Salut, ça faisait longtemps, hein? J'imagine qu'après un triple-chapitre dont chaque partie dépassait les 10 000 mots, un petit 8000 et des poussières ça fait peu, hein?
Avant d'entamer la dernière ligne droite, voici quelques chapitres un peu plus calmes, pour digérer...Bonne lecture!
Chapitre vingt-huit : La meilleure pizza du monde
Lucius n'était pas rentré au Manoir après le procès.
Quant à Camille Hélium, il l'avait viré et tous pensaient qu'ils ne reverraient plus jamais le Psychomage, ce pourquoi ils se trompaient, ils allaient le rencontrer à nouveau, un peu avant la conclusion de cette histoire.
Mais n'anticipons pas trop, quelques évènements doivent encore se produire avant que nous en arrivions là, par exemple, Luna va rencontrer son « moi » du futur, Neis va cuisiner de la choucroute, Narcissa va devenir adultère, Harry va apprendre le flamenco, Hermione tombera enceinte et Alita révélera à tout le monde qu'elle a un frère jumeau…
D'accord, je l'admets, toutes ces affirmations sont fausses (sauf une).
En attendant, nous retrouvons les quatre ASHEs (qui ne savaient toujours pas pourquoi ils s'appelaient comme ça) dans le salon du Manoir déserté par le maître des lieux, prêts à entamer leur première répétition à quatre.
Enfin, si on pouvait appeler ça une répétition:
—Proverbe espagnol du jour : « Ne fume pas de tabac, tu n'as que deux poumons…Fume de la marijuana, des neurones, t'en as des millions ! »...Aïe ! Mais euh, Cius m'a tapé !
—Baka ! (1)
—Hal, aurais-tu oublié que Cius avait déjà eu une expérience avec la marijuana et que ça ne le fait pas du tout rire ? Rappela Neis en fronçant les sourcils.
—Oh…Lo-siento-gomenasai !
—Je vous préviens, tous les trois ! Dit Cius avec un air d'instituteur s'adressant à des enfants indisciplinés, Je sais bien que nous sommes un groupe de rock, que nous prendrons un jour l'habitude de partir en tournée dans une ambiance sex, drug & rock'n'roll, mais je vous jure que si j'en chope un avec un joint dans le bec, je lui fait bouffer ses sous-vêtements !
—Bah, moi, tu sais, Dit Ron d'un air grivois, Dans cette trilogie, c'est pas la drogue qui m'intéresse le plus, mais le sexe !
—Remarque, Pelirrojo, il a seulement interdit les joints, il n'a rien dit sur la coca…aïe !
—Baka !
—Mais je plaisantais, arrête de me frapper !
—Arrête de te plaindre, Dit Neis, Ça ne fait pas si mal, il te frappe avec une de ses baguettes de batteur...
—C'est qu'il y en a qui sont à battre, ici, Dit Cius en regardant Hal d'un air faussement méchant.
—Sauf que ce n'est pas une baguette de batteur, Remarqua Ron.
—Quoi ?
—Ouais, c'est une de celles que tu utilises pour manger…
—Alors, t'aimes tellement manger avec des baguettes que tu en as une paire en permanence sur toi ? Demanda Neis alors que Cius écarquillait les yeux, constatant son erreur.
—Ben non, Répliqua Ron, Tu te balades avec une fourchette dans ta poche, toi ?
—Attendez, Reprit Cius, Comment j'ai fait pour confondre une baguette de batteur avec une baguette pour manger?
—Ça doit être les raviolis jap' que tu as mangés ce midi, Dit Ron, Rappelle-toi, tu avais posé le bol près de ta batterie…Et tu t'es emmêlé les baguettes !
—Ah ouais…ben merde alors, j'ai mangé avec mes instruments et je m'apprêtais à jouer avec des couverts…jetables, qui plus est, ce qui signifie que je les ai balancés à la poubelle !
—Ow, pas cool…
—Tu es distrait aujourd'hui…
—Aurais-tu fumé un…aïe ! Mais euh!
—T'as gagné, Hal ! J'ai décidé que quand nous partirons en tournée, on prendra Mamie Machaca avec nous pour qu'elle garde un œil sur notre cher petit bassiste !
—Abuela ? Ah non, par pitié, espèce de sadique du Soleil Levant!
Cius voulut rouler des yeux, mais même ça, il n'eut pas le temps de le faire, car un cri strident déchira le calme du Manoir.
—Hiiiiiiiiiiiiiii ! Au secooouuuurrrrs !
—C'est la mère de Draco, Dit Ron.
Sans trop se consulter du regard, ils se levèrent pour se porter au secours de Narcissa, dont ils identifièrent la source des cris dans sa salle-de-bain. Les trois garçons partirent en tête, mais Neis avisa un hibou frappant son bec contre la fenêtre et fit demi-tour pour aller lui ouvrir.
La lettre était à son nom.
Ron, Hal et Cius découvrirent Narcissa nue dans son bain, attaquée par ce qui ressemblait à un énorme tas d'algues humides et visqueuses qui occupaient la moitié de la baignoire et s'enroulaient autour d'elle, manquant de lui maintenir la tête sous l'eau savonneuse.
—Ça ressemble beaucoup à la plante carnivore qui avait attaqué Emy, Murmura Cius, Sauf que c'est une version aquatique…
Il réfléchit à toute vitesse sur ce qu'il fallait faire. Il jeta un regard à ses deux collègues, qui sur le moment ne paraissaient pas en état de l'aider, l'un se cachant les yeux parce que « Merlin, j'ai vu ma belle-mère à poil… » et l'autre en train de baver parce que « Faut dire que ce sont de sacré beaux nichons qu'elle a, la mère du blondinet ! ».
Le jeune Nippon réagit au plus vite et sauta dans la baignoire, menaçant la plante de sa baguette. Après tout, s'il avait réussi à sauver Emy, ici, la situation n'était pas bien différente.
A une exception près…
— Cius, Dit Ron en prenant soin de ne pas regarder Narcissa, Ce n'est pas ta baguette !
—Quoi ?
— Oui, ce que tu as en main, ce n'est pas ta baguette magique, c'est une baguette de batteur…
—Hein ?
—Ben ouais, maintenant que j'y pense, tu avais aussi réchauffé ton plat avec un sortilège, et tu as donc mélangé les cinq baguettes…
Cius avala sa salive avec difficulté en constatant que le rouquin avait raison.
—Mais alors…ma baguette magique, où est-elle ?
—Par déductions, je dirais dans la poubelle…
La baguette de batteur tomba dans le bain et l'algue s'enroula autour des poignets et des chevilles de Cius, puis autour de son corps entier. Ron intervint et tenta de couper les tiges avec sa propre baguette, pendant que Hal libérait Narcissa. Les deux garçons se retrouvèrent dans la baignoire (qui commençait à manquer sérieusement d'espace, et si Narcissa n'était pas en danger, elle aurait sans doute apprécié…), combattant l'algue monstrueuse, de l'eau jusqu'aux chevilles, les sortilèges fusant pour entailler les tiges.
La plante prenait de plus en plus de place et un craquement métallique retentit : le trou d'évacuation des eaux usées venait de céder et la baignoire se marbrait de fêlures qui se faufilaient en étoile. L'algue émergeait de là, plus épaisse, plus volumineuse, et plus hargneuse. Plusieurs tuyaux de la canalisation explosèrent, provoquant des jets d'eau pour compléter le tableau.
Cius fut rapidement enfoui entre les tiges et les feuilles ruisselantes d'eau et d'odeur de sel marin. Ron tenta de le rattraper, les cheveux dégoulinants et les vêtements trempés, baguette à la main. Il recula et le bas de sa jambe heurta le rebord du bassin : Hal et Narcissa n'y étaient plus, en jetant un regard par-dessus son épaule, il les vit sains et sauf sur la carpette en mousse.
Avalant une gorgée de salive, Ron resserra l'étreinte de sa main sur sa baguette et pointa celle-ci au cœur du nœud d'algues, il lança un sort énergique qui eut pour effet de repousser son ennemi végétal qui, comme s'il était animé d'intelligence propre, battit en retraite et s'en retourna dans son trou : toutes les tiges et feuillent reculèrent comme si elles décroissaient et s'engouffrèrent dans la canalisation pour se tenir hors de portée du rouquin.
Et elles emmenèrent Cius avec elles.
Ron resta un instant subjugué, alors que les tuyaux fuyaient comme des geysers autour de lui. Il ne réagit que quand Hal les répara avec un sort rapide, une Narcissa nue et terrifiée accrochée à lui.
—C'é…c'était quoi ? Murmura-t-elle, J'étais…j'étais dans mon bain et…et soudain, le bouchon s'est soulevé, et cette chose est sortie du trou et…
—Cuis a été kidnappé par une algue monstrueuse ! S'exclama Ron.
—Je savais bien qu'un jour les plantes se vengeraient des végétariens, Dit Hal avec grand sérieux, C'est pareil que les animaux qui se vengent des carnivores qui les mangent…C'est comme l'histoire de ce Madrilène qu'on a retrouvé entièrement frit dans de l'huile d'olive…le coupable n'était autre qu'un poulet géant qui voulait sa revanche !
Ron le regarda incrédule.
—Mais…Cius, qu'est-ce qu'on fait pour lui, Pelirrojo ?
Ron respira un grand coup et puis sourit :
—Et bien, il n'y a qu'une chose à faire : sauter dans le trou et aller le chercher ! Tu viens avec moi ?
—Dans les égouts ?
—Oui, je sais, c'est franchement dégueu, mais bon…
—Ça risque d'être dangereux ?
—Sans doute !
—Dans ce cas, bien entendu que je viens avec toi ! Plutôt deux fois qu'une !
—T'as l'air enthousiaste, t'es sûr de toi ?
—Ouais…tu sais…tu m'as raconté tout ce que tu as fait avec Gary et Hermione…les échiquiers géants, les Trolls, les détraqueurs, les basilics, les Reliques de la Mort, et les bastons avec les Mangemorts…Moi, je n'ai connu jamais rien de tout ça, je ne dis pas que jusqu'ici ma vie a été ennuyante, mais toutes les aventures que j'ai vécues étaient d'ordre sexuel ! Alors, j'ai trop envie de partir avec toi dans un trou sombre où on ne sait pas exactement sur quoi on va tomber…Et puis, il est pas question que tu y ailles tout seul, j'ai pas envie que tu sois en danger et que moi je ne sois pas là pour toi !
Narcissa les regardait interloquée, Hal se détacha d'elle et rejoignit Ron dans la baignoire où l'algue avait laissé des traces bleues qui rappelaient vaguement quelque chose.
—Allez, Pelirrojo, on y va, j'ai très envie d'explorer de nouvelles choses avec toi !
—Tu te rends comptes de tes doubles sens ?
oOoOOOoOo
—Tu sais, Hal, quand je parlais de « sauter dans le trou », c'était pas vraiment à prendre au sens littéral, je pensais en fait à descendre en rappel ou un truc dans le genre, histoire de ne pas se casser une patte…Tu n'étais pas obligé de m'attraper par la main pour ensuite sauter à pieds joints et m'emporter dans ta chute…une chance qu'il n'y avait pas deux mètres avant le premier coude en angle droit du tuyau !
—Oui, mais le toboggan après, c'était marrant, hein ? Sauf que maintenant, ça ne sent pas très bon…
—C'est les égouts…Lumos !
—Lumos !
Ils commencèrent à marcher, scrutant les entrailles des canalisations du manoir. Ron s'arrêta.
—On patauge dans la flotte…
—Et ?
—Regarde…éclaire-la avec ta baguette…
—De la flotte bleue…euh…pourquoi elle est bleue ?
—C'est ce que je me demande.
—Oui, et puis, il y a cette odeur.
—Je ne sens rien à part la puanteur tout à fait normale dans un endroit pareil…
—Non, il y a autre chose, tu ne sens pas ?
Ron respira un grand coup et manqua de vomir, agressé par les fragrances méthanoïdes des égouts.
—Il y a une odeur de sel marin, Dit Hal, Un peu comme à la plage…un peu comme…cette algue…
—Ton odorat doit être plus fin que le mien.
—Je crois que ça vient de par là, viens…
Hal prit Ron par l'épaule et le dirigea vers un angle du conduit. Le rouquin eut une sensation étrange, songeant au fait que c'était la première fois qu'il se retrouvait seul avec Hal depuis son départ d'Azúcar Culebra, depuis le jour où il l'avait embrassé…Depuis, ils ne s'étaient plus vus pendant plus d'un mois et même après le procès, il y avait toujours eu au moins une tierce personne avec eux. Et puis, depuis le temps, il était finalement tombé amoureux de Draco. Ron avait changé, mais pas Hal, lui avait toujours son attitude quelque peu « câline ».
—Tu sais, Dit-il, Si j'essaie de m'imaginer que tu te conduis avec Draco comme tu te conduis avec moi, et bien…
—Oui ?
—Je crois que je te détesterais.
—Tu me détesterais ?
—L'amour et la jalousie, ça fait des ravages…et ce n'est même pas ma première expérience en la matière, je pourrais t'en raconter de belles datant de l'époque « Hermione »…
—Donc, tu en es maintenant sûr, que tu aimes Draco ?
—Oui. Quand je lui fais l'amour, je ne peux plus en douter.
—C'est super ! Je suis content pour vous.
—Si c'est vrai, tu es un ange.
—Pourquoi ?
—Et bien…parce que toi et moi, on …mais, justement…qui es-tu exactement pour moi, Hal ? Et moi, qui je suis pour toi ?
—Ben…
—Tu n'es pas Draco, et tu n'es pas Harry, ni l'homme de ma vie ni le meilleur ami que j'aie sur Terre…tu es…entre les deux…
—Je suis unique en mon genre, je sais !
Un bruit les interrompit. Ron plaça instinctivement son bras devant Hal pour le faire reculer.
—Cius ?
Pas de réponse.
—Cius, c'est toi ?
—Attends ! J'ai une méthode imparable pour vérifier si c'est lui : le mot magique, c'est…marijuana !
—Baka !
—Tu vois, c'est lui ?
—Il est dans cette direction !
—L'odeur bizarre est plus forte par là !
—Et l'eau est encore plus bleue…on dirait presque du curaçao…
—Si ça se trouve, il est en train de se faire manger par une plante carnivore !
—Il va falloir être prudents…
—Pelirrojo, je voulais te dire…toi aussi t'es unique en ton genre !
—On y va !
Baguette levée, ils avancèrent et tournèrent un nouvel angle.
Dès qu'il fut éclairé, Cius afficha l'air surpris d'un lièvre agressé par les phares d'une voiture alors qu'il traversait la route.
—T'es en vie !
—Mais qu'est-ce que tu fais ?
L'algue était là, encore plus grosse qu'avant, on pouvait supposer qu'elle était complète, qu'elle avait pris racine à cet endroit précis et envoyait ses tiges remonter les canalisations. Elle détenait toujours Cius, qui cependant n'avait pas l'air inquiet, il était même en train de caresser une feuille avec un air compatissant.
—J'essaie de la comprendre, Expliqua-t-il, Cette pauvre chose a probablement attaqué parce qu'elle est elle-même agressée par je-ne-sais-quoi…Regardez, là, ces taches blanches…elle est malade, ou alors, elle a un parasite !
—Tu ferais mieux de t'inquiéter pour toi, Dit Ron.
—Non attends, elle ne doit pas être si méchante !
Mais Ron levait déjà sa baguette.
—Laisse-moi au moins te libérer !
Il s'avança et s'apprêta à lancer un sort idoine, mais il trébucha sur une tige mal placée et tomba la tête la première dans l'eau bleue.
Et c'est à cet instant qu'il comprit.
Le visage plongé dans l'eau parfumée, des images mentales lui vinrent de manière très naturelle : il était dans l'océan, par une journée chaude et aux airs de vacances, il sentait l'effet du sel sur sa peau, l'odeur marine, il croyait même entendre des mouettes…
Il se releva et dégagea quelques mèches ruisselantes.
—Je sais ! Annonça-t-il d'un air réjoui.
—De quoi ?
—Aubin & Marie !
—La boutique ? S'étonna Cius, guère enthousiaste au souvenir du commerce de cosmétiques.
—Oui, leurs balistiques pour le bain !
—Dire qu'il y en a une fabriquée en Espagne ! Dit Hal, outré, Quelle mauvaise pub !
—Ah oui, les balistiques « Soleil », mais moi je faisais plutôt référence à une autre sorte, les balistiques « Océan », j'en ai utilisé une le jour de mon arrivée au Manoir…elles sont bleues —comme cette eau—, elles ont un parfum salé —idem—, et elles avaient, collées à leur surface, devinez quoi…des algues !
—De quoi ?
—Oui, des petites algues noires lyophilisées, quand on mettait la balistique dans l'eau du bain, elles se gorgeaient d'eau…mais…je croyais quand même qu'elles étaient mortes…
Cius caressa à nouveau la plante.
—Je vois, Dit-il, Cette bande de crétins ne sont même pas soigneux : ils les ont mal nettoyées et ont malencontreusement laissé des semences dans une de leurs balistiques, et une fois que cela a été évacué avec l'eau dans la canalisation, elle a germé et s'apprêtait à…
—Envahir toute la plomberie du Manoir ! Compléta Ron.
—Et accessoirement, attaquer les gens dans leur bain…ou aux toilettes, Termina Hal.
—Ou même les éviers ! C'est un peu inquiétant, non ?
—Oui, mais…
—Désolé, Cius, mais on va devoir tuer ta nouvelle copine !
—Mais…
—Allez, et puis, si elle est malade, dis-toi qu'on abrège ses souffrances !
—Non, attendez !
Mais c'était trop tard, Hal et Ron ayant repéré l'endroit exact où se situait la racine, ils la décalièrent sans faire d'histoire. Cius fut alors libéré et glissa hors de l'étreinte des algues.
—Encore une fois, désolés…
—Non, ça ira…Je suppose que c'était pas le bon endroit pour elle…mais je vais quand même en prélever…
—Quoi ?
Cius se baissa vers la plante défunte et en ramassa un bouquet sur lequel les spores étaient visibles. Il le fourra dans sa poche.
—T'es dingue, toi ?
—Je montrerai ça à un botaniste.
—Bon, maintenant, il faut sortir d'ici.
—Euh…comptez pas sur moi, Dit Ron, Il paraît que mon sens de l'orientation n'est pas très valable !
—T'inquiète, Pelirrojo…En tous cas, moi je dis que la marijuana, c'est moins dangereux que cette algue démoniaque !
—Baka !
oOoOOOoOo
—Je suis face à un cas de conscience, Dit Draco.
—Ah bon ?
—Oui : j'ai très envie que Potter finisse écrasé contre le mur comme un pancake…Mais d'un autre côté, il a invité Alita à monter sur son balai, je ne peux donc décemment pas souhaiter cela…
—Tu ne t'entends pas bien avec Harry, hein ? Dit Emy.
Ils étaient tous dans le jardin, à prendre le thé. Harry avait sorti son cher Eclair de Feu et emmenait Alita se promener dans les airs avec lui. Autant dire qu'elle adorait.
—Pourtant, Continua l'écrivaine, Tu détestais Ron aussi au début…
—Ce n'est pas pareil, je le détestais pour des raisons essentiellement héritées de nos pères, mais tellement profondément ancrées en nous qu'on ne pensait même pas à les remettre en question, elles allaient de soi, et voilà tout. Mais cela signifie que c'est le genre de haine irrationnelle qu'on peut soigner, si on fait des efforts, si on réfléchit avec nos neurones et non avec nos tripes pleines de hargne…Potter et Granger, c'est pas la même chose : nous avons des personnalités incompatibles, tout simplement, même revoir mon jugement sur les Nés-Moldus ne me fera pas apprécier Granger, et avoir compris la vérité à propos de Voldemort ne me permet pas de pouvoir cadrer Potter. L'air de rien, Ron a toujours été mon préféré sur les trois. Alors que les deux autres…j'arrive juste à les supporter, mais je jure que ça me ferait vraiment plaisir que Potter finisse comme un pancake sur le mur !
Emy sourit. Au moins, il était honnête.
—Toi, tu as l'air préoccupée par autre chose, Dit Draco à la romancière.
—Oui, Dit-elle avant d'avaler une gorgée de thé, C'est cette Sacha Vilen/Mademoiselle Petrova, il y a quelque chose de bizarre avec elle.
A l'évocation de la professeure de Potions, Hermione tourna la tête vers eux.
—Petrova ? Et donc, tu trouves qu'elle avait physiquement changé ?
—Oui, Répondit Emy, Quand elle nous a attaqué dans la librairie, elle était plus mince, plus…féminine, moins imposante, moins musclée…mais après le procès, on aurait dit qu'elle venait d'absorber trois tonnes d'anabolisants…Et puis, quand j'ai appris qu'elle était d'origine russe, j'ai été surprise.
—Pourquoi ?
—Parce que selon les règles de syntaxe slave, une femme porte toujours le patronyme de son père accompagné d'une terminaison en « a », par exemple, la fille de Monsieur Dmitriov s'appelle Dmitriova. Donc, Petrova, ça va, mais Sacha Vilen…ça devrait être Vilena.
Hermione ouvrit grand les yeux.
—Et Sacha, c'est un prénom mixte, Remarqua Draco.
Silence.
—Et bien Conclut Hermione, Le sexe de cette personne est toujours un mystère !
—Contrairement à celui de Blaise que tu connais maintenant par chœur, hein ?
Hermione réagit tellement vite que Draco n'eut pas le temps de voir le scone qu'elle jeta dans sa direction et se le ramassa en pleine figure. Quand il eut finit de s'essuyer avec une serviette en papier, Neis était arrivée d'un air réjoui :
—Hep ! Devinez qui va partir au Japon ? Exulta-t-elle.
—Moi et Cius, Dit Emy d'une voix monocorde.
—Oui, mais, je veux dire, en plus de vous deux.
—Toi ? Dit patiemment Hermione.
—Oui ! Je viens de recevoir une lettre de ma correspondante Vietnamienne, Nao, et elle m'invite à passer quelques semaines au Japon.
—Ta correspondante ?
—C'est juste, Dit Luna, Quand Théo est allé la chercher pour l'amener chez moi, elle était en train d'essayer de joindre Nao, mais ne savait pas comment s'y prendre à cause des Portoloins bloqués.
—Oui, Dit Neis, Les Portoloins…j'avais oublié ça…C'est trop bête, maintenant que c'est elle-même qui m'y invite…
—Simple question, Dit Draco, Si elle est Vietnamienne, pourquoi elle t'invite dans un autre pays ?
—Sans doute parce que c'est un échange scolaire, Dit Emy en regardant Neis pour avoir confirmation, Or, certains pays n'ont pas leur propre école de magie et les jeunes sorciers doivent rejoindre celle qui est la plus proche…
—Ah ouais, c'est vrai, Se rappela Draco, Quand mon père voulait m'envoyer à Durmstrang, il m'avait dit que je devais apprendre, soit l'allemand, soit le russe, car il y avait plusieurs nationalités qui s'y côtoyaient que c'étaient les deux langues désignées pour les cours…J'imagine qu'on y trouve des Teutons, des Slaves, des Scandinaves…
—Oui, Dit Emy, Et à l'inverse, certains pays ont plusieurs écoles. Moi, par exemples, si je suis née au Japon et que j'y suis retournée à mes vingt ans, ma famille a beaucoup voyagé et c'était aux Etats-Unis que j'ai fait mes études, mais sans doute pas dans la même école que Neis…
Elle leva les yeux vers ladite Neis :
—Je suis à la CSW, la Californian School of Witchcraft.
—Et moi j'étais à New-York, Continua la romancière, Et pour en revenir à cette Nao, il n'y a pas d'école de magie au Vietnam, l'Asie en compte quatre : deux en Chine, une en Inde, et une au Japon.
—Moi, je ne suis pas allé à l'école, Dit Manu, assis dans l'herbe, bien que tout le monde s'en fichait.
—C'est vrai, Dit Neis, Nao étudie au Japon, sa famille était suffisamment riche pour l'y envoyer…mais, dites, vous pensez qu'elle a pu y côtoyer Cius ? Même s'ils ont plusieurs années de différences ?
—Demande-lui, il est juste derrière toi.
Cius, Hal et Ron, de retour de leur expédition, se tenaient près d'eux. Ils étaient trempés et parfumés aux fragrances « Algues et égouts ».
—Salut, les plombiers sexys sont de retour ! Dit joyeusement Hal.
— D'où sortez-vous ? Fit Hermione en mettant les mains sur les hanches.
—D'après l'odeur, je dirais le trou-du-cul d'un Troll, Commenta Manu.
—C'est un peu long à expliquer, Dit Cius, Mais vous parliez de…
—Neis, va aller au Japon, voir sa correspondante…
—Tu as une correspondante ?
—Abuela aussi en avait une, Dit Hal.
—Ma mère aussi, Dit Manu, Je l'ai vue en photo, une fois, cette fille était vraiment moche, avec son gros pif…
C'était une chance que Severus ne se trouvait pas là, car il était aussi doué qu'Hermione au lancer de scones.
Harry venait d'atterrir avec Alita.
—Neis va au Japon ?
—Quoi ? C'est pas zuste ! Pourquoi c'est la grosse truie qui va au Zapon et pas moi ?
—Dis-donc, qui tu traites de « grosse truie », espèce de Lilliputienne ?
Bien que Neis n'ait pas la moindre idée de la source de sa mésentente avec Alita, cette dernière avait trouvé le moyen de s'attirer les foudres de la chanteuse peu de temps après leur rencontre.
—J'ai une idée, Dit Ron, Et si nous y allions tous, au Japon ?
Tout le monde le regarda étonné.
—Ouais…Neis va rejoindre sa copine, Cius et Emy doivent retourner chez eux…alors, pourquoi on n'irait pas tous avec eux ? Moi, Draco, Alita, Hal, Harry, Hermione, Blaise, Ginny, Théodore, Luna…Et même Sirius, Remus, Tonks et Rogue! Tous! Et aussi Manu, puisque de toutes façons, il a l'habitude de voyager...
Nouveaux regards étonnés.
—Quoi ? Vous n'approuvez pas ? Enfin, je disais ça comme ça…
—C'est que…Il faut qu'on y réfléchisse, Commença Draco.
Mais à ce moment-là, Alita avait déjà approuvé l'idée et regardait Draco avec des yeux mielleux.
—Steuuuuplaiiiiit !
—Mais…et les Portoloins ?
oOoOOOoOo
Tomber amoureux de Ron Weasley n'empêchait pas de penser que celui-ci pouvait être idiot par moment. Draco se fit cette réflexion alors qu'il préparait le dîner. Allez au Japon comme ça ? Mais qu'avait-il dans la tête ? Les Portoloins, bon sang, les Portoloins !
Et puis, ce n'était peut-être pas le moment de partir à l'étranger. Lucius parti, le problème du logement était réglé, ils pouvaient rester au Manoir encore un peu. Mais il restait encore trop de zones d'ombre dans cette histoire pour s'en aller à l'aventure une nouvelle fois. Tellement de questions n'avaient pas encore trouvé de réponses, et ils les avaient trop longtemps laissées de côté pour jouer au chat et à la souris qui tombent amoureux.
Ils ne savaient toujours pas d'où venait Alita, pour commencer, aussi bête que cela puisse paraître, ils n'étaient pas parvenu à lui soutirer cette information, puisqu'aucune conversation s'y était prêtée jusqu'ici. Ils ne savaient pas non plus comment la renvoyer dans son époque. Hermione avait trouvé le Réceptacle, mais pas le Sablier, et elle ne savait pas comment tout cela fonctionnait. Combien de temps arriveraient-ils encore à tromper Alita comme ça ?
Ensuite, il y avait tous ces gens qu'ils avaient rencontrés depuis le début de cette aventure, ces gens avec leurs propres histoires et leurs propres mystères…Eux aussi pouvaient se montrer pleins de révélations à tous moments et Draco avoua ne pas les connaître si bien que ça. Il connaissait l'œuvre d'Emy par chœur, mais Emy la romancière et Emy la femme de chair et de sang n'étaient pas la même personne. Et elle sortait avec Cius, qui se retrouvait batteur dans le groupe de Ron sans l'avoir demandé. Et ça voulait dire quoi « ASHEs » au juste ? Qu'avait vécu Cius avant des les rencontrer, avant de devenir ce qu'il était, un écolo végétarien piercé qui boit du thé et qui sort avec l'écrivaine la plus tordue du monde sorcier ? Et Hal ? Celui-là, c'était à peine s'il savait qui étaient Harry et Voldemort, il avait hiberné pendant la guerre ou quoi ? Et pourquoi sa grand-mère louait-elle des bungalows reliés entre eux par des passages secrets ? Ensuite, il y avait Satin, l'ex-prostituée reconvertie en comédienne, si elle était Anglaise, que faisait-elle en Espagne ? Comment était-elle devenue amie avec Evelina Clara, une femme brillante et diplômée ? Dans quelles circonstances Manu et Satin avaient-ils conçu Hal (enfin, ce n'était peut-être pas si mystérieux, ça…) ? Pourquoi Manu avait-il disparu de chez lui, laissant Rocío seule ? Et en parlant de Rocío, et d'Eileen Prince, et de Neis et Nao, pourquoi n'y avait-il plus ce système d'échanges scolaires à Poudlard ? Et cette Petrova, tant qu'on y était, d'où venait-elle, à quel sexe appartenait-elle à la fin, pourquoi avait-elle deux noms, et pourquoi était-elle venue enseigner à Poudlard ?
Et si tous ces gens étaient liés entre eux par une curieuse affaire, hein ?
Et Dumbledore ? C'était lui qui les avaient envoyés en Espagne, qui avait jeté des espions sur leurs talons, et Draco l'avait brièvement aperçu après le procès…Mais qu'est-ce qu'il pouvait bien mijoter encore ?
Et pourquoi Lucius avait-il prit la poudre d'escampette ? Et Hélium ?
Et Luna et Théo, et la lettre envoyée par Alita, qu'est-ce que cela pouvait bien cacher ?
Et, last but not least, la pire question de toute, la plus insoutenable…
Pourquoi cet abruti d'Espingouin tournait-il autour de mon Ron, nom d'un gobelin en tutu rose ?
Sous le coup de la colère, Draco serra tellement fort son poing sur l'œuf qu'il tenait en main qu'il l'écrasa avec hargne, en faisant gicler partout.
—Je ne m'y connais pas très bien en cuisine, mais je ne crois pas que ça soit ainsi qu'on fasse, Dit une voix derrière lui.
Il se retourna et son visage se détendit.
—Que se passe-t-il ? Dit Narcissa en avançant vers lui.
—Rien…Je peux faire quelque chose pour toi ?
Draco se rappelait que sa mère ne venait pas souvent dans la cuisine.
—Euh…Je venais surveiller la cuisson de mon gâteau, Dit-elle gênée.
—Ton gât…ah, ça ?
Il désigna le four.
—Je pensais que c'était un truc préparé par Dianna, je n'y ai pas touché.
—Non, Dianna, curieusement, néglige son travail dernièrement.
—C'est à cause de la SALE, la société créée par Hermione…Mais pourquoi tu fais un gâteau, tu n'as jamais cuisiné de ta vie ?
—Je voulais remercier les trois plombiers sexys qui m'ont sauvé la vie…et je ne savais pas quoi faire, alors, j'ai décidé de leur préparé un gâteau au chocol…
BOUM !
Une détonation venait de retentir dans le four et une fumée noirâtre s'échappa des interstices. Narcissa resta immobile pendant cinq secondes avant d'aller extirper les restes calcinés de son œuvre du four.
—Non ! Gémit-elle, les larmes aux yeux, C'est complètement raté, je suis une piètre cuisinière !
—T'inquiète, je vais en faire un, et on racontera que c'est toi qui l'as fait, d'accord ?
Narcissa se jeta sur son fils pour l'embrasser dans l'oreille en lui ébouriffant les cheveux.
—Oh, mon bébé d'amour, je t'aime !
—Moi aussi, mais j'apprécierais que tu ne m'appelles plus comme ça…
—Merci, merci, merci !
—Y'a pas de quoi ! Bon, moi, je retourne à mes pizzas.
—Des pizzas ?
—Ouais, regarde, j'ai utilisé la magie pour nous faire installer un authentique four à pizzas !
—Il me semblait bien que ce truc n'était pas là avant…
—Oui…alors, les œufs…en fait, j'utilise des œufs crus brouillés pour colorer la pâte à pizza…Je prends ce petit pinceau de cuisine, je m'en sers pour étaler les œufs sur le bord des pizzas, et en cuisant, ça va devenir doré !
—Extra ! Bon, je vais te laisser !
Elle sortit d'un pas léger. Draco en revint à ses oignons, puisqu'il avait prévu d'en mettre dans certaines pizzas. Il en revint également à ses ruminations.
La solution était simple : il allait les interroger. D'abord Cius, Neis, Hal et Manu, pour mieux les connaître, et puis, il passerait à Luna et Théo, pour savoir enfin de quoi parlait cette lettre ! Un seul hic, cependant : si les premiers cités ne verraient aucune objection à raconter leur vie, les deux derniers n'accepteraient pas de révéler ce qu'ils ne pouvaient pas…
Draco réfléchit et son regard se posa sur une étagère dans laquelle il y avait autre chose que des ingrédients de cuisine…Mais oui ! Il ouvrit l'étagère et sortit un petit flacon de liquide incolore. Il sortit la pizza de Théodore du four, contempla le fromage crépitant, et y versa quelques gouttes.
Il sentit alors deux bras entourer son corps fermement, et quelqu'un derrière lui passa sa langue dans son cou. D'après l'odeur de Tahiti Douche, Ron revenait de s'être lavé après son séjour dans les égouts.
—Mmm, mi amor, j'allais te dire que tu étais sexy quand tu cuisinais, jusqu'à ce que je te surprennes en train de verser du véritasérum dans la mozarella… Ça ne va en améliorer le goût, tu sais, c'est insipide pour ne pas être détecté…(et oui, parfois, il m'arrive d'écouter quand Rogue parle!)
—Je compte questionner Luna et Théodore sur leur secret.
—Ah, bonne idée, c'est vrai que moi aussi, ça commence à m'énerver !
—De ton côté, pourrais-tu essayer de savoir l'origine exacte d'Alita ? Parce que ça aussi, ça…
—Pas la peine, je viens de l'apprendre il y a quelques minutes, alors que Neis parlait de sa correspondante vietnamienne, Alita a dit, toute fière « Ben moi aussi, ze suis Vitaminienne, espèce de grosse truie, alors fais pas ta maligne ! »
—Ah…c'est bon à savoir…
—Oui, bon, je te laisse à tes fourneaux…et euh...désolé d'avoir lâché cette idée de partir au Japon, je n'ai pas réfléchi...
—Y'a pas de mal...
Draco sourit, Ron s'en alla et il enfourna la pizza préparée pour Théodore, ensuite, il ajouta du véritasérum à celle de Luna…et tant qu'à faire, à celle de Hal, on savait jamais…
« La meilleure pizza du monde ! » Jubila-t-il intérieurement.
oOoOOOoOo
—Vous avez apprécié vos pizzas végétariennes ?
—Oui ! Répondirent Cius et Neis de concert.
—Super, au fait, vous faites quoi, là ?
—On fait une partie de mikados…
—Ah ouais…Dites…je…je voudrais qu'on parle un peu.
—Si tu veux, de quoi veux-tu parler ?
—De vous.
—Hein ? Fit Neis en rougissant. Mais, nous ne sommes pas ensemble, voyons !
Cius ouvrit grands les yeux de stupéfaction alors qu'il essayait de retirer un mikado.
—Nan, Reprit Draco, Je ne parlais pas de ça, Je voulais en fait que vous me parliez de ce que vous étiez avant qu'on se connaisse.
—Je vois…c'est le fait que tu as rencontré dernièrement beaucoup de personnes, que tu les connais mal, et que tes idées sont toutes emmêlées…comme des mikados !
—Oui.
—Mais, je ne sais pas trop quoi te dire…
— Ben, je ne sais pas…comment tu es devenu végétarien par exemple ?
—Et bien ça…Quand j'étais petit, je n'avais pas le droit d'avoir un animal de compagnie, mes parents me l'interdisaient, mais j'ai désobéi et j'ai recueilli un lapereau qui était perdu dans une forêt sans sa maman, je l'ai planqué dans ma chambre, je le nourrissais et je l'ai élevé…Sauf que je lui donnais trop à manger et comme il ne pouvait pas sortir, il n'a jamais fait d'exercice, alors il est devenu obèse. Quand il était assez grand, j'ai voulu le relâcher dans la nature. On allait pique-niquer dans la forêt où je l'avais trouvé, avec mes parents, je l'avais caché dans mon panier à pique-nique et quand mes parents regardaient ailleurs, je l'ai posé au bord d'un sentier. Puis, on est rentrés à la maison, et quelques jours plus tard, devinez ce qu'on m'a servi comme viande au dîner…
—Du lapin ?
—Oui !
—Mais ce n'était pas ton lapin ?
—Je ne sais pas, mon père m'a dit que ce n'était pas du lapin d'élevage mais un gibier, étonnamment gros…
—Et là, t'as été traumatisé ?
—Oui !
—Je vois…mais Neis, tu pleures ?
—Mais oui, c'est trop triste, le pauvre petit lapin de Cici-Chan, il s'appelait comment ?
—Usagi.
—Pauvre Usagiiii !
—Cius, tu pleures aussi ?
—Mais ouiii !
—Euh…je suis désolé d'avoir remué le couteau dans la plaie…
—C'est pas grave, tu voulais savoir…
—Euh, on va changer de sujet…Neis, qui sont tes parents, ils font quoi ?
—Mon père dirige un musée d'artefacts magiques, et quand il est à la maison, c'est ma mère qui le dirige! Elle c'est une femme au foyer qui a raté sa vie, alors elle se venge sur moi. Elle avait étudié la musique dans sa jeunesse, mais elle n'a jamais pu devenir la virtuose qu'elle aurait voulu être, alors elle m'a inscrite à des cours de solfège quand j'étais toute petite, et depuis, elle veut que je réalise son rêve…
—Ah ouais, typique, la mère qui veut vivre par procuration…Je suppose qu'elle l'a pris très mal quand tu es devenue goth ?
—Ouais, mais c'est bien fait pour elle…pétasse ! Aussi loin que remonte mes souvenirs, elle m'a toujours crié dessus quand je ramenais des notes inférieures à 9/10 sur mon bulletin, j'ai toujours été une petite fille sage et studieuse, comme l'autre là, Hermione, et puis à treize ans, j'en ai eu ma claque, j'ai tout balancé, et ça m'a fait un bien fou ! J'aurais même du faire comme toi, Cici-chan, partir de la maison, arrêter l'école et tout…
—C'est quelque chose dont je ne suis pas fier, Avoua Cius, Heureusement que j'ai repris des cours de magie du soir après…
—De toutes manières j'étais tout le temps toute seule, Reprit la jeune-fille, Les autres me trouvaient trop timide et maintenant, je crois que je leur fais peur à être habillée comme ça…certains me pensent possédée, mais ça me plait…être différente, oui, ça me plait, je ne suis pas comme les autres, je ne suis pas conformiste !
—Un mouton noir, c'est toujours un mouton, Dit Cius.
—Hein ?
—Tiens, Les interrompis Draco, Cius, ils sont bizarres tes mikados !
—Quoi ?
—Oui, regarde, tu les as mélangés avec ta baguette magique, tes baguettes de batteur, et celles pour manger…
—KUSO ! (2)
oOoOOOoOo
—Te raconter ma vie ? Dit Manu, Mais tu sais, elle est tellement riche et palpitante que si tu veux tout savoir, il faudrait qu'un écrivain en fasse un roman que tu pourras lire !
Ce n'était pas la modestie qui l'étouffait.
—Tu ne pourrais pas au moins résumer, c'est juste que j'ai envie de mieux te connaître, comment as-tu rencontré Xéno Lovegood, par exemple ?
—Ah ça ! Lui, quand il était plus jeune, il voyageait plus, je suis tombé sur lui en pleine Amazonie, je recherchais l'Eldorado, il recherchait les Ronflacks Cornus, mais ces bestioles ne sont pas faciles à trouver…
—Alors, tu crois qu'ils existent ?
—Bien sûr ! La famille Lovegood n'est pas une bande d'illuminés qui croient à n'importe quoi, hein ?
—Euh…non non, bien sûr…
—Et puis, Xéno a créé son journal, et c'est quasi le seul truc que je lis, Le Chicaneur ! Parfois, je lui écris un petit truc pour qu'il le publie, je raconte des choses que j'ai vues lors de mes voyages…
—Pourquoi a-t-il pensé à toi pour t'occuper du cas de… de notre cas ?
—L'histoire de ce Sablier, n'est-ce pas ? Je ne sais pas trop, il devait penser qu'à force d'avoir vu autant de choses, je l'avais peut-être aperçu quelque part…mais je vais être décevant, je ne me rappelle pas de ce truc, enfin…
—Enfin ?
—Et bien…ma mère m'avait parlé de Magie du Temps quand j'étais petit, enfin, elle ne s'adressait pas à moi, elle était énervée sur quelqu'un, moi j'avais huit ans, j'étais dans le chemin et je l'ai entendue râler…Et c'est possible qu'elle ait mentionné un sablier, mais c'était il y a plus ou moins trente ans…
—Justement, ta mère…Tu l'as quittée très jeune, n'est-ce pas ?
—Je suis parti de chez moi quand j'avais douze ans, oui…Je ne voulais pas aller à l'école, apprendre la magie, moi, ça ne m'intéresse pas ! Je suis un homme d'expérience, j'ai appris tout ce qui concernait le monde sorcier sur le tas, en parcourant le monde, en rencontrant des gens, pas en potassant des bouquins, en faisant le malin avec des prouesses académiques et en écoutant parler des profs prétentieux et soporifiques en restant assis sur une chaise à attendre d'attraper des hémorroïdes ! Même pour me battre, les baguettes, je m'en passe !
—Je vois…
—C'est vrai que ma décision de m'enfuir comme ça était peut-être impulsive et immature, mais je ne regrette rien…
—Une dernière question, qui me concerne moi et qui m'intrigue…
—Je t'écoute.
—Et bien, euh…que penses-tu de l'homosexualité ? C'est juste que…tu t'en prends tout le temps à Hal en le traitant de…
—Maricón !
—Oui, voilà, mais Ron et moi, on y a pas droit, pourquoi ?
—Je ne suis pas homophobe, tu sais, ce que je déteste, ce sont les menteurs, même quand c'est à eux-mêmes qu'ils mentent…
—Hein ?
—Toi et le rouquin, vous assumer votre homosexualité, vous êtes à l'aise, vous ne le cachez pas, vous allez même vous marier et adopter une gamine, si c'est pas une preuve que vous êtes honnêtes avec vous-mêmes ? Je vous admire et vous respecte pour ça. Mais Hal, lui, il ne veut même pas avouer qu'il est attiré par les garçons, il refuse de reconnaître la vérité, et je n'aime pas ce comportement, je continuerai à l'emmerder jusqu'à ce qu'il ait compris ça, voilà ! Et tant pis si ça dérange !
—Moi, ça ne dérange pas, Dit Draco avec un sourire ravi.
oOoOOOoOo
—Alors, l'Espingouin, cette fois, tu vas me répondre très sincèrement : es-tu attiré par Ron ?
Hal ayant ingurgité du véritasérum, Draco était sûr de son coup.
—Et bien, Commença Hal, Je ne vois pas pourquoi tu me le demandes, alors que tu connais déjà la réponse…
—Nan, j'la connais pas !
—Cius m'a parlé de son lapin, c'est triste, hein ?
—Oui, mais…
—Du coup, Pelirrojo et sa délicieuse petite sœur se sont rappelé de leur chat Mushy que les deux jumeaux avaient fait exploser…
—Oui, le grand-père de Ron nous a déjà raconté cette histoire, mais, moi je te parle de…
—Ils avaient mis des pétards mouillés du Dr Flibuste dans le cul du chat, c'est ça ?
—Arrête de détourner la conversation !
—J'ai fait pareil une fois, quand j'avais sept ans, mais pas avec un chat !
—Je m'en fous ! Qu'est-ce qu'il y a entre toi et Ron?
—Je venais d'assister à ma première corrida, et j'ai détesté ça, alors, je me suis vengé !
—Ça m'intéresse pas !
—Ma mère m'a aidé, quand je pense au sacrifice qu'elle a fait pour ça, elle a du offrir son corps divin à cet enfoiré de torero, parce que pour que je lui mette un pétard dans le cul, il fallait bien qu'il enlève son pantalon, et ma mère est très douée pour inciter les hommes à se défroquer…
—Et Ron ?
—Il n'était pas là.
—Je sais ! Mais es-tu attiré par lui ?
—Oh, il est très attirant, c'est sûr…
—On sait déjà que tu aimes séduire des garçons gays…
—Ouais, mais j'avoue que c'est très cruel de ma part, car je ne les aime pas, je leur donne de faux espoirs, c'est juste que j'aime constater que mon pouvoir de séduction fonctionne aussi sur les hommes et que je pourrais en mettre un dans mon lit si je le voulais…Elles m'ont toutes mis en garde, d'ailleurs, ma mère, Abuela et Evelina, elles m'ont dis à plusieurs reprises : « Attention, Hal, à force de jouer avec le feu, tu vas te brûler ! A force de séduire les garçons, tu vas finir par tomber amoureux de l'un d'eux pour de vrai, et si ça se trouve, il en aimera déjà un autre et tu auras le cœur brisé et ce sera bien fait pou… »
Hal s'arrêta, comme s'il venait de se rendre compte de quelque chose. Draco pouvait presque voir les engrenages bouger à travers sa tête.
—Mais pourquoi je te raconte ça ? Minauda le jeune Hispanique en baissant les yeux rougissant, J'ai aucune envie de raconter ça…surtout à toi ! Pourquoi je ne peux pas m'empêcher de dire que Ron me trouble alors que je n'en ai pas envie ? Je suis hétéro, je le sais, hein ! Hein ? N'est-ce pas ? Pourquoi j'en doute ? Et pourquoi je te le dis, à toi ?
—Je sais pas, Fit Draco d'un air innocent. Alors, tu le fais, ton coming-out ?
—Ah, c'est pas vrai ! Il faut que je sorte !
Il se leva et partit sans demander son reste.
« Hé hé » Jubila Draco, « Maintenant, je suis fixé…si tu t'approches de Ron, tu es mort ! Et maintenant, passons à Luna et Théodore ! »
oOoOOOoOo
—Je n'irai pas par quatre chemins, vous allez vous mettre à table !
—Pourtant, on vient de la quitter la table, et tes pizzas étaient excellentes !
—Merci Luna, mais…
—On a vu passer Hal, il avait l'air un peu troublé…
—Ne vous en faites pas pour lui, ça ira mieux quand il se sera suicidé.
—Draco…
Luna prenait un air peiné.
—Je sais que cet humour acide qui fait des trous dans le mur fait partie intégrante de ton personnage, mais là, ce n'était vraiment pas gentil…
—Je sais, mais ne perdons pas de temps : je vous prie de me dire une fois pour toutes ce qui était écrit dans cette fameuse lettre qu'Alita vous a envoyée…
—Je regrette, Dit Théo, Mais on ne peut pas. On vous le dira un jour, sans doute dans pas longtemps, mais pas maintenant.
—Pourquoi ?
—Parce que c'est comme ça.
—Je vous ferai quand même cracher la vérité !
—Si tu crois qu'avoir mis du véritasérum dans nos pizzas t'aidera…
—Que…Ron vous l'a dit ?
—Non, pourquoi il ferait alors qu'il poursuit le même but que toi ? J'ai juste trouvé étrange que tu demandes à nous parler de cette manière, ça cachait quelque chose…
Théodore Nott avait toujours été un garçon très solitaire, mais tous les Serpentards étaient d'accord pour dire qu'il était l'un des plus intelligents d'entre eux.
—On ne te le dira pas, il faut que tu prennes ton mal en patience.
—Et puis, ce n'est pas l'important pour l'instant, Ajouta Luna, Il faut que tu acceptes qu'on aille tous au Japon !
—Pourquoi ?
—Parce qu'une partie des réponses qu'on cherche s'y trouve, ne me demande pas comment, mais je le sais !
—Mais…les Portoloins… ça ne dépend pas de moi, ça…
La porte s'ouvrit brusquement sur Ron, un parchemin et un morceau de gâteau au chocolat à la main.
—Ta mère cuisine incroyablement bien, Dit-il à Draco, Trop bien même, c'est suspect…Luna, courrier pour toi, je crois que c'est de ton père.
Luna se leva et alla ouvrir la missive que lui tendait Ron. Elle la lut et sourit.
—Bonne nouvelle, Papa m'annonce qu'il s'est renseigné auprès des services qui gèrent les Portoloins, et le problème est réglé !
—Comment ça ?
—Ben, ils fonctionnent de nouveau !
—Cool ! Dit Ron, Alors, on va tous pourvoir partir pour Le Plus Grand Sushi-Bar Du Monde, yaahooo !
—Ok, Capitula Draco, Mais on est obligé de prendre Potter avec nous?
—Rhooo Draco.
—Je suis aussi d'avis qu'il faut y aller, Dit Théo, Cependant…
—Qu'est-ce qu'il y a ?
—D'après Mr Lovegood, les Portoloins se sont remis à fonctionner de la même manière dont ils se sont arrêtés : sans la moindre explication. Ça m'inquiète un peu.
—T'as raison, est-ce que c'est vraiment sûr, comme mode de voyage.
—Oh, ça oui, mais…je sais pas vous, mais moi, j'ai comme l'impression que quelqu'un s'amuse à contrôler les Portoloins pour un motif qui m'est inconnu…
(1) baka =idiot
(2) kuso = merde
