Oui, je sais, j'ai mis tellement de temps à écrire ce chapitre que votre hamster a eu l'occasion de se réincarner trois fois. Mais sa longueur ne compense-t-il pas cette attente? Non? Pas grave, j'aurais essayé.
Chapitre vingt-neuf : Dans les griffes de la veuve noire
Plaire à sa belle-mère n'était jamais une mince affaire, même dans une société où le mot «sorcière» n'avait rien de péjoratif, les vieilles marâtres qu'on avait envie d'abandonner dans la forêt attachées à un arbre infesté d'insectes existaient. Néanmoins, la solution était la même que chez les Moldus: on essayait bon gré mal gré de leur plaire.
Draco Malfoy avait séduit Molly en étant un bon cuisinier, et il avait une certaine rigueur sur la diététique qui assurait que la santé de Ron était entre de bonnes mains.
Harry Potter avait sauvé des membres de la famille Weasley à plusieurs reprises et elle le considérait comme son propre enfant depuis tellement longtemps que son mariage avec Ginny ne serait qu'une formalité pour qu'il fasse vraiment partie de la famille.
Audrey, la fiancée de Percy, était une excellente couturière. Angelina Johnson et Alicia Spinnet étaient des fortes têtes, et c'était précisément ce qu'il fallait pour canaliser les bêtises de Fred et Georges.
Fleur Delacour, sous ses airs de petite bourgeoise bêcheuse, avait réussi à toucher Molly en affirmant qu'elle aimerait Bill même défiguré, prouvant qu'elle avait plus de profondeur que ce que sa belle-mère pensait.
Remus Lupin avait profondément ému Andromeda Tonks en montrant sa détermination à protéger Nymphadora, y compris de lui-même.
Si Eileen Prince avait été encore envie, elle aurait été ravie de voir que Sirius pouvait arracher autant de sourires à son fils. Si Walburga Black avait été enc…non laissez tomber cette vieille peau, tout le monde s'en fout !
Satin Notcoy avait prouvé son sens des responsabilités le jour où elle avait déposé bébé Hal dans les bras de Rocío en lui disant : « Regardez-moi, ai-je l'air d'une mère ? Je ne suis qu'une péripatéticienne, il ne sera jamais bien éduqué avec moi. Je ne serai jamais loin, et je le surveillerai, mais…C'est un peu morceau de Manuel, un morceau qui est capable de rester en place près de ceux qui l'aiment…Je vous en prie, il mérite bien ça… »
Oui, les belles-mères avaient besoin d'être rassurées. Et les brus et gendres devaient trouver comment leur plaire, et le chemin pour y arriver était parfois surprenant…
—Mrs Malfoy, je vous en supplie, lâchez-moi !
—Allez, viens là !
—Je crois que vous avez bu trop de margaritas…
—Tu es si jeune…et si seeeeexy, je comprends que Draco ait craqué…il choisit bien son namoureux mon bébé à moi !
—Vous me faites peur !
—Allons, Gran…Heremi…Hermini…enfin, Machine tu l'as aimée aussi avant Draco, ça prouve que t'aimes aussi les femmes !
—Hermione n'a pas mis mon futur mari au monde ! Et puis, elle a mon âge…et elle n'a pas épousé Lucius Malfoy ! Qu'est-ce qu'il va dire s'il revient à l'improviste et qu'il nous surprend ? Vous voulez que Draco soit veuf avant de m'avoir épousé ?
—Blablabla ! Lucius est pas làààà !
—Oui, mais…
—Quel pauvre conard, celui-là !
—Euh…
—Il y a des jours où je me demande pourquoi je suis toujours mariée avec lui !
Ron fut tenté de dire la première chose qui lui passa par la tête, à savoir «Parce qu'il subvient à vos besoins», mais se retint.
—Parce que c'est le père de Draco ? Tenta-t-il.
—Pffft !
—Comment ça, « Pffft » ? C'est pas lui ?
—J'ai fait Draco…neuf mois que ça m'a pris…Lucius…neuf secondes…
—Quelque chose me dit que ce détail ne me regardait pas…
Ron soupira et tenta une fois de plus repousser Narcissa, quand soudain, sous l'effet de l'alcool, elle s'effondra en larmes et arrosa sa chemise de pleurs.
—Toute ma vie…c'est de la poudre aux yeux…des soirées mondaines, du luxe et des bijoux, mais c'est pour de faux que je souris !
—Euh…Et si vous alliez vous coucher ?
Il la releva et l'aida à marcher jusqu'à sa chambre. Elle s'affala sur son lit et émit un léger ronflement.
En refermant la porte, Ron ne doutait pas qu'il plaisait à sa belle-mère, mais pas de la manière qu'il aurait voulu.
oOoOOOoOo
—Ta mère a essayé de me sauter dessus, Dit-il à Draco en entrant dans leur chambre.
—Mouais…Répondit Draco, couché sur le lit, fixant le plafond d'un air distrait.
—Elle avait bu, ça expliquait.
—Mouais…
—Mais ça veut dire qu'il y a un problème dans le fond.
—Mouais…
—Je crois que ta mère n'est pas heureuse…
—Mouais…
—Je ne veux bien sûr pas me mêler de son couple, je ne sais d'ailleurs pas pourquoi elle a épousé ton père, mais il y a quelque chose qui ne va pas…
—Mouais…
—Tu devrais en parler avec elle, après tout, tu es son fils, et elle t'a soutenu contre ton père et Hélium !
—Mouais…
—J'ai aussi l'impression que tu n'écoutes pas ce que je dis.
—Mouais…
—Il y a un alligator sur ton nez.
—Mouais…
—Et il joue de l'ukulélé.
—Mouais…
—Hal m'a mis la main aux fesses et après il a dit qu'elles étaient fermes et musclées et qu'il aimerait bien me les bouffer…
—Quoi ? Fit Draco en se levant d'un seul coup.
—Ah…c'est donc ça qui te préoccupes. Bonne nouvelle : il n'a pas fait ça, je plaisantais !
—Cet Espingouin ! Il…Tu sais ce qu'il m'a avoué aujourd'hui sous le coup du véritasérum ?
—Hein ? Dis donc, le pizzaiolo machiavélique, je croyais que tu n'en avais donné qu'à Luna et Théo (d'ailleurs, ça n'a pas marché) ?
—Euh…ouais, je lui en ai donné à lui aussi parce que j'avais un doute et il s'est confirmé !
—Quoi, il t'a dit qu'il était attiré par moi ? Il ne fait que jouer, il…
—Non, pas du tout, c'était peut-être ce qu'il faisait au début, mais il a été pris à son propre piège et en pince vraiment pour toi…même s'il vient à peine de s'en rendre compte lui-même !
—Mais, moi, tu sais bien que c'est toi que j'aime et que je veux…tu n'as donc pas à t'inquiéter, tu me fais confiance, non ?
—Oui, bien sûr, mais…
—Arrête de te prendre la tête avec ça…tu ferais mieux de te soucier de ta mère…comme je te l'ai dit, elle ne va pas bien…
—Ouais, tu as sans doute raison…mais c'est parce que je t'aime que j'ai si peur !
Ron se plaça brusquement au-dessus de lui, à quatre pattes sur le lit, son visage frôla celui de Draco et il le fixa dans les yeux.
—Ose douter, dans un moment pareil, que tu n'es pas le seul, l'unique !
oOoOOOoOo
Cependant, Draco avait manifestement du mal à se sortir de la tête l'idée que Hal représentait une menace pour son couple. Ça agissait à l'intérieur, et ça se voyait à l'extérieur.
—Tu ne t'es pas rasé, ce matin ? Demanda Neis, étonnée de voir chez lui cette négligence inhabituelle.
—Et tu ne t'es pas coiffé non plus, Dit Hal, Ce qui fait que tu ressembles un peu à Gary !
—C'est Harry ! Répliqua celui-ci.
Draco leur répondit en sifflant de façon menaçante et en montrant les dents dans une parfaite imitation du cobra royal prêt à attaquer.
—Fais gaffe à tes fesses, l'Espingouin…
—Allons, allons, Dit Ron, Tu devrais un peu penser à autre chose…à ta mère par exemple, je crois qu'elle a besoin de toi !
—Ma mère va bien.
A ce moment, Narcissa débarqua avec un plateau remplis de petits gâteaux :
—Qui veut un muffin ? Je viens de les faire, ils sont encore tous chauds !
Elle avait les traits aussi tirés que ceux de son fils, mais sa tenue n'était pas négligée, au contraire, on aurait dit qu'elle avait cherché à être particulièrement en beauté, comme si elle voulait séduire.
—Tenez, servez-vous ! Dit-elle, mais elle ne présenta son plateau qu'à Ron, Hal et Cius, les autres furent ignorés.
—Vous allez bien ? Demanda Ron, un peu méfiant depuis la veille.
—Très bien ! Très bien…oui, très bien ! S'exclama-t-elle, Reprenez un muffin !
—Bon, Dit Draco toujours en adressant un regard farouche à Hal, Je vais réveiller Alita, ça fait un peu trop longtemps qu'elle fait la grasse matinée, il est presque midi !
—Mais elle déjà levée, Lui fit remarquer Ron, Et elle est partie il y a une heure et demie chez Blaise avec celui-ci et Hermione !
—Que quoi ?
—Ben oui, elle passe la journée avec eux !
—Mais pourquoi on ne m'a rien dit ?
—On te l'a dit, au petit-dèj…Draco, tu ne serais pas un peu à côté de tes pompes aujourd'hui ?
—Euh...ben…
—Tu devrais retourner dormir.
Ron le prit par les épaules et le reconduisit dans sa chambre.
—Mais…Qui va faire la cuisine, Dit Neis, Hermione a convaincu l'Elfe d'arrêter de travailler, et moi, je ne sais pas du tout y faire!
—Moi non plus, Dit Cius, Je suis une catastrophe !
—Moi, je sais, Dit Harry.
Mais Narcissa l'ignora et regarda Cius avec des yeux de poisson mort :
— C'est pas vrai, Cius, tu ne sais pas cuisiner, un garçon si doué que toi ?
—Et bien non…
— C'n'est pas grave, c'est Hal qui va s'en charger alors ? Dit-elle en se tournant vers lui, toujours aussi mielleuse.
— Je…Fit Harry.
—Tu pourrais nous préparer la célèbre paella ? Ou une tortilla ?
—Euh…
—Je vous jure que je sais cuisiner, j'ai appris pendant mon esclavage chez les Dursley ! Se défendit Harry, toujours ignoré.
—Ou des tapas ? Insista Narcissa.
—Oui, je pourrais, mais Larry semble vouloir le faire…
—Adjugé, c'est toi qui cuisine pour nous ! Reprends un muffin ! Et toi aussi Cius !
—Oui, madame !
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Mrs Zabini, Venatrix de son prénom, n'avait jamais connu l'échec, et ce, parce qu'elle avait toujours su étudier ses adversaires pour découvrir leurs points faibles. Et ce n'était pas aujourd'hui que ça allait changer !
Elle leva les yeux vers la pièce adjacente. Hermione et Blaise s'embrassaient comme s'ils allaient mourir dans la seconde qui suivait. Ils en profitaient, elle ne les voyait pas —enfin, ça, c'était ce qu'ils croyaient ! — et dès qu'elle réapparaîtrait, ils improviseraient une conversation en faisant comme si de rien était. Ils craignaient sa réaction.
Elle saisit le papier posé sur la table et alla les rejoindre. Aussitôt, ils cessèrent de s'embrasser pour commencer à parler. La petite Alita —une gosse, bèèèrk !— était occupée à dessiner des bateaux à quelques mètres, couchée par terre à plat ventre, les crayons de couleur éparpillés autour d'elle.
Hermione parlait d'un voyage au Japon. Comment ? Elle voulait emmener Blaise là-bas ? L'éloigner d'elle ? Pour le séduire et l'attirer dans son piège, sans doute ! Mais ça ne se passerait pas comme ça, Venatrix Zabini n'avait jamais connu l'échec, et ce n'était pas cette Granger qui allait y changer quoi que ce soit !
—J'avoue que je ne sais pas quoi penser de cette histoire de Portoloins…Théodore a raison, on devrait se méfier, ce n'est pas impossible que quelqu'un complote contre nous…
—Pourquoi quelqu'un comploterait contre nous ? Objecta Blaise.
—Je ne sais pas, mais imagine que ça ait un rapport avec…
Elle désigna Alita d'un signe de tête et se rapprocha de Blaise pour lui murmurer à l'oreille :
—Et si Sablier était au Japon, justement ? Et si nous avions un ennemi qui pour une raison ou une autre, voudrait nous empêcher de le trouver ?
—Pour qu'Alita ne rentre pas dans son époque et modifier le temps ?
—Peut-être, va savoir…
—C'est quoi ces messes basses ? Interrompis Mrs Zabini.
Elle adressa à Hermione un sourire chargé de rouge à lèvres. La jeune-fille sentit un frisson lui parcourir la colonne vertébrale.
—Ma chérie, j'ai une surprise pour vous…
—Ah ?
—J'ai entendu dire que vous étiez une élève assidue et que vous viviez dans l'attente de résultats scolaires…
—Euh ben…
—Tenez.
Venatrix tendit à Hermione le papier qu'elle avait préparé. C'était un bulletin de notes :
Nom : Granger, Hermayonee
Examen de droit à Blaise Zabini
Résultats : Insuffisants
Détails :
Aptitude d'épouse : 8/20
Commentaire : trop forte tendance à diriger
Aptitude à servir le thé : 6/20
Commentaire : je préfère ne pas découvrir ses compétences culinaires en général
Connaissance de la psychologie des mâles : 0/20
Commentaire : et le pire est qu'elle leur reproche sans cesse de ne rien comprendre aux femmes…
Conversation : 10/20
Commentaire : on ne la surnomme pas « Miss-Je-Sais-Tout » pour rien
Apparence physique : 3/20
Commentaire : les parents sont-ils frère et sœur ?
Soin accordé à sa personne : 2/20
Commentaire : femme des cavernes
Attitude envers sa future belle-mère : 7/20
Commentaire : elle ose me répondre
Total : 36/140, ce qui donne 5.14/20
Décision du jury de délibération : Ajournée
Hermione ne se formalisa même pas de la manière dont Venatrix avait écrit son prénom. Autant Ron craignait les araignées, autant Hermione craignait que quelqu'un lui dise qu'elle avait raté un examen.
Oui, Mrs Zabini savait étudier ses adversaires.
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Dès que Ron eut refermé la porte de la chambre, Draco se releva du lit où le rouquin l'avait forcé à se coucher et tâcha de sortir discrètement. Comme pour confirmer ses soupçons, il vit Ron au bout du couloir en compagnie de Hal, bien qu'il ne pouvait pas entendre leur conversation :
—Ah, toi aussi, tu as remarqué que Mrs Malfoy a confondu le sucre et le sel dans ses muffins ?
—Oui, mais toi, tu n'en as mangé qu'un, Pelirrojo, Cius et moi, on a terminé le plateau !
—Mais pourquoi vous avez continué à manger si c'était pas bon ?
—Tu aurais du voir le bonheur qu'on pouvait lire dans ses yeux à l'idée qu'on aimait ce qu'elle avait fait ! On n'a pas osé la vexer, tu vois…
—Oui. Tu es tout pâle, ça va ?
En guise de réponse, Hal frappa à la porte à côté de lui, laquelle était celle des toilettes.
—Cius, t'as bientôt fini ? Parce que moi aussi, j'ai besoin de vomir !
—Il y a d'autres toilettes à cet étage, Lui dit Ron, Les plus proches sont dans la chambre de Draco, par là, mais ne fais pas trop de bruit, il se repose…
En voyant le doigt de Ron pointer dans sa direction, Draco revint sur ses pas et regagna sa place sur le lit. Hal débarqua quelques secondes plus tard, et s'engouffra dans la salle de bain sans aucun regard pour Draco. Celui-ci se leva et alla se placer derrière lui alors qu'il était en train de se vider.
—On dirait que tu as perdu ton bronzage d'Espingouin…tu es presqu'aussi blanc que moi…
—Pas le temps dialogue ! Buaar !
—Très bien, je vais attendre.
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Hermione n'avait pas tenu. Elle avait tout fait pour garder contenance, mais une fois Venatrix retournée en cuisine se préparer un daïquiri, elle s'était levée d'un bond, comme montée sur ressorts, et était partie s'isoler, sous les regards intrigués de Blaise et Alita.
—Marraine...
—Va faire un autre dessin, Lui conseilla Blaise.
—Z'ai plus l'aspiration!
—Tu n'as qu'à dessiner Tatie Venatrix.
—Ah ouais, bonne idée, ze l'ai pas encore faite, elle!
Blaise rejoignit Hermione qui s'était réfugiée dans sa chambre.
—Ne te laisse pas démonter par un coup aussi stupide que celui-là...je sais que ce genre de choses de touche beaucoup mais...
—Je sais...je sais que c'est idiot et que je ne devrais pas y accorder de l'attention! C'est gros comme dragon qu'elle l'a fait uniquement dans le but de me déstabiliser, mais en être consciente ne m'aide pas à me calmer...tu sais, quand l'Epouvantard se transformait en McGonnagal me disant que j'avais échoué aux examens, là aussi, je savais que c'était pour de faux, mais, cela continuait à me terroriser.
—Je comprend, on a tous une phobie irrationnelle qui passe pour ridicule aux yeux des autres qui eux ne voient pas en quoi c'est si terrifiant, mais pour toi, ça a l'air insupportable et ça te hante la nuit!
—Mais je suis une fille forte, je l'ai toujours été! Pourquoi est-ce que je suis soudain si anéantie rien qu'à cause d'un stupide bout de papier?
—Moi, j'ai peur de l'orage.
—Quoi?
—Oui, depuis tout petit, dès que je vois des éclairs, que j'entends le tonnerre gronder, j'ai l'impression que quelque chose de grave va arriver. Et puis, si t'as remarqué, quand il y a de l'orage, tout le monde arrête ce qu'il était en train de faire, comme si le temps s'était figé, et attend que ça soit fini, comme si c'était le moment le plus propice pour un phénomène bizarre et apocalyptique...Tu dois penser que je suis idiot, mais c'est ça dont j'ai peur.
—C'est moi qui suis idiote, j'ai peur d'une série de chiffres! J'ai peur de l'avis des mes pairs, j'ai peur du regard des autres...Ce n'est pas triste de la part d'une fille qui s'est toujours targuée de ne jamais accorder d'importance à ce qu'on pensait d'elle?
—Tu as tes failles, mais...Tu sais pourtant qu'aussi bien moi que tes amis, on t'apprécie autant pour tes points forts que tes points faibles...
—Mes amis...Il faut que je leur parle!
Elle avisa la cheminée de la chambre de Blaise.
—Tu as de la poudre de cheminette?
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—Ça va mieux ?
—Ouais.
Hal était encore un peu pâle, mais reprenait contenance.
—Tu voulais me dire… ?
—Il me semble que tu tournes encore un peu trop autour de Ron, et je me demande comment tu peux y arriver après ce que tu as compris hier sur tes sentiments…
—Tu veux parler du fait que j'aime Ron ? Ben oui, et alors ?
—Comment ça « et alors » ? C'est tout ce que ça te fait de découvrir que tu en pinces grave pour un mec alors que tu as toujours préféré les nanas, et qu'en plus, le gars en question est déjà pris ?
—Ben, ouais. J'aime Ron et il va se marier avec toi, qu'est-ce que je peux y faire ? Réponse : rien. Le débat est clos.
Draco resta quelques secondes les lèvres entrouvertes.
—Et qu'est-ce que tu comptes faire ?
—Rien.
—Rien ? Tu ne vas pas essayer de refouler ou encore de t'assumer et tenter de me le piquer ?
—Non. Ça ne m'intéresse pas, et puis, je ne peux rien faire, tout acte de ma part serait inutile…
La fenêtre s'ouvrit brusquement, et Manu sauta sur le lit de Draco.
—C'est pas croyable ! Dit-il.
—Qu'est-ce que tu foutais là, toi, tu nous espionnais ?
—Ah, le con, il a foutu de la boue sur mon lit avec ses sales godasses ! Gémit Draco.
—J'étais sur le toit, j'ai tout entendu : alors comme ça, mariquita, maintenant que tu as compris la vraie nature de tes sentiments pour Poil-de-Carotte, tu renonces à lui ?
—Il s'appelle Ron ! Répliquèrent les deux garçons en même temps.
—Et je te rappelle que détruire le couple Ron-Draco revient à modifier l'histoire, s'ils ne se marient pas, ils n'adopteront pas Lilita, elle ne remontera jamais le temps, le vieux Dumble-truc ne les enverra pas en Espagne et moi je ne ferai jamais la connaissance de Ron ! Et ça…ça je veux pas !
—Ouais, c'est ça, trouves-toi des excuses pour dissimuler le fait que tu manques de courage pour te battre pour un gars qui te plait!
—Euh…Fit Draco, Manu, j'aimerais autant que tu ne l'encourages pas à me voler Ron…Et puis, qu'est-ce que ça peut te faire à toi ?
—Ben, je sais pas, mais ce petit con m'énerve avec son attitude de femmelette ! Quand on a du sang ibérique dans les veines, on est toujours noble et fier !
—Bizarre, venant d'un type qui prétend n'avoir aucune nationalité précise, d'encenser l'hispanité…Quoi qu'il en soit, je n'ai de toutes façons, je n'ai pas besoin de devenir le petit ami de Ron…
« Tiens, il est raisonnable pour une fois », songea Draco, « Tant mieux ! »
—Ah ouais ? Dit Manu.
—Ouais…
Hal prit un air malicieux et Draco déchanta :
—Je me contenterais d'être son amant, son animal de compagnie ou encore sa poupée gonflable…moi ça me suffit, c'est Draco, son mec officiel ! Ah, je veux bien être son esclave aussi !
« Sa vraie personnalité a repris le dessus, j'aurais du le voir venir. »
Draco se leva, et d'un air très calme, il murmura en pointant sa baguette vers une certaine partie de l'anatomie de Hal :
—Je vais refroidir tes ardeurs…Hie no kōgan !
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—Hie no kōgan, c'est de la magie japonaise, plus précisément, c'est un sort qui a pour effet de congeler les testicules.
—Merci, Cius, mais j'avais deviné…puta vida de mierda, je peux te dire que c'est vraiment désagréable…il est dingue, le blondinet, c'est quand même pas toi qui le lui a appris quand même ?
—Non, je suis pacifique, moi, quand j'ai repris des cours de magie du soir après avoir arrêté l'école, je me suis concentré sur tout ce qui était inoffensif, en particulier la magie curative…C'est plutôt Emy qui a du l'apprendre à Draco, d'ailleurs, dans Hygiène de l'hippogriffe, elle disserte sur ce sort pendant au moins vingt pages…
—Si t'es doué pour soigner, tu peux t'occuper de…
—Oui, bien sûr, mais il va falloir que tu te défroques pour que je vois ça.
—T'es pas vraiment le mec à qui je voudrais montrer mes bijoux de famille, mais j'ai pas le choix.
Hal abaissa son pantalon et son caleçon alors que Cius s'agenouillait face à lui.
Evidemment, pour que cet instant soit encore plus drôle, rien de tel que d'ajouter une troisième personne qui passait par là par hasard, qui surprend l'étrange scène et se méprend sur la nature de celle-ci :
Harry se baladait dans le Manoir à la recherche de Ginny, car il voulait aller se promener avec elle dans les bois et cueillir des fleurs des champs en lui tenant la main. Malheureusement pour lui, il eut la mauvaise idée d'aller dans la salle de bain, et il découvrit Cius à genoux à mi-hauteur d'homme, les yeux fixés sur Hal qui faisait prendre l'air à ses parties intimes. Cette vision lui inspira un commentaire plein d'éloquence :
—…
— C'est pas ce que tu crois, Lui dit Cius, Je suis en train de lui réchauffer les couilles !
—Salut Gary, Fit Hal en lui adressant un geste de la main, Ne te fies pas à ce que tu vois, les apparences sont trompeuses !
—Euh…
—Oui : c'est le froid qui fait tout rétrécir, en temps normal, c'est beaucoup plus grand !
—Je ne veux pas en savoir plus ! Décréta Harry avant de s'en retourner en quête de sa mie.
oOoOOOoOo
Ce fut cependant sur ses deux amis de toujours qu'il tomba en allant jeter un œil dans le salon. Avec un timing parfait, Ron y pénétra deux secondes plus tard, visiblement tracassé par quelque chose, et deux secondes supplémentaires marquèrent l'apparition de la tête d'Hermione dans la cheminée. Après s'être brièvement salués, ils se mirent à parler tous les trois en même temps, chacun jugeant son problème plus important que celui des deux autres:
—La mère de Blaise est un monstre!
—Narcissa est bizarre!
—Hal et Cius sont des pervers!
—Elle veut ma mort, on dirait!
—Elle a essayé de me sauter dessus hier et Draco s'en fiche!
—J'en ai marre des gens qui se font des choses sans prendre attention à ne pas choquer les autres!
—Elle ne veut pas de moi, c'est sûr, alors, elle fait tout pour m'enfoncer!
—Je sais pas comment c'était avec Lucius, mais cette femme a un problème avec l'amour!
—Faudrait vraiment que certains intègrent le concept de "pudeur"!
—Je sais que je ne suis pas la bru dont elle rêve, mais pourquoi ne veut-elle même pas essayer de s'entendre avec moi?
—Ou alors, c'est avec le sexe qu'elle a un problème, elle est en manque, ou un truc dans ce genre, et elle cherche un peu de chaleur avec des gens plus jeunes qu'elle!
—Parce que ça ne les gênaient pas, hein! L'autre, là, il m'a même souri!
—Elle est malveillante!
—Elle est désespérée!
—Ils sont dingues!
—Harry, toi qui a peur de la peur, ce qui d'après Remus est une preuve de sagesse, comment t'y prendrais-tu avec cette peau de vache?
—Hermione, toi qui comprends les femmes, t'as un diagnostique pour Narcissa?
—Ron, toi qui est leur guitariste, tu ne pourrais pas les éduquer mieux que ça?
—Harry!
—Hermione!
—Ron!
—Mais c'est quoi votre problème? Intervint Draco, attiré par le bruit, On dirait des chipmunks qui se disputent pour des noisettes!
Les trois amis restèrent un moment silencieux, jusqu'à ce qu'Hermione disparaisse au milieu des flammes.
—C'est la folie, aujourd'hui, Résuma Ron.
Draco soupira et alluma une cigarette.
—Ok, Potter, alors, pour ce que tu as vu, on m'a expliqué...C'est moi qui suis responsable, j'ai jeté un sort aux castagnettes de l'Espingouin, un sort que Cius est capable d'annuler, mais toi, évidemment, comme d'habitude, t'as vu mais t'as pas réfléchi et comme tu es un im...
Ron lui assena un regard dur.
—...pulsif, ben t'as tiré des conclusions trop vite! Mais je reconnais que...
Draco s'écorcha les lèvres pour l'avouer.
—...que beaucoup de gens auraient eu la même réaction à ta place, parce qu'en effet, c'est ambigu, et leur air enjoué, ça devait pas aider...
—D'accord, mais, ils auraient pu verrouiller la porte, non?
—Ils ont du oublier...
—D'accord, bon...ben, je vais voir après Ginny...
—Elle est dans la bibliothèque.
—Merci.
—De rien.
Ron regarda Harry sortir éberlué. Draco tira un coup sur sa cigarette.
—J'hallucine, vous avez échangé des mots polis!
—Comme tu l'as si bien dit: c'est la folie aujourd'hui...bon, maintenant que j'ai réglé le problème de Po...d'Harry, passons à Hermione. Passe-moi la poudre de cheminette, s'il te plait!
—Draco, qu'est-ce qui t'arrive, tu es gentil? Ça t'a fait tellement de bien, de dormir?
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—J'ai toujours eu ce problème avec eux, Dit Hermione à Blaise, Ça a toujours été comme ça, pourquoi j'ai pensé que ça pouvait être différent cette fois? Harry et Ron ont toujours été trop égocentriques pour voir quand j'avais des problèmes...
—T'en fais pas...vois le bon côté des choses: cette fois, ils ne t'ont pas ignorée pour parler Quidditch, c'est quand même ça qu'ils font d'habitude?
—Oui, mais n'empêche, parfois, j'aimerais qu'ils soient un peu plus à l'écoute, ce sont mes deux meilleurs amis quand même...
—Marraine! Gazouilla Alita, Z'ai fini mon dessin...Mais pourquoi t'es triste?
—C'est rien ma puce...Des trucs de grands...
—C'est à cause de Tatie Vilenatrix? Paskeu z'entends ce qu'elle te dit, et c'est pas zentil!
—Merci ma puce...
—Mais pourquoi tu fais rien?
—Quoi?
—Ben vi, pourquoi tu fais pas kékchose pour lui fermer sa gueule à cette méchante madame?
—Alita...chut, tu crois que ça fais plaisir à Tonton Blaise que tu dises que sa maman est méchante?
—Y'a pas de mal, La rassura ledit Blaise.
—T'as pas l'habitude de te laisser faire! Insista Alita, Comme avec les autres méchantes madames...Rita Skater, où la madame crapaud...et toutes les filles stupides qui se moquaient de toi à l'école paskeu t'étais intellizente, et la madame à la boule de cristal!
—Qui t'as raconté tout ça?
—P'pa et Tonton Super-Harry! Ils disent que tu es une super-nana qui se laisse pas faire!
—C'est vrai?
—Vi, Tonton Super-Harry, il a dit qu'il t'admirait, et P'pa, il voulait que tu sois ma Marraine, paskeu t'es la femme à qui il veut que ze ressemble!
—Ils ont vraiment dit ça? Oh...
Elle s'en voulait presque de les avoir traités d'indifférents un peu plus tôt.
—Ils ont dit que pour une fille, t'as des grosses couilles!
—...
—C'était peut-être la phrase en trop, Dit Blaise.
Hermione n'eut pas le temps de répondre que ça ne faisait rien, Draco émergeait déjà de la cheminée tout entier, suivi par Ron. Alita pépia de joie en les voyant, mais Draco ne semblait pas d'humeur à rire.
—Ron! Dit Hermione en l'embrassant sur la joue.
—Euh...oui, qu'est-ce que tu as? Dit-il, embarrassé.
—Donne celui-ci à Harry de ma part! Ajouta-t-elle en lui administrant un seconde baiser.
—Je ne sais pas s'il appréciera, si c'est moi qui le lui donne...
—C'est mon mari, et tu n'y touches pas! Coupa Draco, Ron, reconduis Alita chez nous, j'ai un truc très grave à annoncer à Hermione. Blaise, va chercher ta mère!
Tout le monde haussa les sourcils, Draco envoya un regard circulaire qui signifiait "Pas de temps à perdre alors exécution!". Ron prit Alita dans ses bras pour sauter avec elle dans la cheminée. Cependant, une fois de l'autre côté, la curiosité l'emporta et il repassa sa tête dans le tunnel, pour écouter discrètement ce qui se passait. Non sans avoir demander à Alita de faire le guet, bien entendu. Ginny adorait donner des coups de pied dans l'arrière-train des gens en train de discuter dans la cheminée, il fallait dire que c'était tentant.
Blaise revint avec sa mère et Draco les pria tous de s'asseoir, l'air grave.
—Mon cher petit monsieur Malfoy, j'espère que vous avez une bonne raison de me déranger? Vitupéra Venatrix.
—C'est sûr, qu'est-ce que je vous dérange pendant votre dégustation de Martini!
—Daïquiri!
—Ouais, comme vous voulez, mais je disais donc...Hermione...
Celle-ci écarquilla les yeux, se demandant bien ce qu'il allait lui annoncer.
—Il est possible que tu sois enceinte!
—Hein?
—Parce que vous avez...Commença Venatrix, les traits soudain déformés par la fureur, Vous avez...
—Oui, ils ont! Assena Draco, Oui, ils ont et ils ne vous l'ont pas dit parce qu'après tout, tous les détails de leur vie de couple ne vous regardent pas, mais maintenant...
—Attends, une minute, Dit Hermione alors que Blaise se tordait les doigts, J'ai pris une pilule du lendemain...
—Tu parles du truc que Neis t'as donné? Hey, c'est Neis, elle t'aime pas, elle a voulu te faire une blague cruelle...ou alors, elle est super-conne...quoi qu'il en soit, ce qu'elle t'a donné était en réalité un mini-bonbon à la menthe, donc, il est possible que tu sois enceinte...
—Euh...
—Non, impossible, Gémit Venatrix, Un bébé...un bébé avec mon Blaise...
—Rien est encore sûr, Objecta Hermione.
—As-tu eu tes règles depuis?
—Mêle-toi de ce qui te regarde, Malfoy!
—Réponds, c'est important!
—Non. Pas encore.
—Est-ce que tu as des nausées? Des envies de manger des trucs bizarres?
—Ta vision de la grossesse est pleine de clichés.
—Et, je suis pas gynécologue! Par contre, je connais un sort de magie japonaise pour savoir si t'es enceinte.
—Depuis quand les gays s'y connaissent en matière de physiologie féminine?
—C'est Cius qui m'a appris! Il l'utilisait sur les divers animaux de compagnie qu'il a eut dans sa vie: chattes, chiennes, lapines, gerboises,...Il prenait toujours des femelles mais n'avait pas le cœur de les stériliser, alors pour vérifier...
—Avec quoi est-ce que tu me compares, là?
—Je veux juste aider, moi!
Hermione roula des yeux et se leva, visiblement exaspérée.
—Allez, vas-y, jette-le ton sort de vétérinaire, mais il n'y a pas intérêt à ce que ça soit une arnaque et que me cheveux se changent en serpents!
—Des serpents...ça les amélioreraient, mais bon...tiens-toi droite...
Draco sortit sa baguette et se lança dans une gymnastique compliquée, mais moins que la formule qu'il prononça. Hermione fit une grimace et crispa la mâchoire.
—Est-ce que ça fait mal?
—Oui. Enfin, ça picote la peau à vrai dire.
—Aïe...ça veut dire que le test est positif...tu es enceinte, désolé.
Blaise et sa mère gagnèrent haut le main le Concours de l'Air Ahuri, mais Hermione se contenta de hausser un sourcil d'un air sceptique. Draco la regarda d'un air insistant.
—Je suis vraiment enceinte? Dit-elle, prenant un visage un peu plus inquiet.
—Impossible! Pleurnicha Venatrix en s'effondrant dans son fauteuil, je ne peux pas être grand-mère! Un bébé! Blaise, tu vas être obligé de l'épouser!
—J'en ai bien peur, Dit Draco, Sinon, quand le bébé sera là, elle ne pourra pas l'élever seule, parce qu'elle a pas encore d'argent, donc Blaise devra payer une pension...
—J'ai pas d'argent non plus! Se défendit celui-ci.
—Alors, c'est vous qui payerez, Venatrix!
—Nooonnnn! Je ne veux pas payer pour un bâtard!
—Je vous promets que si j'épouse Blaise, on ne vous embêtera pas avec ça, Dit Hermione d'un ton plus calme.
—Je vois...t'as gagné, petite garce! Oh, par Merlin, un bébé...personne ne croirait jamais que je suis grand-mère, j'ai l'air beaucoup trop jeune!
—Mais non, mais non...Fit Draco comme s'il voulait la rassurer, Détrompez-vous, vous ne paraissez pas du tout jeune!
—Fiche-le camps de ma maison, toi, espèce de sodomite!
—Ok, c'est pas la peine de vous énerver...sinon, je rend le gosse handicapé, comme ça, il faudra payer plus!
—Comment ça, tu veux rendre mon bébé handicapé?
Draco retira sa cigarette de sa bouche et la fourra de force dans celle d'Hermione. Celle-ci la recracha tout toussant et expirant de la fumée grise.
—T'es malade?
—Le tabagisme pendant la grossesse, c'est mauvais! Tiens, l'alcool aussi...
Il saisit le daïquiri de Venatrix et s'approcha d'Hermione, mais Blaise se leva et le ceintura pour l'empêcher de bouger.
—Laisse-la tranquille! Et puis, on ne plaisante pas avec les handicaps!
—D'accord, d'accord, c'était de mauvais goût, je m'en vais...
—C'est sûr qu'elle a un sale goût ta clope! Tu devrais arrêter cette merde!
Draco se dirigea vers la cheminée, d'où Ron retira sa tête.
—Nous allons partir aussi, Dit Blaise en prenant la main d'Hermione.
—C'est quoi ça? Demanda Draco en apercevant un papier sur la table basse.
—C'est le dessin d'Alita, elle a représenté Venatrix.
—Oh, comme c'est adorable, elle vous a représenté sous la forme d'une grosse araignée! Ma fille est un génie visionnaire, je le savais! (1)
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De l'autre côté de la cheminée, Ron croisait les bras.
—Cius n'a jamais eu qu'un seul lapin, Chuchota-t-il à Draco, Et c'était un mâle...
—Je sais, mais l'important, c'est que Mrs Zabini ait cru à ma petite mise en scène. Par contre, je pense que Granger a deviné elle aussi que je bluffais...
—En effet, je sais que tu as tout inventé, Intervint ladite Granger, D'ailleurs, je dois te remercier, Malfoy, tu as voulu m'aider, même si tes méthodes sont un peu particulières.
Et sans crier gare, elle décida de récompenser Draco en lui collant un baiser sur la joue. Il réagit au quart de tour:
—Aaaah, non, pas ça! Vite, du désinfectant!
Ron éclata de rire. Hermione ne semblait même pas vexée.
—Quelle horreur, quelle horreur, quelle horreur! Paniquait Draco en se frottant la joue.
—En vrai, Demanda Ron en s'approchant de lui, C'était quoi ce sort, si ça ne révèle pas les grossesses? Elle a eut l'air de ressentir quelque chose au niveau de l'entre-jambes, j'espère que tu ne lui as pas congelé la zézette?
—Nan, c'était juste un sort d'épilation intégrale du maillot...Elle risque d'avoir une surprise la prochaine fois qu'elle ira aux toilettes!
—Je ne veux même pas savoir où tu l'as appris, en tous cas, ça vient pas de Cius.
—Il faut que je me nettoie à l'eau! Vite!
Sans plus attendre, il se rua dans la cuisine. Ron le suivit, amusé, et découvrit Narcissa en train de préparer le repas avec Hal et Cius. Il se rendit compte à cet instant précis qu'il était mort de faim et qu'une odeur d'épicerie orientale embaumait l'air.
—Ronald! S'exclama Narcissa alors que Draco se savonnait au-dessus de l'évier à vaisselle.
Elle s'approcha de lui et prit un air navré, baissant légèrement la tête. Elle murmura alors, de manière à être comprise uniquement de lui.
—Je voulais m'excuser pour hier...L'alcool explique en partie mais pas entièrement mon comportement déplorable. J'ai essayé de coucher avec toi alors que tu es avec mon propre fils...Quelle genre de mère suis-je pour faire une chose pareille?
—Je...je ne vous en veux pas, mais j'aimerais comprendre.
—C'est...Commença Narcissa.
Draco sortit sa tête de l'évier:
—Cius, tu cuisines? Je pensais que...
—Ta mère a beaucoup insisté, alors j'essaie de faire du riz au curry, mais je promets rien...
—Moi, j'ai fait du gazpacho!
—Rien à foutre!
—Pelirrojo, tu veux du gazpacho?
—Volontiers, Narcissa?
—Euh, oui, merci Hal!
—Je l'ai préparé avec amour, parce que j'ai fait des bisous à tous les légumes que j'ai mis dedans, les tomates, les concombres, les poivrons...et je les ai caressés, aussi...
Il fit un mouvement avec sa main gauche qui indiquait qu'il pensait surtout aux concombres.
—Goutez-moi ça, c'est mon petit phyltre d'amour gorgé de soleil!
—Il sait où il peut se le foutre, son gazpacho? Marmonna Draco.
—Bah, moi, j'aime bien, Dit Cius en se servant, Cent pour cent végétarien et cent pour cent espagnol, et en plus, c'est délicieux!
—Oh, oui! Dit Narcissa, On sent bien le goût de l'amour et du soleil!
—Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre! Ronchonna son fils.
—Tu devrais t'occuper un peu d'elle...Je crois qu'elle a besoin d'un homme...et ton père...
—Ton curry est prêt, Coupa Draco.
—Super! Dit Ron, je commençais à avoir sérieusement faim, et puis, ça sent trop bon.
—Allez vous mettre à table, Dit Cius, Je vais vous servir ce truc raté!
Ron, Narcissa et Ron quittèrent la pièce sans attendre, et allèrent préparer la table où tout le monde commençait à affluer, l'estomac gargouillant.
—Ta mère a besoin de quelqu'un...Reprit Cius en versant le contenu de son wok dans un plat, Je ne sais pas si ton père ne la satisfaisait pas ou si c'est uniquement parce qu'il est parti en la laissant ici, mais elle cherche un substitut, et depuis qu'on la sauvée de l'algue dans sa baignoire, on dirait qu'elle a développé un triple-fantasme et...Elle a renoncé à Ron, et moi je ne lui cèderai pas puisque j'ai Emy, mais il reste...
—Putain, mais t'as vu comme il essaie d'allumer Ron avec sa mixture du soleil d'amour? Allez, viens, servons-leur à manger avant d'en voir plus!
Cius soupira et suivit Draco dans la salle à manger. Contrairement à ses craintes, son plat était réussi. Il s'agissait de riz accompagné de divers légumes au curry (2). Tout le monde savoura excepté Draco qui, en plus de regarder Hal d'un air méfiant, se tenait la joue et s'en retrouvait forcé de manger avec une seule main. En effet, il pensait qu'une pustule était en train de pousser là où Hermione l'avait embrassé.
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—Ze vais aller au Zapon, euh! Ze vais aller au Zapon, euh!
—Oui, mais s'il te plait, arrête de sauter dans tous les sens! Dit Draco.
—Hier, j'ai failli l'attacher à son lit, Soupira Ron.
Une semaine plus tard, les préparatifs étaient terminés et ils attendaient le bon moment pour toucher leur Portoloin.
—Luna et Théodore ne partent pas en même temps que nous, si j'ai bien compris?
—Oui, nous sommes un trop grand groupe, alors, on part séparément. Neis est avec Luna et Théo, ils ont rendez-vous dans quelques minutes un peu plus loin. Tonks et Remus sont déjà partis, Sirius et Rogue ne devraient plus tarder non plus...Cius et Emy quant à eux, ils doivent également déjà y être. J'imagine qu'ils s'organisent pour nous faire visiter Tokyo.
—La plus grosse partie, c'est quand même nous!
Ron compta rapidement les personnes présentes, en plus de lui, Draco et Alita, il y avait Harry, Ginny, Hermione, Blaise et Hal.
—Tiens, Manu ne vient pas?
—Si, mais il ne veut pas y aller par Portoloin, Expliqua Hermione.
—Ah bon?
—Oui, d'après lui, un aventurier digne de ce nom rejoint sa destination par ses propres moyens, sans utiliser la facilité.
—Il y va en transplanant ou quoi? Sur une telle distance, je doute que ça soit possible, à moins de s'appeler Voldemort ou Dumbledore...
—Ben, d'façons, il n'a jamais appris la magie, et je te parie qu'il n'y connaît rien en balais non plus, ni même en tapis volants...
—Il prend l'avion? Suggéra Harry.
—Je ne crois pas, ça aussi c'est "trop facile" pour lui.
—Mais alors, il y va comment? A pied et à la nage? Il va traverser l'Eurasie avec son petit sac-à-dos de randonneur ou quoi?
—"Tokyo Express"! Ricana Ginny.
—Vous n'y êtes pas, Dit Hal, En fait, il va contourner les continents par voie navale, avec les trois caravelles prêtées par Isabelle de Castille!
—Le pire, c'est qu'il est chiche de faire un truc pareil...
—Bah, au moins, on ne le verra pas pendant un moment, et ça c'est bien! Dit Hal d'un air dédaigneux.
Il remarqua alors qu'on les avait suivis:
—Maman! S'exclama Draco en reconnaissant Narcissa cheminer vers eux.
—Attendez-moi! Dit-elle hors d'haleine, Je voulais vous dire au revoir!
Elle arriva devant eux et reprit son souffle. Elle portait un panier rempli de petits gâteaux.
—Tenez, prenez-en un chacun...Je vous jure que cette fois, ils ne sont pas salés!
—Merci Mamie Cissy!
—De rien mon petit cœur! Oh, vous allez tous me manquer!
Ron avala son muffin avec la joie de constater que cette fois, le goût était réussi. Il vit que Hal regardait avec attention le fond du papier gaufré dans lequel était son muffin, comme s'il était en train d'y lire quelque chose. Il releva la tête et fit un clin d'œil à Narcissa, qui en rougit. Intrigué, Ron s'approcha discrètement. Il y avait bien quelque chose d'écrit sur le papier de Hal:
"Merci pour cette nuit, tu as été merveilleux!"
—Mais qu'est-ce que...? Fit le rouquin, s'étranglant à moitié.
—Ben, elle en avait besoin...et puis tu sais, moi, je suis toujours prêt à satisfaire les femmes...
—Tu veux dire que...tu as...avec elle?
—Tu es jaloux, mon petit Pelirrojo? Tu sais pourtant que je continue à aimer les nanas...Et comme je n'ai pas le droit avec toi...
—C'est pas ça, je suis inquiet pour toi...ne le dis jamais à Draco...sous aucun prétexte...et encore mois à Lucius!
—Je ne suis pas suicidaire!
—Dites donc! Intervint Draco, C'est quoi ces messes basses?
—Rien...on parlait des muffins...très bons d'ailleurs!
—C'est l'heure de partir! Coupa Hermione, Vite, touchez le Portoloin!
Tous se placèrent en cercle et mirent un doigt sur l'objet qui allaient les téléporter au Japon, et qui n'était autre qu'une vieille boîte à tartines dans laquelle avaient poussé des champignons. Le départ ne se fit pas attendre, à l'heure prévue, ils ressentirent la traditionnelle sensation de crochet dans le nombril et quelques instants plus tard, ils étaient dans une vaste campagne.
—C'est les mêmes décors que dans Dragon Ball Z! Déclara Alita.
Des voix se firent entendre, et ils virent Cius, Emy, Remus et Tonks qui étaient là pour les accueillir.
—Ah, vous voilà! Bienvenus au Japon! Annonça la romancière.
Un crac sonore se fit entendre, et Sirius et Severus apparurent à leur tour.
—Bienvenus! Répéta Emy, Faites comme chez vous!
Elle regretta cette parole quand Sirius fit comme chez lui:
—Remets immédiatement ton pantalon! Gronda Severus.
Ils attendirent encore un peu, le temps que Luna, Théo et Neis arrivent.
—On est pas à Tokyo, hein?
—Non, on allait quand même pas apparaître comme ça, au milieu des Moldus!
—Maintenant qu'on est au complet, suivez-nous, on va vous montrez où vous allez dormir, la compagnie Taitô a décidé de vous offrir une suite de luxe dans un grand hôtel quand ils ont appris que le célèbre Harry Potter était parmi vous...
—Nan, c'est pas vrai, même au Japon, je suis une attraction! Se plaignit le concerné.
—Même sur la planète Gallifrey tu es une attraction, Dit Cius d'un air compatissant. Bon, vous venez?
Sans plus attendre, ils se dirigèrent vers la ville. Alita ne se sentait plus de joie. Elle n'avait jamais connu de vacances aussi longues de sa vie, et voilà qu'elles se prolongeaient encore, et dans un nouveau pays...
Cependant, il y avait une ombre au tableau: pourquoi était-elle la seule enfant du groupe? Pourquoi était-elle privée de compagnons de son âge? Où étaient Edward, May, Tristan, Albus, James, Lily, et même Teddy?
Elle y songea fortement pendant tout le voyage, elle n'en parla pas non plus pendant le dîner dans un restaurant chic. Elle attendit que tout le monde soit bien installé à l'hôtel.
Et puis, après avoir échangé un regard avec Luna, elle craqua.
(1) Je ne sais pas si vous allez trouver ça visionnaire. Retirez les espaces pour voir l'image.
http : /i37 . servimg . com/u/f37/13/67/83/79/dessin10 . jpg
(2) Le curry japonais, recette célèbre au Pays du Soleil Levant, contient normalement aussi de la viande, mais bon, on n'allait pas l'obliger à faire ça!
