Chapitre trente-quatre : Frangine

Avril 1991, San Francisco :

C'est une sacrée trouvaille !

N'est-ce pas ? Et nous avons eu de la chance, la dernière fois, les Britanniques l'avaient volé, et caché dans le château de Poudlard…Mais il a été récupéré par la suite, et on racontait que les Péruviens refusaient catégoriquement qu'on vienne s'en approcher, pour éviter un nouveau vol…

Pourquoi ont-ils accepté de nous le confier ?

Parce qu'ils savent que nous ne sommes pas des voleurs, ils connaissent mon nom et sont au courant que je possède un musée d'artefacts magiques, entre mes mains, ce Sablier ne sera pas un larcin honteusement dissimulé au fond d'un château, mais une sauvegarde du patrimoine culturel…et puis ils considèrent notre système de défense plus efficace que le leurs…

D'où il vient, ce Sablier, en fait ? Ce sont les Péruviens qui l'ont créé ?

On n'en est pas sûr, mais il est possible que cela soit un cadeau d'un conquistador sorcier…il devait avoir un truc à faire pardonner, celui-là…

Au moins ça prouve que ce n'était pas tous des pilleurs…Vous comptez l'exposez au grand public ?

Il sera dans une salle surprotégée…et inutile de prévenir la presse, sauf la spécialisée, qui sera plus discrète tout en effectuant la mise à jour de notre actualité.

Bien, c'est pas tout, mais il va falloir que je rentre chez moi pour dîner…

Oui, moi aussi, je reviens d'une expédition de plusieurs mois, j'ai hâte de retrouver ma femme et ma fille !

Ouais, au revoir, Ernst !

Au revoir !

Ernst prit grand soin d'entourer son acquisition péruvienne des plus grandes protections dont son musée disposait. Ensuite, il sortit dans les rues san-franciscaines et se dirigea vers la sienne.

Arrivé devant sa demeure, il ne frappa même pas, et entra en lançant un joyeux « C'est moi, je suis de retour ! »

Son épouse était en train de cuisiner d'un air maussade. Visiblement, quelque chose la turlupinait au point que même le retour de son mari après plusieurs mois d'absence ne pouvait déclencher sa bonne humeur.

Bonsoir, Mildred ! S'exclama néanmoins Ernst en entourant ses bras autour de ses épaules.

Ouais, salut.

Ce voyage était passionnant, figure-toi que j'ai trouvé un…

Ouais, tant mieux pour toi si tu as réussis quelque chose dans ta vie, car on ne peut pas en dire autant de tout le monde ici !

Comment ça ?

Ta fille a échoué au concours de chant auquel je l'avais inscrite !

Mais…est-ce si grave ?

Bien sûr, rends-toi compte : elle n'a été que deuxième ! Deuxième ! Après tous les cours qu'elle a suivis, deuxième !

Mais…c'est bien quand même, elle n'est pas dernière !

Non, parce que ça veut dire qu'elle n'est pas la meilleure !

Tu ne penses pas que tu lui mets un peu la pression ? Elle n'a que sept ans…

La pression ? Ernst…Tu sais bien que j'ai moi-même étudié la musique et le chant pendant un nombre incalculable d'années, mais je ne suis arrivée à rien…parce que j'ai commencé trop tard ! Si ma mère avait été aussi sensée que moi, elle m'aurait inscrite à des cours dès la crèche, et à l'heure qu'il est, je serais une artiste célèbre et non une femme au foyer dont les rêves ont été brisés ! Neis ne se rend vraiment pas compte de la chance qu'elle a d'avoir une mère qui la pousse ! Si elle ne prend pas l'habitude d'être combattive depuis le début, elle n'arrivera jamais à rien ! Et ça, c'est aussi valable pour les études de magie qu'elle commencera dans quelques années, si jamais elle ramène une note inférieure à 19/20, je…

Papa ! Dit une petite voix.

Neis avait entendu que son père était de retour, des traces sous ses yeux montraient qu'elle avait pleuré, mais en voyant l'auteur de ses jours, la joie brillait dans ses iris verts. Mildred lui adressa un regard acide :

Retourne dans ta chambre ! Tu es punie ! Je t'ai demandé de réfléchir à ce que tu as fait !

Mais maman…je veux dire bonjour à papa !

Tu es punie ! Tu as sept ans et tu es déjà une perdante ! Comment tu vas faire plus tard, quand je ne serai plus là pour passer derrière toi ?

Neis se tut. Elle n'avait ni l'audace ni ne savait que répondre à sa mère. Elle regarda Ernst de manière suppliante, puis tourna les talons, soumise, et grimpa les escaliers pour retourner dans sa chambre.

Mais enfin, Mildred…

Le dîner est servi.

Ernst soupira. L'envie de parler du Sablier lui était passée.

Au même moment, Neis était occupée à humidifier son oreiller de larmes chaudes et salées. Machinalement, elle fourra ses mains sous celui-ci, et ses doigts rencontrèrent une feuille de papier. Ah oui, c'est vrai, elle avait planqué un truc là, l'autre jour. Un dessin qu'elle avait réalisé, représentant deux petites filles, l'une plus grande que l'autre, et qui serrait sa cadette contre elle dans un geste presque maternel. Neis et Lolita. Lolita, c'était la petite sœur que Neis rêvait d'avoir. C'était dur d'être fille unique, elle n'avait personne avec qui jouer. Même pour étudier la musique, avoir quelqu'un pour s'encourager mutuellement, quelqu'un avec qui faire des duos, ce serait bien mieux. Et puis, si Mildred avait deux filles, peut-être qu'elle diviserait ses exigences par deux, sait-on jamais…Neis était même prête à endurer tous les mauvais côtés d'une petite sœur, comme quand elle vous casse les pieds, vous vole vos affaires, ou copie votre look vestimentaire à la manière d'un clone…parce qu'au moins, elle ne serait plus seule…

~oOo~

—Hey ! Réveille-toi, grosse truie !

Neis ouvrit les yeux. Elle avait mal au dos, faut dire que la cellule où elle était enfermée n'avait rien de confortable. Elle reprit conscience d'où elle était, maudit Marisu pour l'odieux piège dans lequel elle l'avait attirée, et maudit Alita de l'avoir tirée du sommeil. Encore que, ce n'était pas vraiment un rêve agréable…

—Fous-moi la paix, mini-crevette, va emmerder quelqu'un d'autre !

—Mais il n'y a que toi ici, qui tu veux que z'embête d'autre ?

Neis soupira. Pourquoi Marisu l'avait-elle capturée, d'abord ? Pourquoi elle ? Si elle avait élaboré tout ce plan avec l'inexistante Nao, c'est qu'elle la voulait elle, en particulier ! Mais justement, pourquoi ?

Quand l'égocentrique Nippone était revenue et avait ajouté Alita dans la cellule, elle se posa des questions supplémentaires. La petite lui apprit qu'elle avait trouvé un ascenseur secret dans un vide-linge, avec Tata Dzinny et Miss Emy, et qu'elles avaient découvert une pièce très bizarre. La vilaine madame était venue, et leur avait expliqué que c'était son second appartement, et qu'elle avait torturé un Anglais il n'y a pas longtemps sur son fauteuil bizarre…Et après, elle avait jeté toutes sortes de sorts à Tata Dzinny et à Miss Emy…elles ont essayé de se défendre, mais la vilaine madame était trop forte, surtout que la rouquine avait cassé sa baguette…puis, la vilaine madame a pris Alita par le bras, et l'a enfermée avec la grosse truie… Et pis, ze sais plus !

—Et pis, elle arrête pas de dire que ze suis métis ! Ça veut dire quoi, d'abord ?

—Que tu n'es pas asiatique à cent pourcents…

—Ouais, ben c'est n'importe quoi !

—Faut voir, peut-être qu'un de tes parents biologiques était un scampi, ça expliquerait tu sois une crevette !

—Et toi, ta mère, c'est Peggy la cochonne !

—Ah…pas faux, Dit Neis d'un air amusé, ce qu'Alita ne comprit pas.

oOoOOOoOo

Ce rêve bleu, je n'y crois pas, c'est merveilleux. Pour moi c'est fabuleux, quand dans les cieux, nous parcourons ce rêve bleu à d…trois ?

Narcissa aurait pu être aux anges. Elle survolait la Terre en tapis volant, moyen de transport magique ultra-rapide qui lui assurerait de retrouver son Dracouninounichet plus tôt que prévu, sans doute le rejoindrait-elle dans quelques heures…

Et puis, il y avait le paysage fabuleux, les steppes de Sibérie et les montagnes de l'Himalaya…elle aurait bien croqué un petit bout de l'Everest ! Le vent fouettait ses cheveux, c'était ça l'aventure !

Et Manu, Manu derrière elle, qui la tenait dans ses bras, son corps chaud plaqué dans son dos, l'empêchant de finir congelée par l'altitude.

Dommage que Sacha Vilen fut également là…

Et qu'aussi bien Manu que Sacha étaient ronds comme des queues de pelle, et empestaient la vodka à trois mètres !

Non, vous n'avez pas manqué un épisode, j'ai fait exprès d'anticiper pour faire style. Mais voilà comment ils en étaient arrivés là :

Arrivés à Moscou, Narcissa s'était mise à courir vers le kremlin, parce que l'architecture de ce bâtiment lui donnait l'impression d'avoir affaire à une pâtisserie géante et que cela la faisait beaucoup rire. Elle s'était heurtée au ventre de quelqu'un qui avait des abdos en acier trempé, ce qui avait fait « boum », suivi d'une Narcissa qui zigue-zaguait en se tenant la tête. Manu était arrivé derrière elle, et avait reconnu la femme monstrueuse qu'il avait affrontée le jour du procès avec l'aide Del Tigre. Sauf qu'elle avait encore l'air moins féminine que d'habitude.

— Vous êtes vachement poilue, Avait Dit Manu.

—T'es pas mal non plus dans le genre ! Avait répliqué Narcissa.

— C'est quoi votre excuse pour avoir une aussi belle moustache ? Avait repris l'aventurier.

Sacha fut d'abord réticente à révéler la vérité, après tout, Manu, elle ne l'aimait pas ! Néanmoins, avec un peu d'insistance, et quelques questions très pertinentes posées par Narcissa, elle avoua qu'elle était un homme, qu'elle prenait des pilules magiques qui lui donnaient temporairement une morphologie féminine, mais qu'elle, enfin il, était à court. La personne qui les fabriquait vivait au Japon, et il comptait s'y rendre pour s'en procurer d'autres. Le mot « Japon » fit « tilt » dans la tête de Narcissa, qui vit là une occasion de retrouver Drackininou plus vite. Elle demanda à Sacha de les prendre avec lui. Un « niet » catégorique fut la réponse. Narcissa eut alors une idée :

—On va faire un jeu, et si vous perdez, vous devrez nous emmener avec vous !

—Quel genrrre dé jeu ?

—Un concours de celui qui boit le plus de vodka !

—Ha ha ha ! Da, c'est d'accord, da !

—Hem…Fit Manu, Tu es au courant que tu possèdes une résistance à l'alcool plutôt faible ? Qu'est-ce qui te prend de défier un Russe à ce jeu-là ? Tu vas perdre !

—J'ai jamais dit que ce serait moi le challenger…

—Quoi ? Attends…

—Ben ouais, tu clames haut et fort que tu n'as pas de nationalité précise…donc, quelque part, tu es un peu de tout, y compris un peu russe…

Manu soupira.

—T'as de la chance, tu trouves les bons arguments.

Ils se rendirent donc dans une taverne. Narcissa commanda un simple thé. On lui servit du thé à la vodka. Manu et Sacha commencèrent alors à vider les verres d'alcool pur qu'on leur présenta. Au bout d'un moment, ils étaient tous les deux complètement pétés, impossible de dire lequel avait gagné tant ils étaient dans le même état, mais Sacha en était au point de ne plus se rappeler exactement l'enjeu. Narcissa se contenta de lui dire : « Et maintenant, on va Japon tous ensemble ! » et elle obtint le « Da ! » tant espéré.

Sacha les emmena chez lui en titubant, et leur présenta sa grand-mère, sa « baboushka », qui leur remit un tapis volant qu'elle avait hérité d'un arrière-grand-oncle passionné par les pays du Proche Orient. Et nos trois lascars s'envolèrent vers un rêve bleu aux vapeurs éthyliques.

Narcissa regardait les montagnes. Elle calcula qu'ils devaient être en train de survoler le Tibet. Oh, un yéti ! Moins poilu que Manu et Sacha en tous cas !

oOoOOOoOo

—Marisu…ça fait seulement deux jours que je te connais, mais j'ai déjà envie de t'aplatir la gueule comme un pancake !

—Tu as pris notre fille !

—Et notre chanteuse !

—Et même quand Hélium essaie pour la première fois de sa vie de faire une bonne action, il faut que tu gâches ça ! Si c'est pas pousser le bouchon un peu trop loin, ça ?

—Bref, on va te botter le train !

—…

Tous cinq étaient alignés sur le seuil de l'hôtel-laboratoire, Ron, Draco, Hermione, Harry et Hal, dans les starters, prêts à en découdre avec leur ennemie protéiforme…

—J'ai pris la Cape de Harry, Dit Ron.

—Quoi ? Répliqua ce denier, Mais, on n'y tiendra jamais à cinq ! Déjà à trois, on a du mal, depuis qu'on a grandi !

—Il n'a jamais dit qu'on l'utiliserait à cinq, Dit Draco.

—Oui, mais…

—Ron et moi l'utiliserons pour pénétrer dans les appartements privés de l'autre charogne, et vous trois, vous…vous occuperez de la distraire…

—Mais mais…mais pourquoi ce serait nous qui ferions le sale boulot ?

Draco soupira et planta un regard féroce dans les yeux de Harry.

—Potter, dois-je te rappeler que ta carrière de héros est terminée ? Laisse-la place aux autres et arrête de chercher à être toujours sur le devant de la scène ! T'as eu ton heure de gloire, maintenant, laisse-nous avoir la nôtre…

—Mais tout ce que je veux, c'est aider !

—Et alors ? Tu nous aides en faisant diversion. A moins que…je vois…tu penses que Ron et moi on n'est pas assez doués pour réussir sans ton incroyable de talent ? T'es gonflé, tu ne serais jamais arrivé à rien si Ron n'avait pas été à tes côtés ! Il t'a aidé mais c'est toujours toi qu'on a acclamé pendant qu'il restait dans l'ombre et que personne ne reconnaissait sa participation ! Et là, tu veux que ça continue ? Et c'est moi qui suis sensé être un égoïste, non mais tu t'es regardé ?

—Malfoy, ce n'est pas du tout, ça, c'est que…

—C'est quoi alors ?

—Il fait beau aujourd'hui, Dit Hermione.

—Très beau, Dit Hal.

Ron intervint :

—Harry, s'il te plait…il s'agit d'Alita, tu ne crois que c'est à moi et à Draco qu'il revient d'aller la sauver ?

—Ce n'est pas parce que je suis juste « Tonton-Super-Harry-Cervelle de-Méduse » que je ne me sens pas aussi concerné que toi par son sort !

—Mais il n'y a que deux places sous la cape…il faut bien choisir…

—C'est la Cape de mon père…

—Mais t'es vraiment une tête de mule, Potter ! Vociféra Draco.

—Baissez d'un ton, s'il vous plait, Suggéra Hermione, A moins que vous ne vouliez être repérés avant qu'on ait pu mettre en place la moindre stratégie…d'ailleurs, cette diversion, en quoi consisterait-elle ?

—Moi, je sais ! Dit Hal, on arrive en courant devant Marisu, on lui dit qu'elle est moche, qu'elle ressemble à une merde de Troll et qu'elle a la même odeur, et puis on lui tourne le dos, on abaisse nos frocs et on lui montre nos fesses en faisant « nananananère ! ». Alors elle va reculer en titubant et se prendre les pieds dans un des yuccas qui garnissent l'entrée, et puis…

—Je te le dis tout de suite, je ne montre à personne cette partie de moi ! Dit Hermione, Sauf peut-être à Blaise…

—Ah ben…oh, et puis, c'est vrai que Pelirrojo va filer super vite, il n'aura pas le temps de reluquer mon cul…

Draco leva sa baguette et trois secondes plus tard, un pot de fleur tomba du ciel et atterrit pile sur la tête de Hal.

—J'ai toujours dit que ce mec était un empoté, Maugréa-t-il, Ron n'éprouve aucun intérêt pour ton derrière, d'accord ? Et maintenant, revenons-en au Balafré…

—Harry, s'il te plait, fais diversion, ou fais le guet, mais laisse-nous…

—Faire le gay, ça vous ressemble plutôt, non ?

—Potter, tu veux un géranium dans la gueule, toi aussi ?

—S'iiiiil teeeeeuuu plaaaaiiiit ! Fit Ron en adressant à son meilleur ami ses plus magnifiques yeux de chaton en mal d'affection.

—D'accord…

—En fait, ça sert à rien, Dit Hermione en regardant à l'intérieur du bâtiment, Marisu n'est pas dans l'entrée, la voie est libre…

—…

—…

—…

—Bon, alors, on y va ? Ou vous voulez encore perdre votre temps à vous bouffer le nez ?

En silence, ils entrèrent et se dirigèrent vers le premier étage, où se situait l'appartement de Marisu ainsi que le local de surveillance.

—Potter m'a vraiment énervé ! Souffla Draco à Ron, Quand je pense à tout ce que tu as du enduré quand tu souffrais d'être toujours dans son ombre, et que même encore maintenant, il ne pense qu'à encore te voler la vedette ! On te traite de jaloux, mais là, son comportement te donne raison !

—Oh, je ne pense plus que j'envie Harry, Répondit le rouquin, Vois-tu, je ne sais pas si tu vas le prendre comme un compliment, mais tant pis : tu es pire que Voldemort, les Mangemorts, les détraqueurs, la pierre philosophale, le basilic et tout et tout réunis. T'aimer semble être la plus grande de toutes les aventures !

Draco resta perplexe. La porte de l'appartement était devant eux.

—Allez…on va sans doute trouver des indices qui nous mèneront à Alita ici…

Hermione était à côté du local de surveillance dont la porte était ouverte. Machinalement, elle regarda à l'intérieur et lorgna les écrans.

—Il y a quelqu'un dans la serre ! Chuchota-t-elle à Harry qui était devant elle.

Le binoclard se retourna, et Hal l'imita. Ron et Draco, en revanche, avaient déjà franchi la porte.

—Mais…c'est Narcissa Malfoy! S'exclama Hermione en regardant de plus près.

Elle voulu jeté un œil à Draco pour voir ce qu'il pensait de la présence de sa mère dans la serre de Marisu, mais lui et Ron avaient disparu dans l'appartement, dont la porte refusa de s'ouvrir après le passage des deux garçons, comme si on l'avait ensorcelée.

—Il y a aussi Manu, Remarqua Harry, provoquant une grimace de dégoût chez Hal.

—Et il y a aussi…

Hermione lâcha un petit cri aigu. Sacha Vilen lui faisait toujours cet effet.

oOoOOOoOo

Severus était encore un peu fatigué. Aussi, il ne remarqua pas que ce qu'il prenait pour de la purée de cervelle de triton était en réalité du wasabi, puisque quelqu'un avait joué un sale tour à Sirius et à Cius quand ils étaient allés l'acheter.

—Voilà ta potion, Lupin !

—Merci !

Voilà qui éviterait à nos amis d'avoir à composer avec un loup-garou incontrôlable en plus de leurs ennuis actuels.

Enfin non, évidemment.

oOoOOOoOo

Lux ronronnait sereinement pendant que sa maîtresse prenait son bain. L'eau agrémentée de lait de femelle hippogriffe ruisselait sur les magnifiques épaules de Marisu, alors qu'elle marinait dans son bain parfumé, dans lequel flottaient des fleurs des champs. La baignoire avait les dimensions d'une piscine et trois geishas en habit traditionnel jouaient du shamisen, du koto, ou récitaient de la poésie pendant que deux autres aidaient à la toilette de leur terrible patronne qui se prélassait en leur répétant qu'elle était une personne parfaite, des fois qu'elles l'oublieraient.

Celle-ci se décida à émerger du bain, et les deux esclaves vinrent lui enfiler un peignoir en éponge rose. Des sortilèges de magie furent utilisés pour la sécher et pour démêler ses cheveux, qui étaient à ce moment là noirs et coupé au carré. Lux observait le manège de ses yeux aux pupilles verticales. Marisu s'installa devant sa coiffeuse, et exigea un maquillage digne de la reine égyptienne avec qui elle était de toute évidence en train de se comparer. Alors qu'on lui appliquait du khôl autour des yeux, son homme de main Fujiyoshi frappa à la porte. Elle l'autorisa à entrer et il expliqua que des intrus avaient fait leur apparition.

Elle congédia ce fidèle toutou et son humeur changea. Des intrus, comment osaient-ils ? C'était encore cette bande de jeunes, les deux pédés de la gamine et leurs amis !

Mais qu'importe, cette bande de gugusses ne pourraient rien contre elle, car elle était trop intelligente pour eux. Comment ces guignols pourraient-ils la vaincre ? Ils voulaient jouer ? Pas de soucis: elle était forte en jeu, grâce à son QI de plus de 300 ! Ils allaient être la risée du monde entier !

Et puis d'abord, que voulaient-ils ? Récupérer les deux filles ? Se venger pour ce qu'elle avait fait à la rousse et à la folle au chapeau ? Ou alors voulaient-ils lui dérober son précieux Sablier, qu'elle avait gagné si honnêtement en kidnappant la fille d'Ernst Darling. «Si vous voulez la revoir vivante…»

Marisu se rappela le jour où elle avait découvert l'existence de ce Retourneur de Temps exceptionnel, inégalable. Elle l'avait trouvé après de longues recherches dans des grimoires anciens et avait de suite eu envie de le posséder. Le grimoire en question concernait la magie sud-américaine, et il était dit dans un paragraphe qu'au Pérou ce trouvait le seul Retourneur de Temps assez puissant pour voyager sur plusieurs années. C'était un cadeau d'un conquistador espagnol au nom inconnu, mais depuis longtemps, Marisu le soupçonnait d'être l'ancêtre de Rocío « la pute » Machaca. La Sablier avait un fonctionnement assez mystérieux, et Marisu songeait qu'elle seule possédait l'intellect et les nerfs assez solides pour l'utiliser. En poussant plus loin ses recherches, elle apprit que les Anglais l'avaient volé…Maudits Rosbeefs ! Ça ne l'étonnait pas, les Européens étaient tous des abrutis qui n'avaient pas le raffinement des Asiatiques ! Europe = beurk !

Et puis, une chose inespérée arriva : Lucius Malfoy. Cet Anglais, ce serait l'exception qui confirmerait la règle ! D'abord, parce qu'il avait vu le Sablier dans son école. Ensuite, parce que, Marisu éprouva un sentit inconnu pour lui : l'amour !

Après tout, quand elle serait couronnée Reine des Abeilles, elle aurait quand même besoin d'un Bourdon pour la butiner de temps à autres ! Lucius était parfait : distingué, raffiné, habillé à la mode dandy décadent…et surtout il pensait comme elle, à savoir que la majorité des humains étaient des déchets indignes de lever les yeux vers des créatures sublimes et divines comme lui.

Malheureusement, tout ne s'était pas passé comme prévu…cette Rocío avait tout gâché et Marisu s'était retrouvée en 1980 ! Reprenant ses esprits, elle avait pris l'apparence d'une élève de Poudlard pour sortir du château discrètement. Elle s'était ensuite rendue au Manoir Malfoy, pour que son amour lui vienne en aide. Mais qui vint ouvrir à la porte où elle frappa ? Une blondasse engrossée ! Narcissa, l'épouse de Lucius, sur le point de mettre bas le petit héritier ! Marisu la détesta immédiatement. Comme son Lucius avait-il pu la remplacer par cette Anglaise si laide et si peu parfaite ? La blonde eut un sourire gentil et l'invita à boire une tasse de thé, car elle la prenait en pitié. En pitié ! On ne prenait pas Marisu Taitô en pitié, c'est elle qui trouvait les autres pitoyables, nom d'un dragon ! Quand Lucius la vit et la reconnut, il pria la blonde de les laisser. Il expliqua à Marisu qu'après dix ans, l'eau avait coulé sous les ponts, qu'il ignorait qu'il la reverrait, et que maintenant qu'il avait établi sa vie avec Narcissa, elle devrait en disparaître…

Néanmoins, il avait conservé ses lettres, peut-être y avait-il un espoir ?

Elle déambula à Londres, seule et abandonnée. Elle voulut écrire à ses parents, mais elle apprit qu'ils étaient morts de chagrin de ne plus la voir. Tout le monde l'avait oubliée au Japon, et dans le reste du monde. Elle fut recueillie par Mr Aubin, pharmacien du Chemin de Traverse, qui prit soin d'elle, même s'il espérait surtout la troncher. D'ailleurs il y arriva, et elle était consentante. Elle décida d'en faire son associé pour son nouveau projet, qu'elle baptisa Aubin & Marie. Il fallait qu'elle se relève.

Une année plus tard, en 1981, son entreprise commença à décoller, mais personne n'y prêta attention, car la presse sorcière était obnubilée par un bébé anglais qui avait vaincu un puissant mage noir… « Crétin de bébé ! » Maugréa-t-elle, « Mon laboratoire de cosmétiques est bien plus impressionnant que ça ! Puis moi quand j'étais bébé, j'ai composé une symphonie. Dans ta face Mozart !»

Elle caressa la tête de Lux, son fauve de compagnie. Celui-ci sortit une langue fourchue et ronronna.

L'année précédente, Aubin & Marie se portait bien. Mais pour autant, elle n'avait pas oublié le Sablier. Comme une maniaque, elle avait épluché la presse de manière à trouver le moindre indice qui la mènerait à lui, et c'est ainsi qu'elle découvrit, sur une page discrète, que le musée d'Ernst Darling l'avait accueilli parmi ses collections, mais qu'il était surprotégé. En recherchant des informations sur le bonhomme, elle trouva une photo de lui avec sa femme et sa fille…une si mignonne gamine, ce serait dommage qu'elle se fasse enlever lors d'un séjour à l'étranger, hein ?

Une des servantes lui passa des bracelets d'or aux poignets. Ernst lui avait répondu. Le Sablier allait bientôt être à elle ! Il ne lui resterait plus qu'à trouver un moyen de le faire fonctionner. Pour ça, elle avait trouvé une astuce, mais dans le cas où ça ne marcherait pas, Alita serait son plan de secours, puisque celle-ci était déjà parvenue à faire fonctionner le Sablier, elle pourrait sans doute recommencer.

Ainsi donc, Marisu voyait une nécessité de garder Alita en vie, elle ne la donnerait pas à manger à Lux ! Par contre, les autres…

Parée comme Cléopâtre, Marisu s'apprêta à donner une leçon bien sentie à cette bande de jeunes idiots qui avaient osé la défier.

« Vous me faites marrer, les guignols, là ! Je ne suis pas une gentille, vous allez pleurer !»

oOoOOOoOo

Ron et Draco se retrouvèrent dans l'appartement de Marisu.

—Ça ressemblait vraiment à ça la première fois qu'on est venus? Dit Ron.

—Je ne crois pas, non...elle a changé la déco?

—Je ne me rappelle pas qu'un immense plat de sushis était sur la table...

—Il y en a pour une armée, c'est quand même pas elle toute seule qui mange ça?

—Je ne crois pas, et puis...elle se nourrit exclusivement de chair humaine, non? Du coup, je me demande à quoi il sont fourrés, ces sushis...

—On va voir...

Draco s'approcha de la table et saisit un sushi qu'il fourra en bouche.

—J'adore ces petits trucs, faut absolument que j'apprenne à en faire...

Il avala et se resservit.

—Quand j'aurais mon restaurant, Marmonna-t-il en mastiquant, Je l'aménagerai en plusieurs salles, chacune avec une ambiance différente propre à un pays, où je servirai de la cuisine traditionnelle de ce pays...Je suis en train de m'imaginer ma salle japonaise, là...

Il enfourna un troisième sushi.

—Tu as l'air de vraiment aimer ça...Dit Ron amusé, Mais euh...vas-y mollo!

Draco était en train d'essayer de faire entrer trois sushis dans sa bouche.

—Et après on dit que c'est moi qui suis un morfale! Oh, du saké! Hé hé, elle nous doit bien ça, l'autre mégère, qu'on lui pique sa bouffe et son alcool!

Ron se servit un verre de saké alors que Draco semblait incapable d'arrêter de se bourrer de sushis.

—On devrait peut-être chercher des indices, Dit Ron après avoir vidé le verre et en s'en resservant un autre.

Il le but aussi vite que le précédent et versa un troisième. Draco se goinfrait véritablement de sushis. Ils restèrent ainsi un long moment sans parler, l'un mangeant et l'autre buvant. Finalement, Ron reprit la parole alors que la tête commençait à lui tourner.

—Tu manges n'importe comment...le mythe du Draco raffiné vient de s'écrouler, là...

—Peux plus m'arrêter, gloups miam! Dit Draco entre deux bouchées.

—Moi non plus, slurp! Hic!

—M'croit qu'elle a mis...miam... des addictifs dans les suhis!

—H! Dans le saké aussi...c'était un piège! On s'est fait avoir comme des...oh, la bouteille est vide, j'en veux une autre, j'en veux une aaaauuuutre!

Ron s'agita. Il vit une autre bouteille et courut jusqu'à elle, mais il perdit l'équilibre et trébucha. Draco se tenait à présent à genoux sur la table et amenait les sushis à sa bouche à toute vitesse.

oOoOOOoOo

Une fois sur le toit, Harry, Hermione et Hal se précipitèrent sur le trio incongru qui avait fait irruption dans la serre. Sacha époussetait son tapis volant en le tapotant de ses grandes mains. Apparemment, l'atterrissage ne s'était pas fait en douceur, car Narcissa avait des feuilles et des herbes plein les cheveux, et un grand trou était visible dans la vitre de la serre. Manu avait eu moins de chance que les deux autres, il était tombé dans…

—Le monde entier est un cactus, il est impossible de s'asseoi-a-a-a-a-ar !

—Bien fait, grand couillon, Dit Hal.

—Attends voir, mariquita, tu veux aller dans la fosse aux cactus ? Parce que je peux t'y jeter la tête la première !

—Oh, la barbe, vous deux ! Gronda Hermione, Narcissa…vous allez bien ?

—Oui, oui…où est Draco ?

—Et bien…euh…

—Pourquoi vous êtes venue ? Dit Harry, Et qu'est-ce que l'autre monstre fait avec vous ?

—Ne parle pas comme ça de Petrova, Harry, Dit Hermione, Je t'ai expliqué qu'elle est comme ça à cause de blessures passées…

—Tu veux dire « il » ?

—Où est Draco ? Répéta Narcissa.

—En fait, Commença Hal, Il…euh…les gars ?

—Qu'est-ce qu'il y a ?

—C'est quoi cette bestiole qui nous regarde avec… gourmandise ?

Tous tournèrent la tête vers l'endroit qu'il indiquait et virent une étrange créature de la taille d'une panthère, à la silhouette féline, mais couverte d'écaille verdâtres et pourvue de yeux jaunes aux pupilles effilées, et d'une langue fourchue. Narcissa se jeta dans les bras de Manu qui manqua de retomber dans le bac à cactus.

—Un ophiopard, Dit Hermione, Mi-félin, mi-reptile…

—C'est anthropophage ?

—Euh…oui !

—Je crois qu'on va devoir courir.

—Ce n'est pas la peine, Dit une voix, Il n'attaquera que si je le lui ordonne…

Marisu apparut, et Hal et Manu manquèrent d'éclater de rire devant sa tenue.

—Lux a faim, c'est sûr, mais ce n'est pas encore le moment de le nourrir…

—C'est qui celle-là ? Fit Manu.

—Qu'est-ce que j'ai attrapé dans mes filets ? Poursuivit la Nippone, Alors, il y en a que je connais et d'autres non…Sacha…tu viens pour tes pilules, je suppose ? Tu vas devoir patienter, car comme tu peux le constater, je suis un peu occupée…Alors, il y a aussi Harry Potter…ce minable de Harry Potter…comment le monde sorcier a-t-il pu porter en héros un être aussi peu talentueux ? Quand je pense qu'il t'a fallu dix-sept ans pour te débarrasser de ce loser de Voldemort…moi, je l'aurais battu comme ça !

Elle claqua des doigts d'un air négligent.

—Pourquoi vous ne l'avez pas fait, si c'était si facile pour vous ? Répliqua amèrement Harry.

—Ensuite, il y a deux des guignols à qui j'ai loué un appartement, mais je ne les connais pas vraiment(elle désigna Hal et Hermione)…et puis il y en encore deux autres que je n'ai jamais vu, du moins, il me semble…Qui êtes-vous ?

—Je suis une future spécialiste de la Magie du Temps !

—Je suis le sextoy de Ron !

—Je suis un aventurier qui parcoure le monde en quête d'expériences extraordinaires à vivre !

—Je suis la mère de Draco Malfoy, rendez-moi mon bébé où ça va chauffer !

—La mère de Draco ? S'étonna Marisu, La bécasse qui m'a volé mon Lucius ?

—Mais qu'est-ce que vous racont…

Narcissa se tut. Elle avait reconnu la jeune-fille qu'elle avait trouvé sur le seuil il y a une vingtaine d'années de cela.

—Je ne sais pas comment vous avez survécu à mon algue tueuse, mais vous n'échapperez pas longtemps à votre sort !

—L'algue tueuse ? Vous voulez parlez de celle qui m'a attaquée dans ma baignoire ?

—Mais oui ! Dit Hermione qui venait de comprendre, Cette dingue est la créatrice des produits Aubin & Marie, et on croyait que cette algue était un accident du à un manque de soin dans la fabrication, mais…c'était donc à dessein ? Vous vouliez assassiner Narcissa pour la punir d'être mariée à Lucius ?

—Je trouve qu'être mariée à Lucius est déjà une punition en soi, Dit Harry.

—Hum…Fit Marisu, Quand j'ai découvert le nom de Malfoy dans le registre des commandes pour la Grande-Bretagne, je me suis penchée dessus, et oui, j'en ai profité pour essayer de la tuer…C'est une chance pour elle qu'elle ait survécu ! Mais la prochaine fois, je ne la raterai pas !

Narcissa prit peur et plaqua ses mains sur sa bouche.

—Vous êtes une saleté ! Et Draco, qu'est-ce que vous en avez fait ? Et Ron ? Et Alita ?

—Vous savez quelle heure il est ? Dit Marisu avec une fausse voix enfantine qui rappelait Ombrage, Il est l'heure de donner à manger à Lux !

—Quoi ?

—Vas-y, mon tout beau, taille-toi un festin !

Lux bondit sur la personne la plus proche de lui, à savoir Hermione. Celle-ci fouilla sa poche pour trouver sa baguette. Mais avant qu'elle n'ait pu le faire, des tiges jaillirent devant elle et encerclèrent le fauve pour le ligoter. Hal se tenait devant le bac de ros innodians, les plantes qu'il pouvait contrôler, et leur avait ordonné de se porter au secours d'Hermione.

—Oh, non, mon bébé ! Hurla Marisu.

—Couchée, sale bête! Dit Hal alors que Lux s'écrasait à ses pieds, saucissonné comme un gros chorizo à la viande de crocodile.

—C'est quoi, ça, maricón ? Dit Manu en voyant le phénomène.

—Ça ? Je sais pas, mais je suis le maître de ces plantes, mouhahaha !

—Comment ça se fait ? Fit Marisu.

—Attaquez Manu ! Ordonna Hal pour plaisanter.

Les fleurs se dirigèrent vers leur cible, mais Manu eut le réflexe de dire « Non, foutez-moi la paix ! » et les plantes s'immobilisèrent.

—Hein ?

—Hein ?

—Attaquez Hal !

Les tiges se dirigèrent vers Hal.

—Et non, pas moi, lui !

Les tiges se dirigèrent vers Manu.

—Manu aussi contrôle ces plantes, Dit Hermione.

—Qu'est-ce qui se passe ? Gémit Narcissa.

—Comment pouvez-vous donner des ordres à mes plantes ? Beugla Marisu, A moins que vous ne soyez…

Distraitement, Manu fourra son index dans son nez, et elle le reconnut.

—Nom de moi ! Tu es…le petit garçon…le fils de cette garce de Rocío…

—Comment ça, « Rocío » ? Dit Hal, Quelle Rocío, d'abord ? J'espère que vous ne parlez pas de Rocío Machaca y Juez, parce que si vous la traitez encore de garce, je vous sodomise avec un cactus !

—Et d'où tu connais ma mère, maricón ?

—C'est ma grand-mère, cabrón !

—…

—…

—Ta grand-mère ?

—Ta mère ?

—Tiens, ils vont enfin comprendre, Dit Harry d'un air las.

—Et dire que Luna et les autres ne sont pas là pour le voir, Ajouta Hermione, C'était eux qui s'amusaient à voir combien de temps il leur faudrait pour le remarquer…

Hal et Manu se regardaient comme s'ils se voyaient pour la première fois. Manu fut le seul à parler :

—C'est vrai que…tes yeux…tes yeux bleus…cette prostituée…Satin qu'elle s'appelait…Oh, mais non, c'est pas possible ! Non, non, non ! Je ne peux pas avoir un fils aussi tarlouze ! J'savais bien que t'étais un hijo de puta…et un bâtard…mais en plus, t'es un résidu de préservatif troué !

Hal ne parlait pas. Il avait le regard éteint.

—On dirait qu'il a un bug, Dit Harry, Comme une erreur dans son disque dur…il affiche un écran bleu…peut-être qu'il faut le débrancher…

—C'est pas un ordinateur !

—Mais si Hermione, HAL-9000 est un ordinateur !

—Tout le monde n'a pas vu ce film, alors arrête !

—Rhôôôooo !

Marisu retroussa son nez de dégoût. Des Espagnols. Elle détestait les Espagnols, oh, pas autant que les Anglais, mais quand même. Puis ces deux-là, c'était le fils et le petit-fils de la garce qui lui avait gâché dix ans de sa vie !

—J'ai rencontré Rocío, Dit-elle, en 1970, et toi, le poilu, tu étais là aussi…

—M'en souviens pas…

—Elle m'a fait perdre un temps précieux…

—Ouais, je sais, Dit Hal, Et puis, elle était bien plus sexy que vous !

—C'est pas vrai, je suis la plus sexy du monde, d'abord ! Mais avant de la quitter, je lui ai arraché une mèche de cheveux, et je m'en suis servie pour créer une nouvelle race végétale à base de son ADN…ros innodians, ça ne vous dit rien ?

—Nan, on comprend pas le latin !

—L'espagnol, c'est du latin !

—Ouais, mais depuis l'Antiquité, mais ça a évolué !

—Je dirais plutôt régressé, mais « ros innodians » signifie « rosée casse-pied »… « rocío machaca »…

—Ça porte le nom d'Abuela ?

—Voilà qui explique pourquoi ils peuvent tous les deux la contrôler, Chuchota Hermione, La plante reconnaît l'ADN Machaca…Mais…à quoi ça sert, cette expérience, au juste ?

—A savoir si ça marche ? Dit Harry en haussant les épaules.

—Va savoir avec cette folle, elle en est bien capable…

—Pardon ? Qui tu traites de folle, petite idiote mal coiffée ? T'as un diplôme de psychomage ? Non ? Alors tu n'es pas autorisée à me diagnostiquer folle !

—Et vous, vous avez un diplôme de coiffeuse ? Répliqua Hal, Non ? Alors, vous ne pouvez pas dire qu'Hermione est mal coiffée !

oOoOOOoOo

—Je n'aurais jamais du croire cette soi-disant Nao, Se plaignit Neis désespérée, En fait, j'aurais même pas du suivre Théodore quand il est venu me chercher pour m'emmener aux Royaume-Unis…il ne m'est rien arrivé de bon depuis !

—Chochotte ! Commenta Alita.

—Oh, toi, ça va, la crevette ! Depuis que je vous ai rejoins, j'ai surtout été critiquée et incomprise : Manu se fiche de ma gueule à tout bout de champ, Hermione n'arrête pas de me faire la morale et de me traiter comme si j'étais une gamine de sept ans…

—Hey !

—Et toi, tu n'es pas sympa avec moi alors que je ne sais même pas pourquoi !

—Paskeuh t'es une grosse truie, grosse truie !

—Mais enfin, quand je suis arrivée, la première chose que tu as faite en me voyant, c'est te conduire comme une peste alors qu'on ne se connaissait même pas ! Je sais que tu connais la Neis du futur, mais pour moi, c'était la première fois, alors si tu pouvais m'expliquer pourquoi on se déteste alors que je ne t'ai encore rien fait, ça m'avancerait un peu !

—C'est paskeuh c'est mon rôle.

—Comment ça ? Quel rôle ?

—Le rôle d'une petite sœur.

—…

Un bref souvenir de Lolita revint à Neis comme un flash.

—Petite…sœur…

—C'est toi, dans le futur…t'as dit que t'étais triste parce que t'étais fille unique…et tu fais touzours comme si t'étais ma grande sœur…et pis, et ça c'est toi qui l'a dit pas moi, les sœurs, ça se dispute et c'est normal…alors, ze te traite de grosse truie !

—Merci, mini-crevette !


Nous arrivons tout doucement dans les dernières lignes droites...ça me fait quelque chose, car j'ai commencé cette fic en mars 2009...ça fait presque deux ans...me dire que j'arrive à la fin...Enfin, bref, je pense de plus en plus aux bonus. J'ai déjà des idées, mais s'il y a quelque chose que vous aimeriez voir, n'hésitez pas à le proposer! J'attire aussi votre attention sur le fait que depuis que Yezel me l'a suggéré, j'envisage d'écrire un OS complètement indépendant, mais où Hal arriverait vraiment à avoir Ron...J'ai mis un sondage dans mon profil pour demander l'avis des gens, si vous ne l'avez pas encore vu, allez y faire un tour. Et dernièrement, je suis en train de dessiner tous les personnages originaux, je ne sais pas trop avec quelle tête vous les imaginez, mais vous aurez droit à une petite galerie avec ma version.