Encore une fois, désolée pour le retard, mais je ne suis pas dans une période de tout repos.

Comme je sais que vous n'avez pas forcément envie de relire les deux premières parties, voici une synthèses des quatre premiers témoignages, avec les actions remises dans l'ordre:

1) Emy se lève, avise une lettre qu'on lui envoie, l'ouvre et se fait attaquer par des plantes carnivores livrées avec la lettre. Cius la sauve et ils comprennent que l'expéditrice est amoureuse de Cius et par conséquent veut évincer Emy. Ils s'apprêtent et vont petit-déjeuner en compagnie des autres

2)Neis donne son récital de musique classique, ce qui énerve Hermione qui décide de vite s'en aller avec Blaise chez Fleury et Botts.

3) Harry arrive chez les Lovegood. Il entend crier mais ne sait pas que c'est Neis entrain de chanter.

4) Blaise et Hermione descendent et croisent Harry. Ceux-ci vont chez Fleury et Botts et montrent le manuscrit de Blaise au libraire dans l'arrière-boutique. Pendant ce temps, Hermione est chargée de surveiller le reste du magasin.

5) Cius et Emy s'enferment dans la salle de bain pour transformer Cius en geisha.

6) Harry monte et tombe sur Hal qui lui dit « Blablabla pelirojo blabla… ». Luna arrive avec la lettre de Ron. Ils décident de partir au Manoir avec Théo.

7) Arthur fait mumuse avec l'eklekticité dans son bain. Il manque de mourir et Molly le sauve. Elle le réanime et il pleure parce qu'il n'a plus de cheveux.

8) Hermione rencontre Lavander, Parvati et Trelawney qui accusent Blaise de plagiat et vont trouver celui-ci dans l'arrière-boutique. Ombrage et Rita Skeeter s'en mêlent.

9) Cius et Emy se rendent à la poste (située au Croisement de Salem) pour identifier l'expéditrice de la lettre. Ils y rencontrent Remus, Tonks et Sirius. Severus est aussi présent mais dit à Sirius qu'il va à la pharmacie. L'employée de la poste aux cheveux rouges dit qu'elle a besoin de temps et demande à Cius et Emy d'aller patienter de dehors. Sirius, Tonks et Remus s'en vont au magasin de jouets.

10) Harry, Luna, Théo et Hal arrivent au Manoir et découvrent une drôle de pagaille. Luna trouve le mot de Draco sur la table de chevet de Narcissa. Hal part seul et peu après les autres s'en vont à Londres.

11) Les parents Weasley se rendent chez Aubin & Marie où Arthur se retrouve avec des cheveux verts et où Molly participe à une démo de soins gratuits en compagnie de deux autres femmes dont l'une est Sacha Vilen.

12) Hermione et Blaise sont poursuivis par les fans de Rick Tüssempra que Rita prend bien soin d'exciter.

13) Harry, Luna et Théo tombent sur la foule devant la librairie et Pansy les renseigne sur ce qu'il se passe. Luna essaie de joindre Blaise et Hermione mais manque de se faire piétiner. El Tigre la sauve. Hermione a entendu Luna mais ne l'avait pas identifiée.

14) Hermione et Blaise fuient et rencontrent Cius et Emy au Croisement de Salem.

15) Cius avise une publicité de Aubin & Marie et explique à Hermione que cette chaîne sous-paie ses employés et teste ses produits sur des animaux. Harry, Luna, Théo et El Tigre vont dans un magasin de Quidditch et tombent sur Ron dans le plus simple appareil. El Tigre s'en va.

16) Hermione et Blaise se cachent dans la pharmacie, évitent Rogue et se réfugient dans la réserve. Cius et Emy retardent la foule pour aider Hermione et Blaise. Emy se fout de la gueule de Rita. Hal arrive dans le magasin de Quidditch avec un peignoir pour Ron. Ils sont rejoints par Remus et Tonks qui cherchent Sirius et sont attaqués par des peluches.

17) Hermione et Blaise découvrent de nouvelles sensations.

18) Hélium et les Malfoy rejoignent Cius et Emy qui se foutent de la gueule de Lucius. Hélium prend Rita à part pour lui expliquer pourquoi Draco est anormal selon lui. Hermione découvre que le pharmacien emploie des Elfes sans les payer, elle s'énerve et va râler auprès du pharmacien et de Rogue.

18) Hélium interpelle Blaise qui sort de la pharmacie. Cius s'en va protester chez Aubin & Marie. Emy va aux toilettes dans un café.

19) Harry and co aperçoivent Blaise dans la rue avec Hélium et les Malfoy. Tonks et Remus disparaissent, sans doute poursuivis par un vendeur de jouets. Hal disparaît également. Draco intervient auprès de Blaise.

20) Une explosion a lieu dans les toilettes où Emy se trouve et elle voit El Tigre s'en aller, gêné. Harry voit le café exploser.

21) El Tigre sauve Blaise et Draco. Le premier prend la fuite et le second est ramené près de Ron et Harry. El Tigre s'en va après avoir mis le feu aux cheveux de Rita.

22) Hal réapparaît et ils mangent de la glace. Hal aperçoit la geisha et décide de la suivre car elle a une odeur bizarre (en réalité, elle ne sent pas assez « la fille » à son goût). Emy retourne au Croisement de Salem où elle ne trouve ni la foule, ni Hélium et les Malfoy, ni Rita. En revanche, l'employée aux cheveux rouges lui révèle que celle qui veut la tuer s'appelle Sacha Vilen. Elle marche un peu et se retrouve devant la librairie.

23) Rogue et le pharmacien suivent Hermione dans la pièce aux Elfes mais s'en foutent. Cius attaque Aubin & Marie et se bat contre les vendeuses qui sont des Vélanes. El Tigre et Alita chevauchant Sirius lui viennent en aide et mettent le feu à la boutique. Une des Vélanes prévient le pharmacien de l'incendie en utilisant un passage secret reliant les deux commerces. La pharmacie est évacuée.

24) Aubin & Marie est évacuée. Alita, Sirius et El Tigre s'en vont. Sacha Vilen reconnaît Cius et le poursuit jusqu'à la librairie.

25) Hermione rejoint Fleury et Botts et trouve Emy. Elles sont rejointes par Cius poursuivi par Sacha. Ils se cachent tous trois dans la librairie. Le libraire ralentit un peu Sacha mais elle les trouve. Emy lance des livres à Sacha qui en attrape un et l'envoie sur Hermione qui s'évanouit sous le choc, oubliant par la même occasion le visage de Sacha qui semblait la perturber. Les autorités interviennent et Cius est emmené.

26) Ron et Draco se font arrêter.

27) Molly frappe les représentants du Ministère avec son rouleau à pâtisserie et se fait embarquer.

Sur ce, ¡andale!


Chapitre vingt-sept :L'affaire sordide du rouleau à pâtisserie tueur avec des plantes carnivores, des nounours étouffants et le clone de Zorro, le tout mâtiné de meurtre, de littérature, et d'un mec qui ose tout enlever, sans parler de L'odyssée de l'extase de Stanley Lubrique et de la réincarnation de Bianca Castafiore et qui implique aussi de l'Agua de Valencia, un fouet et la canne-serpent de Lucius, ainsi qu'une secte de cosmétiques sorciers...et ça fait de la mayonnaise!

Partie C

Lucius s'installa à la tribune et ça se voyait qu'il en avait l'habitude à son air parfaitement décontracté. En effet, il avait souvent fréquenté les tribunaux, généralement pour porter plainte contre qulequ'un qu'il n'aimait pas mais qui ne lui avait rien fait si c'est gêner son passage.

Morcol le pria de contribuer à sa mayonnaise, bien que dans le public, on craignait déjà qu'il la fasse tourner.

~RECIT DE LUCIUS~

Contrairement à ce que prétendent certains, j'aime mon fils et je suis fier de lui. Mais je connais ses limites, mieux que lui, il est encore si jeune et ne mesure pas toujours bien la portée de ce qu'il fait.

Je veux son bonheur, et je sais tout simplement que ce garçon Weasley ne lui apportera pas. Et je pense également que cette petite fille serait plus heureuse dans une famille hétéroparentale…pourquoi pas même les parents Weasley ? Bien que leur maison soit un taudis envahi par les gnomes et la peste bubonique, ils ont démontré leur aptitude à y élever des enfants envers et contre tout, alors, une de plus ou une de moins…(à cet instant précis, Molly adressa à Lucius un regard tellement effrayant que même un troll berzerk aurait relâché tous ses sphincters sous l'effet de la peur).

J'ai, dans un grand élan de générosité, accepté d'héberger chez moi cette espèce clochard rouquin, et il m'en remercie en étant des plus odieux ! Il…il n'arrête pas de me regarder puis de tourner la tête pour ricaner, il m'appelle « Lulu le coincé du slip », il dit qu'il veut tuer mes paons pour les manger, il se prépare des omelettes et du bacon grillé et dépose la poêle pleine d'huile sur les divans, il n'essuie pas ses chaussures sur le paillasson, il…enfin, il ne me traite pas avec le respect qu'il me doit !

L'autre jour, il nous a joué un petit numéro parfaitement indécent : nous étions tous sur la terrasse en train de profiter du soleil d'août, tout le monde souriait et parlait avec joie, sauf moi, quelle horreur ! Mon pauvre Draco est complètement captivé par ce sale rat à taches de rousseur, Alita l'adore, et même mon épouse Narcissa semble l'aimer. C'est d'ailleurs d'elle qu'il s'agit…

—Vous n'avez pas soif ? Demanda cette saloperie de Weasley.

—Oui, il fait vraiment chaud, Répondit Draco, Je boirais bien de l'Agua de Valencia…

Weasley eut l'air surpris.

—Quoi ? Mais, je croyais que tu détestait tout ce qui avait un rapport quelconque avec Hal...

Le regard que Draco adressa à cette misérable merde me retourna l'estomac. Il avait l'air…amoureux.

—Oui, mais je me sens tout paix et amour...Je suis tellement heureux en ce moment que je serais même prêt à sourire à Potter pendant environ quinze secondes…

—Oh, Draco…je suis…très touché…Tu m'aimes tant que ça ?

—Encore plus !

E-cœu- rant !

—Je vais en préparer alors…Alita, Narcissa, vous en voulez aussi ?

—Vi !

—Qu'est-ce que c'est ? Demanda mon ignorante d'épouse.

—Un cocktail valencien, Expliqua Draco, C'est très bon…Mais Ron, ne mets pas d'alcool dans celui de la petite.

—Ze suis pas petite !

—Bien, et vous Lucius ? Lucius ?

—Père, il s'adresse à vous poliment, vous pourriez répondre !

—Que ta dépouille aille sustenter la vermine de la géhenne d'à côté, vil cloporte purulent !

—Euh…

—Je traduis: il veut bien goûter, Dit Draco.

—Fils indigne !

Et encore une fois, ils se mirent tous à rire de moi alors que le morveux allait à la cuisine préparer sa mixture stupide, exhortant au passage Diana, notre servante elfique, de se rebeller contre nous à cause de la pseudo-institution ridicule créée par l'autre Sang-de-Bourbe marxiste ! Il revint peu après, chargé d'un plateau où se tenaient six verres (il en avait préparé un pour l'Elfe, cette espèce de communiste !). J'ai alors fait ce que n'importe quel père aimant ferait à ma place: j'ai mis ma canne-serpent en travers de ses jambes et il a quelque peu trébuché. Vive le fan club de la canne de Lucius, ha ha! Elle a encore frappé!

Draco n'a pas eu l'air d'apprécier mon geste et m'a foudroyé du regard, quand alors, l'affreux roux a commis l'irréparable: ayant remarqué qu'un des verres s'était renversé sur lui, il a déposé le plateau pour retirer son vêtement et s'est retrouvé à parader torse nu devant nous. Mon pervers de fils a applaudi cette obscénité, et…ma femme l'a imité. Narcissa, n'as-tu pas honte de regarder un gamin de cette façon ?

Voilà, votre Honneur, c'est ce genre de racaille qu'est Ronald Weasley !

Venons-en aux événements d'aujourd'hui : ce matin, j'ai eu l'extrême déplaisir de constater que Weasley avait tellement pris ses aises chez moi qu'il se croyait permis de se balader en caleçon dans mon salon. En voyant que je l'avais vu, il m'a adressé un sourire crispé vraiment idiot et s'est mis à baragouiner des excuses boiteuses et incompréhensibles.

—Monsieur Malfoy…euh…ben…suis solé Dracolit ducafépain ouvaisplus peignoir alors…

J'ai failli lui retourner une claque bien sentie, mais je suis parvenu à me calmer. Il est reparti avec un plateau-repas, comme s'il avait compris que ça me dégoûtait de le voir manger et préférait se soustraire à ma vue pour le faire.

Le Dr Hélium —qui risque d'avoir des ennuis avec la Fée Galion si je n'obtiens pas rapidement des résultats avec Draco— était là ce matin et m'a effectivement conseillé de me détendre, car il savait quoi faire. Il a sorti un appareil photo et a pris quelques clichés de Weasley se traînant en sous-vêtements jusqu'à sa chambre. Une fois la photo sortie du polaroid, il me la montra.

—Regardez, Lucius, trouvez-vous que ce garçon mérite d'être père ?

—Certainement pas !

—Vous ne croyez pas que cette petite fille mérite mieux que ça ?

—Sans doute !

—Il est donc dans l'intérêt d'Alita de dénoncer ceci, n'est-ce pas ?

L'intérêt d'Alita…hum…oui…oui…

Cela ne faisait que peu de temps que j'avais fait la connaissance de cette enfant. Depuis que Draco était parti avec Weasley, j'ai l'impression que tout ce qui a trait à mon propre fils m'échappe. J'avoue avoir eu beaucoup de mal pour me faire à l'idée que j'avais une petite-fille…Peut-être me suis-je attaché à elle ? Quoi qu'il en soit, ce fut à cet instant précis que je me rendis compte qu'il fallait que je désire son bonheur à elle aussi. Y compris si cela devait passer par l'éloigner de Draco…Et éloigner Draco de Weasley, naturellement.

—Suivons-le dans sa chambre ! Suggéra Hélium en désignant Weasley qui avait disparu, D'autres clichés confirmeraient nos dires…Surtout si on pouvait le surprendre entrain de se goinfrer dans son lit !

—Oui, j'imagine déjà la légende de la photo : « Le porc roux bâfrant dans sa soue » !

Enthousiasmés à cette idée, nous nous rendîmes dans la chambre où je logeais Weasley et Alita. Nous l'avions perdu de vue, mais ce n'était pas grave, nous allions le retrouver.

Ou pas.

Alita était seule dans la pièce, et elle se frottait les yeux.

—Père Draco ? Père Ronald ? Serait-ce déjà l'heure de me lever ? Oh, Grand-Père, vous voici pour me quérir pour le petit déjeuner. C'est bien aimable à vous, vénérable patriarche, si seulement on pouvait en dire autant de mes deux parents qui…

~O~

—Mais euh ! Ze parle pas comme ça, Papy Lulu ! Et pis z'ai pas dit ça !

—Je voulais juste corriger ton effroyable diction et ton piètre niveau de langue ! Se défendit Lucius. Ose nier que Ronald t'apprend des gros mots !

—Mr Malfoy, Reprenez, s'il vous plait…

~O~

Hélium prit une photo de la pauvrette abandonnée toute seule dans sa chambre par Weasley. Nous nous sommes alors rendus dans la chambre de mon fils, où comme nous l'avions déduit, le porc roux se trouvait.

—Oh ! Par Salazar tout puissant ! M'exclamai-je.

Hélium photographia naturellement ce spectacle effroyable. Vous l'avez d'ailleurs sous les yeux, cette photo, votre Honneur: Weasley et mon fils au lit, dévorant leur petit déjeuner en mettant des miettes sur les draps, et considérant que la marmelade de figue pouvait être tartinée autre part que sur un toast.

—Ferme les yeux et ouvre la bouche, mi amor ! Déclara Weasley avant de se rendre compte de notre présence, offrant un morceau de croissant à mon fils.

Le flash les aveugla, et ils se tournèrent vers nous, interloqués.

—Lucius, je dois dire qu'il faut que nous considérions que Draco est tout aussi coupable que Weasley en ce qui concerne la mauvaise influence sur la petite Alita…

—Mais il raconte quoi, lui ? Fit Weasley de son air bête.

—Vous voulez bien vous mêler de ce qui vous regarde ? Renchérit mon fils, Et puis, qu'est-ce que ce toubib fait encore là, il ne m'a pas assez fait de misères comme ça ?

—Draco ! Rétorquai-je, Tu sais bien qu'il est là pour que tu ailles bien!

—Tu parles, lui et toi avez comploté dans mon dos depuis mon enfance ! Père, si vraiment vous m'aimez et me respectez, virez-le, faites le partir !

—Tu n'es plus un gamin, Draco ! Et crois-moi, j'ai bien compris la leçon : plus jamais je ne céderai à tes caprices d'enfant gâté ! Je t'ai trop choyé et voilà tout ce que cela me rapporte, tu me poignardes en te mettant en couple avec cette aberration génétique !

—C'est sûr que vous aviez tort d'autant me pourrir quand j'étais môme, mais c'est maintenant que vous devriez vous fiez à moi et virer ce gland de la maison ! Pour mon bien !

Il s'était levé, en pyjama, et ne m'avait jamais regardé avec autant de mépris. Je ne reconnaissais plus mon petit garçon ! (Lucius prit un air de père éploré qui ne lui allait pas du tout). A ce moment, une petite voix se fit entendre : Alita nous avait suivis.

—C'est quoi cette dispute ? Pôpa, pourquoi tu te bas avec Papy Lulu ?

—La pauvre enfant, Dit Hélium en la prenant contre lui, Tu dois vraiment être perturbée avec des pères pareils !

—Hein ? Pourquoi ?

—Ne la touchez pas ! Cria Draco en reprenant sa fille et en la serrant dans ses bras.

—Pôpa ? Qu'est-ce qui se passe ? Z'ai pas tout compris !

—Regardez-vous, vous êtes de piètres modèles pour votre fille, vous allez la pervertir !

Draco lâcha Alita et la confia à Weasley qui prit le relais.

—Comment ça, nous sommes de piètres modèles ?

—Draco, Dit Hélium, Réfléchissez bien à ce que vous dites…

Il fixa mon fils de cet air très professionnel qu'il avait l'habitude d'employer quand il était petit pour le faire obéir. Mais cette fois Draco ne flancha pas, il cilla un peu et ne sembla plus très stable sur ses jambes, mais il tint bon.

—Bien, nous allons nous occuper de ça nous-mêmes !

—Sortez de ma chambre ! Ordonna Draco.

Fou de colère, je voulus lui donner une correction, mais Hélium me retint et me convainquit qu'il valait mieux se calmer et lui obéir, pour agir dans son intérêt et celui d'Alita.

Ils nous ont fermé la porte au nez. Nous entendîmes encore au travers de la cloison:

—Moi, z'étais venue, pask'André Cornichon, il m'a encore fait peur cette nuit…

Nous nous sommes alors retirés dans mon salon, où Diana nous servit du thé. Mon épouse nous y rejoignit.

—Que s'est-il encore passé ? J'ai entendu Draco crier…

—Ne te mêle pas de ça, Narcissa !

—Dis donc, c'est aussi mon fils, autant que le tien !

—Narcissa, j'ai comme l'impression que vous n'avez plus confiance en nous…

—Ecoutez Camille, je suis de plus en plus confuse par rapport à cette histoire et…je me demande si nous avons fait le bon choix…

—Je perçois beaucoup d'ondes négatives de votre part, Narcissa, peut-être auriez-vous besoin de partir un peu en voyage toute seule, pour faire le point ?

—Moi, tout ce que je veux, c'est que Draco soit heureux !

—Il le sera, si vous me faites confiance, je sais ce qui est bon pour lui.

Comme vous pouvez le constater, votre Honneur, ma femme est le genre de personne faible qui se laisse envahir par les doutes, et parfois, je me demande si le problème de Draco ne vient pas d'elle, si elle ne lui a pas transmit par hérédité cette nature fugace qui fait fléchir la volonté. Pendant des années, j'étais parvenu à faire de Draco un homme droit qui restait toujours égal à lui-même et poursuivait ses objectifs jusqu'au bout sans jamais abandonner. Ses convictions, il les avait et n'en doutait jamais. Et depuis que Weasley est là, on dirait que tout ce travail est entrain de se détricoter, Draco perd de vue ce qui est important et son esprit s'éparpille en futilités !

Tout comme Narcissa : elle n'a jamais su ce qu'elle voulait, et par chance, je suis là pour lui dire ce qu'elle doit vouloir !

Ma petite-fille nous a interrompus en pleine conversation.

—Pourquoi tu te disputes touzours avec Pôpa et P'pa ? M'a-t-elle demandé.

—Parce qu'ils sont obtus !

—Z'ai sept ans et c'est seulement maintenant que ze rencontre mon papy et ma mamie du côté Malfoy ! Alors que ceux du côté Weasley, ça fait longtemps que ze les connais ! Et c'est pas pareil du tout ! Pourquoi mon papa aime pas son papa, hein ? Ze comprends rien, pourquoi vous vous êtes disputés ?

Je me suis levé, Hélium m'a fait rassoir. Enervé, j'ai négligemment jeté ma canne à côté de moi, Alita a sursauté au son métallique.

—C'est tout à fait normal que tu te poses des questions. Mais vois-tu, petite, tu n'as pas une famille normale, tu n'as pas de maman, or, pour devenir quelqu'un de bien, il faut un papa et une maman!

—Mr Hal il a pas de papa, rien qu'une maman et une abuela ! Et Tonton Super-Harry, lui, il a jamais eu personne puiske son papa et sa maman sont morts quand il était tout bébé ! Et pourtant, ce sont tous les deux des quelqu'uns de bien, non ?

—Et bien, il faudrait que je les rencontre, et…

—Et moi, ze suis quelqu'un de mal parce que z'ai deux papas, c'est ça ? Et Neis, elle, elle a un papa et une maman mais elle est pas zentille du tout, alors…

Tout en parlant, elle avait ramassé ma canne et la regardait, interloquée par le pommeau en forme de serpent.

—Je ne dis pas que forcément, tu n'es pas une bonne petite-fille, mais que le fait d'avoir deux pères peut avoir des effets dangereux sur toi qui pourraient faire en sorte que tout le monde pense que tu n'es pas normale…

—Ah bon ? Pourquoi ?

Elle baissait les yeux sur la canne qu'elle avait entre les mains.

—Exactement, tu pourrais être amenée à les imiter…

—Vous ne dites quand même pas ça paske vous êtes un nomophobe, z'espère ? Dit-elle, soudainement en colère, en tirant rageusement ma baguette de la canne.

—Homoph…mais non, ce n'est pas ça, c'est que…En dehors de ça, ils ne sont pas de très bons modèles pour une petite fille !

—Alita, ne joue pas avec ma baguette ! Hurlai-je.

Elle m'envoya un regard venimeux et jeta le reste de la canne vide sur le sol dans un geste énervé.

—C'est vrai, ma chérie, Intervint mon épouse, Rappelle-toi la fois où tu as joué avec la baguette de ton papa Ron et que j'ai failli être mangée par le canapé…tu ne veux pas que ta mamie soit mangée par un canapé, hein ?

—Non, mais, c'est zusque que ze trouve ce serpent vraiment moche, et puis ZE TE DETESTE !

Elle pointait son petit doigt vers moi, serrant ma baguette dans son autre main.

—Rends-moi, ça, ce pommeau coûte une fortune ! Lui dis-je, cette fois en me levant.

—T'es un vilain monsieur, en fait ! Tu n'aimes pas ton propre fils et ça, c'est vilain ! Et tu ne pense qu'à faire du mal à mes deux papas !

—Je veux le bonheur de Draco !

—Menteur, tu veux zuste tout contrôler, et mon autre papa, tu l'aimes pas, et moi ze les aime alors ze te déteste !

La pauvre petite chérie ne comprenait, hélas, pas à quel point je l'aimais et à quel point je tenais à elle. Elle ne se rendait pas compte que je voulais simplement la protéger de ses mauvais parents. Elle brandissait ma propre baguette contre moi, le visage tordu, avec cette effronterie typique des enfants qui croient naïvement qu'ils sont assez malins pour en remontrer aux adultes. La preuve, elle jouait les braves mais une petite larme lui coulait sur la joue.

—Alita, ne t'énerve pas, Dit Hélium, Tu ne vois pas ce qui se passe ? Tu ne te rends pas compte que tu es aveuglée par la colère et que ton grand-père veut ton bien et veut le bien de ton papa Draco…mais c'est normal, tu n'es qu'une petite fille et les petites filles ne comprennent pas tout…

—ZVOUDETESTEEEEEUHHH ! Vagit-elle, pleurant cette fois pour de bon alors que je me levais pour récupérer ma baguette.

Je tendis la main pour m'en emparer et une mini-tornade apparut dans le salon, le ravageant, faisant s'envoler les coussins des canapés et renversant les bibelots dont plusieurs se cassèrent. J'ai aussi été décoiffé.

Une fois l'ordre revenu, j'ai arraché ma baguette de la main de la petite qui était en larmes. Elle retomba sur le sol et se mit à sangloter. Je constatai que ma baguette était chaude et que le bout fumait, laissant échapper des étincelles.

—Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Maugréa Narcissa en se relevant, Oh, j'ai filé mon collant !

—Je crois que la petite a déclenché cette tornade avec la baguette de Lucius, Dit Hélium en s'époussetant.

—Quoi ? Elle va bien au moins ? Glapit ma femme.

—Alors, c'est toi qui as fait ça ? Hurlai-je à la gamine.

—Beuheuheuueuuuouiiiiin !

—C'est pas une réponse !

—Mais...mais comment ?

—Il ne s'agit de rien de plus que d'une de ces manifestations de magie chez un enfant sorcier qui n'a encore aucun contrôle sur ses pouvoirs, Expliqua Hélium, Ils peuvent déclencher des phénomènes assez saisissants comme cette tornade relativement bénigne, j'ai vu pire…C'est parce qu'elle était en colère, elle a matérialisé son émotion sans le vouloir…

La porte s'ouvrit brusquement sur Draco et Weasley, alarmés mais heureusement habillés.

—Qu'est-ce qui se passe?

Weasley me vit, baguette à la main, devant sa fille assise par terre en pleurs. Evidemment, cet imbécile en a tiré les mauvaises conclusions et a réagi au quart de tour. Son poing se leva et était sur point d'atterrir sur mon noble visage quand la main de Draco l'entrava.

—Je m'en occupe, Dit celui-ci.

—Ta fille a joué avec ma baguette sans mon autorisation et a déclenché une catastrophe, elle doit être punie !

—Elle ne l'a pas fait exprès, Dit Narcissa, traîtresse, Elle était très fâchée et très triste parce que…elle…tu vois, Draco, elle ne comprend pas très bien ce que ton père et le docteur font pour toi et…

—Etonnant ! Dit Weasley en roulant des yeux, mais surtout pour cacher le fait que lui non plus n'avait pas compris.

—Je vois, Dit Draco, Vous avez été assez rudes et stupides pour la faire pleurer, elle perdu le contrôle de ses émotions et paf ! le salon est sans dessus-dessous !

—Tu l'as bien mérité, Lulu ! Cria le petit con roux.

—Ne me parles pas sur ce ton, toi, espèce de vermine !

—Non, toi, tu ne parles pas à l'homme que j'aime comme ça ! Cracha Draco, Essaie de te graver une fois pour toutes dans la tête que je n'ai plus peur de toi…Lucius !

J'en restai sidéré. « L'homme que j'aime ». « Je n'ai plus peur de toi. » « Lucius ». Draco fit signe à Weasley et à Alita de le suivre et ils sont à nouveau partis dans leurs quartiers.

J'ai ordonné à Diana de venir tout nettoyer, mais cette bonne à rien d'Elfe n'était pas là (et je soupçonne cette satanée Granger d'y être pour quelque chose !). Mais ce n'est pas tout: le hibou de Draco rentra par la fenêtre et il semblait revenir d'une course postale.

—Ah oui, Dit Narcissa, son regard s'éclairant, Je sais d'où il vient: c'est Ron qui lui a demandé d'aller porter un message à ses amis parce qu'il veut inviter Harry Potter ici…Et il n'a pas demandé à son hibou nain Coquecigrue de le faire parce qu'il voulait prouver que Draco l'aimait tellement que même son hibou lui faisait confi…

Ma femme se rendit compte trop tard de sa stupidité alors qu'une nouvelle vague de colère montait en moi.

—Oups…boulette ! Dit-elle en rougissant de honte.

Je commençais à me demander que faire, la situation m'échappait…Puis, en allant dans notre chambre, Narcissa a découvert un billet de la part de Draco.

—Ils sont partis sur le Chemin de Traverse !

—Comment ça ?

—Oui, pour faire des courses…et il dit que si « tu veux encore le souler avec tes conneries, il y a un orifice où tu peux te les rouler »…

—Ça ne va pas se passer comme ça ! Nous allons les chercher ! Allez, va prendre le pot de poudre de cheminette, Narcissa !

—Bien bien…

—Où est Hélium ?

—Je crois qu'il prend des photos…

—Je suis là, Lucius…avec ça, on ne pourra pas ne pas penser que ces deux garçons sont inaptes à élever une enfant…toutes les preuves sont là !

—Allons-y, nous partons !

Aussitôt dit, aussitôt fait, et nous voilà sur le Chemin de Traverse. Il y régnait une curieuse effervescence, une vingtaine de jeunes-filles hurlaient dans la rue.

Et là, nous aperçûmes Weasley…entièrement nu!

—Il…il ne porte rien ! Gloussa mon insolente Narcissa en rougissant comme une tomate.

—Calme tes ardeurs, Je lui répliquai.

Hélium et moi nous ruâmes à la poursuite de Weasley, mais je heurtai de plein fouet un jeune homme fort distrait qui ne regardait pas où il marchait. Je le laissai par terre et continuai mon chemin, mais c'était trop tard, nous avions perdu Weasley de vue ! Ma femme resta en retrait et je l'entendis s'adresser au jeune-homme :

—Veuillez excuser mon mari, jeune-homme.

—C'est pas grave, madame…Oh, vous êtes déjà mariée ?

Petit crétin. Mais je n'avais pas le temps de m'occuper de lui. On attendit que Narcissa nous rejoigne et on reprit nos recherches. Je vis Rita Skeeter s'adresser à cette foule de filles hurlantes en compagnie de deux individus à l'accoutrement irracontable. Hélium sembla les reconnaître :

—Tiens, tiens…Mais c'est Miss Douçamère…J'ai lu vos livres, et ils me servent régulièrement d'outils psychanalytiques pour mesurer le degré de folie d'une personne…

—Vous avez baptisé une maladie mentale en mon nom, Grinça cette femme étrange, tout de noir vêtue.

—Oui, le fameux «syndrome d'Emy Douçamère», mais cependant, aujourd'hui, je me préoccupe d'un patient atteint de la maladie de Joberknoll…

—Qui ça ?

—Le jeune Draco Malfoy, dont voici les parents.

—Oh, bonjour Madame Malfoy! Dit-elle en me saluant.

—C'est Monsieur Malfoy, en fait.

—Ah…vous avez l'air d'une femme…

—Et lui alors, Répliqua Rita en désignant l'autre demoiselle.

« Lui » ? C'était un garçon déguisé en fille ? Il y a tant de dévergondés que ça dans ce monde ?

—Moi, je suis déguisé ! Répliqua-t-il. Est-ce aussi le cas de ce monsieur ?

—Comment ça, déguisé ? Je répliquai, Je m'habille toujours comme ça!

—Merlin, Fit la femme en noir, Si ce sont vos vrais vêtements, cela signifie que…nous avons remonté le temps !

—Cool ! J'ai toujours rêvé de visiter la Renaissance !

—Oui, imagine, Cius, on pourrait rencontrer des humanistes qui ont marqué l'histoire : Erasme, Dante Alighieri, Leonardo Da Vinci, Thomas More, Giovanni Pico della Mirandola…

—Ouais…Dites, Mr Malfoy, vous ne sauriez pas par hasard, quelle direction prendre pour aller à Florence ?

—Vous vous fichez de moi ?

Question purement rhétorique, car il était évident que oui.

—Vous êtes qui exactement ? Leur demandai-je.

—Moi, je sais ! Dit Narcissa, Vous êtes l'écrivaine préférée de Draco ! Et vous, vous devez être Cius, vous jouez dans le groupe de Ron!

—Quoi ? Mon fils vous fréquente? Pas étonnant qu'il soit dévergondé!

—Pauvre petite Alita, Se désola Hélium, Grandir dans un environnement aussi pitoyable…

—Excusez-moi, Glissa Rita, Mais je vous ai écouté et je voudrais savoir, quel est ce problème avec Draco Malfoy ?

—Et bien, venez, je vais vous expliquer, Dit Hélium.

Il la prit à part et nous restâmes face au couple de cinglés en costume d'Halloween.

—Jolie canne-serpent, Me dit la femme en regardant avec envie mon superbe accessoire.

—N'est-ce pas ?

—Oui, elle a l'air longue et dure…C'est pour compenser ?

—Compenser quoi ?

Cette fille avait un grain. Sérieusement. Elle et son copain travesti se concentrèrent ailleurs que sur nous et j'avisai Hélium revenir avec Rita.

—Alors le petit Malfoy est un homosexuel perturbé et pervers ?

—Pas exactement, Rita, en fait, Draco est juste un peu égaré, il faut le remettre dans le droit chemin…Je ne méprise pas du tout les homosexuels, je pense juste qu'ils ont besoin qu'on les soigne, voyez-vous…

—Oui, moi non plus, je n'ai aucun mépris pour les gens différents…Bon alors, où ils sont passés, le black et la Sang-de-Bourbe ?

—Ce ne serait pas eux là, dans la pharmacie, avec Mr Aubin et le Pr Rogue ?

—Ah mais si !

—Vous dites que ce jeune-homme a tenté de plagier un roman ?

—Oui ? Ça vous intéresse aussi, docteur ?

—Peut-être.

Hélium passa l'entrebâillement de la porte de la pharmacie, fit un signe, et Blaise Zabini, un des camarades de Draco, en est sorti avec lui.

—Vous me voulez quoi, monsieur ?

Zabini eut un mouvement de recul en voyant Rita. Des filles dans la foule se mirent à le huer.

—J'espère que ce que vous avez à me dire est important, je me cachais de cette bande de grognasses !

—Alors, vous êtes un ami de Draco, Susurra Hélium, Hum…Et votre père n'a jamais fait appel à moi pour m'occuper de vous ?

—J'ai pas de père. Je ne l'ai jamais connu. Ma mère m'a élevé seul.

—Oh, pauvre enfant ! Encore un qui a été perturbé par une famille instable, cela explique pourquoi vous commettez ce plagiat littéraire : pour attirer l'attention de votre mère dont vous êtes amoureux !

—Quoi ?

Trouvant que l'ambiance était calme, je regardai en direction de l'écrivaine et du travelo pour découvrir qu'ils n'étaient plus là. En revanche, quelqu'un me regardait droit dans les yeux, visiblement furieux.

—Draco ? Toi ici? Pourquoi es-tu trempé jusqu'aux os ? C'est Weasley qui t'a incité à participer un concours de tee-shirts mouillés ?

—Vous occupez pas de ça ! Blaise, qu'est-ce que tu fais avec eux ? C'est Camille Hélium, ce médecin que nos parents engagent pour nous manipuler ! Eloigne-toi de lui !

Draco se plaça automatiquement entre Zabini et Hélium.

—Pourquoi tu fais ça ? Répliqua Zabini.

—Ne sommes-nous pas des amis ? Fit fièrement mon fils.

Zabini s'émut. C'était à vomir.

—Draco…je…tu as bien changé, on dirait…

—T'occupes, va-t-en !

—Attends, Hermione est toujours dans la pharmacie…

—C'est une grande fille, elle sait lacer ses chaussures toute seule, elle se débrouillera, moi, j'ai des comptes à régler…

—Draco…

N'y tenant plus, j'ai saisit Draco par le poignet. Il a crié mais Hélium m'a aidé à l'immobiliser. J'entendis comme une explosion au loin.

—Mr Zabini est un vil copieur, Affirma Rita, imperturbable, Mais toi, tu es un cas presque aussi intéressant, Draco…

—Rita !

Un son sifflant retentit tout à coup.

—Mais c'est qui celui-là ?

—C'est le mec de tout à l'heure ! S'écria Rita.

Yé souis dé rétour

Pour vous youer oun mauvais tour !

Yé souis arrivé sans mé presser

Mais ça va saigner !

Yé vole les gobelins pour donner aux Elfes

Yé bondis, tel oun félin, preste et leste !

Yé saupoudre dé Tabasco

Lé caleçons des toreros

Les Nargols, yé les combats

Yé sauve la vie des señoritas

El Tigre, lé latino masqué, pour vous servir

Au nom dé la Luna, yé vais vous pounir !

C'était quoi, ça ? Pensais-je. Qui était-ce encore que cet hurluberlu ?

Les autres témoins ont, je pense, bien présenté le spécimen qui n'avait apparemment pas compris que nous n'étions pas les méchants. Il a fait claquer son fouet et les cheveux de Rita ont pris feu. Elle s'est mise à courir en cercle en glapissant. De mon côté, j'eus à peine le temps de noter que Zabini prenait la fuite que ce maudit super-héros d'opérette me lacérait de ses fausses griffes. Il a fait un baise-main à ma femme qui en a rougi une fois de plus.

Narcissa, n'as-tu pas honte de flirter avec des vauriens qui ont vingt ans de moins que toi ?

Ensuite, il est parti en portant Draco dans ses bras. J'ai mentalement ajouté El Tigre, puisqu'il se faisait appeler comme ça, sur ma liste noire.

~O~

—Il ne s'est rien passé de notable ensuite, nous avons été dégusté un café et puis nous sommes directement venus ici pour porter plainte...Nous ne savions pas qu'il y avait tant de personnes arrêtées en une matinée, mais j'espère que vous avez bien regardé ces photos, votre Honneur. Et croyez-le bien, je le répète: je fais ça pour le bien de Draco et d'Alita.

Morcol se mit à regarder les photos en se rongeant un ongle. Celles-ci ne montraient pas Ron sous son meilleur jour, à moins qu'il ne posât pour un calendrier d'un goût douteux, cela ne lui faisait pas vraiment honneur.

—Mouais...Fit le juge, Hors de leur contexte, il n'y qu'une seule façon d'interpréter cela...Quant à la maladie de votre fils...Si le Dr Hélium jure qu'il est honnête...Mais nous allons d'abord écouter notre dernier témoin, Mr Black?

Sirius se leva, non sans avoir vérifié qu'il n'avait plus aucune peluche ensorcelée fixée à son séant.

—Votre Horreur, S'exclama-t-il une fois installé à la place congrue, Je voudrais savoir jusqu'où je dois exactement aller dans les détails.

—Le plus loin possible, Mr Black.

—Bon, ben, d'accord...En tous cas, j'espère que je me retrouverai pas à Azkaban cette fois...Vous voulez savoir où Alita a planqué le corps? Moi, je sais: elle l'a mangé!

—...

—Ecoutez-moi attentivement, et vous comprendrez.

~RECIT DE SIRIUS~

Vous voulez vraiment que je raconte tout ? Je dis ça pour vous, je sais pas trop si vous apprécierez ça, en fait…

Bon, bon…

OK.

Me suis réveillé ce matin-là. Je fais souvent ça le matin, me réveiller. Sauf quand j'ai pris une cuite. Enfin soit. Je me suis réveillé, dans les bras de mon cher Severus, qui dormait encore. Puis, je l'ai réveillé aussi, en l'embrassant, il a fait des grimaces. Et une fois qu'il avait bien émergé, on a décidé de faire le sexe…Ah, mais je vous avais prévenus, moi ! Alors, on fait les choqués, hein ? Oui, Molly, c'est ça, bouche les oreilles de la petite pendant que je raconte en détail ce câlin matinal, qui fut particulièrement fougueux et douloureux…Oui, douloureux, mais qu'est-ce que c'était bon. Oh, j'aime ça me mettre à quatre pattes et me faire chevaucher comme un hippogriffe par un type nu qui me fouette le cul avec un morceau de drap !

Quoi, vous voulez que j'arrête ? Mais c'est vous qui avez demandé, d'abord !

Alors, je sentais la turgescence de Sev' contre ma colonne vertébr…quooiiii ? Non, Molly, pas le rouleau à pâtisserie, rappelle-toi que jusqu'à la fin du procès, c'est une pièce à conviction !

Et puis, je vous jure que ça a son importance, ce que je raconte…Que…que j'en vienne aux faits directement importants, alors ? Bon, d'acc…

Sev' m'a dit :

—Tu sais quoi, Black, quand on était à Azúcar Culebra, on aurait du en profiter pour prendre des leçons de tango, parce que j'ai lu un truc chez Guillaume Apollinaire et…mais c'est quoi, ça ?

—C'est quoi quoi ?

—Attends, ne bouge pas, tu as quelque chose dans la nuque…

—Hein ?

—Ne me dis pas que tu as des puces !

—Non, mais ça ira ?

La veille, nous avions été nous promener dans la forêt, car Severus avait besoin d'herbes pour ses potions. Moi, je cherchais autre chose.

—Dis, tu crois qu'on peut trouver des psilocybes ici ?

—On n'est pas venus pour ça ! Et puis, pourquoi ça t'intéresse ?

—Ben, le psilo joue avec les âmes et ouvre les volets de la perception !

—Je ne suis pas venu ici pour qu'on mange des champignons, d'accord ? Et puis ce genre-là, c'est interdit par la loi !

—Rhooo ! Bon, je vais faire un tour ! A tout à l'heure !

—C'est ça !

Par « faire un tour », j'entendais que j'allais me promener sous ma forme d'animagus. Je me suis donc transformé en labrador et j'ai gambadé dans la forêt comme un bienheureux pendant un quart d'heure. Faut savoir que quand je suis un chien, je ne vois plus le monde de la même façon, c'est fou le nombre de trucs que je trouve intéressants à renifler pour commencer. Et puis, j'ai aboyé sur l'écureuil méchant, il m'énervait. Et j'ai mangé un moineau qui avait une patte cassée, c'était super croustillant. Pis, j'ai senti une odeur et j'ai suivi cette piste jusqu'à trouver la planque d'un couple de mustélidés qui semblaient avoir recueilli un petit lapereau et le couvaient comme si c'était leur bébé. Ils m'ont mordu la truffe parce que je les dérangeais.

Ce qu'il y a, c'est que je suis tellement obnubilé par toutes ses senteurs entêtantes de gibier, de résine et de pisse de scout que je ne fais pas attention à où je vais me fourrer, et du coup, il y a des trucs qui s'accrochent à mes poils, à ma peau. Et apparemment, j'ai ramené quelque chose avec moi cette fois-là.

Et donc, le lendemain, pendant notre séance de rodéo sexuel, Severus a trouvé une saloperie en bas de mon cou.

—Tu as une tique !

—Hein ? Comment ça, je suis pas quelqu'un de maniéré !

—Non, pas un tic, une tique !

—Ah, c'est féminin ! Euh…j'ai quoi ?

—Une tique, une sale petite bestiole qui peut te donner la maladie de Lyme et te paralyser à vie si on n'intervient pas…

—Mais…comment j'ai attrapé ça ?

—Qu'est-ce que j'en sais, moi ? Sans doute, hier, quand tu étais un chien…Allez, je vais chercher une pince à épiler…

—Et de l'éther ?

—Non, surtout pas !

—Ah, mon petit maître des potions a trouvé une substance plus efficace que l'éther pour endormir les tiques ?

—Non, mais quand une tique s'endort, elle vomit sous la peau de son hôte, ce qui augmente les risques d'infection…

—…

Il est parti chercher sa pince dans la salle de bain, moi pendant ce temps-là, je me suis mis dos au miroir et j'ai presque déboîté ma tête pour voir l'espèce de boule noir enfoncée dans ma nuque, entrain de me parasiter.

—Nom d'une amanite phalloïde ! Impossible de mettre la main sur cette pince à épiler ! Pesta mon cher et tendre.

J'ai regardé la bestiole avec un regard mauvais, comme si ça pouvait l'impressionner. Sev' tardait pour trouver son ustensile, alors, comme je trouvais que la tique n'était pas si petite que ça, je me suis dit que j'arriverais sûrement à la retirer avec mes doigts.

Oui, vous devinez bien ce que j'ai fait. Et oui, vous imaginez aussi la réaction de Severus quand il a constaté que j'avais seulement arraché le corps et que la tête était toujours dans ma peau.

—Mais qu'est-ce qu'on va faire maintenant ? Soupira Sev', exaspéré.

—Euh…Trouver Remus !

—Pourquoi faire ?

—Pour nous donner du chocolat. Remus dit toujours que le chocolat peut tout résoudre !

—Je ne veux pas critiquer l'intelligence de ton ex, mais ce qu'il te faut, c'est un remède approprié, qu'il faudrait que j'achète dans une pharmacie !

—Bien bien, allons sur le Chemin de Traverse alors…

—D'abord, on s'habille !

Voilà pour l'explication de pourquoi on était à Londres aujourd'hui. Et en plus, on est tombés sur Remus, avec Tonks et Teddy, évidemment. Tonks devait se rendre à la poste pour envoyer une lettre à sa mère Andromeda, et toute la famille avait décidé d'en profiter pour faire quelques courses et se promener.

—Ah, une lettre ? Nous, on vient pour aller à la pharmacie, Sirius a chopé une tique…

—Beurk !

—Bon, on entre ?

Ils s'engouffrèrent dans le bureau de poste, et j'eus envie de les suivre, rien que parce que leur compagnie me plaisait. Severus resta en retrait.

—Tu vas où, Sev' ?

—A la pharmacie.

—Okay, moi je reste avec Remus…

Il m'envoya un drôle de regard et passa très brièvement ses yeux sur Remus. Je ne comprenais pas trop, mais il s'en alla avant que je puisse aller plus loin.

—Tiens, Miss Emy, Engagea ledit Remus, Comment allez-vous ?

Ah, ouais, en effet, elle était là, avec une drôle de cocotte en kimono.

—Très bien, et vous ?

—Bien aussi.

—Et qui c'est, ça ? J'ai demandé avant de me rendre compte que c'était Cius, ça faisait bizarre de le voir sans piercings.

—Elle ? C'est ma cousine Sakura, Sourit Emy.

—Konichiwa !

—Konichiwa, petite fleur de cerisier, Dit Remus en s'inclinant.

—Vous voulez que je vous serve, messieurs-dame ? Demanda un employé de la poste qui avait l'air d'être très chiant.

—Euh… oui, Dit Tonks, J'aimerais envoyer cette lettre à ma mère.

Puis, Emy a été interpellée par l'autre employée, celle avec des cheveux rouges comme les étiquettes de cette boisson moldue brune qui pique dans la bouche. Remus en a profité pour me demander de lui faire voir cette tique. Je me suis retourné et ai baissé la tête. Le contacte des mains de Remus dans mon cou m'a rappelé certaines sensations que j'ai éprouvées quand j'étais adolescent. J'ai enfin compris l'attitude de Severus, mais je tiens à préciser, puisqu'il est présent dans cette salle, que c'est de l'histoire ancienne, que maintenant, je suis avec lui tout comme Remus est marié avec Tonks et qu'ils ont un môme !

—Sirius, tu as essayé d'arracher la tique toi-même ?

J'ai hoché la tête.

—Mais…enfin, à quoi tu pensais ? Tu sais bien qu'il ne faut pas s'y prendre comme ça avec les tiques ! Combien de fois n'avons-nous pas du nous retirez mutuellement toutes sortes de parasites après nos virées nocturnes sous nos formes animales quand nous étions jeunes ? Tu as oublié les règles de base ?

—Je suis désolé, je sais pas, je ne réfléchis pas…Mais Sev' est allé me chercher un produit approprié à la pharmacie.

—Bien. Heureusement qu'il est là pour canaliser tes conneries, des fois…

—Moi, au départ, je voulais aller te voir.

—C'est gentil.

—Ouais, pour le chocolat, tu dis bien que le chocolat peut tout résoudre, non ?

—Oui. Et d'ailleurs…

Il jeta un regard en biais à sa femme pour vérifier qu'elle n'entendait pas. Et là, il me confia un truc que je ne vais pas répéter, vu qu'elle est aussi dans cette salle. Mais non, t'inquiète, ma petite Doranouchette, c'est rien de méchant, juste une médecine douce à base de chocolat pour que tu ailles mieux…Par contre, Draco a le même problème que toi, alors, je suggère à Ron d'aller demander à Remus après le procès pour le soigner lui aussi…

Après la poste, nous sommes allés au magasin de jouets, et c'est là que nous avons été attaqués par les nounours malveillants, laissez-moi vous raconter ça :

On était les premiers clients arrivés et il n'y avait que nous à cette heure-là. Remus a vu un nounours qui parlait par magie et qui lui disait « Fais-moi un câlin ! ». Alors, Remus a obéi et a serré le nounours dans ses bras pendant que Tonks et moi, on riait parce qu'il avait l'air de retomber en enfance. Le nounours faisait partie d'une pyramide mise en évidence car c'était leur super promo, et toutes les peluches du tas réclamaient des câlins, alors on n'a pas hésité, et c'est comme ça qu'on s'est tous retrouvés dans leurs bras. Puis, le problème a eu lieu : on n'a pas pu s'en défaire après, ils ne nous laissaient pas partir !

J'étais coincé et je me démenais comme je pouvais, et je voyais autour de moi que les autres n'en menaient pas large non plus, surtout Teddy, mon sous-filleul (je l'appelle comme ça parce que c'est le filleul de mon filleul) qui était tellement petit que le nounours allait l'étouffer !

Remus est parvenu à se libérer après bien des efforts, mais l'élan le fit tomber dans un bac rempli de mini-dragons en peluches, qui commencèrent eux aussi à l'attaquer. Il se trouva bien vite qu'on avait posé sur tous ces jouets un sort qui déconnait. En essayant de s'aider les uns les autres, on s'est retrouvés couverts de peluches de toutes tailles qui ne voulaient pas se décoller de nous. Des vendeurs sont arrivés, furieux, pour nous dire de ne pas bousiller la marchandise alors qu'on était entrain de crever sous leurs trucs !

Remus était à présent tellement immergé dans le bac à dragons qu'on ne voyait plus que sa main entrain de couler comme dans des sables mouvants.

Au bout d'un moment, je suis parvenu à me débarrasser de toutes les peluches. Du moins, je le croyais, mais après avoir écouté le témoignage de Harry, je crois qu'apparemment, j'en avais un dernier accroché aux miches. Alors que je réfléchissais à une stratégie quelconque, mon regard s'est posée sur la vitrine, et j'ai vu passer Alita dehors, habillée en pirate. J'étais intrigué, que faisait-elle là ? Toute seule, sans ses papas ? Et puis surtout, pourquoi brandissait-elle une énorme pelle à gâteau devant elle, comme si elle s'apprêtait à poignarder quelqu'un ?

J'ai jeté un dernier coup d'œil dans le magasin et Tonks était entrain d'aider Remus à sortir du bac. Tous deux étaient couverts de nounours, mais ils allaient bien. J'ai alors décidé de suivre Alita et je suis sorti.

—Eh, Sirius, attends ! J'entendis, mais je ne me retournai pas.

Alita avait disparu dernière un angle. Pour gagner de la vitesse, j'ai pris ma forme canine, dans laquelle je suis à l'aise. Et j'ai couru, mais tout à coup le sol s'est mis à trembler sous mes pattes, les petits cailloux entre les pavés de la rue se sont mis à sautiller tous seuls, un peu comme s'il y avait un troupeau de buffles entrain de charger à quelques mètres. Et toujours pas de trace d'Alita.

J'ai levé le museau et là, stupeur, c'était pas un troupeau de buffles mais un troupeau de nanas hurlantes ! Une vingtaines de donzelles qui beuglaient « Copieeeeuuuur ! ». Je n'ai pas eu le temps de fuir, elles m'ont piétiné, malmené, réduit en pâtée pour chat ! Je me suis pris des dizaines de baskets, de sandales et de talons aiguilles dans la tronche !

Et puis, y'en a une qui est tombée sur moi, même si sur le moment, j'avais pas compris quel était ce machin dans lequel était enfouie ma truffe. Elle m'empêchait de bouger, cette furie, alors que je gesticulais pour me dépêtrer d'elle, elle ne trouvait rien de mieux que de me clouer au sol en couinant comme un marcassin qui a perdu sa mère. Et puis, je ne voyais plus rien, il faisait tout noir.

—Chien pervers ! Chien pervers !

J'ai alors repris ma forme humaine, pour me dégager, elle était plus collante que le nounours.

—Homme pervers ! Homme pervers !

Une fois que j'eus à nouveau mes mains préhensiles de primate, je m'en servis pour virer la donzelle de là. Et je me suis rendu compte que les parties d'elle dans lesquelles j'avais poigné étaient ses cuisses, et que ce que j'avais sur nez était sa zézette au travers de sa culotte, s'il faisait noir, c'est parce que ma tête était sous sa jupe !

Et donc, je lui ai poigné les cuisses, je l'ai soulevée et l'ai rejetée en avant, pour enfin revoir la lumière du jour. Elle est retombée sur le sol sur ses fesses, les jambes en l'air et écartées comme si elle n'attendait que ça, et en plus, elle avait une culotte hideuse avec des marguerites et des poneys!

—Lavander ! Cria une voix derrière moi.

—Parvati ! Au secours, ce pervers essaie de me violer en pleine rue !

—Hein ? Mais non, c'est un accident, et puis moi, les femmes…

—Pervers ! En plus, ses vêtements sont tous déchirés, c'est un gros pervers !

En effet, conséquence de mon passage sous les pieds d'une foule en colère, toutes mes fringues avaient été abîmées, déchiquetées, trouées.

J'ai repris ma forme de chien pour les fuir, et aussi parce que de cette manière, les trous de mes vêtements étaient moins visibles, seulement des touffes de poils arrachées. Je me suis réfugié dans une boutique de fringues, justement, heureusement, ils ne m'ont pas vu entrer, sinon, je ne sais pas ce qui se serait passé, un animal dans un magasin !

Je me suis faufilé discrètement entre les tourniquets, et puis, quand personne ne me regardait, j'ai repris ma forme humaine. Là, par contre, je risquais qu'on me prenne pour un clodo. Même mon slip était troué !

Je me suis approché des cabines d'essayage et par bonheur, j'en ai trouvé une de vide mais pleine de vêtements de mec. Apparemment, le type était sorti à poil, ce qui était curieux, même si je suppose qu'il pouvait se cacher derrière les tas de vêtements. J'ai pris toutes ses fringues, suis allé dans la cabine à côté pour m'habiller et je suis reparti à la recherche d'Alita, mais j'ai vu Lucius et l'affreux toubib qui courraient après je ne savais pas qui, même qu'ils m'ont marché sur la queue! Puis, je les ai vus se prendre un mec de plein fouet. Ils ont continué sans se retourner et Narcissa est arrivée juste après pour aider le gars à se relever, je me suis approché.

—Veuillez excuser mon mari, jeune-homme.

—C'est pas grave, madame…Oh, vous êtes déjà mariée ? Lui dit-il en lui prenant la main, On ne dirait pas, vous avez l'air si jeune…

—Oh…merci…hum…vous sentez bon…vous sentez…hum…le safran…le jus d'orange et…le Sud…comme les balistiques que je mets dans mon bain…oh, excusez-moi, peut-être que ça ne vous intéresse pas de savoir avec quoi je me lave !

Ma cousine s'est mise à rougir devant Don Juan qui n'a pas tardé à poser ses lèvres tout doucement sur sa petite main, la faisant prendre encore plus de couleur.

—Ne vous en faites pas, vous êtes charmante ! Mais je dois vous laisser, il faut que je trouve un peignoir pour mon petit Pelirrojo de toute urgence !

Tu vois Harry ? Hal a entendu Hélium et Lucius parler de Ron qui était à poil, c'est comme ça qu'il a été au courant, contrairement à ce que tu penses, ce n'est pas El Tigre qui a vu Ron en tenue d'Adam pour ensuite s'enfuir, se transformer en Hal et lui ramener un peignoir ! Parce que Hal n'est pas El Tigre, t'as compris ?

Il est parti et Narcissa a tenté de retrouver les deux autres en souriant jusqu'aux oreilles. Elle a la quarantaine mais peut encore se faire courtiser par des garçons de vingt ans…Tiens, on dirait que j'aurais pas du commenter ça, je vois que Lucius et Draco ont tous les deux l'air furieux et que Narcissa ne sait plus où se mettre…

Euh…je vais continuer mon histoire, ça vaut mieux.

Cherchant toujours la petite, je suis tombé sur Draco. Il portait un costard mais était mouillé comme un chiot à moitié noyé. Moi, je suis redevenu humain.

—Ehhh, pourquoi t'es trempé ?

—Et toi, pourquoi tu portes les fringues de Ron ?

—Hein ?

—Euh…

—Je ne comprends rien ! Avons-nous déclaré à l'unisson.

On s'est assis un instant sur un bord de trottoir.

—Toi d'abord, Le priai-je.

Il accepta de raconter son histoire en premier.

—RECIT DE DRACO—

Ce matin, quand je me suis réveillé, Ron n'était plus dans mon lit, alors que nous avions passé une nuit des plus délicieuses. L'explication vint vite : il arriva avec un plateau repas pour qu'on petit-déjeune au lit.

—Au fait, je viens juste d'envoyer une lettre chez les Lovegood, Harry et Hermione m'ont dit qu'ils étaient tous là, et je voudrais les inviter, Me précisa-t-il.

J'acquiesçai. Pourquoi pas, faudra juste mettre une muselière à l'Espingouin et un sachet pour cacher la sale tronche de Potter et tout ira bien.

—Tu as bien écrit ce que je t'ai dit de mettre si tu leur envoyais une lettre ?

—Mais oui : « Draco embrasse Emy, présente ses salutations à Cius, Rogue, Blaise, Théodore, son mépris profond et son écœurement au « Balafré », son pied au cul à « l'abruti d'Espingouin » et son indifférence aux autres », oui, t'inquiète, je l'ai mis !

Evidemment, l'appel du sexe nous a encore pris, ça nous arrive souvent. Ron s'apprêtait à me faire quelque chose de très sympathique avec de la confiture quand j'eus l'extrême déplaisir de voir débarquer mon père, en compagnie du Dr Hélium, un Psychomage sadique qui m'a fait croire pendant des années que j'étais atteint d'une maladie imaginaire, la maladie de Jabberwokie.

(Hélium se gratta la gorge en entendant Sirius écorcher le nom de la maladie en racontant l'histoire narrée par Draco, mais l'animagus semblait s'en tamponner les nouilles).

Ils nous ont pris en photo, puis on s'est engueulés parce que soi-disant, Ron et moi, on pervertirait Alita. Celle-ci est arrivée, elle avait fait un cauchemar avec André Cornichon, le monstre qui vit sous son lit. J'ai viré mon père et le médecin dehors et on est restés tous les trois à terminer de déjeuner dans la mauvaise humeur. Alita est partie pendant qu'on s'habillait, et je me suis fait la réflexion qu'on devait aller faire du shopping, un petit coup de neuf dans la garde-robe ne nous ferait pas de mal ! Mais je n'arrêtais pas de penser à ce qui s'était passé.

—Eh, qu'est-ce que tu as ? Me demanda Ron en m'embrassant dans le cou.

—Rien…C'est jusque…c'est cette maladie…

—Elle n'existe pas !

—Je sais ! Mais ça fait des années que j'y croyais, moi, comment veux-tu que je me relève du choc comme ça, "pouf" ?

—Je comprends, tu as besoin de temps. Mais je serai toujours là pour te confirmer que tu n'es pas fou, il suffira de me le demander.

Il m'embrassa à nouveau.

—Bien sûr que si que je suis fou !

—Draco…

—Fou de toi !

—Ah, d'accord ! Cool ! Moi aussi, je suis complètement dingue de toi, mon ange aux cheveux blonds !

Sirius, si tu vois l'Espingouin, tu pourras lui dire que Ron a dit ça ? Pourquoi ? Ben, pour que le message soit clair ! Non, je suis pas jaloux ! Pourquoi je serais jaloux, Ron n'aime que moi, ça se voit pas ?

Ensuite, on a entendu un grand fracas en provenance du salon. On s'est précipités et on a découvert la pièce dévastée comme s'il y avait eu une bagarre, avec Alita qui pleurait devant mon père qui avait l'air de la menacer avec sa baguette. Ron s'est jeté sur mon père et j'ai du l'empêcher de lui cogner dessus.

—Je m'en occupe.

—Ta fille a joué avec ma baguette sans mon autorisation et a déclenché une catastrophe, elle doit être punie ! Hurla mon père.

—Elle ne l'a pas fait exprès, Dit ma mère, Elle était très fâchée et très triste parce que…elle…tu vois, Draco, elle ne comprend pas très bien ce que ton père et le docteur font pour toi et…

—Etonnant ! Ironisa Ron.

—Je vois, Dis-je, Vous avez assez rudes et stupides pour la faire pleurer, elle perdu le contrôle de ses émotions et paf ! le salon est sans dessus-dessous !

—Tu l'as bien mérité, Lulu ! Renchérit Ron.

—Ne me parles pas sur ce ton, toi, espèce de vermine !

—Non, toi, tu ne parles pas à l'homme que j'aime comme ça ! M'emportai-je, Essaie de te graver une fois pour toutes dans la tête que je n'ai plus peur de toi…Lucius !

On est repartis furieux dans ma chambre, et Alita nous a raconté ce qui s'était vraiment passé.

-RECIT D'ALITA-

(1)

J'ai annoncé à mon mari et à ma fille que nous allions partir faire des courses à Londres, comme je l'avais projeté. Ils ont un peu protesté car ils étaient étonnés, mais je leur ai expliqué que c'était encore le meilleur moyen de ne plus penser à ce qui s'était passé. Et puis Alita avait tellement pleuré contre Ron que les larmes et la morve avaient bousillé un de plus de ses tee-shirts. Il avait grand besoin de s'acheter des vêtements, lui.

Ils ont fini par reconnaître que c'est une bonne idée. J'ai rapidement gribouillé un mot pour ma mère et on est partis en Magicobus en sortant par derrière.

Une fois sur le Chemin de Traverse, on s'est mis en quête d'un magasin de vêtements digne de ce nom. Ron n'avait pas l'air très enthousiaste, apparemment, le shopping et lui ça fait deux. Mais j'ai eu une idée pour lui changer les siennes une fois qu'on s'est retrouvés dans une boutique :

—T'as vu, des strings pour homme !

—Ah, tu veux en acheter ?

—Non, c'est pour toi !

—Euh, Draco, c'est pas trop mon genre !

—Pourquoi, t'as peur ? T'oses pas ?

—Quoi ? Mais non ! C'est pas mon genre, c'est tout ! Et puis, il est moche!

—Ronnie ose pas mettre des strings…pourtant, tu serais vraiment très sexxxxxxx !

—C'est pas parce que tu passes ta langue sur tes lèvres comme ça que tu vas me convaincre ! Et puis, où est passée la petite ? Je ne la vois plus…

—Change pas de sujet, elle ne doit pas être bien loin…

—Si tu le dis…

—Cinq Galions que tu n'oses pas mettre ce string et te ramener ici, devant ce miroir pour me le montrer, même si tout le monde te voit !

—Ah, tu le prends comme ça ? Tu vas voir !

Il s'est emparé du string est s'est rué vers les cabines d'essayage. Pendant ce temps-là, j'ai essayé une veste de costard qui me plaisait et je me suis regardé dans le miroir quand soudain, les paroles de Ron ont eu un effet à retardement.

Où était passée Alita ?

Je l'ai cherchée des yeux, et puis, je l'ai vue sortir du magasin avec un costume de pirate qu'elle s'était confectionné à partir de vêtements qu'elle n'avait évidemment pas payés. Elle est petite, il ne faut pas lui en vouloir, elle ne pensait pas à mal. J'ai saisi mes bourses et les ai vidées sur le comptoir.

Sirius, je parlais des bourses dans lesquelles on range de l'argent, pas d'autre chose!

J'ai juste déposé suffisamment de fric pour payer ma veste et ce qu'Alita avait pris. Je ne suis pas un voleur ! Ensuite, je suis sorti mais Alita était déjà hors de vue, surtout qu'un troupeau de grognasses m'a barré le passage.

Normalement, Ron aurait du se lancer à ma recherche après s'être rhabiller, mais curieusement, il ne s'est pas montré…Pourquoi j'ai l'impression que tu as un rapport avec ça ?

Pour en venir à pourquoi je suis mouillé, et bien, ça vient de se passer il y a quelques minutes, juste avant que je ne te rencontre. Comme je cherchais Alita, j'ai vu la Ménagerie Magique et je me suis dit qu'elle pourrait y être, les enfants adorent les animaux. Alors, je suis entré, et je suis tombé sur Pansy Parkinson, une de mes ex-camarades de Serpentards. Tu devines ma joie.

—Oh, salut Draco ! Me dit-elle. Devine un peu la bonne nouvelle ?

—Hein ?

—Je pense que tu vas regretter d'avoir choisi Weasley à ma place, maintenant…

—Bon allez, dis-moi vite ce qui t'arrive de si génial et dont je me fiche complètement, qu'on en finisse !

—Et bien, je vais devenir une star !

—Comment ça ?

—Oui, je vais devenir une actrice célèbre ! Aurore Boréale, le chef-d'œuvre de Rick Tüssempra, va être adapté en pièce de théâtre, et l'acteur qui joue d'Edgar, le rôle masculin principal, est ici, et il a dit qu'il voulait que je sois sa partenaire, que je joue le rôle de Gesabella !

—Hein ?

Je regardai autour de moi mais ne vit rien de plus que le vendeur et les animaux, pas de trace dudit acteur.

—Mais si, regarde, il est là !

Elle désigna un aquarium dans lequel le prétendu Edgar nageait tranquillement.

—Pansy, c'est un strangulot !

—Tout à fait ! L'histoire parle justement d'amour impossible entre un strangulot et une sorcière !

—Déjà, qu'est-ce cette bestiole fout dans ce magasin ? Les strangulots sont dangereux, ce ne sont pas des animaux de compagnie !

—Celui-ci est particulier, Monsieur, Me dit le vendeur, C'est un animagus en réalité !

—Laisse-moi t'expliquer, Dit Pansy, Il s'appelle Roberto Zuppa di Pesce et c'est un grand comédien vénitien. Il est ici incognito pour faire du repérage pour le casting, et il m'a choisie, moi ! Tu te rends compte ?

—Et comment tu sais ça ?

—Parce qu'il me l'a dit.

—Hein ? Et comment ?

Je me suis approché de l'aquarium, la bestiole m'a regardé d'un air stupide.

—Alors, tu serais un animagus ?

—Non, Draco, il ne parle pas anglais !

—C'est vrai, Dit le vendeur, Roberto ne comprend que l'italien, c'est d'ailleurs moi qui lui sert d'interprète…Signore Zuppa di Pesce, che pensa lei di questa ragazza ?

Il a ensuite collé son oreille contre l'aquarium comme pour écouter les bulles du strangulot.

—Alors ? Fit Pansy.

—Il a dit « Ma che bellaaaaa ! »

—Oh, super !

Pendant que Pansy s'extasiait devant l'aquarium, j'ai pris le vendeur à part.

—Qu'est-ce que vous mijotez ? Vous pouvez me le dire, j'en ai rien à foutre de cette fille…Mais pour moi, c'est un vrai strangulot !

—Je ne suis pas un mauvais bougre, Dit-il, Mais je ne sais plus quoi faire pour me débarrasser de cette créature, je l'ai achetée par mégarde à Alana, une fille qui travaille chez Aubin & Marie et qui m'assurait qu'il était bien dressé, était inoffensif et qu'il brillait au soleil comme du diamant ! Et c'est vrai qu'il est calme et qu'il brille, même si on dirait l'effet secondaire d'un curieux traitement chimique…Mais personne n'en veut ! Alors, j'essaie de le refiler à cette fille, je me fiche qu'elle paie, je veux m'en défaire, c'est tout !

—Ne vous inquiétez pas, vous y arriverez, avec Pansy, c'est du gâteau…

—Vous croyez ?

—Mais oui. Démonstration :

Je me suis à nouveau approché de l'aquarium et j'ai dit au strangulot :

—¡Hal es un bastardo!

—Tu parles italien?

—Oui, j'ai appris ça en Espagne, et il se trouve que l'espagnol et l'italien, c'est la même langue !

Et elle m'a cru. En plus, je ne parle même pas espagnol, je connais juste deux-trois trucs, surtout quand ça peut servir à insulter l'autre casse-pied. Elle a décidé de repartir avec son strangulot, et elle a voulu faire léviter l'aquarium avec sa baguette pour le transporter, mais n'étant pas très adroite, elle a renversé la moitié de l'eau sur moi.

Et voilà pourquoi je suis trempé.

—O—

C'est ainsi qu'il conclut, et ce fut à mon tour de lui expliquer ce qui m'arrivait.

Oh, Ron, je suis sincèrement désolé, je ne savais pas que c'était tes fringues, que Draco t'avais mis au défi d'essayer un string et d'aller déambuler devant la glace du magasin rien qu'avec ce string sur toi, que toi tu as relevé le pari, mais qu'une fois arrivé devant le miroir, Draco n'était plus là, qu'alors tu es retourné dans la cabine, que tu t'es demandé pourquoi tes vêtements avaient disparu, et qu'en plus, la vendeuse t'a obligé à lui rendre le string en te disant que tu devais rester à poil dans la cabine à attendre qu'on t'aide!

Ça, je le sais grâce à cette rencontre avec Draco peu après, j'ai pu reconstituer ce qu'il s'est passé. En ce qui concerne la suite, je peux aussi le deviner grâce aux témoignages de Lucius et Harry : Hélium savait que tu étais dans ce magasin, y est entré avec les Malfoy, a entendu ta voix et a fait ce que Lucius a raconté. Tu as réussi à te cacher dans une boutique de Quidditch, où tu es tombé sur Harry, Luna, Nott et El Tigre.

Une fois que j'eus fini mon récit, Draco releva la tête, intrigué, vers la rue en face. Lucius, Narcissa et le toubib semblait chercher misère à quelqu'un.

—Blaise ! S'exclama Draco.

Il s'arrêta un instant.

—Non…Maugréa-t-il, Je dois l'aider, c'est un ami…

—Qu'est-ce qu'il y a ?

—J'ai toujours été un lâche, le genre qui laissait tomber les autres…mais cette fois, je ne laisserai pas Blaise se faire enquiquiner comme ça ! Je ne sais pas ce qu'il lui veut, mais il va m'entendre ! C'est fini de fuir !

Et ben et ben…Tout compte fait, il est pas mal pour un Serpentard…je rigole, Sev' !

Moi, je serais bien resté regarder Draco se castagner avec son père, mais j'ai de nouveau vu la petite Miss Alita et cette fois, je voulais pas la louper ! Je l'ai rattrapée assez vite, dans la Rue des Tartempions.

—Et Tonton Patmol !

—Alita, qu'est-ce que tu fais ici toute seule ? Et c'est quoi cette pelle à gâteau ?

—C'est pas une pelle à gâteau, c'est une pelle à glace, ze l'ai prise chez le marchant de glace !

—Logique, mais que comptes-tu faire avec ?

—C'est pour tuer…z'ai pas trouvé de couteau alors z'ai pris ça…

Comment ça, tuer ?

Je lui ai alors expressément demandé de bien vouloir s'assoir un instant.

—Auzourd'hui, z'ai vieilli, Tonton Patmol.

—Ah bon, vieilli ? Tu as…tu n'aurais pas grandi, plutôt ?

—P'têt bien, mais z'ai beaucoup réfléchi en fait, depuis ce matin…et z'ai découvert un truc…

—Quoi ?

—P'pa et Pôpa, ils sont pas ceux que ze croyais…

Mon cœur manqua un battement : qu'est-ce qu'elle entendait par là ? Je craignis le pire…

—Ze croyais qu'ils zavaient peur de rien…Marraine me l'avait pourtant dit, l'autre zour dans la forêt interdite, que P'pa avait peur des naraignées et que c'était normal parce que tout le monde a peur de quelque chose…ze voulais pas la croire, mais en fait, elle a raison…

—C'est vrai, tout le monde a peur de quelque chose, mais ça ne veut pas dire que ton papa est un loser, juste qu'il est humain…

—Ouais, mais c'est pas tout, pask'en fait, même s'il a peur des naraignées, il s'en fout, il s'est battu contre la grosse qui voulait me manzer dans la forêt. Paske mon P'pa, ce l'mec le plus courageux d'la Terre ! Et Pôpa aussi. Lui, il a peur du vilain docteur et aussi un peu de Papy Lulu…mais auzourd'hui, il a osé leur tenir tête ! Z'ai beaucoup repensé à ça depuis ce matin et z'ai compris…

—Ouais, le courage, le vrai, ce n'est pas d'être un être parfait qui n'a peur de rien. C'est avoir peur, mais se dire « Allez, merde, tant pis, j'y vais quand même ! ».

—Ouais.

Super, si elle raisonne comme ça, elle ira peut-être à Gryffondor !

—P'pa et Pôpa, ils ont réussi à tuer leur peur, alors, ze me suis dit qu'il fallait que moi aussi, ze devais tuer ma peur…alors, ze vais le tuer…

—Qui ?

—Celui qui me fait peur depuis touzours !

—Ça ne me dit pas qui c'…Attends une minute : tu projettes de tuer quelqu'un ?

—Il le faut, Tonton Patmol ! C'est lui…ou c'est moi !

—Mais, on ne tue pas les gens, ça se fait pas ! Ecoute, moi aussi une fois, j'ai eu envie de tuer…une fois, avec Tonton Lunard, on a été trahis par un ami et quand on l'a coincé, on était prêts à le faire, parce qu'on avait tant souffert par sa faute, mais ton Tonton Harry nous a dit de ne pas le faire, il nous a expliqué que son père James, qui était notre meilleur ami, n'aurait jamais voulu qu'on devienne des assassins pour ça ! Alors, tu vois…

—Ah ouais ? Tonton Super-Harry ? Il a dit ça ?

—Ouais…

—Il peut bien parler ! C'est qui qui a tué le gros vilain Voldemort, hein ?

—Ouais, mais euh, Voldemort, c'est pas pareil, c'était vraiment un sale méchant lui !

—Et l'ami qui vous a trahi, c'était pas un méchant, non plus ?

—Rhoo, c'est plus compliqué que ça, tu vois…y'a jamais eu une grande ligne sur le sol avec d'un côté des méchants et de l'autre les gentils…Il y a plein de gens qui sont carrément assis à cheval sur la ligne, avec une jambe de chaque côté…

—Qui ?

—Ben euh…bon, je vais te dire des noms, ça va peut-être te choquer, mais je considère que t'es assez grande pour ça, d'accord ?

Elle a sourit d'une oreille à l'autre. Elle déteste quand on lui dit qu'elle est trop petite pour comprendre. Je crois qu'elle a adoré que je lui dise ça.

—Et bien, ton papa…Draco, je veux dire, il a quelque fois mis ses petits norteils de l'autre côté, et ton Tonton Blaise, et ton Tonton Théo aussi !

Elle a ouvert grand les yeux.

—Et Dumbledore, il a fait des trucs pas cool quand il était plus jeune. Et moi aussi, je suis pas 100% correct !

—Et Tonton Sev' ?

—Lui ? Il joue à la marelle sur la ligne ! Mais tu sais, ça veut rien dire…Il ne faut pas juger les gens comme ça, il faut que quelqu'un soit vraiment très loin du côté du Mal pour mériter de mourir…Puis, toute manière, y'avait une prophétie qui disait que Tonton Harry devait tuer Voldemort, alors il l'a fait, voilà.

—Ze comprends, mais, z'ai pas chanzé d'avis, ze vais quand même le tuer…

—Dis-moi qui c'est au moins.

—Dans l'oreille.

—D'accord.

Je me suis penché sur elle et elle m'a tout confié. En effet, je ne voyais aucun mal à tuer ce type, avec tous les dégâts qu'il avait causés…

—Très bien, je vais t'aider, si tu veux, je serai ta monture !

J'ai alors pris ma forme de chien et elle a grimpé sur mon dos. Je commençai ma course mais nous fûmes doublés par Cius, toujours sapé en geisha, qui semblait trop concentré sur quelque chose pour nous remarquer (et pourtant, une gamine pirate assise sur un énorme chien noir, ça passe pas inaperçu, avouez !). Il n'est pas allé bien loin, il est entré dans la boutique de cosmétique que je présente plus, et que j'espère bien qu'elle va fermer, parce que c'est honteux ce qu'ils y font !

Toujours en transportant Alita sur mon dos, j'ai emboîté le pas au Nippon écolo, avant de sentir à mes côtés la présence d'un félin.

—Cétté señorita est oun chico, Dit El Tigre, Mais qué fait-il ?

La voix de Cius nous éclaira :

—Arrêtez ça tout de suite ! Ce magasin est une honte : les produits sont testés sur des animaux !

Mon sang ne fit qu'un tour. En tant que représentant de la gent canine, j'étais écœuré qu'on puisse faire ça à un animal ! Je me rappelai un bref instant le strangulot dont Draco m'avait parlé, et qui selon le vendeur de la ménagerie viendrait de chez Aubin &Marie. En fait, je parierais bien que ces affreuses Vélanes dénuées de scrupules ont testé leurs baumes anti-vergeture sur lui, et c'est pour ça qu'il brille au soleil, à cause d'un effet secondaire !

—C'est qui ce travello ? Pépia une des donzelles.

—Je n'en sais rien les filles, mais si c'est un garçon, faisons-lui la peau !

Elles se sont mises à faire leurs trucs de Vélanes pour envoûter les hommes. Heureusement, ma forme de chien me préservait, mais j'ai du retenir El Tigre en mordant son mollet. Quant à Cius, il avait prévu le coup :

—J'ai mis des bouchons dans mes oreilles!Alors, c'est pas la peine !

—Tant pis pour toi, Dit une Vélane, Tu vas mourir !

On entendit des bruits de coups de becs, elles devaient le massacrer sous leur forme de piafs.

—J'avoue qu'un peu d'aide serait la bienvenue, Admit-il.

J'échangeai un regard avec El Tigre. Nous nous sommes compris, le matou et moi. Alita a susurré à mon oreille :

—Allons-y, Tonton Patmol !

On est entrés en trombe et El Tigre a récité son discours d'intro. La classe pour un félidé !

La suite, Arthur vous l'a très bien racontée. Alita a incendié la boutique avec le Fouet Ardent et j'en arrive directement au moment où Alita et moi sommes partis tous les deux, afin de commettre le meurtre promis.

Cela se déroula dans une ruelle sombre. Il était là, il nous attendait.

—Voyez-vous ça, Dit-il en affichant un rire mauvais, Mais c'est la petite Alita !

— André Cornichon ! Tu vas voir ta tronche à la sortie, pof' type ! Répliqua-t-elle, brandissant son arme improvisée.

—Voyons, Alita, tu ne peux pas gagner contre moi…tu sais bien qu'à chacune de nos rencontres, tu n'as dû ton salut qu'à l'intervention de P'pa et Pôpa…Que ferais-tu sans eux ? Tu es beaucoup trop petite pour y arriver toute seule !

—Ze suis pas petite !

—Waf waf !

—Non, Tonton Patmol, ze dois le faire toute seule.

Je lui léchai la joue en guise de soutien. Et je fis mes yeux de chien tout câlin.

—Ze me demande si ça existe, les brosses à dents pour chien ?

Ça, je sais pas comment je dois le prendre…

—Cette fois, ze vais te vaincre, André Cornichon !

—Avec une pelle à gâteau ?

—C'est une pelle à glace, abruti ! T'es vraiment un cornichon, André Cornichon !

—Alors comme ça, tu crois que tu peux me battre ? Ricana-t-il.

Elle s'avança vers lui, avec un air téméraire. André ne se laissa pas démonter et fondit sur elle tel un ptérodactyle psychotique.

—Je vais te manger, nyahahahahahahaha !

—Nan, c'est moi qui vais te manzer !

—Ah oui ?

—Vi. Paskeuh t'es une crème glacée !

—Quoi ?

Pouf !

Un phénomène magique avait eu lieu. André Cornichon s'est métamorphosé en coupe stracciatella géante. Je n'ai pas vraiment compris ce qui s'est passé, mais Alita a très solennellement planté sa pelle à glace dans la chantilly et a déclaré :

—Tu m'as avalée plusieurs fois, tu m'attendais, caché sous mon lit, tu m'attrapais par les pieds et tu m'avalais…Heureusement, P'pa et Pôpa m'ont touzours sauvée à temps, en te chatouillant le ventre pour que tu me vômisses…Mais auzourd'hui, c'est moi qui vais te manzer ! Na !

Elle a relèché la pelle, puis c'est resservie, et s'est mise en tâche de liquider la glace-André toute seule, furieuse, en s'en mettant partout dans les cheveux. J'ai voulu l'aider, à vrai dire, moi aussi je suis doué pour faire disparaître la glace, mais quelqu'un m'a retenu par la peau du cou.

—Sirius ! Me dit Sev', Je t'ai cherché partout, il faut enlever cette tique !

J'ai repris ma forme humaine.

—Severus…Tu as vu ça ? La petite, elle…

—Oui, j'ai vu, ne te préoccupes pas de ça, abaisse-toi, je vais te soigner…

Je lui obéis mais j'insistai :

—Je ne comprends pas trop comment elle a fait ça…

—Elle a vaincu sa peur, c'est tout. Ne bouge pas, s'il te plait.

—Mais…elle ne peut pas manger cette glace toute seule, elle va être malade !

—Non, je ne crois pas que ce genre de nourriture provoque des indigestions…

~oOo~

—Bizarrement, Poursuivit Sirius, Elle n'a eu aucun mal à terminer la coupe glacée, et incroyablement vite en plus ! Mais Severus m'a dit de ne pas y réfléchir, alors, j'imagine que c'est un truc métaphorique…

—Oui, surtout qu'André Cornichon n'existe pas.

Aussi bien Sirius qu'Alita ouvrirent des yeux horrifiés.

—C'est un personnage imaginaire, Expliqua Morcol, Un monstre qui vit sous le lit d'une petite-fille…Les enfants créent souvent ce genre de créatures…Pas vrai, docteur ?

—Oui, Confirma Hélium, Tout à fait.

—Mais…moi je l'ai vu aussi ! Gémit Sirius.

—C'est parce que vous avez toujours une âme d'enfant…André Cornichon, c'est comme le Père Noël, il n'existe pas !

—Quoi ? Le Père Noël aussi ?

—Arrêtez ! Supplia Molly en serrant Alita contre elle, Votre Honneur, sauf votre respect, ce n'est pas quelque chose à dire à une petite-fille !

Morcol s'adressa une dernière fois à Sirius qui semblait choqué de la révélation sur papa Noël :

—Vous avez encore quelque chose à ajouter, Mr Black ?

—Euh…ben, Severus et moi sommes restés avec Alita, jusqu'à ce que vos hommes viennent la chercher pour lui dire qu'on allait mettre ses papas en prison à cause des saloperies racontées par le toubib et ses horribles photos, et là, elle a dit toute fière qu'après avoir réussi un meurtre, c'était pas ça qui lui ferait peur, et c'est ainsi qu'elle s'est retrouvée elle aussi sur le banc des accusés…

—Merci, Mr Black. J'invite maintenant le jury à délibérer…Ramenez-moi une bonne mayonnaise maison!

oOoOOOoOo

—Alors, on ne va quand même pas mettre en prison une petite-fille parce qu'elle a tué un monstre qui vit dans sa tête ?

—Oui, pour elle, d'accord, mais les autres…les deux papas, par exemple…

—Je ne pense pas qu'ils soient tels que le doc les a décrits, la plupart des témoignages les présentent comme de charmants garçons très gentils avec leur petite fille…ils sont un peu extravagants, mais…

—Il y a les photos de Weasley…

—Elles ne sont pas si indécentes que ça. D'ailleurs je suis déçue, j'aurai aimé le voir nu…

—Moi aussi, j'en ferais bien mon quatre heure !

—Voyons, mesdames !

—Et pour les autres ?

—Ben, la mafia lupine, ils sont quand même en tort, ils n'avaient qu'à rester dans le magasin et laisser faire les vendeurs !

—Ouais, mais attendez, c'est quand même pas si grave !

—Le super-héros et la vieille au rouleau à pâtisserie ont bel et bien attaqué les gens du Ministère, eux…

—En revanche, moi, je suis convaincue que Zabini n'a rien copié, lui…

—Mais pour la Japonaise…euh, le Japonais, c'est vrai qu'il n'avait pas le droit de se déguiser…

—Vous ne croyez pas que cette loi est stupide ? On est quand même sur le Chemin de Traverse, on trouve de tout ici, et bien pire que des prostituées asiatiques…

—Ah non, les geishas ne sont pas des prostituées, contrairement à ce que certains occidentaux pensent, ce sont deux métiers totalement distincts !

—Si vous le dites…et pour le boucan qu'il a fait avec son instrument ?

—Et alors, c'est Rita Skeeter qui a porté plainte, mais si vous voulez mon avis, elle a fait bien pire niveau nuisance sonore, puisque c'est elle qui attisé la colère de la foule anti-Zabini !

La porte s'ouvrit. Tous les jurés restèrent bouche bée.

—Pr Dumbledore !

—Bonjour à tous. J'ai trouvé cette parodie de procès très divertissante, je dois dire.

—Mais…

—Je venais vous dire que cela ne servait à rien de délibérer certains des cas, car l'avenir est déjà fixé pour eux…

—Que voulez-vous dire ?

—Avez-vous fait attention au sujet du livre de Mr Zabini ?

—Et bien…

—C'est une histoire vraie. C'est l'histoire d'Alita, avec d'autres noms. En avril dernier, cette petite-fille est apparue à Poudlard de manière mystérieuse, je l'ai accueillie dans mon bureau et j'ai compris qu'elle venait du futur et qu'elle ignorait qu'elle avait voyagé dans le temps. Nous n'avons pas encore trouvé la solution pour la renvoyer chez elle, mais une chose est sûre: là d'où elle vient, elle est la fille de Ronald Weasley et de Draco Malfoy, et je vois mal comment elle peut l'être si Lucius Malfoy et Camille Hélium arrivent à leurs fins. Ce procès contre les deux garçons n'a donc absolument aucun sens. Et en même temps, l'innocence de Mr Zabini est également établie…

Tous étaient abasourdis.

—Elle…elle vient du futur ?

—Comme je vous le dit.

Ils s'entre-regardèrent : Dumbledore n'avait-il pas la réputation d'être légèrement fou ?

—Quant au meurtre d'André Cornichon, je peux aussi vous apporter un éclaircissement.

Le directeur fit apparaître ce qui semblait être une petite caisse en bois. Il l'ouvrit face à un juré qui laissa échapper une exclamation de frayeur.

—Un clown ! Hurla-t-il en fixant la créature qui sortait de la boîte en tirant la langue, Un clown ! J'ai peur des clowns, c'est la pire peur que j'aie au monde !

—Un épouvantard ! Déduit une autre jurée.

—Exacte, Confirma Dumbledore, Avez-vous oublié que c'est ainsi que les peurs se matérialisent ? Faut-il tous vous renvoyer étudier à Poudlard ?

—Je comprends, André Cornichon était cet épouvantard ! Et la gamine l'a transformé en crème glacée pour le ridiculiser ! Et ça explique pourquoi Black l'a vu aussi !

—Mais comment une si jeune sorcière a-t-elle pu réussir cet exploit ? De plus, ses prouesses en magie n'ont pas l'air au top du top, elle a quand même failli détruire le salon de ses grands-parents ce matin !

—C'est vrai, en plus, elle n'a pas prononcé «Ridiculus!», ne me dites pas qu'elle maîtrise les sortilèges informulés ?

—Bien sûr que non, Sourit Albus, Disons que Severus Rogue lui a donné un petit coup de pouce…

—Hein ? On peut faire ça pour l'épouvantard de quelqu'un d'autre ?

—En fait, il s'est placé à distance pour bouster la fibre magique en elle et faire une partie du travail à sa place, mais en ce qui concerne l'idée de la glace et le courage pour affronter la peur, elle l'a fait toute seule !

—Moi, je dis que ça se tient.

—Je vais vous laisser délibérer.

oOoOOOoOo

Morcol s'éclaircit à nouveau la gorge.

—Le jury m'a transmis son verdict, et les sentences ont été déterminées :

Accusés: Malfoy, Draco Lucius et Weasley, Ronald Bilius

Verdict : Non-coupables

Accusé: Mori, Cius Rinri

Verdict : coupable d'avoir mis du lait de soja dans mon café

Sentence : amende de trente noises en remboursement dudit café

Accusée: Prewett Weasley, Molly Moira

Verdict : coupable d'avoir frappé avec un rouleau à pâtisserie

Sentence : vous ferez des gâteaux pour tout le Ministère et votre mari nous les apportera en allant au boulot

Accusé: El Tigre

Verdict : coupable pour vos coups de griffes et votre fouet incendiaire

Sentence : vous paierez les frais de coiffeur de Miss Skeeter...il y a du boulot, je sais!

Accusé: Zabini, Blaise Pascal

Verdict : non-coupable

Accusés: Lupin, Remus John ; Tonks Lupin, Nymphadora Andromeda ; et Lupin, Ted Remus AKA «La mafia lupine»

Verdict : coupables de vol involontaire

Sentence : une demi-journée de travaux d'intérêt dans la magasin de jouets

Accusée: Malfoy Weasley, Alita Hermione

Verdict : coupable du vol d'une pelle à glace

Sentence : sera privée de dessert ce soir

—Vous êtes viré ! Cracha Lucius à Hélium avant de se lever avec le plus de dignité possible.

Le médecin resta cloué sur place, médusé, alors que dans l'ombre, Dumbledore commenta :

—Une parodie de procès ! Même le juge l'a compris.

oOoOOOoOo

Un peu plus loin, ils eurent la surprise de revoir un ami, un ami terrorisé par quelque chose.

—Neville ! Tu as vu le procès ?

—Salut, les mecs…Elle…elle est là ! Elle est de retour ! Gémit le malheureux Neville, traumatisé !

—Hein ?Qui ça?

Un cri retentit soudain :

—Au secours !

—C'est la voix de Cius !

Ils accoururent tous en provenance du cri, et découvrirent Mademoiselle Petrova, portant Cius sur son épaule comme un sac à patates, et arborant un sourire triomphant.

—Mon amourrrr, jé vé té raméner chez moi et puis nous allons nous marier !

—Non, je veux pas ! Protesta Cius, Emyyy !

—Merlin, mais d'où vient cette créature ? S'étrangla Molly.

—De Sibérie, il semblerait.

—Ou plutôt de Cimmérie, vous ne pensez pas ?

—Ah, moi, j'aurais dit les montagnes de Gorgoroth, dans le Mordor…

—C'est Mademoiselle Petrova, la nouvelle prof de Potions, Chuchota Harry.

—Petrova? S'étonna Emy...Sacha Vilen s'appelle en fait Petrova?

—Ou l'inverse, Dit Hermione.

—Elle a changé depuis tout à l'heure, Remarqua l'écrivaine, Elle n'était pas aussi massive avant...

—Waouh, beau bestiau, Commenta Manu, Pour la maîtriser, je suggère qu'on s'y prenne avec un lasso…

—Elle est amoureuse de Cius, donc ?

—Oui, Dit tristement Emy.

—Ça se voit qu'elle est amoureuse, Dit Neville : Elle a rasé sa moustache pour se faire belle…enfin, elle a essayé.

—Qu'est-ce qué vous faites là ? Beugla Petrova en reconnaissant une partie de ses anciens élèves.

—Professeur, s'il vous plait, reposez ce jeune-homme par terre, vous allez finir par le casser en deux!

—Cé vrrrai qu'il a pas l'airrr bien solide…il est tout maigrrrre ! Mais cé pas grrrave, chérrrrri, jé vais bien té nourrirrr avec dou borchtch et dé la chaclyk !

—Aucune chance, ma grande, Cria Manu, C'est un herbivore, il carbure à la salade de pissenlits, il en voudra jamais de tes brochettes russekoff !

—Monsieur, reposez tout de suite Cius par terre ! Dit Sirius en arrivant derrière Manu, accompagné de Severus.

—Alors, c'est elle ma remplaçante ? Fit ce dernier, d'un air intrigué.

—Severrrrous Rrrrogue ? Aboya le spécimen, Tou es lé prrrrofesseur Rrrrogue ?

—Lui-même.

—Tou es oun mauviette ! Les Potions, c'est oun affaire dé mouscles, c'est pas pour les mauviettes !

—Comment ça, de muscles ? J'ai une tête de Gryffondor ?

—Seeeev ! Maugréa Sirius.

—Excusez-moi, mais quelqu'un pourrait me sauver ? Se plaignit Cius.

—Moi, yé vais té sauver, mon pétit sushi ! Dit El Tigre.

—Je croyais que tu refusais de combattre contre une femme ?

—Petrova n'est pas oune señorita, c'est oun caballero ! Andale, andale, ahepa !

Le justicier masqué se jeta sur son adversaire et la saucissonna avec son fouet. Sous le coup, Petrova lâcha Cius qui tenta d'atterrir avec le plus de classe qu'il lui était possible avec des sandales de geisha aux pieds. Le fouet commença à fumer autour de la prof de Potions, mais usant de la force de ses gros bras, elle parvint à se libérer, des marques noires de brûlures étaient imprimées sur ses vêtements.

—On dirait qu'El Tigre a trouvé un adversaire un peu plus coriace…

Manu croisa les bras et observa la scène avec beaucoup d'attention, jaugeant le jeune latino masqué du regard. Celui-ci voulut assener un deuxième coup de fouet à Petrova, mais cette dernière attrapa le fouet au vol avec sa gigantesque paluche et tira afin de faire tomber le justicier. Ensuite, elle le souleva comme une athlète soulève des altères et le jeta violemment sur le sol. Alita plaqua ses mains sur sa bouche et les autres émirent des exclamations de stupeur.

—Ou la la, Gémit Ron, Fait attention, El Tigre, elle veut t'écraser sous son gros cul !

En effet, Petrova chargeait comme un bœuf, décidée à se jeter sur son adversaire pour l'aplatir comme un blini (2). Heureusement, il roula sur le côté et évita l'assaut, après de quoi il rebondit et se hissa sur ses épaules, car si elle avait l'avantage des muscles, il avait celui de l'agilité et de la rapidité. Elle tenta de se relever mais il lui planta ses griffes dans les omoplates, elle poussa un mugissement de rhinocéros blessé.

Ce corps à corps dura un petit moment jusqu'à ce que Manu intervienne en plantant son couteau rougeoyant dans le fessier de Petrova. En unissant leurs forces, les deux hommes parvinrent à la maîtriser. Une fois vaincue, elle resta affalée sur le sol à reprendre son souffle, alors que tous tâchaient de quitter les lieux au plus vite.

—Bien jouer mon garçon ! Dit Manu à son coéquipier du jour, Tu es jeune et tu manques un peu d'entraînement, mais tu as du potentiel !

—Gracias, señor.

—Il est vraiment chouette ton fouet, où tu l'as trouvé ?

—C'est oun secret.

—Ha ha ha ! Le sort que tu as mis dessus est pas mal, mais si tu veux que ça soit encore mieux, je peux te refiler l'adresse du mec qui a fait ça pour mon couteau, tu as de quoi écrire?

—Pas possible, Murmura Harry, Lui aussi il ne se rend pas compte que c'est Hal…

—Ça m'énerve aussi, Lui avoua Hermione, Mais au moins, ils s'entendent bien…

oOoOOOoOo

Un peu plus tard, tous se retrouvèrent pour fêter la fin du procès devant un tournée de Bièrreaubeurres au Chaudron Baveur.

—Tiens, tiens, qui voilà, Railla Harry, Hal ! Ça alors, mais tu as raté le procès ! Comment ça se fait ?

—Mais j'étais là…assis juste à côté d'Emy !

—C'est vrai, Confirma celle-ci.

—Elle ment, Maugréa le binoclard.

—Je sais, Soupira Hermione.

—Et pourquoi t'étais pas avec nous alors, quand on est sortis et qu'El Tigre a combattu Petrova ?

—C'est parce que je suis retourné chez les Lovegood pour aller chercher Neis, elle a fini de bouder !

—Salut ! Dit celle-ci avec un sourire faible.

—Wooo, gothopouffe, maricón, vous avez encore raté quelque chose !

—On s'en fout, gros débile ! Répliqua Neis.

—C'était une belle bagarre, Poursuivit Manu, Avec trois combattants très virils, pas un truc pour ces tarlouzes de danseurs de flamenco !

—J'en suis ravi, Dit Hal, Mais pour changer de sujet et parler de quelque chose de vraiment important : oh, Pelirrojo, il faut que je te le dise, tu es encore plus chaud que les fesses d'une Andalouse!

—Ah, euh…merci, Dit Ron.

—Tsst, mais quel maricón !

—Mais tu vas la fermer, toi ? Cabrón !

—El Tigre doit avoir ton âge, mais lui c'est un vrai mec, pas comme toi ! Moi, ce p'tit gars, ile me plait…

—Il te plait ? Alors, t'aimes les garçons !

—Pas vrai ! C'est toi qui aimes les garçons !

—Mais tu as dit qu'El Tigre te plaisait…

—Pas dans ce sens-là, il…je l'aime bien dans le sens…si j'avais un fils, j'aimerais que ça soit quelqu'un comme lui…

—Ça m'étonnerait que tu aies un fils, pour ça, il faudrait qu'une femme t'aime, et je ne vois pas laquelle, sur la planète entière, pourrait t'aimer…sauf si tu la paies évidemment !

—Dans ce cas, je suis peut-être ton père !

—Ma mère a changé de métier depuis longtemps, maintenant, elle fait du théâtre, c'est plus une pute, alors ta gueule !

—Quoi, t'es vraiment un hijo de puta? Moi, je plaisantais...

—Ils n'ont toujours pas capté ? S'étonna Hermione.

Harry haussa les épaules.

—Non.

Ils sentirent de grandes mains dans leurs dos. Ron se plaça entre eux et passa ses bras autour de leurs épaules.

—Et bien, tout va super bien, on dirait ! Dit-il avec un grand sourire.

Harry et Hermione acquiescèrent.

—Mais il reste une toute petite zone d'ombre dans cette histoire…

—Laquelle ?

—Et bien, Hermione…Que s'est-il vraiment passé dans la réserve du pharmacien avec Blaise ?

—Ouais, Le soutint Harry, Moi aussi, tu ne me l'as toujours pas dit !

—Il ne s'est rien passé !

Les deux garçons se rapprochaient d'elle, comme s'ils s'apprêtaient à la retenir si elle avait voulu s'enfuir.

—A d'autres !

—Mais puisque je vous dis que…

—Le simple fait que tu fasses autant de mystères nous renseigne déjà bien sur la nature de la scène…

—Arrêtez tout de suite ou je…

Une main aux ongles peints en noir l'interrompit, la main de Neis, lui tendant un petit comprimé.

—Tiens, Dit-elle.

—Qu'est-ce que c'est ? De l'ecstasy ?

—Mais non ! Tu vois le mal partout ! C'est une pilule du lendemain ! Blaise n'arrête pas de culpabiliser parce que vous n'avez pas utilisé de capote !

Hermione rougit à la vitesse VV'. Harry triompha.

—Et bien voilà une preuve ! Jubila-t-il.

—Comment ça, sans capote ? S'emporta Ron, T'es inconsciente ou quoi ?

—Dis donc, toi, Fit Harry, Ça te réussit, la paternité, que tu deviens plus responsable ?

—Tu te promènes avec des pilules du lendemain ? S'étonna Hermione en regardant Neis.

—Et bien, je suis peut-être une « adolescente stupide », Répliqua-t-elle en mimant les guillemets avec ses doigts, Mais ça ne veut pas dire que je n'ai rien dans la tête ! Je t'aurais bien refilé des préservatifs aussi, mais j'en n'ai pas ici…attends…Hal ?

—Oui, mon petit rossignol de Californie ?

—T'aurais pas des capotes pour Miss Je-Sais-Tout ?

—Attends…

Pendant que Hal fouillait ses poches, Hermione sembla se liquéfié sur place.

—Voilà, des capotes parfumées…il y a Chocogrenouille, Patacitrouille…et mes préférées, les Suçacides !

—Euh…je ne sais pas trop si…

—En plus, ce sont des capotes ajustables : elles sont enchantées pour s'adapter à toutes les tailles, c'est méga-pratique ! Allez, prends-en une pleine poignée, jolie brune !

Devant l'absence de réaction d'Hermione, il lui prit les mains pour y laisser les préservatifs.

—Qu'est-ce qu'on dit ? Susurra Neis, «Merci Hal!»

—Merci Hal…

Neis sembla satisfaite et alla s'occuper à regarder Tonks d'un air béat.

—Là, je me sens ridicule, Dit Hermione.

—Meuhnon ! La rassura Ron, Le seul qui devrait se sentir ridicule ici, c'est Harry, parce que c'est le seul qui soit encore puceau!

—Qu'est-ce que t'en sais ? Répliqua Harry en s'empourprant.

—Ah, parce que tu aurais fait l'amour à ma sœur sans me l'avoir dit?

—En fait euh….non, mais, j'ai pas de compte à te rendre!

—Je crois que je vais t'en donner aussi, amigo, Dit Hal en offrant quelques préservatifs à Harry, On ne sait jamais…

—Euh…Je peux aussi en avoir? Demanda Ron.

—Mais toi, tu ne risques pas de mettre Draco enceint!

—Ouais, mais j'adore le goût des Patacitrouilles…

Harry et Hermione échangèrent un regard dégoûté.

—J'ai rien entendu!

—Moi non plus!


(1) Nan, je déconne, ça suffit la mise en abîme! Et puis, vous connaissez déjà cette histoire.

(2) Crêpe russe garnie de caviar