Salut, tout le monde, vous allez bien? (Ben quoi, je ne peux pas demander de vos nouvelles?)
Chapitre vingt-cinq : La clef du problème
« Mais tu vis au pays du pain d'épice sur l'avenue des sucettes ou quoi ? T'as une vie facile, Ron ! Tu ne sais pas ce que c'est que d'être moi, tu n'as pas mon vécu, et tu n'es pas à même de pouvoir évaluer la situation de mon point de vue ! »
Telles avaient été les paroles de Draco après l'incident du Polynectar mal préparé. Ron s'en rappelait alors qu'il était assis sur le lit de Draco dans la chambre de celui-ci. Il demeurait songeur, perdu dans ses pensées, sans se rendre compte que le blond avait une idée sournoise en tête…
Il se rappelait également de son air perturbé au sortir du cabinet de psy, la manière dont il lui avait remis le col en place, agissant presque comme un automate. Draco n'allait pas bien, et Ron voulait découvrir ce qui n'allait pas, afin de l'aider dans la mesure du possible, de lui montrer qu'il était là pour lui, et peut-être de se faire aimer de lui…Il repensait au dossier qu'il avait trouvé quelques heures plus tôt, et à ce nom « Dr C. Hélium ». Qui était-il ? Il avait étudié le cas de Draco, c'était ça ? Mais alors…Draco souffrait-il d'une quelconque maladie mentale qu'il lui aurait cachée ?
« Je suis donc tombé amoureux d'un psychopathe, si ça se trouve ! »
Sans doute le terme « psychopathe » exagérait largement la situation, mais cependant, ce qui suivit confirma cette malheureuse impression : Draco s'approcha en douce du rouquin rêveur qui ne lui prêta pas assez attention, un cliquetis de métal retentit, et Ron sentit qu'on lui saisissait les poignets.
—Des menottes ? Mais…Draco !
—Et oui…je n'ai pas du tout apprécié que tu fasses entrer Castorette et Balafrette et que tu tentes de fouiller dans ma vie privée comme ça…je me suis senti trahi ! Tu mérites une petite punition !
Draco attacha les menottes aux barreaux du lit, réduisant encore la mobilité de Ron.
—Je vois…Tu veux qu'on essaie le sado-maso, c'est ça ? Et bien, tu as mal choisi ton moment, j'ai pas envie de ça maintenant…
—Désolé, mon cher Weasmoche, mais vu que tu m'as énervé, ce sera comme ça ce soir et pas autrement !
—T'as pas compris: je ne veux pas baiser du tout, avec ou sans SM ! Et depuis quand tu recommences à m'appeler « Weasmoche » ?
—Depuis que je veux te faire souffrir et t'humilier, espèce de fiente véreuse ! Tu vas voir la raclée que je vais te foutre, misérable petite salope !
—Je ne suis pas du genre à être excité par les insultes. Et puis, j'ai dit que j'avais pas envie.
—Ça m'étonnerait, Répliqua Draco en grimpant sur le lit pour s'y tenir debout et voir Ron poings liés à ses pieds, Tu vas voir la fessée que je vais te foutre ! Je veux te voir ramper pour mon seul plaisir, sale pouilleux au poil de carotte ! Tu es tellement disgracieux avec ta sale gueule pleine d'éclabouille et tes grands pieds clownesques ! Et je ne parle même pas de ton intellect au ras des trèfles qui ne vaut même pas un pet de rollmops ! Tu es encore plus écœurant que le pus suintant d'une raclure du fond d'une fosse septique dans laquelle Slughorn aurait déféqué quand il avait la chiasse! Vas-y, rampe, affreuse larve de veracrasse !
—Je trouve ça très artificiel, tu n'es pas très convainquant dans ce rôle, et puis, comment veux-tu que je rampe ? Je saurais pas, je suis attaché au lit !
Draco se laissa tomber assis sur le lit, de mauvaise humeur, alors que Ron affichait un air las.
—Tu pourrais pas jouer le jeu ? Ça ne marchera jamais si tu n'y mets pas du tien en me suppliant, en m'implorant, et en pleurnichant des «Pardon, Maître, je ne le ferai plus, j'ai été vilain, frappez-moi!» Et moi, je vais t'imposer ma domination sexuelle et morale et de faire subir les pires outrages jusqu'à ce que tu sois meurtri dans ton amour-propre, que tu aies le sentiment d'être une sinistre merde pitoyable qui ne mérite que la mort, et que tu sois tellement écœuré que tu vomisses ton pancréas ! D'accord ?
—Bof…ça pas l'air super excitant…
—Mais Ron !
—J'ai dit que j'avais pas envie ce soir !
—Quoi, t'as la migraine ?
—Non, mais en fait, je crois qu'on devrait arrêter de baiser pour de bon.
—Tu es malade ?
—C'est toi le malade. J'y ai réfléchi, et je ne veux plus de sexe avec quelqu'un qui ne m'aime pas.
—Mais pourtant, nous avions convenu que…Tu étais d'accord !
—J'ai changé d'avis, et pour finir, ça m'ennuie trop cet arrangement.
Draco croisa les bras et fit une moue boudeuse. Ron eut un pincement au cœur, en réalité, cela ne lui déplaisait pas, de prendre du bon temps avec Draco, mais ce qu'il voulait avant tout, c'était que le blond le regarde enfin avec des yeux amoureux, et lui parle d'une voix tendre et respectueuse. Plus de bagatelle sans cette condition.
—Tu ne me laisses pas le choix, Annonça Draco, vexé, Je ne peux pas supporter plus longtemps d'être nargué par ton air indifférent à mes insultes…puisque la violence verbale ne fonctionne pas…
—Qu'est-ce que tu vas faire ? Demanda Ron, un chouïa plus inquiet.
Draco respira profondément, ayant l'air de se calmer, et sans crier gare, lui fila une gifle bien sonnante.
—Aïe ! Mais…
Draco se jeta sur Ron avec un regard de colère et entreprit de lui détacher sa chemise.
—Mais arrête ! Gémit Ron.
Il tenta de se masser la joue avec ses mains attachées, mais Draco en profita pour le plaquer sur le dos contre le matelas du lit, l'immobilisa et continua de déboutonner. Ron se débattit mais Draco se plaça au-dessus de lui, leurs visages se frôlant presque, et se mit à lui caresser les épaules et la poitrine d'un air ravi.
—Draco, j'ai dit que je voulais pas !
—Je ne te crois pas !
—Arrête ça !
Ron avait l'air paniqué et continuait à se démener, Draco afficha un sourire satisfait. Il fit descendre ses mains et s'attaqua à sa braguette de pantalon.
—Tu peux constater que je suis follement excité par la vue de ton torse…Souffla-t-il en un murmure chaud contre les lèvres du rouquin dont les mâchoires se crispaient, Hum…je vois que ce n'est pas ton cas…
—Enlève ta main de là !
—Mais un doigt bien placé devrait remédier à ça…
—Tu comptes me violer, c'est ça ?
—Comment ça te violer ?
—Je ne suis pas consentant, imbécile !
—A d'autres !
N'en pouvant plus, Ron releva son genou violemment, atteignant son but. Draco se redressa, le visage déformé par la douleur, alors qu'il tenait son entre-jambe douloureuse et excitée, que Ron venait tout bonnement de lui latter.
—Aaaaah, putain !
—Ça va, tu as calmé tes ardeurs, là ?
—Nom d'un hippogriffe à ressort ! Tu m'as explosé les parties !
—Et toi tu m'as baffé !
—Ça fait moins mal !
—Ouais, je sais, mais tu l'as cherché ! Je ne veux pas que tu m'imposes ta domination comme ça ! C'est bien parce que notre cas est particulier et que je sais que tu te méprends sur mes sentiments que je ne porte pas plainte pour harcèlement !
—Harcèlement…Répéta Draco d'une voix blanche, C'est vraiment ce que tu as cru ?
—Mais enfin, ça y ressemblait !
Draco semblait tout à coup confus et baissait les yeux.
—Ecoute…je…ce n'est pas vraiment ce que je voulais…tu vois, j'ai cru que tu plaisantais…ou que tu faisais la gueule pour te venger…parce qu'avant, ça ne t'aurais pas dérangé…mais…tu ne veux vraiment plus faire l'amour avec moi ?
Il lui adressa un regard blessé.
—Tu ne veux plus de moi ?
—C'est pas tout à fait ça, Dit Ron, peiné, Mais je ne peux vraiment plus supporter ça…Pourquoi me parles-tu de « faire l'amour » alors que tout ce qu'on fait, c'est baiser comme des animaux ? Et ça, moi, je ne veux plus. La prochaine fois, on s'aimera, sinon rien ne se passera. Maintenant, détache-moi s'il te plait.
—…
—Draco, détache-moi !
—…
—Qu'est-ce qu'il y a ?
—Si je te détache, tu vas partir…
—Ben oui, il faut que je regagne ma chambre, que je me lave, et que j'aille border la petite avec son histoire…
—C'est nul comme excuse, je parie qu'elle dort déjà…
—S'il te plait, j'aimerais m'en aller…
—On arrête de dormir ensemble, alors ?
—Oui, ça vaut mieux.
—Mais…mais moi, j'aime que tu sois près de moi…
« On y est presque » Songea Ron, « Avoue juste que tu m'aimes et je te fais tout ce que tu veux ! »
—Je ne peux pas, Soupira Draco.
—Tu sais, je mourrais d'envie de le lire, ce dossier avec ton nom dessus, mais malgré tout, j'ai fait un effort et je te l'ai donné…Tu sais pourquoi ? Parce que je te respecte!
Le rouquin fit un regard suppliant qui n'était pas sans rappeler celui du blond quelques heures plus tôt, quand il voulait que le dossier lui soit rendu. C'était le moment où jamais pour montrer que les Malfoy n'était pas si égoïstes et malhonnêtes que Ron le croyait.
—D'accord…
—Merci.
—Je vais chercher la clef…
Draco se releva, un peu plié en deux et tentant d'ignorer la douleur qui le lançait encore un peu, et se dirigea vers la table où il avait posé la boîte de la Panoplie du Sorcier Erotique, dont les menottes faisaient partie. Ron soupira de soulagement. Lui-même n'en revenait toujours pas d'être vraiment tomber amoureux, quoi que, c'était écrit, se disait-il. Mais une chaleur lui envahissait la poitrine et la gorge à chaque fois que Draco était dans les parages, et les battements de son cœur ne le trompaient pas. Il s'imaginait de plus en plus que le bonheur absolu, c'était d'être marié à Draco et de vivre paisible avec son cher époux et leur adorable fille. Ou encore, le bonheur, c'était de tenir Draco dans ses bras, et de l'observer à loisir alors qu'il était nu et frétillant d'amour, les cheveux défaits et sourire de tendresse aux lèvres.
—Merde ! Fit celui-ci.
—Quoi ?
—Je ne trouve pas la clef…
—Hein ?
—La clef des menottes…je ne sais pas où elle est !
—T'es sûr d'avoir bien regardé ?
—Ouais…enfin, si tu veux, je vais repasser toute la boîte…
Le blond s'installa sur le lit et sortit un à un tous les objets contenus:
—Fouet de lanières en cuire de dragon tressées…dés érotiques…
—Dés pipés, ouais !
—Tarots du Kâma-Sûtra…plug anal ensorcelé…une boîte en plastic avec je-sais-pas-quoi dedans de fluo…une peluche de mandragore (à quoi ça peut bien servir, ça ?)…des plumes en sucre, un encrier en chocolat et de l'encre à la fraise des bois…
—Sans doute pour écrire des choses comestibles sur le corps…
—Tenue de Médicomage sexy en latex…non, je ne trouve pas la clef de ces fichues menottes ! Oh, attends ! C'est l'Espingouin qui m'a offert ce truc !
—Et ?
—J'te parie qu'il l'a ouvert pour piquer la clef avant de l'emballer !
—Pourquoi il aurait fait ça ?
—J'en sais rien !
—Peut-être que tu as fait tomber la clef par terre tout à l'heure…
—Peut-être…
Draco mit à inspecter sous le lit et les meubles. Ron se fit la réflexion que décidément, il faisait tout pour l'inciter à la luxure, en se promenant comme ça, à quatre pattes, exposant son arrière-train aux regards indiscrets alors qu'il tentait de mieux voir l'obscurité sous la commode.
oOoOOOoOo
« Attention aux prunes dirigeables ! »
—Ralala…la maison des Lovegood, Fit Harry, plus pour lui-même que pour Hermione qui sonna à la porte.
—Oui, elle est toujours aussi surprenante, Répondit la jeune-fille en souriant.
—Ils ont vraiment réunis toutes les personnes ayant un rapport avec l'affaire de près ou de loin ?
—Oui, mais seuls ceux qui viennent de l'étranger habitent temporairement ici, les autres, c'était plus pour que tout le monde connaisse tout le monde…ah, et Remus et Tonks viennent souvent pour déposer Teddy, depuis que Théodore Nott s'est révélé baby-sitter de choc…
La porte s'ouvrit :
—Oh, Hermione tu es de retour !
—Salut Hal.
—Alors, c'est lui le…Commença Harry, mais Hal sembla l'ignorer.
—Viens Hermione, tu veux quelque chose à boire ?
—Non, ça ira…
—Tu es allée voir Ron mío? Dit-il en faisant bien rouler le « r » de « Ron ».
—Oui, et pour une curieuse affaire…
—Bonjour, Tenta Harry.
—Raconte-moi, jolie brune, et…
Il fut coupé par Manu qui arriva par derrière et l'écarta pour prendre sa place face à Hermione à qui il fit un baisemain.
—Comment vas-tu, ma chère ? Veux-tu quelque chose à boire ?
—Je…Fit Harry.
—Et le vieux, c'est à moi qu'elle parlait ! Protesta Hal en poussant Manu.
—Mais dégage de là, morveux !
—Hermione n'est pas du genre à se laisser draguer par un homme des bois dans ton genre !
—Qu'est-ce que t'y connais en drague, p'tit con ? T'as encore une goutte de lait de ton dernier biberon sur le coin de la bouche !
—Et toi, t'as passé ta date de péremption !
—Et puis, t'as même pas remarqué qu'il y avait Harry Potter avec elle !
—Harry Potter ? Fit Hal en se tournant vers le binoclard.
Un moment de silence défila, pendant lequel le jeune hispanique semblait se concentrer pour se souvenir de quelque chose en fixant Harry. Finalement, il eut l'illumination:
—Ah, mais oui, je sais qui tu es, le fameux Harry Butter…
—Potter.
—Tu es….le meilleur ami de Ron ! Voilà ! Je savais bien que je m'en rappelais !
—Celle-là, je ne m'y attendais pas, Avoua Harry.
—Tsst, Commenta Manu.
—On va rester combien de temps sur le seuil ? Coupa Hermione.
Ils entrèrent et pénétrèrent dans l'étrange salon rond des Lovegood où Cius et Emy prenaient le thé agenouillés sur un tapis par terre.
—Et Xéno n'est pas encore là, Râla Manu, Et le dîner ?
—C'est la belle Luna qui s'en charge, Répondit Hal d'un air dédaigneux, D'ailleurs, je vais aller l'aider, et après, on parlera de Ron !
Il adressa un sourire gracieux à Harry et Hermione avant de disparaître dans la cuisine.
—Pauvre petit débile ! Ronchonna Manu, Il se prend pour Don Juan mais c'est qu'un gamin taré ! Et pédé ! Même s'il a pas l'air de vouloir l'avouer, il est trop gaga de son pelirrojo pour que ça soit clean !
—Ils se sont embrassés, hein ? Dit Harry.
—Ça m'étonne pas ! Répliqua l'aventurier, Aaah, Hermione, heureusement que tu es là ! J'en peux plus de tous ces gamins immatures et timbrés…Quand Xéno m'a parlé de cette affaire, j'étais partant, mais je ne savais pas qu'il y aurait ce temps d'attente avec des mômes comme compagnie ! Je n'en ras-le-bol , entre ce con de Hal, la chochotte complètement dingue du bébé Métamorphmage et la gothopouffe amerloque…Et vous deux, là, l'écrivaine barjo et le cyborg herbivore, vous savez faire autre chose que boire du thé alors qu'on va manger ?
—Chut, Fit Emy, Tu interromps une importante conversation !
—Ben voyons !
—Nous parlions de l'influence que devrait avoir eu la lecture de Ainsi parlait Zarathoustra sur la personnalité de Voldemort, Dit-elle.
—Ainsi que de l'influence de Les infortunes de la vertu sur celle de Severus, Ajouta Cius.
—Putain, les intellos…
—Non, c'est une blague, en fait, on se demandait en quelle couleur on allait repeindre notre appartement…
—En bordeaux, définitivement…
—Bande de cinglés…Bon, je vais voir si le p'tit con n'emmerde pas la jolie Luna…
—Alors, pourquoi Ron vous avait-il réquisitionnés ? S'enquit poliment Cius alors que Manu disparaissait.
Hermione entreprit alors de leur narrer l'affaire.
—Dr. Hélium, Dit Emy d'un ton rêveur, Ça me dit quelque chose…
—Mais oui, Dit Cius, C'est ce mec à qui un critique littéraire avait demandé d'analyser ton cas…Il avait dit que tu étais atteinte de plusieurs maux psychologiques, y compris le « syndrome d'Emy Douçamère » !
—Depuis ma tendre enfance je savais qu'un jour une pathologie mentale porterait mon nom, et je vous avoue que quelque part j'en retire une certaine fierté.
Harry et Hermione échangèrent un regard circonspect. Hermione décrivit des cercles avec son doigt près de sa tempe pour dire « Toc toc ».
—On va en cuisine dire bonjour à Luna ? Chuchota Harry.
—Oui.
—D'accord, mais avant, il faut qu'on te prévienne d'un truc, Dit Cius.
—Quoi ?
Hermione soupira:
—En fait, moi, je trouve ça idiot, mais Luna, son père et les autres semblent tous trouver ça super drôle…
—Ça l'est, Commenta Emy en sirotant son thé.
—Il ne faut pas prononcer le nom de famille de Hal, surtout pas devant Manu !
—Quoi ? Macha…
—Chut ! Dit Cius, Si Manu l'apprend, il ne va pas s'en remettre !
—C'est quoi ces conneries ? Sourcilla Harry.
—Moi, je trouve cette histoire complètement stupide, Se désola Hermione, Ils finiront bien par le savoir !
—Oui, mais on espère que cette découverte se fera dans des circonstances marrantes !
—Vous voulez bien m'expliquer ce qui se passe ? Grogna Harry.
—Et ben, vois-tu, Expliqua Cius, Manu se considère comme un homme sans attache, sans…famille. Il se pense partout chez lui et fait comme s'il n'avait aucune nationalité, et aucun nom de famille…
—Mais il en a bien un, non ?
—Ouais, et devine lequel…
—Euh…non…quand même pas…
—Imagine Manu avec vingt ans de moins, des yeux bleus au lieu de noirs, rasé, et les cheveux un peu moins longs…
—Et fais-lui prendre une douche aussi, Ajouta Emy, Et enlève l'odeur d'alcool.
—Alors ?
—Euh…
—Ils ont un peu le même caractère, hein ? Dragueurs et tout…
—Mais ils n'arrêtent de se chamailler !
—Ben ouais, cette rivalité, ça fait un peu partie du complexe d'Œdipe.
—On devrait faire venir leurs mères à tous les deux, ça serait drôle.
Hermione soupira encore.
—Et ils trouvent tous ça marrant d'attendre de voir comment Hal et Manuel— car c'est son prénom complet— vont faire cette terrible découverte…Allez, viens, Harry, allons voir Luna…
Ils joignirent la cuisine alors que Cius et Emy riaient discrètement.
Luna était occupée à cuire des morceaux de viande pendant que Hal et Manu se disputaient pour lui passer les condiments.
—Ah, salut vous-deux ! Dit-elle en souriant.
—Bonsoir, Luna, que nous prépares-tu de bon ?
—Ragoût de mouton à la sauce de ravegourde et sa salade d'algues bleues au romarin, le tout accompagné de pâtes.
—Euh…ça a l'air bon !
—Pas de mouton pour moi ! Dit une voix en arrivant par une autre porte.
Harry sursauta en apercevant la propriétaire de la voix en question, une voix assez jolie, féminine et grave, mais avec un ton un peu méprisant.
—Tiens, voilà Neis…On ne t'a pas vue de la journée, que faisais-tu ?
—J'essayais d'écrire des chansons pour ce fichu groupe ! Râla-t-elle.
Elle avait de longs cheveux châtains clairs, des yeux verts soulignés par un abus d'eye-liner noir, un rouge à lèvres de la même couleur et des vêtements bien sûr assortis, longue robe sombre, corset lacé et bottines en cuire de dragon.
—J'espère que tes textes sont plus positifs que tes fringues, Dit Manu.
—Positif ? Protesta Neis, Mais qu'est-ce qui me raconte, ce relou ? Comment veux-tu être positif dans un monde tel que celui-ci ? Tout n'est que mort et tristesse ! Mais personne ne me comprend ici !
—Tu n'aime pas la viande de mouton ? L'interrompit Luna, Je peux te faire autre chose…
—Non, Dit Neis en se radoucissant, En fait, j'ai décidé de devenir végétarienne, fais-moi la même chose que pour Cius.
—D'accord.
—Voyez-vous ça, Dit Hermione, Végétarienne ?
—Il y a des pâtes comme féculent ? Fit Neis sans lui accorder la moindre attention, Alors, tu peux colorer les miennes en noir avec de l'encre de seiche ? Et si Severus est là aussi, je crois qu'il…
—Non, lui et Sirius ne viennent pas ce soir. Ni Remus et Nymphadora d'ailleurs, mais il y a Teddy…
—Je m'en tape de Sirius, de Remus et du moutard ! Moi, c'est mon Sevinou et ma belle Dora qui m'intéressent, eux au moins, ils me comprennent, pas comme tous ces conformistes, là !
—Sevinou ? Fit Harry en levant un sourcil.
—Oh, Neis, tu as beaucoup de chance d'être jolie, Dit Hal, Car du coup j'accueille ta tirade avec le sourire et ai même envie de te faire un bisou !
—Toi, Julio Iglesias, si tu m'approches je te châtre !
—Quelle bonne idée ! Commenta Manu.
—Euh…Hermione, tu peux m'expliquer ce qu'elle a cette fille ? Demanda Harry.
—Ce qu'elle a ? Ben, quinze ans, enfin, pour l'âge mental, je dirais dix…elle est en plein dans sa période « Je suis une petite rebelle à deux balles ! ». C'est Neis Darling, la soi-disant chanteuse du groupe de Ron, elle est originaire de San Francisco et se rendait chez sa correspondante de je sais plus où quand le problème des Portoloins l'a coincée au Service International des Voyages Magiques. C'est dans cet état que Théodore l'a trouvée pour l'amener ici après lui avoir expliqué son rôle dans l'aventure temporelle que nous vivons. C'est la benjamine du groupe et c'est vraiment une adolescente débile, qui plus est avec le don de s'enlaidir avec un look ridicule qui ferait honte aux vrais gothiques. Elle s'est entichée de Rogue parce qu'il s'habille en noir, de Tonks parce qu'elle est un peu punk sur les bords, et de Cius parce qu'il a des piercings…
—Et qu'est-ce que ça peut te foutre, espèce de Miss-Je-Sais-Tout conformiste? Siffla Neis en pointant son ongle verni de noir sur Hermione, T'es vraiment le genre de nana que je pouvais pas saquer à l'école! Tu ne comprends rien au gothisme, et…
—Mais toi, tu en fais trop, tu ne te rends pas compte que le vrai esprit gothique n'est pas…
—Parce que toi tu le sais, peut-être ? Et ne me parle pas de manière aussi méprisante parce que j'ai quinze ans, je suis presqu'une adulte, c'est pas une vieille fille comme toi qui va m'apprendre la vie!
—Comment ça, «vieille» ?
—Les filles, calmez-vous, Dit Hal, Allez, vous avez toutes les deux raison…
Elles se regardèrent un instant un chiens de faïence et puis Hermione se détourna.
—Viens, Harry, on n'a pas encore salué Théodore…
Elle tira le binoclard par la manche et l'entraîna vers la chambre de Luna.
—Non, mais franchement, cette fille ne vaut pas mieux que Lav-Lav, Parvati, Pansy et les autres ! Quand bien même elle a un look excentrique, elle est tout aussi superficielle !
—Je vois que tu ne l'aime pas…
—Ouais, et je ne trouve pas étonnant qu'Alita la déteste également, ça c'est ma filleule à moi !
—Tu crois qu'à sept ans, elle peut avoir ce genre de raisonnement ?
—Je le lui aurai sans doute appris !
—Euh…t'es sûre ?
—Non, mais rends-toi compte: Neis veut être végétarienne, comme ça, du jour au lendemain !
—Et alors ? C'est son droit, non ?
—Elle porte du cuir et parfois de la fourrure ! On ne peut pas dire que le sort des animaux l'intéresse vraiment…Et puis, c'est une Américaine, c'est le genre à aller au McDonald tous les jours !
—Bonjour les clichés…
—Ouais, ben, c'est évident qu'elle veut juste plaire à Cius parce qu'elle est fan de son look. Le végétarisme, normalement, c'est basé sur un idéal, pas sur un béguin passager! D'ailleurs, il n'y a pas que ça…Je t'ai dit qu'elle aimait Rogue pour ses airs sombres…et bien, vois-tu, elle a déclaré tout de go que les Potions étaient son cours préféré, mais à part ça, elle est incapable de fabriquer un phyltre d'aiguise-méninges— et ça ne lui ferait pas de mal d'en boire un peu ! Ah, et aussi, devine quoi : elle se prétend «demi-lesbienne» et déclare que Tonks est la plus belle créature de tous les temps, tout ça parce que l'homosexualité ça fait «libéré» mais je suis sûre qu'en réalité ça la dégoute !
—Tu ne l'aime vraiment pas, Répéta Harry, Mais tu ne pourrais pas te dire que ça lui passera ?
—On voit que tu ne la connais pas encore bien…Ah, voici la chambre de Luna.
Ils entrèrent et découvrirent Théodore Nott couché sur le lit de Luna, tenant Teddy au-dessus de lui comme pour le faire voler.
—Grrr, Teddy Lupin, la terreur du ciel, le puissant dragon qui crache du feu !
Le bébé se mit à gazouiller de bonheur et gigota jusqu'à ce que Théo le fasse atterrir sur son torse. Teddy se mit à tirer le nez et les cheveux de son baby-sitter avec ses petites mains et tous deux se mirent à rire.
—C'est attendrissant, Murmura Harry, Finalement, Ron et toi, vous aviez raison: les Serpentards sont bien gentils !
—Blaise peut être encore plus adorable…
—Et, bonsoir ! Fit Théo avec un sourire après avoir remarqué leur présence et avant de roucouler en langage « bébé » avec son petit protégé.
—Il a vraiment l'air d'aimer s'occuper d'un enfant, Dit Harry.
—Oui, on dirait que c'est ce dont il a toujours rêvé…
—Exactement, Répondit Théo en se redressant pour câliner Teddy serré contre lui, Luna…Edward…mon bonheur le plus total !
oOoOOOoOo
—Mais iss'passe quoi, là?
—Ah, Alita, viens nous aider !
—Pourquoi t'as des menottes ? Et il est où, Pôpa ?
—Je suis sous le lit !
—Sous le lit ?
Alita se baissa pour voir Draco couché à plat ventre sous le meuble.
—Hé hé, tu fais quoi là ?
—Je cherchais la clef pour les menottes…
—Vous zouiez aux Zaurores et aux Mangemorts ?
—Euh...oui, Dit Ron, Et la clef est tombée on ne sait pas où, alors, il la cherche sous les meubles, mais…
—Mais je suis coincé ! Je crois qu'un des ressorts du sommier est cassé et a agrippé mes vêtements !
—Ha ha, vous avez l'air malins, maintenant !
—Dis donc, on ne se moque pas de ses gentils papas ! Et si tu essayais de le décoincer, toi qui a des petites mains ?
—Ok, ze vais essayer…
Elle déposa sur le lit la poupée de Narcissa qui était à nouveau entière et se glissa près de Draco. Ron lorgna le pantin avec effroi.
—Mais…comment ça se fait que Marie-Antoinette ait retrouvé sa tête ? Je…je vais finir par croire qu'elle est bien vivante !
—C'est pour ça que z'étais venue, Dit la voix étouffée d'Alita alors qu'elle tentait de décrocher la chemise de Draco, Elle est pas normale, on essaie de s'en débarrasser, mais elle revient tout le temps !
—C'est clair qu'elle a quelque chose de biz…Commença Ron, mais il s'arrêta en remarquant que la poupée tenait une clef dans sa main de cire.
—Qu'est-ce qu'il y a ? Maugréa Draco.
—La clef des menottes, elle ne serait pas en métal rouge, par hasard ?
—Ben si, comme les menottes elles-mêmes, c'est assorti, pourquoi, tu l'as vue ?
—Oui : dans la main de cette maudite poupée !
—Quoi ?
Alita parvint à décrocher Draco.
—Mais elle l'avait pas avant ! Gémit-elle.
Ron tenta de s'emparer du jouet avec ses pieds, ses mains étant toujours attachées. Malheureusement, il parvint juste à le faire tomber sur le sol alors que Draco et Alita sortaient de sous le lit par l'autre côté. Ils se relevèrent et époussetèrent leurs vêtements.
—Où est-elle ?
—Je l'ai fait tombée, elle est là.
Draco se rua de l'autre côté, mais ne trouva aucune poupée : Marie-Antoinette avait disparu ! Ils restèrent tous les trois silencieux pendant quelques secondes, s'interrogeant les uns les autres du regard.
—Draco…Où est-ce que ta mère a acheté cette poupée ? Dans l'Allée des Embrumes ?
—Je ne sais pas…
—Elle est maléfique, Murmura Alita.
—Il faut qu'on la retrouve ! Dit Draco.
—Oui !
Alita et Draco se ruèrent hors de la chambre pour se mettre en quête du pantin.
—Et moi ? Se plaignit Ron.
—Ah, ouais, on ne sera pas trop de trois pour…
—Ouais, mais, sans la clef ?
—Au diable la clef !
Draco saisit sa baguette et murmura un sort qui la fit rougeoyer.
—Euh, attends, qu'est-ce que tu fais, là ? S'inquiéta Ron en le voyant l'approcher de ses mains.
Draco posa la pointe de sa baguette contre les menottes et le métal se mit à chauffer, puis à fondre.
—Eeeeeh ! Cria Ron, Où tu as passé ton diplôme de forgeron ? Mais…mais, fais gaffe !
—Ne bouge pas, s'il te plait…
—Aïech ! Tu m'as brûlé !
—Pardon !
Au bout de quelques secondes, les menottes chauffées à blanc tombèrent sur l'oreiller où elles imprimèrent leur silhouette en noir.
—Putain, ça piiiique !
—Pardon ! Répéta Draco, Va mettre ça sous l'eau froide, je vais te chercher un baume antibrûle !
Ron se leva et se précipita dans la petite salle de bain de Draco. Il se plaça face à l'évier et fit couler de l'eau glacée sur son poignet.
—Tu pleures ? Le questionna Alita, voyant que des micro-larmes de douleur perlaient dans ses yeux.
—Non, non, c'est rien, Nia-t-il.
—Mais si, ça fait vachement mal ! Oh, et pourquoi ta chemise est ouverte ? Oh, tiens, ta braguette aussi!
Ron rougit, se rappelant quand Draco lui avait sauté dessus pour le déshabiller, il avait oublié de tout rattacher.
—Il y a une drôle de forme à ton slip, Poursuivit Alita, Comme une bosse…
Ron lui attrapa la tête avec son autre main et la détourna en lui cachant les yeux avec les doigts.
—On ne regarde pas cette partie-là des gens, d'accord ?
Draco arriva avec le baume.
—Viens là, je vais te l'appliquer.
Il poussa le rouquin pour le faire asseoir sur le rebord de la baignoire et lui tartina le poignet de crème.
—Ça agit instantanément, regarde…
—Oh, super !
—Ouais, c'est Rogue qui m'avait appris à en faire, une fois…Par contre, pour ta bosse de slip, je peux te proposer un autre graissage…
—Hein ? Fit Alita.
Ron rougit aussi fort qu'un plat de spaghettis bolognaise sans les boulettes, mais ce ne fut rien comparé au moment où Draco déposa un baiser sur sa brûlure déjà soignée, où la crème avait séché.
« Il essaie de me faire changer d'avis ! » Songea le rouquin.
—C'était un bisou magique, Dit Draco en souriant, Et maintenant, occupons-nous de cette poupée diabolique !
oOoOOOoOo
—A table tout le monde ! Annonça joyeusement Luna.
Tous se rassemblèrent dans la salle à manger ronde des Lovegood, Xenophilius était enfin arrivé, ce qui soulageait Manu. Quand tout le monde fut assis, Luna utilisa sa baguette pour faire léviter les assiettes remplies et les déposer devant les convives.
—Et deux assiettes sans viande pour Cius et Neis, Ajouta-t-elle en faisant flotter dans les airs deux plats différents des autres.
Cius eut un regard étonné et Neis lui adressa un sourire charmeur en faisant papillonner ses paupières comme des ombrelles noires.
—Sans oublier le repas du petit bout de chou, tout réduit en purée !
Luna déposa la dernière assiette devant Teddy que Théo installait dans son siège de bébé. Ensuite, elle prit place près de lui, le petit s'amusa à tirer sur les crayons de couleurs qu'elle avait piqués dans ses cheveux et une cascade blonde se déversa de sa tête alors qu'elle riait.
A peine eurent-ils entamé le repas qu'on frappa à la porte.
—Je vais voir qui c'est, Dit Hal en soulevant le rideau de la fenêtre donnant sur le seuil, Oh, mais…c'est un charmant jeune-homme à la peau couleur chocolat…avec un bouquet de fleurs…et un bouquin…
Hermione ne se fit pas prier pour aller ouvrir à Blaise.
—Et salut ! C'est pour moi les fleurs ?
—Euh…oui…Bonsoir, tu es particulièrement en beauté aujourd'hui !
—En beauté ? Sourcilla Neis, Ben alors, de quoi elle a l'air quand elle ne s'arrange pas ? D'un épouvantail ?
—Moi, au moins, je ne me maquille pas avec un rouleau de peintre en bâtiment ! Répliqua Hermione.
—Mais tu effraies les animaux avec ta sale tête ! Et c'est cruel de maltraiter les animaux, pas vrai Cici-chan ?
Cius eut besoin de trente secondes pour comprendre que c'était lui « Cici-chan ». Néanmoins, Hermione se détourna d'eux pour en revenir à Blaise :
—Ta mère t'a laissé venir, sachant que…
—Elle ne sait rien…je fais le mur…
—Oh.
—Zoooooooommmmmm ! Fit Théo en agitant la cuillère sous le nez de Teddy, Le balais va entrer dans le hangar, zzooooooommmm !
—Vous mangez ? Demanda Blaise.
—Oui, on est un peu tard, mais on attendait que Mr Lovegood soit rentré…Tu as faim ?
—Non, moi, j'ai déjà dîné…
—C'est quoi ce livre ?
—Euh…c'est encore un cahier…un brouillon…euh…de…mon roman…
—Quoi ?
—Euh, mange, je t'en parlerai après !
Elle alla s'installer à la table et tous mangèrent le curieux plat préparé par Luna. Qui bizarrement, avait un goût normal. Harry regretta bien vite de s'être assis à côté de Hal, celui-ci passa le repas à le soûler en lui parlant de Ron comme un hystérique.
Après cela, ils passèrent au salon et Xenophilius proposa de la Bièreaubeurre pour digérer.
—Alors, ce roman ? Questionna Hermione.
—C'est un livre pour la jeunesse…
—Il paraît que c'est plus difficile à écrire qu'on ne le croit, mais, pourquoi tu…
—Je ne sais pas…je n'ai jamais su ce que je voulais faire de ma vie et là…ben…j'ai comme qui dirait senti que raconter des histoires aux enfants, c'était mon truc. Et j'ai eu comme une idée là, je sais que l'écriture ne rapporte pas beaucoup de fric, à moins de pondre un best-seller, mais…
—L'important, c'est que tu fasses quelque chose que tu aimes. De quoi ça parle ?
—Euh, tu vas voir que je n'ai pas été cherché l'inspiration bien loin: c'est l'histoire d'un petit garçon qui remonte le temps pour aider ses futurs parents à tomber amoureux…
Hermione sourit.
—Ouais, tu vois, et j'ai changé le sexe du gosse pour un peu brouiller les pistes mais…J'hésite encore pour les parents, si je dois les changer ou pas…
—Les changer ?
—Ouais: dois-je mettre un couple hétérosexuel, pour ne pas faire de vague, éviter les histoires de censure, etc. ? Ou au contraire, donner un coup de pied au cul à la morale bien-pensante et montrer que des parents homos, ça ne change rien ?
—Je ne sais pas, je dois dire…La société est-elle prête pour cela, ou faut-il attendre encore un peu ?
—Si je puis me permettre, Dit Emy en s'incrustant, Un petit scandale, ça peut être assez flatteur pour l'égo de l'auteur qui prend plaisir à provoquer à faire hurler les petites vieilles !
Hermione fronça les sourcils et tenta d'éloigner Blaise de l'écrivaine, dont elle se passerait bien des conseils.
—Mais c'est toi qui vois, Poursuivit la romancière, Réfléchis bien à l'image que tu veux avoir…
Voyant que le couple tâchait de s'écarter, elle se détourna d'eux et porta son attention sur Cius et Neis, qui apparemment écoutaient Hal raconter une blague.
—C'est un mec qui va en Espagne et qui veut manger dans un resto près de la corrida…
Cius fronça les sourcils.
—Ouais, ben moi non plus, j'aime pas ça! Précisa Hal, Enfin, le mec il entre dans le restaurant et voit que tout le monde semble avoir choisi le même plat : deux énormes boules de viande un peu bizarres !
—Yeurk! Fit Cius.
—Yeurk! Singea Neis.
—Il demande ce que c'est, et on lui dit que c'est la spécialité du restaurant, et qu'on la prépare avec les taureaux tués lors de la corrida…
—Monstrueux !
—Monstrueux !
—Alors, le gars, il a pas froid aux yeux et il est du genre partant pour goûter les trucs étrangers étranges, alors il demande la même chose. Puis, quand le serveur lui apporte son assiette, il constate avec stupeur que pour lui, au lieu de deux grosses boules, il y a deux petites boules. Alors, il demande au serveur comment ça se fait, et il lui répond : « Lo siento, señor, mais parfois, c'est le taureau qui gagne ! »
—Ah ha ! Bien fait !
—Ouais !
—Mais euh…Demanda Neis, Vous mangez vraiment ce genre de truc en Espagne ?
—Mais non ! On mange des bons trucs, et pas que de la paella, et puis, la pire cuisine au monde, c'est…
Ils jetèrent tous trois un coup d'œil aux Britanniques les entourant, puis baissèrent les yeux vers leur Bièreaubeurre.
—De la bière chaude, Murmura Cius, Non, pas chaude, tiède…
—Enfin, au moins, elle est sucrée et contient des épices douces, un peu comme le grog, Dit Hal, Imaginez qu'ils nous aient servi de la bière moldue anglaise, la bitter ale ?
Neis fit une grimace.
—Je crois que je la balancerais dans un pot de fleur quand ils ne regardent pas !
—Quand nous serons célèbres et que nous partirons en tournée, rappelez-moi de ne jamais laisser Ron s'occuper d'aller nous ravitailler en bière !
Emy décida d'intervenir:
—Vous savez, il suffit de demander à Luna, et elle vous servira autre chose: du saké ou de la liqueur de kaki par exemple !
—Y'a du rhum ? Demanda Hal avec des yeux brillants.
—Sans doute.
—Eh, Luna, tu as du rhum ?
—Bien sûr! Répondit la blondinette, Enfin, si tu arrives à arracher la bouteille des mains de Manu…
—Quoi ?
Hal s'approcha de Manu qui s'était écroulé sur le canapé et sifflait tranquillement la boisson, buvant directement au goulot.
—Je peux avoir du rhum ?
—NAN !
—Mais ! Partage un peu, elle est pas à toi cette bouteille !
—A toi non plus, gamin ! Y'a pas ton nom marqué dessus !
—Non, mais il y a celui de Pelirrojo !
—Ah ouais, c'est vrai qu'il s'appelle Ron…Mais qu'est-ce que ça change, t'es pas lui?
—Luna a dit que je pouvais en avoir !
Hal s'approcha de Manu pour lui prendre la bouteille des mains, mais l'aventurier se buta et sortit un long couteau d'une de ses poches, qu'il pointa dans la direction du jeune-homme.
—Oh, là ! S'exclama Harry, dont l'impitoyable œil d'attrapeur repérait tout signe d'agitation.
Hal déglutit et Manu lui envoya un regard féroce, avant que Luna intervienne, alertée par Harry.
—Arrêtez ! C'est pas la peine de se bagarrer !
—Ouais, déconne pas, Manu, ça sert à rien la haine !
—Laisse Hal se servir du rhum…
—Mais…
Hermione arriva derrière Luna et fit les gros yeux, Manu abdiqua. Hal se saisit de la bouteille qu'il regarda d'un air amoureux et alla se servir.
—Il est bizarre ce couteau, Dit Harry en lorgnant l'arme de l'aventurier, Vous ne vous battez pas avec une baguette ?
—Je n'ai pas de baguette.
—Quoi ? Mais, vous êtes Moldu ?
—Non. Mes parents sont sorciers.
—Cracmol ?
—Pas vraiment. Disons que j'ai toujours trouvé que la magie, c'était pas mon truc, mais ça ne veut pas dire que je la rejette complètement, ce couteau est ensorcelé, regarde:
Harry fixa l'arme et vit tout à coup la lame devenir rouge et lumineuse, comme une lanterne chinoise.
—Ça fait nettement plus de dégâts comme ça ! Mais j'ai toujours une préférence pour les combats au corps-à-corps. Là, j'ai vraiment l'impression de lutter, c'est autre chose que les sorts à distance…
A quelques mètres de là, Hal leva son verre rempli :
— A Lilita, la princesse des pirates! Cent hommes sur le coffre du mort, yohoho, et une bouteille de rhum ! A Draco, glacial mais sexy, et à Ron, qui nous enivre!
—Lui il nous enivre, et toi tu nous soûles! Précisa Manu.
Hal but cul-sec, se rassit et posa sa main sur la bouteille, faisant coulisser ses doigts de bas en haut sur le goulot alors que son visage affichait un air béat.
—Tu crois qu'il pense à Ron, là ? Chuchota Harry.
Hermione leva les yeux au ciel.
oOoOOOoOo
Ils se tenaient tous les trois au milieu du couloir, guettant le moindre signe du jouet.
—Marie-Antoineeeette, où es-tuuuu ?
—Vous vous rendez compte qu'on est angoissés par une simple poupée ? On n'a pas l'air con !
—Ouais, mais, il faut se débarrasser d'elle !
—Ouais !
—C'est vrai que c'est un peu inquiétant.
Il faisait à présent nuit et le Manoir prenait ses airs de château hanté. Ils s'éclairaient à la lueur des bougies et le couloir qu'ils traversaient s'ouvraient devant eux comme un trou noir prêt à les avaler. Alita faisait la fière, jouant aux intrépides, me se faisait la réflexion que si elle avait été seule, elle aurait été morte de trouille.
—Au fait, Dit-elle pour briser le silence qui s'était installé depuis peu, Vous faisiez quoi en fait, sur le lit, avec les menottes ? Paskeuh c'est tout de même bizarre comme zeu ?
—Ben, on jouait aux Aurores et aux Mangemorts !
—Ze me rappelle pas qu'on détache sa braguette pour ça…
—Princesse…
—Poupée…
—Tu vas détester ce qu'on va te dire mais…
—On est bien obligés…
Ron et Draco échangèrent un regard, et récitèrent à l'unisson :
—Tu comprendras quand tu seras grande !
—Mais euh ! Pourquoi on m'interdit ça ? Méchants ! Ze suis sûre que c'est un truc super cool, et z'aimerais le faire aussi !
—Bah, tu le feras sûrement un jour, quand t'auras quinze ans, minimum…
—Ron !
—Disons seize !
—Oh !
—Quoi ?
—La clef, là, par terre!
Draco se précipita pour la ramasser, mais quand il mit la main dessus, il constata que la silhouette de Marie-Antoinette se détachait dans la pénombre et semblait le fixer de ses petits yeux en plastic qui brillaient dans le noir. Il laissa échapper un cri malgré lui.
—Elle est là !
Il se releva et recula pour se placer aux côtés de Ron. Tous trois restèrent silencieux, tendus et quelque peu impressionnés par le pantin ensorcelé. Ron sentit Alita lui enserrer la jambe avec ses bras, et, plus curieusement, Draco semblait avoir envie de faire la même chose au niveau de ses épaules.
—On va quand même pas se laisser faire et avoir la frousse d'une idiote de poupée? Maugréa-t-il avant s'avancer résolument vers Marie-Antoinette et se saisir d'elle.
—Ouais, P'pa, c'est le plus courageux, il a peur de rien !
—Je t'ai déjà expliqué pourquoi, Dit Draco, vexé de ne pas avoir ce courage, C'est parce que c'est un Gryffondor !
Ron se mit alors en tâche d'arracher la tête de la poupée, puis de la démembrer.
—Fous-y le feu ! Suggéra Draco.
—Ouais, mais pas ici, y'a trop trucs en bois…
—Alors, on va dehors !
—Ok.
Le blond les mena dans une remise où ils dégottèrent une vieille caisse en carton. Ils y mirent les débris du jouet et la déposèrent dans la cour en pierre, afin de ne pas incendier la pelouse. Ron leva alors sa baguette, prêt à jeter le sortilège de feu, quand un bras le retint.
—Arrêtez !
—Maman ?
—Mrs Malfoy ?
—Mamie Cissy ?
—Qu'est-ce que vous faites ?
Elle n'attendit pas leur réponse et alla ouvrir la caisse. Elle en sortit la poupée à nouveau intacte.
—Mais comment…Balbutia Ron.
—Vous vouliez la brûler ? Gronda Narcissa.
—Maman, on peut savoir où tu as trouvé cette horreur ? Dit sèchement Draco.
—Pourquoi ?
—Elle n'arrête pas de disparaître et de réapparaître à divers endroits, Expliqua Ron, Et elle se reforme à chaque fois qu'on la déchire, et elle nous vole des trucs aussi !
—Et elle m'a attaquée pendant la nuit ! Compléta Alita.
—Et vous croyez qu'y mettre le feu y changera quelque chose ?
—Euh…Ben, on n'avait pas encore essayé ça, alors…
—Ce n'est pas la poupée qui est ensorcelée, mais le ruban qu'elle a dans les cheveux !
—Hein ?
—Regardez, il suffit de l'enlever…
Narcissa joignit le geste à la parole et retira le ruban.
—Voilà, maintenant, elle ne fera plus rien.
Elle la leur tendit, mais ils semblaient hésiter.
—Vous avez peur?
—Non ! Dirent-ils de concert, On n'a peur de rien!
—Sauf des araignées !
—Sauf d'André Cornichon !
—Moi j'ai vraiment peur de rien !
—C'est pas vrai, Dit Narcissa, Draco, t'as peur de tas de trucs ! Mais ça ne sert à rien de fuir ce dont on a peur !
—Ben justement, Protesta Ron, Figurez-vous que je suis parfaitement capable d'affronter ma peur des araignées pour en dézinguer une, et un grosse, un acromantule !
—Et bien, c'est pareil, avec beaucoup de choses, il faut affronter ce qui empêche d'aller de l'avant ! Et cette poupée peut être adorable si on prend la peine de la comprendre, vous voyez ? Allez, maintenant, allez dormir.
—Oui, Maman.
—Oui, Mamie.
—Oui, Madame.
oOoOOOoOo
Avant d'éteindre la lumière de la chambre où Alita était déjà pelotonnée dans son lit, Ron plaça Marie-Antoinette sur la commode, décidé à voir ce que ça allait donner.
—Pourquoi tu dors pas avec Pôpa ce soir ?
—Lulu le coincé du slip a découvert qu'on le faisait et nous surveille, Mentit-il afin d'éviter toute conversation inappropriée. Allez, bonne nuit ma chérie !
Il fit disparaître la lumière et repensa à toute la journée qu'il venait de passer. Et si Draco avait tout simplement peur de ce qu'il lui cachait ? Et que c'était juste un manque de courage ?
Et n'empêche, dormir seul, sans Draco, sans son corps chaud contre lui, c'était comme si quelque chose de vital manquait.
oOoOOOoOo
Il se réveilla le lendemain avec l'impression que ce serait le jour le plus triste du monde.
Mais il se trompait…
La première chose qu'il vit en ouvrant les yeux fut Marie-Antoinette qui n'avait pas bougé d'un milipoil. Narcissa avait raison.
Il jeta un œil à Alita toujours endormie et se leva, se dirigea vers la salle de bain pour s'habiller et faire un brin de toilette, puis s'en alla vers la salle à la manger pour déjeuner. Le Manoir était particulièrement lugubre et vide. Quand il arriva à table, il ne trouva personne. Sur les cinq assiettes du couvert, deux étaient jonchées de miettes et attendaient d'être débarrassées par Diana, celles de Lucius et Narcissa qui avaient déjà petit-déjeuné. Draco, en revanche, devait dormir encore.
Ron saisit négligemment un croissant et mordit dedans alors qu'il entendait des voix en provenance de la pièce voisine. Deux. Un homme et une femme. Sans doute les maîtres de maison.
Il resta quelques secondes à manger et à se verser du café avant de se rendre compte que si la voix féminine était bien celle de sa belle-mère, l'autre en revanche, n'appartenait pas à Lucius. Etonné, il se leva et alla regarder par la porte entrebâillée, tasse de café à la main.
—Vous voulez quelque chose à boire, Camille ?
—Non merci, Narcissa…
« Ha ha, un mec qui s'appelle Camille ! »
Ron avait beau savoir que c'était un prénom mixte, il le trouvait toujours ridicule porté par un homme.
Mais Lucius arriva, et tout de suite, ce fut moins drôle. Ron croyait que le problème de Draco venait du fait qu'il était coincé du cœur, mais ce jour-là allait lui prendre que le problème était ailleurs. Le cœur de Draco n'avait jamais été défectueux, la clef du problème, c'était dans sa tête qu'il fallait la chercher.
—Ah, Docteur Hélium, Dit le grand blond en lui tendant la main.
*sifflote d'un air innocent*
Salut, au chapitre suivant!
