Je me suis encore auto-surpassée en matière de longueur de chapitre: ~13 000 mots!


Chapitre vingt-six: La bonne (al)chimie

Quand Ron découvrit l'identité de l'homme présent dans le salon des Malfoy, il fut parcouru de temps de pensées à la fois qu'il ne parvint pas à les organiser dans sa tête, et encore moins à les examiner une à une afin d'élaborer une stratégie de circonstance. C'est pourquoi il se contenta d'obéir à la première intuition qui lui vint à l'esprit.

Après avoir rattrapé in extremis la tasse de café qui lui avait glissé des mains en entendant prononcer le nom du Dr Hélium, ce qui aurait provoqué un grand fracas et signalé sa présence, il retourna près de la table du petit déjeuner et ramassa quelques croissants qu'il mit dans un sac en toile, et remplit le thermos de café. Il se dirigea ensuite vers sa chambre, prit un sac à dos dans sa valise et commença frénétiquement à y mettre tout ce qui pourrait lui être utile.

Bordel de troll ! Ce type, c'était le fameux Hélium, Camille de son prénom. Un homme entre deux âges, grand, sec et maigre, avec des cheveux entièrement noirs à l'exception d'une bande autour de sa tête qui était presque blanche. Poivre et sel, comme on dit. Ron n'avait aucune idée de ce que cet énergumène faisait là, de même qu'il n'y connaissait rien en chimie, mais l'hélium lui apparut comme l'élément le plus dangereux du tableau de Mendeleïev. Et ça ne devait pas faire bon ménage avec le malfoyate de draconium. 1He +1 M2D = kaboum-labo-en-miettes, l'équation était simple ! Surtout avec le malfoyate de luciusium en guise de catalyseur.

Alita émit un grognement en se réveillant, alors que Ron cherchait activement une clef dans son sac. La clef du coffre-fort à Gringotts de la famille Weasley. Du moins, un double de cette clef, qu'Arthur avait fait faire en vue du séjour de son fils au Manoir Malfoy : «Au cas où ces gros snobs radins vous traitent comme des souillons, toi et la petite, n'hésite pas à aller vous chercher de quoi vivre décemment sur notre compte !», lui avait-il dit.

—P'pa, qu'est-ce que tu fais ?

Ron fourra la clef dans sa poche.

—Bonjour, princesse, bien dormi ?

—Vi.

—Nous allons partir toute la journée, Draco et moi. Seuls. Tous les deux.

—En namoureux ?

—C'est ça ! Tu vas devoir rester seule…

Il émit une grimace. Était-ce bien prudent de la laisser ici ? Ne risquait-elle rien avec Lucius et Hélium ? D'un autre côté, il était impératif qu'il soit seul avec Draco…Son regard passa sur la poupée, toujours à sa place. Narcissa, songea-t-il, Narcissa avait eu raison, Narcissa était donc une personne de confiance.

—Alita, tu vas passer la journée avec Mamie Cissy, d'accord ? Il y a un type qui est venu rendre visite ici…Je ne sais pas ce qu'il veut, mais toi et Mamie Cissy, je veux que vous preniez soin l'une de l'autre, d'accord ?

—D'accord ! Mais z'ai pas tout compris…

Ron esquissa un faible sourire un peu peiné. Il s'approcha d'elle, s'installa sur le lit et lui caressa affectueusement les cheveux.

—Tu sais, ma petite chérie, je me doute bien qu'en ce moment tu dois penser que Draco et moi on est un peu bizarres…qu'on est…différents…mais ne t'inquiète pas, tout sera bientôt redevenu normal, et un jour, tu auras toutes les réponses aux questions que tu dois te poser…Il faudra être patiente…Maintenant, il faut vraiment que je file, à ce soir, pupuce !

Il lui déposa un baiser sur le front et partit sans plus de cérémonie.

Quand il déboula dans la chambre de Draco, celui-ci était à peine réveillé, et affichait la mine de quelqu'un qui avait à l'évidence très mal dormi.

—Salut, Draco…

—Mmmh…'lut…

Ron s'engouffra dans la salle de bain et rafla une bonne partie des accessoires de toilette de Draco qu'il rangea dans le sac à dos. Ensuite, il se dirigea vers la garde-robe et choisit quelques vêtements qu'il ajouta également à son butin. Ce fut à ce moment-là que le blond émergea définitivement du sommeil :

—Mais qu'est-ce que tu fous ?

—Pas le temps de t'expliquer, viens vite !

Le rouquin ramassa les chaussures de Draco et prit celui-ci par la main pour le faire sortir de la chambre.

—Nom de nom, que fais-tu ? J'ai même pas eu le temps de me brosser les dents, je dois avoir une haleine de scroutt !

—Tais-toi, je t'en prie !

—Mais…

—Chhhhht !

Ron mena Draco hors du Manoir, en évitant de croiser Lucius, Narcissa et Hélium. Une fois dehors, ils passèrent la grille et Ron leva sa baguette pour appeler le Magicobus.

—Tu peux me dire c'est quoi tout ce cirque ? Râla Draco, Où est-ce que tu m'emmènes en pyjama comme ça, et pourquoi ?

Le bus violet arriva, empêchant Ron de répondre. Ils montèrent, Ron paya le trajet et ils allèrent s'installer à l'une des tables. Draco réitéra sa question, et Ron se contenta de sortir du sac les vêtements, les chaussures et les affaires de toilettes et les lui tendit.

—J'imagine que tu trouves très déplaisant d'être dans cet état en public, mais je te jure qu'on n'avait vraiment pas le temps d'attendre que tu te pouponnes…Tiens, voilà, tu peux sûrement aller te changer dans les WC du bus…

—Mais qu'est-ce que t'as bouffé, nom d'une blatte ? Y'a un truc qui tourne pas rond dans ta tête !

—Va te changer avant qu'on arrive à Londres !

Draco attrapa ses affaires et se dirigea vers le petit coin en maugréant. Certes, il était du genre à détester apparaître en tenue négligée en société, et il convenait de remédier au problème au plus vite, mais Ron allait l'entendre quand il se serait préparé !

Il sortit des toilettes un quart de d'heure plus tard, frais et dispos, tiré à quatre épingles comme à son habitude, les cheveux soignés comme s'il revenait d'un salon de coiffure. Ron l'attendait à la table, tout sourire, avec les croissants et le café qu'il avait subtilisés au manoir.

—Voilà ton petit déjeuner, vas-y, mange !

—Ron, s'il te plait, dis-moi ce que tu mijotes !

—Oh…et bien…on va juste partir en excursion, aujourd'hui…on va passer la journée à Londres et on va s'éclater grave!

—Hum…et pourquoi ce départ précipité ?

—Je peux pas te le dire.

—Ben voyons…

—Tu refuses de me dire ce qu'il y a dans ce dossier, et bien moi, je te cache le but réel de ce voyage, nananère !

Draco soupira et se saisit d'un croissant. Ron lui caressa les doigts, posés sur la table.

—Tu es méga stressé, et t'es pas bien dans ta peau en ce moment…Aujourd'hui, tu vas lâcher la pression, et tu ne vas penser à rien qu'à t'amuser, c'est compris ?

—Mais…

—Arrête de te prendre la tête. Pense à vivre l'instant présent comme si tu devais mourir demain !

—Et Alita ?

—Tout va bien se passer pour elle, pas d'inquiétude, j'ai tout prévu…Allez, évite de réfléchir…

—Ouais, je vais prendre exemple sur toi !

Ron se força à rire. Il fallait bien.

oOoOOOoOo

Alita n'eut jamais autant l'air d'une petite fille modèle tout droit sortie d'un roman de la comtesse de Ségure. Elle était parfaitement coiffée et vêtue d'une des plus belles robes de poupée baroque que Draco lui avait achetées. Elle souriait de manière innocente et fit même une petite révérence pour se présenter devant le docteur Hélium.

—Bonzour, monsieur ! Dit-elle en chantonnant.

—Oh, qu'elle est mignonne, Dit Hélium en se baissant, Alors, c'est donc toi, la fille de Draco ?

—Oui, monsieur, ze suis la fille de Draco, et de Ron.

—Oui, certes...Ron…Dis-moi, tu sais peut-être où ils sont ?

—Pardon, monsieur ?

—Oh, tu es vraiment très polie.

—Merci, vous me flattez, monsieur.

—Mais sais-tu où tes…papas sont partis ?

—Pourquoi vous me demandez ça, monsieur ?

—Parce que j'étais venu voir Draco, mais nous ne les trouvons aucun des deux.

—C'est normal, monsieur, ils sont sortis pour toute la zournée !

—Ah, et tu sais où ils sont allés ?

—Hum…p'têt bien, monsieur.

—Tu peux me le dire ?

—Vous voulez le savoir, monsieur ?

Hélium gratifia Alita d'un sourire. Il fallait être patient dans son métier, surtout avec les enfants. D'ailleurs, Draco n'avais pas été aussi facile qu'elle à son âge. Derrière lui, Lucius émit un grognement.

—Que tu es mignonne ! Alors, où ils sont, tes papas ?

Alita lui rendit son sourire, et sans attendre, elle répondit en gardant son aspect de poupée mignonne :

—Dans ton cul, monsieur !

Et elle tourna les talons.

oOoOOOoOo

—Les gens au Chaudron Baveur nous regardaient bizarrement… là, c'est pareil !

—Je trouve effectivement étrange que sur le Chemin de Traverse, où on peut voir un bel échantillon de choses bizarres, c'est encore le fait que deux garçons marchent en se tenant par la main qui étonne le plus et attire les regards…

—Peut-être tout simplement que tu devrais me lâcher ?

—On arrive à Gringotts.

—Hein ? Et qu'est-ce que tu veux y faire ?

—Ben, aller chercher un peu d'oseille, m'enfin !

Ils entrèrent dans la banque et Ron se dirigea tranquillement vers le guichet, sortant la clef de son coffre de sa poche.

—Je désire aller faire un retrait dans le coffre de la famille Weasley, s'il vous plait.

Le gobelin les dévisagea d'un air hagard.

—Malfoy…Weasley…Malfoy…Weasley…Mal…

—Oui, on a compris ! S'impatienta Ron, Je suis pauvre et il est riche, et ça vous étonne qu'on soit ensemble, mais nous voulons vraiment aller dans mon coffre !

—Suivez-moi, Dit le gobelin, remis du choc.

Draco se tut, intrigué, et suivit sans discuter. Le gobelin les mena au « trésor » de la famille Weasley après l'habituelle balade en charriot.

Le plus décoiffant pour Draco fut quand il vit la maigre fortune de Ron amassée devant lui.

—Me-e-rl-in ! Tu es vraiment…paaauuuuvre !

—Alors, Dit Ron, imperturbable, Pour que mes parents ne manquent de rien jusqu'à la prochaine paie de mon père, il faut que je leur laisse…

Il se mit à compter sur ses doigts, puis enfin, il demanda au gobelin d'emporter tout le contenu du coffre à l'exception d'un petit tas de Galions.

—Ça devrait suffire…

—Mais…Mais…Fit Draco, Comment ils vont manger avec si peu ?

—Bah, c'est facile, ils feront comme d'habitude !

—Mais…j'ai passé un mois à faire la cuisine avec ta mère…Ne me dit pas qu'elle arrive à faire des plats de si bonne qualité avec un budget réduit?

—Ben si…

—Mon dieu, j'ai encore des choses à apprendre d'elle, alors…

—Ma mère est géniale…la tienne aussi d'ailleurs…Allez, on sort ?

Le gobelin les reconduisit à la sortie.

—Pourquoi tu prends tout ce flouze comme ça ? Qu'est-ce que tu comptes faire avec ?

Ron regarda Draco dans les yeux avec un sourire malicieux. Le blond devina instantanément qu'il était sur le point de dire une connerie sensée être drôle.

—C'est ma dot, mon père m'a dit de te donner cet argent pour te payer en échange du service que tu lui rends de le débarrasser de moi !

Draco leva les yeux au ciel, mais qu'est-ce que Ron mijotait encore ?

—Bon, allez, on va tout convertir en argent moldu, maintenant…

—Le guichet de change est dans cette direction, Indiqua le gobelin.

—Merci.

—Comment ça, de l'argent moldu ? Demanda Draco alors qu'un autre gobelin, celui du guichet de change, opérait la transaction.

—On va tout dépenser de cet argent ! Annonça Ron, Et on va le faire dans le Londres moldu, comme ça, de une, on aura la paix, et de deux, Hermione dit tout le temps qu'il y a des trucs sympas qu'on devrait essayer, le cinéma, par exemple !

—Voilà votre argent, Mr Weasley.

—Mais…c'est du papier ! S'étonna Draco.

—Ouais, ils appellent ça des billets…

—Voici également une table de conversion, Dit le gobelin en tendant à Ron un carton.

—Merci !

Ils sortirent de Gringotts, Draco s'empara de la table et lut :

—«Les Moldus n'utilisent pas la même monnaie en fonction de leur nationalité. Les Britanniques utilisent la livre sterling, et sa division, le penny, qui correspond au centième de la livre. Le pluriel de penny est pence, bien qu'on trouve également pennies (rare)…»

—Pénis ? Mouhahaha !

—Ron, t'as quel âge ? T'es pas un peu grand pour rire d'un truc pareil ?

—Justement, aujourd'hui, on va s'amuser comme des gosses ! Le monde des adultes peut-être tellement lourd…Alors, ne me parle pas de grandir, c'est pas à l'ordre du jour !

—C'est ça, Peter Pan… « 1 Galion = 5 livres, 1 Mornille = 29 pence, 1 Noise = 1 penny. ». Bon, il va falloir faire attention…

—Draco, s'il te plait, lâche-toi un peu…allez, fait risette !

—Bon, d'accord…alors…voyons-voir…

Le blond regarda autour de lui et repéra un petit garçon entrain de se régaler d'une sucette.

—Je sais ce que je vais faire pour m'amuser, tiens…

—Non, tu ne vas quand même pas…

Mais Draco s'élança et happa tout simplement la sucette de l'enfant au passage.

—Maman ! Le monsieur m'a volé mon bonbon !

—Draco ! S'indigna Ron alors que le blond revenait en léchant la friandise.

—Je retombe assez en enfance pour toi, là ?

—Mais…enfin, mais…

—Pas de problème, ce môme a l'air en bonne santé, je ne devrais pas tomber malade à manger après lui. Mais c'est mignon que tu t'inquiètes de ma santé, Ronnie d'amour !

—Mais t'es vraiment un sale type !

—Allez, détends-toi, c'est toi-même qui l'a dit : aujourd'hui, on s'éclate !

—Mais…

—Allez, fait risette !

—Je vais acheter une autre sucette pour ce pauvre gosse!

—Faudrait savoir: tu veux t'amuser ou pas?

oOoOOOoOo

« Mais qu'est-ce qu'elle fiche encore ? » Soupira intérieurement Hermione en entendant Neis jacasser.

Elle leva les yeux du brouillon du roman de Blaise qu'elle essayait de lire pour lorgner « ASHEs moins Ron » entrain de discuter. Enfin, Neis lisait l'horoscope à voix haute.

« Je suppose qu'elle essaie de savoir si elle est compatible avec Cius, cette greluche gothique ? Ridicule. L'horoscope, non mais, c'est encore une débilité à la Trelawney, ça ! ».

—C'est trop drôle, Dit « la greluche », Hal, tu es Taureau, le comble pour un Espagnol anti-corrida !

—J'avoue que le rouge m'excite beaucoup…

—Comme les cheveux de Ron ? Sourit Cius.

—Moi, je crois que le zodiaque influence vraiment notre personnalité, Poursuivit Neis, Regardez : Hermione est Vierge, et ben, ça ne m'étonne pas !

—Quoi ? Beugla ladite Hermione, C'est quoi cette insinuation ? Parce qu'à quinze ans tu n'es pas pucelle, toi ?

—Ça ne te regarde pas ! Répliqua Neis en rougissant sous son fond de teint blanchâtre.

—Heureusement que ce sont des filles, Dit Hal, Comme ça, je ne leur dit rien, mais faut avouer qu'elles sont pénibles à se chamailler comme ça…

—Comme toi avec Manu ? Dit Cius.

—Ouais, mais c'est pas ma faute, c'est celle de ce vieux con avec ses dents toutes pourries !

—Il est derrière toi.

—…

—Et bien, mes dents sont peut-être pourries, mais les tiennes, je vais te les casser, morveux !

—Heu…Manu, on t'a pas entendu arriver…

—Il y a un colis qui vient d'arriver par hibou, c'est pour l'herbivore.

—Ah, merci, passe-le moi !

—Mais Cius, le laisse pas te traiter d'herbivore !

—Quoi, c'est pas ce qu'il est ?

—Non, je suis également frugivore, granivore, etc. Herbivore, ça désigne un régime alimentaire qui ne comprend que des herbes et des feuilles. Ah, et je mange aussi des œufs, des produits laitiers et du miel, je ne suis donc pas végétalien, et encore moins vegan.

—Je suis ravi de l'apprendre ! Ironisa Manu alors que Neis lui tirait la langue.

—Qu'est-ce que c'est que ce colis, si c'est pas indiscret ? Coupa Hermione.

—Du chocolat pour Emy…Ça vient de Belgique !

—Hein ? La Belgique ? Fit Neis, C'est où ?

Tout le monde la regarda d'un air interloqué.

—Tu veux dire que tu ne sais pas ce qu'est la Belgique ?

—Ben, c'est un pays ou quelque chose comme ça, j'imagine, mais je sais pas où c'est !

—Tsst ! Fit Hermione d'un air dédaigneux, Ces Américains! Ils se prennent pour le nombril du monde et ont une géographie très faible !

—Dis donc, l'Européenne, il n'y a rien de dramatique à ne pas connaître par chœur la liste des satellites de l'ex-URSS !

Manu et Hermione éclatèrent de rire.

—La Belgique en URSS, elle est trop, cette gamine !

—En fait, la Belgique, par rapport à l'Angleterre, c'est juste de l'autre côté de la manche, Glissa Cius.

Neis baissa les yeux.

—La Belgique, Expliqua impitoyablement Hermione, C'est au nord de la France, au sud des Pays-Bas et à l'ouest de l'Allemagne, ils ont un système politique aussi obscure que compliqué, ils se battent pour des histoires de langues et ils sont réputés pour leur chocolat, leur bière et leurs chips…

—Au sel ou au paprika ? Railla Neis qui l'avait mauvaise.

—Hein, des chips ? Fit Hal.

—Ben quoi ? Dit Hermione.

—Attends, Intervint Manu, Je t'explique : en Angleterre, vous appelez « chips » ce que le restant de la planète appelle « frites ».

—Ah ouais, patatas fritas !

—Ta gueule, morveux !

—Pour Neis, des chips, c'est ce que tu appelles « crisps », et ce que tu appelles « chips », pour elle, ce sont des « french fries ».

—Ah oui ? S'étonna Neis, Mais alors, c'est pas belge, c'est français !

—Tais-toi…

—Ouais, ben les Anglais, ils parlent n'importe comment !

Hal et Cius échangèrent un regard amusé.

—¡Viva el bilingüismo !

—Yosh, Haru-san !

—Moi, je parle six langues, Assena Manu, Alors ta gueule, morveux, et ta gueule, herbivore !

—Normal pour quelqu'un qui voyage autant, Concéda Cius.

—Ouais, ben, c'est pas une raison pour faire le malin, Répliqua Hal, Malparido !

—Six langues dont l'espagnol qui est ma langue maternelle, Précisa l'aventurier, Alors, je sais parfaitement de quoi tu viens de me traiter, là, maricón de cabeza hueca!

—Oh, ça c'était une insulte homophobe !

—Calmez-vous…Tenta Hermione alors que Manu ressortait son couteau ensorcelé.

—¡Hijo de puta descerebrado ! Lança-t-il, Hal se saisissant de sa baguette, décidé à ne pas se laisser faire.

—¡Pinche cabrón !

—¡Huevon, mercachifle!

—Je ne parle pas espagnol, mais je devine que c'est pas de la poésie courtoise...

Hal marmonna un sort et sa baguette se mit à luire d'une lumière verte, alors que l'arme de Manu s'allumait de rouge. Ils continuèrent à se bagarrer.

—¡Pendejo baboso !

—¡Pequeño puto, eres demasiodo cojudo !

—Les mecs, arrêtez !

—¡Voludo !

—Non, mais, ça suffit, stop !

—¡Pobre bruto lleno de ladillas ! Eres sucio como el culo de un…

—STOP !!!

Hal et Manu s'arrêtèrent, surpris par le cri de la jeune-femme.

—Mais enfin, il n'y a pas un moyen plus civilisé de régler ça ?

—Ouais, y'en a un, Dit Manu, son couteau rougeoyant s'entrechoquant avec la baguette verdoyante de Hal.

—En effet, Renchérit ce dernier, Et ce moyen, c'est…

Ils marquèrent une pause, puis déclarèrent de concert :

—Un concours de celui qui mange le plus de chili con carne !

—Si vous me cherchez, je suis dans la chambre de Luna, Maugréa Hermione, sortant de la pièce avec le cahier de Blaise.

oOoOOOoOo

—J'ai faim, tiens.

—Moi aussi, on se fait un restau ?

—Pourquoi pas, il reste encore assez de fric ?

—Ben ouais.

—T'es sûr qu'on n'a pas trop dépensé dans toutes ces attractions ?

—Non non. Dis, un italien, ça te dit ? Ça nous changera !

—Tu dis surtout ça parce qu'il y en a un juste devant nous…

Ron se contenta de rire alors qu'ils se dirigeaient vers l'entrée de La tavola toscana.

Une fois qu'ils étaient sortis du Chemin de Traverse, ils s'étaient lancés un peu au hasard dans l'exploration de la partie moldue de Londres, jusqu'à tomber sur une petite fête foraine, et animés de curiosité, ils avaient testé le moindre stand, du Palais des Glaces à la Grand Roue, en passant par le Rotor (dans lequel Draco avait manqué de vomir, ce qui arriva tout de même une fois qu'il en fut sorti).

Ron jeta un œil à Draco : apparemment, celui-ci n'était pas prêt de deviner ce qui se passait au Manoir, et semblait être parvenu à relâcher définitivement la pression. Alors que Ron, trouvant lui-même le Train Fantôme minable avec ses monstres en carton-pâte, s'attendait à ce que Draco fasses des commentaires désobligeant sur le manque de talent des Moldus dans l'art du spectacle, il fut surpris quand celui-ci était parti dans une crise de rire en répétant, entre deux saccades «C'est vraiment nul ! Trop drôle !». Draco s'était également régalé sur les jeux vidéos du Luna Park et dans le stand de tir à la carabine, où il avait amassé les peluches Walt Disney en assenant à Ron des «Je vise mieux que toi-euh !». Par contre, la seule fois où il perdit au jeu, il râla jusqu'à ce que Ron lui redonne le sourire en lui payant une énorme barbapapa violette. Qu'on vienne dire que Draco Malfoy était un individu sinistre après ça !

La matinée s'était ainsi déroulée entre les pommes d'amour et les manèges à deux balles, agréable récréation qui leur permit de respirer un bon bol d'air par rapport à l'atmosphère aseptisée du Manoir, pleine de particules de malfoyate de luciusium gazeux en suspension. A présent, leurs estomacs réclamaient autre chose que des friandises et leurs têtes réclamaient un climat plus serein.

La Tavola Toscana portant bien son nom, tout était décoré de manière à retrouver l'ambiance des petits villages toscans. Un serveur leur apportant le menu et la carte des vins (s'il était vraiment plaisant de s'amuser comme des enfants, l'alcool, ça restait sympathique !).

—Je suis déjà parti en vacances en Italie, une fois, avec mes parents, Dit Draco.

—Ah oui ?

—Oui, en Toscane. Il y a un vin que j'apprécie beaucoup, c'est le Sangiovese, une variété de Chianti.

—Je ne m'y connais pas du tout en vins, alors, je te laisse choisir.

—Très bien, nous prendrons un Sangiovese, alors.

—Ok.

—C'est un rouge. J'aime les rouges, ils sont plus chauds que les blancs.

Draco évita de s'empourprer en se rappelant une certaine nuit, où il avait tenté de vérifier l'existence d'un certain piercing (finalement imaginaire), et où il avait découvert pourquoi ces vins-là avaient sa préférence.

—Je préfère le blanc, Dit Ron en le regardant dans les yeux, Même si moi, j'aurais appelé ça du vin jaune, vu la couleur…enfin, jaune-blanc…blond…

Il se troubla et rougit.

—Euh…il faut que j'aille aux toilettes ! Si je ne suis pas de retour dans dix minutes, commande-moi la même chose que pour toi !

—Hein ?

Ron quitta sa chaise, comme monté sur ressorts, et disparut brusquement de la vue de Draco qui en demeura perplexe.

Mais qu'est-ce qu'il mijotait, nom de nom ?

Une fois arrivé à son objectif, le rouquin utilisa un sort pour démonter la fenêtre...Il revint environ vingt minutes plus tard devant Draco.

—Ah, te voilà ?

—Ouais…euh…pour commencer, je me suis perdu en chemin !

—Hein ? Tu t'es perdu sur le chemin des toilettes d'un restaurant ?

Draco sentait que Ron inventait des excuses, mais il goûtait pleinement au plan du rouquin pour la journée, et n'avait déjà plus envie de tout gâcher pour de la curiosité. Tant pis, et puis, c'était peut-être que Ron lui préparait une autre bonne surprise ?

—Oui…Tu connais mon orientation légendaire…Puis après, j'ai passé beaucoup de temps aux toilettes parce que…Oh, je ne vais pas te le dire, ça va te couper l'appétit!

—Il vaut mieux, oui. Je ne nous ai pris des tortellinis à la ricotta, et puis un assortiment de poissons grillés.

—Parfait !

—Et voilà ton verre !

—Merci !

—Alors…donc, tu aimes le vin blanc…

—Ouais, et contrairement à ce que tu crois, le Xérès n'est pas mon préféré !

—Hein ?

—Je sais que tu m'as compris !

oOoOOOoOo

—Et donc, je dois avancer mon pion de trois cases, et tirer une carte ?

—Oui Mamie, attends, ze vais la lire pour toi…

—Tu sais dézà euh…déjà lire ?

—Vi vi, comme une grande !

Alita eut néanmoins besoin de beaucoup de concentration pour déchiffrer la carte. Elle et Narcissa était entrain de jouer au jeu de société que Ron lui avait offert pour son anniversaire, pour l'occasion, la petite avait obtenu de sa grand-mère que celle-ci porte un bandana.

—« Vous gagnèze euh…gagnez un des bonus au choix dans le coffre au trésor ! », Lut-elle.

—Aha, à moi les trésors !

—Dis, Mamie Cissy, c'est qui le monsieur qui voulait voir Pôpa ?

—C'est un docteur.

—Pourquoi ? Pôpa est malade ? Il a pas l'air pourtant.

—C'est plus compliqué que ça…

—Et il veut le soigner, c'est ça ?

—Oui.

—Tant mieux, si c'est ça. Mon pôpa, ze veux qu'il ait bien, c'est tout ce qui compte ! Allez, à moi de zouer !

« Il faut que Draco ait bien, c'est tout ce qui compte. » Se répéta mentalement Narcissa.

oOoOOOoOo

Imothep, Imothep !

—Ha ha ha ha ! C'est vrai qu'ils avaient l'air idiots, tous ces morts-vivants !

Imhotep ! Anksounamoun ! Hé hé, moi ce qui me fait rire, c'est quand le mec il fait semblant d'être comme eux pour qu'ils ne remarquent rien !

—Ouais, par contre, les connaissances des Moldus sur les momies, c'est pas trop ça !

—C'est sûr que c'était ridicule, mais ils font avec ce qu'ils ont, Draco ! Moi, je suis assez épaté de voir comment ils arrivent à faire de la magie avec leurs ordinateurs et tout, on aurait dit que c'était vrai!

—Ouais, c'était mieux que le Train Fantôme! Hum…

Draco jeta un œil aux affiches des autres films qui s'étalaient sur les murs du cinéma.

—J'ai comme l'impression que les couples, en général, ne vont pas voir ce genre de film quand ils y vont ensemble…

—Ouais, c'est plutôt les trucs romantiques cucul-la-praline…Mais à mon avis, c'est rien que pour faire plaisir aux nanas…Regarde, ces deux-là par exemple, même sans légilimancie tu peux deviner ce qu'il pense : « Maintenant qu'elle a eu son truc guimauve, je vais pouvoir lui mettre la main au panier ! ».

—Ha ha, bien vu ! Puis, nous, on est pas vraiment un couple.

—Ah…euh…ouais.

oOoOOOoOo

—Pourquoi on doit arbitrer leur concours de chili con carne ?

—Parce qu'il n'y a que nous pour le faire.

—Du coup on est obligés de les regarder ingurgiter de la viande!

—Bah, ils sont libres de le faire sans qu'on le leur reproche à tout bout de champs, c'est une question d'acceptation du régime alimentaire des autres…Et puis, estime-toi heureuse qu'on ne doive pas le leur cuisiner, c'est Luna qui s'en charge.

—Tu es d'une tolérance et d'une zénitude à toute épreuve, Cici-chan.

—Bon, on peut commencer, maintenant, herbivore et gothopouffe ? Trancha Manu alors que Luna alignait des bols de chili devant lui et Hal.

—Tu peux m'appeler « herbivore » aussi ! Dit Neis.

—Non, toi, c'est « gothopouffe » !

—Mgrrr !

—Bien, Dit Manu en léchant un doigt qu'il venait de tremper dans la sauce chili, Tu l'as parfaitement épicé, ma belle, ça c'est du bon chili pas fait pour l'estomac d'un maricón !

—Tu peux arrêter tes insultes homophobes ? Dit sèchement Hal, Et puis, c'est quoi cette horrible serviette rouge ? Tu as besoin d'un bavoir, comme les bébés ?

—C'est pas une serviette, mais une muleta miniature, Nargua Manu.

—Une quoi ? Chuchota Neis.

—Muleta, Murmura Cius, Je crois que c'est comme ça qu'on appelle le tissus rouge des…toreros…

—Quoi ?

—Moi, contrairement à toi, Dit Manu en fixant Hal d'un air provocateur, J'aime la corrida, ça c'est du sport !

—C'est barbare !

—Evidemment, un homme viril comme moi aime la corrida. En revanche, un maricón comme toi, on le voit mieux en danseur…non danseuse de flamenco !

—Le flamenco, c'est joli, c'est chaud, c'est sexy, et ça ne participe au massacre d'aucune créature !

—Je te vois bien entrain de te déhancher avec une robe à pois et un éventail…En attendant, qu'est-ce que tu dis de ça ?

Il agita son drap rouge de manière arrogante, et Hal se sentit particulièrement en colère.

—Je vais te rétamer, vieux con !

—Ah ouais ?

—Prêts ? Dit Cius, Allez-y, mangez !

Hal et Manu se jetèrent sur leur chili con carne, Luna se tenait prête à débarrasser.

—Mangez pas trop vite, vous allez avaler de travers, Les prévint-elle.

Neis se pencha à nouveau vers Cius :

—C'est quand même surprenant, Dit-elle d'une voix audible uniquement pour son interlocuteur, Le père adore la corrida, l'aventure, les voyages et l'action ; et le fils aime s'amuser, les activités relax et rester chez lui…S'il n'y avait pas ce comportement de dragueur à deux noises, il ne me serait pas venu à l'esprit que…

—On ne ressemble pas toujours à ses parents, tant mieux non ?

—Oui, je serais vexée de ressembler à ma mère…cette vieille chouette rabougrie !

—Moi, mes parents, ils sont bouchers-charcutiers…

—Oh, mon pauvre Cici-chan !

—Quand j'étais petit, ils m'ont enfermé une nuit entière dans la chambre froide, il y avait plein de poulets sans tête et de cochons coupés en deux qui pendouillaient sur des crochets…

—Mais c'est affreux !

—Mais non, je plaisante, mes parents ne sont pas bouchers ! Ils travaillent toute la journée dans un bureau ennuyeux à Tokyo, je ne les voyais quasi jamais…

—Oh…

—A quatorze ans, j'en ai eu marre, j'ai fait une fugue, je me suis fais tous mes piercings pour faire mon petit rebelle et …j'ai fait plein de conneries…

—Dans le genre ?

—J'ai arrêté d'aller à l'école, et je me suis fait une bonne copine appelée Marie-Jeanne…

—Wouaw, t'es trop cool, toi !

—Ah, tu trouves que c'est cool, la drogue ? C'est de la merde ! J'ai arrêté avant de tomber définitivement dans l'engrenage et j'ai essayé de me trouver des petits boulots…Puis j'ai rencontré Emy, et c'est la meilleure chose qui me soit arrivé…Je sais qu'elle a l'air de vivre dans un autre monde mais…elle a ce quelque chose qui me donne bien envie d'aller l'y rejoindre…

—Ah…C'est pour ça que tu l'aimes et que tu rentres dans tous ses délires…

—Elle est ma muse...

—C'est romantique!

—Burp ! Eructa Manu.

—Ça par contre, ça l'était moins ! S'énerva Neis en se tournant vers l'aventurier qui semblait fier de lui.

—Fallait bien que ça sorte !

Il entamait son troisième bol de chili alors que Hal en était toujours au second. Néanmoins, ils continuaient à se toiser d'un air de défi.

Un quart d'heure plus tard, Hal parvenait à la fin du cinquième bol, mais Manu en était au septième et priait Luna de cuisiner encore.

—Abandonne, morveux, tu ne fais pas le poids !

—Pas question, ça te ferait trop plaisir !

Il s'empara de la sixième portion quand il sentit le nœud de trop dans sa gorge, comme si plus rien ne pourrait plus passer. La sensation de nausée lui monta au nez et son estomac menaçait dangereusement d'exploser. Manu le remarqua et afficha un air de triomphe qui n'était pas sans rappeler Rocío quand elle venait à bout d'une tache particulièrement tenace sur son carrelage.

—Alors, c'est trop pour toi, mon petit ?

Hal voulu répondre, mais sa figure devenait de plus en plus pâle, lui faisant perdre son teint hâlé, et les épices de la sauce lui brûlaient les sinus. Manu se leva et s'approcha de lui, sa mini-muleta à la main, tel le matador s'apprêtant à en finir avec son adversaire.

—C'est bien ce que je pensais : tu es le genre de gamin qui ne sait pas ce qu'est un homme, un vrai, j'imagine que tu as grandi dans une famille où il n'y a que des femmes, et que tu vis dans leurs jupes depuis tout petit alors leur mentalité a déteint sur toi ! Ton père devrait avoir honte de t'avoir laissé devenir comme ça !

—Ha ha ha !

—Qu'est-ce qui te fait rire, gothopouffe ?

—Rien, rien.

—Allez, Hal, dis-le que tu ne peux plus…

—Voy a…vomitar…

—Je prends ça comme une déclaration de forfait…et maintenant, le coup de grâce…

—Tu ne vas quand même pas le mettre à mort comme dans une vraie corrida ? S'inquiéta Luna.

—Mais non, je vais juste lui enfoncer la tête dans le bol qu'il n'a pas pu finir, ce sera drôle !

—Ça suffit ! Dit Cius en se levant, Tu l'as assez humilié comme ça !

—Oh là, calme-toi, herbivore, c'est la loi de la jungle : si t'es faible, tu te fais bouffer !

Cius l'ignora et prit Hal par les épaules.

—Tu devrais aller vite aux toilettes, fait pas attention à cet abruti, il veut juste frimer !

—Dis donc, qui tu traites d'abruti ?

—La violence, c'est l'arme des faibles !

Ce fut le mot de trop : Manu attrapa le bol et vida sur la tête de Cius.

—Cici-chan, tu as de la viande dans les cheveux !

—¡Ole ! Sur ce, je vous laisse, les mômes !

—Oh la la, Gémit Luna.

Hal émit un hoquet.

—Il y a une potion contre la nausée dans le troisième tiroir en partant du bas dans la salle de bain, Dit-elle, Donnez-la lui, moi, j'ai un peu de vaisselle à faire…

Cius emmena Hal, mais Neis fit demi-tour et rattrapa Manu pour lui filer un coup de pied bien placé en arrivant par derrière. Il se retourna, à peine perturbé.

—Luna, Dit-elle, Si j'étais toi, j'éviterais de respirer en présence de Manu quand il aura digéré son chili, c'est plein de haricots ! Allez, Manu, ciao!

Elle tourna les talons et alla rejoindre les deux garçons dans la salle de bain, Hal au-dessus de la cuvette de toilette entrain de se vider, et Cius fouillant dans le tiroir.

—Sacré indigestion, dis donc! En plus, avoir la sauce aux piments qui te repasse une seconde fois dans la bouche…Oh, Cius, tu as toujours du chili sur toi !

—Pas grave, je l'enlèverai après…

—Bah, laisse-moi faire…

Elle s'empressa de lui ôter tous les morceaux de viande épicée qu'elle put, avant de les jeter à la poubelle. Elle se fit tout de même la réflexion que l'air de rien, ça sentait fichtrement bon. Elle en revint ensuite à Hal qui passait un sale moment.

—Je vais te tenir les cheveux, attends, Dit-elle.

—Tu es bien gentille avec lui, tout à coup, Fit remarquer Cius en trouvant le flacon, Hier encore, tu parlais sans arrêt de le castrer !

—J'ai changé d'avis, on ne va quand même pas transformer ce taureau en bœuf?

—Gracias…Parvint à articuler Hal, Gracias, tous les deux…

—Bah, tu es notre bassiste, non ?

oOoOOOoOo

Ce fut en riant que Ron et Draco rentrèrent au Manoir.

Insouciants.

Jusqu'à ce que Ron poussa la porte du salon où il se retrouva face à Lucius, Narcissa, Hélium et Alita.

Son sourire s'effaça, ses yeux s'agrandirent, et il se contenta de refermer la porte sans un mot.

—Qu'est-ce qui se passe ? Demanda innocemment Draco.

—Meeerde, il est encore làààà, Maugréa le rouquin entre ses dents.

Draco fronça les sourcils et tenta d'entrer, mais Ron fit barrage devant la porte pour l'empêcher de passer.

—Mais qu'est-ce que tu as tout à coup ?

—N'entre pas !

—Mais…

—Non.

—Mais Ron !

La porte s'ouvrit, actionnée par Lucius, et les deux garçons tombèrent dans l'entrebâillement de celle-ci.

—Ah, te voilà !

—Euh…bonsoir, Père !

—Fuck ! S'exclama Ron, Je n'ai pas réussi à l'empêcher de le voir…tous ces efforts de la journée pour rien !

—De quoi ? Dit Draco, Qui est-ce que tu ne voulais pas que je…

Il laissa sa phrase en suspend en prenant conscience de la présence d'Hélium et resta muet durant quelques secondes.

—Bonsoir, Draco, comment vas-tu ? Dit joyeusement le médecin en lui tendant une main chaleureuse que Draco regarda comme si c'était un scorpion venimeux.

Les deux garçons se relevèrent et Ron eut le réflexe de se mettre devant Draco comme pour faire bouclier. Alita affichait un regard boudeur.

—Ah, et voici Mr Weasley, Poursuivit Hélium.

—Ron, tu sais qui c'est ? Murmura Draco.

—Aucune idée, je sais juste qu'il s'appelle Camille Hélium, qu'il y avait son nom sur ton dossier, et je sais aussi que t'as pas envie de le voir…alors, quand je l'ai vu ce matin…

—Tu as tenté de m'emmener loin de lui ? Ron…tu es…

—Mr Weasley, enchanté de faire votre connaissance, Susurra Hélium d'un air doucereux.

—Moi de même, Dit Ron.

Il lui tendit la main, mais quand Hélium tenta de la lui serrer, il la retira, affichant un air de triomphe.

—Puérile ! Fit le docteur en cessant de sourire.

—Comme vous voudrez, Répliqua le rouquin, Bon ben…c'est pas qu'on s'ennuie, mais Draco et moi, on va voir ailleurs…

—Attendez !

Draco ne se fit pas prier pour partir le plus loin possible dans la direction opposée avec Ron.

—Attendez ! Répétèrent en chœur Lucius et Hélium alors que les deux jeunes hommes disparaissaient dans l'obscurité du couloir.

Sans se concerter, les deux vieux se lancèrent à leur poursuite.

—Laissez mes papas tranquilles ! Cria Alita, Ou sinon, ze vous mords les fesses !

—Reste en dehors de ça, s'il te plait, La retint doucement Narcissa, Et puis, tu ne vas quand même pas leur mordre le derrière !

—Tonton Patmol, il l'aurait fait !

—Pas croyable ! Maugréa Lucius en revenant, Ils ont réussi à se cacher quelque part !

—Pas croyable, en effet, Renchérit Hélium, Comment Draco a-t-il put faire une rechute ?

—C'est à cause de cette gamine ! Assena Lucius alors qu'Alita se cachait derrière sa jeune grand-mère.

—Ne dis pas ça ! Répliqua cette dernière, Elle n'y est pour rien si ils s'aiment ! C'est justement l'inverse ! Viens ma chérie, je vais te mettre au lit, tu en as assez eu pour aujourd'hui !

—Narcissa ! Gronda Lucius en regardant sa femme emmener la fillette.

oOoOOOoOo

—Dr Hélium ? Fit Théo en couchant délicatement Teddy sur la table à langer, Oui, bien sûr que ça me dit quelque chose…

—Tu peux être plus précis ? S'enquit Hermione, fronçant son nez aux effluves dégagées par le bébé.

—Et bien, j'ai parfois eu droit à ses visites quand j'étais petit. Il doit en être de même pour Draco, ainsi que pour pas mal de sang-pur…

—Et quoi, c'est un hypnotiseur qui endoctrine tous les petits Serpentards ?

—Pas exactement, mais pas loin…Et tous les Serpentards n'ont pas le sang-pur, même si beaucoup font comme si…Je ne crois pas que Blaise ait reçu la visite du toubib, tiens…Sa mère à lui, elle doit s'en foutre…

—A propos de quoi ?

—Ben…tu sais…éduquer les petits sang-pur bien comme il faut…les jeunes parents ne savent pas toujours employer les bonnes techniques…alors, ils font appel à ce pédopsychomage.

—Ça veut dire quoi « bien comme il faut » ?

—Je ne pense pas que la définition te plaise…

—Je vois. Et ça se passe comment, ces visites ?

—Moi, je me rappelle qu'il m'avait posé des questions sur ce que mes parents m'avaient appris à propos de «comment le monde fonctionne», il voulait vérifier si j'avais bien compris toutes ces choses que…enfin, ce qu'on raconte sur les gens comme toi, par exemple.

Hermione sembla exaspérée rien qu'à la perspective. Théo prit une lingette pour essuyer les petites fesses.

—Je pensais que les parents arrivaient bien tous seuls à laver les cerveaux de leurs gosses…pas besoin de faire venir un type pour faire ça, non ?

—Je te l'ai dit, il vient surtout pour vérifier, et si jamais il y a un truc qui ne marche pas, il intervient, et là, il peut prescrire des traitements…enfin, ça, on me l'a dit, moi j'ai pas eu ça, mais il n'est pas impossible que Draco…enfin, avec moi, le problème a vite été réglé.

—Tu t'es montré un toutou obéissant dès le début ?

—Non, c'est pas ça, c'est juste que…

Son regard se voilà un instant.

—Enfin, soit, je pense qu'Hélium a du avoir à faire avec Draco pendant un moment.

—Pourquoi ?

—Parce qu'il aime les garçons, à mon avis. Je ne lui ai jamais rien dit pour ne pas le gêner, mais quand je le voyais avec Pansy, entrain de se forcer, ça m'a traversé l'esprit, et puis…tu vas peut-être me trouver tordu, mais j'y ai souvent repensé ces derniers temps…

—Vas-y.

—Ben, en fait, j'ai l'impression que Draco avait flashé sur Ron bien avant qu'Alita n'intervienne.

...

—En effet, c'est tordu, tu m'expliques ?

—Dans la salle commune de Serpentard, on pouvait souvent entendre Draco s'énerver, pester et ruminer sur «le sale trio de Gryffys de merde qui méritent de sucrer les fraises par la racine!». Il s'énervait contre Potter, c'est sûr, parce que c'est Potter et que dans cette Maison, tout le monde déteste cet énergumène. Contre toi aussi, parce que les profs t'aiment bien. Mais contre Ron…wow, ça frisait l'hystérie comme il pouvait s'exciter sur lui ! Une véritable fixette…Crois-moi, Harry et toi, en comparaison, c'était rien ! —Tu peux me passer un couche propre, s'il te plait ? —Sur le moment, on se disait «Ben ouais, les Weasley, c'est ce qu'un Malfoy méprise le plus au monde.», mais depuis qu'on sait qu'ils vont se marier, j'y ai repensé, et…je me suis demandé si finalement, Draco n'était pas furieux contre Ron parce que celui-ci lui donnait des…envies qu'il n'aurait pas voulu avoir…Mais c'est une théorie, je dis ça, je dis rien.

—Ouais, c'est tiré par les cheveux, dans le genre…Mais pour en revenir à Hélium…

—Ah oui, à la réflexion, Hélium pourrait avoir essayé de remettre Draco «dans le droit chemin», et si je ne me trompe pas, dès que Lucius l'aura prévenu que son fils va se marier avec un homme, il risque de rappliquer au Manoir Malfoy…

—Ils sont si intolérants que ça ? Je pensais que le sang était le seul grand tabou, mais qu'au niveau de la sexualité, ils étaient moins coincés, tout de même…

—Pour perpétuer une belle lignée au sang-pur, il faut des mâles qui fécondent des femelles. Je dis pas non plus qu'ils ne baisent que pour la reproduction, ni qu'ils organisent des mariages forcés entre personnes se connaissant à peine, mais il y a des limites. Les homos, les gens stériles, etc., pour les vieilles familles de ce genre, ce sont des maillons faibles.

Théo souleva Teddy qu'il venait de rhabiller et le regarda avec des yeux le mangeant d'amour. Hermione crut qu'il allait pleurer.

—Théodore…quand tu dis qu'avec toi le problème a vite été réglé…

Le sourire du jeune-homme s'estompa. Tout à coup, la lumière se fit dans l'esprit de son interlocutrice.

—Il s'est désintéressé de toi parce que tu tires à blanc, c'est ça ?

—Je quoi ?

—C'est une expression moldue, désolée, mais, toi, tu ne peux pas non plus perpétuer ta lignée parce que…mais depuis quand tu le sais ?

—Une maladie magique quand j'avais neuf ans.

—Mais…et le fils que tu es supposé faire à Luna ?

—A ton avis, pourquoi Edward et Alita fêtent leur anniversaire le même jour ? Alors qu'on n'est même pas sûrs que ça soit leur vraie date de naissance ?

—Parce que Ron, Draco, Luna et toi, vous l'avez décidé quand vous êtes allés les chercher?

—Tout à fait, Dit Théo souriant, caressant les cheveux de Teddy.

oOoOOOoOo

—Je veux qu'on fasse l'amour !

—Maintenant ? Ici ? Sur le toit ? En équilibre précaire et avec la mousse glissante sur les tuiles ?

—C'était ton idée d'aller ici.

—Parce que ton père et le toubib ne nous trouveront pas ! Pour se cacher, pas pour du sexe à risque de mort! Imagine qu'on tombe et…

Draco ne lui laissa pas le temps de finir et se jeta sur lui pour l'embrasser furieusement.

—Tu sais que je t'aime, toi ? Souffla-t-il.

—Non, je ne savais pas, et le problème était en partie là…

—Allez, faisons-le là, maintenant !

—C'est pas une bonne idée, et pourtant, crois-moi, j'en ai envie !

—Oui, je vois ça d'ici.

—Hein ? Mais pourtant, je porte un jeans pas moulant du tout !

—Ben, ça se voit quand même !

—Oh, putain, c'est vrai, en plus…Mais pourquoi tu veux ça maintenant ?

—Je veux que tu m'aimes!

—C'est le cas. Je t'aime, voilà, c'est dit.

Les yeux de Draco brillèrent.

—Prouve-le moi ! Prouve-le moi une dernière fois avant que…

—Avant que quoi ?

—Avant que tu ne découvres que je suis un demeuré, car c'est ce qu'il va t'expliquer quand on les reverra, on ne pourra pas rester éternellement ici…

—Toi ? Un demeuré ? Draco ! Tu es un conard, un sadique, un manipulateur, un prétentieux, un cracheur d'acide, un râleur et j'en passe, mais certainement pas un demeuré ! Et c'est comme ça que je t'aime !

—Oui, moi aussi, je t'aime. A en crever. Prends-moi!

—Attends, pourquoi tu serais un demeuré ?

Draco soupira, détourna le regard une demi-seconde, puis fixa Ron dans les yeux.

—Tu veux vraiment savoir ?

—Ouais. Après, je te jure que je te ferai l'amour tellement fort que tu t'en rappelleras encore quand tu seras mort !

—Très bien, j'ai un Jobberknoll.

—Hein ?

—Tu es choqué ?

—Un Jobberknoll ? C'est pas un animal magique, ça ?

—Oui, mais pas uniquement. C'était le nom d'un gars, il avait la même chose que moi, alors il lui a donné son nom…Mais peu importe, ça veut dire que je suis incapable de comprendre le monde par moi-même, que mes repères sont confus, j'ai sans arrêt besoin de quelqu'un pour m'expliquer ce que je dois faire…comment me comporter, tout ça…C'est pour ça que je me référais toujours à ce que mon père m'enseignait…parce que lui savait et pas moi…C'est Hélium qui m'avait diagnostiqué Jobberknoll quand j'avais cinq ans. Et depuis, je suis pris en charge de cette manière…J'ai essayé de me révolter, parfois, mais ils ont toujours réussi à me faire admettre que je me trompais…Et puis un jour, j'ai commencé à savoir me débrouiller tout seul, en utilisant les méthodes qu'ils m'ont prescrites. Les gens n'y voient d'ailleurs que du feu, toi, par exemple, tu n'as rien remarqué, j'en suis sûr, et tu crois que je suis normal…Mais j'ai eu plusieurs occasions de tester mes limites, quand je travaillais pour Voldemort en sixième, par exemple…Bien sûr, il y a certains sujets pour lesquels je sentais qu'ils tentaient un peu trop de m'imposer leur vision de la vérité…Par exemple, ils répètent qu'aimer quelqu'un de son sexe n'est pas bien, mais toi, qui n'est pas moins normal qu'eux, tu dis le contraire…et je préfère te croire, toi, et…

—C'est bon, arrête de jacasser, ça m'énerve !

—Mais euh…

—Nom d'un hippogriffe, et après, c'est moi qu'on traite de naïf ? J'aurais jamais gobé un truc pareil, moi ! Enfin, si ça dure depuis que tu as cinq ans, la machine est peut-être trop bien lancée pour faire marche arrière…et ça explique pourquoi tu avais cette peur ridicule et exagérée de me raconter tout ça…Bon, allez, viens, on descend !

—Mais…

—T'inquiète pas, j'ai pas oublié que je t'ai promis de te faire l'amour, c'est juste que dans un lit, ce sera mieux, et puis, j'ai deux-trois trucs à faire avant…J'ai un petit cadeau pour toi, par exemple, et je tiens à te l'offrir devant le nez méprisant de ton père !

Ron tira Draco par la manche et ils dévalèrent la corniche, avant d'utiliser un sort pour atterrir en douceur sur la pelouse.

—J'arrive pas à croire que ce truc que tu me caches depuis le début, ça soit si idiot que ça, non mais je te jure…

—Ils sont là ! Beugla Lucius.

Il arriva en grandes enjambées près des deux garçons, suivi par Hélium, et puis Narcissa qui revenait d'avoir été mettre Alita à coucher.

—Je vous présente mes respects ! Déclara Ron en leur adressant un chaleureux bras d'honneur.

—Venez ici, tout de suite !

Lucius s'empourprait à vue d'œil, mais le rouquin se tourna vers Hélium en prenant un air de super-héros arrogant venant de coincer un super-vilain.

—Alors, Dr Maboul, on invente des maladies imaginaires pour faire peur aux gosses ?

—De quoi ?

—Une fois, au cours de Soins aux Créatures Magiques, c'était pas Hagrid mais Gobe-Planche et elle nous avait collé une interro chiante. Et comme un malheur n'arrive jamais seul, mon amie Hermione avait décidé de nous tortur…nous faire répéter nos leçons à moi et à Harry, un autre ami, alors, je me rappelle de tous les trucs qu'elle nous a fait étudier…

—Ron, où tu veux en venir ?

—Le Jobberknoll est un petit zoziau qui ne prononce pas un son de toute sa vie, et quand il meurt, il pousse un long cri composé de tout ce qu'il a entendu dans sa vie…En gros c'est magnétophone emplumé…Ça vous a paru le faire comme nom bidon quand vous l'avez inventé, hein ? Je ne sais pas ce que Draco a fait qui contrevenait à vos principes de bourgeois constipés quand il avait cinq ans, mais vous avez inventé ce truc pour lui faire croire qu'il était trop con pour savoir ce qui est bon pour lui, comme il était jeune, il y a cru, et vous avez continué à taper sur le clou jusqu'à ce qu'il soit convaincu que ça existe vraiment !

—Jeune-homme, d'où tirez-vous ces idées absurdes ?

—Ron, Murmura Draco, Pourquoi tu penses que c'est faux ?

—Ben, enfin, c'est toi, depuis le début, tu me répètes qu'il faut se méfier des psys…c'est ce que je fais…encore que, je crois que ça dépend, Evelina Clara, elle est bien !

—Ah, oui, Miss Clara, Dit Hélium, son regard s'éclairant, Une petite jeunette bien sympathique…Heureusement que vous m'avez prévenu qu'ils partaient en Espagne, Lucius, sinon, j'aurais oublié de la prévenir…Déjà que la traduction du dossier en espagnol prenait un certain temps…

—Je vois, Dit Ron en jetant un œil à Draco, Voilà pour la tête que tu tirais en sortant de chez elle : il lui a envoyé un exemplaire de ton dossier et elle t'en a parlé…Mais, qu'est-ce qu'elle en pense, au fond ?

—Elle…Commença Draco.

—Le Joberknoll est une découverte récente en matière de psychomagie, Coupa le médecin, Il se peut que la petite Clara ne soit pas encore au courant…

—Vous vous fichez de moi ? Elle a eu plus de dix ans pour ça !

—En fait, Dit Draco, Elle m'a exactement dit la même chose que Ron…C'est pour ça que j'étais remonté contre elle…parce que…

—Elle t'avait mis le doute et tu ne voulais pas la croire ? Et ben, voilà, c'est la preuve que j'ai raison, la petite Clara est une grande ! Wouah ! Et un idiot comme moi a été capable de faire le même diagnostique qu'elle ! Merci Hermione d'avoir été si cruelle avec moi, ça a fini par servir !

—A vous entendre parler, Mr Weasley, je pense que vous avez le syndrome de Moremplis !

—Et la licorne, elle met les Chocogrenouilles dans le papier alu ! Narcissa, hein oui que moi et Madame Clara on a raison, hein ?

Tous se tournèrent vers la femme blonde qui devint encore plus pâle qu'à son habitude et se mit à se tordre les doigts.

—Moi ? Dit-elle, d'une toute petite voix, On me le demande, à moi ?

—Ben oui, Dit Ron en s'adoucissant, Vous êtes la mère de Draco, vous voulez son bien, non ?

Lucius émit en chuintement désagréable entre ses dents et regarda son épouse avec des yeux durs.

—Je…Draco, tu n'es pas un demeuré !

—Echec et mat ! Triompha Ron, Et maintenant, je vais profiter qu'Alita n'est pas là pour donner un cadeau très spécial à Draco.

—Pourquoi, c'est un cadeau interdit aux enfants ?

—Non, mais elle vient du futur, et si elle voit ça, ça va perturber le machin temporel trucmuche et on va se retrouver avec des trous noirs et des vortex plein la pelouse…

Le rouquin se mit à fouiller dans sa poche.

—Tu te rappelles au restaurant italien, quand je suis allé aux toilettes ? Ben, je t'ai menti !

—Je m'en doutais, tu sais.

—En fait, je suis sorti dehors et j'ai été te l'acheter…J'ai eu du bol de trouver la même que celle que tu m'as offerte…

—Quoi ?

Ron sortit sa main de sa poche, se plaça à genoux devant Draco et lui présenta une bague en argent massif semblable à celle que lui-même portait depuis que le blond la lui avait passé au doigt au Terrier.

—Draco, veux-tu m'épouser ?

Hélium ouvrit la bouche à s'en décrocher la mâchoire.

—Oui !

Lucius imita le docteur.

—Ron, tu es un être tout simplement surprenant…

—C'est vrai, Dit Narcissa…Oh, Lucius, on ne peut vraiment pas changer d'avis ? Draco a vraiment l'air amoureux de lui, et en tant que parents, nous devrions…

—Pas question! D'accord, nous avons inventé cette histoire de Jobberknoll, mais c'était pour te protéger !

—Me protéger de quoi ?

—De ça !

Lucius pointait son index furieusement sur Ron.

—De moi ?

—Parfaitement, Renchérit le docteur, De l'amour d'un autre homme ! C'est contre nos principes que la lignée Malfoy s'éteigne par votre faute…

—Ahem…et Draco a fait son coming-out à l'âge de cinq ans, c'est ça ?

—Il avait parlé de vouloir se marier avec Théodore Nott qu'il avait rencontré la veille, Dit Narcissa, Et…

—Théodore Nott ? Hallucina Ron.

—Je m'en rappelle même pas, Dit Draco, Je devais être trop petit.

—Et bien, tu ne voulais pas comprendre qu'épouser un autre garçon, cela ne se faisait pas, Tonna Lucius, Alors, j'ai pris certaines mesures !

—Bon, ben alors, les demeurés, c'est vous, Conclut Ron, Allez viens, on s'en va, mon petit fiancé !

Et sans plus, il emmena Draco dans leurs quartiers, sous les regards outragés.

—Ne vous inquiétez pas, Lucius, ils vont peut-être s'amuser cette nuit, mais à partir de demain, la récréation est finie, je reprends les choses en main !

oOoOOOoOo

Draco colla un énorme baiser sur la joue d'Alita qui dormait paisiblement.

—Notre petit bébé d'amour, si tu savais à quel point je me rends compte aujourd'hui de tout le bien que ta venue nous a fait !

—En effet, Dit Ron en lui embrassant l'autre joue.

—Mgnnéémaganééé...Supputa-t-elle, n'ayant qu'une envie, celle de continuer sa nuit.

—Je crois qu'elle veut qu'on lui fiche la paix…

—Ouais, on va dans ma chambre ?

—Bien sûr, ça vaut mieux… Puisque ce qui va se passer maintenant est interdit aux mineurs !


HERMIONE

Et voilà ! «Interdit aux mineurs», cela ne signifie qu'une chose : Neis tu sors !

*Elle empoigne Neis et la tire vers la sortie*

NEIS, repoussant Hermione

Eh, pas question, Ron et Draco vont baiser, donc je reste ! Et puis, tu es bien naïve, malgré ton grand âge !

HERMIONE

Pardon ?

NEIS

Ben ouais, tu crois vraiment que tous les lecteurs d'Alita sont majeurs ? Comme si un rating élevé allait les décourager !

*Hermione pousse un long soupir de résignation*

HAL, entrain de baver

Ron mío va se déshabiller ? Et faire l'amour à Draco ?

*Il pousse des hurlements dignes d'un lycanthrope en rut (façon Tex Avery) *

CIUS, regardant Hal d'un air amusé

Tu devrais vraiment faire ton coming-out…Sur ce, je vous laisse, j'ai une fusée pour la Planète Hétéro qui m'attend…

HERMIONE

Attends-moi ! J'y vais aussi !

HARRY, arborant le teint verdâtre du mec qui a l'estomac dans l'œsophage

Moi, j'y suis déjà ! Malfoy à poil, beurk !

*Il vomit sur le sol*

HERMIONE

On peut deviner ce qu'il a mangé…

CIUS

Des boulettes de porc, ark !

*Ils s'en vont se faire pendre ailleurs*

NEIS

Et bien, il ne reste plus que nous…Hum…du sexe entre deux hommes, miam miam !

HAL

Sí, me gusta mucho el yaoi, ¡CARAMBA !


—Je n'arrive pas à y croire…

—De quoi ? Qu'Hélium te mentait depuis le début et que tu avais fait toute une histoire à propos d'un truc ridicule ? Je veux pas te vexer, mais tu m'as bien trimballé avec ce soi-disant mystère!

—Je n'étais pas du tout entrain de penser à ça…Je sais que je devrai tôt ou tard mettre les points sur les i avec lui et mon père, mais là, tout de suite, je n'ai pas envie de penser à ça…

—Alors, à quoi tu penses, et à quoi tu n'arrives pas à croire ?

—Au fait que je suis vraiment amoureux de toi, qu'Alita a réussi sa mission — involontaire— et que…on va se marier !

—Ouais…mais pour l'instant, on va se contenter d'autre chose.

Ron ponctua sa phrase en faisant voyager ses lèvres sur le visage de Draco et puis dans son cou, et enfin sur sa clavicule. Il se tenait à quatre pattes au-dessus de lui, Draco passa ses mains dans son dos de bas en haut et s'arrêta sur sa nuque, à la racine de ses cheveux et lui embrassa le front.

—Maintenant, on peut le dire, Souffla le roux, On a trouvé la bonne chimie…

—Tu veux dire « alchimie » ?

Ron pouffa, ses cheveux retombant de façon à lui cacher une partie du visage dans la position dans laquelle il était. Lentement, il fit se faufiler ses doigts sous la chemise de son désormais promis, lui caressant le ventre, puis le torse, détachant peu à peu ses boutons.

—Tu vas voir, cette fois, c'est pour de bon, c'est pour de vrai, c'est parce que…

Draco lui mit un doigt sur la bouche.

—Chhh…je préfère que tu ne parles pas…

—T'es sûr, j'allais me lancer dans un éloge de la beauté masculine, que tu m'inspires bien sûr ! Mais si tu veux plus d'action…

Les derniers boutons de la chemise de Draco cédèrent, et il y en eut même un qui s'arracha et vola trois mètres plus loin. Ron continua à le déshabiller, lui ôtant son pantalon, le regard animé de lueurs perverses. Draco eut un rire, un simple rire de joie.

—Tu veux qu'on utilise la panoplie érotique ?

—Non, pas besoin, on a tout ce qui nous faut.

Mille et une caresses. Une peau très douce. Des terminaisons nerveuses qui s'affolent sous les doigts. Avoir la chair de poule malgré la chaleur ambiante. Et les afflux sanguins qui vont avec.

—Tu ne l'aurais jamais cru, hein, qu'un jour on ferait ça !

—Chhh…

Draco retint péniblement un soupir. Leurs mains se faisaient plus avides, plus pressantes. Plus lestes.

Comme dans un état comme second, Ron s'éleva, les mains tremblantes, et retira le reste de ces loques inutiles appelées «vêtements», qui ne servaient qu'à cacher un spectacle ma foi charmant. Draco embrassait et embrassait, trouvant de l'intérêt en chaque tache de rousseur sur les épaules de Ron.

—Dommage que ne veuilles pas que je parle. J'allais décrire à quel point le dessin de ta verge m'incite à la luxure…

—Mais tais…euh, non, continue !

—J'ai envie de t'embrasser à des endroits que tu ne savais même pas qu'ils pouvaient autant ressentir !

Et puis Ron se mut aux pieds de Draco en marchant à quatre pattes. Il continua son ascension pour arriver vers l'intérieur de ses cuisses, laissa un baiser malicieux sur son sexe et poursuivit son chemin sur son ventre,…puis redescendit. Le nez enfui dans les fragrances de musc de ses poils pubiens blonds comme du vin blanc, il s'en donna à cœur joie de savourer le sexe de Draco, Draco qui était couché sur le dos, les cheveux décoiffés sur son oreiller, les yeux fermés et la bouche entrouverte. Il agrippa les barreaux de son lit, non sans se rappeler subrepticement que la veille même il y avait attaché Ron. Ses mains s'y crispaient, il rejetait la tête en arrière et pliait ses jambes de manière à remonter ses genoux pour encadrer la tête du rouquin.

—J'aime que ton sexe fonde et se répande sur ma langue ! Murmura celui-ci, un peu de liquide séminal lui coulant des lèvres.

Il s'éleva, nu et langoureux, et contempla de haut son homme énamouré.

—Tu es tellement beau ! Dit-il en souriant chaleureusement, la bouche débordante d'écume.

Il se releva à nouveau, saisit Draco par la taille et le plaça sous lui.

—C'est comme une première fois…je veux dire, maintenant qu'on sait qu'on s'aime, c'est comme si nous avions une seconde première fois, une vraie première fois…

—Sauf que je te connais déjà un peu, Dit Ron.

—Je pense que nous avons tout de même des choses à apprendre…Même si nous avons le même corps, on est quand même différents…tant mieux !

—Je sais tout de même déjà quelque chose : tu es un paresseux, tu aimes te laisser faire pendant que je m'escrime pour toi et tu ne fais des efforts que quand tu as une extrême envie de tout contrôler…

—Bien vu.

—T'inquiète, moi, c'est le contraire, j'adore me donner à fond pour toi !

—…

—Tu n'as qu'à fermer les yeux et savourer, je m'occupe de tout…

Et Ron s'assit sur le bassin de Draco, le faisant entrer en lui, et commença à s'activer. Draco se mit à respirer plus vite, jusqu'à sentir que les battements de son cœur en devenaient dingues, rejoints dans ce rythme par ceux de son Ron dont les cheveux glissaient doucement et tombaient comme un rideau de théâtre. Les ressorts du matelas grinçaient, encore heureux qu'aucun emmerdeur inopportun ne décidait de les emmerder inopportunément, rien que parce qu'il les aurait entendus.

Draco arqua son bassin puis laissa échapper un râle. Ensuite, Ron sentit en lui les spasmes indiquant que son petit chéri se laissait aller, il attendit que cela soit fini, puis se hissa jusqu'à son visage.

—Pendant un moment, j'ai oublié mon prénom…

—Ben, Draco.

Ledit Draco martela sans force la tête de Ron avec son poing, émettant un rire silencieux.

—Imbécile, arrêt de te foutre de moi…

Ron sourit, découvrant ses dents en un étrange rictus malicieux. Il décida d'échanger les rôles à présent. Il retira Draco hors de lui d'une main, et de l'autre attrapa sa baguette à moitié sortie de la poche de son jean «pas moulant mais on s'en fout maintenant qu'il est enlevé» et s'en servit pour appliquer un sortilège lubrificateur à son amant affalé devant lui.

Puis, il le pénétra à son tour, comme ça, face à lui. Le roux n'osait pas reposer de tout son poids sur le blond, alors qu'il s'accrochait à ses hanches, comme pour s'enfoncer plus profondément. Il savourait, sur toute la longueur de leurs corps, le contact de sa peau contre la sienne. Et l'embrassant langoureusement en fermant les yeux, il lui assena tant et tant de coups de reins. Il gémissait, chantait contre ses lèvres des rugissements érotiques. Draco pencha à nouveau la tête en arrière, Ron laissait monter la jouissance, sa voix devenant de plus en plus grave. Leurs peaux se collaient à présent, plaquant de sueur.

Quand enfin Ron attegnit le Graal, il gémit de son timbre rauque en se mordant la lèvre inférieure, profita de son orgasme tout au long et puis relâcha tous ses muscles en même temps pour se laisser tomber sur Draco qui resserra l'étreinte de ses bras.

Ils restèrent ainsi quelques temps, Ron tentant de retrouver une respiration normale, soufflant chaudement derrière l'oreille de Draco. Finalement, il se détacha de lui et se coucha sur le dos à ses côtés, la tête à la hauteur de son torse. Draco tourna la tête vers sa table de chevet où trainait son paquet de cigarettes noires à la vanille. Il en prit une, l'alluma avec la baguette de Ron que celui-ci avait jetée près de l'oreiller, et tira un coup dessus.

—Alors, heureux ? Souffla Draco, alors qu'il sentait son pouls battre à divers endroits de son corps.

—Faut que t'arrêtes de fumer, c'est pas bien…Dit Ron en riant.

—...

—...

—C'est comme si nous l'avions faite, là…

—Faite quoi ?

—Pas quoi, mais qui…Alita, c'est comme si nous l'avions faite…Parce que je l'ai bien compris, maintenant, on ne fabrique pas notre enfant en mélangeant des gamètes, on la crée en nous aimant…

Ron fit coulisser son corps le long du sien, jusqu'à ce que leurs visages soient l'un à côté de l'autre. Il sourit.

—Là, je sens ton amour, et je le sens très fort…et ça me fait me sentir, bien, bien, bien…

Bonne, bonne, bonne alchimie.


Voilou, mes loulous, et pour ceux qui s'interrogent, avec une candeur réelle, pourquoi Ron et Draco vont voir La momie au cinéma, je rappelle que l'histoire se déroule en 1999, ils n'allaient pas aller voir Avatar...Mouais, je crois pas que vous étiez entrain de penser à la séance de cinéma là, non mais, après un lemon! Lemon dont je trouve l'introduction dans cette fic un peu bizarre, enfin, je verrai bien ce que ça donne dans vos reviews...