu témoigner de ce qui s'était passé.

—Je suis incapable de dire à quoi tu ressembles nu, Dit Draco.

—Pareil. Enfin, si on l'a fait dans le noir…

—Dans ce cas, j'aurais enfin résolu le mystère de ton piercing peut-être inexistant…

—A moins que n'aies été très très égoïste…

—Je n'ai absolument pas mal au…fondement, ça donne au moins un indice : j'étais l'actif ! Triompha le blond.

—Je n'ai pas mal non plus, Répliqua le roux, Alors, à moins que tu ne sois tellement mal monté que je n'aie rien senti, tu ne m'as pas pénétré cette nuit…D'ailleurs, rien n'indique qu'on a forcément pratiqué la sodomie…p'tête même qu'on s'est contentés de se toucher…

—Cela a du nous dégouter, alors…

Ils se redressèrent en silence et de concert, s'empourprant à vue d'œil.

—Oh, non…Murmura Ron en fixant la silhouette d'Alita toujours endormie dans son propre lit, On n'a quand même pas fait ça alors qu'elle était là dans la même pièce ? Quels pervers !

Draco la fixa également, choqué. Puis ils se regardèrent à la dérobée.

—On devrait se rhabiller.

—Je n'ai pas envie que tu me regardes, ça me gêne.

—Idem.

Ils se tournèrent le dos pour remettre leurs pyjamas jetés sauvagement sur le sol.

—C'est curieux que l'on ne veuille pas se voir à poil…Je me suis retrouvé des tas de fois dans les douches du Quidditch avec Harry et ça ne m'a jamais posé de problème de ce genre…

—Quoi ? S'éffronta Draco, une pointe de jalousie dans la voix.

—Et il n'a jamais du se baisser pour ramasser un savon, si tu vois où je veux en venir, alors calme-toi.

—Je suis calme !

oOoOOOoOo

—Vous avez l'air encore plus bêtes que d'habitude, Leur fit remarquer Harry en les voyant rejoindre la table du petit déjeuner.

—Tu veux dire qu'on te ressemble ? Répliqua Draco.

—Vous avez réellement l'air bizarres, Dit Hermione, soucieuse, alors que Harry ne répondait pas à la provocation de Draco, préférant embrasser langoureusement Ginny.

—Vous avez de la chance que P'pa et M'man ne vous voient pas, Leur dit Ron, Mais Draco, arrête de te frapper la tête contre le mur ! C'est si terrible de les voir s'embrasser ? Mais arrête, tu vas te blesser !

Il se précipita pour l'empêcher de se faire mal, le prenant dans ses bras par les épaules.

—Tu sais à qui tu me fais penser ? Dobby !

Draco grimaça à cette évocation.

—A propos d'Elfes, Dit Hermione, Il va falloir que je fasse quelque chose pour Jill et Lill, les deux esclaves des Zabini !

—Oh, mais y'en a rien à foutre de ton truc ! Lâcha Draco, Comment ça s'appelle déjà ?

—S.A.L.E., Dit Ron.

—« Hermione Granger ou l'art de s'auto-ridiculiser » !

—Je suis certaine que Cius m'approuverait !

—Rien à foutre !

—Arrêtez, Gémit Ron.

Ils firent silence. Il ne restait plus que Harry et Ginny qui se murmuraient des mots tendres.

—Je hais les couples, Dit Hermione en les lorgnant, Je hais les couples qui me rappellent que je suis seule, je déteste les couples, je les hais, tout court…

—Mon cœur ! Dit Ginny.

—Mon amour ! Dit Harry.

Draco, Ron et Hermione firent semblant de vomir tous les trois en même temps.

—Vous savez qui ils me rappellent ? Dit Hermione, Rond-Rond et Lav-Lav !

—Oh, la ferme ! Répliqua piteusement « Rond-Rond », Tu vas me reprocher d'être sorti avec elle jusqu'à la fin des temps ?

—Oui, Ronald !

—Maldita mujer…

—Ne parle pas en espingouin, tu sais bien que ça m'énerve, Dit Draco.

—Pourquoi ? Demanda Hermione.

—Parce que ! Crièrent Ron et Draco avant de se regarder en rougissant.

—Bon, calmez-vous, parlons d'autre chose, si vous voulez…Euh…ah oui, hier, Rogue a répondu à mon appel, Dumbledore, j'attends toujours, et ce matin, Tonks m'a envoyé une lettre assez bizarre pour expliquer pourquoi Remus et elle ne sont pas disponibles…Mais je ne sais pas trop si je dois la croire…

—Pas disponibles ? Mais la pleine lune est passée, pourtant ?

—Bah, lisez…

Elle leur tendit la lettre, Ron lut à voix haute:

« Chère Hermione,

J'ai bien reçu ta lettre et c'est vrai que c'est un sujet préoccupant, mais malheureusement, nous n'allons pas pouvoir t'être d'une grande aide pour l'instant car je traverse une période difficile.

Remus a disparu !

Comment est-ce arrivé, vas-tu me demander ? Et bien voilà : Teddy adore les peluches, il en a toute une collection, je crois bien qu'aucun bébé n'en a jamais eu autant. Remus et moi ne parvenons pas à lui résister quand il pleure pour en avoir une de plus. Du coup, il n'y avait plus de place dans sa chambre pour toutes les caser, nous les avons donc entreposées dans notre chambre d'ami où elles commencent à monter jusqu'au plafond, même qu'on a du mal à refermer la porte et les fenêtres tellement il y en a, même qu'on a peur que les murs pètent sous la pression !

Hier matin, Teddy s'est mis à pleurer parce qu'il voulait Zaza le zèbre, qui se trouvait dans cette pièce. Remus est monté pour la chercher, et j'ai tout à coup entendu un grand bruit, comme un grondement : c'était un océan de peluches qui s'était déversé sur Remus alors qu'il avait ouvert la porte de la chambre. Je suis alors montée à mon tour et j'ai plongé parmi les nounours, mais impossible de retrouver mon homme, il a disparu !

Et je n'ai pas non plus trouvé Zaza le zèbre, Teddy et moi sommes tous deux privés de quelqu'un à câliner jusqu'à ce qu'on les retrouve !

Tu comprendras donc que la situation est critique et que nous ne pouvons pas t'aider pour l'instant.

Bien à toi,

Nymphadora Tonks »

Même Harry et Ginny regardaient la lettre d'un air interrogateur.

—En effet, c'est un peu gros…Perdu sous les nounours…tsst…Dit Ron très distraitement.

Il en faisait le maximum pour avoir l'air uniquement concentré sur l'histoire de Tonks, pour éviter de penser à un sujet beaucoup plus préoccupant. Draco s'était servi des céréales mais les triturait dans son lait avec la cuillère.

—Sincèrement…Il y a quelque chose qui ne va pas ? Demanda gentiment Hermione.

—Rien, mêle-toi de ce qui te regarde ! Lui répondirent-ils.

— C'n'est pas la peine d'être désagréables !

— J'n'ai pas faim ! Annonça Draco en se levant.

—Moi non plus ! Dit Ron en l'imitant.

—Mais qu'est-ce qu'ils ont encore ces deux-là ! Se désola Hermione, Ils sont vraiment…chiants !

oOoOOOoOo

—Je ne t'en voudrai pas de ne pas vouloir répéter avec Cius aujourd'hui, Dit Draco alors qu'ils profitaient d'un instant sans Alita, celle-ci préférant s'amuser à ennuyer sa tante.

—Au contraire, je me demande si ça ne me ferait pas du bien de m'évader un peu…quoi que…c'est quand même un peu à cause de lui…s'il n'avait pas voulu faire semblant de m'embrasser, je n'aurai pas avoué pour Hal, et si j'avais pas avouer pour Hal, toi, tu n'aurais pas eu l'audace de…

—N'en parlons plus, veux-tu…

—Ok…

—N'empêche que je me demande comment…

—T' as dit que tu ne voulais plus en parler : je m'en rappelle, c'était il y a trois secondes !

—Misère…

Draco se laissa tomber comme une masse sur son lit, toujours pas fait et toujours pas séparé de celui de Ron.

—Dis-moi…Comment on en est arrivés là ?

—Ben tu sais bien…Le Temps avec un grand T nous y destine, et on ne peut pas le contredire, parce qu'il est plus balèze que nous…

—C'est quand même hallucinant…Alors, on est supposés être amoureux rien qu'à cause d'une boucle temporelle…Il n'y a pas donc pas de vraie raison à notre amour ? C'est comme pour le bouquin dans le paradoxe de l'écrivain : la cause première a disparu…

« Ou alors, elle n'est pas encore apparue » Songea Ron.

Draco fouilla sa valise.

—Qu'est-ce que tu fais ?

—Je prends mon cadeau d'anniversaire…il est temps qu'on l'utilise…

—Euh…tu ne parles quand même pas de La panoplie du sorcier érotique ? C'est pas parce que maintenant on est intimes que…

—Je ne faisais pas allusion à ce cadeau-là.

Il sortit de ses affaires le carnet de « billets de tombola » que Ron (Remus) lui avait offert et regarda chaque fiche attentivement pour en choisir une de circonstance, le rouquin s'assit à côté de lui pour regarder.

—« Si tu es en colère, tu peux passer tes nerfs sur moi »…Tu veux me frapper ?

—Je ne sais pas…Tu n'y es pour rien, ou du moins, je suis aussi coupable que toi…il faut être deux pour faire ça…Mais j'avoue que ça me ferait du bien de rejeter toute la faute sur toi…

—Le fait que tu me l'expliques désamorce un peu le processus à mon avis…

—Je te jure que j'ai un trop-plein de rage à évacuer sinon j'explose !

—Bon ben alors…vas-y !

Ron s'empara du billet et le déchira, comme un ouvreur de cinéma.

—C'est ta faute ! Dit Draco d'un ton morne.

—Euh…c'était ça ta rage à évacuer ?

Le blond le fixa avec des yeux brillants, voir humides.

—Je…je peux pas…

Draco voulut se détourner. Et Ron se rendit compte qu'il avait envie de le serrer contre lui, juste parce qu'il ne voulait pas le voir triste plus longtemps.

Il savait que Draco n'accepterait jamais un tel geste. Draco ne supportait pas les accolades. Mais néanmoins, Ron ne résista pas.

Et Draco se laissa faire.

—Je ne me rappelle pas avoir demandé à utiliser le billet « Câlin gratuit ».

—Eh… ben…

Harry passa devant la porte de la chambre en sifflotant gaiment. Il jeta un regard bref à travers l'écartement de la porte et passa outre, avant de revenir à reculons, s'étant rendu compte que Ron et Draco s'enlaçaient.

...

—Je ne sais pas si c'est une bonne idée…Poursuivit le blond, La dernière fois que tu m'as pris dans tes bras comme ça, je t'ai embrassé, et puis on est passés au sexe…

—Yeurk ! S'exclama le Capitaine Discrétion, les faisant sursauter et se détacher l'un de l'autre.

—..., Commenta Ron.

—..., Renchérit Draco.

—..., Subodora Harry.

Le binoclard battit des paupières et les regarda comme s'il avait affaire à des aliens.

—Je vais vous laisser ! Dit-il nerveusement.

Il tourna les talons et sortit le plus rapidement possible.

—Et merde ! Dit Draco, Qu'est-qu'on va faire de lui ?

Ron lui tendit le billet « Je t'aide à te débarrasser du corps ».

—Non quand même pas, c'est ton meilleur ami, tu ne veux pas que je le tue ?

—Ah, vraim…Depuis quand tu te soucies de mes amis ?

—Ben c'est que…ben…

Soudain, les yeux de Ron s'agrandirent.

—Merde, j'allais oublier : on est le 31 juillet !

—Et ?

Ron se mit à son tour à fouiller ses affaires, pour en sortir un paquet de Chocogrenouilles.

—D'abord Alita, Maugréa-t-il, Puis toi, et maintenant Harry…vivement MON anniversaire à MOI !

—Ah…Fit Draco en voyant sortir de la chambre, ses chocolats à la main.

—Harry, bon anniversaire !

« J'ai quand même eu droit à mieux que des friandises, moi » Remarqua Draco.

Il entendit retentir les pas précipités de Ron dans le couloir, puis sa voix :

—Bon anni…euh…ben…mais…non, en fait je sais pas…mais laisse-moi parler Hermione ! Rhooo, Harry, pourquoi tu lui as dit ? Mais non ! J'ai pas couché avec lui ! Enfin, peut-être, je sais pas…C'est bizarre ! Mais ça suffit les questions ! Je comprends rien…fichez-moi la paix…non mais…j'en sais rien…Je me rappelle pas…foutez-moi la paix bordel ! Je l'ai embr…Oh, et puis merde !

Ses pas reprirent et il réapparut dans la chambre, plus rouge qu'une pivoine.

—Figure-toi que…

—Je sais, j'ai entendu…

—Ouais ben ça me gonfle ! C'est déjà assez le bordel dans ma tête comme ça : j'ai couché avec un mec que je n'aime pas et en plus, j'm'en souviens pas ! Pas besoin qu'ils viennent m'énerver en plus en me posant des questions alors que j'en sais à peine plus qu'eux, mais non, ils veulent quand même savoir ! Marre !

—Tu n'es pas toujours en phase avec tes propres amis…

—Quoi, c'est ta découverte du jour ?

—Non, ça, ça fait depuis longtemps que j'ai remarqué que parfois tu te brouillais sérieusement avec l'un des deux…à croire que t'aimes ça, te bouffer le nez à tout bout de champ avec quelqu'un…

—Si tu savais, j'adore me prendre la tête avec les gens, je peux pas m'en passer, c'est comme une drogue ! Railla le roux.

—Hum…

Ils s'assirent tous les deux côte à côte sur le lit de Draco, sans oser se regarder.

—Qu'est-ce qui m'arrive ? Murmure Ron.

—De quoi ?

—Je sais pas…je me sens…bizarre…comme si j'avais oublié quelque chose mais que je l'avais sur le bout de la langue…un peu comme quand tu viens de terminer un puzzle mais que tu te rends compte qu'il manque une pièce !

—Je me sens un peu comme ça aussi…

Draco s'allongea sur le lit et ferma les yeux. Ron resta assis mais ne voulait pas le regarder, alors il lui tourna le dos.

—Qu'est-ce que tu ressens ? Demanda-t-il.

—Pareil que toi : confusion, confusion, confusion…Je répète ce que j'ai dit tantôt : comment un amour sérieux peut-il être basé sur une exigence sans causalité d'une boucle temporelle ?

Ron soupira, ce langage alambiqué lui rappelait le jargon de psy que Clara pouvait avoir quand elle oubliait la vulgarisation scientifique. Négligemment, il se rappela de la jeune-femme à lunettes et de ses techniques pour fouiller l'âme des gens, qui n'avaient servi à rien jusque là. Et il se demandait toujours pourquoi Draco était ressorti si troublé de son cabinet le fameux jour…

Puis, il en revint à la première séance, celle lors de laquelle ils avaient crachés tout ce qu'ils détestaient chez l'autre :

Sauf que Ron ne jugeait plus que Draco était « trop con » à présent, il n'était pas plus idiot qu'un autre. Manipulateur, il l'était un peu, mais pas toujours à mauvais escient, comme il le croyait, il n'avait pas tant cet « esprit tordu de Serpentard ». Il pouvait être aimé d'amitié, Cius, Emy et Satin n'avaient rien à voir avec les serviles Crabbe et Goyle, et même Hal l'aimait beaucoup bien que cela ne soit pas réciproque. Il n'était pas non plus si snob et pédant que cela : certainement un peu lâche, mais pas si tricheur que ça. Et il aimait vraiment s'occuper d'Alita, elle le faisait sourire, et ça le rendait beau, et il avait fini par faire des efforts avec Harry et Hermione. Il aidait Molly à cuisiner et acceptait son enseignement. Il ne passait pas sa vie à frimer, il avait des complexes, des blessures cachées peut-être, il était fragile, et se protégeait comme il pouvait, sans doute avait-il besoin que quelqu'un l'aide et joue le rôle de bouclier…

Son mépris des Moldus semblait s'être calmé. Qu'Emy y soit pour quelque chose ou non avec sa maxime « On n'écrit pas avec une baguette mais avec une plume », mais Draco était ouvert à la littérature moldue. Et il s'était découvert une passion pour l'art culinaire, et prenait plaisir à les gâter, lui et Alita, un plaisir sincère…Ce n'étaient pas de mauvaises occupations, cela montrait un Draco Malfoy bien différent de celui que Ron avait toujours imaginé : passant ses journées à travailler sa répartie blessante dans le but de l'envoyer dans la tronche de quelqu'un qui ne lui avait rien fait !

Il avait appris à prendre soin des autres, même s'il était maladroit, très maladroit. Il était toujours un peu arrogant et précieux, mais son humour tombait souvent très juste.

Et il avait la classe, ce qui ne gâchait rien.

—Draco ?

—Mmm ?

—Tu penses que je ne suis qu'un pauvre con ?

Le blond leva un sourcil interrogateur.

—Ça dépend…quand tu fais une connerie, t'as l'air con, CQFD, mais le reste du temps, ça va…

—Non, mais est-ce que tu penses que je suis un bouseux qui vit dans une chaumière ?

—J'avoue que tu es moins pauvre que ce que j'imaginais…puis j'appréhende demain…retourner au Manoir…ce n'est pas la même ambiance…

—Tu trouves que je suis un pauvre débile toujours soumis à ses amis, incapable de se défendre tout seul et complètement naïf?

Draco plissa les yeux, se demandant ce que Ron lui voulait exactement. Il répondit patiemment :

—Ben, pas tellement…tu te laisses pas faire en général…tu es sûrement un peu trop généreux et ça te joue des tours, mais t'aimes pas ça quand les autres essaient de te dominer, je le vois bien…Mais pourquoi est-ce que…

—Attends, j'ai d'autres questions : tu trouves que je me prends pour le Sauveur de l'Humanité qui défends les grandes causes?

—Ben non, tu t'appelles pas Harry Potter…

Il commença à perdre patience.

—Justement, mes amis, qu'est-ce que tu en penses ?

—Ils sont parfois débiles, mais visiblement tu les aimes, alors je fais avec.

—Tu trouves que j'ai un humour stupide ?

—Pas vraiment…enfin, si parfois, mais je crois que je ne suis pas mieux…Mais pourquoi tu me demandes tout ça, c'est pas trop le moment…

—Tu trouves que je suis moche et mal habillé ?

—Tu n'es pas mal habillé, juste un peu négligé, mais…

—Et moche, est-ce que je le suis ?

—Ça comment à m'énerver, pourquoi tu poses toutes ces questions ? Tu traverses une crise existentielle ou quoi ?

—Est-ce que je suis moche ? Insista Ron.

—Non, t'es même plutôt mignon, voilà, t'es content ? Hurla Draco, pas loin du sommet de l'énervement.

Il se tut environ une seconde et trois quarts, puis reprit, d'une voix plus aigüe, le teint s'empourprant :

—Euh…mais ne viens pas croire que parce que j'ai dit ça…euh…j'étais objectif !

Ron le dévisageait, les lèvres entrouvertes.

—Draco…Tu te rappelles quand Evelina nous avait demandé de dire tout ce qu'on détestait l'un chez l'autre ? Ben, je viens de tout passer un revue, et je me suis rendu compte que l'essentiel a disparu…il ne reste que des petites choses négligeables…

—Tu veux dire que…

Ron acquiesça.

—Ouais…les raisons pour lesquelles on se déteste à la base sont parties…Même les solides, comme le fait que tu n'aimes pas les Moldus, ce que je ne peux vraiment pas accepter de toi…Ben, quand tu as dit à Blaise qu'il ne fallait pas détester Hermione à cause de son sang…

—Attends, nuance : j'ai dit qu'elle avait des tas de défauts qui méritent le mépris mais que son sang on s'en foutait…

—Mais ouais, mais c'est ça, ça j'aime bien !

Draco éclata d'un rire nerveux.

—Attends…attends…ne me dis pas que…non…

—On ne se déteste plus…tu me l'as même dit hier !

—Oui, et après ? Va au bout de ton raisonnement !

Ron rougit, pas tout à fait sûr de vouloir exprimer le tout, de peur d'avoir l'air ridicule.

—Ben, si on ne se déteste plus, et qu'on se fréquente, on est au minimum…des potes, non ?

—Eh, minute, papillon, j'aime pas ce que tu essaies d'amener, là, et puis, pour des « potes » on se dispute un peu trop…

—Hermione est mon amie et je me dispute souvent avec elle…Et cela ne nous a pas empêchés de flirter…

—Tu n'es quand même pas entrain de comparer notre pseudo-histoire d'amour avec ta pseudo-histoire d'amour grangérienne ? Je ne veux pas que cela ressemble à ça ! Je trouve ça insultant, tu entends ? Mais Ron ! Pourquoi baisses-tu les yeux ? Et arrête de rougir comme ça et…Non…Non…pitié non…c'est pas vrai…tu ne peux pas…non arrête !

Il prit le roux par les épaules et le secoua.

—Tu n'es pas amoureux de moi, ok ? Ça ne peut pas arriver! Tu es juste perturbé par ce qui nous est arrivé ce matin, mais ne sois pas si faible, tu te fais abuser par les apparences !

—Mais…

—C'est dans ta tête, d'accord ? Sois rationnel un quart de seconde et tu verras !

Ron ferma les yeux et respira profondément.

—Tu as raison, Admit-il.

Draco rougit à son tour, mais ne s'en rendait pas compte. Et Ron pensa « Oui, mais n'empêche que… »

oOoOOOoOo

—T'as pas honte, mon 'tit loup, de mentir à Hermione comme ça ?

Remus et Tonks parurent gênés au milieu de leurs occupations : l'une entrain de donner son biberon à Teddy, l'autre entrain de se biberonner un cacao frappé.

—Ose nier que tu aurais fait pareil ! Gronda Remus en regardant sévèrement Sirius.

Celui-ci éclata de rire.

—Woahaha, t'as entendu ça, Sev', Remus et Dora, ils ont inventé une histoire d'avalanche de peluches pour cacher le fait qu'ils avaient prévu un week-end érotique…

—Oui, j'ai entendu, Répondit ledit Sev en sirotant son café irlandais frappé.

—Pourquoi vous avez arrêté, au juste ?

—Les remords, Dit Tonks, et puis, j'arrive plus à me concentrer sur le plaisir physique depuis que Teddy est là, j'ai des hallucinations auditives : j'ai l'impression de l'entendre pleurer et me réclamer tout le temps, et ça casse carrément l'ambiance…

—En attendant qu'il fasse ses nuits, je suggère que Remus ait sa place entre moi et Sev…

Sirius se fit frapper par un cacao et un café irlandais frappés, et les deux autres hommes déclarèrent, avec un unisson parfait :

—Arrête tes idioties ou je réponds « oui » !

Ce qui eut naturellement pour effet de rendre Patmol encore plus hilare.

—Il était déjà comme ça du temps où vous étiez quatre ? Demanda Severus à Remus.

—Je dirais qu'il s'est calmé depuis, Soupira le lycanthrope, C'est dire…

—L'amour est vraiment une chose étrange, Murmura l'ex-professeur comme pour lui-même, bien que parfaitement audible, Je me demande comment ça se fait que…Il est parfois très disjoncté, ce mec, il me rend tout simplement dingue et je l'ai tellement haï par le passé…mais voilà, je ne peux pas me passer de lui…

Remus haussa les épaules.

—Je pense qu'il ne faut pas trop se poser de questions…l'amour est étrange, c'est vrai…c'est pas rationnel, c'est intouchable, il faut être fou pour prétendre tout comprendre et tout maîtriser…alors, je crois que le mieux à faire quand on est amoureux, c'est d'arrêter de se prendre la tête de se laisser transporter…pour ainsi vivre des choses merveilleuses sans penser à rien d'autre…

—« Remus Lupin ou l'art d'annuler la relation oxymorique entre " maraudeur" et "intelligent" », Dit Severus d'un air rêveur.

—Merci, Répondit Remus en rougissant face au compliment…Je songe à Ron et Draco aussi quand je dis ça….parce qu'eux, ils s'en posent trop des questions…

—Quand je pense qu'ils se sont embrassés hier, Intervint Tonks, C'est un progrès à noter !

Soudain, Sirius se mit à rire à gorge déployée, sans raison apparente.

—Ah oui, Ron et Draco ! S'exclama-t-il avant de s'esbaudir de plus belle.

Les autres le regardèrent intrigués. Même Teddy qui recracha son lait. Remus et Tonks haussèrent les sourcils et Severus fronça les siens.

—Pourquoi tu ris, Patmol ?

—Qu'est-ce qu'il y a de drôle concernant Ron et Draco ?

—Il a sûrement fait quelque chose de crapuleux, pour rire comme ça, Commenta Severus.

—Et tu peux calculer le degré de crapulerie d'après l'ouverture de sa bouche, Ajouta Remus.

La question fut donc reformulée :

—Patmol, qu'est-ce que tu as fait de si drôle ?

—Rien hinhin, Fit-il.

Trois soupirs se firent entendre. Même quatre, Teddy aussi.

—Qu'est-ce que tu as fait ? Insista Severus alors que Sirius continuait.

—Laissez-tomber ! Parvint-il à articuler.

—Je n'ai pas envie de chipoter, Déclara Severus en sortant sa baguette.

—Et Sev', mais qu'est-ce que…

Legilimens !

—Mais euh !

Le visage de Rogue changea de couleur.

—Tu n'as quand même pas fait ça ?

Le rire de Sirius laissa place à un sourire faux-cul.

—Qu'est-ce qu'il a fait ? Interrogea Tonks, mais elle fut ignorée.

—Mais où as-tu été pêché une idée pareille ? Sourcilla Severus.

—Ben euh…reconnais quand même que ça pourrait marcher !

—De quoi ? Fit Remus.

—Et d'ailleurs, si ça marche, ça fera de moi un génie !

—Mais de quoi ? S'énerva Tonks.

—Je crois plutôt que tu vas aller réparer ta gaffe ! Dit Rogue en se levant.

—Mais je…

—Remus…Nymphadora…au revoir ! Désolé de partir si tôt !

—Appelle-moi Tonks, foutredieu !

Severus attrapa Sirius par l'oreille.

—Aïe ! Mais je veux pas y aller ! Ils vont me détester !

—Il le faut !

—Pfft. Teddy, aide-moi, mon sous-filleul ! Gémit Sirius.

La porte se referma sur eux.

—A ton avis, qu'est-ce qu'il a fait ? Demanda Tonks.

—Je ne sais pas…Mais connaissant Sirius, il devait être bourré.

oOoOOOoOo

« Penser à autre chose » Se morigénaient-ils, mais ce n'était pas faisable. Heureusement, Alita ne semblait rien deviner de ce qui se passait.

—Voilà ! Dit-elle en tendant un papier à Ron, C'est une chanson que z'ai écrite pour ASHEs, comme tu as suzzéré.

Elle avait même écrit la date : 31 juillet 2009 selon elle. Elle se pensait donc dix ans plus tard. Ce qui leur donnait trois ans pour s'aimer, se marier et l'adopter, calcula Ron.

—Ze vais la chanter, d'accord !

—On t'écoute, Dit Draco.

Alita s'éclaircit la gorge de manière très professionnelle (comme s'il y avait une manière professionnelle de s'éclaircir la gorge !) et mima un grattement de guitare en s'égosillant comme si elle essayait d'imiter un chanteur de Death Metal en pleine agonie théâtrale sans y arriver, ce qui fit que Ron et Draco échangèrent un regard amusé. Juste avant de redevenir nerveux par le simple fait de sentir la présence de l'autre à leurs côtés.

—On eesssst les piraaaaaaates de la moooooorrrrt qui tuuuuuueeeee !!!! On va ziiiiigouiller les paysans qui puuuuueeeent ! Zack Sparow va piquer toouut leuuuur oooooooooor ! Mille millions de milles saboooords ! Et Luuuuffyyyyy va touuut maaannnnzeeeeeer ! Avec ses piiiieeeeeeeds…piouu, ça fait mal à la gorze de chanter comme ça !

—Euh…tu es sûre que Neis voudra chanter ça ? Demanda Ron.

Alita fit une grimace.

—M'en fous ! Ze l'ai pas écrit pour elle d'abord ! Ze préfère que ce soit toi qui la chante !

—Moi ?

Draco sourit.

—Mais pourquoi tu détestes autant Neis ?

—Bah, c'est comme toi avec Mr Hal : z'en sais rien, mais c'est comme ça.

—Elle au moins, elle a l'honnêteté de l'avouer, Dit Ron.

Draco le fusilla du regard, mais Ron aperçut Harry dans la pièce à côté. Le brun le fixait d'un air intrigué.

« Qu'est-ce qu'il me veut encore ? Il peut pas retourner près de sa Ginny ? »

D'un coup d'œil, il fit comprendre à Draco qu'il allait régler ça et se leva. Avant de refermer la porte sur lui, il entendit juste :

—Tu sais, Pôpa, Mr Hal il a pas de chance, paskeuh moi z'ai deux papas, et lui il en a zéro !

—Il a une maman !

—Vi, mais elle est toute seule…

Ron ferma la porte. Hermione était également présente dans la pièce, plongée dans sa lecture monstrueuse.

—Allez, Harry, qu'est-ce que t'as ?

—Il y a que tu ne me dis pas ce qui se passe alors que je suis ton meilleur ami…

—C'est trop compliqué pour que j'en parle…

—Est-ce vraiment difficile à formuler ? Tu as tout simplement couché avec ta fouine !

—Ne parle pas de lui comme ça !

—Ah, tu le défends, maintenant ?

—Arrêtez, Murmura Hermione en levant les yeux, elle savait que les disputes entre Ron et Harry atteignaient des hauteurs de douleur inimaginables.

—Tu ne comprends pas que je traverse une période où je perds tous mes repères ? Répliqua Ron.

Harry voulut protester mais stoppa quelques secondes.

—La vérité, Ron, c'est que j'ai peur de te perdre…

—Quoi ?

Hermione referma son livre.

—Depuis le début de cette aventure, Poursuivit Harry, Tu t'éloignes de nous…De moi, d'Hermione, de ta famille…et tu vas vers eux : vers Malfoy, votre fille, vos amis qui se prennent pour des Japonais et vers tous ces Espagnols que je n'ai jamais vus mais dont tu parles avec enthousiasme…je me sens loin de toi, Ron !

—Mais c'est ridicule, Harry !

—Moi, je comprends ce qu'il veut dire, Intervint Hermione, Et je dois dire que je ressens un peu ça aussi…

—Jusqu'à mes onze ans, je n'ai pas eu d'amis, Dit Harry, Les Dursley y veillaient bien. Puis, je me suis retrouvé dans ce compartiment de train avec toi. Toi, le seul qui ait voulu de moi comme ami, sans te focaliser sur ma célébrité…mon premier ami sincère…et puis il y a eu toi, Hermione, et depuis vous êtes les deux seuls êtres qui me marquent autant. Vous êtes ma première véritable expérience d'amitié intense, et cela me détruirait que vous partiez avec vos Serpentards. Quand je croyais que vous vouliez vous mettre ensemble, j'avais peur pour notre amitié, j'avais peur d'être de trop parce que nous n'allions plus être trois amis, mais un couple et un teneur de chandelle…Mais là, j'avoue que même si vous vous tournez vers d'autres personnes, j'ai encore plus peur…

—Jusqu'à mes onze ans, Dit Hermione, Je n'étais pas la fille la plus populaire de ma classe à l'école moldue, je n'avais pas de véritable ami et tout le monde me traitait comme une grosse tête…bon, c'était pareil à Poudlard, mais au moins, je vous avais, vous deux…Je me suis souvent isolée de vous, parce que nous n'avons pas les mêmes hobbys et que vous ne comprenez rien aux filles, mais il y a tant de fois où vous m'avez fait du bien, je ne vous l'ai jamais dit, en fait…

—Jusqu'à mes onze ans, Dit Ron, Mes seuls camarades de jeux étaient mes frères et ma sœur. Je ne suis pas allé à l'école primaire, c'est M'man qui nous a tout appris. Mais Ginny était une vraie fifille qui n'aimait que les poupées, Fred et Georges s'enfermaient dans leur bulle de jumeaux et m'excluaient de leurs jeux, et les autres se disaient trop grands…J'ai pas fréquenté d'autres enfants de mon âge, ceux du village disaient que les petits Weasley étaient trop bizarres…Alors, ouais…pareil, vous êtes mes deux vrais potes…

Soudain, Hermione se rua sur les deux autres et les serra contre elle.

—A Poudlard, il y en a qui nous surnomment « le trio d'or »…J'ai toujours trouvé cette appellation ridicule, mais d'un autre côté, vous êtes vraiment des amis en or ! Gémit-elle.

Harry et Ron lui tapotèrent maladroitement la tête.

—En gros, nous sommes tellement bien tous les trois que nous avons peur que Ginny, Draco et Blaise nous séparent? Pourtant, nous avons bien le droit d'être amoureux !

—Ouais…

—Alors…on accepte nos romances respectives ?

—Ok.

—Ça me va.

—En admettant que ça soit des romances…

—Ben moi, avec Ginny…

—Ouais, allez raconte : comment ça s'est passé avec ma sœurette ?

Ils se détachèrent les uns et des autres et Harry expliqua :

—En fait, on s'est toujours bien entendus, elle et moi et vous vous rappelez qu'elle semblait avoir un béguin quand nous étions en deuxième…Et puis, nous sommes tellement passionnés de Quidditch tous les deux, à force de rester en retrait, parce que toi, Hermione, t'étais triste et que tu bossais sur ton sablier, et que toi, Ron, t'étais à l'étranger et puis quand t'es revenu, tu étais tout le temps avec Malfoy et Alita…alors, on s'est rapprochés, et pour finir, voilà…Mais toi, Ron, tu peux enfin expliquer comment tu t'es retrouvé à coucher avec Malfoy ?

Ron inspira et expira profondément. Et il leur narra tout : Hal et son charme latin qui l'avait embrassé, la jalousie grandissante de Draco, ce qui s'était passé chez Cius et Emy, le baiser que Draco lui avait donné, le repas de la veille raté, et enfin, le réveil brutal dans cet état inexpliqué.

Curieusement, au fur et à mesure qu'il racontait, il se sentait mieux, et perdait de l'angoisse dans laquelle il était plongé depuis le matin. Il se rendit pleinement compte des bienfaits de l'amitié : Harry et Hermione avaient un effet dédramatisant et cela lui fit du bien de s'en rappeler.

Savoir qu'ils ne lui en voudraient pas s'il était vraiment amoureux de Draco lui permit d'accepter l'idée que cela soit peut-être vrai.

—C'est pire que le mystère Luna et Nott, Dit Harry une fois qu'il eut fini.

—Et donc, vous n'avez aucun souvenir ? Dit Hermione en fronçant les sourcils d'incompréhension.

Ron nota qu'elle ne semblait plus aussi troublée que les semaines précédentes.

—Et toi ? Avec Blaise ? Demanda Harry.

—Ouais, c'est ton tour, Renchérit Ron, Où en es-tu avec cet étalon au corps d'ébène ?

Il avait dit ça presqu'en rigolant et il eut peur d'avoir peut-être vexé Hermione, mais elle en rigola :

—Cet humour graveleux m'avait manqué…Et bien, chez les Zabini, j'ai appris plusieurs choses, d'abord, que le Shah d'Iran n'avait pas de harem, contrairement à ce que je croyais…

—Hein ?

—Mais c'est pas tout : Blaise adore lire des histoires pour enfants, sa chambre est remplie de livres pour les petits…Sous ses airs de gros dur, c'est quelqu'un de très doux. Et il est loin d'être aussi taciturne qu'on le pensait : en fait, il aimerait devenir conteur !

—Conteur ?

—Ouais, dans sa penderie, il a un costume africain et il dit que pendant ses vacances, il se déguise pour raconter des légendes du sud aux enfants dans la bibliothèque de son village…

—Mais c'est chouette ça…

—Mais sa mère préfère qu'il ait un travail « plus sérieux »…

—Il n'avait pourtant pas l'air emballé à l'idée de lire son livre à Alita l'autre jour…

—Je pense que son trouble venait entièrement de la présence d'Hermione…

—Dites pas n'importe quoi !

—C'est bien joli, tout ça, Mione, mais ça ne nous explique pas la tenue que tu portais quand tu es rentrée…

—Ah oui : la mère de Blaise est une vielle crécerelle et une vielle maquerelle, et figurez-vous que…

Toc toc !

Elle fut coupée dans son récit par l'arrivée de Rogue tirant Sirius par l'oreille.

—Euh… salut, Marmonna Harry.

—Ah, professeur !

—Granger, foutez-moi la paix avec vos spéculations temporelles ! Maugréa Rogue, On n'est pas venus pour ça !

—Mais Alita avait dessiné un sablier près de mon nom sur la table et…

—Vas-y, Sirius, Coupa Rogue en ignorant la jeune-femme, Dis-lui !

Severus désignait Ron. Sirius se tordit les doigts et ses lèvres tremblaient.

—T'es sûr ?

—Oui, Insista Severus, je crois qu'il mérite la vérité.

—Mais enfin… ? Commença Ron en dévisageant Sirius.

—Je peux lui dire de la manière que je veux ?

—Oui, tant que tu lui dis !

—Ok, dans ce cas, je vais lui dire en aboyant, j'espère que tu parles chien, Ronnie…

Sirius se jeta à quatre pattes et entama sa transformation, mais Severus le saisit par le col et l'obligea à faire marche arrière pour revenir à son état humain.

—Dis-lui, nom d'un crapaud éviscéré !

Sirius se mit à rire.

—Ronnie, tu me promets de ne rien dire à Draco ?

—Sirius, pourquoi as-tu peur de Draco ? Demanda Rogue.

—J'ai pas peur de lui mais de l'armée de vétérinaires buveurs de sang canin qu'il a promis de m'envoyer si je l'énervais trop…

—Tu ne l'as quand même pas cru ?

—Tu sais bien que le mot « vétérinaire » déclenche des réactions irrationnelles chez moi…

—Dis à Weasley ce que tu as fait !

—Bon d'accord, mais tu me le paieras ce soir au lit ! Ron…

—Oui ?

—Hier, je suis monté dans ta chambre, avant de partir, comme toi et Draco étiez allés dormir en avance…Vous étiez complètement au pays des rêves quand je vous ai trouvés, et là, j'ai repensé à votre baiser et j'ai eu une idée géniale : j'ai rapproché vos lits, je vous ai déshabillés et je vous ai mis l'un dans les bras de l'autre !

Silence.

Ron avait les yeux grands ouverts, légèrement exorbités. Sirius sourit de toutes ses dents.

—Et je dois dire que vous n'êtes pas désagréables à regarder, nus…Ajouta-t-il.

Sirius s'approcha de Ron et lui murmura à l'oreille : « Draco possède l'un des plus beaux culs que je n'aie jamais vus ! »

Severus leva les yeux au ciel.

—En parlant de Draco, il faut maintenant que tu lui répètes tout ça !

—Non, je t'en prie, pas Draco !

—On parle de moi ?

Une tête blonde apparut de derrière la porte. Sirius empoigna Severus par les épaules et le plaça entre lui et Draco comme un bouclier, et ce avec tellement de brusquerie et que les deux Serpentards s'entrechoquèrent au niveau du front, bang !

—Laisse, Sirius, je vais lui expliquer moi-même, Dit Ron en emmenant un Draco intrigué avec lui.

oOoOOOoOo

—Pourquoi ils étaient bizarres, Tonton Sev' et Tonton Patmol tout à l'heure?

—Va savoir, Eluda Ron, Maintenant ma poupée, c'est l'heure de faire dodo.

—Z'ai pas sommeil!

—Mais si, regarde, le marchand de saaaaable est lààààà!!!

Ron passa doucement la main sur les yeux d'Alita pour les lui fermer.

—Et ne me demande pas de chanter une berceuse, t'es grande maintenant!

Il se tourna vers son lit, qui était toujours collé à celui de Draco. Le blond avait déjà pris sa place et ne semblait pas y faire attention, comme si c'était normal. Le rouquin se glissa à ces côtés, troublé que Draco ne fasse aucun commentaire comme "Casse-toi de là!" (de toutes façons, il lui aurait répliqué "Non, toi, va-t-en, t'es pas chez toi, d'abord!").

Il se retrouvèrent très proches l'un de l'autre et mine de rien, Ron approcha son visage de celui de Draco, posant presque sa tête sur son épaule.

Il ne savait pas réellement s'il était amoureux pour de bon. Il savait que ça devait arriver, mais il ignorait s'il avait déjà franchi la "limite", s'il était enfin passé de "l'autre côté". Et Draco, qu'en pensait-il?

Quoi qu'il en soit, Ron avait une envie soudaine d'expérimenter jusqu'où ce sentiment neuf pouvait aller, si par exemple, il prenait son courage à deux mains et se jetait sur le blond pour le dévorer de baisers, et que celui-ci se laissait faire, allaient-ils finir par se fondre l'un en l'autre en se murmurant des "Je t'aime" pathétiques mais si doux et si agréables?

Cela valait-il le coup d'essayer?

Oh, puis tant pis, qu'avait-il à perdre?

Il caressa la joue de Draco de sa main et quand celui-ci tourna la tête vers lui, Ron en profita pour l'embrasser à pleine bouche, retrouvant ce goût de soie qu'il avait tant apprécié la veille. Draco fut surpris, mais se laissa faire un instant, laissant la langue de Ron entrer dans sa bouche pour caresser la sienne, puis il le repoussa en douceur.

—Qu'est-ce que tu fais? Dit-il à voix basse.

—Je te rends ce que tu m'as donné hier, Répliqua Ron.

Cela cloua le bec à Draco qui ne trouva rien à y redire, alors que Ron l'embrassait encore.

—Tu sais que je ne t'aime pas et que tu ne m'aimes pas non plus?

—Je ne sais rien. Rien, excepté le fait que j'ai envie de t'embrasser...et que ça n'a pas l'air de te déplaire...

Draco ne put s'empêcher de faire mieux que répondre aux baisers, voir, d'embrasser Ron à son tour.

—Je crois comprendre, Raisonna-t-il: C'est de l'attirance purement physique, pas de l'amour!

—Si tu le dis...

Le rouquin passa ses bras autour du blond et le serra contre lui, son cœur battait drôlement fort, et le sien aussi...Se pouvait-il que...

De l'attirance physique...C'était peut-être bien ça, après tout. Pour l'instant, ça leur suffisait.

—Hi! Cria Alita en se dressant subitement, André Cornichon!

Ron et Draco se figèrent.

—Il est là, sous mon lit, il veut me manzer, s'cours!

Elle se mit debout sur son lit et calcula la distance par rapport à ceux de ses pères. Et puis elle sauta et atterrit directement entre eux deux.

—Protèzez-moi, c'est un gros vilain pas beau!

Elle se faufila sous les couvertures et se blottit entre eux.

—Voilà, tu m'auras pas , sale méchant! P'pa et Pôpa ils sont plus forts que toi, na na na! Maintenant dodo.

Draco restait pétrifié, les yeux grands ouverts, comme s'il venait de goûter à quelque chose d'extra et qu'on l'empêchait de continuer. Ron trouvait tout cela bizarre: pendant un moment, il lui avait semblé qu'inconsciemment Alita faisait tout pour les rapprocher, et qu'à présent, elle essayait sciemment de les séparer.

Ou alors, il devenait parano. Mais même elle ne pourrait y faire, ce soir.

Il passa ses bras autour d'elle, attrapa les épaules de Draco et les serra tous les deux contre lui. De son côté, Draco accrocha ses mains dans le dos de Ron et serra aussi.

Autant dire qu'ils écrasèrent Alita. Ils reprirent leurs baisers, y prenant vraiment goût.

—Mais euh...z'étouffe...mais arrêtez! On dirait un sandwich! Moi la tranche de zambon et vous les deux tartines!

oOoOOOoOo

Le lendemain, quand Ron se réveilla, Alita était retournée dans son lit, André Cornichon devait être allé se faire pendre ailleurs. Contrairement à la veille, il se rappelait de tout et ne s'étonna pas de voir Draco pelotonné contre lui.

Il sourit en repensant à cette histoire d'attirance physique et déposa un baiser sur la pommette du blond endormi. Peut-être que Sirius était un génie, après tout.

Il eut une désagréable sensation de bouche pâteuse. Normal, matin et cetera. Profitant que le reste de la chambrée était dans les bras de Morphée, il se leva sans bruit et se rua dans la salle de bain pour se brosser les dents et revint se placer dans les bras de Draco comme s'il n'était jamais parti.

Quand le blond se réveilla, il lui susurra un bonjour qui sentait la menthe. La fraîcheur alerta Draco.

—Espèce de salaud, Murmura-t-il, tu as fait exprès de te laver les dents pour que j'aie une horrible haleine de poney alors que toi tu sens le dentifrice!

Draco se vexa et fila lui aussi à la salle de bain. Ron enfouit sa tête dans l'oreiller et étouffa son rire. Il était adorable, Draco, à toujours vouloir être trop net.

Quand il revint, lui aussi la bouche fraîche, il répéta encore que Ron était un salaud et se recoucha près de lui.

—Si tu crois que je voudrai encore t'embrasser, main...

Ron n'attendit pas qu'il ait terminé pour poser ses lèvres sur les siennes. Draco se releva et décréta qu'il était l'heure de se lever.

—Nous devons nous lever tôt pour faire nos bagages, on déménage, aujourd'hui...

Ron se leva et se mit sur les coude.

—Oh, Merlin...Ron...je t'en prie...ne me regarde pas comme ça....Nous ne sommes pas amoureux, tu te rappelles?

Comment Ron le regardait-il au juste?


Blabla de l'auteur :

1) La dernière review de Ligéia, me demandant de lui rappeler si Face-de-reptile était mort ou pas, m'a fait penser qu'il faudrait peut-être faire un petit topo sur la chronologie. Vous vous rappelez que j'avais dit au début que je commençais cette fic un peu comme ça sans réfléchir ? Et bien, si maintenant j'ai un plan bien net et bien construit en tête, il y a encore des séquelles dues à ce début précipité, et la plus grosse faiblesse notable, c'est la situation exacte par rapport au monde de Rowling avant l'arrivée d'Alita. Je vais donc tenter de donner une forme vraisemblable à tout ça :

C'est une (très) légère Réalité Alternative par rapport au monde de Rowling, c'est pour ça que Sirius, Remus, Tonks, Rogue, Fred et Dumbledore sont toujours en vie. En même temps, y'en a dans le tas qui étaient évitables…D'autres moins, surtout celle de Dumby. Les romances Ron/Hermione et Harry/Ginny sont au point mort. Mais bon, le terme « Réalité alternative » est bien pratique (oh que c'est minable de ma part…)

Le trio est quand même parti chasser les Horcruxes, Voldemort a mis la main sur Poudlard et le frère et la sœur Carrow ont assuré une éducation de merde aux étudiants restés, ça ne change pas ça.

Donc, ils ont recommencé une septième année après s'être enfin débarrassés de Voldemort (JKR a dit qu'Hermione l'avait fait, alors, pourquoi pas les autres ?). Il s'agit de l'année scolaire 1998-1999.

11 avril 1999 : Alita débarque, c'est un bond de dix ans en arrière, à la seconde près, c'est pour ça que sa chronologie des mois et des jours correspond à celle des autres et qu'elle ne se trompe pas quand elle affirme, le lendemain de son arrivée (après la nuit de camping) que son anniversaire est dans cinq jours, soit le 17 avril.

12 avril : incident avec l'araignée, le cœur en chocolat, l'achat de Nemo et le départ pour l'Espagne. Rogue, Sirius, Remus et Tonks y sont déjà depuis la veille. Rogue n'est pas passé par Rocío, contrairement aux trois autres qui ont fait sa connaissance et celle de Hal, et Sirius a même presque bu toute leur vodka, ce qui fait que quand Hal doit servir de l'Agua de Valencia a Ron et Draco après les avoir rencontrés, il est désolé de ne pas pouvoir alcooliser celui d'Alita.

17 avril : anniversaire d'Alita, Ron se fait percer. Invention de Raúl, Saúl et Maria-Magdalena, Ron commence à apprendre l'espagnol parce qu'il s'ennuie et qu'il n'a qu'un dictionnaire à lire.

Date indéfinie 1 : Petrova débarque

Date indéfinie 2 : première séance chez le Dr Clara. Luna reçoit une lettre.

Lendemain de date indéfinie 2 : théâtre, donc rencontre avec Satin, dégustation de rhum, lapsus intéressant de Draco.

Surlendemain de date indéfinie 2: Alita boit du Polynectar mal préparé, les trois espions sont démasqués, Sirius devient l'esclave de Rogue, qui lui est reconnu par Rocío (qui cependant se tait).

4 juin : tout le monde se coupe les cheveux, deuxième séance chez Clara, séance de sculpture en pâtes.

5 juin : anniversaire de Draco, baffe de la part de Ron, crise générale sauf pour Sirius et Rogue qui eux, vont plutôt bien. Hal découvre que Harry Potter est célèbre.

29 juin : Le Sirius/Rogue est officialisé. Hal embrasse Ron.

30 juin : retour d'Espagne, ce qui fait qu'ils y ont passé 2 mois et 19 jours (du moins, si je ne suis pas trop nulle en maths). Rocío dit à Rogue qu'elle était la correspondante d'Eileen.

1er juillet : Hermione montre ses premiers signes de mélancolie et embrasse Ron. Draco offre une bague à ce dernier.

2 juillet : Foire du Livre Sorcier, donc rencontre avec Emy et Cius.

Date non définie 3 : grande bouffe avec tout le monde. Mr Lovegood fait appel à un certain Manu pour un travail pas encore défini.

Lendemain de date non définie 3 : vaisselle cassée, achat de guitare électrique.

29 juillet : visite du Pépé. Du fait qu'on soit en 1999, les mangas ne sont pas encore connus en occident (enfin, peut-être Albator, mais pas One Piece). D'après Wikipédia, le tome 9 de One Piece est sorti en juillet 1999, Cius se l'est fait livrer par hibou, puisque les Portoloins vers l'Asie ne fonctionnent pas, et l'offre à Alita.

30 juillet : Premier baiser de Ron et Draco. Officialisation du Harry/Ginny et progression du Blaise/Hermione.

31 juillet : le chapitre que vous venez de lire.

2) Nous arrivons ainsi à la fin de la troisième partie. Il y en aura sept en tout. Ne vous emballez pas, la sixième sera monochapitre car ce sera une sorte d'épilogue, quant à la septième, ce sera une série de bonus divers (je ne crois pas qu'on puisse arrêter une fic si longue de manière trop brutale).

Petite récapitulation :

Première partie : Poudlard

Seconde partie : Azúcar Culebra

Troisième partie : The Burrow (le Terrier en anglais)

Quatrième partie : Malfoy Manor (vous deviez vous en douter puisque les parties correspondent à des lieux)

Cinquième partie : ???? (Mystère et ballongommes)

Sixième partie : Epilogue

Septième partie : Bonus

C'est de ces bonus dont je voulais parler, car j'ai déjà quelques idées, à savoir une interview des OC (donc des personnages créés par moi et non par Rowling : Alita, Hal etc.) et ce sera interactif, ce qui signifie que vous participerez, ils répondront à vos questions. Donc, si vous êtes perturbés par exemple par :

« Cius, qu'est-ce qui t'a décidé à devenir végétarien ? »

« Satin, j'adore tes porte-jarretelles, où les as-tu achetées, je veux les mêmes ? »

« André Cornichon, j'ai deux questions : 1) pourquoi ton nom est-il aussi ridicule ? 2) Est-ce qu'il y a quelqu'un dans ta vie, j'essaie de caser ma sœur qui est désespérée? »

N'hésitez pas à poser la question, ils tenteront d'y répondre.